#vivre — Public Fediverse posts
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Le rêve d’une connaissance unifiée
Il existe, dans Le Jeu des perles de verre de Hermann Hesse, une intuition qui dépasse largement le cadre du roman. C’est cette idée qu’il existerait un langage capable de connecter entre elles toutes les formes de connaissance humaine. Le Jeu lui-même, ce fameux Glasperlenspiel pratiqué par les maîtres de la province fictive Castalie, n’est ni musique, ni mathématique, ni philosophie, mais une grammaire commune où ces disciplines cessent d’être des îles pour devenir les […]https://dandanjean.com/2026/09/20/le-reve-dune-connaissance-unifiee/
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Concentration enfant
La technique de JP Lachaux pour améliorer la concentration. Je l’ai testée dans mes classes et avec les jeunes que je coache. JP Lachaux est un neuroscientifique spécialisé sur l'attention, la concentration. Il nous apprend, grâce à comparaison avec une poutre, comment bien se concentrer. CONCENTRATION ENFANT : la meilleure technique pour se concentrer sur ses devoirs https://www.youtube.com/watch?v=w0_OTOKEays -
Ça sent la coupe
Après la dernière cène, le calice du Christ a été perdu. On l’a oublié dans la cuisine, au lavoir, dans la cuve où l’on déposait la vaisselle sale. Personne n’a prêté attention, personne n’a dit : « Nous devrions conserver ce calice, car l’objet pourrait bien un jour avoir de la valeur ! » Non, la coupe dans laquelle Jésus a bu son dernier verre s’est évanouie dans la nature, probablement vendue en vrac avec le mobilier de la dernière cène. Depuis ces temps […] -
Langage des signes
On entend souvent dire qu’il faut savoir découvrir les signes qui se trouvent sur notre chemin pouvant nous aider à nous guider. Tout est là, mais comment les repérer, et découvrir le sens ? Malheureusement, il y a rarement une grande affiche lumineuse qui nous indique qu’il faut continuer dans cette direction. Les seules qui construisent ce type d’affiche ce sont les vendeurs d’illusions. Ils tentent d’attirer au lieu de guider. Et si pour découvrir et décoder les signes […] -
Après la tempête
Nous ne pouvons pas éviter tous les temps qui se pointent à l’horizon de notre vie. Un jour, nous sommes confrontés aux vents d’orage, même les plus violents, provenant souvent de notre environnement, parfois de notre espace intérieur. L’accalmie nous apprend que toutes les choses qui nous arrivent passent. Les beaux jours, comme les jours de tempête, tous passent. La dissipation de la peur nous apprend que lorsque nous sommes grandement préoccupés, il est difficile de vivre […] -
Les secrets sont simples
Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. Il n’y a qu’une Chose au monde, et pas deux, comme les physiciens, les mathématiciens ont commencé de le percevoir, et comme l’enfant qui sourit à la vague le sait bien, sur une grande plage où la même écume semble rouler du fond des temps, et rejoindre un grand rythme qui monte d’une vieille mémoire, qui fond les jours et les peines dans une unique histoire, si vieille qu’elle est comme une présence inaltérable, si vaste qu’elle accroche même son immensité à l’aile d’une mouette. Et tout est contenu dans une seconde, la totalité des âges et des âmes, dans un simple point qui brille un instant sur la folle écume. Mais ce point-là, nous l’avons perdu, et ce sourire, et cette seconde qui chante. Alors, nous avons voulu reconstruire cette Unité par une somme : 1+1+1… Comme nos ordinateurs, comme si la collection de tous les savoirs possibles sur tous les points possibles finirait par nous rendre la note juste, l’unique note qui fait chanter, mouvoir les mondes, et le cœur d’un enfant oublié. Cette simplicité, nous avons voulu la manufacturer pour toutes les bourses, et plus nos boutons savants se multipliaient, simplifiaient la vie, plus l’oiseau s’envolait, et le sourire, même la belle écume est polluée par nos calculs. Nous ne savons même pas très bien si nos corps nous appartiennent – elle a tout mangé, la belle Machine.
Or, cette unique Chose est aussi l’unique Pouvoir, parce que ce qui brille en un point, brille aussi dans tous les autres points : ceci étant saisi, tout le reste est saisi, il n’y a qu’un Pouvoir au monde et pas deux. Même un enfant saisit cela très bien : il est roi, il est invulnérable. Mais l’enfant grandit, il oublie. Et les hommes ont grandi, les nations, les civilisations, chacune cherchant à sa façon le Grand Secret, le simple secret – par les armes, les conquêtes, par la méditation, la magie, par la beauté, la religion ou la science. Et à vrai dire, nous ne savons pas très bien qui est le plus avancé, de l’ouvrier de l’Acropole, du mage de Thèbes ou de l’astronaute de Cap Kennedy, ni même du moine de Cîteaux, parce que les uns ont rejeté la vie pour la comprendre, les autres l’ont prise sans la comprendre, d’autres ont laissé une trace de beauté, et d’autres une traînée blanche dans un ciel pareil – nous sommes les derniers sur la liste, c’est tout. Et notre magie, nous ne la tenons pas encore. Le point, le tout petit point puissant, est toujours là sur la plage du grand monde, il brille pour qui veut, tel qu’il était quand nous n’étions pas encore hommes sous les étoiles.
*
Pourtant, le Secret, d’autres l’ont touché : les Grecs l’avaient peut-être, les Égyptiens aussi et certainement les Rishi des temps védiques. Mais il en est des secrets comme des fleurs sur le bel arbre, ils ont leur saison, leur obscure poussée, leur éclosion soudaine. Pour toute chose, il est un « moment », même pour la conjonction des astres sur nos têtes et le passage du cormoran sur le rocher blanchi d’écume, peut-être même pour cette écume un instant jaillie au rythme de la vague, et tout se meut selon un rite unique. Et de même pour l’homme. Un secret, c’est-à-dire une connaissance, c’est-à-dire un pouvoir, a son temps organique, et une petite cellule isolée, plus évoluée que d’autres, ne peut pas incarner le pouvoir de sa connaissance, c’est-à-dire changer le monde, accélérer la floraison du grand arbre, à moins que tout le reste du terrain évolutif ne soit prêt.
Et le temps est venu.
Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
Satprem dans La Genèse du Surhomme
Une pièce musicale de Anoushka Shankar – Secret Heart
https://www.youtube.com/watch?v=dc4k-RYN9Z8
#Acropole #astronauteDeCapKennedy #attention #Auroville #Égyptiens #évolution #être #BernardEnginger #Chanter #ChoseAuMonde #civilisations #connaissance #conscience #genèse #grecs #Inde #machine #mageDeThèbes #magie #mathématiciens #mère #ordinateur #ouvrier #physiciens #points #pouvoir #présenceInaltérable #Satprem #science #secret #simplicité #sourire #surhomme #Temps #unité #védique #vérité #Vivre -
Les secrets sont simples
Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. Il n’y a qu’une Chose au monde, et pas deux, comme les physiciens, les mathématiciens ont commencé de le percevoir, et comme l’enfant qui sourit à la vague le sait bien, sur une grande plage où la même écume semble rouler du fond des temps, et rejoindre un grand rythme qui monte d’une vieille mémoire, qui fond les jours et les peines dans une unique histoire, si vieille qu’elle est comme une présence inaltérable, si vaste qu’elle accroche même son immensité à l’aile d’une mouette. Et tout est contenu dans une seconde, la totalité des âges et des âmes, dans un simple point qui brille un instant sur la folle écume. Mais ce point-là, nous l’avons perdu, et ce sourire, et cette seconde qui chante. Alors, nous avons voulu reconstruire cette Unité par une somme : 1+1+1… Comme nos ordinateurs, comme si la collection de tous les savoirs possibles sur tous les points possibles finirait par nous rendre la note juste, l’unique note qui fait chanter, mouvoir les mondes, et le cœur d’un enfant oublié. Cette simplicité, nous avons voulu la manufacturer pour toutes les bourses, et plus nos boutons savants se multipliaient, simplifiaient la vie, plus l’oiseau s’envolait, et le sourire, même la belle écume est polluée par nos calculs. Nous ne savons même pas très bien si nos corps nous appartiennent – elle a tout mangé, la belle Machine.
Or, cette unique Chose est aussi l’unique Pouvoir, parce que ce qui brille en un point, brille aussi dans tous les autres points : ceci étant saisi, tout le reste est saisi, il n’y a qu’un Pouvoir au monde et pas deux. Même un enfant saisit cela très bien : il est roi, il est invulnérable. Mais l’enfant grandit, il oublie. Et les hommes ont grandi, les nations, les civilisations, chacune cherchant à sa façon le Grand Secret, le simple secret – par les armes, les conquêtes, par la méditation, la magie, par la beauté, la religion ou la science. Et à vrai dire, nous ne savons pas très bien qui est le plus avancé, de l’ouvrier de l’Acropole, du mage de Thèbes ou de l’astronaute de Cap Kennedy, ni même du moine de Cîteaux, parce que les uns ont rejeté la vie pour la comprendre, les autres l’ont prise sans la comprendre, d’autres ont laissé une trace de beauté, et d’autres une traînée blanche dans un ciel pareil – nous sommes les derniers sur la liste, c’est tout. Et notre magie, nous ne la tenons pas encore. Le point, le tout petit point puissant, est toujours là sur la plage du grand monde, il brille pour qui veut, tel qu’il était quand nous n’étions pas encore hommes sous les étoiles.
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Pourtant, le Secret, d’autres l’ont touché : les Grecs l’avaient peut-être, les Égyptiens aussi et certainement les Rishi des temps védiques. Mais il en est des secrets comme des fleurs sur le bel arbre, ils ont leur saison, leur obscure poussée, leur éclosion soudaine. Pour toute chose, il est un « moment », même pour la conjonction des astres sur nos têtes et le passage du cormoran sur le rocher blanchi d’écume, peut-être même pour cette écume un instant jaillie au rythme de la vague, et tout se meut selon un rite unique. Et de même pour l’homme. Un secret, c’est-à-dire une connaissance, c’est-à-dire un pouvoir, a son temps organique, et une petite cellule isolée, plus évoluée que d’autres, ne peut pas incarner le pouvoir de sa connaissance, c’est-à-dire changer le monde, accélérer la floraison du grand arbre, à moins que tout le reste du terrain évolutif ne soit prêt.
Et le temps est venu.
Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
Satprem dans La Genèse du Surhomme
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Les secrets sont simples
Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. Il n’y a qu’une Chose au monde, et pas deux, comme les physiciens, les mathématiciens ont commencé de le percevoir, et comme l’enfant qui sourit à la vague le sait bien, sur une grande plage où la même écume semble rouler du fond des temps, et rejoindre un grand rythme qui monte d’une vieille mémoire, qui fond les jours et les peines dans une unique histoire, si vieille qu’elle est comme une présence inaltérable, si vaste qu’elle accroche même son immensité à l’aile d’une mouette. Et tout est contenu dans une seconde, la totalité des âges et des âmes, dans un simple point qui brille un instant sur la folle écume. Mais ce point-là, nous l’avons perdu, et ce sourire, et cette seconde qui chante. Alors, nous avons voulu reconstruire cette Unité par une somme : 1+1+1… Comme nos ordinateurs, comme si la collection de tous les savoirs possibles sur tous les points possibles finirait par nous rendre la note juste, l’unique note qui fait chanter, mouvoir les mondes, et le cœur d’un enfant oublié. Cette simplicité, nous avons voulu la manufacturer pour toutes les bourses, et plus nos boutons savants se multipliaient, simplifiaient la vie, plus l’oiseau s’envolait, et le sourire, même la belle écume est polluée par nos calculs. Nous ne savons même pas très bien si nos corps nous appartiennent – elle a tout mangé, la belle Machine.
Or, cette unique Chose est aussi l’unique Pouvoir, parce que ce qui brille en un point, brille aussi dans tous les autres points : ceci étant saisi, tout le reste est saisi, il n’y a qu’un Pouvoir au monde et pas deux. Même un enfant saisit cela très bien : il est roi, il est invulnérable. Mais l’enfant grandit, il oublie. Et les hommes ont grandi, les nations, les civilisations, chacune cherchant à sa façon le Grand Secret, le simple secret – par les armes, les conquêtes, par la méditation, la magie, par la beauté, la religion ou la science. Et à vrai dire, nous ne savons pas très bien qui est le plus avancé, de l’ouvrier de l’Acropole, du mage de Thèbes ou de l’astronaute de Cap Kennedy, ni même du moine de Cîteaux, parce que les uns ont rejeté la vie pour la comprendre, les autres l’ont prise sans la comprendre, d’autres ont laissé une trace de beauté, et d’autres une traînée blanche dans un ciel pareil – nous sommes les derniers sur la liste, c’est tout. Et notre magie, nous ne la tenons pas encore. Le point, le tout petit point puissant, est toujours là sur la plage du grand monde, il brille pour qui veut, tel qu’il était quand nous n’étions pas encore hommes sous les étoiles.
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Pourtant, le Secret, d’autres l’ont touché : les Grecs l’avaient peut-être, les Égyptiens aussi et certainement les Rishi des temps védiques. Mais il en est des secrets comme des fleurs sur le bel arbre, ils ont leur saison, leur obscure poussée, leur éclosion soudaine. Pour toute chose, il est un « moment », même pour la conjonction des astres sur nos têtes et le passage du cormoran sur le rocher blanchi d’écume, peut-être même pour cette écume un instant jaillie au rythme de la vague, et tout se meut selon un rite unique. Et de même pour l’homme. Un secret, c’est-à-dire une connaissance, c’est-à-dire un pouvoir, a son temps organique, et une petite cellule isolée, plus évoluée que d’autres, ne peut pas incarner le pouvoir de sa connaissance, c’est-à-dire changer le monde, accélérer la floraison du grand arbre, à moins que tout le reste du terrain évolutif ne soit prêt.
Et le temps est venu.
Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
Satprem dans La Genèse du Surhomme
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Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. Il n’y a qu’une Chose au monde, et pas deux, comme les physiciens, les mathématiciens ont commencé de le percevoir, et comme l’enfant qui sourit à la vague le sait bien, sur une grande plage où la même écume semble rouler du fond des temps, et rejoindre un grand rythme qui monte d’une vieille mémoire, qui fond les jours et les peines dans une unique histoire, si vieille qu’elle est comme une présence inaltérable, si vaste qu’elle accroche même son immensité à l’aile d’une mouette. Et tout est contenu dans une seconde, la totalité des âges et des âmes, dans un simple point qui brille un instant sur la folle écume. Mais ce point-là, nous l’avons perdu, et ce sourire, et cette seconde qui chante. Alors, nous avons voulu reconstruire cette Unité par une somme : 1+1+1… Comme nos ordinateurs, comme si la collection de tous les savoirs possibles sur tous les points possibles finirait par nous rendre la note juste, l’unique note qui fait chanter, mouvoir les mondes, et le cœur d’un enfant oublié. Cette simplicité, nous avons voulu la manufacturer pour toutes les bourses, et plus nos boutons savants se multipliaient, simplifiaient la vie, plus l’oiseau s’envolait, et le sourire, même la belle écume est polluée par nos calculs. Nous ne savons même pas très bien si nos corps nous appartiennent – elle a tout mangé, la belle Machine.
Or, cette unique Chose est aussi l’unique Pouvoir, parce que ce qui brille en un point, brille aussi dans tous les autres points : ceci étant saisi, tout le reste est saisi, il n’y a qu’un Pouvoir au monde et pas deux. Même un enfant saisit cela très bien : il est roi, il est invulnérable. Mais l’enfant grandit, il oublie. Et les hommes ont grandi, les nations, les civilisations, chacune cherchant à sa façon le Grand Secret, le simple secret – par les armes, les conquêtes, par la méditation, la magie, par la beauté, la religion ou la science. Et à vrai dire, nous ne savons pas très bien qui est le plus avancé, de l’ouvrier de l’Acropole, du mage de Thèbes ou de l’astronaute de Cap Kennedy, ni même du moine de Cîteaux, parce que les uns ont rejeté la vie pour la comprendre, les autres l’ont prise sans la comprendre, d’autres ont laissé une trace de beauté, et d’autres une traînée blanche dans un ciel pareil – nous sommes les derniers sur la liste, c’est tout. Et notre magie, nous ne la tenons pas encore. Le point, le tout petit point puissant, est toujours là sur la plage du grand monde, il brille pour qui veut, tel qu’il était quand nous n’étions pas encore hommes sous les étoiles.
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Pourtant, le Secret, d’autres l’ont touché : les Grecs l’avaient peut-être, les Égyptiens aussi et certainement les Rishi des temps védiques. Mais il en est des secrets comme des fleurs sur le bel arbre, ils ont leur saison, leur obscure poussée, leur éclosion soudaine. Pour toute chose, il est un « moment », même pour la conjonction des astres sur nos têtes et le passage du cormoran sur le rocher blanchi d’écume, peut-être même pour cette écume un instant jaillie au rythme de la vague, et tout se meut selon un rite unique. Et de même pour l’homme. Un secret, c’est-à-dire une connaissance, c’est-à-dire un pouvoir, a son temps organique, et une petite cellule isolée, plus évoluée que d’autres, ne peut pas incarner le pouvoir de sa connaissance, c’est-à-dire changer le monde, accélérer la floraison du grand arbre, à moins que tout le reste du terrain évolutif ne soit prêt.
Et le temps est venu.
Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
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Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. Il n’y a qu’une Chose au monde, et pas deux, comme les physiciens, les mathématiciens ont commencé de le percevoir, et comme l’enfant qui sourit à la vague le sait bien, sur une grande plage où la même écume semble rouler du fond des temps, et rejoindre un grand rythme qui monte d’une vieille mémoire, qui fond les jours et les peines dans une unique histoire, si vieille qu’elle est comme une présence inaltérable, si vaste qu’elle accroche même son immensité à l’aile d’une mouette. Et tout est contenu dans une seconde, la totalité des âges et des âmes, dans un simple point qui brille un instant sur la folle écume. Mais ce point-là, nous l’avons perdu, et ce sourire, et cette seconde qui chante. Alors, nous avons voulu reconstruire cette Unité par une somme : 1+1+1… Comme nos ordinateurs, comme si la collection de tous les savoirs possibles sur tous les points possibles finirait par nous rendre la note juste, l’unique note qui fait chanter, mouvoir les mondes, et le cœur d’un enfant oublié. Cette simplicité, nous avons voulu la manufacturer pour toutes les bourses, et plus nos boutons savants se multipliaient, simplifiaient la vie, plus l’oiseau s’envolait, et le sourire, même la belle écume est polluée par nos calculs. Nous ne savons même pas très bien si nos corps nous appartiennent – elle a tout mangé, la belle Machine.
Or, cette unique Chose est aussi l’unique Pouvoir, parce que ce qui brille en un point, brille aussi dans tous les autres points : ceci étant saisi, tout le reste est saisi, il n’y a qu’un Pouvoir au monde et pas deux. Même un enfant saisit cela très bien : il est roi, il est invulnérable. Mais l’enfant grandit, il oublie. Et les hommes ont grandi, les nations, les civilisations, chacune cherchant à sa façon le Grand Secret, le simple secret – par les armes, les conquêtes, par la méditation, la magie, par la beauté, la religion ou la science. Et à vrai dire, nous ne savons pas très bien qui est le plus avancé, de l’ouvrier de l’Acropole, du mage de Thèbes ou de l’astronaute de Cap Kennedy, ni même du moine de Cîteaux, parce que les uns ont rejeté la vie pour la comprendre, les autres l’ont prise sans la comprendre, d’autres ont laissé une trace de beauté, et d’autres une traînée blanche dans un ciel pareil – nous sommes les derniers sur la liste, c’est tout. Et notre magie, nous ne la tenons pas encore. Le point, le tout petit point puissant, est toujours là sur la plage du grand monde, il brille pour qui veut, tel qu’il était quand nous n’étions pas encore hommes sous les étoiles.
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Pourtant, le Secret, d’autres l’ont touché : les Grecs l’avaient peut-être, les Égyptiens aussi et certainement les Rishi des temps védiques. Mais il en est des secrets comme des fleurs sur le bel arbre, ils ont leur saison, leur obscure poussée, leur éclosion soudaine. Pour toute chose, il est un « moment », même pour la conjonction des astres sur nos têtes et le passage du cormoran sur le rocher blanchi d’écume, peut-être même pour cette écume un instant jaillie au rythme de la vague, et tout se meut selon un rite unique. Et de même pour l’homme. Un secret, c’est-à-dire une connaissance, c’est-à-dire un pouvoir, a son temps organique, et une petite cellule isolée, plus évoluée que d’autres, ne peut pas incarner le pouvoir de sa connaissance, c’est-à-dire changer le monde, accélérer la floraison du grand arbre, à moins que tout le reste du terrain évolutif ne soit prêt.
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Satprem, né Bernard Enginger (1923-2007), Français, Breton, fut pendant vingt ans le confident de Mère, qui lui donna son nom véritable le 3 mars 1957 : Satprem « celui qui aime vraiment ». À l’âge de trente ans, il revient définitivement en Inde auprès de Celle qui cherchait le secret du passage à la « prochaine espèce », et forait en son corps ce passage. Mère, dont il deviendra le confident et le témoin pendant près de vingt ans.
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Du Surhomme et du Supramental
Le thème du surhomme chez Sri Aurobindo n’a que peu à voir avec celui de Nietzsche, bien que le terme prête à confusion. Pour Sri Aurobindo, l’évolution ne s’arrête pas à l’apparition de l’homme et du mental. Il reprend le schéma darwinien, matière, vie, mental, mais y ajoute une étape supérieure, le supramental, un plan de conscience-vérité situé au-delà du mental, où l’être ne connaît plus par déduction, doute ou fragmentation, mais par identité directe avec le réel. Dans son œuvre majeure, La Vie Divine, et dans son poème Savitri, Aurobindo décrit ce supramental comme le principe de liaison entre l’Absolu (Sachchidananda, Existence-Conscience-Béatitude) et le monde manifesté. Le surhomme, il préfère parler d’être gnostique, n’est donc pas un individu qui s’élève par la volonté de puissance, mais une mutation de l’espèce rendue possible par la descente de cette conscience supramentale dans la matière elle-même. Ce n’est pas une conquête, c’est une transformation.
Satprem, disciple français d’Aurobindo et de Mirra Alfassa, a présenté cette pensée dans Sri Aurobindo ou l’Aventure de la conscience, puis a consacré le reste de sa vie à transcrire et prolonger l’expérience de la Mirra Alfassa telle que consignée dans L’Agenda. Il y insiste sur un point radical, la transformation ne concerne pas seulement l’esprit ou le mental, mais la cellule, le corps physique lui-même. Mirra Alfassa cherchait à faire descendre la conscience supramentale jusque dans la matière corporelle, pour en changer le fonctionnement même, dépasser la maladie, la fatigue, la mort, non par une croyance en un au-delà, mais par une mutation vécue ici, dans la chair. Satprem parle d’une aventure, d’un risque existentiel assumé individuellement, plutôt que d’une doctrine à suivre.
Avec maintenant de la perspective, il est intéressant de faire le lien avec le développement technologique actuel. En effet, l’intelligence artificielle (IA), l’ingénierie génétique, les interfaces cerveau-machine, les recherches sur le prolongement de la vie poursuivent elles aussi un dépassement des limites humaines. On y retrouve un même désir d’aller au-delà de l’homme tel qu’il est. Mais le mouvement est inversé. Le transhumanisme technologique procède du dehors vers le dedans, il modifie le corps et le cerveau par des outils extérieurs, le code génétique, le silicium, les prothèses, sans que la conscience elle-même change de nature. Sri Aurobindo, Mirra Alfassa et Satprem font référence à un mouvement du dedans vers le dehors. C’est la conscience, qui, en s’élevant puis en redescendant dans la matière, qui transforme cette dernière de l’intérieur. L’IA la plus avancée reste, dans ce cadre, une prouesse mentale, par les calculs, les corrélations, les prédictions, et non par un saut hors du mental. Elle prolonge et démultiplie les capacités du mental humain sans accéder à ce que Sri Aurobindo appelait la connaissance par identité, la perception directe et unifiée du vrai.
Il y a d’ailleurs, chez ces trois auteurs, une mise en garde qui résonne avec l’époque actuelle. Une puissance qui croît sans transformation intérieure correspondante produit, non un être supérieur, mais ce que Sri Aurobindo nommait un être asurique, surpuissant et désaxé. L’accélération technologique sans changement de conscience peut ainsi être lue, dans cette perspective, comme un risque plus que comme un accomplissement, l’augmentation des moyens sans l’approfondissement de l’être qui les manie.
On peut enfin rapprocher cette vision de celle de Teilhard de Chardin et de sa noosphère, l’idée d’une couche pensante planétaire en formation, et voir dans les réseaux numériques mondiaux et l’IA collective une préfiguration matérielle et fonctionnelle de cette intelligence partagée. Mais pour Aurobindo comme pour Satprem, cette interconnexion croissante des mentaux ne suffit pas à produire le saut supramental, elle prépare peut-être le terrain, sans pouvoir s’y substituer, car ce saut reste, dans leur pensée, une affaire de conscience vécue et incarnée, non de puissance de calcul.
Une chanson de Harmonium – Le corridor/Les premières lumières
Les paroles sur https://genius.com/Harmonium-le-corridor-lyrics
https://www.youtube.com/watch?v=8SLOsj8111g&list=PL-lygRrMXFqXEptFYra2O1TviVuLHuxLI&index=7
Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage
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#ACollective #Agenda #amour #attention #être #êtreAsurique #conscience #conscienceSupramentale #conscienceVérité #développementTechnologique #entrainementDeLEsprit #ExistenceConscienceBéatitude #FriedrichNietzsche #IA #ingénierieGénétique #intelligenceArtificielle #interdépendance #interfacesCerveauMachine #mental #MirraAlfassa #noosphère #perspective #prolongementDeLaVie #réseauxNumériquesMondiaux #Sachchidananda #Satprem #science #SriAurobindo #supramental #surhomme #technologiqu #TeilhardDeChardin #transformationIntérieure #Vivre #voieDePassage -
Du Surhomme et du Supramental
Le thème du surhomme chez Sri Aurobindo n’a que peu à voir avec celui de Nietzsche, bien que le terme prête à confusion. Pour Sri Aurobindo, l’évolution ne s’arrête pas à l’apparition de l’homme et du mental. Il reprend le schéma darwinien, matière, vie, mental, mais y ajoute une étape supérieure, le supramental, un plan de conscience-vérité situé au-delà du mental, où l’être ne connaît plus par déduction, doute ou fragmentation, mais par identité directe avec le réel. Dans son œuvre majeure, La Vie Divine, et dans son poème Savitri, Aurobindo décrit ce supramental comme le principe de liaison entre l’Absolu (Sachchidananda, Existence-Conscience-Béatitude) et le monde manifesté. Le surhomme, il préfère parler d’être gnostique, n’est donc pas un individu qui s’élève par la volonté de puissance, mais une mutation de l’espèce rendue possible par la descente de cette conscience supramentale dans la matière elle-même. Ce n’est pas une conquête, c’est une transformation.
Satprem, disciple français d’Aurobindo et de Mirra Alfassa, a présenté cette pensée dans Sri Aurobindo ou l’Aventure de la conscience, puis a consacré le reste de sa vie à transcrire et prolonger l’expérience de la Mirra Alfassa telle que consignée dans L’Agenda. Il y insiste sur un point radical, la transformation ne concerne pas seulement l’esprit ou le mental, mais la cellule, le corps physique lui-même. Mirra Alfassa cherchait à faire descendre la conscience supramentale jusque dans la matière corporelle, pour en changer le fonctionnement même, dépasser la maladie, la fatigue, la mort, non par une croyance en un au-delà, mais par une mutation vécue ici, dans la chair. Satprem parle d’une aventure, d’un risque existentiel assumé individuellement, plutôt que d’une doctrine à suivre.
Avec maintenant de la perspective, il est intéressant de faire le lien avec le développement technologique actuel. En effet, l’intelligence artificielle (IA), l’ingénierie génétique, les interfaces cerveau-machine, les recherches sur le prolongement de la vie poursuivent elles aussi un dépassement des limites humaines. On y retrouve un même désir d’aller au-delà de l’homme tel qu’il est. Mais le mouvement est inversé. Le transhumanisme technologique procède du dehors vers le dedans, il modifie le corps et le cerveau par des outils extérieurs, le code génétique, le silicium, les prothèses, sans que la conscience elle-même change de nature. Sri Aurobindo, Mirra Alfassa et Satprem font référence à un mouvement du dedans vers le dehors. C’est la conscience, qui, en s’élevant puis en redescendant dans la matière, qui transforme cette dernière de l’intérieur. L’IA la plus avancée reste, dans ce cadre, une prouesse mentale, par les calculs, les corrélations, les prédictions, et non par un saut hors du mental. Elle prolonge et démultiplie les capacités du mental humain sans accéder à ce que Sri Aurobindo appelait la connaissance par identité, la perception directe et unifiée du vrai.
Il y a d’ailleurs, chez ces trois auteurs, une mise en garde qui résonne avec l’époque actuelle. Une puissance qui croît sans transformation intérieure correspondante produit, non un être supérieur, mais ce que Sri Aurobindo nommait un être asurique, surpuissant et désaxé. L’accélération technologique sans changement de conscience peut ainsi être lue, dans cette perspective, comme un risque plus que comme un accomplissement, l’augmentation des moyens sans l’approfondissement de l’être qui les manie.
On peut enfin rapprocher cette vision de celle de Teilhard de Chardin et de sa noosphère, l’idée d’une couche pensante planétaire en formation, et voir dans les réseaux numériques mondiaux et l’IA collective une préfiguration matérielle et fonctionnelle de cette intelligence partagée. Mais pour Aurobindo comme pour Satprem, cette interconnexion croissante des mentaux ne suffit pas à produire le saut supramental, elle prépare peut-être le terrain, sans pouvoir s’y substituer, car ce saut reste, dans leur pensée, une affaire de conscience vécue et incarnée, non de puissance de calcul.
Une chanson de Harmonium – Le corridor/Les premières lumières
Les paroles sur https://genius.com/Harmonium-le-corridor-lyrics
https://www.youtube.com/watch?v=8SLOsj8111g&list=PL-lygRrMXFqXEptFYra2O1TviVuLHuxLI&index=7
Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage
COPYRIGHT – DROIT DE REPRODUCTION – La reproduction de cet article sur un blogue ou un site est autorisé à condition de respecter : * L’intégralité du texte — Vous ne devez pas modifier, transformer ou adapter ce texte. * Le droit d’auteur — Vous devez citer le nom de la source (avec un hyperlien vers l’article original de préférence). * La finalité sans but lucratif — Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette création à des fins commerciales. Si j’ai utilisé vos textes/photos et que vous souhaitez que je les retire, merci de me contacter en commentaire, ce sera fait rapidement.
#ACollective #Agenda #amour #attention #être #êtreAsurique #conscience #conscienceSupramentale #conscienceVérité #développementTechnologique #entrainementDeLEsprit #ExistenceConscienceBéatitude #FriedrichNietzsche #IA #ingénierieGénétique #intelligenceArtificielle #interdépendance #interfacesCerveauMachine #mental #MirraAlfassa #noosphère #perspective #prolongementDeLaVie #réseauxNumériquesMondiaux #Sachchidananda #Satprem #science #SriAurobindo #supramental #surhomme #technologiqu #TeilhardDeChardin #transformationIntérieure #Vivre #voieDePassage -
Du Surhomme et du Supramental
Le thème du surhomme chez Sri Aurobindo n’a que peu à voir avec celui de Nietzsche, bien que le terme prête à confusion. Pour Sri Aurobindo, l’évolution ne s’arrête pas à l’apparition de l’homme et du mental. Il reprend le schéma darwinien, matière, vie, mental, mais y ajoute une étape supérieure, le supramental, un plan de conscience-vérité situé au-delà du mental, où l’être ne connaît plus par déduction, doute ou fragmentation, mais par identité directe avec le réel. Dans son œuvre majeure, La Vie Divine, et dans son poème Savitri, Aurobindo décrit ce supramental comme le principe de liaison entre l’Absolu (Sachchidananda, Existence-Conscience-Béatitude) et le monde manifesté. Le surhomme, il préfère parler d’être gnostique, n’est donc pas un individu qui s’élève par la volonté de puissance, mais une mutation de l’espèce rendue possible par la descente de cette conscience supramentale dans la matière elle-même. Ce n’est pas une conquête, c’est une transformation.
Satprem, disciple français d’Aurobindo et de Mirra Alfassa, a présenté cette pensée dans Sri Aurobindo ou l’Aventure de la conscience, puis a consacré le reste de sa vie à transcrire et prolonger l’expérience de la Mirra Alfassa telle que consignée dans L’Agenda. Il y insiste sur un point radical, la transformation ne concerne pas seulement l’esprit ou le mental, mais la cellule, le corps physique lui-même. Mirra Alfassa cherchait à faire descendre la conscience supramentale jusque dans la matière corporelle, pour en changer le fonctionnement même, dépasser la maladie, la fatigue, la mort, non par une croyance en un au-delà, mais par une mutation vécue ici, dans la chair. Satprem parle d’une aventure, d’un risque existentiel assumé individuellement, plutôt que d’une doctrine à suivre.
Avec maintenant de la perspective, il est intéressant de faire le lien avec le développement technologique actuel. En effet, l’intelligence artificielle (IA), l’ingénierie génétique, les interfaces cerveau-machine, les recherches sur le prolongement de la vie poursuivent elles aussi un dépassement des limites humaines. On y retrouve un même désir d’aller au-delà de l’homme tel qu’il est. Mais le mouvement est inversé. Le transhumanisme technologique procède du dehors vers le dedans, il modifie le corps et le cerveau par des outils extérieurs, le code génétique, le silicium, les prothèses, sans que la conscience elle-même change de nature. Sri Aurobindo, Mirra Alfassa et Satprem font référence à un mouvement du dedans vers le dehors. C’est la conscience, qui, en s’élevant puis en redescendant dans la matière, qui transforme cette dernière de l’intérieur. L’IA la plus avancée reste, dans ce cadre, une prouesse mentale, par les calculs, les corrélations, les prédictions, et non par un saut hors du mental. Elle prolonge et démultiplie les capacités du mental humain sans accéder à ce que Sri Aurobindo appelait la connaissance par identité, la perception directe et unifiée du vrai.
Il y a d’ailleurs, chez ces trois auteurs, une mise en garde qui résonne avec l’époque actuelle. Une puissance qui croît sans transformation intérieure correspondante produit, non un être supérieur, mais ce que Sri Aurobindo nommait un être asurique, surpuissant et désaxé. L’accélération technologique sans changement de conscience peut ainsi être lue, dans cette perspective, comme un risque plus que comme un accomplissement, l’augmentation des moyens sans l’approfondissement de l’être qui les manie.
On peut enfin rapprocher cette vision de celle de Teilhard de Chardin et de sa noosphère, l’idée d’une couche pensante planétaire en formation, et voir dans les réseaux numériques mondiaux et l’IA collective une préfiguration matérielle et fonctionnelle de cette intelligence partagée. Mais pour Aurobindo comme pour Satprem, cette interconnexion croissante des mentaux ne suffit pas à produire le saut supramental, elle prépare peut-être le terrain, sans pouvoir s’y substituer, car ce saut reste, dans leur pensée, une affaire de conscience vécue et incarnée, non de puissance de calcul.
Une chanson de Harmonium – Le corridor/Les premières lumières
Les paroles sur https://genius.com/Harmonium-le-corridor-lyrics
https://www.youtube.com/watch?v=8SLOsj8111g&list=PL-lygRrMXFqXEptFYra2O1TviVuLHuxLI&index=7
Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage
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Le thème du surhomme chez Sri Aurobindo n’a que peu à voir avec celui de Nietzsche, bien que le terme prête à confusion. Pour Sri Aurobindo, l’évolution ne s’arrête pas à l’apparition de l’homme et du mental. Il reprend le schéma darwinien, matière, vie, mental, mais y ajoute une étape supérieure, le supramental, un plan de conscience-vérité situé au-delà du mental, où l’être ne connaît plus par déduction, doute ou fragmentation, mais par identité directe avec le réel. Dans son œuvre majeure, La Vie Divine, et dans son poème Savitri, Aurobindo décrit ce supramental comme le principe de liaison entre l’Absolu (Sachchidananda, Existence-Conscience-Béatitude) et le monde manifesté. Le surhomme, il préfère parler d’être gnostique, n’est donc pas un individu qui s’élève par la volonté de puissance, mais une mutation de l’espèce rendue possible par la descente de cette conscience supramentale dans la matière elle-même. Ce n’est pas une conquête, c’est une transformation.
Satprem, disciple français d’Aurobindo et de Mirra Alfassa, a présenté cette pensée dans Sri Aurobindo ou l’Aventure de la conscience, puis a consacré le reste de sa vie à transcrire et prolonger l’expérience de la Mirra Alfassa telle que consignée dans L’Agenda. Il y insiste sur un point radical, la transformation ne concerne pas seulement l’esprit ou le mental, mais la cellule, le corps physique lui-même. Mirra Alfassa cherchait à faire descendre la conscience supramentale jusque dans la matière corporelle, pour en changer le fonctionnement même, dépasser la maladie, la fatigue, la mort, non par une croyance en un au-delà, mais par une mutation vécue ici, dans la chair. Satprem parle d’une aventure, d’un risque existentiel assumé individuellement, plutôt que d’une doctrine à suivre.
Avec maintenant de la perspective, il est intéressant de faire le lien avec le développement technologique actuel. En effet, l’intelligence artificielle (IA), l’ingénierie génétique, les interfaces cerveau-machine, les recherches sur le prolongement de la vie poursuivent elles aussi un dépassement des limites humaines. On y retrouve un même désir d’aller au-delà de l’homme tel qu’il est. Mais le mouvement est inversé. Le transhumanisme technologique procède du dehors vers le dedans, il modifie le corps et le cerveau par des outils extérieurs, le code génétique, le silicium, les prothèses, sans que la conscience elle-même change de nature. Sri Aurobindo, Mirra Alfassa et Satprem font référence à un mouvement du dedans vers le dehors. C’est la conscience, qui, en s’élevant puis en redescendant dans la matière, qui transforme cette dernière de l’intérieur. L’IA la plus avancée reste, dans ce cadre, une prouesse mentale, par les calculs, les corrélations, les prédictions, et non par un saut hors du mental. Elle prolonge et démultiplie les capacités du mental humain sans accéder à ce que Sri Aurobindo appelait la connaissance par identité, la perception directe et unifiée du vrai.
Il y a d’ailleurs, chez ces trois auteurs, une mise en garde qui résonne avec l’époque actuelle. Une puissance qui croît sans transformation intérieure correspondante produit, non un être supérieur, mais ce que Sri Aurobindo nommait un être asurique, surpuissant et désaxé. L’accélération technologique sans changement de conscience peut ainsi être lue, dans cette perspective, comme un risque plus que comme un accomplissement, l’augmentation des moyens sans l’approfondissement de l’être qui les manie.
On peut enfin rapprocher cette vision de celle de Teilhard de Chardin et de sa noosphère, l’idée d’une couche pensante planétaire en formation, et voir dans les réseaux numériques mondiaux et l’IA collective une préfiguration matérielle et fonctionnelle de cette intelligence partagée. Mais pour Aurobindo comme pour Satprem, cette interconnexion croissante des mentaux ne suffit pas à produire le saut supramental, elle prépare peut-être le terrain, sans pouvoir s’y substituer, car ce saut reste, dans leur pensée, une affaire de conscience vécue et incarnée, non de puissance de calcul.
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Le thème du surhomme chez Sri Aurobindo n’a que peu à voir avec celui de Nietzsche, bien que le terme prête à confusion. Pour Sri Aurobindo, l’évolution ne s’arrête pas à l’apparition de l’homme et du mental. Il reprend le schéma darwinien, matière, vie, mental, mais y ajoute une étape supérieure, le supramental, un plan de conscience-vérité situé au-delà du mental, où l’être ne connaît plus par déduction, doute ou fragmentation, mais par identité directe avec le réel. Dans son œuvre majeure, La Vie Divine, et dans son poème Savitri, Aurobindo décrit ce supramental comme le principe de liaison entre l’Absolu (Sachchidananda, Existence-Conscience-Béatitude) et le monde manifesté. Le surhomme, il préfère parler d’être gnostique, n’est donc pas un individu qui s’élève par la volonté de puissance, mais une mutation de l’espèce rendue possible par la descente de cette conscience supramentale dans la matière elle-même. Ce n’est pas une conquête, c’est une transformation.
Satprem, disciple français d’Aurobindo et de Mirra Alfassa, a présenté cette pensée dans Sri Aurobindo ou l’Aventure de la conscience, puis a consacré le reste de sa vie à transcrire et prolonger l’expérience de la Mirra Alfassa telle que consignée dans L’Agenda. Il y insiste sur un point radical, la transformation ne concerne pas seulement l’esprit ou le mental, mais la cellule, le corps physique lui-même. Mirra Alfassa cherchait à faire descendre la conscience supramentale jusque dans la matière corporelle, pour en changer le fonctionnement même, dépasser la maladie, la fatigue, la mort, non par une croyance en un au-delà, mais par une mutation vécue ici, dans la chair. Satprem parle d’une aventure, d’un risque existentiel assumé individuellement, plutôt que d’une doctrine à suivre.
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Une chanson de Harmonium – Le corridor/Les premières lumières
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