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  1. Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières

    Un roman sur l’amour… entre deux garçons dans la prime adolescence des années 1920 et 1921. Georges de Sarre, fils de marquis, a 14 ans, le teint mat et les cheveux châtains ; Alexandre Motier 12 ans, est un ange blond comme l’Amour de Thespies, copie de Praxitèle. Tous deux sont beaux et l’aîné est excellent élève, de quoi émuler et élever le plus jeune. Dans ce huis-clos des collèges de Jésuites, la sensibilité s’exaspère et la sensualité suit, mais l’amour platonique sublime les relations. Ce qui suscite des jalousies parmi les adultes ayant fait vœux de chasteté, chargés d’éducation.

    Pas de sexe entre les deux garçons, malgré les prêtres obsédés par la chose après saint Paul, et qui pourchassent le moindre poème entre deux élèves, largement pour évacuer leurs propres désirs. Alexandre demande à Georges : « sais-tu les choses qu’il ne faut pas savoir ? » p.160 – ce qui en dit long sur le tabou et l’interdit, comme sur l’ingénuité du petit. D’ailleurs, le père de Trennes est un surveillant de dortoir très intrusif qui fait boire des liqueurs aux élèves, dans le négligé de nuit du pyjama largement ouvert sur la gorge, et ce dans sa propre chambre, après les avoir observés dormir à la lampe électrique. L’admiration de Georges et du père Lauzon est plus chaste, en témoigne ce portrait d’Alexandre à 12 ans : « La photographie montrait Alexandre dormant sur une chaise longue, plus gracieux encore qu’il ne dormait dans le train des vacances de Pâques. On détaillait la ligne de ses yeux, ses sourcils presque droits, l’ourlet de sa bouche, ses oreilles de nacre, et les boucles de ses cheveux qui formaient une danse immobile et joyeuse en l’honneur de sa beauté. Ses mains ouvraient leurs paumes rayonnantes, comme si elles attendaient d’autres mains, et ses jambes nues appelaient des caresses invisibles » p.434. L’amour n’exclut pas la sensualité, mais elle est maîtrisée, soumise au respect pour l’âme de la personne aimée, selon les trois étages de l’amour selon Platon, du désir pour le corps à l’affection de cœur et l’émerveillement pour l’âme. Un amour filial. « La mère avait posé une main sur le cou d’Alexandre, épanoui dont l’échancrure de la chemise, et elle jouait avec la chaînette que Georges avait baisée à leur premier rendez-vous » p.294. Sensualité de la chaîne de cou tendu par une médaille d’or, qui fait ressortir le laiteux du teint.

    D’où le contraste offert par le roman entre l’amour flétri, induit par la pudibonderie catholique qui traque « le Mal » partout parce qu’on refoule tout désir naturel – et l’amour grec lumineux, « de nature », induit par les œuvres antiques, écrits de Virgile et statues de Praxitèle, étudiés en classe. Les prêtres voudraient célébrer un amour éthéré, celui du Bien-Aimé, le Christ, exempt de tout désir charnel. D’où les célébrations et les lectures édifiantes où le masochisme des très jeunes martyrs qui arrachent leur tunique pour courir nus au devant du fer et du feu est exalté comme exemple. D’où aussi la conception totalisante, âme et corps, de l’éducation catholique, où l’on se couche très tôt pour se lever très tôt, et ainsi éviter les mauvaises tentations, où la journée est réglée par une suite d’activités prévues et surveillées. Même les « vacances » sont soumises au programme, avec des prières et des devoirs à faire. L’auteur se plaît à énumérer les messes, retraites, rogations processions, célébrations ; il fait la comptabilité des indulgences, ces bon-points pour le Ciel, des innombrables saints morts pour la Foi dans la torture du corps, que le clergé se complaît à rappeler chaque jour aux adolescents pour les « édifier ».

    Même si la casuistique jésuite peut parfois déconcerter : « Il était bien difficile d’apprécier la valeur d’un acte, autant que celle d’une intention. Les indulgences de Lucien étaient plus commodes : l‘intention était indiquée, on n’avait qu’à s’y conformer, et tout était dit. Mais, à Saint-Claude, quel moyen de s’y retrouver au milieu d’autant d’intérêts adverses ? Les maîtres eux-mêmes rendaient la tâche difficile, avec leur casuistique. Le supérieur n’avait-il pas joué de la direction d’intention, et le père Lauzon de la restriction mentale, ainsi que le père de Trennes jouait de l’équivoque ? De plus, le résultat des actes avait été parfois à l’opposé des intentions : lorsque Georges avait voulu séduire Lucien, il l’avait converti ; Alexandre séduit avait sauvé la pureté de Georges, et Maurice l’y avait aidé par son impureté. Tout était vrai et faux en même temps, tout était oui et non » p.363.

    Les collèges religieux vivent en communauté, et la doctrine veut que choisir le particulier est frustrer l’ensemble de l’amour et de l’amitié due à tous. Sauf que les relations sont avant tout personnelles, même Sparte, la communautaire exacerbée, le reconnaissait. A traquer de tels sentiments, en soupçonnant la perversion du sexe dans ce monde encore assez innocent (surtout entre-deux guerres, sans les réseaux sociaux ni Youporn !), on tordait les âmes, on les rendait coupables, façon d’acquérir sur les êtres un pouvoir moral exorbitant.

    La geste de Georges et d’Alexandre fait souffler un vent de liberté sur ce carcan, en se jouant des prêtres et des règles, dans l’ingénuité et la chasteté des relations. « Georges fut troublé à l’idée qu’Alexandre put être déjà tel que Lucien. Il s’était dit que son innocence n’était probablement que relative, mais il n’aurait pas voulu le savoir pervers. Il souhaitait que leur amitié restât à égale distance du bien et du mal. Mais quelle était la cause des élans que cet enfant avait pour lui ? » p.147. Ils sont touchants, ces prime adolescents, et Roger Peyrefitte reste tout de pudeur, racontant par le roman les passions qu’il a vécues dans le collège lazariste où il est entré à 9 ans. Alexandre le reconnaît à 15 ans, le collège a formé son caractère et mûri son âme. « Cette année d’internat religieux l’avait enrichi plus que ses nombreuses années d’externat au lycée. Ce n’était pas, comme le supérieur l’aurait dit, à cause de la communion quotidienne. C’était à cause de ce mélange perpétuel du sacré et du profane, qui donnait aux moindres choses un reflet particulier ; c’était à cause de cette lutte entre les élèves et les prêtres, digne de celle du chrétien dans le monde. La ‘vie spirituelle intense’ que l’on menait publiquement là-bas, alimentait une autre vie, d’autant plus intense qu’elle devait se cacher » p.404.

    Mais la tragédie est au bout. Le père Lauzon, « directeur de conscience » (quel titre vaniteux et tyrannique !) s’est rendu compte que les deux garçons entretenaient une relation de tendresse, via des regards échangés, de rares chastes baisers et quelques billets. Il en est jaloux, se voulant « protecteur » exclusif d’Alexandre. Alors il commande, il exige, il impose que l’aîné Georges renvoie les billets reçus du petit à son envoyeur, ce qui signifie la fin de toute relation. Mais Alexandre l’innocent ne comprend pas, il se croit rejeté brutalement par celui en qui il avait placé son amitié, exclusive et absolue comme on l’est à 12 ans. Il se tue.

    Jean Delannoy en a tiré un film avec le jeune (et déjà cabotin) Didier Haudepin. S’il suit l’histoire d’assez près, il n’a pas la force de l’écrit, qui laisse à l’imagination le soin de compatir dans le silence de la lecture.

    La diversité des illustrations en poche, J’ai lu dès 1958 (avec une couverture aguicheuse de G. Benvenuti qui veut reproduire l’amour de Praxitèle), puis le Livre de poche dès 1971, montre que ce livre a été un succès populaire parce qu’il parlait vrai dans un univers bourgeois catholique encore fort coincé – et qu’un Bayrou, par exemple, comme Tartuffe, n’a pas voulu voir. L’assouplissement des règles du culte par Vatican II, mais surtout la révolution des mœurs de mai 68, ont brisé les limites, et de nombreux prêtres se sont crus autorisés à assouvir leurs perversions sur des enfants dont ils avaient la charge. Bien loin de l’amour chrétien, et de la hauteur morale où se situent Georges et d’Alexandre. Quant aux amitiés exclusives, elles existent toujours, entre filles et entre garçons, elles permettent de grandir en se sentant moins seul. Mais l’amitié va rarement jusqu’aux expériences sexuelles car notre époque est plus permissive (plus « normale ») envers les relations avec l’autre sexe.

    Une chose cependant me gêne chez Georges : c’est une balance. Certes, il agit pour son intérêt et pas pour se faire bien voir, comme nombre d’internautes aujourd’hui. Mais quand même, quand on se pique de morale antique, c’est une faiblesse. Georges laisse expressément traîner un billet doux qu’André, l’ami de Lucien, son voisin de dortoir, avait écrit. Georges était jaloux de l’amitié des deux garçons et voulait Lucien pour lui tout seul. André est renvoyé du collège – ce qui n’empêche pas les deux amis de se rencontrer lors des vacances et d’entretenir une correspondance suivie. Signe d’une amitié mûrie entre égaux. La seconde fois, c’est pour le bien du dortoir qu’il va réveiller le père supérieur lors d’une nuit où le père de Trennes a entraîné Maurice, le propre frère d’Alexandre, en pyjama dans sa chambre. Trennes est renvoyé du collège. L’auteur balancera lui-même nombre d’homosexuels cachés, dont le pape Pie XII, et publiera sans autorisation sa correspondance sulfureuse avec Montherlant.

    Ce premier roman est le meilleur de l’auteur, qui écrit magnifiquement. Il ne sera hélas pas suivi d’autant de talent, Peyrefitte sacrifiant au plaisir de scandaliser ses contemporains. Dans l’amitié, il y a de l’amour, une aspiration à la pureté platonicienne. Georges et Alexandre s’en tiennent là, et c’est ce qui est beau dans cette histoire.

    Prix Renaudot 1944 (délivré en 1945)

    Prix Capri (1989) pour l’ensemble de son œuvre

    Prix de l’Académie Balzac (1991-92) pour l’ensemble de son œuvre

    Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières, 1943, J’ai lu 1958, 448 pages, occasion ou Livre de poche 1973, occasion €40,00, e-book Kindle €5,99

    DVD Les amitiés particulières, Jean Delannoy, 1964, avec Didier Haudepin, Dominique Maurin, Francis Lacombrade, François Leccia, Louis Seigner, Lucien Nat, Michel Bouquet, EuropaCorp 2009, 1h38, €40,01

    (mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

    #12Ans #14Ans #adolescents #amitié #amour #balance #beauté #casuistique #catholique #chaîneDeCou #chasteté #christ #Cinéma #collège #communauté #cou #dortoir #film #former #gracieux #inncoent #internat #jalousie #jésuites #mal #morale #nature #nue #passions #perversion #platonique #pouvoirMoral #praxitèle #prêtres #pudeur #pudibonderie #réglé #roman #sensibilité #sensualité #sexe #surveillant #totalisante #tragédie
  2. Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières

    Un roman sur l’amour… entre deux garçons dans la prime adolescence des années 1920 et 1921. Georges de Sarre, fils de marquis, a 14 ans, le teint mat et les cheveux châtains ; Alexandre Motier 12 ans, est un ange blond comme l’Amour de Thespies, copie de Praxitèle. Tous deux sont beaux et l’aîné est excellent élève, de quoi émuler et élever le plus jeune. Dans ce huis-clos des collèges de Jésuites, la sensibilité s’exaspère et la sensualité suit, mais l’amour platonique sublime les relations. Ce qui suscite des jalousies parmi les adultes ayant fait vœux de chasteté, chargés d’éducation.

    Pas de sexe entre les deux garçons, malgré les prêtres obsédés par la chose après saint Paul, et qui pourchassent le moindre poème entre deux élèves, largement pour évacuer leurs propres désirs. Alexandre demande à Georges : « sais-tu les choses qu’il ne faut pas savoir ? » p.160 – ce qui en dit long sur le tabou et l’interdit, comme sur l’ingénuité du petit. D’ailleurs, le père de Trennes est un surveillant de dortoir très intrusif qui fait boire des liqueurs aux élèves, dans le négligé de nuit du pyjama largement ouvert sur la gorge, et ce dans sa propre chambre, après les avoir observés dormir à la lampe électrique. L’admiration de Georges et du père Lauzon est plus chaste, en témoigne ce portrait d’Alexandre à 12 ans : « La photographie montrait Alexandre dormant sur une chaise longue, plus gracieux encore qu’il ne dormait dans le train des vacances de Pâques. On détaillait la ligne de ses yeux, ses sourcils presque droits, l’ourlet de sa bouche, ses oreilles de nacre, et les boucles de ses cheveux qui formaient une danse immobile et joyeuse en l’honneur de sa beauté. Ses mains ouvraient leurs paumes rayonnantes, comme si elles attendaient d’autres mains, et ses jambes nues appelaient des caresses invisibles » p.434. L’amour n’exclut pas la sensualité, mais elle est maîtrisée, soumise au respect pour l’âme de la personne aimée, selon les trois étages de l’amour selon Platon, du désir pour le corps à l’affection de cœur et l’émerveillement pour l’âme. Un amour filial. « La mère avait posé une main sur le cou d’Alexandre, épanoui dont l’échancrure de la chemise, et elle jouait avec la chaînette que Georges avait baisée à leur premier rendez-vous » p.294. Sensualité de la chaîne de cou tendu par une médaille d’or, qui fait ressortir le laiteux du teint.

    D’où le contraste offert par le roman entre l’amour flétri, induit par la pudibonderie catholique qui traque « le Mal » partout parce qu’on refoule tout désir naturel – et l’amour grec lumineux, « de nature », induit par les œuvres antiques, écrits de Virgile et statues de Praxitèle, étudiés en classe. Les prêtres voudraient célébrer un amour éthéré, celui du Bien-Aimé, le Christ, exempt de tout désir charnel. D’où les célébrations et les lectures édifiantes où le masochisme des très jeunes martyrs qui arrachent leur tunique pour courir nus au devant du fer et du feu est exalté comme exemple. D’où aussi la conception totalisante, âme et corps, de l’éducation catholique, où l’on se couche très tôt pour se lever très tôt, et ainsi éviter les mauvaises tentations, où la journée est réglée par une suite d’activités prévues et surveillées. Même les « vacances » sont soumises au programme, avec des prières et des devoirs à faire. L’auteur se plaît à énumérer les messes, retraites, rogations processions, célébrations ; il fait la comptabilité des indulgences, ces bon-points pour le Ciel, des innombrables saints morts pour la Foi dans la torture du corps, que le clergé se complaît à rappeler chaque jour aux adolescents pour les « édifier ».

    Même si la casuistique jésuite peut parfois déconcerter : « Il était bien difficile d’apprécier la valeur d’un acte, autant que celle d’une intention. Les indulgences de Lucien étaient plus commodes : l‘intention était indiquée, on n’avait qu’à s’y conformer, et tout était dit. Mais, à Saint-Claude, quel moyen de s’y retrouver au milieu d’autant d’intérêts adverses ? Les maîtres eux-mêmes rendaient la tâche difficile, avec leur casuistique. Le supérieur n’avait-il pas joué de la direction d’intention, et le père Lauzon de la restriction mentale, ainsi que le père de Trennes jouait de l’équivoque ? De plus, le résultat des actes avait été parfois à l’opposé des intentions : lorsque Georges avait voulu séduire Lucien, il l’avait converti ; Alexandre séduit avait sauvé la pureté de Georges, et Maurice l’y avait aidé par son impureté. Tout était vrai et faux en même temps, tout était oui et non » p.363.

    Les collèges religieux vivent en communauté, et la doctrine veut que choisir le particulier est frustrer l’ensemble de l’amour et de l’amitié due à tous. Sauf que les relations sont avant tout personnelles, même Sparte, la communautaire exacerbée, le reconnaissait. A traquer de tels sentiments, en soupçonnant la perversion du sexe dans ce monde encore assez innocent (surtout entre-deux guerres, sans les réseaux sociaux ni Youporn !), on tordait les âmes, on les rendait coupables, façon d’acquérir sur les êtres un pouvoir moral exorbitant.

    La geste de Georges et d’Alexandre fait souffler un vent de liberté sur ce carcan, en se jouant des prêtres et des règles, dans l’ingénuité et la chasteté des relations. « Georges fut troublé à l’idée qu’Alexandre put être déjà tel que Lucien. Il s’était dit que son innocence n’était probablement que relative, mais il n’aurait pas voulu le savoir pervers. Il souhaitait que leur amitié restât à égale distance du bien et du mal. Mais quelle était la cause des élans que cet enfant avait pour lui ? » p.147. Ils sont touchants, ces prime adolescents, et Roger Peyrefitte reste tout de pudeur, racontant par le roman les passions qu’il a vécues dans le collège lazariste où il est entré à 9 ans. Alexandre le reconnaît à 15 ans, le collège a formé son caractère et mûri son âme. « Cette année d’internat religieux l’avait enrichi plus que ses nombreuses années d’externat au lycée. Ce n’était pas, comme le supérieur l’aurait dit, à cause de la communion quotidienne. C’était à cause de ce mélange perpétuel du sacré et du profane, qui donnait aux moindres choses un reflet particulier ; c’était à cause de cette lutte entre les élèves et les prêtres, digne de celle du chrétien dans le monde. La ‘vie spirituelle intense’ que l’on menait publiquement là-bas, alimentait une autre vie, d’autant plus intense qu’elle devait se cacher » p.404.

    Mais la tragédie est au bout. Le père Lauzon, « directeur de conscience » (quel titre vaniteux et tyrannique !) s’est rendu compte que les deux garçons entretenaient une relation de tendresse, via des regards échangés, de rares chastes baisers et quelques billets. Il en est jaloux, se voulant « protecteur » exclusif d’Alexandre. Alors il commande, il exige, il impose que l’aîné Georges renvoie les billets reçus du petit à son envoyeur, ce qui signifie la fin de toute relation. Mais Alexandre l’innocent ne comprend pas, il se croit rejeté brutalement par celui en qui il avait placé son amitié, exclusive et absolue comme on l’est à 12 ans. Il se tue.

    Jean Delannoy en a tiré un film avec le jeune (et déjà cabotin) Didier Haudepin. S’il suit l’histoire d’assez près, il n’a pas la force de l’écrit, qui laisse à l’imagination le soin de compatir dans le silence de la lecture.

    La diversité des illustrations en poche, J’ai lu dès 1958 (avec une couverture aguicheuse de G. Benvenuti qui veut reproduire l’amour de Praxitèle), puis le Livre de poche dès 1971, montre que ce livre a été un succès populaire parce qu’il parlait vrai dans un univers bourgeois catholique encore fort coincé – et qu’un Bayrou, par exemple, comme Tartuffe, n’a pas voulu voir. L’assouplissement des règles du culte par Vatican II, mais surtout la révolution des mœurs de mai 68, ont brisé les limites, et de nombreux prêtres se sont crus autorisés à assouvir leurs perversions sur des enfants dont ils avaient la charge. Bien loin de l’amour chrétien, et de la hauteur morale où se situent Georges et d’Alexandre. Quant aux amitiés exclusives, elles existent toujours, entre filles et entre garçons, elles permettent de grandir en se sentant moins seul. Mais l’amitié va rarement jusqu’aux expériences sexuelles car notre époque est plus permissive (plus « normale ») envers les relations avec l’autre sexe.

    Une chose cependant me gêne chez Georges : c’est une balance. Certes, il agit pour son intérêt et pas pour se faire bien voir, comme nombre d’internautes aujourd’hui. Mais quand même, quand on se pique de morale antique, c’est une faiblesse. Georges laisse expressément traîner un billet doux qu’André, l’ami de Lucien, son voisin de dortoir, avait écrit. Georges était jaloux de l’amitié des deux garçons et voulait Lucien pour lui tout seul. André est renvoyé du collège – ce qui n’empêche pas les deux amis de se rencontrer lors des vacances et d’entretenir une correspondance suivie. Signe d’une amitié mûrie entre égaux. La seconde fois, c’est pour le bien du dortoir qu’il va réveiller le père supérieur lors d’une nuit où le père de Trennes a entraîné Maurice, le propre frère d’Alexandre, en pyjama dans sa chambre. Trennes est renvoyé du collège. L’auteur balancera lui-même nombre d’homosexuels cachés, dont le pape Pie XII, et publiera sans autorisation sa correspondance sulfureuse avec Montherlant.

    Ce premier roman est le meilleur de l’auteur, qui écrit magnifiquement. Il ne sera hélas pas suivi d’autant de talent, Peyrefitte sacrifiant au plaisir de scandaliser ses contemporains. Dans l’amitié, il y a de l’amour, une aspiration à la pureté platonicienne. Georges et Alexandre s’en tiennent là, et c’est ce qui est beau dans cette histoire.

    Prix Renaudot 1944 (délivré en 1945)

    Prix Capri (1989) pour l’ensemble de son œuvre

    Prix de l’Académie Balzac (1991-92) pour l’ensemble de son œuvre

    Roger Peyrefitte, Les amitiés particulières, 1943, J’ai lu 1958, 448 pages, occasion ou Livre de poche 1973, occasion €40,00, e-book Kindle €5,99

    DVD Les amitiés particulières, Jean Delannoy, 1964, avec Didier Haudepin, Dominique Maurin, Francis Lacombrade, François Leccia, Louis Seigner, Lucien Nat, Michel Bouquet, EuropaCorp 2009, 1h38, €40,01

    (mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

    #12Ans #14Ans #adolescents #amitié #amour #balance #beauté #casuistique #catholique #chaîneDeCou #chasteté #christ #Cinéma #collège #communauté #cou #dortoir #film #former #gracieux #inncoent #internat #jalousie #jésuites #mal #morale #nature #nue #passions #perversion #platonique #pouvoirMoral #praxitèle #prêtres #pudeur #pudibonderie #réglé #roman #sensibilité #sensualité #sexe #surveillant #totalisante #tragédie
  3. 5. « Maldoror » Julien Gosselin

    D’après Roberto Bolaño et Lautréamont Cour d'honneur du Palais des Papes, Festival d'Avignon. Vu le 12 juillet 2026. 20, 21, 23 mars 2026, Comédie de Genève (Suisse) Avec Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Jeremy Lewin, Jeanne Louis-Calixte, Cyril Metzger, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Lucile Rose, Maxence Vandevelde et les cadreurs Jérémie Bernaert et Baudouin Rencurel Un prétexte? Percer à jour le secret du mal au travers de […]

    culturieuse.blog/2026/08/06/5-

  4. 5. « Maldoror » Julien Gosselin

    D’après Roberto Bolaño et Lautréamont Cour d'honneur du Palais des Papes, Festival d'Avignon. Vu le 12 juillet 2026. 20, 21, 23 mars 2026, Comédie de Genève (Suisse) Avec Guillaume Bachelé, Rita Benmannana, Joseph Drouet, Denis Eyriey, Carine Goron, Jeremy Lewin, Jeanne Louis-Calixte, Cyril Metzger, Victoria Quesnel, Achille Reggiani, Lucile Rose, Maxence Vandevelde et les cadreurs Jérémie Bernaert et Baudouin Rencurel Un prétexte? Percer à jour le secret du mal au travers de […]

    culturieuse.blog/2026/08/06/5-

  5. Une nouvelle vidéo de "Hypothèse divine" qui explore une approche rigoureuse et précise pour étudier l'idée que dieu puisse exister dans un monde où le mal existe :

    youtube.com/watch?v=pGJDY3tXoJc

    #1jour1video #youtube #vidéo #religion #mal #dieu #maladie

  6. Si nosotras lo hemos visto vosotras también.

    #Perdón #Mal

  7. @angst_ridden Oh, I am full on (30 year career in infosec and infra), #terraform , #ansible, #argocd, #gha (unfortunately because I hate it), #python and #golang Staff CloudOps Engineer.

    My OP was just me bitching about it.

    My cool task today is setting up a #capev2 server for #vuln and #mal testing.

  8. @angst_ridden Oh, I am full on (30 year career in infosec and infra), #terraform , #ansible, #argocd, #gha (unfortunately because I hate it), #python and #golang Staff CloudOps Engineer.

    My OP was just me bitching about it.

    My cool task today is setting up a #capev2 server for #vuln and #mal testing.

  9. Oh.
    Äh. Malta? Das Land, das Jahrzehnte lang in den Achtzigern hängengeblieben war. bis dahin, dass sie ständig Ralph Siegel Songs ins Rennen schickten?
    Malta hat ein echtes Lied? Mit Melodie? Mit einen guten Sänger? Der sich Zeit für Aufbau nimmt und einen schönen Payoff ans Ende setzt?
    Sehr gut. Wirklich. No notes.
    #mal #esc2026

  10. Oh.
    Äh. Malta? Das Land, das Jahrzehnte lang in den Achtzigern hängengeblieben war. bis dahin, dass sie ständig Ralph Siegel Songs ins Rennen schickten?
    Malta hat ein echtes Lied? Mit Melodie? Mit einen guten Sänger? Der sich Zeit für Aufbau nimmt und einen schönen Payoff ans Ende setzt?
    Sehr gut. Wirklich. No notes.
    #mal #esc2026

  11. Ja, hello my friend! Seh das Lied als Eiskunstlauf-Hymne! #mal #esc

  12. That is an old soul in a young body from Malta.

    #Eurovision #Mal

  13. That is an old soul in a young body from Malta.

    #Eurovision #Mal

  14. was ist das für eine merkwürdige Song-Kostüm-Schere? #mal #esc #esc26 :esc2026:

  15. Si ce n’est Amour (Pétrarque)

         Si ce n'est Amour, qu'est-ce que je sens ? Mais si c'est Amour, Dieu, quel est l'objet ? S'il est bon, pourquoi son effet me nuit ? S'il est mauvais, pourquoi un si doux mal ? Je brûle de désir, pourquoi pleurer ? Je jouis de plaisir, pourquoi me plaindre ? Vivante mort, ô mal délicieux, Tu peux tout sur moi, mais je te refuse. Et si je t'accepte, a tort je me plains. Entre ces vents contraires, je navigue Sur un esquif, sans gouvernail, au large, Si pauvre de […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  16. Si ce n’est Amour (Pétrarque)

         Si ce n'est Amour, qu'est-ce que je sens ? Mais si c'est Amour, Dieu, quel est l'objet ? S'il est bon, pourquoi son effet me nuit ? S'il est mauvais, pourquoi un si doux mal ? Je brûle de désir, pourquoi pleurer ? Je jouis de plaisir, pourquoi me plaindre ? Vivante mort, ô mal délicieux, Tu peux tout sur moi, mais je te refuse. Et si je t'accepte, a tort je me plains. Entre ces vents contraires, je navigue Sur un esquif, sans gouvernail, au large, Si pauvre de […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  17. Ja, hello Cowboy!
    Aber sollte das nicht auf maltesisch sein?! #mal #esc

  18. Intro to collective mapping by walking around Loro Piceno and editing OpenStreetMap with @streetcomplete and @CoMaps ❤️🌻

    Then lunch all together in the (newly mapped) Caffetteria Da Renata 😋

    #SOS #LaScuolaOpenSource #LoroPiceno #ValDiFiastra #XYZ #Italy #Marche #Appennino #OSM #StreetComplete #CoMaps #mal #mapping #OpenStreetMap

  19. Intro to collective mapping by walking around Loro Piceno and editing OpenStreetMap with @streetcomplete and @CoMaps ❤️🌻

    Then lunch all together in the (newly mapped) Caffetteria Da Renata 😋

    #SOS #LaScuolaOpenSource #LoroPiceno #ValDiFiastra #XYZ #Italy #Marche #Appennino #OSM #StreetComplete #CoMaps #mal #mapping #OpenStreetMap

  20. Dos personas investigadas por maltrato grave a un cachorro en Cantabria

    📰 Título original: Dos investigados por un presunto delito de maltrato animal grave a un cachorro de tres meses

    🤖 IA: No es clickbait ✅
    👥 Usuarios: No es clickbait ✅

    Ver resumen IA completo: killbait.com/es/dos-personas-i

    #sucesos #mal...

  21. Le mal universel : un réalisme construit par l’histoire

    Rejeter une bonté fondamentale ne doit pas conduire à sacraliser le mal comme essence humaine. Ce réalisme pessimiste s’enracine dans des contextes historiques — compétitions nationales, guerres industrielles, colonialisme — et révèle moins une nature immuable qu’une idéologie façonnée par la modernité.
    #philosophie #anthropologiepolitique #réalisme #mal #ideologie

    homohortus31.wordpress.com/202

  22. Detenido en Ciudad Real un hombre por intentar ahorcar a su perro tras una persecución policial por tejados

    📰 Título original: Evitan en Ciudad Real que un hombre ahorque a su perro y lo detienen tras huir por los tejados

    🤖 IA: Es clickbait ⚠️
    👥 Usuarios: Es clickbait ⚠️

    Ver resumen IA completo: killbait.com/es/detenido-en-ci

    #sucesos #mal...

  23. 1 📕 en 5 🖼️ : Vers toi reviendront les égarés de Nelly GILLANT

    Merci de partager, liker ou commenter pour m'aider à faire connaître les ouvrages présentés 🤗 

    #chemin #piege #mal #jesus #foi

    youtube.com/shorts/zSfBWoRQYRo

  24. Mallorca vs Madrid, La Liga. Madrid head in as clear favorites at 16:15 CEST, while Mallorca push for a brave upset in a lively, hopeful clash.

    RCD Mallorca 14.2%
    Draw 24.6%
    Real Madrid 61.2%

    #Football #Soccer #LaLiga #MAL #RMA #MALRMA

  25. Mallorca vs Madrid, La Liga. Madrid head in as clear favorites at 16:15 CEST, while Mallorca push for a brave upset in a lively, hopeful clash.

    RCD Mallorca 14.2%
    Draw 24.6%
    Real Madrid 61.2%

    #Football #Soccer #LaLiga #MAL #RMA #MALRMA

  26. Mall ahead in an exciting La Liga clash vs Esp; a draw feels plausible, while Esp eye a surprise. Kickoff 14:00 CET.

    RCD Mallorca 39.1%
    Draw 30.6%
    Espanyol Barcelona 30.3%

    #Football #Soccer #LaLiga #MAL #ESP #MALESP

  27. spent time creating and adding to my #Keyoxide profile, during which I came across some interesting things popping up. #Anime sites just don't work for me for some reason (#MAL, #Anilist, #Anime-Planet, #Anisocial, etc.). #TikTok has an 80-character limit on their bio.

    upon rereading that and reflecting on the tone: i actually like keyoxide in general.

  28. Barca favoured to win in La Liga, a likely draw on the cards, Mallorca with a slim upset chance. Kickoff 16:15 CET.

    FC Barcelona 66.6%
    Draw 22.1%
    RCD Mallorca 11.3%

    #Football #Soccer #LaLiga #BAR #MAL #BARMAL

  29. :stargif: 𝑳𝒂 𝒆𝒕𝒆𝒓𝒏𝒂 𝒑𝒓𝒆𝒈𝒖𝒏𝒕𝒂 𝒔𝒐𝒃𝒓𝒆 𝒆𝒍 𝒎𝒂𝒍:stargif:

    La Paradoja de Epicuro es uno de esos argumentos antiguos que siguen incomodando siglos después.
    Epicuro, filósofo griego del siglo III a.C., formuló una pregunta tan sencilla como devastadora: si Dios es todopoderoso y totalmente bueno, ¿por qué existe el mal?
    Desde entonces, es el gran dolor de cabeza de la teología.

    El razonamiento es directo y no deja mucho margen.
    Si Dios quiere eliminar el mal pero no puede, entonces no es omnipotente.
    Si puede eliminarlo pero no quiere, entonces no es infinitamente bueno.
    Si puede y quiere, ¿de dónde sale el mal? Y si ni puede ni quiere… ¿por qué llamarlo Dios?
    La Iglesia respondió a este dilema con la llamada teodicea.
    La explicación más extendida dice que el mal no es algo creado, sino la ausencia del bien, y que el sufrimiento es el precio inevitable del libre albedrío.
    Sin posibilidad de elegir mal, el ser humano no sería realmente libre.

    Mientras los filósofos discutían el origen del mal, la Edad Media optó por algo más práctico: organizarlo.
    Para los teólogos medievales, el Infierno no era una idea abstracta, sino una estructura perfectamente jerarquizada, un reflejo oscuro del Cielo.
    Si los ángeles tenían rangos, los demonios también debían tenerlos.

    Una de las clasificaciones más conocidas es la de Sebastien Michaelis, en 1612. Según él, cada demonio estaba asociado a un pecado capital y tenía un ángel rival encargado de vencerlo.
    Belcebú representaba el orgullo, Leviatán la envidia, Asmodeo la lujuria, Astaroth la pereza y Belphegor la avaricia.
    El mal, así entendido, no era caótico, sino casi burocrático.

    Grimorios posteriores, como el Diccionario Infernal, fueron aún más lejos y describieron un auténtico “gobierno” del Infierno.
    Lucifer aparecía como emperador, Belcebú como príncipe, Satanás como rey destronado, con cargos como canciller o jefe de la policía secreta incluidos.
    Resulta curioso: mientras Epicuro usaba el mal para cuestionar la existencia de Dios, los medievales lo usaban para confirmar que el mundo era un campo de batalla espiritual permanente.

    De ahí pasamos al terreno de lo prohibido: la invocación.
    En la Edad Media y el Renacimiento, invocar a un demonio no era un acto de adoración, sino una operación técnica extremadamente peligrosa.
    El objetivo no era servirlo, sino obligarlo a obedecer.

    Los grimorios describen rituales minuciosos.
    El mago debía trazar círculos de protección con nombres sagrados; si un pie salía de la línea, el demonio tenía “derecho legal” sobre su alma.
    Conocer el nombre verdadero y el sigilo del espíritu era esencial para dominarlo.
    Se usaban espadas bendecidas, velas de grasa animal y el llamado Triángulo de la Manifestación.
    Y, por supuesto, los pactos: siempre advertían que el demonio cumpliría el deseo… pero de la peor forma posible.

    Todo esto conecta, de manera inquietante, con una de las curiosidades más famosas de España: el Ángel Caído del Parque del Retiro de Madrid.
    Es uno de los pocos monumentos públicos del mundo dedicados al momento exacto de la caída de Lucifer.
    La estatua, obra de Ricardo Bellver en 1877 e inspirada en El Paraíso Perdido de Milton, no muestra maldad, sino angustia y orgullo herido.
    La serpiente se enrosca en su cuerpo, y el pedestal está lleno de rostros demoníacos que escupen agua.

    El detalle más escalofriante es la altura: la fuente se encuentra a 666 metros sobre el nivel del mar.
    Oficialmente es una casualidad topográfica, pero para los amantes de lo oculto es demasiado simbólico para ser ignorado.
    Durante décadas circularon rumores de reuniones esotéricas a medianoche en ese lugar, nunca probadas, pero persistentes.

    Al final, el mal sigue siendo el mismo misterio de siempre.
    Para unos, una prueba contra Dios.
    Para otros, una pieza necesaria del engranaje.
    Y para muchos, una sombra que nos obliga a mirar de frente lo que somos capaces de elegir.

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    #paradojadeepicuro #mal #filosofia #teologia #demonologia #edadmedia #lucifer #historiaoscura #misterio #ecosdelpasado

  30. ATM vs Mallorca, LaLiga: ATM clear favorites to win at 14:00 CET (+01:00). Mallorca seek a surprise; a draw still possible.

    Atlético Madrid 71.2%
    Draw 19.8%
    RCD Mallorca 9.1%

    #Football #Soccer #LaLiga #ATM #MAL #ATMMAL