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  1. Découvrir l’éthique

    Ca fait quinze jours que je suis rentré de vacances, et quinze jours que j’ai cet article en tête. Sans doute parce que, pour une fois, je sors assez loin de ma zone de compétence. Mais allons-y.

    Vous le savez, tous les ans, l’été est pour moi une période de lecture intense. Et si j’ai longtemps utilisé cette période pour dévorer des littératures de l’imaginaire, j’ai depuis quelques années élargi mes lectures avec des auteurs comme Umberto Eco, ou David Foster Wallace. Mais cette année, je suis allé beaucoup plus loin, et je vais essayer d’expliquer d’abord pourquoi je suis allé aussi loin, mais aussi ce que j’ai tiré de mes lectures.

    Pourquoi se lancer là-dedans ?

    J’avais écrit l’année dernière à la même époque un article intitulé Les LLM et la fin du monde. J’y traitais des croyances des dirigeants des entreprises promouvant les LLMs. Bon, cette année, la canicule a commencé au mois de mai, et il faut bien reconnaître que, comme dans Don’t look up, ça n’a rien changé: les LLMs continuent à être utilisés par … tout le monde, les entreprises continuent à croire qu’il n’y a que de bons côtés à ces générateurs de contenus.

    J’avais donc besoin d’alimenter mes objections avec des arguments mieux étayés sur différentes questions : pourquoi les gens se laissent aussi facilement aller ? Comment donner aux gens des moyens de réfléchir correctement et de se réapproprier leurs outils de travail ?

    Il me semblait que l’éthique (ou plutôt son manque) expliquait bien les choses …

    Quelles étaient mes sources ?

    Coup de chance, ma femme lit beaucoup ces dernières années sur la philosophie, en particulier sur les sujets de mener une bonne vie, en partant certes du développement personnel et de Fabrice Midal, mais en allant beaucoup plus en profondeur avec des auteurs comme Charles Pépin. Et elle a complété ça de pas mal de podcasts, dont justement ceux de ces deux messieurs.

    Alors bon, Fabrice Midal a l’inconvénient d’inviter à peu près tous les auteurs qu’il publie en tant qu’éditeur, ce qui donne parfois des interviews bizarres. Mais au milieu de tout ça, nous avons écouté un fantastique entretien avec Michel Terestchenko, un philosophe qui s’intéresse au bien et au mal (mais j’en reparlerais).

    Et à côté de ça, j’ai évidement lu … deux livres sur l’éthique (un passable, et le très clair l’éthique pour tous, même vous) et un roman culte qui est en fait un traité de philosophie : Traité du zen et de l’art d’entretenir les motocyclettes.

    Que tirer de tout ça ?

    Je vais essayer de remettre tout ce que j’ai compris dans un ordre compréhensible, mais ça ne va pas être facile …

    Commençons doucement (surtout pour le cancre que j’étais sur ce sujet au lycée). La philosophie est une façon utile, basée de ce que j’en comprends sur la méthode inductive, de comprendre le monde pour aller explorer les abstractions diverses et variées. C’est ce que montre très bien ce traité du zen qui part des motocyclettes pour se lancer dans des réflexions sur la différence entre l’intelligence rationnelle et l’intelligence romantique. Le texte date certes de 1974, mais cette distinction est toujours d’actualité, et on en parlait en utilisant les termes d’intelligence cartésienne et d’intelligence holistique (oui, je sais, les neurosciences définissent d’autres catégories d’intelligence).

    En revanche, il évoque un sujet, qui me parle : qu’est-ce que la qualité ? Et cette question va l’emmener très loin, puisqu’il se retrouve à parler de l’arêté, l’excellence grecque, cette façon d’être un homme « idéal ».

    Le point que je trouve intéressant dans ce concept, c’est qu’il semble aller en conflit avec la quête futuriste de la vitesse pour elle-même (dont les LLMs sont une forme d’achèvement).

    Eh bien ça, curieusement, c’est Terestchenko qui l’explique dans cet entretien difficile à écouter, mais plein d’idées incroyables. L’une des plus fascinantes est la manière dont il redéfinit les concepts de bonne action et de mauvaise action : pourquoi fait-on le bien ou le mal ? Le philosophe nous explique que, depuis La Rochefoucault et ses maximes, les bonnes actions sont suspectes (le raisonnement est beau et infaillible qui fait de l’amour de Dieu le levier de l’impossible amour de soi). L’une des conséquences de ça, c’est que les bonnes actions sont incompatibles avec l’acteur idéal du marché économique libéral défini au XVIIIème siècle, et que le monde économique lutte depuis lors pour éliminer le périmètre non marchand (vous savez, l’espèce de lutte où, par exemple, « le livre n’est pas une marchandise comme une autre« , « la santé n’est pas une marchandise comme les autres« , et même l’impossible marchandisation de l’open-source). Une autre conséquence, plus importante, est bien sûr que les bonnes actions sont en fait incompréhensibles, inexplicables. Ce qui est aussi le cas des mauvaises actions : l’égoïsme n’explique pas la destruction volontaire de quoi que ce soit. L’égoïsme n’explique pas l’obéissance aux ordres abjects. Donc, pour le philosophe, les bonnes actions, comme les mauvaises, ne sont pas réductibles au bien ou au mal. Et son explication va plus loin (je cite la wikipedia, qui est très claire)

    l’auteur propose une réflexion de philosophie morale visant à repenser les conduites humaines face au mal selon de nouveaux paradigmes : « présence à soi » et « absence à soi »[5], plutôt qu’égoïsme et altruisme.

    Relisez-le tranquillement et considérez que, lorsqu’un homme obéit à des ordres ou des injonctions sans les questionner, les mauvaises actions arrivent vite parce que « c’est inévitable » et tant d’autres poncifs. Je l’écris ici très mal, mais la réflexion de ce monsieur a vraiment secoué mon appréhension de ces idées.

    Surtout que le livre sur l’éthique m’aidait bien à voir dans quelle direction aller.

    Dans celui-ci, l’auteur explique plusieurs idées.

    D’abord, que l’éthique est la recherche du Juste en se basant sur des valeurs.

    Ensuite, l’éthique n’est pas la déontologie, qui n’en est qu’une application dans un contexte déterminé (ce qu’on appelerait un domaine simple, voire compliqué, si on utilise la terminologie Cynefin).

    Et cette recherche du juste est avant tout une recherche personnelle, qui vise à équilibrer nos intérêts avec ceux du reste du monde (encore une fois pour plus de juste).

    Alors, ça aide ?

    En fait, oui.

    Ca m’aide de comprendre que l’éthique ne s’adresse pas qu’à des questions de conflits d’intérêts. Ca m’aide d’être capable d’expliquer aux gens que mon éthique n’est peut-être pas la leur, mais que mon éthique fait que les différentes externalités négatives des LLMs me les rendent inutilisables (et en fait devraient les rendre inutilisables à tout le monde, mais là, je dépasse les limites). Ca m’aide aussi à voir ce qu’est une objection éthique, ce que n’est pas une objection éthique. Ca m’aide enfin de comprendre que les utilisateurs de LLM sont souvent soumis à des injections de vitesse et de progrès.

    A ce sujet, un petit rappel : le progrès philosophique n’a rien à voir avec le progrès technique. Et je peux me tromper, mais je pense que, pour un philosophe, les progrès techniques des vingt dernières années n’ont sans doute pas amené de progrès humain … En tout cas la montée de l’extrême-droite le démontre assez clairement, je pense.

    #été #éthique #morale #philosophie
  2. My local newspaper, the San Diego Union-Tribune, which is sucking wind like most of them, didn't think this was front page news. You have to wonder...
    #navy #morale
    ms.now/news/navy-meeting-san-d

  3. Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières

    Un roman sur l’amour… entre deux garçons dans la prime adolescence des années 1920 et 1921. Georges de Sarre, fils de marquis, a 14 ans, le teint mat et les cheveux châtains ; Alexandre Motier 12 ans, est un ange blond comme l’Amour de Thespies, copie de Praxitèle. Tous deux sont beaux et l’aîné est excellent élève, de quoi émuler et élever le plus jeune. Dans ce huis-clos des collèges de Jésuites, la sensibilité s’exaspère et la sensualité suit, mais l’amour platonique sublime les relations. Ce qui suscite des jalousies parmi les adultes ayant fait vœux de chasteté, chargés d’éducation.

    Pas de sexe entre les deux garçons, malgré les prêtres obsédés par la chose après saint Paul, et qui pourchassent le moindre poème entre deux élèves, largement pour évacuer leurs propres désirs. Alexandre demande à Georges : « sais-tu les choses qu’il ne faut pas savoir ? » p.160 – ce qui en dit long sur le tabou et l’interdit, comme sur l’ingénuité du petit. D’ailleurs, le père de Trennes est un surveillant de dortoir très intrusif qui fait boire des liqueurs aux élèves, dans le négligé de nuit du pyjama largement ouvert sur la gorge, et ce dans sa propre chambre, après les avoir observés dormir à la lampe électrique. L’admiration de Georges et du père Lauzon est plus chaste, en témoigne ce portrait d’Alexandre à 12 ans : « La photographie montrait Alexandre dormant sur une chaise longue, plus gracieux encore qu’il ne dormait dans le train des vacances de Pâques. On détaillait la ligne de ses yeux, ses sourcils presque droits, l’ourlet de sa bouche, ses oreilles de nacre, et les boucles de ses cheveux qui formaient une danse immobile et joyeuse en l’honneur de sa beauté. Ses mains ouvraient leurs paumes rayonnantes, comme si elles attendaient d’autres mains, et ses jambes nues appelaient des caresses invisibles » p.434. L’amour n’exclut pas la sensualité, mais elle est maîtrisée, soumise au respect pour l’âme de la personne aimée, selon les trois étages de l’amour selon Platon, du désir pour le corps à l’affection de cœur et l’émerveillement pour l’âme. Un amour filial. « La mère avait posé une main sur le cou d’Alexandre, épanoui dont l’échancrure de la chemise, et elle jouait avec la chaînette que Georges avait baisée à leur premier rendez-vous » p.294. Sensualité de la chaîne de cou tendu par une médaille d’or, qui fait ressortir le laiteux du teint.

    D’où le contraste offert par le roman entre l’amour flétri, induit par la pudibonderie catholique qui traque « le Mal » partout parce qu’on refoule tout désir naturel – et l’amour grec lumineux, « de nature », induit par les œuvres antiques, écrits de Virgile et statues de Praxitèle, étudiés en classe. Les prêtres voudraient célébrer un amour éthéré, celui du Bien-Aimé, le Christ, exempt de tout désir charnel. D’où les célébrations et les lectures édifiantes où le masochisme des très jeunes martyrs qui arrachent leur tunique pour courir nus au devant du fer et du feu est exalté comme exemple. D’où aussi la conception totalisante, âme et corps, de l’éducation catholique, où l’on se couche très tôt pour se lever très tôt, et ainsi éviter les mauvaises tentations, où la journée est réglée par une suite d’activités prévues et surveillées. Même les « vacances » sont soumises au programme, avec des prières et des devoirs à faire. L’auteur se plaît à énumérer les messes, retraites, rogations processions, célébrations ; il fait la comptabilité des indulgences, ces bon-points pour le Ciel, des innombrables saints morts pour la Foi dans la torture du corps, que le clergé se complaît à rappeler chaque jour aux adolescents pour les « édifier ».

    Même si la casuistique jésuite peut parfois déconcerter : « Il était bien difficile d’apprécier la valeur d’un acte, autant que celle d’une intention. Les indulgences de Lucien étaient plus commodes : l‘intention était indiquée, on n’avait qu’à s’y conformer, et tout était dit. Mais, à Saint-Claude, quel moyen de s’y retrouver au milieu d’autant d’intérêts adverses ? Les maîtres eux-mêmes rendaient la tâche difficile, avec leur casuistique. Le supérieur n’avait-il pas joué de la direction d’intention, et le père Lauzon de la restriction mentale, ainsi que le père de Trennes jouait de l’équivoque ? De plus, le résultat des actes avait été parfois à l’opposé des intentions : lorsque Georges avait voulu séduire Lucien, il l’avait converti ; Alexandre séduit avait sauvé la pureté de Georges, et Maurice l’y avait aidé par son impureté. Tout était vrai et faux en même temps, tout était oui et non » p.363.

    Les collèges religieux vivent en communauté, et la doctrine veut que choisir le particulier est frustrer l’ensemble de l’amour et de l’amitié due à tous. Sauf que les relations sont avant tout personnelles, même Sparte, la communautaire exacerbée, le reconnaissait. A traquer de tels sentiments, en soupçonnant la perversion du sexe dans ce monde encore assez innocent (surtout entre-deux guerres, sans les réseaux sociaux ni Youporn !), on tordait les âmes, on les rendait coupables, façon d’acquérir sur les êtres un pouvoir moral exorbitant.

    La geste de Georges et d’Alexandre fait souffler un vent de liberté sur ce carcan, en se jouant des prêtres et des règles, dans l’ingénuité et la chasteté des relations. « Georges fut troublé à l’idée qu’Alexandre put être déjà tel que Lucien. Il s’était dit que son innocence n’était probablement que relative, mais il n’aurait pas voulu le savoir pervers. Il souhaitait que leur amitié restât à égale distance du bien et du mal. Mais quelle était la cause des élans que cet enfant avait pour lui ? » p.147. Ils sont touchants, ces prime adolescents, et Roger Peyrefitte reste tout de pudeur, racontant par le roman les passions qu’il a vécues dans le collège lazariste où il est entré à 9 ans. Alexandre le reconnaît à 15 ans, le collège a formé son caractère et mûri son âme. « Cette année d’internat religieux l’avait enrichi plus que ses nombreuses années d’externat au lycée. Ce n’était pas, comme le supérieur l’aurait dit, à cause de la communion quotidienne. C’était à cause de ce mélange perpétuel du sacré et du profane, qui donnait aux moindres choses un reflet particulier ; c’était à cause de cette lutte entre les élèves et les prêtres, digne de celle du chrétien dans le monde. La ‘vie spirituelle intense’ que l’on menait publiquement là-bas, alimentait une autre vie, d’autant plus intense qu’elle devait se cacher » p.404.

    Mais la tragédie est au bout. Le père Lauzon, « directeur de conscience » (quel titre vaniteux et tyrannique !) s’est rendu compte que les deux garçons entretenaient une relation de tendresse, via des regards échangés, de rares chastes baisers et quelques billets. Il en est jaloux, se voulant « protecteur » exclusif d’Alexandre. Alors il commande, il exige, il impose que l’aîné Georges renvoie les billets reçus du petit à son envoyeur, ce qui signifie la fin de toute relation. Mais Alexandre l’innocent ne comprend pas, il se croit rejeté brutalement par celui en qui il avait placé son amitié, exclusive et absolue comme on l’est à 12 ans. Il se tue.

    Jean Delannoy en a tiré un film avec le jeune (et déjà cabotin) Didier Haudepin. S’il suit l’histoire d’assez près, il n’a pas la force de l’écrit, qui laisse à l’imagination le soin de compatir dans le silence de la lecture.

    La diversité des illustrations en poche, J’ai lu dès 1958 (avec une couverture aguicheuse de G. Benvenuti qui veut reproduire l’amour de Praxitèle), puis le Livre de poche dès 1971, montre que ce livre a été un succès populaire parce qu’il parlait vrai dans un univers bourgeois catholique encore fort coincé – et qu’un Bayrou, par exemple, comme Tartuffe, n’a pas voulu voir. L’assouplissement des règles du culte par Vatican II, mais surtout la révolution des mœurs de mai 68, ont brisé les limites, et de nombreux prêtres se sont crus autorisés à assouvir leurs perversions sur des enfants dont ils avaient la charge. Bien loin de l’amour chrétien, et de la hauteur morale où se situent Georges et d’Alexandre. Quant aux amitiés exclusives, elles existent toujours, entre filles et entre garçons, elles permettent de grandir en se sentant moins seul. Mais l’amitié va rarement jusqu’aux expériences sexuelles car notre époque est plus permissive (plus « normale ») envers les relations avec l’autre sexe.

    Une chose cependant me gêne chez Georges : c’est une balance. Certes, il agit pour son intérêt et pas pour se faire bien voir, comme nombre d’internautes aujourd’hui. Mais quand même, quand on se pique de morale antique, c’est une faiblesse. Georges laisse expressément traîner un billet doux qu’André, l’ami de Lucien, son voisin de dortoir, avait écrit. Georges était jaloux de l’amitié des deux garçons et voulait Lucien pour lui tout seul. André est renvoyé du collège – ce qui n’empêche pas les deux amis de se rencontrer lors des vacances et d’entretenir une correspondance suivie. Signe d’une amitié mûrie entre égaux. La seconde fois, c’est pour le bien du dortoir qu’il va réveiller le père supérieur lors d’une nuit où le père de Trennes a entraîné Maurice, le propre frère d’Alexandre, en pyjama dans sa chambre. Trennes est renvoyé du collège. L’auteur balancera lui-même nombre d’homosexuels cachés, dont le pape Pie XII, et publiera sans autorisation sa correspondance sulfureuse avec Montherlant.

    Ce premier roman est le meilleur de l’auteur, qui écrit magnifiquement. Il ne sera hélas pas suivi d’autant de talent, Peyrefitte sacrifiant au plaisir de scandaliser ses contemporains. Dans l’amitié, il y a de l’amour, une aspiration à la pureté platonicienne. Georges et Alexandre s’en tiennent là, et c’est ce qui est beau dans cette histoire.

    Prix Renaudot 1944 (délivré en 1945)

    Prix Capri (1989) pour l’ensemble de son œuvre

    Prix de l’Académie Balzac (1991-92) pour l’ensemble de son œuvre

    Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières, 1943, J’ai lu 1958, 448 pages, occasion ou Livre de poche 1973, occasion €40,00, e-book Kindle €5,99

    DVD Les amitiés particulières, Jean Delannoy, 1964, avec Didier Haudepin, Dominique Maurin, Francis Lacombrade, François Leccia, Louis Seigner, Lucien Nat, Michel Bouquet, EuropaCorp 2009, 1h38, €40,01

    (mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

    #12Ans #14Ans #adolescents #amitié #amour #balance #beauté #casuistique #catholique #chaîneDeCou #chasteté #christ #Cinéma #collège #communauté #cou #dortoir #film #former #gracieux #inncoent #internat #jalousie #jésuites #mal #morale #nature #nue #passions #perversion #platonique #pouvoirMoral #praxitèle #prêtres #pudeur #pudibonderie #réglé #roman #sensibilité #sensualité #sexe #surveillant #totalisante #tragédie
  4. Dicono che a comandare debbano essere soltanto le leggi economiche: il mercato, i conti, la crescita, il profitto.
    Credevo invece che una società potesse scegliere di farsi guidare anche da principi etici, dalla giustizia, dalla dignità, dal limite. Ma quando tutto viene misurato in denaro, anche le persone diventano costi, numeri, scarti. L’economia dovrebbe servire l’uomo.
    Quando accade il contrario non è vero progresso, è solo una resa morale.
    #economia #progresso #etica #morale

  5. Mediapart
    « Le droit ne doit pas être notre seule boussole pour évaluer ce qui est bien ou pas »
    Deux universitaires, Shoshana Fine et Thomas Lindemann, publient « La Violence au nom de la loi ».
    mcinformactions.net/spip.php?a
    #Droit #Morale #Loi #violence

  6. #Meta’s New Reality: Record High #Profits. Record Low #Morale
    #Socialmedia giant to cut 10% of its workforce, 8,000 people, “to run the company more efficiently” and “offset the other investments” it’s making, according to a human resources. But layoffs, which will add to the roughly 25,000 cuts Meta has announced over the past four years, are far from the only cause of rock-bottom morale.
    Current and former employees say “everyone is unhappy.”
    wired.com/story/meta-layoffs-b
    archive.ph/BfugB

  7. Daniel Horowitz, La fidélité au réel

    2026 06 16 Daniel Horowitz, La fidélité au réel

    Juif non croyant de 80 ans élevé à Anvers, l’auteur y a fait toute sa carrière de diamantaire depuis l’âge de 15 ans, avant d’effectuer son Alyah à la retraite. Il vit désormais en Israël, soumise à la guerre depuis des mois. Homme de vertu, nanti d’une solide culture autodidacte, il s’efforce de penser par lui-même dans un monde où l’on est sommé de faire allégeance. C’est sa liberté constitutive, celle donnée par « Dieu », cette éternelle Question qui demeurera sans réponse. Car Dieu est absent, dit-il, il laisse l’humain face à lui-même, à son courage et à ses responsabilités. « Je veux que votre conjecture soit limitée à ce qui est concevable », disait Nietzsche avec raison.

    En cinq chapitres composés d’un assemblage de textes de blog et d’articles déjà publiés, l’auteur expose sa quête, à l’âge de la sagesse, avec pour phares la mémoire, la vérité et la responsabilité morale. « La mémoire comme exigence de vérité, Israël comme révélateur de la civilisation, la morale confrontée au réel, la foi comme fond irréductible du sens, la culture comme condition de tout le reste. Ces cinq mouvements convergent. Ils désignent ensemble une seule et même question : de quoi une vie – individuelle, collective, civilisationnelle – a-t-elle besoin pour ne pas se perdre ? » p.252.

    Sa première phrase pose les conditions : « Je n’ai pas choisi d’être juif ». Il prend le contre-pied de Simone de Beauvoir, qui déclarait en 1949 dans Le Deuxième sexe : « On ne naît pas femme : on le devient ». L’être n’est pas de part en part une « nature », mais se construit en grande partie dans la culture. L’image qu’on lui renvoie (les parents, les amis, les collègues, la « communauté ») le rend tel qu’il se croit ; il ne se « révèle » pas, il se construit. Cette formule reprend Tertullien, Carthaginois romanisé converti chrétien au IIe siècle, qui disait la même chose : « On ne naît pas chrétien, on le devient. » Le pédagogue Érasme en 1537 reprendra l’appliquera à l’éducation : « on ne naît pas homme [au sens d’adulte], on le devient ». Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les Juifs ? Or, (réminiscence du mythe biblique du « Peuple élu »?), Daniel Horowitz fait du Juif une essence identitaire, irréductible à tout processus d’assimilation. C’est pour lui plus qu’une religion, mais une façon d’être au monde, une culture racinaire, une « nappe phréatique » p.15. D’où la persistance de l’antisémitisme, selon lui, « fait de dépendance et de rejet, de filiation et de meurtre symbolique » p.17. Comme si la civilisation occidentale était exclusivement sortie du creuset juif, de la Bible, en excluant toute la tradition grecque, voire égyptienne, et les mondes celtiques.

    Tout se discute, et l’exigence de vérité de l’auteur incite au débat. On ne peut entrer en relation avec autrui que s’il y a conflit. La paix n’est pas le ‘tous d’accord’, mais la reconnaissance des opinions et intérêts des autres, leur droit à exister et de s’exprimer, le droit de se défendre quand on est attaqué à mort, comme c’est le cas d’Israël. Même si la disproportion des morts entre le pogrom du 7 octobre et les mois de guerre à Gaza pose la question de la juste mesure : 1200 morts contre 70 000. Même si le suprémacisme affiché de deux ministres du gouvernement Netanyahou, Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich pose la question du racisme juif. Car pour ces deux membres actifs du gouvernement (encore démocratique ?) israélien, un Juif est supérieur à tous les goys, et un Juif croyant (exempté de servir dans l’armée) est supérieur à tous les autres Juifs.

    « Une identité n‘est pas un cumul d’éléments culturels ou juridiques, elle est ce qui structure en dernier ressort le rapport à soi, à l’histoire et au monde. (…) Le judaïsme n’est pas une confession parmi d’autres, mais l’expression historique culturelle et symbolique d’un peuple. (…) On peut être juif sans foi sans pratique, sans référence explicite à la tradition religieuse, et demeurer néanmoins porteur d’une identité juive » p.31. On peut dire la même chose du catholicisme : où est l’originalité juive ? Une identité construite ou une essence ? Toute l’ambiguïté de la réflexion de l’auteur est là, toujours. Et une autre histoire de Juif est possible. Comment récuser « l’anti » sémitisme, alors même qu’on affirme haut et fort son sémitisme irréductible, indissoluble dans une quelconque société hôte. Comment ne pas concevoir la réaction naturelle de rejet de ceux qui se refusent à ressembler ? Comment ne pas accepter alors « leur » identité à eux, même si le dialogue est toujours possible, et la paix de reconnaître les différences aussi ? « Il n’existe pas, du côté juif, d’hostilité structurelle envers les non-Juifs qui serait symétrique de celle dont les Juifs ont historiquement été l’objet » écrit l’auteur, sûr de lui-même, p.33. Ah bon ? Et les militants occidentaux agenouillés mains liées devant le ministre israélien Ben Gvir ? Et la façon dont les soldats et les colons, imbibés de pulsions nationales et vengeresses, traitent les Palestiniens dans les territoires, y compris en Cisjordanie (occupée) ? Il s’agit bien d’un rejet de l’autre, de la négation de son existence, de son « identité » même.

    Certes, le statut de dhimmi des minorités non-musulmanes, depuis les Omeyyades, a instauré des discriminations séculaires qui « ont laissé une empreinte durable dans les imaginaires collectifs. Elles ont modelé une représentation implicite des rapports entre Juifs et musulmans : une coexistence n’était pensable qu’à condition d’infériorité reconnue. Dans ce contexte, l’émergence de l’État d’Israël agit comme un véritable séisme symbolique » p.46. D’où la guerre perpétuelle entre ennemis ‘héréditaires’ au Proche-Orient, ce carrefour des trois continents. Ce qui finit par lasser, d’où la lente dérive notée par l’auteur, des démocraties occidentales envers « les Juifs » à cause des actions de leur État : Israël. « A force de faire d’Israël un repoussoir, de criminaliser le sionisme, de suspecter l’identité juive, la République a déplacé la frontière entre critique politique et stigmatisation. Elle a laissé s’installer une suspicion, une culpabilité, un devoir de justification » p.84. Que Mélenchon enfourche avec enthousiasme pour se gagner le vote des jeunes et des banlieues arabes.

    La faute à Edward Saïd et à son opposition entre dominés et dominants, analyse l’auteur. La faute aussi à « la gauche israélienne, traditionnellement porteuse d’un discours pacifiste, [qui] n’a jamais vraiment surmonté l’échec d’Oslo, les attentats de l’Intifada, le refus du plan Clinton, la montée de l’islamisme et l’inaction d’une autorité palestinienne fragilisée. (…) Pendant qu’Israël espérait la paix, le Hezbollah, le Hamas et d’autres acteurs armés renforçaient leur capacité de nuisance, soutenus par des États adversaires » p.105. Soutenu aussi par le cynisme de Netanyahou lui-même, qui a financé le Hamas pour mieux diviser les Palestiniens, le surarmant de ce fait – tout comme la CIA l’avait fait avec les Talibans, donc Ben Laden… Mais de cela aussi, l’auteur ne parle pas.

    « La vérité en politique – comme l’avaient compris Maïmonide, puis Camus [s’agit-il d’Albert ou de Renaud, penseur favori de l’auteur ?] – n’a rien d’une abstraction ; elle réclame le courage de ne pas plaire, la lucidité de dire ce qui dérange, et la capacité d’articuler justice et responsabilité sans céder au confort moral des postures » 124. Voilà qui est bien dit, et rassurant. Un petit effort de documentation supplémentaire, et le débat pourra être utile. A ce titre, les notes des pages 39 et 89 ne sont pas correctes, les chiffres mal alignés ; ce serait à corriger pour une édition ultérieure. D’ailleurs, note l’auteur, « la tradition juive ne sépare jamais la justice de la responsabilité. Ce Tsedek [aucune définition n’est donnée de ce mot yiddish] n’est ni un idéal abstrait, ni une posture morale destinée à produire une bonne conscience. Il désigne une exigence inscrite dans la Loi, orientée vers l’action et toujours liée à des situations concrètes. La justice de la Torah ne prétend pas réparer le monde au sens d’une réconciliation globale ; elle impose d’agir ici et maintenant, dans des cadres définis, avec des devoirs précis. Elle ne promet pas la fin des conflits, mais une manière juste de s’y tenir sans se dérober » 130.

    Et d’analyser les « bons sentiments », l’émotion substituée à la raison, l’intention sur les conséquences, l’idéal sur la réalité. D’où « une attitude : préférer la vérité inconfortable à la consolation mensongère, la responsabilité à l’innocence proclamée, la justice imparfaite aux promesses absolues » 143. L’analyse de l’auteur sur les dérives des sociétés contemporaines et l’inculture de masse sont réjouissantes, mais classiques. Les indignations morales des intellos de bureau, la bonne conscience woke qui croit avoir trouvé la solution en délégitimant, renversant, ignorant les fauteurs d’erreurs, les manipulations des politiciens et idéologues pour attirer vers leur cause, sont autant de poisons où vérité et responsabilité s’évanouissent. « Le combat moral se transforme en croisade puritaine où la nuance est suspecte et la contradiction coupable. Ce n’est plus la société qui cherche la vérité par le débat, mais une morale qui dicte ce qu’il est permis de penser » p.155. Pire : « Ce qui s’érode (… est) une perte plus intérieure : un sens de la mesure, une capacité de discernement, une confiance dans les critères à partir desquels une civilisation se reconnaît, se juge et se transmet. L’Europe donne le sentiment de ne plus savoir sur quoi elle repose, ni ce qu’elle est en droit d’affirmer sans s’excuser » p.197.

    D’où la critique – classique elle aussi – des Lumières. Sans la remplacer par autre chose, sauf « l’identité » immémoriale de la religion. On croirait du Poutine. « L’erreur n’a pas été de critiquer les traditions, mais de croire que la critique pouvait se suffire à elle même. Une fois les évidences détruites, il faut encore apprendre à vivre sans elles. Or, les Lumières ont souvent supposé que l’homme rationnel saurait spontanément se donner ses propres fins. Elles ont sous-estimé le besoin de formes durables, de récits, de fidélités, de limites acceptées » p.225. D’où le retour au culte, même avec Dieu absent, même sans foi, juste comme une « nappe phréatique » de la culture. Tel est le tragique, incompris ou refusé par la majorité des gens qui ne le comprennent pas, au regard des croyances. « C’est accepter un monde où la raison ne sauve pas, où la liberté ne garantit rien, où le sens n’est jamais donné d’avance » p.226. Le rire tragique est « une manière de ne pas être capturé. (…) Il maintient une zone de liberté » p.229. A noter, comme Jean d’Ormesson, que le Dieu du Livre ne rit jamais

    L’auteur assiste au mouvement d’une civilisation qui se dépouille des structures qui lui permettaient de penser, de transmettre et de se corriger. Le bilan de ses 80 années d’existence est un appel pour tenir les yeux ouverts, sans filet, avec la conviction que regarder le réel en face est la seule forme de respect humain qui tienne. C’est ce que prônait Nietzsche, qu’Horowitz n’évoque pas – il n’est pas juif.

    Au total un bon livre, des réflexions qui font réfléchir, des affirmations trop tranquilles qui incitent au débat.

    Daniel Horowitz, La fidélité au réel, 2026, FYP éditions, 255 pages, €24,50

    (mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

    Le blog de l’auteur

    Ses articles réguliers dans Tribune juive

    #bonsSentiments #culture #cynisme #danielHorowitz #dhimmi #Dieu #essence #europe #gauche #hamas #identité #irréductible #israel #liberté #lumières #manipulations #morale #nappePhréatique #nonCroyant #onLeDevient #quête #réel #religion #responsabilité #rire #suprémacisme #tragique #vérité #woke
  8. L'Indépendant: #Guerre en #Ukraine : Les flammes illuminent le ciel de #Moscou, une grande première, des #drones #ukrainiens frappent la plus grande raffinerie de la capitale #russe à 15 km du #Kremlin

    Après 4 ans de bombes et drones #russes incessants , sur leurs habitations et cétrales ńucléaire : quelle #morale et quelle #dignité faut-il ppur accepter de ne bombarder que les #raffineries et #sites #militaires #russes

    lindependant.fr/2026/06/16/gue

  9. FBI morale reportedly shaken after senior official firing sparks internal concern

    📰 Original title: FBI staffers are keeping their heads down after latest 'crushing blow to morale': MS NOW

    🤖 IA: It's clickbait ⚠️
    👥 Users: It's clickbait ⚠️

    View full AI summary en.killbait.com/fbi-morale-rep

    #politics #fbi #morale #investigation

  10. New York Times: The Morale of Tech Workers Is Plunging as Layoffs Mount. This link goes to a gift article. “Cooperation and collegiality are on the wane; chumminess between employees and managers has cooled as mutual suspicion pervades their relationships; and a throbbing economic anxiety infects almost every conversation. Perhaps no site on the internet reflects this transformation more […]

    https://rbfirehose.com/2026/05/21/new-york-times-the-morale-of-tech-workers-is-plunging-as-layoffs-mount/
  11. "As Meta Tries to transition from an internet firm to an A.I. organization, its embrace of the technology has been awkward and, at times, downright ugly. Meta’s Embrace of A.I. Is Making Its Employees Miserable":
    nytimes.com/2026/05/08/technol #AI #tech #morale

  12. @RenardDneiges merci !
    Mais ne vendons pas trop vite la peau de l'ours et je préfère attendre le résultat final avant de parler de réussite 😝 mais j'apprécie le compliment ! (Et oui, j'adore passer l'huile de lin sur le bois, c'est trop beau après !)

    Et pour revenir sur ta remarque, j'ai appris qqch en bricolant. C'est très philosophique et ça peut s'appliquer dans la vie de tous les jours :
    C'est pas parce qu'on a de l'expérience qu'on fait pas d'erreur, on va toujours faire des erreurs (mais pas les mêmes). Par contre, une personne expérimentée sera plus facilement capable de réparer ses erreurs.

    La #morale de l'histoire : si on ne fait rien, on ne fera jamais d'erreur, certes, mais on fera rien. Il faut accepter de faire des erreurs et apprendre à les réparer pour progresser.
    C'est évident et basique, mais ça fait jamais de mal de le rappeler. En tout cas, même si c'est un phrasé que j'avais entendu et que je comprenais, le fait de bricoler lui a donné encore plus de sens.

    #moraledelhistoire #philosophiedecomptoire

  13. Ryan Goodman: "Hegseth's purge of Black and women officers is larger than was previously reported. Hegseth has taken steps to block or delay promotions for MORE THAN A DOZEN Black and female senior officers across all four branches of the military."
    #morale #racism #injustice #politics

  14. #Scammers exploit the trust of vulnerable people, such as the #elderly or internally displaced persons, deceiving them out of #money and further undermining public #morale.