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812 results for “meme_source”

  1. “Même discours chez le député Laurent #Baumel : « Plus on avance dans la campagne, moins c’est vendeur de dire non à #LFI », glisse-t-il, ajoutant qu’une victoire d’Olivier #Faure pourrait « être à l’origine d’une histoire qui se débloque avec le reste de la gauche ». Et de rappeler que « Benoît #Hamon avait zéro chance de l’emporter à la primaire de 2017, et pourtant… ».”

    source : Mediapart ⬆️

  2. Is Sei Going to Zero? SEI Price Drops 13% as Latest Meme Coin Surges Past $4 Million Milestone - Sei Network (SEI), an open-source layer-1 blockchain, has undertaken a localized ... - cryptonews.com/news/is-sei-goi #industrytalk #seinetwork #seicrypto #sei

  3. #Loire, #Rhin, #Tamise... Ces #fleuves européens très affectés par la #sécheresse

    La Loire affiche un débit très réduit, de même que le Rhin. La source de la Tamise, au Royaume-Uni, est à sec et le fleuve ne commence à couler qu'environ huit kilomètres plus en aval.

    lexpress.fr/actualite/societe/

    #news

  4. Gaza : qu’advient-il de l’écriture en temps de génocide ?
    chroniquepalestine.com/gaza-qu
    Loin d’être un sujet comme un autre, la guerre à Gaza a redéfini la relation de l’écrivain avec le langage et avec lui-même. La guerre n’est jamais un événement passager dans l’histoire de la littérature.
    #Politique #NousRecommandons #Slider #Epistémicide #Génocide #Scolasticide #TerrorismeIsraélien

  5. La procureure d’Auch Clémence Meyer, mise en cause par Darmanin dans l'affaire Lyhanna, va quitter ses fonctions révèle Ici Occitanie. Le magistrate, qui a demandé une mutation, doit intégrer le parquet de Bordeaux à son initiative, selon une source judiciaire à l’AFP. "Si elle n'a pas quitté son poste d'elle-même, difficile de ne pas penser à des pressions", réagit un syndicaliste, qui déplore les "accusations fausses" à son égard

    #Politique #Lyhanna #Justice #Darmanin #Gouvernement #Off

  6. Le musée de #Chatan (gratuit, mais le parking va devenir payant, si vous restez plus d'une heure) a un panier en bambou du Kaizuka Ancien phase II qui a été trouvé sur le site d'Ireibaru. Le musée est situé à l'emplacement du site et dans le parc associé ils ont toujours la source de la période Kaizuka, qui donne toujours de l'eau. Ils ont installé une copie du panier dans le cours d'eau. #JEArchéo #JEA2026 #Okinawa #Archéologie
    Article Ireibaru (écrit par moi-même 😁):
    fr.wikipedia.org/wiki/Ireibaru

  7. CW: Histoire de la consommation de sucre 🧶

    La consommation de sucre remonte à environ 8 000 avant J.-C. en Nouvelle-Guinée, où les populations autochtones ont domestiqué pour la première fois la canne à sucre en sélectionnant la variété Saccharum robustum. Depuis la Nouvelle-Guinée, la culture de la canne à sucre s'est répandue dans toute l'Asie du Sud-Est, en Chine et en Inde grâce aux commerçants maritimes. La technique de raffinage chimique du sucre est apparue pour la première fois en Inde il y a environ 2 500 ans, et ce savoir s'est répandu vers la Chine, l'Iran et les premiers mondes islamiques.

    « Au XIVe siècle, Chypre et la Sicile étaient devenues d'importantes productrices de sucre pour les Européens. Ce succès a encouragé certains riches à étendre l'industrie sucrière aux îles de l'Atlantique et aux Amériques. À [la fin du XVIe siècle], des quantités croissantes de sucre étaient importées des plantations sucrières ("engenhos") du Brésil. Ces engenhos exigeaient le travail forcé des peuples autochtones et, de plus en plus, des esclaves africain·es, qui travaillaient dans des conditions épouvantables pour broyer la canne à sucre, en extraire le jus et le faire bouillir à haute température afin de produire de la mélasse, qui était ensuite expédiée vers l'Europe dans de grands tonneaux appelés "hogsheads". Les débuts de l'industrie sucrière mondiale constituent une partie importante de l'histoire des débuts de la traite transatlantique des esclaves. »

    Source en anglais : nationalarchives.gov.uk/educat

    La suite de l'histoire est ailleurs dans la même pelote : kolektiva.social/@estelle/1119

    La pelote en anglais : techhub.social/@estelle/114495

    #technique #technoCritique #sucre #accaparementDesTerres #racialisation #cultureDuViol #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #WestIndies #Caraïbes #carribbean #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Barbade #Amérique #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts #consommation

  8. Du Surhomme et du Supramental

    Le thème du surhomme chez Sri Aurobindo n’a que peu à voir avec celui de Nietzsche, bien que le terme prête à confusion. Pour Sri Aurobindo, l’évolution ne s’arrête pas à l’apparition de l’homme et du mental. Il reprend le schéma darwinien, matière, vie, mental, mais y ajoute une étape supérieure, le supramental, un plan de conscience-vérité situé au-delà du mental, où l’être ne connaît plus par déduction, doute ou fragmentation, mais par identité directe avec le réel. Dans son œuvre majeure, La Vie Divine, et dans son poème Savitri, Aurobindo décrit ce supramental comme le principe de liaison entre l’Absolu (Sachchidananda, Existence-Conscience-Béatitude) et le monde manifesté. Le surhomme, il préfère parler d’être gnostique, n’est donc pas un individu qui s’élève par la volonté de puissance, mais une mutation de l’espèce rendue possible par la descente de cette conscience supramentale dans la matière elle-même. Ce n’est pas une conquête, c’est une transformation.

    Satprem, disciple français d’Aurobindo et de Mirra Alfassa, a présenté cette pensée dans Sri Aurobindo ou l’Aventure de la conscience, puis a consacré le reste de sa vie à transcrire et prolonger l’expérience de la Mirra Alfassa telle que consignée dans L’Agenda. Il y insiste sur un point radical, la transformation ne concerne pas seulement l’esprit ou le mental, mais la cellule, le corps physique lui-même. Mirra Alfassa cherchait à faire descendre la conscience supramentale jusque dans la matière corporelle, pour en changer le fonctionnement même, dépasser la maladie, la fatigue, la mort, non par une croyance en un au-delà, mais par une mutation vécue ici, dans la chair. Satprem parle d’une aventure, d’un risque existentiel assumé individuellement, plutôt que d’une doctrine à suivre.

    Avec maintenant de la perspective, il est intéressant de faire le lien avec le développement technologique actuel. En effet, l’intelligence artificielle (IA), l’ingénierie génétique, les interfaces cerveau-machine, les recherches sur le prolongement de la vie poursuivent elles aussi un dépassement des limites humaines. On y retrouve un même désir d’aller au-delà de l’homme tel qu’il est. Mais le mouvement est inversé. Le transhumanisme technologique procède du dehors vers le dedans, il modifie le corps et le cerveau par des outils extérieurs, le code génétique, le silicium, les prothèses, sans que la conscience elle-même change de nature. Sri Aurobindo, Mirra Alfassa et Satprem font référence à un mouvement du dedans vers le dehors. C’est la conscience, qui, en s’élevant puis en redescendant dans la matière, qui transforme cette dernière de l’intérieur. L’IA la plus avancée reste, dans ce cadre, une prouesse mentale, par les calculs, les corrélations, les prédictions, et non par un saut hors du mental. Elle prolonge et démultiplie les capacités du mental humain sans accéder à ce que Sri Aurobindo appelait la connaissance par identité, la perception directe et unifiée du vrai.

    Il y a d’ailleurs, chez ces trois auteurs, une mise en garde qui résonne avec l’époque actuelle. Une puissance qui croît sans transformation intérieure correspondante produit, non un être supérieur, mais ce que Sri Aurobindo nommait un être asurique, surpuissant et désaxé. L’accélération technologique sans changement de conscience peut ainsi être lue, dans cette perspective, comme un risque plus que comme un accomplissement, l’augmentation des moyens sans l’approfondissement de l’être qui les manie.

    On peut enfin rapprocher cette vision de celle de Teilhard de Chardin et de sa noosphère, l’idée d’une couche pensante planétaire en formation, et voir dans les réseaux numériques mondiaux et l’IA collective une préfiguration matérielle et fonctionnelle de cette intelligence partagée. Mais pour Aurobindo comme pour Satprem, cette interconnexion croissante des mentaux ne suffit pas à produire le saut supramental, elle prépare peut-être le terrain, sans pouvoir s’y substituer, car ce saut reste, dans leur pensée, une affaire de conscience vécue et incarnée, non de puissance de calcul.

    Une chanson de Harmonium – Le corridor/Les premières lumières

    Les paroles sur https://genius.com/Harmonium-le-corridor-lyrics

    https://www.youtube.com/watch?v=8SLOsj8111g&list=PL-lygRrMXFqXEptFYra2O1TviVuLHuxLI&index=7

    Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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  9. A quotation from Marcus Aurelius

    What is not good for the swarm is not good for the bee.
     
    [Τὸ τῷ σμήνει μὴ συμφέρον οὐδὲ τῇ μελίσσῃ συμφέρει.]

    Marcus Aurelius (AD 121-180) Roman emperor (161-180), Stoic philosopher
    Meditations [To Himself; Τὰ εἰς ἑαυτόν], Book 6, ch. 54 (6.54) (AD 161-180) [tr. Rendall (1898)]

    Sourcing, notes, other translations: wist.info/marcus-aureleus/4138…

    #quote #quotes #quotation #qotd #marcusaurelius #marcusaureliusmeditations #benefit #collective #dependency #group #harm #individual #meme #mutualsupport #mutuality #solidarity

  10. #Chroniques de la #GaucheQuébécoise mais aussi de la #DroiteQuébécoise et du #CentreQuébécois (suite)

    Je vais retourner à mes critiques contre la gauche (surtout québécoise et canadienne) plus tard et faire une parenthèse sur le comportement typique des gens de centre et de droite lorsqu'iels sont pogné-e-s à collaborer à des comités pluralistes.

    Les gens qui sont toxiques à gauche vont souvent weaponizer leur identité et leurs traumas pour t'abuser. Toi, tu marches sur des oeufs mais elleux ont le droit de te crier dessus, de pleurer, de te faire des demandes irréalistes, de qualifier ta moindre erreur de «irreparable harm», ou encore de demander de «l'accountability» tout en sachant qu'aucune reconnaissance ni réparation de tes torts ne conviendront à leur définition «d'accountability».

    Je veux pas faire des catégories trop distinctes, parce que les comportements abusifs se ressemblent souvent. Mais voici la tendance que j'ai observée depuis à peu près 20 ans.

    Au centre et à droite, l'abus est parfois légèrement différent qu'à gauche. Ça va souvent être un pur putsch antidémocratique et du bullyisme grossier. Tu sais très bien que tu as rien fait de mal avec elleux, parce qu'on te reproche pas d'avoir fait quelque chose en particulier, mais *d'être* quelque chose.

    Ça s'accompagne aussi d'un repli identitaire tout aussi féroce que l'identitarisme «de gauche». Souvent en mode passif-agressif. Au départ, iels peuvent accepter qu'un projet vise un groupe plus marginalisé... puis les commentaires vont venir. «À quel moment va-t-on pouvoir enfin s'intéresser à *nous*?» «Il faut bien travailler sur tel groupe si on veut avoir du financement hein?» Iels vont parfois essayer d'installer une grogne sourde dans le reste du comité/instance avant de frapper, ou juste se mettre à intimider tout le monde - ça marche aussi bien.

    Iels vont parallèlement être «ben sympathiques» et «chummé-chummé». Parler du fait qu'on forme une grande famille pis toute, camoufler le climat de terreur qui croît doucement comme une ombre. Quand tu vas réussir à faire une demande de changement structurel, iels vont le prendre personnel, te dire «ben voyons donc, tu me connais» ou «on est une belle gang, on a pas besoin de ça».

    Iels vont se permettre de parler dans le dos des autres membres, et raconter les pires affaires. Des affaires qui ont pas d'allure. Une ancienne boss qui était sur pas mal de CA a accusé une de ses employées d'écrire ses notes en coréen pour pas qu'elle comprenne. En coréen!

    (Après vérification, l'employée ne connaissait que 2 ou 3 mots en coréen.)

    C'est pas pour ventiler ça: c'est pour chercher des allié-e-s ou juste du monde prêt à consentir à une campagne de harcèlement.

    Iels vont vite prétendre que tout le monde travaille mal, ou que tout le monde est paresseux sauf ellui. «C'est tout le temps moi qui fait toute icitte!» «[Telle personne] est même pas capables d'attacher ses bottines!» «C'est plate à dire, mais il va falloir sévir. Ça prend de la discipline!»

    Ces leaders-là démontrent par ailleurs rarement la maîtrise d'une quelconque compétence. Au travail, iels vont arriver tard, partir tôt. Ou se taper de longues journées de travail «en réunion».

    Leurs réunions, c'est jaser de leur voyage à Mykonos pendant 3-4 heures. Quasiment rien de valable ressort de là, mais iels vont te vendre ça comme une réussite totale et une négociation héroïque.

    Bientôt, le bullyisme est rendu la norme et iels peuvent faire n'importe quoi en toute impunité, parce que tout le monde est terrorisé. Je me suis fait menacer de poursuite en diffamation parce qu'une personne (de centre, celle-là) pensait que peut-être on la critiquait pendant qu'elle était pas là. Elle avait aucune preuve - juste un ressenti.

    Je viens d'apprendre qu'une autre personne (de centre, centre-droite) a envoyé une mise en demeure à l'un de ses anciens co-directeurs de CA, pour un désaccord insignifiant sur un ptit règlement. C'était la goutte qui a fait déborder le vase: ça faisait longtemps qu'il se faisait harceler, et il est immédiatement tombé en burn-out.

    La bully de centre-droite, elle, se fait lancer des fleurs quotidiennement pour son excellent travail et les sacrifices qu'elle fait pour le bien du groupe.

    J'ai déjà été avec elle sur un CA. Il a fallu que je la dissuade - avec une grande diplomatie - de faire adopter des clauses illégales (qui visaient à abuser des membres les plus vulnérables.)

    Devinez quoi: mon «on peut pas adopter cette clause, ça contreviendrait à telle loi» n'a pas été suffisant. Il a fallu que je fasse un long discours et que je gruge les voix des autres membres une par une pour finalement convaincre la majorité de voter contre.

    Parallèlement, avec une autre alliée, elle a voulu infliger des mesures disciplinaires quasi-staliniennes pour des violations tout à fait insignifiantes d'un règlement que personne savait qu'il existait.

    Je niaise pas, ces gens-là vivent dans un monde parallèle d'entitlement total et d'incohérence.

    Pour elleux, un comité c'est leur propriété privée. Iels ont deux mantras:
    1. Greed is good
    2. There is no such thing as society (comme disait Tatcher)

    Iels forment des trous noirs comme celui qui est au centre de notre galaxie. Tout gravite autour d'elleux. Tout sera un jour avalé par elleux et iels plongeront alors le monde dans l'obscurité éternelle.

    #droite #boss #LesUnionsQuossaDonne #CA #Fondations #OSBL #ExtrêmeCentre

  11. Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières

    Un roman sur l’amour… entre deux garçons dans la prime adolescence des années 1920 et 1921. Georges de Sarre, fils de marquis, a 14 ans, le teint mat et les cheveux châtains ; Alexandre Motier 12 ans, est un ange blond comme l’Amour de Thespies, copie de Praxitèle. Tous deux sont beaux et l’aîné est excellent élève, de quoi émuler et élever le plus jeune. Dans ce huis-clos des collèges de Jésuites, la sensibilité s’exaspère et la sensualité suit, mais l’amour platonique sublime les relations. Ce qui suscite des jalousies parmi les adultes ayant fait vœux de chasteté, chargés d’éducation.

    Pas de sexe entre les deux garçons, malgré les prêtres obsédés par la chose après saint Paul, et qui pourchassent le moindre poème entre deux élèves, largement pour évacuer leurs propres désirs. Alexandre demande à Georges : « sais-tu les choses qu’il ne faut pas savoir ? » p.160 – ce qui en dit long sur le tabou et l’interdit, comme sur l’ingénuité du petit. D’ailleurs, le père de Trennes est un surveillant de dortoir très intrusif qui fait boire des liqueurs aux élèves, dans le négligé de nuit du pyjama largement ouvert sur la gorge, et ce dans sa propre chambre, après les avoir observés dormir à la lampe électrique. L’admiration de Georges et du père Lauzon est plus chaste, en témoigne ce portrait d’Alexandre à 12 ans : « La photographie montrait Alexandre dormant sur une chaise longue, plus gracieux encore qu’il ne dormait dans le train des vacances de Pâques. On détaillait la ligne de ses yeux, ses sourcils presque droits, l’ourlet de sa bouche, ses oreilles de nacre, et les boucles de ses cheveux qui formaient une danse immobile et joyeuse en l’honneur de sa beauté. Ses mains ouvraient leurs paumes rayonnantes, comme si elles attendaient d’autres mains, et ses jambes nues appelaient des caresses invisibles » p.434. L’amour n’exclut pas la sensualité, mais elle est maîtrisée, soumise au respect pour l’âme de la personne aimée, selon les trois étages de l’amour selon Platon, du désir pour le corps à l’affection de cœur et l’émerveillement pour l’âme. Un amour filial. « La mère avait posé une main sur le cou d’Alexandre, épanoui dont l’échancrure de la chemise, et elle jouait avec la chaînette que Georges avait baisée à leur premier rendez-vous » p.294. Sensualité de la chaîne de cou tendu par une médaille d’or, qui fait ressortir le laiteux du teint.

    D’où le contraste offert par le roman entre l’amour flétri, induit par la pudibonderie catholique qui traque « le Mal » partout parce qu’on refoule tout désir naturel – et l’amour grec lumineux, « de nature », induit par les œuvres antiques, écrits de Virgile et statues de Praxitèle, étudiés en classe. Les prêtres voudraient célébrer un amour éthéré, celui du Bien-Aimé, le Christ, exempt de tout désir charnel. D’où les célébrations et les lectures édifiantes où le masochisme des très jeunes martyrs qui arrachent leur tunique pour courir nus au devant du fer et du feu est exalté comme exemple. D’où aussi la conception totalisante, âme et corps, de l’éducation catholique, où l’on se couche très tôt pour se lever très tôt, et ainsi éviter les mauvaises tentations, où la journée est réglée par une suite d’activités prévues et surveillées. Même les « vacances » sont soumises au programme, avec des prières et des devoirs à faire. L’auteur se plaît à énumérer les messes, retraites, rogations processions, célébrations ; il fait la comptabilité des indulgences, ces bon-points pour le Ciel, des innombrables saints morts pour la Foi dans la torture du corps, que le clergé se complaît à rappeler chaque jour aux adolescents pour les « édifier ».

    Même si la casuistique jésuite peut parfois déconcerter : « Il était bien difficile d’apprécier la valeur d’un acte, autant que celle d’une intention. Les indulgences de Lucien étaient plus commodes : l‘intention était indiquée, on n’avait qu’à s’y conformer, et tout était dit. Mais, à Saint-Claude, quel moyen de s’y retrouver au milieu d’autant d’intérêts adverses ? Les maîtres eux-mêmes rendaient la tâche difficile, avec leur casuistique. Le supérieur n’avait-il pas joué de la direction d’intention, et le père Lauzon de la restriction mentale, ainsi que le père de Trennes jouait de l’équivoque ? De plus, le résultat des actes avait été parfois à l’opposé des intentions : lorsque Georges avait voulu séduire Lucien, il l’avait converti ; Alexandre séduit avait sauvé la pureté de Georges, et Maurice l’y avait aidé par son impureté. Tout était vrai et faux en même temps, tout était oui et non » p.363.

    Les collèges religieux vivent en communauté, et la doctrine veut que choisir le particulier est frustrer l’ensemble de l’amour et de l’amitié due à tous. Sauf que les relations sont avant tout personnelles, même Sparte, la communautaire exacerbée, le reconnaissait. A traquer de tels sentiments, en soupçonnant la perversion du sexe dans ce monde encore assez innocent (surtout entre-deux guerres, sans les réseaux sociaux ni Youporn !), on tordait les âmes, on les rendait coupables, façon d’acquérir sur les êtres un pouvoir moral exorbitant.

    La geste de Georges et d’Alexandre fait souffler un vent de liberté sur ce carcan, en se jouant des prêtres et des règles, dans l’ingénuité et la chasteté des relations. « Georges fut troublé à l’idée qu’Alexandre put être déjà tel que Lucien. Il s’était dit que son innocence n’était probablement que relative, mais il n’aurait pas voulu le savoir pervers. Il souhaitait que leur amitié restât à égale distance du bien et du mal. Mais quelle était la cause des élans que cet enfant avait pour lui ? » p.147. Ils sont touchants, ces prime adolescents, et Roger Peyrefitte reste tout de pudeur, racontant par le roman les passions qu’il a vécues dans le collège lazariste où il est entré à 9 ans. Alexandre le reconnaît à 15 ans, le collège a formé son caractère et mûri son âme. « Cette année d’internat religieux l’avait enrichi plus que ses nombreuses années d’externat au lycée. Ce n’était pas, comme le supérieur l’aurait dit, à cause de la communion quotidienne. C’était à cause de ce mélange perpétuel du sacré et du profane, qui donnait aux moindres choses un reflet particulier ; c’était à cause de cette lutte entre les élèves et les prêtres, digne de celle du chrétien dans le monde. La ‘vie spirituelle intense’ que l’on menait publiquement là-bas, alimentait une autre vie, d’autant plus intense qu’elle devait se cacher » p.404.

    Mais la tragédie est au bout. Le père Lauzon, « directeur de conscience » (quel titre vaniteux et tyrannique !) s’est rendu compte que les deux garçons entretenaient une relation de tendresse, via des regards échangés, de rares chastes baisers et quelques billets. Il en est jaloux, se voulant « protecteur » exclusif d’Alexandre. Alors il commande, il exige, il impose que l’aîné Georges renvoie les billets reçus du petit à son envoyeur, ce qui signifie la fin de toute relation. Mais Alexandre l’innocent ne comprend pas, il se croit rejeté brutalement par celui en qui il avait placé son amitié, exclusive et absolue comme on l’est à 12 ans. Il se tue.

    Jean Delannoy en a tiré un film avec le jeune (et déjà cabotin) Didier Haudepin. S’il suit l’histoire d’assez près, il n’a pas la force de l’écrit, qui laisse à l’imagination le soin de compatir dans le silence de la lecture.

    La diversité des illustrations en poche, J’ai lu dès 1958 (avec une couverture aguicheuse de G. Benvenuti qui veut reproduire l’amour de Praxitèle), puis le Livre de poche dès 1971, montre que ce livre a été un succès populaire parce qu’il parlait vrai dans un univers bourgeois catholique encore fort coincé – et qu’un Bayrou, par exemple, comme Tartuffe, n’a pas voulu voir. L’assouplissement des règles du culte par Vatican II, mais surtout la révolution des mœurs de mai 68, ont brisé les limites, et de nombreux prêtres se sont crus autorisés à assouvir leurs perversions sur des enfants dont ils avaient la charge. Bien loin de l’amour chrétien, et de la hauteur morale où se situent Georges et d’Alexandre. Quant aux amitiés exclusives, elles existent toujours, entre filles et entre garçons, elles permettent de grandir en se sentant moins seul. Mais l’amitié va rarement jusqu’aux expériences sexuelles car notre époque est plus permissive (plus « normale ») envers les relations avec l’autre sexe.

    Une chose cependant me gêne chez Georges : c’est une balance. Certes, il agit pour son intérêt et pas pour se faire bien voir, comme nombre d’internautes aujourd’hui. Mais quand même, quand on se pique de morale antique, c’est une faiblesse. Georges laisse expressément traîner un billet doux qu’André, l’ami de Lucien, son voisin de dortoir, avait écrit. Georges était jaloux de l’amitié des deux garçons et voulait Lucien pour lui tout seul. André est renvoyé du collège – ce qui n’empêche pas les deux amis de se rencontrer lors des vacances et d’entretenir une correspondance suivie. Signe d’une amitié mûrie entre égaux. La seconde fois, c’est pour le bien du dortoir qu’il va réveiller le père supérieur lors d’une nuit où le père de Trennes a entraîné Maurice, le propre frère d’Alexandre, en pyjama dans sa chambre. Trennes est renvoyé du collège. L’auteur balancera lui-même nombre d’homosexuels cachés, dont le pape Pie XII, et publiera sans autorisation sa correspondance sulfureuse avec Montherlant.

    Ce premier roman est le meilleur de l’auteur, qui écrit magnifiquement. Il ne sera hélas pas suivi d’autant de talent, Peyrefitte sacrifiant au plaisir de scandaliser ses contemporains. Dans l’amitié, il y a de l’amour, une aspiration à la pureté platonicienne. Georges et Alexandre s’en tiennent là, et c’est ce qui est beau dans cette histoire.

    Prix Renaudot 1944 (délivré en 1945)

    Prix Capri (1989) pour l’ensemble de son œuvre

    Prix de l’Académie Balzac (1991-92) pour l’ensemble de son œuvre

    Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières, 1943, J’ai lu 1958, 448 pages, occasion ou Livre de poche 1973, occasion €40,00, e-book Kindle €5,99

    DVD Les amitiés particulières, Jean Delannoy, 1964, avec Didier Haudepin, Dominique Maurin, Francis Lacombrade, François Leccia, Louis Seigner, Lucien Nat, Michel Bouquet, EuropaCorp 2009, 1h38, €40,01

    (mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

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  12. Doctor mi cura

    - Doctor, doctor, ¿tendré cura?
    - Sin dudarlo, habrá uno para la misa del funeral

  13. Doctor mi cura

    - Doctor, doctor, ¿tendré cura?
    - Sin dudarlo, habrá uno para la misa del funeral

    #Chiste #Humor #Meme