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#plantations — Public Fediverse posts

Live and recent posts from across the Fediverse tagged #plantations, aggregated by home.social.

  1. Focus on Coffs Harbour and Nambucca Valley

    "NSW modern slavery report calls for urgent reform to protect migrant workers."

    "A NSW parliamentary report into modern slavery has detailed "harrowing stories of mistreatment and harm..The report asked the government to investigate allegations of systemic labour exploitation in Coffs Harbour and the Nambucca Valley."

    "NSW Anti-slavery commissioner Dr James Cockayne said in a statement the report was "informed by evidence from almost 100 witnesses across NSW, including victim survivors of modern slavery, and 60 submissions"." >>
    abc.net.au/news/2026-08-06/nsw
    #exploitation #PALM #MidNorthCoast #HorticulturalIndustry #blueberries #CoffsHarbour #NambuccaValley #food #harm #slavery #plantations #regulation

  2. Let's cover the Mid North Coast of NSW in plastic..

    Image:
    "Surrounding the town of El Ejido, Almeria Province, southern Spain is a sea of greenhouses, stretching for tens of kilometers. Millions of tons of vegetables are exported to other European countries and other parts of the world. The image covers an area of 19 x 30.5 km, was acquired July 20, 2008, and is located at 36.75 degrees north latitude, 2.75 degrees west longitude."
    science.nasa.gov/photojournal/

    NSW - Traumatic landscapes of plastic, pollution and exploitation
    mastodon.au/@Bellingen/1159916
    #NSW #industrialisation #SeaOfPlastic #plastic #MidNorthCoast #blueberries #agribusiness #plantations #externalities #EcologicalViolence

  3. Modern slavery in Coffs Harbour?
    Where does the fruit for Christmas come from?

    "Migrant workers have given evidence in Coffs Harbour at a NSW parliamentary inquiry into modern slavery...More than 100 reports of migrant workers being exploited across Coffs Harbour in the past two years."

    "The Coffs Coast is the nation's largest producer of blueberries."
    >>
    abc.net.au/news/2025-12-13/mod

    Modern slavery au
    modernslavery.gov.au/
    #CoffsHarbour #NSW #IR #work #fruit #food #PALM #workers #exploitation #plantations #LabourMobility #HorticulturalIndustry #blueberries #ModernSlavery #PacificNeighbours

    Christmas hamper contextualised with fruit from the plantations of the Coffs Harbour coast, ChatGPT

  4. Pesticide spray drift from intensive horticulture on the the mid-north coast NSW -
    Discontent in the region.

    Home owners, dairy and beef producers among those concerned about how pesticide use affects their land as well as water quality on the mid-north coast

    “Between 2001 and 2016 blueberry farming expanded 400% – mainly around the Coffs Harbour region.”

    “This monitoring showed the continued detection of pesticides in most waterways sampled, highlighting the need for ongoing monitoring in the region.”

    “Monitoring in the Nambucca valley by the EPA has detected three different pesticides in low levels in three creeks, suggesting water quality in the area is not being impacted by excessive amounts of pesticides.”
    >>
    theguardian.com/australia-news
    #Pesticides #food #beef #diary #prawns #blueberries #plantations #monoculture #rivers #water #export #runoff #pollution #neonicotinoids #imidacloprid #dimethoate #SprayDrift #CoffsHarbour #Macksville #Nambucca #Woolgoolga #conflict #violence #EPA #regulation #horticulture #industry #tourism #PeoplesHomes #TankWater #governance #MidNorthCoast #NSW #biodiversity #wildlife #extractivism

  5. The Blueberries of Wrath on the mid-north coast of NSW
    Bitter fruit: the dark underside of the booming NSW blueberry industry

    "Blueberry farms have become an increasingly common sight across the rolling hills of the NSW mid-north coast...The number of people in need of ... support points to a dark underbelly of exploitation in the blueberry industry that authorities appear incapable of dealing with...It’s semi-organised crime, that is how I would describe it. "

    "A NSW parliamentary inquiry into modern slavery is currently investigating worker conditions."
    >>
    theguardian.com/australia-news
    #food #workers #slavery #plantations #exploitation #AgriculturalIndustry #plantations #CoffsHarbour #MidNorthCoast #NSW #LabourLaw #regulation #PALM #Pacific

  6. Monetising the great koala national park

    "The government estimates the park’s value as a tourism destination will generate an extra $163m for the state’s economy over two decades. The native logging division of NSW Forestry Corporation has run at a loss for several years...The Minns government on Sunday revealed the proposed outlines of the park, fulfilling its 2023 election commitment...A moratorium on logging within its boundaries begins on Monday."
    End native forest logging across NSW. Recognise remnant flora and fauna in 'plantations'.
    >>
    theguardian.com/australia-news
    #biodiversity #wildlife #koalas #TheGreatKoalaNationalPark #ecosystems #value #nature #commodification #NSWLogging #FailedAssets #FCNSW #StrandedAssets #MidNorthCoast #deforestation #plantations #extractivism #CashCow #ExtinctionCrisis

    Image: Anthropomorphic image of a koala unboxing the cornucopia of a tourist park.

  7. "Fondation des systèmes politiques modernes, la dualité nature/culture eut des conséquences fondamentales sur la production d'une "science de l'homme", distinguant hommes et femmes, corps et esprit, civilisés et sauvages, et sans doute humains et semi-humains.
    (...)
    À la "bioprospection coloniale" qui, depuis les premiers pas de Colomb, inventorie espèces végétales, minérales et animales à des fins de profit, s'ajouta ainsi une "ethnoprospection" c'est-à-dire un recensement et une classification universels des espèces humaines dont on pense qu'elles ont elles aussi des "natures différentes". En devenant "aussi diversifiée que la nature elle-même", l'humanité se décline en phénotypes plus qu'en origines géographiques, et l'on glisse d'une vision descriptive à un regard normatif, prédisposé à la hiérarchie."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

    #SylvieLaurent #racialisation #eugénisme #capitalisme #extractivisme #appropriation #accaparement #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Amérique #histoire #esclavage #NouveauMonde #racisme #propriété #coexistence #nature #séparation

  8. "Fondation des systèmes politiques modernes, la dualité nature/culture eut des conséquences fondamentales sur la production d'une "science de l'homme", distinguant hommes et femmes, corps et esprit, civilisés et sauvages, et sans doute humains et semi-humains.
    (...)
    À la "bioprospection coloniale" qui, depuis les premiers pas de Colomb, inventorie espèces végétales, minérales et animales à des fins de profit, s'ajouta ainsi une "ethnoprospection" c'est-à-dire un recensement et une classification universels des espèces humaines dont on pense qu'elles ont elles aussi des "natures différentes". En devenant "aussi diversifiée que la nature elle-même", l'humanité se décline en phénotypes plus qu'en origines géographiques, et l'on glisse d'une vision descriptive à un regard normatif, prédisposé à la hiérarchie."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

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  9. "Fondation des systèmes politiques modernes, la dualité nature/culture eut des conséquences fondamentales sur la production d'une "science de l'homme", distinguant hommes et femmes, corps et esprit, civilisés et sauvages, et sans doute humains et semi-humains.
    (...)
    À la "bioprospection coloniale" qui, depuis les premiers pas de Colomb, inventorie espèces végétales, minérales et animales à des fins de profit, s'ajouta ainsi une "ethnoprospection" c'est-à-dire un recensement et une classification universels des espèces humaines dont on pense qu'elles ont elles aussi des "natures différentes". En devenant "aussi diversifiée que la nature elle-même", l'humanité se décline en phénotypes plus qu'en origines géographiques, et l'on glisse d'une vision descriptive à un regard normatif, prédisposé à la hiérarchie."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

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  10. CW: Histoire de la consommation de sucre 🧶

    La consommation de sucre remonte à environ 8 000 avant J.-C. en Nouvelle-Guinée, où les populations autochtones ont domestiqué pour la première fois la canne à sucre en sélectionnant la variété Saccharum robustum. Depuis la Nouvelle-Guinée, la culture de la canne à sucre s'est répandue dans toute l'Asie du Sud-Est, en Chine et en Inde grâce aux commerçants maritimes. La technique de raffinage chimique du sucre est apparue pour la première fois en Inde il y a environ 2 500 ans, et ce savoir s'est répandu vers la Chine, l'Iran et les premiers mondes islamiques.

    « Au XIVe siècle, Chypre et la Sicile étaient devenues d'importantes productrices de sucre pour les Européens. Ce succès a encouragé certains riches à étendre l'industrie sucrière aux îles de l'Atlantique et aux Amériques. À [la fin du XVIe siècle], des quantités croissantes de sucre étaient importées des plantations sucrières ("engenhos") du Brésil. Ces engenhos exigeaient le travail forcé des peuples autochtones et, de plus en plus, des esclaves africain·es, qui travaillaient dans des conditions épouvantables pour broyer la canne à sucre, en extraire le jus et le faire bouillir à haute température afin de produire de la mélasse, qui était ensuite expédiée vers l'Europe dans de grands tonneaux appelés "hogsheads". Les débuts de l'industrie sucrière mondiale constituent une partie importante de l'histoire des débuts de la traite transatlantique des esclaves. »

    Source en anglais : nationalarchives.gov.uk/educat

    La suite de l'histoire est ailleurs dans la même pelote : kolektiva.social/@estelle/1119

    La pelote en anglais : techhub.social/@estelle/114495

    #technique #technoCritique #sucre #accaparementDesTerres #racialisation #cultureDuViol #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #WestIndies #Caraïbes #carribbean #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Barbade #Amérique #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts #consommation

  11. "The experiment begun in 1492 was accompanied by a new relationship with the world and with each other, based on the novel idea that the prosperity of human societies lay in the submission of a wild and free nature to the rational act of exploitation. From then on, the entire living world was put to work, and in this first planetary empire, people, plants and animals became commodities circulating from one corner of the hemisphere to the other."

    wrote Sylvie Laurent in her book "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne"

    #wilderness #progress #SylvieLaurent #capitalism #extractivism #capture #appropriation #grabbing #marchandization #Discovery #encounter #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #America #Americas #history #slavery #agroBusiness #agriculture #NewWorld #quote #quotes #beliefs #belief #labour #technoCriticism

  12. "The experiment begun in 1492 was accompanied by a new relationship with the world and with each other, based on the novel idea that the prosperity of human societies lay in the submission of a wild and free nature to the rational act of exploitation. From then on, the entire living world was put to work, and in this first planetary empire, people, plants and animals became commodities circulating from one corner of the hemisphere to the other."

    wrote Sylvie Laurent in her book "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne"

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  13. "The experiment begun in 1492 was accompanied by a new relationship with the world and with each other, based on the novel idea that the prosperity of human societies lay in the submission of a wild and free nature to the rational act of exploitation. From then on, the entire living world was put to work, and in this first planetary empire, people, plants and animals became commodities circulating from one corner of the hemisphere to the other."

    wrote Sylvie Laurent in her book "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne"

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  14. "The experiment begun in 1492 was accompanied by a new relationship with the world and with each other, based on the novel idea that the prosperity of human societies lay in the submission of a wild and free nature to the rational act of exploitation. From then on, the entire living world was put to work, and in this first planetary empire, people, plants and animals became commodities circulating from one corner of the hemisphere to the other."

    wrote Sylvie Laurent in her book "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne"

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  15. "The experiment begun in 1492 was accompanied by a new relationship with the world and with each other, based on the novel idea that the prosperity of human societies lay in the submission of a wild and free nature to the rational act of exploitation. From then on, the entire living world was put to work, and in this first planetary empire, people, plants and animals became commodities circulating from one corner of the hemisphere to the other."

    wrote Sylvie Laurent in her book "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne"

  16. "Une nouvelle relation au monde et à l'autre accompagne en effet l'expérience commencée en 1492, fondée sur l'idée inédite que la prospérité des sociétés humaines se trouve dans la soumission d'une nature sauvage et offerte au geste rationnel de valorisation. Désormais, l'ensemble du monde vivant est mis au travail et dans ce premier empire planétaire, hommes, plantes et bêtes deviennent des marchandises circulant d'un coin à l'autre de l'hémisphère."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

    #SylvieLaurent #capitalisme #extractivisme #appropriation #accaparement #marchandisation #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #NouveauMonde #citation #citations #croyances #croire #progrès #travail #technoCritique

  17. "Une nouvelle relation au monde et à l'autre accompagne en effet l'expérience commencée en 1492, fondée sur l'idée inédite que la prospérité des sociétés humaines se trouve dans la soumission d'une nature sauvage et offerte au geste rationnel de valorisation. Désormais, l'ensemble du monde vivant est mis au travail et dans ce premier empire planétaire, hommes, plantes et bêtes deviennent des marchandises circulant d'un coin à l'autre de l'hémisphère."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

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  18. "Une nouvelle relation au monde et à l'autre accompagne en effet l'expérience commencée en 1492, fondée sur l'idée inédite que la prospérité des sociétés humaines se trouve dans la soumission d'une nature sauvage et offerte au geste rationnel de valorisation. Désormais, l'ensemble du monde vivant est mis au travail et dans ce premier empire planétaire, hommes, plantes et bêtes deviennent des marchandises circulant d'un coin à l'autre de l'hémisphère."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

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  19. "Une nouvelle relation au monde et à l'autre accompagne en effet l'expérience commencée en 1492, fondée sur l'idée inédite que la prospérité des sociétés humaines se trouve dans la soumission d'une nature sauvage et offerte au geste rationnel de valorisation. Désormais, l'ensemble du monde vivant est mis au travail et dans ce premier empire planétaire, hommes, plantes et bêtes deviennent des marchandises circulant d'un coin à l'autre de l'hémisphère."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

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  20. "Une nouvelle relation au monde et à l'autre accompagne en effet l'expérience commencée en 1492, fondée sur l'idée inédite que la prospérité des sociétés humaines se trouve dans la soumission d'une nature sauvage et offerte au geste rationnel de valorisation. Désormais, l'ensemble du monde vivant est mis au travail et dans ce premier empire planétaire, hommes, plantes et bêtes deviennent des marchandises circulant d'un coin à l'autre de l'hémisphère."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

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  21. "Fondation des systèmes politiques modernes, la dualité nature/culture eut des conséquences fondamentales sur la production d'une "science de l'homme", distinguant hommes et femmes, corps et esprit, civilisés et sauvages, et sans doute humains et semi-humains.
    (...)
    À la "bioprospection coloniale" qui, depuis les premiers pas de Colomb, inventorie espèces végétales, minérales et animales à des fins de profit, s'ajouta ainsi une "ethnoprospection" c'est-à-dire un recensement et une classification universels des espèces humaines dont on pense qu'elles ont elles aussi des "natures différentes". En devenant "aussi diversifiée que la nature elle-même", l'humanité se décline en phénotypes plus qu'en origines géographiques, et l'on glisse d'une vision descriptive à un regard normatif, prédisposé à la hiérarchie."

    "Capital et race : Histoire d'une hydre moderne", Sylvie Laurent

    #SylvieLaurent #racialisation #eugénisme #capitalisme #extractivisme #appropriation #accaparement #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Amérique #histoire #esclavage #NouveauMonde #racisme #propriété

  22. Le sucre ; une innovation qui donne envie :

    "Dans « Slavery, Capitalism and the Industrial Revolution », deux chercheuses, Maxine Berg et Pat Hudson, replacent l’esclavagisme et le système des plantations qui en est issu, au cœur du développement de l’économie britannique du XVIIIe siècle. Et elles en font un élément déterminant de la révolution industrielle et des formes particulières que prendra le capitalisme britannique jusqu’à nos jours.
    […]
    Encore dépassés de peu dans la déportation des Africains par les Portugais à la fin du XVIIe siècle, les Britanniques vont représenter, entre 1751 et 1775, près de 43 % du trafic d’esclaves contre 27 % pour les Portugais et 17 % pour les Français. À la fin du siècle, ils contrôlent encore 37 % de cet hideux marché.

    Ces déportations ont pour vocation de venir alimenter les immenses plantations des nombreuses îles des Antilles contrôlées par les Britanniques, comme la Jamaïque ou la Barbade, où l’on produit du café, du tabac et, surtout, du sucre. Ce dernier produit est le cœur de la machine capitaliste primitive amorcée par l’esclavage.

    Le goût pour le sucre change tout

    Les deux autrices expliquent ainsi comment ont été changés la consommation et les goûts des Européens pour que la production des plantations puisse bénéficier d’un immense marché toujours croissant. « À mesure que l’offre de sucre grossissait, il en allait de même de sa popularité », résument les autrices. Entre 1700 et 1783, la production de sucre dans les Antilles britanniques a quadruplé.

    Ce phénomène s’est réalisé par deux canaux qui ne sont pas étrangers aux mécanismes actuels du capitalisme : l’attrait d’une consommation de luxe devenue abordable et l’addiction même du produit qui devient une « nécessité ».

    L’imposition du sucre dans la consommation des Européens, y compris des plus pauvres au cours du XVIIIe siècle, est, en quelque sorte, la première victoire du marketing venant soutenir une production de masse. Elle rappelle que la demande et la consommation sous souvent les conséquences plus que les causes des choix productifs.

    Mais ce que montre l’ouvrage, c’est que cette révolution culinaire destinée à assurer la profitabilité des plantations de canne fondée sur l’esclavage a eu un effet d’entraînement général sur l’économie. Elle a d’abord alimenté la demande de boissons destinées à être sucrées issues d’autres plantations esclavagistes (café, chocolat) ou du commerce asiatique comme le thé.

    La folie du sucre a aussi favorisé d’autres secteurs, au Royaume-Uni même, comme la céramique, le commerce de détail, les intermédiaires financiers, les infrastructures portuaires. Tous ces secteurs ont, à leur tour, alimenté le reste de l’économie, notamment la production de métal et de minerais.

    Ce que montre Maxine Berg et Pat Hudson, c’est l’effet d’entraînement de cette industrie à base esclavagiste sur la dynamique capitaliste et industrielle d’ensemble au Royaume-Uni. Cette dynamique n’est pas toujours immédiatement visible. Mais les autrices soulignent par exemple combien cette révolution dans la consommation a été un élément clé de la « révolution industrieuse », un changement notable de rapport au travail qui a permis la révolution industrielle.

    Ainsi, notent-elles, « le désir pour une nouvelle variété de marchandises a amené des changements graduels dans les comportements des ménages ordinaires d’Europe occidentale ». Progressivement, pour s’offrir le luxe devenu atteignable du sucre, l’économie de subsistance va être abandonnée pour recourir au travail salarié. On va accepter de travailler davantage et plus dur pour acquérir ces biens devenus, selon les témoignages mêmes de la fin du XVIIIe siècle, des besoins essentiels.

    En parallèle, le système de la plantation jette les bases de la future organisation capitaliste du travail et de la production. Le secteur sucrier à l’époque est une « synthèse du champ et de l’usine », un véritable « agro-business » qui ne ressemble « à rien de connu à l’époque en Europe ». Le jus de canne à sucre doit en effet être traité rapidement après la moisson pour produire des cristaux de sucre et de la mélasse qui, distillés, produit le rhum, un produit qui va vite devenir en vogue également sur les marchés européens.

    Productivité, innovation, discipline
    La plantation est donc un système intégré qui nécessite des innovations majeures pour l’époque afin de pouvoir organiser et améliorer la production. Le système de comptabilité mis en place va ainsi permettre de mieux calculer les rendements et, partant, de rogner sur les « besoins » des esclaves en termes de nourriture, de logements ou de vêtements pour en tirer le plus de valeur possible.

    Ces pratiques comptables vont jouer un rôle déterminant dans la naissance du capitalisme et dans son évolution. « La comptabilité standardisée a rendu possible la séparation de la propriété et de la gestion, une séparation qui est encore rare dans les entreprises britanniques et européennes plus d’un siècle plus tard », soulignent les autrices.

    La comptabilité permet aussi de renforcer le contrôle de la force de travail et son intensification. Le système de la plantation confirme le constat que Marx fera un siècle plus tard : l’augmentation de la productivité va de pair avec la dégradation des conditions de travail. « Les régimes de travail vont empirer à mesure que s’améliorent le management et les technologies », constate l’ouvrage. Progressivement, les plantations des Antilles britanniques du XVIIIe siècle ressemblent aux grandes usines du siècle suivant, avec, en plus, la violence du régime esclavagiste où on fouette, on bat et on pend les réfractaires.
    […]
    Les ports du commerce atlantique, principalement Liverpool et Glasgow, développent alors un hinterland qui fournit les biens manufacturés dont le commerce triangulaire fondé sur l’esclavage a besoin, notamment les textiles et les produits métalliques. La géographie économique du Royaume-Uni en est alors profondément modifiée.
    […]
    L’argent de la métropole est dirigé vers les besoins des plantations, puis revient vers l’Angleterre et l’Écosse pour financer les secteurs dynamisés par le commerce triangulaire, mais aussi pour financer l’État. Les autrices insistent particulièrement sur le fait que la demande de dette publique de la part des planteurs a permis de structurer de nouveaux instruments qui fondent encore la finance d’aujourd’hui et qui ont permis non seulement l’indispensable soutien étatique au développement capitaliste britannique, mais aussi le financement des guerres coloniales qui ont renforcé le système des plantations."

    Romaric Godin : mediapart.fr/journal/economie-

    @[email protected] @[email protected] @[email protected] @[email protected] (à suivre) 🧶

    #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Mediapart #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #citation #citations #plantations #Antilles #WestIndies #Caraïbes #carribbean #racialisation #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts

  23. Le sucre ; une innovation qui donne envie :

    "Dans « Slavery, Capitalism and the Industrial Revolution », deux chercheuses, Maxine Berg et Pat Hudson, replacent l’esclavagisme et le système des plantations qui en est issu, au cœur du développement de l’économie britannique du XVIIIe siècle. Et elles en font un élément déterminant de la révolution industrielle et des formes particulières que prendra le capitalisme britannique jusqu’à nos jours.
    […]
    Encore dépassés de peu dans la déportation des Africains par les Portugais à la fin du XVIIe siècle, les Britanniques vont représenter, entre 1751 et 1775, près de 43 % du trafic d’esclaves contre 27 % pour les Portugais et 17 % pour les Français. À la fin du siècle, ils contrôlent encore 37 % de cet hideux marché.

    Ces déportations ont pour vocation de venir alimenter les immenses plantations des nombreuses îles des Antilles contrôlées par les Britanniques, comme la Jamaïque ou la Barbade, où l’on produit du café, du tabac et, surtout, du sucre. Ce dernier produit est le cœur de la machine capitaliste primitive amorcée par l’esclavage.

    Le goût pour le sucre change tout

    Les deux autrices expliquent ainsi comment ont été changés la consommation et les goûts des Européens pour que la production des plantations puisse bénéficier d’un immense marché toujours croissant. « À mesure que l’offre de sucre grossissait, il en allait de même de sa popularité », résument les autrices. Entre 1700 et 1783, la production de sucre dans les Antilles britanniques a quadruplé.

    Ce phénomène s’est réalisé par deux canaux qui ne sont pas étrangers aux mécanismes actuels du capitalisme : l’attrait d’une consommation de luxe devenue abordable et l’addiction même du produit qui devient une « nécessité ».

    L’imposition du sucre dans la consommation des Européens, y compris des plus pauvres au cours du XVIIIe siècle, est, en quelque sorte, la première victoire du marketing venant soutenir une production de masse. Elle rappelle que la demande et la consommation sous souvent les conséquences plus que les causes des choix productifs.

    Mais ce que montre l’ouvrage, c’est que cette révolution culinaire destinée à assurer la profitabilité des plantations de canne fondée sur l’esclavage a eu un effet d’entraînement général sur l’économie. Elle a d’abord alimenté la demande de boissons destinées à être sucrées issues d’autres plantations esclavagistes (café, chocolat) ou du commerce asiatique comme le thé.

    La folie du sucre a aussi favorisé d’autres secteurs, au Royaume-Uni même, comme la céramique, le commerce de détail, les intermédiaires financiers, les infrastructures portuaires. Tous ces secteurs ont, à leur tour, alimenté le reste de l’économie, notamment la production de métal et de minerais.

    Ce que montre Maxine Berg et Pat Hudson, c’est l’effet d’entraînement de cette industrie à base esclavagiste sur la dynamique capitaliste et industrielle d’ensemble au Royaume-Uni. Cette dynamique n’est pas toujours immédiatement visible. Mais les autrices soulignent par exemple combien cette révolution dans la consommation a été un élément clé de la « révolution industrieuse », un changement notable de rapport au travail qui a permis la révolution industrielle.

    Ainsi, notent-elles, « le désir pour une nouvelle variété de marchandises a amené des changements graduels dans les comportements des ménages ordinaires d’Europe occidentale ». Progressivement, pour s’offrir le luxe devenu atteignable du sucre, l’économie de subsistance va être abandonnée pour recourir au travail salarié. On va accepter de travailler davantage et plus dur pour acquérir ces biens devenus, selon les témoignages mêmes de la fin du XVIIIe siècle, des besoins essentiels.

    En parallèle, le système de la plantation jette les bases de la future organisation capitaliste du travail et de la production. Le secteur sucrier à l’époque est une « synthèse du champ et de l’usine », un véritable « agro-business » qui ne ressemble « à rien de connu à l’époque en Europe ». Le jus de canne à sucre doit en effet être traité rapidement après la moisson pour produire des cristaux de sucre et de la mélasse qui, distillés, produit le rhum, un produit qui va vite devenir en vogue également sur les marchés européens.

    Productivité, innovation, discipline
    La plantation est donc un système intégré qui nécessite des innovations majeures pour l’époque afin de pouvoir organiser et améliorer la production. Le système de comptabilité mis en place va ainsi permettre de mieux calculer les rendements et, partant, de rogner sur les « besoins » des esclaves en termes de nourriture, de logements ou de vêtements pour en tirer le plus de valeur possible.

    Ces pratiques comptables vont jouer un rôle déterminant dans la naissance du capitalisme et dans son évolution. « La comptabilité standardisée a rendu possible la séparation de la propriété et de la gestion, une séparation qui est encore rare dans les entreprises britanniques et européennes plus d’un siècle plus tard », soulignent les autrices.

    La comptabilité permet aussi de renforcer le contrôle de la force de travail et son intensification. Le système de la plantation confirme le constat que Marx fera un siècle plus tard : l’augmentation de la productivité va de pair avec la dégradation des conditions de travail. « Les régimes de travail vont empirer à mesure que s’améliorent le management et les technologies », constate l’ouvrage. Progressivement, les plantations des Antilles britanniques du XVIIIe siècle ressemblent aux grandes usines du siècle suivant, avec, en plus, la violence du régime esclavagiste où on fouette, on bat et on pend les réfractaires.
    […]
    Les ports du commerce atlantique, principalement Liverpool et Glasgow, développent alors un hinterland qui fournit les biens manufacturés dont le commerce triangulaire fondé sur l’esclavage a besoin, notamment les textiles et les produits métalliques. La géographie économique du Royaume-Uni en est alors profondément modifiée.
    […]
    L’argent de la métropole est dirigé vers les besoins des plantations, puis revient vers l’Angleterre et l’Écosse pour financer les secteurs dynamisés par le commerce triangulaire, mais aussi pour financer l’État. Les autrices insistent particulièrement sur le fait que la demande de dette publique de la part des planteurs a permis de structurer de nouveaux instruments qui fondent encore la finance d’aujourd’hui et qui ont permis non seulement l’indispensable soutien étatique au développement capitaliste britannique, mais aussi le financement des guerres coloniales qui ont renforcé le système des plantations."

    Romaric Godin : mediapart.fr/journal/economie-

    @[email protected] @[email protected] @[email protected] @[email protected] (à suivre) 🧶

    #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Mediapart #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #citation #citations #plantations #Antilles #WestIndies #Caraïbes #carribbean #racialisation #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts

  24. Le sucre ; une innovation qui donne envie :

    "Dans « Slavery, Capitalism and the Industrial Revolution », deux chercheuses, Maxine Berg et Pat Hudson, replacent l’esclavagisme et le système des plantations qui en est issu, au cœur du développement de l’économie britannique du XVIIIe siècle. Et elles en font un élément déterminant de la révolution industrielle et des formes particulières que prendra le capitalisme britannique jusqu’à nos jours.
    […]
    Encore dépassés de peu dans la déportation des Africains par les Portugais à la fin du XVIIe siècle, les Britanniques vont représenter, entre 1751 et 1775, près de 43 % du trafic d’esclaves contre 27 % pour les Portugais et 17 % pour les Français. À la fin du siècle, ils contrôlent encore 37 % de cet hideux marché.

    Ces déportations ont pour vocation de venir alimenter les immenses plantations des nombreuses îles des Antilles contrôlées par les Britanniques, comme la Jamaïque ou la Barbade, où l’on produit du café, du tabac et, surtout, du sucre. Ce dernier produit est le cœur de la machine capitaliste primitive amorcée par l’esclavage.

    Le goût pour le sucre change tout

    Les deux autrices expliquent ainsi comment ont été changés la consommation et les goûts des Européens pour que la production des plantations puisse bénéficier d’un immense marché toujours croissant. « À mesure que l’offre de sucre grossissait, il en allait de même de sa popularité », résument les autrices. Entre 1700 et 1783, la production de sucre dans les Antilles britanniques a quadruplé.

    Ce phénomène s’est réalisé par deux canaux qui ne sont pas étrangers aux mécanismes actuels du capitalisme : l’attrait d’une consommation de luxe devenue abordable et l’addiction même du produit qui devient une « nécessité ».

    L’imposition du sucre dans la consommation des Européens, y compris des plus pauvres au cours du XVIIIe siècle, est, en quelque sorte, la première victoire du marketing venant soutenir une production de masse. Elle rappelle que la demande et la consommation sous souvent les conséquences plus que les causes des choix productifs.

    Mais ce que montre l’ouvrage, c’est que cette révolution culinaire destinée à assurer la profitabilité des plantations de canne fondée sur l’esclavage a eu un effet d’entraînement général sur l’économie. Elle a d’abord alimenté la demande de boissons destinées à être sucrées issues d’autres plantations esclavagistes (café, chocolat) ou du commerce asiatique comme le thé.

    La folie du sucre a aussi favorisé d’autres secteurs, au Royaume-Uni même, comme la céramique, le commerce de détail, les intermédiaires financiers, les infrastructures portuaires. Tous ces secteurs ont, à leur tour, alimenté le reste de l’économie, notamment la production de métal et de minerais.

    Ce que montre Maxine Berg et Pat Hudson, c’est l’effet d’entraînement de cette industrie à base esclavagiste sur la dynamique capitaliste et industrielle d’ensemble au Royaume-Uni. Cette dynamique n’est pas toujours immédiatement visible. Mais les autrices soulignent par exemple combien cette révolution dans la consommation a été un élément clé de la « révolution industrieuse », un changement notable de rapport au travail qui a permis la révolution industrielle.

    Ainsi, notent-elles, « le désir pour une nouvelle variété de marchandises a amené des changements graduels dans les comportements des ménages ordinaires d’Europe occidentale ». Progressivement, pour s’offrir le luxe devenu atteignable du sucre, l’économie de subsistance va être abandonnée pour recourir au travail salarié. On va accepter de travailler davantage et plus dur pour acquérir ces biens devenus, selon les témoignages mêmes de la fin du XVIIIe siècle, des besoins essentiels.

    En parallèle, le système de la plantation jette les bases de la future organisation capitaliste du travail et de la production. Le secteur sucrier à l’époque est une « synthèse du champ et de l’usine », un véritable « agro-business » qui ne ressemble « à rien de connu à l’époque en Europe ». Le jus de canne à sucre doit en effet être traité rapidement après la moisson pour produire des cristaux de sucre et de la mélasse qui, distillés, produit le rhum, un produit qui va vite devenir en vogue également sur les marchés européens.

    Productivité, innovation, discipline
    La plantation est donc un système intégré qui nécessite des innovations majeures pour l’époque afin de pouvoir organiser et améliorer la production. Le système de comptabilité mis en place va ainsi permettre de mieux calculer les rendements et, partant, de rogner sur les « besoins » des esclaves en termes de nourriture, de logements ou de vêtements pour en tirer le plus de valeur possible.

    Ces pratiques comptables vont jouer un rôle déterminant dans la naissance du capitalisme et dans son évolution. « La comptabilité standardisée a rendu possible la séparation de la propriété et de la gestion, une séparation qui est encore rare dans les entreprises britanniques et européennes plus d’un siècle plus tard », soulignent les autrices.

    La comptabilité permet aussi de renforcer le contrôle de la force de travail et son intensification. Le système de la plantation confirme le constat que Marx fera un siècle plus tard : l’augmentation de la productivité va de pair avec la dégradation des conditions de travail. « Les régimes de travail vont empirer à mesure que s’améliorent le management et les technologies », constate l’ouvrage. Progressivement, les plantations des Antilles britanniques du XVIIIe siècle ressemblent aux grandes usines du siècle suivant, avec, en plus, la violence du régime esclavagiste où on fouette, on bat et on pend les réfractaires.
    […]
    Les ports du commerce atlantique, principalement Liverpool et Glasgow, développent alors un hinterland qui fournit les biens manufacturés dont le commerce triangulaire fondé sur l’esclavage a besoin, notamment les textiles et les produits métalliques. La géographie économique du Royaume-Uni en est alors profondément modifiée.
    […]
    L’argent de la métropole est dirigé vers les besoins des plantations, puis revient vers l’Angleterre et l’Écosse pour financer les secteurs dynamisés par le commerce triangulaire, mais aussi pour financer l’État. Les autrices insistent particulièrement sur le fait que la demande de dette publique de la part des planteurs a permis de structurer de nouveaux instruments qui fondent encore la finance d’aujourd’hui et qui ont permis non seulement l’indispensable soutien étatique au développement capitaliste britannique, mais aussi le financement des guerres coloniales qui ont renforcé le système des plantations."

    Romaric Godin : mediapart.fr/journal/economie-

    @[email protected] @[email protected] @[email protected] @[email protected] (à suivre) 🧶

    #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Mediapart #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #citation #citations #plantations #Antilles #WestIndies #Caraïbes #carribbean #racialisation #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts

  25. Le sucre ; une innovation qui donne envie :

    "Dans « Slavery, Capitalism and the Industrial Revolution », deux chercheuses, Maxine Berg et Pat Hudson, replacent l’esclavagisme et le système des plantations qui en est issu, au cœur du développement de l’économie britannique du XVIIIe siècle. Et elles en font un élément déterminant de la révolution industrielle et des formes particulières que prendra le capitalisme britannique jusqu’à nos jours.
    […]
    Encore dépassés de peu dans la déportation des Africains par les Portugais à la fin du XVIIe siècle, les Britanniques vont représenter, entre 1751 et 1775, près de 43 % du trafic d’esclaves contre 27 % pour les Portugais et 17 % pour les Français. À la fin du siècle, ils contrôlent encore 37 % de cet hideux marché.

    Ces déportations ont pour vocation de venir alimenter les immenses plantations des nombreuses îles des Antilles contrôlées par les Britanniques, comme la Jamaïque ou la Barbade, où l’on produit du café, du tabac et, surtout, du sucre. Ce dernier produit est le cœur de la machine capitaliste primitive amorcée par l’esclavage.

    Le goût pour le sucre change tout

    Les deux autrices expliquent ainsi comment ont été changés la consommation et les goûts des Européens pour que la production des plantations puisse bénéficier d’un immense marché toujours croissant. « À mesure que l’offre de sucre grossissait, il en allait de même de sa popularité », résument les autrices. Entre 1700 et 1783, la production de sucre dans les Antilles britanniques a quadruplé.

    Ce phénomène s’est réalisé par deux canaux qui ne sont pas étrangers aux mécanismes actuels du capitalisme : l’attrait d’une consommation de luxe devenue abordable et l’addiction même du produit qui devient une « nécessité ».

    L’imposition du sucre dans la consommation des Européens, y compris des plus pauvres au cours du XVIIIe siècle, est, en quelque sorte, la première victoire du marketing venant soutenir une production de masse. Elle rappelle que la demande et la consommation sous souvent les conséquences plus que les causes des choix productifs.

    Mais ce que montre l’ouvrage, c’est que cette révolution culinaire destinée à assurer la profitabilité des plantations de canne fondée sur l’esclavage a eu un effet d’entraînement général sur l’économie. Elle a d’abord alimenté la demande de boissons destinées à être sucrées issues d’autres plantations esclavagistes (café, chocolat) ou du commerce asiatique comme le thé.

    La folie du sucre a aussi favorisé d’autres secteurs, au Royaume-Uni même, comme la céramique, le commerce de détail, les intermédiaires financiers, les infrastructures portuaires. Tous ces secteurs ont, à leur tour, alimenté le reste de l’économie, notamment la production de métal et de minerais.

    Ce que montre Maxine Berg et Pat Hudson, c’est l’effet d’entraînement de cette industrie à base esclavagiste sur la dynamique capitaliste et industrielle d’ensemble au Royaume-Uni. Cette dynamique n’est pas toujours immédiatement visible. Mais les autrices soulignent par exemple combien cette révolution dans la consommation a été un élément clé de la « révolution industrieuse », un changement notable de rapport au travail qui a permis la révolution industrielle.

    Ainsi, notent-elles, « le désir pour une nouvelle variété de marchandises a amené des changements graduels dans les comportements des ménages ordinaires d’Europe occidentale ». Progressivement, pour s’offrir le luxe devenu atteignable du sucre, l’économie de subsistance va être abandonnée pour recourir au travail salarié. On va accepter de travailler davantage et plus dur pour acquérir ces biens devenus, selon les témoignages mêmes de la fin du XVIIIe siècle, des besoins essentiels.

    En parallèle, le système de la plantation jette les bases de la future organisation capitaliste du travail et de la production. Le secteur sucrier à l’époque est une « synthèse du champ et de l’usine », un véritable « agro-business » qui ne ressemble « à rien de connu à l’époque en Europe ». Le jus de canne à sucre doit en effet être traité rapidement après la moisson pour produire des cristaux de sucre et de la mélasse qui, distillés, produit le rhum, un produit qui va vite devenir en vogue également sur les marchés européens.

    Productivité, innovation, discipline
    La plantation est donc un système intégré qui nécessite des innovations majeures pour l’époque afin de pouvoir organiser et améliorer la production. Le système de comptabilité mis en place va ainsi permettre de mieux calculer les rendements et, partant, de rogner sur les « besoins » des esclaves en termes de nourriture, de logements ou de vêtements pour en tirer le plus de valeur possible.

    Ces pratiques comptables vont jouer un rôle déterminant dans la naissance du capitalisme et dans son évolution. « La comptabilité standardisée a rendu possible la séparation de la propriété et de la gestion, une séparation qui est encore rare dans les entreprises britanniques et européennes plus d’un siècle plus tard », soulignent les autrices.

    La comptabilité permet aussi de renforcer le contrôle de la force de travail et son intensification. Le système de la plantation confirme le constat que Marx fera un siècle plus tard : l’augmentation de la productivité va de pair avec la dégradation des conditions de travail. « Les régimes de travail vont empirer à mesure que s’améliorent le management et les technologies », constate l’ouvrage. Progressivement, les plantations des Antilles britanniques du XVIIIe siècle ressemblent aux grandes usines du siècle suivant, avec, en plus, la violence du régime esclavagiste où on fouette, on bat et on pend les réfractaires.
    […]
    Les ports du commerce atlantique, principalement Liverpool et Glasgow, développent alors un hinterland qui fournit les biens manufacturés dont le commerce triangulaire fondé sur l’esclavage a besoin, notamment les textiles et les produits métalliques. La géographie économique du Royaume-Uni en est alors profondément modifiée.
    […]
    L’argent de la métropole est dirigé vers les besoins des plantations, puis revient vers l’Angleterre et l’Écosse pour financer les secteurs dynamisés par le commerce triangulaire, mais aussi pour financer l’État. Les autrices insistent particulièrement sur le fait que la demande de dette publique de la part des planteurs a permis de structurer de nouveaux instruments qui fondent encore la finance d’aujourd’hui et qui ont permis non seulement l’indispensable soutien étatique au développement capitaliste britannique, mais aussi le financement des guerres coloniales qui ont renforcé le système des plantations."

    Romaric Godin : mediapart.fr/journal/economie-

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    #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Mediapart #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #citation #citations #plantations #Antilles #WestIndies #Caraïbes #carribbean #racialisation #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts

  26. Le sucre ; une innovation qui donne envie :

    "Dans « Slavery, Capitalism and the Industrial Revolution », deux chercheuses, Maxine Berg et Pat Hudson, replacent l’esclavagisme et le système des plantations qui en est issu, au cœur du développement de l’économie britannique du XVIIIe siècle. Et elles en font un élément déterminant de la révolution industrielle et des formes particulières que prendra le capitalisme britannique jusqu’à nos jours.
    […]
    Encore dépassés de peu dans la déportation des Africains par les Portugais à la fin du XVIIe siècle, les Britanniques vont représenter, entre 1751 et 1775, près de 43 % du trafic d’esclaves contre 27 % pour les Portugais et 17 % pour les Français. À la fin du siècle, ils contrôlent encore 37 % de cet hideux marché.

    Ces déportations ont pour vocation de venir alimenter les immenses plantations des nombreuses îles des Antilles contrôlées par les Britanniques, comme la Jamaïque ou la Barbade, où l’on produit du café, du tabac et, surtout, du sucre. Ce dernier produit est le cœur de la machine capitaliste primitive amorcée par l’esclavage.

    Le goût pour le sucre change tout

    Les deux autrices expliquent ainsi comment ont été changés la consommation et les goûts des Européens pour que la production des plantations puisse bénéficier d’un immense marché toujours croissant. « À mesure que l’offre de sucre grossissait, il en allait de même de sa popularité », résument les autrices. Entre 1700 et 1783, la production de sucre dans les Antilles britanniques a quadruplé.

    Ce phénomène s’est réalisé par deux canaux qui ne sont pas étrangers aux mécanismes actuels du capitalisme : l’attrait d’une consommation de luxe devenue abordable et l’addiction même du produit qui devient une « nécessité ».

    L’imposition du sucre dans la consommation des Européens, y compris des plus pauvres au cours du XVIIIe siècle, est, en quelque sorte, la première victoire du marketing venant soutenir une production de masse. Elle rappelle que la demande et la consommation sous souvent les conséquences plus que les causes des choix productifs.

    Mais ce que montre l’ouvrage, c’est que cette révolution culinaire destinée à assurer la profitabilité des plantations de canne fondée sur l’esclavage a eu un effet d’entraînement général sur l’économie. Elle a d’abord alimenté la demande de boissons destinées à être sucrées issues d’autres plantations esclavagistes (café, chocolat) ou du commerce asiatique comme le thé.

    La folie du sucre a aussi favorisé d’autres secteurs, au Royaume-Uni même, comme la céramique, le commerce de détail, les intermédiaires financiers, les infrastructures portuaires. Tous ces secteurs ont, à leur tour, alimenté le reste de l’économie, notamment la production de métal et de minerais.

    Ce que montre Maxine Berg et Pat Hudson, c’est l’effet d’entraînement de cette industrie à base esclavagiste sur la dynamique capitaliste et industrielle d’ensemble au Royaume-Uni. Cette dynamique n’est pas toujours immédiatement visible. Mais les autrices soulignent par exemple combien cette révolution dans la consommation a été un élément clé de la « révolution industrieuse », un changement notable de rapport au travail qui a permis la révolution industrielle.

    Ainsi, notent-elles, « le désir pour une nouvelle variété de marchandises a amené des changements graduels dans les comportements des ménages ordinaires d’Europe occidentale ». Progressivement, pour s’offrir le luxe devenu atteignable du sucre, l’économie de subsistance va être abandonnée pour recourir au travail salarié. On va accepter de travailler davantage et plus dur pour acquérir ces biens devenus, selon les témoignages mêmes de la fin du XVIIIe siècle, des besoins essentiels.

    En parallèle, le système de la plantation jette les bases de la future organisation capitaliste du travail et de la production. Le secteur sucrier à l’époque est une « synthèse du champ et de l’usine », un véritable « agro-business » qui ne ressemble « à rien de connu à l’époque en Europe ». Le jus de canne à sucre doit en effet être traité rapidement après la moisson pour produire des cristaux de sucre et de la mélasse qui, distillés, produit le rhum, un produit qui va vite devenir en vogue également sur les marchés européens.

    Productivité, innovation, discipline
    La plantation est donc un système intégré qui nécessite des innovations majeures pour l’époque afin de pouvoir organiser et améliorer la production. Le système de comptabilité mis en place va ainsi permettre de mieux calculer les rendements et, partant, de rogner sur les « besoins » des esclaves en termes de nourriture, de logements ou de vêtements pour en tirer le plus de valeur possible.

    Ces pratiques comptables vont jouer un rôle déterminant dans la naissance du capitalisme et dans son évolution. « La comptabilité standardisée a rendu possible la séparation de la propriété et de la gestion, une séparation qui est encore rare dans les entreprises britanniques et européennes plus d’un siècle plus tard », soulignent les autrices.

    La comptabilité permet aussi de renforcer le contrôle de la force de travail et son intensification. Le système de la plantation confirme le constat que Marx fera un siècle plus tard : l’augmentation de la productivité va de pair avec la dégradation des conditions de travail. « Les régimes de travail vont empirer à mesure que s’améliorent le management et les technologies », constate l’ouvrage. Progressivement, les plantations des Antilles britanniques du XVIIIe siècle ressemblent aux grandes usines du siècle suivant, avec, en plus, la violence du régime esclavagiste où on fouette, on bat et on pend les réfractaires.
    […]
    Les ports du commerce atlantique, principalement Liverpool et Glasgow, développent alors un hinterland qui fournit les biens manufacturés dont le commerce triangulaire fondé sur l’esclavage a besoin, notamment les textiles et les produits métalliques. La géographie économique du Royaume-Uni en est alors profondément modifiée.
    […]
    L’argent de la métropole est dirigé vers les besoins des plantations, puis revient vers l’Angleterre et l’Écosse pour financer les secteurs dynamisés par le commerce triangulaire, mais aussi pour financer l’État. Les autrices insistent particulièrement sur le fait que la demande de dette publique de la part des planteurs a permis de structurer de nouveaux instruments qui fondent encore la finance d’aujourd’hui et qui ont permis non seulement l’indispensable soutien étatique au développement capitaliste britannique, mais aussi le financement des guerres coloniales qui ont renforcé le système des plantations."

    Romaric Godin : mediapart.fr/journal/economie-

    @[email protected] @[email protected] @[email protected] @[email protected] (à suivre) 🧶

    #histoire #esclavage #agrobusiness #Angleterre #RoyaumeUni #GrandeBretagne #Mediapart #Bristol #Liverpool #Londres #extractivisme #accaparement #citation #citations #plantations #Antilles #WestIndies #Caraïbes #carribbean #racialisation #racismeSystémique #capitalisme #suprémacismeBlanc #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Caraïbes #Caraïbe #NouveauMonde #Jamaïque #Cuba #Guadeloupe #Martinique #Hispaniola #Haïti #SaintDomingue #PortoRico #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #Nantes #Bordeaux #lectureDécoloniale #définitionDécoloniale #sucré #bonbons #gastronomie #desserts

  27. Race et appropriation capitaliste

    Depuis les premières plantations en Amérique, la race a été :
    • une condition d'émergence du capitalisme ;
    • le produit du capitalisme.

    Sylvie Laurent : « L'Amérique, c'est ce territoire que l'on invente initialement, immédiatement, comme une terre offerte, offerte aux Européens, vide, disponible, destinée à être mise au travail. »

    radiofrance.fr/franceculture/p

    #extractivisme #conseilPodcast #accaparement #racialisation #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #NouveauMonde

  28. Race et appropriation capitaliste

    Depuis les premières plantations en Amérique, la race a été :
    • une condition d'émergence du capitalisme ;
    • le produit du capitalisme.

    Sylvie Laurent : « L'Amérique, c'est ce territoire que l'on invente initialement, immédiatement, comme une terre offerte, offerte aux Européens, vide, disponible, destinée à être mise au travail. »

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  29. Race et appropriation capitaliste

    Depuis les premières plantations en Amérique, la race a été :
    • une condition d'émergence du capitalisme ;
    • le produit du capitalisme.

    Sylvie Laurent : « L'Amérique, c'est ce territoire que l'on invente initialement, immédiatement, comme une terre offerte, offerte aux Européens, vide, disponible, destinée à être mise au travail. »

    radiofrance.fr/franceculture/p

    #extractivisme #conseilPodcast #accaparement #racialisation #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #NouveauMonde

  30. Race et appropriation capitaliste

    Depuis les premières plantations en Amérique, la race a été :
    • une condition d'émergence du capitalisme ;
    • le produit du capitalisme.

    Sylvie Laurent : « L'Amérique, c'est ce territoire que l'on invente initialement, immédiatement, comme une terre offerte, offerte aux Européens, vide, disponible, destinée à être mise au travail. »

    radiofrance.fr/franceculture/p

    #extractivisme #conseilPodcast #accaparement #racialisation #Découverte #Rencontre #ChristopheColomb #Colomb #plantations #Antilles #Amérique #histoire #esclavage #agrobusiness #agriculture #NouveauMonde

  31. Race et appropriation capitaliste

    Depuis les premières plantations en Amérique, la race a été :
    • une condition d'émergence du capitalisme ;
    • le produit du capitalisme.

    Sylvie Laurent : « L'Amérique, c'est ce territoire que l'on invente initialement, immédiatement, comme une terre offerte, offerte aux Européens, vide, disponible, destinée à être mise au travail. »

    radiofrance.fr/franceculture/p

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