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#viequotidienne — Public Fediverse posts

Live and recent posts from across the Fediverse tagged #viequotidienne, aggregated by home.social.

  1. Lecteur en fleur

    Je dors chez moi.
    Je mange ici,
    Et puis je bois.
    Je me grouille par-ci,
    Je me hâte par-là.
    Je cours au loin.
    J'achète là-bas.
    Je jette dans un coin.
    Mais lorsque je lis là,
    Je fleuris.

    #verslibres #poesie #poeme #lecture #lire #literature #livre #poete #autrice #fleur #lilas #viequotidienne #normal #vite #hate #ralentissement #joiedevivre #joie #bonheur #lectrice #flora #jeudemots #liberté #loisir #paresse #lu #livres #lectures #poemes #mastopoem #matopoesie #je #enfleur #ici

  2. Lecteur en fleur

    Je dors chez moi.
    Je mange ici,
    Et puis je bois.
    Je me grouille par-ci,
    Je me hâte par-là.
    Je cours au loin.
    J'achète là-bas.
    Je jette dans un coin.
    Mais lorsque je lis là,
    Je fleuris.

    #verslibres #poesie #poeme #lecture #lire #literature #livre #poete #autrice #fleur #lilas #viequotidienne #normal #vite #hate #ralentissement #joiedevivre #joie #bonheur #lectrice #flora #jeudemots #liberté #loisir #paresse #lu #livres #lectures #poemes #mastopoem #matopoesie #je #enfleur #ici

  3. « Expiration Date » par la photographe et nomade numérique Amelie Satzger (originaire de Munich). Une forme photographique de la critique de la vie quotidienne.

    ⋅⋅⋅ https://linktr.ee/ameliesatzger

    #photographie #CompositionPhotographique #PhotoSurréaliste #AmelieSatzger #Couple #VieQuotidienne

  4. Autisme et fêtes : Des outils pour expliquer aux proches comment s’adapter

    Quand on est autiste, la fin d’année peut vite tourner au survival game. On vend les fêtes comme un moment de joie, de partage et de lumière. Pour nous, c’est surtout un marathon sensoriel sous stroboscope. Pièces bondées, discussions croisées, nourriture imposée, câlins obligatoires…Entre obligations familiales et amitiés à préserver, le parcours est souvent rude. Cet article propose quelques outils concrets pour communiquer avec les proches lors de la préparation des évènements, pour soi-même ou pour son enfant.

    Se sentir légitime

    L’une des premières difficultés lorsqu’on a des besoins spécifiques, c’est souvent la culpabilité. Une petite voix intérieure qui susurre tu exagères, tout le monde fait un effort, c’est juste une soirée, tu pourrais essayer d’être normal·e pour une fois…Cette voix n’est pas si intérieure que ça. Elle vient de la pression des injonctions sociales, qui impose à toute personne différente de se fondre dans la masse en s’asseyant sur ses besoins. Face à cette pression, l’idée même que les autres puissent s’adapter paraît contre-nature.

    En réalité, il ne devrait même pas être question de handicap, de maladie ou de particularité pour que chacun·e accepte de s’adapter aux gens qui l’entourent, et encore moins dans un contexte festif. La différence, c’est que certaines personnes ont une possibilité pas trop coûteuse de faire avec, alors que d’autres ne l’ont pas.

    Se sentir légitime, c’est la première étape. Elle demande de déconstruire un conditionnement, de se rappeler qu’avoir des besoins est naturel, et que réclamer des adaptations, c’est rétablir l’équilibre : Si tout le monde est d’accord pour passer un moment festif, alors faisons en sorte que ce moment puisse être une fête pour toustes.

    Pratiquer le « non préventif »

    Le non préventif, c’est dire non à une demande avant qu’elle ne soit formulée.

    Dire non à une proposition d’activité, c’est toujours compliqué. On a l’impression de gêner, d’être rabat-joie, et dans beaucoup de situations, on n’ose pas. Le non préventif est plus simple à utiliser : il ne se heurte pas à une demande déjà formulée par un·e interlocuteurice, mais définit des limites à l’avance. Il permet à la fois d’avertir, et de réagir face à une demande imprévue par des rappels, plutôt que par une opposition frontale.

    Exemples de non préventifs pour soi-même

    • Pour info, je participerai mais je ne prendrai pas part au jeu prévu
    • Je ne pourrai pas rester longtemps, je préfère prévenir
    • Merci pour ton invitation, je passerai pour le café avec plaisir !
    • J’irai me coucher avant minuit, je suis fatigué·e en ce moment
    • Au fait, nous ne mangeons toujours pas de viande !

    Exemples de non préventifs pour un·e proche

    • Iel nous rejoindra plus tard avec plaisir 🙂
    • Pour moi c’est ok, mais iel préfèrera bouquiner au calme.
    • Iel n’est pas dispo pour les discussions animées, mais iel sera content·e d’être là.

    Exemples de rappels

    • Comme je l’avais dit, …
    • Je vous laisse, comme convenu, c’était sympa, merci !
    • Oui, c’était prévu qu’iel aille se coucher tôt.

    Le non préventif n’a bien sûr rien de miraculeux. Il permet juste d’adoucir, pour soi-même comme pour les interlocuteurices, l’impact d’un refus. Dans un environnement où les besoins sont totalement niés, ça ne changera pas le résultat, mais ça peut permettre de renforcer sa capacité à exprimer ses besoins.

    Préparer un message clair

    Parler d’aménagements ou d’adaptations est possiblement anxiogène pour l’interlocuteurice, qui peut se braquer en pensant être confronté·e à des choses infaisables, trouver ça trop flou pour se projeter, avoir peur de mal faire, etc. La formulation en elle-même peut déclencher plus de panique que de compréhension.

    Donner au contraire une liste simple, synthétique et factuelle, va rassurer. C’est concret et opérationnel, et ça évite que la personne ne remplisse les blancs avec ses propres peurs. On peux par exemple dire :

    « Dans l’idéal, j’ai besoin de : [liste de mes besoins].
    Comment peut-on s’organiser ? »

    L’ouverture se fait sur l’organisation pratique, la logistique. Le « peut-on » montre que l’interlocuteurice n’est pas seul·e à devoir gérer et qu’il s’agit bien d’une organisation commune dans laquelle la personne concernée s’implique.

    Inutile d’ajouter « sinon c’est pas grave », « si c’est trop compliqué tant pis » : en général, les gens sont assez autonomes pour refuser : pas besoin de tendre la perche. C’est à l’interlocuteurice de gérer sa capacité d’adaptation.

    Pour amener un peu de réciprocité, on peux renvoyer une question du type :« Et toi, tu as besoin de quelque chose en particulier ? » qui va dédramatiser la demande et casser l’asymétrie. On sort ainsi du rôle de la personne autiste qui complique tout, pour amener l’idée qu’être à l’écoute des besoins des un·es et des autres, c’est finalement normal.

    Des supports de communication

    Ces supports peuvent être utilisés tel quels, ou servir de source d’inspiration : ce sont des exemples à adapter à la fois à la situation sociale et aux besoins de la personnes concernée.

    Une fiche personnalisable à imprimer

    Voici une fiche pour aider à l’expression des besoins. Le modèle ci dessous a été rempli avec des exemples. La version téléchargeable est vierge et peut être complétée avec les besoins qui te correspondent, ceux de ton enfant ou de ta ou ton proche.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

    Pour télécharger la fiche à compléter soi-même, cliquer sur le bouton ci-dessous.

    Télécharger

    Des messages à copier coller

    Sur le même modèle, voici des messages à copier, coller, et modifier selon ses besoins, pour envoyer dans les messageries texte.

    Message d’introduction

    Coucou ! Pour préparer au mieux les fêtes qui s’annoncent, et pour que ce soit plus pratique pour tout le monde, j’ai préparé une petite liste : les choses dont j’ai besoin pour participer sereinement, et profiter moi aussi de ces moments.

    Merci d’être à l’écoute !

    Mes besoins

    • Ce que je mange :
    • Ce que je ne mange pas :
    • Par rapport à la lumière :
    • Par rapport au bruit :
    • Par rapport à la fatigue :
    • Pouvoir m’isoler :
    • Ce que je ramène :
    • Parler de mes particularités :
    • Pour compléter :

    Préparer une porte de sortie

    Même quand les convives sont de bonne volonté, il arrive que les limites soient atteintes. Dans ce cas, une pause est incontournable…et plus simple à vivre si elle ne se fait pas dans la panique. Qu’elle soit définitive ou ponctuelle, mieux elle est préparée, moins elle est anxiogène.

    Même si on préfère ne pas en arriver là, toute sortie est légitime. Pas besoin d’attendre d’être au bord du meltdown. Le but est de prévenir, autant que possible. Quelques idées à mettre en place :

    Préparer une phrase prête à l’emploi

    • Je prends un temps pour moi, je reviens
    • J’ai un coup de fatigue, à tout à l’heure
    • Il est temps que je rentre
    • ….

    L’essentiel c’est surtout de ne pas avoir à chercher quoi dire quand on sent que ça devient compliqué.

    Repérer un point de chute

    • Une pièce calme, possiblement préparée à l’avance
    • La voiture
    • Les toilettes
    • Chez soi ou dans un hôtel à proximité…

    Préparer un kit de survie

    Avec tous les objets utiles, comme

    • Casque à réduction de bruit/écouteurs
    • Stimtoys
    • Boisson
    • chargeur de téléphone…

    Trouver un·e allié·es

    Quand c’est possible, avoir quelqu’un·e parmi les convives qui connait tes besoins, pourra expliciter ta sortie sans qu’on vienne te demander des comptes, te ramener les choses dont tu as besoin sans t’envahir, t’accompagner si nécessaire. Et pourquoi pas, prévoir à l’avance un code qui te permette de ne pas avoir à expliquer que tu es en détresse.

    Si tu as besoins d’arguments pour te sentir plus légitime ou expliquer tes demandes, tu peux lire cet article.

    L’autisme, les fêtes, la famille et les ami·es

    Lire

    L’essentiel c’est d’être conscient·e qu’un environnement qui refuse de s’adapter, ne le fera pas plus si les demandes changent de forme.

    Le but n’est pas de s’épuiser, mais de se préserver. Si ces outils peuvent simplifier le passage difficile des fêtes, tant mieux ! Il reste des situations où ils sont complètement inutiles, et c’est à toi de peser la balance des bénéfices possibles.

    Bonne fin d’année à toustes !

    Petite Loutre

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    #amenagements #autisme #fatigue #handicap #tsa #vieQuotidienne

  5. 3/3 #Architecture #VieQuotidienne Et comment tout ça va finir ? C'est déjà fini comme l'a chanté le Suprême NTM : Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ? youtube.com/watch?v=duZh2lOgl5s

  6. 2/3 #Architecture #VieQuotidienne Sur la Piscine de Firminy : comment vit-on son adolescence, le corps qui grandit, quand l'espace est conçu avec le modulor ? Un beau roman "L'odeur de chlore" de Irma Pelatan une enfant de Firminy : babelio.com/livres/Pelatan-Lod

  7. 1/3 #Architecture #VieQuotidienne 1952 : l'inauguration de la Cité radieuse à #Marseille #LeCorbusier
    Une autre époque. Sur une note plus perso : j'ai visité la cité de Pessac et venant de Saint-Etienne, j'ai vu l'habitation de Firminy, l'église et la piscine. ina.fr/ina-eclaire-actu/cite-r

  8. Scène de la vie quotidienne.

    La plus jeune est partie est partie en appartement, c'était la dernière encore à la maison.

    Ce matin, ma blonde, aujourd'hui en télétravail, est installée avec son café à son bureau, complètement à poil.

    Pas de téléconférence de prévue aujourd'hui, je crois.

    #VieQuotidienne

  9. Bienvenue dans l'univers familier, délirant et inattendu des chaussettes orphelines. Cette enquête de terrain, véritable tentative d’épuisement casuistique, sonore et burlesque, vous plonge au cœur du mystère de ces compagnes de nos pieds qui disparaissent sans laisser de trace.

    Enquête (ludique et poétique) sur le "Syndrome de la chaussette orpheline"

    Publié le 02/03/2016

    radiofrance.fr/franceculture/p

    #Société #Viequotidienne #Mode #Styles #Documentaire #podcast #conseilpodcast #OndesPubliques

  10. Dans un monde où l'information est rapide, améliorer sa #mémoire grâce à des techniques, #jeux et #alimentation est essentiel pour la vie quotidienne. A lire ici --> wp.me/pbyKZP-1baq #gay #lifestyle #oméga #techniques #viequotidienne #habitudes #apprendre #Scrabble #conseils

  11. Les publicités pour le salles de sport : "✨ Après trois semaines d'activité physique régulière, votre corps s'y habitue et vous ne pourrez pas vous en passer ! Vous deviendrez accro ! ✨". Moi : Vous sous-estimez les capacités insoupçonnés de mon corps 😤 #sport #activitéPhysique #bouger #vieQuotidienne

  12. Les publicités pour le salles de sport : "✨ Après trois semaines d'activité physique régulière, votre corps s'y habitue et vous ne pourrez pas vous en passer ! Vous deviendrez accro ! ✨". Moi : Vous sous-estimez les capacités insoupçonnés de mon corps 😤 #sport #activitéPhysique #bouger #vieQuotidienne

  13. Les publicités pour le salles de sport : "✨ Après trois semaines d'activité physique régulière, votre corps s'y habitue et vous ne pourrez pas vous en passer ! Vous deviendrez accro ! ✨". Moi : Vous sous-estimez les capacités insoupçonnés de mon corps 😤 #sport #activitéPhysique #bouger #vieQuotidienne

  14. Les publicités pour le salles de sport : "✨ Après trois semaines d'activité physique régulière, votre corps s'y habitue et vous ne pourrez pas vous en passer ! Vous deviendrez accro ! ✨". Moi : Vous sous-estimez les capacités insoupçonnés de mon corps 😤 #sport #activitéPhysique #bouger #vieQuotidienne

  15. CW: CW mention auto agression et automutilation

    Crise autistique – Shutdown et meltdown, définition et prévention

    On entend souvent parler de « crises autistiques », ou d’autiste en crise, sans plus de précision. On fait le point ! Le shutdown et le meltdown sont deux formes possibles d’effondrement autistique. Les causes du shutdown sont le plus souvent environnementales, et il existe des stratégies pour limiter leur fréquence et leur intensité.

    Les personnes autistes ne sont pas les seules concernées par le shutdown et le meltdown. N’importe qui, en situation de stress intense par exemple, peut y être confronté. Cependant les personnes autistes sont nettement plus à risque du fait d’un environnement la plupart du temps défavorable à leur bien-être.

    Cet article propose plusieurs outils en téléchargement libre : Une fiche Shutdown et une fiche Meltdown à garder dans son sac en cas de crise, et une affiche « Se ressourcer quand on est autiste ». Il propose également un lien vers le fatigomètre et lien vers un calendrier des humeurs.

    Causes et signes précurseurs

    Les shutdowns et meltdowns ont des causes environnementales. Ils apparaissent lorsque les autistes, enfants comme adultes, sont confronté·es à des situations d’inconfort extrême :

    • trop de stimulations sensorielles (lumière, bruit…) ou pendant trop longtemps,
    • une transition difficile, violente ou incomprise
    • un imprévu important, un changement trop brusque
    • un stress ou une angoisse intense
    • une difficulté importante à se faire comprendre
    • un masking social prolongé

    Les shutdowns et les meltdowns, s’ils n’apparaissent pas violemment, peuvent se manifester d’abord par :

    • une fatigue intense,
    • une tension musculaire, une crispation, de la nervosité,
    • des difficultés exécutives et attentionnelles accrues,
    • un évitement sensoriel,
    • un évitement social,
    • une augmentation des stéréotypies,
    • des maux de tête, de ventre, une sensation de mal être général

    Chaque personne autiste est différente. Il peut être difficile de distinguer, chez soi comme chez les autres, un simple coup de fatigue d’une future crise. Les personnes autistes rencontrent des difficultés à percevoir leur état interne. Il leur est d’autant plus complexe de repérer leurs propres symptômes. C’est souvent un travail de longue haleine, entre connaissance de soi et acceptation de ses difficultés.

    C’est encore plus difficile d’accès pour les personnes qui ignorent leur autisme, ou pour les enfants qui disposent de moins de possibilités d’écoute, de communication et d’analyse.

    Définition et manifestation

    Pour les personnes qui les expérimentent de l’intérieur, les shutdowns et meltdowns ne sont pas si différents : Submergé, confronté à une situation de trop plein (sensoriel, émotionnel…) l’organisme met en place des mécanismes de défense d’extrême urgence.

    On pourrait qualifier le shutdown d’implosion et le meltdown d’explosion. Les deux sont des moments très difficiles à vivre pour les personnes autistes. Ils comportent une dimension de perte de contrôle et entraînent souvent de la culpabilité.

    Pour l’entourage, les shutdowns et meltdowns ne se ressemblent pas.

    ►Le shutdown

    En anglais, shutdown signifie fermeture.

    L’état de shutdown est une mise en veille généralisée : Quand les limites sont atteinte, le cerveau préserve les « fonctions essentielles » en coupant tout ce qui peut l’être, aussi longtemps que nécessaire. C’est une forme de crise autistique, mais à bas bruit.

    ►Les manifestations extérieures les plus courantes du shutdown :

    • apparence renfermée, peu communicative
    • peu de feedback aux sollicitations
    • repli physique sur soi, retrait social
    • focalisation sur les intérêts spécifiques
    • augmentation des stéréotypies (balancements, mouvements répétitifs)
    • isolement sensoriel
    • pleurs

    ►Les manifestations ressenties par les personnes autistes :

    • mal être profond, détresse émotionnelle,
    • hypersensibilités sensorielles accrues,
    • difficulté voire impossibilité à communiquer, mutisme,
    • difficultés dans les fonctions exécutives,
    • difficulté à raisonner,
    • difficulté à se mouvoir, à coordonner ses mouvements,
    • fonctionnement en pilote automatique,
    • sensation d’accablement,
    • besoin immédiat de solitude,
    • rejet de toute sollicitation,
    • épuisement physique et mental,
    • sensation d’explosion imminente

    L’entourage peut facilement penser que la personne fait la tête, voire refuse volontairement de communiquer. En réalité, c’est au dessus de ses forces.

    Un shutdown peut être très ponctuel, surtout si des stratégies de repos sont rapidement mises en place. Il peut aussi durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

    Certaines personnes autistes parviennent ponctuellement à masquer un shutdown, mais vont bien au delà de leurs limites pour paraître fonctionnelles. Elles sont alors en risque d’aggraver leur shutdown dans son intensité ou sa durée, ou de faire un meltdown.

    Mon shutdown le plus marquant a eu lieu en milieu professionnel. Une collègue m’a trouvée, errant dans un couloir, l’air hébété. J’avais la sensation qu’à l’intérieur de moi tout fondait et se mélangeait violemment, comme un tsunami invisible. Je ne maitrisais plus que les fonctions assis/debout, les mots « oui/non ». Ma collègue a eu le réflexe de me piloter jusqu’à un cabinet médical. En consultation, j’ai fondu en larmes sans parvenir à faire une phrase. Le médecin m’a mise en arrêt et m’a demandé de revenir le lendemain : il m’était impossible de me faire comprendre à ce moment là.

    ►Le meltdown

    En anglais, meltdown signifie effondrement.

    Alors que le shutdown est une mise en veille généralisée, le meltdown est au contraire une perte de contrôle totale. C’est une incapacité à retenir la surcharge, une submersion : la sensation d’explosion ressentie dans le shutdown se concrétise extérieurement. C’est la fameuse crise autistique telle qu’on la connaît à travers les médias.

    ►Les manifestations extérieures les plus courantes du meltdown :

    • crise de larmes, sanglots incontrôlés
    • hurlements, manifestation de colère intense
    • agressivité contre soi-même, plus rarement contre les autres
    • repli sur soi, fuite.

    ►Les manifestations ressenties par les personnes autistes :

    • violente détresse émotionnelle,
    • épuisement physique et mental,
    • sensation de surcharge et d’explosion
    • hypersensibilités sensorielles insupportables,
    • besoin immédiat de solitude, d’éloignement
    • sensation intense de frustration et d’incompréhension
    • rejet violent de toute sollicitation,
    • impossibilité à retrouver son calme, perte de contrôle.

    Les meltdown peuvent être effrayant pour l’entourage. Il peut y avoir des gestes d’auto-agression, de l’automutilation. Mais les inquiétudes des proches peuvent augmenter la crise, car le besoin de solitude et de calme est réel.

    Un meltdown peut faire suite à un shutdown, si les besoins n’ont pas été pris en compte. L’épuisement dû à un meltdown peut provoquer un shutdown.

    Comment gérer une crise ?

    Le maître mot, pour les shutdowns comme pour les meltdowns, est toujours : s’éloigner des sources d’inconfort pour se mettre en sécurité.

    Ce n’est souvent pas suffisant, mais l’arrêt de la surstimulation est le premier réflexe à acquérir, et ce n’est pas négociable, au risque de voir la crise s’intensifier.

    Chaque personne autiste est différente, mais on va facilement retrouver les besoins suivants :

    ►Dans l’urgence :

    • un endroit calme, permettant une sous stimulation sensorielle : lumière tamisée voire éteinte, pas ou peu de bruit, pas de contact tactile,
    • si possible retrouver un environnement connu, maîtrisé et sans surprise,
    • l’arrêt immédiat des sollicitations : interruption des tâches en court, des questions de proches, de toute demande,
    • si besoin, une communication alternative : messages écrits ou signés plutôt que parole,
    • laisser libre court aux stéréotypies, qui sont un moyen de régulation,

    ►Dès que possible :

    • se concentrer sur des sensations internes simples : respirer lentement, boire un verre d’eau…
    • se reposer et dormir.
    • pratiquer une activité en lien avec les intérêts spécifiques ou sensoriels.

    En cas d’inquiétude sur des gestes d’automutilation, ou s’il semble nécessaire de ne pas laisser la personne seule, les proches doivent se faire les plus discrets possibles, ne pas toucher la personne en crise sauf à sa demande, ne lui poser que peu de questions fermées (réponse par oui ou par non), ne pas avoir de discours culpabilisant.

    Les cartes à plier suivantes permettent de signaler ses besoins les plus urgents auprès de personnes non sensibilisées (sorties extérieures, personnel médical…). Elles sont disponibles en téléchargement libre.

    Télécharger

    Le temps de récupération suite à un shutdown ou à un meltdown est très variable. Il dépend du niveau d’énergie de la personne avant la crise, et de sa possibilité de prolonger ou pas un retrait social sans attentes de l’entourage, et de la possibilité de se préserver le temps nécessaire des injonctions sociales, scolaires, professionnelles ou familiales.

    Il est aussi de la responsabilité des proches de protéger des attentes sociales aussi longtemps que nécessaire au rétablissement complet.

    Conséquences

    Après une période de shutdown ou après un meltdown, la plupart des personnes autistes expriment une forte culpabilité, l’idée de ne pas avoir été à la hauteur, de n’avoir pas su gérer son état. Ce sentiment est souvent renforcé quand la personne est responsable de tout ou d’une part d’une organisation familiale ou professionnelle, ou par les attentes des proches.

    Les personnes autistes peuvent aussi ressentir un sentiment de gène ou d’humiliation, surtout si la crise a eu lieu devant des témoins : les shutdowns et plus encore les meltdowns sont source de préjugés, d’incompréhension et de rejet.

    La multiplication de crises entraîne une perte d’estime de soi importante, une dévalorisation systématique, un profond sentiment d’incapacité, et peut, à la longue, avoir un impact sérieux sur la santé mentale.

    De la part des proches, un discours déculpabilisant est essentiel après la crise.

    A long terme, plus les crises sont régulières et répétées, plus la récupération devient complexe. La non prise en compte des besoins peut entraîner la personne autiste vers un burn-out autistique, caractérisé par une perte de capacités cognitives durable.

    Peut-on éviter les crises ?

    Certaines personnes autistes n’expérimentent jamais le shutdown et/ou le meltdown. Pour d’autres, cela reste exceptionnel. Pour les personnes exposées, il n’est pas forcément possible d’éviter toutes les crises, mais on peut mettre en place quelques stratégies de limitation.

    Dans notre société capitaliste, le dépassement de soi est une notion quotidienne. Il faudrait sans cesse chercher à faire plus, à sortir de sa zone de confort, à faire semblant d’aller bien même lorsque c’est faux. Cette pression sociale est présente dès l’enfance, dans le travail, le loisir, la vie familiale, amicale et sociale. Pour une personne autiste, nier ses besoins peut rapidement provoquer un retour de bâton intense.

    Le masking prolongé (se conformer aux comportements attendus en société quitte à nier ses besoins et sa personnalité) est une des causes les plus courantes de shutdown ou meltdown, avec les hypersensibilités sensorielles.

    Pour se protéger au mieux, il est donc nécessaire de déconstruire les attentes sociales pour se sentir légitime dans ses besoins, avant de s’effondrer.

    Mettre en place des temps de pause, des moments où on se ressource sans culpabiliser est primordial pour préserver sa santé mentale et ne pas se mettre en danger de multiplier les crises. Il ne faut pas hésiter à en planifier d’office après tout évènement énergivore.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

    Télécharger

    Il est possible de sensibiliser ses enfants à ses besoins : à part en bas âge, ou autre cas particulier, un enfant est capable de comprendre. C’est moins violent que d’être confronté à un·e parent·e qui va mal, faute de n’avoir pu prendre soi d’iel, et cela lui apprend à formuler ses propres besoins, à les considérer comme légitimes. Une organisation familiale gagne à être pensée autour des besoins de chacun·e, plutôt qu’autour d’un modèle idéalisé.

    Communiquer sur ses besoins demande d’abord un travail de connaissance de soi : repérer les conditions les plus inconfortables, les environnements défavorables qui précédent une crise, dans l’objectif de les améliorer, ou de les éviter si aucun aménagement n’est possible. Les proches peuvent accompagner ce repérage en aidant la personne concernée à prendre conscience des conditions qui précèdent les crises.

    Le tableau d’évaluation de la fatigue, proposé avec le fatigomètre (lien en fin d’article), est un outil pensé repérer les fonctionnements révélateurs de fatigue.

    • tableau d’évaluation
    • exemple de tableau
    • tableau d’évaluation personnalisable
    • Fatigomètre
    • Fatigomètre personnalisable

    Tu peux aussi utiliser un calendrier des humeurs ou mood tracker, qui permet de repérer son ressenti au moment où viennent les shutdowns ou meltdowns, mais aussi les jours qui ont précédé.

    Les conseils usuels qui permettent de préserver sa santé mentale (bien dormir, bien se nourrir, avoir un rythme cohérent…) ne sont pas à négliger, mais peuvent être très difficiles à suivre, les personnes autistes étant sujettes aux troubles du sommeil, à l’anxiété et aux troubles du comportement alimentaire. Il est souvent nécessaire de développer ses propres stratégies.

    Comme d’habitude, il n’existe pas de solution miracle, ni de mode d’emploi. Comme d’habitude aussi, c’est le respect des besoins des personnes concernées qui va permettre de limiter l’impact des difficultés.

    Dans le shutdown comme le meltdown, la prévention et le soin se rejoignent. Les mêmes stratégies permettent d’éviter/limiter les crises et de s’en rétablir. Malheureusement, il est souvent nécessaire que le mal être soit démontré – par un ou plusieurs effondrements délétères – pour que ces mêmes besoins soient pris au sérieux et (plus ou moins) respectés, chez les enfants comme chez les adultes.

    Prendre soin de soi, c’est souvent se confronter à un monde validiste dont on a aussi intériorisé le fonctionnement. Sans le réaliser, on s’en demande toujours plus, jusqu’à être à bout. Les personnes à risques, autistes ou pas, devraient au contraire être entourées et rassurées sur leur légitimité, quelque soit leur demande d’aménagement.

    Ressources complémentaires (cliquer sur la flèche)

    https://cle-autistes.fr/les-shutdowns-autistiques-alterent-les-fonctions-du-cerveau/

    https://pourquoipasautrement.wordpress.com/2022/01/29/en-bref-shutdown-meltdown/

    https://putaindautiste.me/feu-interieur/

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  17. Interview : Owi Owi, ou la cuisine accessible aux neuroatypies

    Le quotidien est parfois compliqué pour les TDAH, TSA et autres neuroatypies. Se nourrir et cuisiner font partie du lot. Troubles attentionnels, rigidités alimentaires, difficultés d’organisation, besoin d’explications précises (liste non exhaustive), sont autant de freins aux plaisirs alimentaires. Toujours attachée aux astuces qui nous simplifient la vie, je te propose de découvrir la cuisine sauce Owi, testée et approuvée par de nombreuses adelphes. Et la meilleure façon de le faire est d’aller à la rencontre de l’artiste.

    Owi est auteure de trois livres de cuisine, publiés chez Albin Michel, et d’un blog, owiowifouettemoi.com. Elle vit à Bruxelles, aime Yotam Ottolenghi et la crème au beurre. 

    Pourquoi les neuroatypiques aiment la cuisine avec Owi

    Si on me demande ce qui caractérise les livres d’Owi, et pourquoi j’ai un vrai coup de coeur, je réponds : En un mot, l’accessibilité.

    Je ne suis pas seule à le dire : dans le sillage d’Owi, sur les réseaux sociaux, de nombreux·ses personnes neuroatypiques en témoignent.

    Ce qu’on y trouve comme nulle part ailleurs :

    • Des indications claires sur le matériel
    • Des listes d’ingrédients qui peuvent se substituer les uns aux autres
    • Des recettes explicites sur tout (ingrédients, temps de cuisson, matériel…)
    • Des recettes à la fois rapides et goûteuses
    • Des conseils sur les choses à ne pas tenter et pourquoi
    • Un vocabulaire compréhensible au quotidien
    • Des clins d’œil et de l’humour pour détendre l’atmosphère

    Ce que tu ne trouveras pas, c’est du jugement, des injonctions à « bien » te nourrir et à freiner ton plaisir. Ici, la gourmandise est bienvenue, et tu peux l’adapter à ta guise à tes besoins particuliers.

    Le résultat, c’est trois bouquins et un blog qui facilitent l’approche de la cuisine sur un mode à la fois fluide et décomplexé. Les explications détaillées mais pas superflues, les étapes claires, et tout le reste, rassurent et permettent de suivre sans s’éparpiller. Les recettes sont simples à décliner ou adapter à nos envies comme à des rigidités alimentaires, sans pour autant se sentir en défaut. En résumé, Owi encourage la confiance et l’autonomie.

    Place à l’interview : mes questions à Owi

    LOUTRE : Salut Owi, Qu’est ce que tu fais là ?

    OWI : Je viens gagner des points loutre, évidemment ! *agite son album panini*

    LOUTRE : Tu nous parles un peu de ton parcours ?

    (Content warning : deuil périnatal)

    OWI : Je reviens de loin, on va dire. Mon métier à la base, c’était psychologue et thérapeute. Et puis j’ai perdu ma fille à 8 mois de grossesse et autant de mois d’incertitude sur sa santé. Toute cette expérience m’a brisée. Je n’ai plus été capable de travailler. J’ai surnagé au fil des années, entre la naissance de jumeaux et 2 années littéralement sans sommeil, des nouveaux événements qui sont venus enfoncer le clou d’un syndrome de stress post-traumatique complexe (chronique) et une vie de famille compliquée. 

    Au milieu de tout ça, je me suis raccrochée à l’idée de cuisiner, de façon obsessive, même et surtout quand ça n’était pas possible (par manque de temps, d’énergie, de neurones, d’appétit, d’alitement, de santé mentale ou parce que j’étais forcément accaparée par les enfants tout petits). Quand il m’était impossible de penser pour ne pas sombrer, je pensais à ça : ce que j’allais tester comme recette (un jour), la technique ou les astuces pour les réussir, les récits culinaires des gens qui m’inspiraient,… En même temps, je réfléchissais au comment : comment concrètement cuisiner ou pâtisser, alors que tout était contre moi. Je détaillais tout dans ma tête, pour fonctionner par courtes étapes, pouvoir m’interrompre sans tout rater ni me stresser. Ni m’emmêler les pinceaux.

    Comme je ne pouvais pas dormir, j’ai commencé le blog, la nuit, pour raconter mes petites aventures de la journée et partager plus facilement les recettes avec les copines. Quelques années plus tard, j’ai pu créer des livres pour faire vivre mes recettes autrement et les aider à voyager encore plus loin.

    LOUTRE : Qu’est ce qui t’as donné envie de désacraliser la cuisine ?

    OWI : Désacraliser la cuisine n’a pas été une intention consciente. Ce qui m’importait, c’était qu’une recette donne le meilleur d’elle-même : ce que j’appelle le meilleur rapport qualité-flemme. Comment obtenir un résultat ébouriffant, en quelques étapes bien définies ? Sans perte de temps, sans se perdre soi, ni les autres, et en étant sûre de devancer les questions et les problèmes qui pouvaient se présenter. Autrement dit, en me mettant à la place de quelqu’un sans expérience spécifique, dans une cuisine lambda, qui découvre un ensemble d’ingrédients et de consignes nouvelles. Le plus important était qu’on se comprenne ou, peut-être encore mieux : de donner envie. Pas seulement de goûter une recette, envie d’être en cuisine ! Mettre les choses du côté du plaisir ou, au minimum, rendre l’expérience la plus détendue possible.

    Y a assez de livres de cuisine intimidants ou de recettes écrites pour des gens qui s’y connaissent. De recettes qui présument (à tort) qu’on comprend jargon et technique. Pire, de recettes « simplissimes » de 3 lignes qui n’expliquent rien et nous laissent nous casser la gueule. Moi je voulais prendre les gens par la main et leur montrer comment tout cela fonctionne et, surtout, comment se faire du bien. 

    LOUTRE : Partager ta passion via des livres plutôt que d’autres médias, pourquoi ce choix ?

    OWI : J’ai toujours aimé écrire et le challenge de trouver les bons mots (ici, les mots pour donner envie, rassurer, faire rire, être parfaitement claire, explorer toutes les possibilités, structurer la pensée de façon à ce que tout coule de source). 

    La hype est aux vidéos, mais je suis incapable d’utiliser une vidéo pour reproduire une recette sans m’arracher les cheveux. Ça me prend une énergie folle, car je finis par mettre la recette sur papier. Là où la vidéo est précieuse par contre, c’est comme médium qui nous montre exactement un geste (très intéressant en boulange et en pâtisserie). En plus je n’avais aucune envie de montrer ma tête ou de faire mmmmh en gros plan avec la bouche pleine, comme les algorithmes l’ont décidé. 

    Ce qui était évident pour moi, c’était d’écrire. 

    LOUTRE : Si je te dis explicite, tu me réponds …?

    OWI : L’explicite, c’est l’art d’éliminer les chausse-trapes : tous les nids de poule facilement évitables, si tu sais qu’ils existent et où les chercher. Être en cuisine demande à beaucoup de gens suffisamment d’énergie mentale/physique et de courage, sans qu’ils doivent trébucher dans le brouillard parce que l’auteur·e d’une recette n’a pas pris la peine d’expliquer :

    • ce qui est vraiment important et pourquoi
    • ce qu’on peut modifier à une recette et ce à quoi il ne faut absolument pas toucher, si on veut qu’elle retombe sur ses pieds
    • le résultat attendu et par quels signes s’assurer qu’on y est (ou pas)

    L’explicite, finalement, c’est l’art de virer tout snobisme ou complication. L’art de baliser le chemin pour que celleux qui suivent en profitent.

    LOUTRE : Cuisine et humour, la bonne recette ?

    OWI : Je ne peux pas m’empêcher de faire des bêtes blagues, donc bon. Mais finalement, les livres de cuisine sont tellement sérieux, fallait bien venir les décoiffer à un moment. D’autant que ça participe à faire de la cuisine un moment de plaisir. Et si moi je ne me prends pas au sérieux, ça montre bien qu’on peut toutes se détendre un bon coup ! 

    LOUTRE : Des conseils pour se lancer en cuisine quand on est intimidé·e ou un peu rigide ?

    OWI : Trouver une source fiable, une recette déjà testée par d’autres par exemple. Une source de crispation en moins : tu sais que ça fonctionne. 

    Et si ça ne fonctionne pas exactement pareil, ça n’est pas grave : on utilise des ingrédients, du matériel différent de la personne qui a créé la recette, il y a forcément des différences de résultat. Ce qui ne veut pas dire que ça ne sera pas bon. On compte qu’il faut en moyenne réaliser une nouvelle recette 3 fois pour vraiment se sentir à l’aise et se l’approprier. Si ça t’aide de suivre la recette à la lettre ou de broder un peu, suis ton propre style. Mais ne change qu’un élément de la recette à la fois, pour mieux apprécier ce que ça donne, à partir de ton 2e essai. 

    LOUTRE : Qu’est ce qui te fait le plus plaisir comme retour de ton boulot ?

    OWI : Ce qui me touche toujours beaucoup, c’est les messages de gens que je ne connais pas et qui me racontent comment certaines de mes recettes sont venues ponctuer leur vie, au milieu de choses douces ou en ajoutant de la douceur là où iels en avaient besoin. Et, évidemment, tous celleux qui me disent qu’iels ont (re) trouvé du plaisir en cuisine en me lisant! 

    LOUTRE : D’autres projets en cours ?

    OWI : Là j’hiberne. Pas de nouveau livre prévu pour le moment. J’ai toujours 50000 idées mais c’est un énorme boulot de créer un bouquin, j’ai besoin de respirer. Et de voir si j’ai encore cette envie en moi. Je laisse Chaud Froid, le petit dernier, faire son bout de chemin 🙂

    LOUTRE : Le mot de la fin ?

    OWI : De la douceur pour toutes les personnes qui me lisent en cette fin d’année 💓

    Un grand merci, Owi, pour t’être prêtée au jeu des questions 🙂

    Quel livre choisir pour commencer ?

    L’avis d’OWI : Par celui qui te tape dans l’œil (gâteaux, cuisine au four ou sucré/salé pour faire grimper ou redescendre la température, c’est toi qui choisis !) 

    L’avis de LOUTRE : Par celui qui reflète le plus tes habitudes au quotidien : sucré, chaud et rapide, ou selon la météo…de toute façon le mieux c’est d’avoir les trois : )

    Pour retrouver tout Owi, c’est par ici :

    LE Linktree d’owi

    Si tu as déjà testé, n’hésite pas à faire un retour en commentaire ci dessous !

    Petite Loutre

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    #autisme #cuisine #handicap #TND #TSA #vieQuotidienne

  18. Autisme, TDAH : Un tuto pour organiser sa semaine avec un menu hebdomadaire et soulager le quotidien

    S’organiser pour bien manger tout au long de la semaine est un défi complexe pour les personnes neuroatypiques. Bien qu’il n’existe pas de solution miracle, je partage aujourd’hui quelques astuces personnelles, centrées sur un élément essentiel de ma routine depuis plusieurs années : le menu hebdomadaire.

    Les défis d’une organisation au quotidien pour les personnes autistes ou TDAH

    Les personnes autistes ou TDAH sont confrontées à des problématiques d’attention et de fonctions exécutives qui peuvent rendre difficile tant l’organisation que la réalisation des repas au quotidien.

    Les changements inattendus dans les repas, comme des ingrédients manquants ou des horaires de repas imprévus, peuvent provoquer de l’anxiété et rendre la situation encore plus difficile.

    Beaucoup de choses dépendent de notre capacité à nous alimenter de manière régulière et adaptée, mais dans la réalité il s’agit souvent d’une charge mentale complexe qui nuit au bien-être et à la santé.

    Les avantages de la planification d’un menu hebdomadaire

    Instaurer une routine claire qui permette de se projeter dans les tâches à effectuer baisse la charge mentale de la préparation des repas. Le fait de planifier sur une semaine supprime le questionnement quotidien : on ne réfléchit qu’une fois en 7 jours au lieu d’un peu tous les jours et dans l’urgence.

    Il existe d’autres avantages non négligeables :

    • faire des économies en n’achetant que le nécessaire
    • limiter le gaspillage alimentaire
    • réduire le risque de dysfonction exécutive en permettant de se projeter
    • réunir le foyer sur une organisation commune
    • permettre à chacun·e d’exprimer ses envies alimentaires
    • mieux répartir la charge mentale du « qu’est ce qu’on mange ? »
    • mieux répartir la charge de la préparation des repas
    • améliorer l’équilibre alimentaire du foyer

    Mettre en place un fonctionnement par menu hebdomadaire peut se révéler couteux en énergie et concentration, mais le gain est important à moyen et long terme. Il est important de tester différentes options et organisations pour trouver la solution la plus adaptée à son quotidien.

    La conception de mon menu de la semaine, étape par étape

    Choisir un support adapté aux besoins du foyer

    Le support sur lequel est réalisé le menu est important. Il va déterminer en grande partie l’efficacité de la planification. Différente possibilités :

    • Un menu papier à compléter puis imprimer chaque semaine
    • Un menu numérique sur un agenda en ligne
    • Un tableau d’affichage effaçable
    • Une application dédiée

    Chez moi, j’utilise un support effaçable : un tableau aimanté à coller sur le frigo (donc proche du lieu où on prépare le repas). C’est facilement modifiable et à la vue de toustes. Le menu papier imprimé toutes les semaines a des avantages esthétiques et ludique (on peut faire varier la déco) mais consomme encre et papier. Les modèles numériques sont facilement modifiables mais nécessitent que toutes les personnes concernées de pensent à les consulter régulièrement.

    Tenir compte de l’organisation du foyer

    On va intuitivement organiser son menu selon les activités des membres du foyer : travail, scolarisation, activités extra scolaires, de loisir, en bref moments des prises de repas au foyer, voire préparation de repas à emporter.

    Ce qui fait la différence, c’est aussi d’évaluer le coût énergétique de chaque jour et/ou événement. Cela influence le type de repas que l’on peut envisager. Pour anticiper d’éventuelles difficultés, il est important de prendre en compte les sources potentielles de stress et les situations particulières qui peuvent affecter à la fois la disponibilité pour cuisiner et l’appétit.

    • fatigue saisonnière, changement d’heure
    • charge mentale due à un évènement spécifique
    • syndrome prémenstruel, règles
    • fatigue liée à la socialisation
    • rendez-vous ou tâches administratives complexes…

    La meilleure solution consiste à réunir toutes les personnes concernées dans un moment de disponibilité mentale, pourquoi pas ritualisé (même jour même heure toutes les semaines) pour que chacun·e puisse exprimer ses besoins.

    Tenir compte du contexte météo

    Certaines personnes neuroA doivent composer avec une forte sensibilité aux conditions météorologiques (température, mais aussi humidité, etc). C’est d’autant plus utile de s’interroger sur la météo lors des saisons variables (printemps, automne) ou lors de périodes de grand froid et de canicule, qui peuvent modifier l’appétit, les besoins mais aussi les rigidités.

    Je réalise mon menu après avoir consulté une application météo pour avoir une idée de la variabilité du temps jour après jour, ce qui influence mes envies et mon appétit.

    Faire une liste des plats les plus courants

    Réaliser une liste des plats les plus souvent consommés au sein du foyer, sur un support à part, consultable par toustes et modifiable indéfiniment, va alléger la charge mentale. On peut classer les plats selon différents items :

    • Rapide à cuisiner OU nécessite du temps et/ou de l’énergie
    • Peut être cuisinés pour plusieurs jours (en quantité et supporte bien la conservation/ le réchauffage)
    • Se consomme quand il fait chaud OU quand il fait froid
    • Peut être cuisiné à l’avance OU doit se manger immédiatement
    • Ne nécessite pas de préparation (plats cuisinés)

    Selon les sensibilités du foyer, éliminer certains plats ou ingrédients, et faire une liste des rigidités ou des allergies simplifie la tâche. Chez moi, on oublie les aliments avec trop de contraintes sensorielles, par exemple on n’intègre ni riz, ni tomate, ni poisson dans la liste : en consommer reste exceptionnel.

    Tenir compte des envies de chacun·e

    Parce que manger doit aussi être un plaisir, on essaye de tenir compte des envies de chacun ! Avant même de préparer le menu, il est possible de noter ses envies au fur et à mesure. Intégrer les choses qui nous font envie permet de se projeter dans le moment où elles seront satisfaites, et de limiter les comportements alimentaires impulsifs.

    Cette semaine j’ai eu envie de burgers mais ce n’était pas prévu au menu. J’ai donc ajouté le plat à une liste d’envie du foyer : il sera intégré la semaine prochaine, je peux arrêter d’y penser.

    Organiser la rédaction de son menu

    La phase préparatoire consiste à repérer visuellement les moments clefs de la semaine ayant un impact sur l’alimentation. Il s’agit de contextualiser rapidement chaque repas pour mieux anticiper d’éventuelles difficultés.

    Un exemple de phase préparatoire, pour un foyer de deux personnes, A et B :

    Lundi il fait beau. Le midi B cuisine. Il faut un repas Rapide (R) car un rdv est prévu à 13h. Le soir A prépare le repas. L’énergie sera moindre : il faut prévoir du facile à préparer. Mardi, il fait frais, A cuisine pour le midi avec toujours une énergie moindre. B prend le relai pour le soir, l’énergie sera meilleure, et il faut prévoir une Gamelle (G) pour le lendemain. Mercredi le beau temps revient, A est la seule personne présente à midi. Le repas du soir est pris en extérieur.

    Ensuite, on complète le menu avec des repas adaptés. On intègre en priorité les envies aux moments les plus judicieux, puis on termine avec notre liste de repas courants, selon les critères définis précédemment.

    Ici les plats sont répartis en fonctions de la météo et du prévisionnel en énergie.

    Lundi midi une salade préparée à l’avance permet un repas rapide et frais. Mardi soir les courgettes farcies permettent à B d’emmener son repas mercredi midi. A prévoit d’être assez en forme vendredi soir et cuisine un couscous, qui constitue un repas pour deux soirs.

    Pour terminer la semaine, on prévoit de manger les restes dimanches.

    Préparer sa liste de courses

    le menu réalisé permet faire la liste des courses. Avoir un visuel global évite de rater des ingrédients. L’idéal est un support qui concentre l’ensemble des informations du menu et la liste de courses au même endroit.

    C’est aussi l’occasion de vérifier qu’il ne manque rien d’utile au fonctionnement quotidien, et de s’interroger sur l’achat de petites gourmandises. On peut faire ses courses en ligne dans la foulée, le support sous les yeux, ou la prendre en photo pour l’emmener en magasin.

    Les ingrédients manquants de chaque repas sont reportés dans la colonne courses.

    J’ai toujours une liste complémentaire de produits de base : pâtes, beurre, huile d’olive…que je renouvelle automatiquement. J’ai aussi une base de plats de secours rapides, à utiliser en cas d’imprévu ou d’épuisement : des briques de soupe, des nouilles instantanées, quelques plats surgelés.

    Utiliser le menu au quotidien

    Il ne s’agit pas d’être rigide mais d’avoir une base à adapter à l’état de fatigue et aux possibilités physiques et mentales : si finalement je suis épuisée alors que j’avais prévu de cuisiner, je troque un plat élaboré contre un plat plus accessible. Si au contraire je dispose de plus de temps, j’adapte également. Je tâche de respecter le menu en me laissant une marge de sécurité pour les imprévus.

    Voici notre exemple de menu final terminé.

    Mettre en place ce type de fonctionnement peut prendre du temps et représenter diverses difficultés selon les situations.

    Je propose ici un ensemble cohérent dont il est possible de s’inspirer pour créer sa propre routine adaptée : il ne s’agit en aucun cas de culpabiliser les difficultés d’organisation rencontrées. Il est important de considérer que chaque organisation doit tenir compte des contraintes des personnes concernées, et qu’il n’existe aucune solution miracle permettant un fonctionnement exemplaire.

    J’expérimente depuis presque 10 ans l’utilisation de menus hebdomadaires dans différents contextes : une fois la phase de mise en route passée, c’est souvent un réel soulagement.

    Bientôt on parlera de cuisine, stay tuned !

    Petite Loutre

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    #autisme #fatigue #manger #TDAH #vieQuotidienne

  19. J'ai terminé tout ce que j'avais à faire en cette journée : le boulot, les trajets, une séance d'entraînement de course à pied.
    Je vais enfin pouvoir dîner puis avoir un brin de temps libre.
    Il est 21:48
    #VieQuotidienne
    (je ne me plains pas quand j'étais mère de famille d'enfants pas encore grands, c'était bien plus rude)

  20. Pour cette nouvelle année, j'ai réussi l'exploit de filmer et mettre en ligne une vidéo des mots gentils le même jour ! (il me reste deux minutes)

    Comme vous le verrez, je rallonge le format un peu. Dites-moi ce que vous en pensez. Long format ou court allant au but ?

    https://youtu.be/DEIrfc1DGjE

    #monologue #VieQuotidienne

  21. La fatigue dans l’autisme : Jean-Philippe Piat, AspieConseil

    Témoignage #2

    « Le seul moment où je ne me sens plus fatigué, c’est quand vient l’heure de dormir. »

    Jean-Philippe Piat, autiste diagnostiqué à 37 ans, propose de nombreuses ressources pour ses pairs et leurs proches, à travers le site AspieConseil. Il est auteur de Guide de Survie de la Personne Autiste aux éditions Autisme Diffusion, boîte à outils du quotidien. Jean-Philippe a accepté de nous confier son ressenti  sur le thème de la fatigue.

    Difficile de parler de la fatigue sans honte excessive, tant j’ai appris à cacher ce fait publiquement. J’accompagne des enfants autistes, je donne des formations, je suis père, sur le papier, même si j’ai  très peu d’heures d’accompagnement, je semble plutôt en bonne forme.

    Mais la réalité est toute  autre : bien souvent je peine à me lever le matin, ensuite, pendant des heures, je traîne. Je n’ai qu’une  envie, me recoucher. J’essaie de moins le faire, car mon corps souffre de passer souvent plus de 15 heures  par jour au lit. Même quand je prépare mes formations je suis souvent allongé. 

    Le seul moment où je ne me sens plus fatigué, c’est quand vient l’heure de dormir.

    Quand  des « collègues » intervenants me proposent des heures, j’ai honte de dire qu’en plus de la peur  d’ajouter une nouveauté à mon emploi du temps (que je ne fais pas), avoir 4-5 heures par semaine  de prises en charge est déjà bien épuisant pour moi.

    Oh, je ne me plains pas, au contraire. La honte et la culpabilité m’habitent chaque jour par rapport à ce que je fais. Est-ce les sensorialités, les  fonctions exécutives, le social ? Au final je n’en sais rien. C’est sans doute tout ça à la fois. Alors  quand je vois des boulots d’informatique de 50 heures par semaine « Aspie Friendly », j’avoue que j’ai encore plus  honte de moi.

    Pour finir sur une note positive, je façonne de plus  en plus mon énergie. Je l’utilise que pour ce qui est important, préférant perdre quelques sous pour  faire un drive, pour éviter des activités coûteuses, et ainsi augmenter mon énergie pour ce qui compte  vraiment pour moi : Former à l’autisme, et changer, à mon niveau, l’existant des accompagnements des  personnes autistes.

    A lire

    Guide de Survie de la Personne Autiste, par Jean-Philippe Piat

    « Comment identifier le profil sensoriel d’une personne autiste ? Comment s’affirmer ? Comment identifier la malveillance ? Quelles sont les forces possibles d’une personne autiste ? Comment concilier études supérieures et autisme ? Toutes ces questions et bien d’autres sont traitées dans ce guide de la personne autiste qui aborde de très nombreux sujets. »

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