#campisme — Public Fediverse posts
Live and recent posts from across the Fediverse tagged #campisme, aggregated by home.social.
-
- https://aplutsoc.org/2026/08/03/mexique-les-gens-craignent-un-agresseur-imperialiste-en-estonie-cen-est-un-autre-par-simon-pirani/ (Mexique, les gens craignent un agresseur impérialiste. En Estonie, c’en est un autre. Par Simon Pirani.)
Simon Pirani
Simon Pirani est écrivain britannique, historien et chercheur en énergie, professeur honoraire à l’École des langues et cultures modernes de l’Université de Durham et ancien chercheur principal à l’Oxford Institute for Energy Studies (2007–2021). Il est l’auteur de Burning Up : A Global History of Fossil Fuel Consumption (Pluto Press, 2018) et tient le blog People and Nature.Source : Simon Pirani, « In Mexico, people fear one imperialist aggressor. In Estonia, it’s a different one », People and Nature, 26 juin 2026.
Traduit pour ESSF par Adam Novak
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article79184--<--
# OTAN, Russie, Ukraine – pour une gauche sans angles mortsSimon Pirani, coordinateur de « Voices Against Putin’s War : Protesters’ Defiant Speeches in Russian Courts, » (Resistance Books, 2025) et auteur du blog People and Nature, intervient ici dans le cadre d’une discussion organisée par le Parti vert britannique sur la question de l’OTAN. Refusant aussi bien le « campisme » – qui assimile la résistance ukrainienne à une guerre par procuration de l’Occident – que le militarisme impérialiste occidentale, Pirani défend une position internationaliste qui conjugue soutien à la résistance ukrainienne et opposition au réarmement général et au génocide en cours à Gaza.
Il revient sur les mythes campistes concernant les négociations d’Istanbul et l’argument nucléaire, et esquisse quatre axes d’action concrets pour la gauche.
La première est de reconnaître et de soutenir la résistance ukrainienne, comme les socialistes ont toujours reconnu le droit des peuples – des Fenians irlandais à nos jours – à résister au colonialisme.
Pour illustrer ce point : lors des grandes manifestations londoniennes pour Gaza, un groupe d’entre nous portait une banderole « De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime ». La grande majorité des manifestants nous ont accueillis favorablement, mais pas les organisateurs de ces cortèges – la coalition Stop the War – qui ont évité de reconnaître le caractère justifié de la résistance ukrainienne et de dénoncer l’occupation des régions orientales de l’Ukraine par des régimes fantoches soutenus par la Russie depuis 2014.
Cette position, que l’on appelle le « campisme », repose sur la conviction que le camp géopolitique anti-américaniste de la Russie, de la Chine et de l’Iran serait d’une façon ou d’une autre moins dangereux que les États-Unis et leurs alliés. Les personnes plus âgées ici présentes y reconnaîtront une forte empreinte post-stalinienne.
La question politique concrète sur laquelle cette divergence est déterminante est celle des livraisons d’armes à l’Ukraine. Les « campistes » s’y opposent spécifiquement, se retrouvant ainsi du même côté que les partis d’extrême droite européens soutenus par Poutine.
...
Je rejoins les socialistes ukrainiens qui ont salué les appels des partis de gauche scandinaves à interdire les exportations d’armes vers tous les pays – sauf l’Ukraine
...
#mexique #estonie #ukraine #russie #palestine #campisme #stalinisme #gauche #AnglesMorts -
- https://aplutsoc.org/2026/08/03/mexique-les-gens-craignent-un-agresseur-imperialiste-en-estonie-cen-est-un-autre-par-simon-pirani/ (Mexique, les gens craignent un agresseur impérialiste. En Estonie, c’en est un autre. Par Simon Pirani.)
Simon Pirani
Simon Pirani est écrivain britannique, historien et chercheur en énergie, professeur honoraire à l’École des langues et cultures modernes de l’Université de Durham et ancien chercheur principal à l’Oxford Institute for Energy Studies (2007–2021). Il est l’auteur de Burning Up : A Global History of Fossil Fuel Consumption (Pluto Press, 2018) et tient le blog People and Nature.Source : Simon Pirani, « In Mexico, people fear one imperialist aggressor. In Estonia, it’s a different one », People and Nature, 26 juin 2026.
Traduit pour ESSF par Adam Novak
https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article79184--<--
# OTAN, Russie, Ukraine – pour une gauche sans angles mortsSimon Pirani, coordinateur de « Voices Against Putin’s War : Protesters’ Defiant Speeches in Russian Courts, » (Resistance Books, 2025) et auteur du blog People and Nature, intervient ici dans le cadre d’une discussion organisée par le Parti vert britannique sur la question de l’OTAN. Refusant aussi bien le « campisme » – qui assimile la résistance ukrainienne à une guerre par procuration de l’Occident – que le militarisme impérialiste occidentale, Pirani défend une position internationaliste qui conjugue soutien à la résistance ukrainienne et opposition au réarmement général et au génocide en cours à Gaza.
Il revient sur les mythes campistes concernant les négociations d’Istanbul et l’argument nucléaire, et esquisse quatre axes d’action concrets pour la gauche.
La première est de reconnaître et de soutenir la résistance ukrainienne, comme les socialistes ont toujours reconnu le droit des peuples – des Fenians irlandais à nos jours – à résister au colonialisme.
Pour illustrer ce point : lors des grandes manifestations londoniennes pour Gaza, un groupe d’entre nous portait une banderole « De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime ». La grande majorité des manifestants nous ont accueillis favorablement, mais pas les organisateurs de ces cortèges – la coalition Stop the War – qui ont évité de reconnaître le caractère justifié de la résistance ukrainienne et de dénoncer l’occupation des régions orientales de l’Ukraine par des régimes fantoches soutenus par la Russie depuis 2014.
Cette position, que l’on appelle le « campisme », repose sur la conviction que le camp géopolitique anti-américaniste de la Russie, de la Chine et de l’Iran serait d’une façon ou d’une autre moins dangereux que les États-Unis et leurs alliés. Les personnes plus âgées ici présentes y reconnaîtront une forte empreinte post-stalinienne.
La question politique concrète sur laquelle cette divergence est déterminante est celle des livraisons d’armes à l’Ukraine. Les « campistes » s’y opposent spécifiquement, se retrouvant ainsi du même côté que les partis d’extrême droite européens soutenus par Poutine.
...
Je rejoins les socialistes ukrainiens qui ont salué les appels des partis de gauche scandinaves à interdire les exportations d’armes vers tous les pays – sauf l’Ukraine
...
#mexique #estonie #ukraine #russie #palestine #campisme #stalinisme #gauche #AnglesMorts -
#paix #guerre #pacifisme #antimilitarisme #campisme
Certain·es des camarades avec lesquels je lutte sur le plan syndical et politique ont parfois un discours sur la paix que je trouve soit naïf soit « campiste ». C’est pourquoi je voudrais rappeler ici ma position concernant le pacifisme et l’antimilitarisme. En seconde partie, vous trouverez un texte qui a été rédigé l’année dernière par deux syndicalistes britanniques et qui présente selon eux les conditions devant être remplies pour que le soutien militaire nécessaire aux mouvements progressistes évite de renforcer le militarisme.
https://ericdussart.blog/2026/08/01/reflexions-sur-la-paix-la-guerre-le-pacifisme-lantimilitarisme/
-
# Ostracisée, déprogrammée ¶
## Lisa Spada ¶
- https://www.instagram.com/lisaspada/
Lisa Spada fait partie des signataires.
Elle travaillait depuis une vingtaine d’années comme chanteuse de soul. Après le 7-Octobre, ses contrats se sont réduits comme peau de chagrin.
“Dès le début, je me suis exprimée sur Instagram (https://www.instagram.com/lisaspada/) sur le sort des otages israéliens à Gaza, et le silence que cela suscitait chez les militants de gauche, avec lesquels j’avais manifesté contre le racisme “, raconte-t-elle.
La jeune femme n’a pas subi d’appel au boycott, mais elle a reçu de moins en moins de propositions : “J’ai été ostracisée, j’ai perdu la moitié de mon réseau professionnel. On m’a accusée d’être génocidaire, de soutenir Netanyahou, je suis reléguée dans la bulle orpheline des juifs de gauche.”
Depuis le 7-Octobre, elle a perdu la moitié de son réseau professionnel. Aujourd’hui, Lisa Spada n’a même plus assez de travail pour conserver le statut d’intermittente du spectacle.
# Juliette ¶
Juliette (le prénom a été changé), artiste de théâtre et de cabaret d’une trentaine d’années, a connu le même sort.”
Le téléphone a quasiment arrêté de sonner, dit-elle.
Lors d’une représentation dans une ville de province en 2024, les affiches de mon spectacle étaient barrées d’un “Free Palestine”, et quand j’abordais l’antisémitisme dans mon show, des spectateurs quittaient la salle .
Une productrice m’a demandé de modifier ma manière de traiter cette question. Pour gagner ma vie, je me suis rabattue sur les cours de théâtre.
Erica Lippert ¶Erica Lippert, la quarantaine, a fait minutieusement le décompte des annulations.
DJ professionnelle depuis une vingtaine d’années, elle est passée de 45-50 prestations par an à 20-25 aujourd’hui.
Son producteur de disques a rompu leur contrat, un festival et une radio l’ont déprogrammée.
Raisons invoquées : un de ses podcasts sur les voix juives et arabo-musulmanes cité par la version francophone du “Times of Israël”, sa musique toujours diffusée sur les plateformes dans l’Etat hébreu, et le fait qu’elle ait accepté un concert à Tel-Aviv, où vit une partie de sa famille.
“J’avais beaucoup hésité à y aller et détaillé, sur Instagram, mes doutes, mes questionnements, et le fait, bien sûr, que j’étais en faveur de la paix, se souvient-elle. J’ai été aussitôt cyberharcelée, insultée, sommée de m’expliquer, de montrer patte blanche.
Si je ne prononçais pas le mot “génocide” ou “antisioniste”, je devenais une mauvaise juive à bannir .
“Divergences de vues sur le conflit israélo-palestinien, explosion des budgets de sécurité, crainte de voir des salles insuffisamment remplies…”
Liens ¶
- https://www.leddv.fr/analyse/lostracisme-des-artistes-juifs-ethnographie-dune-insider-20260311
# Laurence Haziza, directrice du Sacré Sound Festival et du Festival Jazz’N’Klezmer ¶
- https://akadem.org/author/laurence-haziza (Laurence Haziza est directrice du festival Jazz’N’Klezmer. Elle est également animatrice radio, journaliste, attachée de presse et comédienne)
- https://www.instagram.com/laurencehaziza/
“Les artistes juifs se retrouvent dans une sorte de communautarisme subi : ils sont contraints de plus en plus souvent de jouer dans des productions et des lieux juifs”, constate Laurence Haziza, directrice du Sacré Sound Festival et du Festival Jazz’N’Klezmer.
# Sympathisants LFI et RN ¶
Ce blacklistage survient dans un contexte de réveil de l’antisémitisme.
Les actes antisémites recensés ont triplé par rapport à 2022, atteignant 1 320 en 2025.
Ils représentent à eux seuls 53 % des actes antireligieux enregistrés en France.
La France insoumise, en première ligne dans l’affaire Barbara Butch, ne se contente pas de réclamer des mises à l’écart.
Le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a parlé d’antisémitisme “résiduel” en 2024 et fait rire en meeting, en mars, en jouant sur la prononciation des noms du délinquant sexuel Jeffrey Epstein et de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann.
Dans la dernière enquête de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH, https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/index.html#cncdh-2025) sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, LFI est devenue avec le Rassemblement national (RN), le parti qui compte la plus forte proportion de sympathisants approuvant au moins deux “vieux” préjugés antisémites (trop de pouvoir, lien particulier avec l’argent, double allégeance…) : respectivement 47 % et 48 %.
Presque un sur deux.
# 2026-07-31 Robert Hirsch: une partie de la gauche se complaît dans des dérives antisémites sans susciter de réactions à la hauteur du problème ¶
- Robert Hirsch (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/militantes/robert-hirsch/robert-hirsch.html#robert-hirsch)
“La gauche, historiquement, a été aux côtés des juifs, pendant la Révolution française, l’affaire Dreyfus ou la Résistance, avec, cependant, en son sein des réticences à agir contre l’antisémitisme, conclut l’historien Robert Hirsch.
Mais jamais comme aujourd’hui, où une partie de la gauche se complaît dans des dérives antisémites sans susciter de réactions à la hauteur du problème ”
# 2026-07-31 Les signataires de la tribune de Jonas Pardo se font attaquer à leur tour ¶
2026-07-21 Concert interrompu de Barbara Butch : agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine par Jonas Pardo dans Libération, pétition de soutien (https://antiracisme.frama.io/luttes-2026/07/21/concert-interrompu-de-barbara-butch-agresser-une-dj-juive-ne-liberera-pas-la-palestine.html)
Une tribune intitulée Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine” , lancée par Jonas Pardo et publiée dans le quotidien “Libération”, après le concert de Grenoble, a recueilli plus de mille signatures dans le monde culturel et intellectuel.
Mais les signataires se font attaquer à leur tour.
Parmi eux, l’acteur Alain Chabat, né dans une famille juive d’Algérie.
“Terrible, Alain Chabat”, écrit un compte X anonyme qui prône la disparition d’Israël “Notre jeunesse à aimer ces personnages pour se rendre compte que ce ne sont tous que des sionistes.”
Par Nathalie Funès
Liens ¶- ✊🏽 ⚖️ 📣 🎥 2024-05-23 Réunion publique Qui a peur de la lutte contre l’antisémitisme, pour une gauche réellement antiraciste (https://antiracisme.frama.io/infos-2024/05/23/reunion-publique-qui-a-peur-de-la-lutte-contre-l-antisemitisme-pour-une-gauche-reellement-antiraciste/index.html)
Page 296 CNCDH L’antisémitisme à gauche (https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/quatrieme-partie/section-4-2/la-specificite-des-prejuges-antisemites-et-racistes.html#cncdh-page-296-antisem-gauche)
- Page 297 Fin 2025, proches du RN et proches de LFI sont au même niveau d’antisémitisme (https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/quatrieme-partie/section-4-2/la-specificite-des-prejuges-antisemites-et-racistes.html)
- https://www.leddv.fr/analyse/lostracisme-des-artistes-juifs-ethnographie-dune-insider-20260311
#BarbaraButch #Antisemitisme #Grenoble #polarisation #campisme #RougesBruns #Homophobie #Grossophobie #LFI #Nationalisme #Meute #Troupe #Populisme #Sexisme #Violence #Antifas #Haine #lacheté
-
# Ostracisée, déprogrammée ¶
## Lisa Spada ¶
- https://www.instagram.com/lisaspada/
Lisa Spada fait partie des signataires.
Elle travaillait depuis une vingtaine d’années comme chanteuse de soul. Après le 7-Octobre, ses contrats se sont réduits comme peau de chagrin.
“Dès le début, je me suis exprimée sur Instagram (https://www.instagram.com/lisaspada/) sur le sort des otages israéliens à Gaza, et le silence que cela suscitait chez les militants de gauche, avec lesquels j’avais manifesté contre le racisme “, raconte-t-elle.
La jeune femme n’a pas subi d’appel au boycott, mais elle a reçu de moins en moins de propositions : “J’ai été ostracisée, j’ai perdu la moitié de mon réseau professionnel. On m’a accusée d’être génocidaire, de soutenir Netanyahou, je suis reléguée dans la bulle orpheline des juifs de gauche.”
Depuis le 7-Octobre, elle a perdu la moitié de son réseau professionnel. Aujourd’hui, Lisa Spada n’a même plus assez de travail pour conserver le statut d’intermittente du spectacle.
# Juliette ¶
Juliette (le prénom a été changé), artiste de théâtre et de cabaret d’une trentaine d’années, a connu le même sort.”
Le téléphone a quasiment arrêté de sonner, dit-elle.
Lors d’une représentation dans une ville de province en 2024, les affiches de mon spectacle étaient barrées d’un “Free Palestine”, et quand j’abordais l’antisémitisme dans mon show, des spectateurs quittaient la salle .
Une productrice m’a demandé de modifier ma manière de traiter cette question. Pour gagner ma vie, je me suis rabattue sur les cours de théâtre.
Erica Lippert ¶Erica Lippert, la quarantaine, a fait minutieusement le décompte des annulations.
DJ professionnelle depuis une vingtaine d’années, elle est passée de 45-50 prestations par an à 20-25 aujourd’hui.
Son producteur de disques a rompu leur contrat, un festival et une radio l’ont déprogrammée.
Raisons invoquées : un de ses podcasts sur les voix juives et arabo-musulmanes cité par la version francophone du “Times of Israël”, sa musique toujours diffusée sur les plateformes dans l’Etat hébreu, et le fait qu’elle ait accepté un concert à Tel-Aviv, où vit une partie de sa famille.
“J’avais beaucoup hésité à y aller et détaillé, sur Instagram, mes doutes, mes questionnements, et le fait, bien sûr, que j’étais en faveur de la paix, se souvient-elle. J’ai été aussitôt cyberharcelée, insultée, sommée de m’expliquer, de montrer patte blanche.
Si je ne prononçais pas le mot “génocide” ou “antisioniste”, je devenais une mauvaise juive à bannir .
“Divergences de vues sur le conflit israélo-palestinien, explosion des budgets de sécurité, crainte de voir des salles insuffisamment remplies…”
Liens ¶
- https://www.leddv.fr/analyse/lostracisme-des-artistes-juifs-ethnographie-dune-insider-20260311
# Laurence Haziza, directrice du Sacré Sound Festival et du Festival Jazz’N’Klezmer ¶
- https://akadem.org/author/laurence-haziza (Laurence Haziza est directrice du festival Jazz’N’Klezmer. Elle est également animatrice radio, journaliste, attachée de presse et comédienne)
- https://www.instagram.com/laurencehaziza/
“Les artistes juifs se retrouvent dans une sorte de communautarisme subi : ils sont contraints de plus en plus souvent de jouer dans des productions et des lieux juifs”, constate Laurence Haziza, directrice du Sacré Sound Festival et du Festival Jazz’N’Klezmer.
# Sympathisants LFI et RN ¶
Ce blacklistage survient dans un contexte de réveil de l’antisémitisme.
Les actes antisémites recensés ont triplé par rapport à 2022, atteignant 1 320 en 2025.
Ils représentent à eux seuls 53 % des actes antireligieux enregistrés en France.
La France insoumise, en première ligne dans l’affaire Barbara Butch, ne se contente pas de réclamer des mises à l’écart.
Le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a parlé d’antisémitisme “résiduel” en 2024 et fait rire en meeting, en mars, en jouant sur la prononciation des noms du délinquant sexuel Jeffrey Epstein et de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann.
Dans la dernière enquête de la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH, https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/index.html#cncdh-2025) sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, LFI est devenue avec le Rassemblement national (RN), le parti qui compte la plus forte proportion de sympathisants approuvant au moins deux “vieux” préjugés antisémites (trop de pouvoir, lien particulier avec l’argent, double allégeance…) : respectivement 47 % et 48 %.
Presque un sur deux.
# 2026-07-31 Robert Hirsch: une partie de la gauche se complaît dans des dérives antisémites sans susciter de réactions à la hauteur du problème ¶
- Robert Hirsch (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/militantes/robert-hirsch/robert-hirsch.html#robert-hirsch)
“La gauche, historiquement, a été aux côtés des juifs, pendant la Révolution française, l’affaire Dreyfus ou la Résistance, avec, cependant, en son sein des réticences à agir contre l’antisémitisme, conclut l’historien Robert Hirsch.
Mais jamais comme aujourd’hui, où une partie de la gauche se complaît dans des dérives antisémites sans susciter de réactions à la hauteur du problème ”
# 2026-07-31 Les signataires de la tribune de Jonas Pardo se font attaquer à leur tour ¶
2026-07-21 Concert interrompu de Barbara Butch : agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine par Jonas Pardo dans Libération, pétition de soutien (https://antiracisme.frama.io/luttes-2026/07/21/concert-interrompu-de-barbara-butch-agresser-une-dj-juive-ne-liberera-pas-la-palestine.html)
Une tribune intitulée Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine” , lancée par Jonas Pardo et publiée dans le quotidien “Libération”, après le concert de Grenoble, a recueilli plus de mille signatures dans le monde culturel et intellectuel.
Mais les signataires se font attaquer à leur tour.
Parmi eux, l’acteur Alain Chabat, né dans une famille juive d’Algérie.
“Terrible, Alain Chabat”, écrit un compte X anonyme qui prône la disparition d’Israël “Notre jeunesse à aimer ces personnages pour se rendre compte que ce ne sont tous que des sionistes.”
Par Nathalie Funès
Liens ¶- ✊🏽 ⚖️ 📣 🎥 2024-05-23 Réunion publique Qui a peur de la lutte contre l’antisémitisme, pour une gauche réellement antiraciste (https://antiracisme.frama.io/infos-2024/05/23/reunion-publique-qui-a-peur-de-la-lutte-contre-l-antisemitisme-pour-une-gauche-reellement-antiraciste/index.html)
Page 296 CNCDH L’antisémitisme à gauche (https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/quatrieme-partie/section-4-2/la-specificite-des-prejuges-antisemites-et-racistes.html#cncdh-page-296-antisem-gauche)
- Page 297 Fin 2025, proches du RN et proches de LFI sont au même niveau d’antisémitisme (https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/quatrieme-partie/section-4-2/la-specificite-des-prejuges-antisemites-et-racistes.html)
- https://www.leddv.fr/analyse/lostracisme-des-artistes-juifs-ethnographie-dune-insider-20260311
#BarbaraButch #Antisemitisme #Grenoble #polarisation #campisme #RougesBruns #Homophobie #Grossophobie #LFI #Nationalisme #Meute #Troupe #Populisme #Sexisme #Violence #Antifas #Haine #lacheté
-
https://antiracisme.frama.io/luttes-2026/07/31/barbara-butch-joann-sfar-l-inquietant-boycott-des-artistes-juifs-en-france.html (Barbara Butch, Joann Sfar… L’inquiétant boycott des artistes juifs en France)
# Préambule ¶
“Génocidaire”, “sale sioniste” : la DJ Barbara Butch, le dessinateur Joann Sfar, mais aussi des artistes moins connus, font face à des menaces et insultes qui s’intensifient…
Au sein du monde culturel français, la mise au ban des juifs se banalise dans un contexte de réveil de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre.
Au sein du monde culturel français, la mise au ban des juifs se banalise dans un contexte de réveil de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre.
Par Nathalie Funès P
# Barbara Butch, Joann Sfar… L’inquiétant boycott des artistes juifs en France ¶
Huées, sifflets, insultes, doigts d’honneur… Une centaine de militants, certains masqués, lancent des graviers sur la scène, de la terre, des gobelets en plastique, des bouteilles de verre qui s’écrasent au pied de l’artiste.
A 22h20, ce samedi 18 juillet, au Jardin de Ville à Grenoble, où se déroule le festival Cabaret frappé, la DJ Barbara Butch doit interrompre son set (https://www.nouvelobs.com/societe/20260731.OBS117089/barbara-butch-joann-sfar-l-inquietant-boycott-des-artistes-juifs-en-france.html) .
Au bout de vingt minutes et après avoir lancé “Imagine “de John Lennon…
Cela faisait des mois que la section locale de La France insoumise (LFI) réclamait le boycott de l’artiste, figure de la scène queer et féministe.
Les militants ont passé des heures à distribuer des tracts appelant à “déprogrammer les soutiens d’Israël” qui “censurent les voix palestiniennes”, avec un photomontage de la DJ, en train de mixer, éclaboussée de sang, devant un drapeau arc-en-ciel frappé de l’étoile de David.
Allan Brunon (https://www.nouvelobs.com/politique/20260726.OBS116970/qui-est-allan-brunon-l-elu-insoumis-de-grenoble-radical-et-ambitieux-a-l-origine-de-l-affaire-barbara-butch.html) , le chef de file insoumis de la mairie de Grenoble , reproche à l’artiste d’avoir cosigné en mars une tribune collective en faveur de la proposition de loi Yadan sur la lutte contre “les formes renouvelées de l’antisémitisme “ – contestée et abandonnée depuis – et de s’être produite à la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv en juin 2025.
La veille du concert de la DJ, il nous avait déclaré : “On fera en sorte de manifester notre mécontentement.
“Barbara Butch avait très vite précisé, sur ses réseaux sociaux, qu’elle avait signé la tribune pour dénoncer un antisémitisme subi” au quotidien “depuis son enfance et qu’elle était “bien évidemment” contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Elle avait ensuite déclaré sur la chaîne France 24 qu’elle “n’aurait pas dû le faire”.
Mais les insultes ont continué : “grosse truie sioniste “, “sale sioniste” … “Barbara Butch est présentée comme une agente d’Israël”, commente Jonas Pardo (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/militantes/jonas-pardo/jonas-pardo.htm) , directeur de l’association Boussole antiraciste.
Avec cette agression, on assiste à la résurgence du vieux préjugé antisémite de double allégeance qui date d’avant la création de l’Etat hébreu : le juif est un corps étranger. “ “Au XVIIIe siècle, et même des centaines d’années auparavant (“la vie selon des lois différentes” est déjà dénoncée par Haman dans le livre biblique d’Esther), les juifs étaient perçus comme une “nation dans la nation”, avec ses règles et ses solidarités censées prévaloir sur les autres”, précise l’historien Pierre Savy , coauteur de “Brève Histoire des croyances et préjugés antisémites” (Seuil, 2026).
Après l’interruption du concert de Barbara Butch, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour “délit d’entrave concertée aux libertés” .
La DJ a porté plainte pour “provocation publique à la haine et à la violence” contre LFI, mais aussi contre le média réactionnaire “Omerta” et l’essayiste Alain Soral – depuis sa prestation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, à l’été 2024, au milieu de drag-queens et du chanteur Philippe Katerine, quasi nu et peint en bleu, elle est aussi attaquée par l’extrême droite.
# Eliminer symboliquement l’autre ¶
Le cas de Barbara Butch n’est pas isolé .
Le 7-Octobre et la guerre à Gaza ont enflammé le débat public français où la polarisation sur le conflit israélo-palestinien a atteint un niveau inédit.
Les partisans les plus radicaux des deux “camps” rivalisent en essentialisations, en amalgames et en tentatives d’éliminer symboliquement l’autre.
Les Palestiniens sont assimilés à des “terroristes” d’un côté, les Israéliens à des “sionistes génocidaires” de l’autre.
Mais, fait nouveau, la mise au ban ne touche plus seulement les personnalités israéliennes, comme le cinéaste Nadav Lapid, farouche opposant à Netanyahou, qui a renoncé à participer au Festival international de Cinéma de Marseille en juin après des menaces de boycott.
Désormais ce sont des juifs français, vivant à plus de 4 000 kilomètres du conflit, qui sont visés.
Dans les milieux culturels et intellectuels, plutôt marqués à gauche, la liste des exclusions s’allonge.
# 2026-07-31 En novembre 2025 Julien Théry a publié une “liste” sur ses réseaux sociaux de vingt” génocidaires à boycotter en toutes circonstances” ¶
En novembre 2025, un professeur d’histoire médiévale à l’université Lyon-II, Julien Théry (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/cas/julien-thery/julien-thery.html) , a publié une “liste” sur ses réseaux sociaux de vingt” génocidaires à boycotter en toutes circonstances”, parmi lesquels les acteurs Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et Michel Boujenah, l’animateur Arthur, le dessinateur Joann Sfar…
Tous coupables, à ses yeux, d’avoir signé dans “le Figaro” une lettre ouverte demandant à Emmanuel Macron de ne pas reconnaître l’Etat palestinien tant que les otages israéliens n’étaient pas libérés et le Hamas démantelé .
Depuis, l’universitaire a été sanctionné par son établissement et interdit d’enseignement et de recherches durant dix-huit mois – il avait également publié plusieurs posts “stigmatisants”, selon Lyon-II, dont une photographie truquée d’un homme, identifié comme juif par une kippa et une étoile jaune, volant une femme munie d’un drapeau palestinien, avec ce commentaire : “God promised me this wallet” (“Dieu m’a promis ce portefeuille”, https://antiracisme.frama.io/infos-2024/01/19/publication-antisemite-de-julien-thery-god-promised-me-this-wallet.html).
Les appels au boycott utilisent tous les codes de l’opprobre. “Sionistes hors de notre ville !” Cette phrase, écrite en lettres capitales, surplombait la photo en gros plan, de face et en noir et blanc du dessinateur Joann Sfar, tamponnée du mot “boycott” en rouge, comme sur un avis de recherche d’un western hollywoodien.
Fin mai, invité au festival littéraire Oh les beaux jours ! de Marseille, l’auteur de BD s’est retrouvé de cette façon sur les réseaux sociaux et les murs de la cité phocéenne.
Le collectif Cultures en lutte 13, à l’origine de l’appel au boycott, voulait dénoncer ce “relais médiatique francophone actif d’un discours visant à relativiser les crimes commis par l’Etat israélien contre le peuple palestinien”.
“Cela fait trente ans que je milite pour la paix, s’insurge Joann Sfar. Les boycotteurs ne se rendent pas compte qu’ils servent le gouvernement de Netanyahou, lequel ne demande que ça : que les voix de la paix ne soient pas audibles.”
Faux nez pour des attaques antisémites ¶
Qu’est-ce que le mot “sioniste” signifie aujourd’hui ? ¶Des acceptions très différentes, selon les locuteurs.
- Il peut désigner un soutien du pays-refuge prôné par Théodore Herzl pour protéger les juifs de l’antisémitisme et des pogroms à la fin du XIXe siècle.
- Mais aussi un partisan de la colonisation qui a démarré dans les territoires occupés après la guerre de Six-Jours en 1967.
- ou encore un défenseur de Netanyahou et d’un Grand Israël aux frontières encore plus élargies.
- il peut, enfin, chez certains, être synonyme de “juif” et servir de faux nez pour des attaques antisémites.
Jonathan Hayoun, auteur d’”Histoire de l’antisémitisme” (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/videos/histoire-de-l-antisemitisme/histoire-de-l'antisemitisme.html)
“Le mot commence à être utilisé de façon discriminatoire, après la Seconde Guerre mondiale, en Union soviétique, rappelle le réalisateur Jonathan Hayoun, auteur d’”Histoire de l’antisémitisme” (2022) , une série documentaire pour Arte.
Wladyslaw Gomułka ¶En juin 1967, le dirigeant communiste polonais Wladyslaw Gomułka qualifie les citoyens juifs de “cinquième colonne sioniste”, pactisant avec Israël.
Le prélude à une campagne “antisioniste”, durant laquelle des milliers de juifs se sentent menacés et quittent le pays.
Paris I au motif qu’elles étaient “sionistes”, une étudiante de l’université de Paris-I a exclu trois étudiantes du groupe de messagerie de sa promotion en septembre 2025 ¶“C’est au motif, justement, qu’elles étaient “sionistes”, qu’une étudiante de l’université de Paris-I a exclu trois étudiantes du groupe de messagerie de sa promotion en septembre 2025.
La jeune fille a été condamnée en juin à quatre mois de prison avec sursis pour “harcèlement scolaire aggravé par un motif discriminatoire tenant à l’appartenance à la religion juive” par le tribunal correctionnel de Paris.
Mais au-delà des figures médiatiques de Barbara Butch ou de Joann Sfar, le rejet se fait aussi de manière plus insidieuse ¶Des appels téléphoniques qui se raréfient, des désabonnements sur les réseaux sociaux, des messages restés sans réponse…
# La pétition de David Konopnicki pour Liraz Charhi (https://iran.frama.io/luttes-2025/10/01/liraz-charhi-stop-au-boycott-et-a-la-censure-des-artistes.html)
8. Exiger des gens, parce qu’ils sont juifs, qu’ils condamnent publiquement Israël (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/definitions/antisemitisme/declation-de-jerusalem-sur-l-antisemitisme/lignes-directrices.html#ligne-8-dja)
“Pourquoi les juifs sont-ils obligés de se justifier sur le conflit israélo-palestinien, même quand on n’a passé, comme moi, qu’une semaine dans sa vie en Israël ?” interroge le guitariste David Konopnicki, qui se revendique de gauche et a lancé, en octobre, la pétition 'Stop au boycott et à la censure des artistes” (https://iran.frama.io/luttes-2025/10/01/liraz-charhi-stop-au-boycott-et-a-la-censure-des-artistes.html) après l’annulation du concert de la chanteuse israélienne Liraz Charhi au FGO-Barbara, un lieu culturel de la ville de Paris.
#BarbaraButch #Antisemitisme #Grenoble #polarisation #campisme #RougesBruns #Homophobie #Grossophobie #LFI #Nationalisme #Meute #Troupe #Populisme #Sexisme #Violence #Antifas #Haine #lacheté
-
https://antiracisme.frama.io/luttes-2026/07/31/barbara-butch-joann-sfar-l-inquietant-boycott-des-artistes-juifs-en-france.html (Barbara Butch, Joann Sfar… L’inquiétant boycott des artistes juifs en France)
# Préambule ¶
“Génocidaire”, “sale sioniste” : la DJ Barbara Butch, le dessinateur Joann Sfar, mais aussi des artistes moins connus, font face à des menaces et insultes qui s’intensifient…
Au sein du monde culturel français, la mise au ban des juifs se banalise dans un contexte de réveil de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre.
Au sein du monde culturel français, la mise au ban des juifs se banalise dans un contexte de réveil de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre.
Par Nathalie Funès P
# Barbara Butch, Joann Sfar… L’inquiétant boycott des artistes juifs en France ¶
Huées, sifflets, insultes, doigts d’honneur… Une centaine de militants, certains masqués, lancent des graviers sur la scène, de la terre, des gobelets en plastique, des bouteilles de verre qui s’écrasent au pied de l’artiste.
A 22h20, ce samedi 18 juillet, au Jardin de Ville à Grenoble, où se déroule le festival Cabaret frappé, la DJ Barbara Butch doit interrompre son set (https://www.nouvelobs.com/societe/20260731.OBS117089/barbara-butch-joann-sfar-l-inquietant-boycott-des-artistes-juifs-en-france.html) .
Au bout de vingt minutes et après avoir lancé “Imagine “de John Lennon…
Cela faisait des mois que la section locale de La France insoumise (LFI) réclamait le boycott de l’artiste, figure de la scène queer et féministe.
Les militants ont passé des heures à distribuer des tracts appelant à “déprogrammer les soutiens d’Israël” qui “censurent les voix palestiniennes”, avec un photomontage de la DJ, en train de mixer, éclaboussée de sang, devant un drapeau arc-en-ciel frappé de l’étoile de David.
Allan Brunon (https://www.nouvelobs.com/politique/20260726.OBS116970/qui-est-allan-brunon-l-elu-insoumis-de-grenoble-radical-et-ambitieux-a-l-origine-de-l-affaire-barbara-butch.html) , le chef de file insoumis de la mairie de Grenoble , reproche à l’artiste d’avoir cosigné en mars une tribune collective en faveur de la proposition de loi Yadan sur la lutte contre “les formes renouvelées de l’antisémitisme “ – contestée et abandonnée depuis – et de s’être produite à la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv en juin 2025.
La veille du concert de la DJ, il nous avait déclaré : “On fera en sorte de manifester notre mécontentement.
“Barbara Butch avait très vite précisé, sur ses réseaux sociaux, qu’elle avait signé la tribune pour dénoncer un antisémitisme subi” au quotidien “depuis son enfance et qu’elle était “bien évidemment” contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Elle avait ensuite déclaré sur la chaîne France 24 qu’elle “n’aurait pas dû le faire”.
Mais les insultes ont continué : “grosse truie sioniste “, “sale sioniste” … “Barbara Butch est présentée comme une agente d’Israël”, commente Jonas Pardo (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/militantes/jonas-pardo/jonas-pardo.htm) , directeur de l’association Boussole antiraciste.
Avec cette agression, on assiste à la résurgence du vieux préjugé antisémite de double allégeance qui date d’avant la création de l’Etat hébreu : le juif est un corps étranger. “ “Au XVIIIe siècle, et même des centaines d’années auparavant (“la vie selon des lois différentes” est déjà dénoncée par Haman dans le livre biblique d’Esther), les juifs étaient perçus comme une “nation dans la nation”, avec ses règles et ses solidarités censées prévaloir sur les autres”, précise l’historien Pierre Savy , coauteur de “Brève Histoire des croyances et préjugés antisémites” (Seuil, 2026).
Après l’interruption du concert de Barbara Butch, le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour “délit d’entrave concertée aux libertés” .
La DJ a porté plainte pour “provocation publique à la haine et à la violence” contre LFI, mais aussi contre le média réactionnaire “Omerta” et l’essayiste Alain Soral – depuis sa prestation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, à l’été 2024, au milieu de drag-queens et du chanteur Philippe Katerine, quasi nu et peint en bleu, elle est aussi attaquée par l’extrême droite.
# Eliminer symboliquement l’autre ¶
Le cas de Barbara Butch n’est pas isolé .
Le 7-Octobre et la guerre à Gaza ont enflammé le débat public français où la polarisation sur le conflit israélo-palestinien a atteint un niveau inédit.
Les partisans les plus radicaux des deux “camps” rivalisent en essentialisations, en amalgames et en tentatives d’éliminer symboliquement l’autre.
Les Palestiniens sont assimilés à des “terroristes” d’un côté, les Israéliens à des “sionistes génocidaires” de l’autre.
Mais, fait nouveau, la mise au ban ne touche plus seulement les personnalités israéliennes, comme le cinéaste Nadav Lapid, farouche opposant à Netanyahou, qui a renoncé à participer au Festival international de Cinéma de Marseille en juin après des menaces de boycott.
Désormais ce sont des juifs français, vivant à plus de 4 000 kilomètres du conflit, qui sont visés.
Dans les milieux culturels et intellectuels, plutôt marqués à gauche, la liste des exclusions s’allonge.
# 2026-07-31 En novembre 2025 Julien Théry a publié une “liste” sur ses réseaux sociaux de vingt” génocidaires à boycotter en toutes circonstances” ¶
En novembre 2025, un professeur d’histoire médiévale à l’université Lyon-II, Julien Théry (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/cas/julien-thery/julien-thery.html) , a publié une “liste” sur ses réseaux sociaux de vingt” génocidaires à boycotter en toutes circonstances”, parmi lesquels les acteurs Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal et Michel Boujenah, l’animateur Arthur, le dessinateur Joann Sfar…
Tous coupables, à ses yeux, d’avoir signé dans “le Figaro” une lettre ouverte demandant à Emmanuel Macron de ne pas reconnaître l’Etat palestinien tant que les otages israéliens n’étaient pas libérés et le Hamas démantelé .
Depuis, l’universitaire a été sanctionné par son établissement et interdit d’enseignement et de recherches durant dix-huit mois – il avait également publié plusieurs posts “stigmatisants”, selon Lyon-II, dont une photographie truquée d’un homme, identifié comme juif par une kippa et une étoile jaune, volant une femme munie d’un drapeau palestinien, avec ce commentaire : “God promised me this wallet” (“Dieu m’a promis ce portefeuille”, https://antiracisme.frama.io/infos-2024/01/19/publication-antisemite-de-julien-thery-god-promised-me-this-wallet.html).
Les appels au boycott utilisent tous les codes de l’opprobre. “Sionistes hors de notre ville !” Cette phrase, écrite en lettres capitales, surplombait la photo en gros plan, de face et en noir et blanc du dessinateur Joann Sfar, tamponnée du mot “boycott” en rouge, comme sur un avis de recherche d’un western hollywoodien.
Fin mai, invité au festival littéraire Oh les beaux jours ! de Marseille, l’auteur de BD s’est retrouvé de cette façon sur les réseaux sociaux et les murs de la cité phocéenne.
Le collectif Cultures en lutte 13, à l’origine de l’appel au boycott, voulait dénoncer ce “relais médiatique francophone actif d’un discours visant à relativiser les crimes commis par l’Etat israélien contre le peuple palestinien”.
“Cela fait trente ans que je milite pour la paix, s’insurge Joann Sfar. Les boycotteurs ne se rendent pas compte qu’ils servent le gouvernement de Netanyahou, lequel ne demande que ça : que les voix de la paix ne soient pas audibles.”
Faux nez pour des attaques antisémites ¶
Qu’est-ce que le mot “sioniste” signifie aujourd’hui ? ¶Des acceptions très différentes, selon les locuteurs.
- Il peut désigner un soutien du pays-refuge prôné par Théodore Herzl pour protéger les juifs de l’antisémitisme et des pogroms à la fin du XIXe siècle.
- Mais aussi un partisan de la colonisation qui a démarré dans les territoires occupés après la guerre de Six-Jours en 1967.
- ou encore un défenseur de Netanyahou et d’un Grand Israël aux frontières encore plus élargies.
- il peut, enfin, chez certains, être synonyme de “juif” et servir de faux nez pour des attaques antisémites.
Jonathan Hayoun, auteur d’”Histoire de l’antisémitisme” (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/videos/histoire-de-l-antisemitisme/histoire-de-l'antisemitisme.html)
“Le mot commence à être utilisé de façon discriminatoire, après la Seconde Guerre mondiale, en Union soviétique, rappelle le réalisateur Jonathan Hayoun, auteur d’”Histoire de l’antisémitisme” (2022) , une série documentaire pour Arte.
Wladyslaw Gomułka ¶En juin 1967, le dirigeant communiste polonais Wladyslaw Gomułka qualifie les citoyens juifs de “cinquième colonne sioniste”, pactisant avec Israël.
Le prélude à une campagne “antisioniste”, durant laquelle des milliers de juifs se sentent menacés et quittent le pays.
Paris I au motif qu’elles étaient “sionistes”, une étudiante de l’université de Paris-I a exclu trois étudiantes du groupe de messagerie de sa promotion en septembre 2025 ¶“C’est au motif, justement, qu’elles étaient “sionistes”, qu’une étudiante de l’université de Paris-I a exclu trois étudiantes du groupe de messagerie de sa promotion en septembre 2025.
La jeune fille a été condamnée en juin à quatre mois de prison avec sursis pour “harcèlement scolaire aggravé par un motif discriminatoire tenant à l’appartenance à la religion juive” par le tribunal correctionnel de Paris.
Mais au-delà des figures médiatiques de Barbara Butch ou de Joann Sfar, le rejet se fait aussi de manière plus insidieuse ¶Des appels téléphoniques qui se raréfient, des désabonnements sur les réseaux sociaux, des messages restés sans réponse…
# La pétition de David Konopnicki pour Liraz Charhi (https://iran.frama.io/luttes-2025/10/01/liraz-charhi-stop-au-boycott-et-a-la-censure-des-artistes.html)
8. Exiger des gens, parce qu’ils sont juifs, qu’ils condamnent publiquement Israël (https://luttes.frama.io/contre/l-antisemitisme/definitions/antisemitisme/declation-de-jerusalem-sur-l-antisemitisme/lignes-directrices.html#ligne-8-dja)
“Pourquoi les juifs sont-ils obligés de se justifier sur le conflit israélo-palestinien, même quand on n’a passé, comme moi, qu’une semaine dans sa vie en Israël ?” interroge le guitariste David Konopnicki, qui se revendique de gauche et a lancé, en octobre, la pétition 'Stop au boycott et à la censure des artistes” (https://iran.frama.io/luttes-2025/10/01/liraz-charhi-stop-au-boycott-et-a-la-censure-des-artistes.html) après l’annulation du concert de la chanteuse israélienne Liraz Charhi au FGO-Barbara, un lieu culturel de la ville de Paris.
#BarbaraButch #Antisemitisme #Grenoble #polarisation #campisme #RougesBruns #Homophobie #Grossophobie #LFI #Nationalisme #Meute #Troupe #Populisme #Sexisme #Violence #Antifas #Haine #lacheté
-
@gde @gorekhaa
Exactement. Tout à fait ça.
Encore que dans certains contenus dits antisionistes je trouve qu'on denonce presque explicitement l'existence d'Israël en tant qu'état, que nation.
Bref on est explicitement antisémite.Un bon exemple : cette vidéo que je vous mets en lien. Courage pour l'écoute : c'est suintant de mépris, de haine, de mauvaise foi et de mensonge.
-
@gde @gorekhaa
Exactement. Tout à fait ça.
Encore que dans certains contenus dits antisionistes je trouve qu'on denonce presque explicitement l'existence d'Israël en tant qu'état, que nation.
Bref on est explicitement antisémite.Un bon exemple : cette vidéo que je vous mets en lien. Courage pour l'écoute : c'est suintant de mépris, de haine, de mauvaise foi et de mensonge.
-
@LoboTom
J'oubliais : dans la vidéo de Paduteam, les deux intervenants se moquent de la chanson "Imagine" de John Lennon (bon, c'est leur droit) et déclarent que même les Israéliens qui ne soutiennent pas Netanyahou sont des sionistes.Je vous l'avais dit : tellement énorme qu'on dirait un sketch des Inconnus.
Illustration : Jacques Doriot, dirigeant communiste français très vite devenu collaborationniste
Vous voyez la référence au contexte actuel ?
-
@LoboTom
J'oubliais : dans la vidéo de Paduteam, les deux intervenants se moquent de la chanson "Imagine" de John Lennon (bon, c'est leur droit) et déclarent que même les Israéliens qui ne soutiennent pas Netanyahou sont des sionistes.Je vous l'avais dit : tellement énorme qu'on dirait un sketch des Inconnus.
Illustration : Jacques Doriot, dirigeant communiste français très vite devenu collaborationniste
Vous voyez la référence au contexte actuel ?
-
https://aplutsoc.org/2026/07/25/de-quoi-le-campisme-est-il-le-nom-vincent-presumey/#:~:text=la%20place%20du%20syndicalisme%2C%20du%20feminisme%2C%20la%20realite%20de%20volontaires%20internationaux%20de%20gauche (De quoi le campisme est-il le nom ? Le faux moment palestinien)
--<--
La place du syndicalisme, du féminisme, la réalité de volontaires internationaux de gauche, la place de l’anarchisme, la centralité de la question de la démocratie dans l’armée, tous ces facteurs auraient dû permettre de bousculer décisivement le néo-campisme mortifère et de plus en plus réactionnaire, du Brésil à l’Inde en passant par les Etats-Unis et l’Europe.Ce processus, porté par des réseaux tels que le RESU, était engagé mais progressait avec une lenteur en contraste total d’avec les urgences de la réalité, lorsque survint la provocation pogromiste du Hamas du 7 octobre 2023.
# Le faux moment palestinien
#####################La provocation du Hamas, jusque là complice officieux de Netanyahou qui l’avait favorisé au détriment des courants non islamistes parmi les Palestiniens, a permis au gouvernement israélien d’engager une opération dont le génocide des Palestiniens est l’aboutissement incontournable.
La défense des Palestiniens est donc un sujet des plus urgents et des plus importants.
Mais la provocation du 7 Octobre ne fut pas un soulèvement national, mais bel et bien une provocation antisémite, pleinement saisie par Netanyahou et dont il est facile de comprendre que le régime contre-révolutionnaire iranien l’a inspirée au Hamas, en trompant d’ailleurs ses miliciens et ses militants qui ont cru à l’offensive finale.
Le premier effet global de la provocation et de sa suite de plus en plus génocidaire donnée par Netanyahou, fut de mettre la résistance ukrainienne en difficulté, tant par les livraisons d’armes en baisse alors qu’elles étaient déjà calibrées pour que l’Ukraine ne puisse pas gagner, que par l’effacement de la troublante question ukrainienne dans les consciences conservatrices de bien des gens “de gauche”, et son remplacement par la question palestinienne qu’ils croient connaître et reconnaître.
A toute analyse concrète de la terrible situation concrète créée par le 7 Octobre et ses suites, fut substitué un récit éternel fossilisé, où un mal ontologique dénommé “le sionisme” (un mouvement national plein de contradictions et d’antagonismes, combinant colonialisme et migration de réfugiés) se livre à un tout aussi éternel et ontologique “génocide”, qui, pour la plupart des “ propalestiniens”, n’a pas commencé au lendemain du 7 octobre, mais en 1947 voire avant, et qui, ceci est un aspect clef de l’idéologie néo-campiste réactionnaire, est pour eux le seul génocide du monde, un génocide éternel, perpétré par “les sionistes” qui dominent l’Occident et les médias.
# La projection des représentations antisémites sur “les sionistes” est transparente
La projection des représentations antisémites sur “les sionistes” est transparente mais, comme l’ennemi ontologique soupçonné d’être le pouvoir occulte cause de tous les maux ne s’appelle pas “juifs” mais “sionistes”, les antisémites de plus en plus nombreux dans le cadre du néo-campisme réactionnaire prétendent, sincèrement, ne pas être antisémites .
Ayant soutenu les génocides ou menaces de génocides envers:
- le peuple syrien,
- les Ukrainiens des zones occupées et les Tatars de Crimée,
- les Ouïghours,
- ou les ayant ignorés comme ceux qui menacent les Massalit du Soudan et les Peuls et Songhaï au Mali,**les militants "propalestiniens" ne connaissent qu’un seul "génocide", celui d’un fétiche nommé Palestine**.
Or, il y a réellement génocide en Palestine – destruction de la population de Gaza, épuration ethnique en Cisjordanie – mais la représentation fantasmatique du “génocide” chez la plupart des “propalestiniens” actuels ne permet aucune défense efficace des Palestiniens et sabote celle-ci, car cette défense efficace passerait par des appels aux interventions européennes et des actions internationalistes mettant en avant les organisations groupant palestiniens et juifs-israéliens, comme Standing Together .
Ces mouvements, réellement existants, sont cibles du maxima de haine de la part des “propalestiniens antisionistes”, pour qui l’efficacité dans la défense réelle des Palestiniens est le cadet de leur souci .
La composante “antisioniste” prépondérante dans le néo-campisme contemporain permet à la droite, y compris la droite antisémite, de dénoncer les mouvements propalestiniens comme antisémites, et de soutenir la politique génocidaire de Netanyahou, et ces attaques, selon une logique binaire classique, confortent les militants “antisionistes” dans leur certitude d’être des modèles de vertu persécutés, des victimes du “système” dont ils ne comprennent pas les ressorts.
C’est pour toutes ces raisons que j’appelle ici le moment ouvert par le 7 Octobre le “faux moment palestinien”. ¶
Il y a une lutte réelle, nationale et démocratique, des Palestiniens, dont la forme principale est celle des gens qui restent sur place ou reviennent quand ils peuvent et s’efforcent de survivre et de résister, mais pour le plus grand malheur du peuple palestinien, le mouvement “propalestinien”, acritique sur le Hamas (à la différence du mouvement pro-ukrainien tout à fait capable de critiquer Zelensky, qui n’a pourtant rien à voir avec le Hamas), **ne défend pas les Palestiniens réellement existants** .
Un vrai mouvement de solidarité internationaliste avec les Palestiniens ne pourra advenir que par la rupture avec la totalité du renouveau campiste qu’a porté la vague “propalestinienne” , utilisant bien entendu des sentiments humanitaires légitimes, dans des secteurs de la jeunesse étudiante européenne et américaine.
Le respect des mobiles humanitaires et de solidarité internationale des jeunes qui sont mobilisés sur cette thématique appelle cette critique impitoyable, car non seulement l’inefficacité de leur mobilisation du point de vue de la cause palestinienne a été pathétique, contrastant avec les mobilisations passées contre la guerre du Vietnam et aussi avec le mouvement internationaliste pro-ukrainien, qui, même faible, a joué un rôle important, mais elle a eu des résultats plus que contre-productifs.
Elle a en effet joué un rôle clef dans la victoire électorale de Trump n° II aux Etats-Unis, un évènement d’une portée gigantesque.
S’il est difficile de mesurer le strict impact, en termes de votes aux présidentielles US, des mobilisations « propalestiniennes » désignant Biden et les Démocrates comme ennemi principal, le fait politique pivot dans cette affaire est que cette orientation, appuyée par tous les courants du néo-campisme , a neutralisé la possibilité, dans la jeunesse américaine, d’un réflexe anti-Trump (et nullement pro-Biden) analogue à celui qui, avec Black Lives Matter, avait battu Trump en 2020.
Cette fois-ci ceci ne s’est pas produit, et il serait exagéré d’en faire porter toute la responsabilité sur la politique de Biden, car les illusions sur ce qu’il allait faire étaient déjà faibles en 2020.
-->--
#antisemitisme #Hamas #AcritiqueSurLeHamas #Nationalismes #Netanyahou #Extremisme #Islamisme #Iran #Palestine #ukraine #Grenoble #ContreRevolutionnaires #sionisme #génocide #NeoCampisme #campisme #reactionnaires #complotisme #fetichisme #StandingTogether #antisionismeAlibi #Trump -
https://aplutsoc.org/2026/07/25/de-quoi-le-campisme-est-il-le-nom-vincent-presumey/#:~:text=la%20place%20du%20syndicalisme%2C%20du%20feminisme%2C%20la%20realite%20de%20volontaires%20internationaux%20de%20gauche (De quoi le campisme est-il le nom ? Le faux moment palestinien)
--<--
La place du syndicalisme, du féminisme, la réalité de volontaires internationaux de gauche, la place de l’anarchisme, la centralité de la question de la démocratie dans l’armée, tous ces facteurs auraient dû permettre de bousculer décisivement le néo-campisme mortifère et de plus en plus réactionnaire, du Brésil à l’Inde en passant par les Etats-Unis et l’Europe.Ce processus, porté par des réseaux tels que le RESU, était engagé mais progressait avec une lenteur en contraste total d’avec les urgences de la réalité, lorsque survint la provocation pogromiste du Hamas du 7 octobre 2023.
# Le faux moment palestinien
#####################La provocation du Hamas, jusque là complice officieux de Netanyahou qui l’avait favorisé au détriment des courants non islamistes parmi les Palestiniens, a permis au gouvernement israélien d’engager une opération dont le génocide des Palestiniens est l’aboutissement incontournable.
La défense des Palestiniens est donc un sujet des plus urgents et des plus importants.
Mais la provocation du 7 Octobre ne fut pas un soulèvement national, mais bel et bien une provocation antisémite, pleinement saisie par Netanyahou et dont il est facile de comprendre que le régime contre-révolutionnaire iranien l’a inspirée au Hamas, en trompant d’ailleurs ses miliciens et ses militants qui ont cru à l’offensive finale.
Le premier effet global de la provocation et de sa suite de plus en plus génocidaire donnée par Netanyahou, fut de mettre la résistance ukrainienne en difficulté, tant par les livraisons d’armes en baisse alors qu’elles étaient déjà calibrées pour que l’Ukraine ne puisse pas gagner, que par l’effacement de la troublante question ukrainienne dans les consciences conservatrices de bien des gens “de gauche”, et son remplacement par la question palestinienne qu’ils croient connaître et reconnaître.
A toute analyse concrète de la terrible situation concrète créée par le 7 Octobre et ses suites, fut substitué un récit éternel fossilisé, où un mal ontologique dénommé “le sionisme” (un mouvement national plein de contradictions et d’antagonismes, combinant colonialisme et migration de réfugiés) se livre à un tout aussi éternel et ontologique “génocide”, qui, pour la plupart des “ propalestiniens”, n’a pas commencé au lendemain du 7 octobre, mais en 1947 voire avant, et qui, ceci est un aspect clef de l’idéologie néo-campiste réactionnaire, est pour eux le seul génocide du monde, un génocide éternel, perpétré par “les sionistes” qui dominent l’Occident et les médias.
# La projection des représentations antisémites sur “les sionistes” est transparente
La projection des représentations antisémites sur “les sionistes” est transparente mais, comme l’ennemi ontologique soupçonné d’être le pouvoir occulte cause de tous les maux ne s’appelle pas “juifs” mais “sionistes”, les antisémites de plus en plus nombreux dans le cadre du néo-campisme réactionnaire prétendent, sincèrement, ne pas être antisémites .
Ayant soutenu les génocides ou menaces de génocides envers:
- le peuple syrien,
- les Ukrainiens des zones occupées et les Tatars de Crimée,
- les Ouïghours,
- ou les ayant ignorés comme ceux qui menacent les Massalit du Soudan et les Peuls et Songhaï au Mali,**les militants "propalestiniens" ne connaissent qu’un seul "génocide", celui d’un fétiche nommé Palestine**.
Or, il y a réellement génocide en Palestine – destruction de la population de Gaza, épuration ethnique en Cisjordanie – mais la représentation fantasmatique du “génocide” chez la plupart des “propalestiniens” actuels ne permet aucune défense efficace des Palestiniens et sabote celle-ci, car cette défense efficace passerait par des appels aux interventions européennes et des actions internationalistes mettant en avant les organisations groupant palestiniens et juifs-israéliens, comme Standing Together .
Ces mouvements, réellement existants, sont cibles du maxima de haine de la part des “propalestiniens antisionistes”, pour qui l’efficacité dans la défense réelle des Palestiniens est le cadet de leur souci .
La composante “antisioniste” prépondérante dans le néo-campisme contemporain permet à la droite, y compris la droite antisémite, de dénoncer les mouvements propalestiniens comme antisémites, et de soutenir la politique génocidaire de Netanyahou, et ces attaques, selon une logique binaire classique, confortent les militants “antisionistes” dans leur certitude d’être des modèles de vertu persécutés, des victimes du “système” dont ils ne comprennent pas les ressorts.
C’est pour toutes ces raisons que j’appelle ici le moment ouvert par le 7 Octobre le “faux moment palestinien”. ¶
Il y a une lutte réelle, nationale et démocratique, des Palestiniens, dont la forme principale est celle des gens qui restent sur place ou reviennent quand ils peuvent et s’efforcent de survivre et de résister, mais pour le plus grand malheur du peuple palestinien, le mouvement “propalestinien”, acritique sur le Hamas (à la différence du mouvement pro-ukrainien tout à fait capable de critiquer Zelensky, qui n’a pourtant rien à voir avec le Hamas), **ne défend pas les Palestiniens réellement existants** .
Un vrai mouvement de solidarité internationaliste avec les Palestiniens ne pourra advenir que par la rupture avec la totalité du renouveau campiste qu’a porté la vague “propalestinienne” , utilisant bien entendu des sentiments humanitaires légitimes, dans des secteurs de la jeunesse étudiante européenne et américaine.
Le respect des mobiles humanitaires et de solidarité internationale des jeunes qui sont mobilisés sur cette thématique appelle cette critique impitoyable, car non seulement l’inefficacité de leur mobilisation du point de vue de la cause palestinienne a été pathétique, contrastant avec les mobilisations passées contre la guerre du Vietnam et aussi avec le mouvement internationaliste pro-ukrainien, qui, même faible, a joué un rôle important, mais elle a eu des résultats plus que contre-productifs.
Elle a en effet joué un rôle clef dans la victoire électorale de Trump n° II aux Etats-Unis, un évènement d’une portée gigantesque.
S’il est difficile de mesurer le strict impact, en termes de votes aux présidentielles US, des mobilisations « propalestiniennes » désignant Biden et les Démocrates comme ennemi principal, le fait politique pivot dans cette affaire est que cette orientation, appuyée par tous les courants du néo-campisme , a neutralisé la possibilité, dans la jeunesse américaine, d’un réflexe anti-Trump (et nullement pro-Biden) analogue à celui qui, avec Black Lives Matter, avait battu Trump en 2020.
Cette fois-ci ceci ne s’est pas produit, et il serait exagéré d’en faire porter toute la responsabilité sur la politique de Biden, car les illusions sur ce qu’il allait faire étaient déjà faibles en 2020.
-->--
#antisemitisme #Hamas #AcritiqueSurLeHamas #Nationalismes #Netanyahou #Extremisme #Islamisme #Iran #Palestine #ukraine #Grenoble #ContreRevolutionnaires #sionisme #génocide #NeoCampisme #campisme #reactionnaires #complotisme #fetichisme #StandingTogether #antisionismeAlibi #Trump -
Dans le genre mauvaise foi et mensonges directs ou par omission, cette autre vidéo est moins trash mais pas mal non plus
#Barbarabutch
#campisme
#antisémitisme
https://www.youtube.com/watch?v=KXNzBRFcd0Q -
Dans le genre mauvaise foi et mensonges directs ou par omission, cette autre vidéo est moins trash mais pas mal non plus
#Barbarabutch
#campisme
#antisémitisme
https://www.youtube.com/watch?v=KXNzBRFcd0Q -
@LoboTom
Assez affligeant oui. Plus loin, les 2 disent que Barbara Butch est peut-être sioniste sans le savoir et ils disent presque explicitement être pour la disparition d'Israël.Assez dur à entendre jusqu'à la fin : c'était parfois tellement énorme de fanatisme politique, d'aveuglement et de mauvaise foi que je me croyais dans un sketch des Inconnus.
-
@LoboTom
Assez affligeant oui. Plus loin, les 2 disent que Barbara Butch est peut-être sioniste sans le savoir et ils disent presque explicitement être pour la disparition d'Israël.Assez dur à entendre jusqu'à la fin : c'était parfois tellement énorme de fanatisme politique, d'aveuglement et de mauvaise foi que je me croyais dans un sketch des Inconnus.
-
2026-07-25 J.L. Mélenchon émarge à toutes les cases contre-révolutionnaires du néo-campisme de facture stalinienne (par Vincent Présumey)
J.L. Mélenchon, véritable idéologue, est, comme figure idéologique, l’exemple le plus caractéristique de ces évolutions .
Il émarge à toutes les cases contre-révolutionnaires du néo-campisme de facture stalinienne , tout en s’inscrivant personnellement en continuité avec Mitterrand et le stade droitier atteint par l’ancienne social-démocratie à la fin du XX° siècle.
Et il exprime consciemment la nécessité de rompre avec l’héritage du mouvement ouvrier et de tout socialisme démocratique, en remplaçant la lutte des classes par la construction d’une Nation nouvelle autour d’un Chef (lui) et par le truchement d’un Mouvement.
- Chef ,
- Mouvement
- et Nationsont le vrai triptyque de LFI – tout le reste est phraséologie.
Et pour couronner le tout, issu de l’OCI, Mélenchon a un lien avec le trotskysme “orthodoxe” qui, aujourd’hui, avec le POI, LO, le PT, est entièrement aligné sur le soutien au poutinisme, et constitue véritablement un néostalinisme .
#LFI #Melenchon #NeoStalinisme #Campisme #NeoCampisme #Nationalisme #ContreRevolutionnaires #Poutinisme #NeoStalinisme #Grenoble
-
2026-07-25 J.L. Mélenchon émarge à toutes les cases contre-révolutionnaires du néo-campisme de facture stalinienne (par Vincent Présumey)
J.L. Mélenchon, véritable idéologue, est, comme figure idéologique, l’exemple le plus caractéristique de ces évolutions .
Il émarge à toutes les cases contre-révolutionnaires du néo-campisme de facture stalinienne , tout en s’inscrivant personnellement en continuité avec Mitterrand et le stade droitier atteint par l’ancienne social-démocratie à la fin du XX° siècle.
Et il exprime consciemment la nécessité de rompre avec l’héritage du mouvement ouvrier et de tout socialisme démocratique, en remplaçant la lutte des classes par la construction d’une Nation nouvelle autour d’un Chef (lui) et par le truchement d’un Mouvement.
- Chef ,
- Mouvement
- et Nationsont le vrai triptyque de LFI – tout le reste est phraséologie.
Et pour couronner le tout, issu de l’OCI, Mélenchon a un lien avec le trotskysme “orthodoxe” qui, aujourd’hui, avec le POI, LO, le PT, est entièrement aligné sur le soutien au poutinisme, et constitue véritablement un néostalinisme .
#LFI #Melenchon #NeoStalinisme #Campisme #NeoCampisme #Nationalisme #ContreRevolutionnaires #Poutinisme #NeoStalinisme #Grenoble
-
@ariane
Merci pour ce thread. La récente "affaire" Barbara Butch à Grenoble rend ce constat encore plus pertinent. J'y ajouterais, si vous le permettez, la posture d'une partie des syndicats et partis de gauche français qui reprennent depuis 2022 la propagande mensongère de guerre russe.
Ceci par rejet viscéral du "camp" occidental.
Quand on voit l'évolution passée de Jacques Doriot et Marcel Déat, je pense que c'est un processus pas du au hasard. -
@ariane
Merci pour ce thread. La récente "affaire" Barbara Butch à Grenoble rend ce constat encore plus pertinent. J'y ajouterais, si vous le permettez, la posture d'une partie des syndicats et partis de gauche français qui reprennent depuis 2022 la propagande mensongère de guerre russe.
Ceci par rejet viscéral du "camp" occidental.
Quand on voit l'évolution passée de Jacques Doriot et Marcel Déat, je pense que c'est un processus pas du au hasard. -
https://antiracisme.frama.io/luttes-2026/07/20/message-d-antoine-back-sur-deferlement-de-colere-dirige-contre-une-artiste-qui-n-a-ni-sang-sur-les-mains-ni-commis-la-moindre-infraction.html#barbara-butch-back-2026-07-20 (Message d’Antoine Back, maire-adjoint de Grenoble, prospective et résilience territoriale, écosocialiste, sur le déferlement de colère dirigé contre une artiste qui n’a ni sang sur les mains, ni commis la moindre infraction)
Source: https://www.facebook.com/100063526375600/posts/1672333671560829/
# Message d'Antoine Back sur le déferlement de colère dirigé contre une artiste qui n'a ni sang sur les mains, ni commis la moindre infraction
Présent ce samedi soir au Cabaret Frappé, au milieu des grenoblois·es, j'ai assisté à ce déferlement de colère dirigé contre une artiste qui n'a ni sang sur les mains, ni commis la moindre infraction, si ce n'est apparemment celle de déplaire à Allan Brunon et ses ami·es "insoumis·es".
Disons-le tout de suite, clairement : oui le gouvernement de Netanyahou a commis et continue de commettre des crimes de guerre en Palestine (Gaza et Cisjordanie), assimilables pénalement à un génocide.
Oui la proposition de loi Yadan était scélérate, en assimilant lutte anticoloniale et antisémitisme.
Et oui, nombre de nos compatriotes de culture ou de religion juive se sentent particulièrement menacés par l'augmentation (avérée et documentée, voir https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/quatrieme-partie/section-4-2/la-specificite-des-prejuges-antisemites-et-racistes.html#page-297-fin-2025-proches-du-rn-et-proches-de-lfi-sont-au-meme-niveau-d-antisemitisme, NDLR) de paroles et d'actes à caractère antisémite en France, parfois sous des formes nouvelles.
Certain·es ont pu voir à travers la proposition de loi Yadan une réponse à cette menace réelle et sérieuse.
Je suis en désaccord avec ces personnes mais, pour autant, jamais je ne me permettrai de les traiter comme de supposés "complices du génocide", comme je l'ai hélas beaucoup entendu ces derniers jours.
# **Ce simplisme binaire est effrayant de stupidité et intrinsèquement porteur de violence, en paroles comme en actes**
Le groupe LFI Grenoble a demandé auprès de la municipalité grenobloise d'intervenir auprès de l'association Retour de Scène, organisatrice du festival gratuit Cabaret Frappé, pour faire déprogrammer l'artiste Barbara Butch.
Face au refus de la Ville et de l'association, le groupe LFI Grenoble a déclaré vouloir s'interposer physiquement pour empêcher que l'artiste ne se produise.
La suite a été largement relayée dans la presse locale et nationale : les premiers rangs du public étaient remplis de manifestant·es pro-palestinien·nes galvanisé·es, Allan Brunon et ses ami·es en tête, pour huer l'artiste et rapidement lui balancer des objets divers.
# **Je cherche un autre mot que "meute", mais je ne trouve pas**
L'affligeante banalité du mal dans toute son expression.
L'artiste a tenu bon 20 minutes, puis est partie en lançant "Imagine" de John Lennon, en ultime au revoir.
Mes camarades Alexis Monge, adjoint à la Culture, et Leny Moulin, adjoint du Secteur 2, sont courageusement montés sur scène pour dénoncer cette violence aveugle et sans aucun discernement dont tout le public a été témoin.
Le petit censeur Brunon, lui, était tout fier, multipliant les selfies avec sa troupe, espérant sans doute obtenir un quelconque gain politicien de ce lynchage en bonne et due forme.
Le populisme vise à cristalliser les colères autour d'un chef charismatique : l'histoire du XXe siècle nous enseigne que cela mène surtout à alimenter les identitarismes et les haines politiques, à ethniciser la question sociale et à polariser notre société jusqu'à son embrasement sanglant.
Et à ce petit jeu-là, c'est toujours l'extrême-droite qui gagne à la fin.
Ce samedi 18 juillet 2026 à Grenoble, nous en avons eu un avant-goût : Allan Brunon, en petit chef de bande des "insoumis·es" grenoblois·es, se comporte une fois de plus comme l'idiot utile des néofascistes.
#barbaraButch #grenoble #temoignage #campisme #polarisation #Neofascisme #RougesBruns #antifa #antisemitisme #lfi #RN #violences
-
https://antiracisme.frama.io/luttes-2026/07/20/message-d-antoine-back-sur-deferlement-de-colere-dirige-contre-une-artiste-qui-n-a-ni-sang-sur-les-mains-ni-commis-la-moindre-infraction.html#barbara-butch-back-2026-07-20 (Message d’Antoine Back, maire-adjoint de Grenoble, prospective et résilience territoriale, écosocialiste, sur le déferlement de colère dirigé contre une artiste qui n’a ni sang sur les mains, ni commis la moindre infraction)
Source: https://www.facebook.com/100063526375600/posts/1672333671560829/
# Message d'Antoine Back sur le déferlement de colère dirigé contre une artiste qui n'a ni sang sur les mains, ni commis la moindre infraction
Présent ce samedi soir au Cabaret Frappé, au milieu des grenoblois·es, j'ai assisté à ce déferlement de colère dirigé contre une artiste qui n'a ni sang sur les mains, ni commis la moindre infraction, si ce n'est apparemment celle de déplaire à Allan Brunon et ses ami·es "insoumis·es".
Disons-le tout de suite, clairement : oui le gouvernement de Netanyahou a commis et continue de commettre des crimes de guerre en Palestine (Gaza et Cisjordanie), assimilables pénalement à un génocide.
Oui la proposition de loi Yadan était scélérate, en assimilant lutte anticoloniale et antisémitisme.
Et oui, nombre de nos compatriotes de culture ou de religion juive se sentent particulièrement menacés par l'augmentation (avérée et documentée, voir https://cncdh.frama.io/cncdh-2025/quatrieme-partie/section-4-2/la-specificite-des-prejuges-antisemites-et-racistes.html#page-297-fin-2025-proches-du-rn-et-proches-de-lfi-sont-au-meme-niveau-d-antisemitisme, NDLR) de paroles et d'actes à caractère antisémite en France, parfois sous des formes nouvelles.
Certain·es ont pu voir à travers la proposition de loi Yadan une réponse à cette menace réelle et sérieuse.
Je suis en désaccord avec ces personnes mais, pour autant, jamais je ne me permettrai de les traiter comme de supposés "complices du génocide", comme je l'ai hélas beaucoup entendu ces derniers jours.
# **Ce simplisme binaire est effrayant de stupidité et intrinsèquement porteur de violence, en paroles comme en actes**
Le groupe LFI Grenoble a demandé auprès de la municipalité grenobloise d'intervenir auprès de l'association Retour de Scène, organisatrice du festival gratuit Cabaret Frappé, pour faire déprogrammer l'artiste Barbara Butch.
Face au refus de la Ville et de l'association, le groupe LFI Grenoble a déclaré vouloir s'interposer physiquement pour empêcher que l'artiste ne se produise.
La suite a été largement relayée dans la presse locale et nationale : les premiers rangs du public étaient remplis de manifestant·es pro-palestinien·nes galvanisé·es, Allan Brunon et ses ami·es en tête, pour huer l'artiste et rapidement lui balancer des objets divers.
# **Je cherche un autre mot que "meute", mais je ne trouve pas**
L'affligeante banalité du mal dans toute son expression.
L'artiste a tenu bon 20 minutes, puis est partie en lançant "Imagine" de John Lennon, en ultime au revoir.
Mes camarades Alexis Monge, adjoint à la Culture, et Leny Moulin, adjoint du Secteur 2, sont courageusement montés sur scène pour dénoncer cette violence aveugle et sans aucun discernement dont tout le public a été témoin.
Le petit censeur Brunon, lui, était tout fier, multipliant les selfies avec sa troupe, espérant sans doute obtenir un quelconque gain politicien de ce lynchage en bonne et due forme.
Le populisme vise à cristalliser les colères autour d'un chef charismatique : l'histoire du XXe siècle nous enseigne que cela mène surtout à alimenter les identitarismes et les haines politiques, à ethniciser la question sociale et à polariser notre société jusqu'à son embrasement sanglant.
Et à ce petit jeu-là, c'est toujours l'extrême-droite qui gagne à la fin.
Ce samedi 18 juillet 2026 à Grenoble, nous en avons eu un avant-goût : Allan Brunon, en petit chef de bande des "insoumis·es" grenoblois·es, se comporte une fois de plus comme l'idiot utile des néofascistes.
#barbaraButch #grenoble #temoignage #campisme #polarisation #Neofascisme #RougesBruns #antifa #antisemitisme #lfi #RN #violences
-
https://juivesetjuifsrevolutionnaires.fr/2026/06/23/le-boycott-disrael-ne-doit-pas-devenir-le-boycott-des-juif%C2%B7ves/ (Le boycott d’Israël ne doit pas devenir le boycott des Juif·ves !)
Extrait:
--<--# Ce qui est à l’œuvre, c’est une situation de double standard flagrante : le fait pour un Juif·ve:
- de ne pas se déclarer explicitement pour la destruction d’Israël,
- d’avoir un lien quelconque avec Israël
- ou de s’engager contre l’antisémitisme
peut valoir ostracisation.
On a même vu sur les réseaux sociaux des comptes pro-palestiniens accuser de "sionisme" le collectif Tsedek (lui même coutumier de tels procès, mais plus habitué au rôle de procureur) car certain·es de ses membres ont la nationalité israélienne.
Au contraire, un·e non-juif·ve peut se déclarer favorable à l’existence de deux États sans provoquer aucun remous (**c’est d’ailleurs la position largement majoritaire à gauche, partagée par le PCF, la CGT, les Écologistes, le PS, et même officiellement par LFI**).
D’ailleurs, alors que les boycotteurs prétendent cibler les sionistes, jusqu’à présent seul·es des artistes juif·ves ont été visé·es.
On peut même dire que la judéité est le seul point commun entre Enrico Macias, Barbara Butch, Joann Sfar ou Nadav Lapid, quatre artistes récemment visé·es par des appels au boycott.
Enfin, les mêmes qui entendent chasser les sionistes "hors de nos facs / vies / villes / etc." **s’accommodent très bien de militer et de défiler aux côtés de partisan·es de Poutine, d’Assad, de Xi Jinping ou de Khamenei**.
**la palme de tartufferie revient ici au réalisateur Sylvain George, qui rédige une longue tribune sur le site Lundi matin justifiant le boycott de Nadav Lapid tout en étant lui même membre du jury lors du festival documentaire de Saint Petersbourg, c’est-à-dire en soutien de fait à Poutine**.
Le positionnement de ces artistes peut-être critiqué, mais ni Joann Sfar ni Barbara Butch ne peuvent être considérés sérieusement comme des soutiens de la colonisation israélienne ou des crimes de guerre et contre l’humanité commis à Gaza.
Leur boycott ne fait d’aucune manière pression sur le gouvernement israélien, ce qui était à la base censé être son objectif.
**Nous dénonçons donc ces campagnes, qui ne font qu’aggraver la confusion antisémite entre les Juif·ves du monde entier et la politique criminelle du gouvernement israélien**.
**Le boycott des institutions israéliennes peut être légitime, celui des artistes juifs·ves ne l’est pas**.
-->--
#campisme #DoubleStandard #Solidarite #BarbaraButch #antisemitisme #complotisme #harcelement #grenoble #haine #ChasseAuxJuivesEtJuifs #homophobie #lameute #haine #nervis -
https://juivesetjuifsrevolutionnaires.fr/2026/06/23/le-boycott-disrael-ne-doit-pas-devenir-le-boycott-des-juif%C2%B7ves/ (Le boycott d’Israël ne doit pas devenir le boycott des Juif·ves !)
Extrait:
--<--# Ce qui est à l’œuvre, c’est une situation de double standard flagrante : le fait pour un Juif·ve:
- de ne pas se déclarer explicitement pour la destruction d’Israël,
- d’avoir un lien quelconque avec Israël
- ou de s’engager contre l’antisémitisme
peut valoir ostracisation.
On a même vu sur les réseaux sociaux des comptes pro-palestiniens accuser de "sionisme" le collectif Tsedek (lui même coutumier de tels procès, mais plus habitué au rôle de procureur) car certain·es de ses membres ont la nationalité israélienne.
Au contraire, un·e non-juif·ve peut se déclarer favorable à l’existence de deux États sans provoquer aucun remous (**c’est d’ailleurs la position largement majoritaire à gauche, partagée par le PCF, la CGT, les Écologistes, le PS, et même officiellement par LFI**).
D’ailleurs, alors que les boycotteurs prétendent cibler les sionistes, jusqu’à présent seul·es des artistes juif·ves ont été visé·es.
On peut même dire que la judéité est le seul point commun entre Enrico Macias, Barbara Butch, Joann Sfar ou Nadav Lapid, quatre artistes récemment visé·es par des appels au boycott.
Enfin, les mêmes qui entendent chasser les sionistes "hors de nos facs / vies / villes / etc." **s’accommodent très bien de militer et de défiler aux côtés de partisan·es de Poutine, d’Assad, de Xi Jinping ou de Khamenei**.
**la palme de tartufferie revient ici au réalisateur Sylvain George, qui rédige une longue tribune sur le site Lundi matin justifiant le boycott de Nadav Lapid tout en étant lui même membre du jury lors du festival documentaire de Saint Petersbourg, c’est-à-dire en soutien de fait à Poutine**.
Le positionnement de ces artistes peut-être critiqué, mais ni Joann Sfar ni Barbara Butch ne peuvent être considérés sérieusement comme des soutiens de la colonisation israélienne ou des crimes de guerre et contre l’humanité commis à Gaza.
Leur boycott ne fait d’aucune manière pression sur le gouvernement israélien, ce qui était à la base censé être son objectif.
**Nous dénonçons donc ces campagnes, qui ne font qu’aggraver la confusion antisémite entre les Juif·ves du monde entier et la politique criminelle du gouvernement israélien**.
**Le boycott des institutions israéliennes peut être légitime, celui des artistes juifs·ves ne l’est pas**.
-->--
#campisme #DoubleStandard #Solidarite #BarbaraButch #antisemitisme #complotisme #harcelement #grenoble #haine #ChasseAuxJuivesEtJuifs #homophobie #lameute #haine #nervis -
https://www.puf.com/israel-apres-le-7-octobre ( Israël après le 7-Octobre par Sylvaine Bulle)
--<--
Les massacres du 7 octobre 2023 en Israël, suivis de la guerre extrême menée par Israël à Gaza et contre les Palestiniens, ont des conséquences majeures sur l’opinion publique et sur le militantisme antisioniste.Mais les émotions face à l’horreur bien réelle de Gaza semblent avoir pour effet de simplifier considérablement la connaissance empirique de la société israélienne dans son rapport aux Palestiniens.
Cet ouvrage vise à montrer la diversité et la complexité de la société et de la politique israéliennes, alors qu’une grande partie de l’opinion publique internationale les réduit à un miroir inversé de la situation palestinienne.
Qu’est-ce que le sionisme réel en Israël ?
Quel est le rôle exact des inégalités, de la race et de la religion dans la construction actuelle de la nation ?
Qu’est-ce qu’être Israélien après le 7-Octobre, alors que le pays est en proie à des tensions entre nationalisme extrême et sentiment d’effondrement ?
La réalité palestinienne connaît elle-même des transformations passées sous silence.
En mobilisant les enquêtes de terrain et les sciences sociales, cet ouvrage entend nuancer les visions binaires simplistes, et donner à voir un hors-champ des représentations, au plus près des sociétés réelles.
-->--
#Livre #antisemitisme #Simplisme #campisme #complexité #palestine #Solidarite #BarbaraButch #antisemitisme #complotisme #harcelement #grenoble #haine #ChasseAuxJuivesEtJuifs #homophobie #LFI #lameute #haine #nervis
-
https://www.puf.com/israel-apres-le-7-octobre ( Israël après le 7-Octobre par Sylvaine Bulle)
--<--
Les massacres du 7 octobre 2023 en Israël, suivis de la guerre extrême menée par Israël à Gaza et contre les Palestiniens, ont des conséquences majeures sur l’opinion publique et sur le militantisme antisioniste.Mais les émotions face à l’horreur bien réelle de Gaza semblent avoir pour effet de simplifier considérablement la connaissance empirique de la société israélienne dans son rapport aux Palestiniens.
Cet ouvrage vise à montrer la diversité et la complexité de la société et de la politique israéliennes, alors qu’une grande partie de l’opinion publique internationale les réduit à un miroir inversé de la situation palestinienne.
Qu’est-ce que le sionisme réel en Israël ?
Quel est le rôle exact des inégalités, de la race et de la religion dans la construction actuelle de la nation ?
Qu’est-ce qu’être Israélien après le 7-Octobre, alors que le pays est en proie à des tensions entre nationalisme extrême et sentiment d’effondrement ?
La réalité palestinienne connaît elle-même des transformations passées sous silence.
En mobilisant les enquêtes de terrain et les sciences sociales, cet ouvrage entend nuancer les visions binaires simplistes, et donner à voir un hors-champ des représentations, au plus près des sociétés réelles.
-->--
#Livre #antisemitisme #Simplisme #campisme #complexité #palestine #Solidarite #BarbaraButch #antisemitisme #complotisme #harcelement #grenoble #haine #ChasseAuxJuivesEtJuifs #homophobie #LFI #lameute #haine #nervis
-
🕸glané sur le net🕸 Les multiples facettes du campisme : une critique internationaliste: Cet article a été initialement publié en anglais dans Portolan en novembre 2025, en réponse aux problèmes politiques et théoriques soulevés par la conjoncture… #Campisme #Internationalisme #Impérialisme #Guerre
Les multiples facettes du camp... -
Les multiples facettes du « campisme » : une critique internationaliste
https://www.contretemps.eu/les-multiples-facettes-du-campisme-une-critique-internationaliste/
#Politique #Autre #Stratégie #UnePrincipale #AntiImpérialisme #Campisme #Capitalisme #Gauche #Guerre #Impérialisme #Internationalisme #Iran #MoyenOrient -
Les multiples facettes du « campisme » : une critique internationaliste
https://www.contretemps.eu/les-multiples-facettes-du-campisme-une-critique-internationaliste/
#Politique #Autre #Stratégie #UnePrincipale #AntiImpérialisme #Campisme #Capitalisme #Gauche #Guerre #Impérialisme #Internationalisme #Iran #MoyenOrient -
Les multiples facettes du campisme : une critique internationaliste
-
Les multiples facettes du campisme : une critique internationaliste
-
- https://oblique-revue.org/category/analyses/
Sur la nouvelle revue 'Oblique'
À l’heure où une internationale réactionnaire tente de s’imposer un peu partout dans le monde, les gauches semblent gagnées par le confusionnisme et le dérèglement de leur boussole politique.
Qu’il s’agisse de l’international, de la critique du capitalisme et des différents systèmes de domination, désormais la logique campiste semble l’emporter partout, réduisant toute position à une opposition et laissant le monopole de la critique à nos adversaires.
Face à ce constat, Oblique invite à réinvestir le champ de l’analyse, prendre le pouls de ces temps déréglés et chercher les possibles pour sortir les gauches des ornières de la réaction…
--<--
Oblique est une revue indépendante consacrée à l’analyse politique, à la critique sociale, aux arts et à la littérature.À l’heure où les débats publics tendent à se polariser, Oblique souhaite créer un espace où l’analyse, l’entretien, la recension, la poésie et les ressources documentaires peuvent dialoguer.
Notre ambition est de proposer des textes exigeants tout en restant accessibles au plus grand nombre.
-->--- https://oblique-revue.org/2026/07/08/delit-de-palestine-lombre-mortifere-de-larmee-rouge-japonaise/ (« Délit de Palestine », l’ombre mortifère de l’Armée Rouge Japonaise)
- https://oblique-revue.org/2026/07/04/extreme-droite-en-ligne-strategies-et-pratiques/ (Extrême droite en ligne : Stratégies et pratiques)
- https://oblique-revue.org/2026/07/01/lextreme-droite-contemporaine-face-a-la-democratie-appropriations-detournements-et-recompositions-ideologiques/ (L’extrême droite contemporaine face à la démocratie : appropriations, détournements et recompositions idéologiques)
- https://oblique-revue.org/2026/06/29/liberte-dexpression-censure-boycott-culturel-un-peu-de-coherence-et-de-droit-sil-vous-plait/ (Liberté d’expression, censure, boycott culturel : un peu de cohérence (et de droit), s’il vous plaît)
- https://oblique-revue.org/2026/06/23/le-copain-des-freres/ (Le copain des Frères)
- https://oblique-revue.org/2026/06/21/hello-world/ (Sortir de l’obsession antisioniste: penser librement depuis la minorité)
- https://oblique-revue.org/2026/06/11/un-antiracisme-polarise/ (Un antiracisme polarisé)
- https://oblique-revue.org/2026/05/31/les-resistantes-2025-il-ne-suffit-pas-de-ne-pas-etre-racistes-pour-etre-antiracistes/ (Les Résistantes 2025 : il ne suffit pas de ne pas être racistes pour être antiracistes)
- https://oblique-revue.org/2026/01/04/rachel-standards/ (Iran, Palestine, démocratie : le bal des doubles standards)
#Analyse #Polarisation #Oblique #antifa #antisemitisme #campisme #reaction
-
- https://oblique-revue.org/category/analyses/
Sur la nouvelle revue 'Oblique'
À l’heure où une internationale réactionnaire tente de s’imposer un peu partout dans le monde, les gauches semblent gagnées par le confusionnisme et le dérèglement de leur boussole politique.
Qu’il s’agisse de l’international, de la critique du capitalisme et des différents systèmes de domination, désormais la logique campiste semble l’emporter partout, réduisant toute position à une opposition et laissant le monopole de la critique à nos adversaires.
Face à ce constat, Oblique invite à réinvestir le champ de l’analyse, prendre le pouls de ces temps déréglés et chercher les possibles pour sortir les gauches des ornières de la réaction…
--<--
Oblique est une revue indépendante consacrée à l’analyse politique, à la critique sociale, aux arts et à la littérature.À l’heure où les débats publics tendent à se polariser, Oblique souhaite créer un espace où l’analyse, l’entretien, la recension, la poésie et les ressources documentaires peuvent dialoguer.
Notre ambition est de proposer des textes exigeants tout en restant accessibles au plus grand nombre.
-->--- https://oblique-revue.org/2026/07/08/delit-de-palestine-lombre-mortifere-de-larmee-rouge-japonaise/ (« Délit de Palestine », l’ombre mortifère de l’Armée Rouge Japonaise)
- https://oblique-revue.org/2026/07/04/extreme-droite-en-ligne-strategies-et-pratiques/ (Extrême droite en ligne : Stratégies et pratiques)
- https://oblique-revue.org/2026/07/01/lextreme-droite-contemporaine-face-a-la-democratie-appropriations-detournements-et-recompositions-ideologiques/ (L’extrême droite contemporaine face à la démocratie : appropriations, détournements et recompositions idéologiques)
- https://oblique-revue.org/2026/06/29/liberte-dexpression-censure-boycott-culturel-un-peu-de-coherence-et-de-droit-sil-vous-plait/ (Liberté d’expression, censure, boycott culturel : un peu de cohérence (et de droit), s’il vous plaît)
- https://oblique-revue.org/2026/06/23/le-copain-des-freres/ (Le copain des Frères)
- https://oblique-revue.org/2026/06/21/hello-world/ (Sortir de l’obsession antisioniste: penser librement depuis la minorité)
- https://oblique-revue.org/2026/06/11/un-antiracisme-polarise/ (Un antiracisme polarisé)
- https://oblique-revue.org/2026/05/31/les-resistantes-2025-il-ne-suffit-pas-de-ne-pas-etre-racistes-pour-etre-antiracistes/ (Les Résistantes 2025 : il ne suffit pas de ne pas être racistes pour être antiracistes)
- https://oblique-revue.org/2026/01/04/rachel-standards/ (Iran, Palestine, démocratie : le bal des doubles standards)
#Analyse #Polarisation #Oblique #antifa #antisemitisme #campisme #reaction
-
https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1512
PDF: https://cntaittoulouse.lautre.net/IMG/pdf/anarcho197.pdf
Édito: Les 90 ans de la révolution espagnole. ---- Le 19 juillet 2026, nous fêterons les 90 ans du premier jour de la révolution espagnole.
Sans fétichisme et sans images d'Épinal, nous portons en permanence avec nous la mémoire de ce moment particulier des épisodes révolutionnaires historiques et avons à coeur de la transmettre.
Sans images d'Épinal, parce qu'il ne s'agit pas de célébrer quelques vieilles barbes ou quelques militants statufiés en exemple, mais tous les hommes et toutes les femmes qui, dans l'époque, avaient choisi de se lancer dans la mise en oeuvre du communisme libertaire, comme perspective entendable et désirable, dans une partie de l'Espagne où ils avaient su, par l'insurrection armée, arrêter les fascistes, dépassant leur gouvernement républicain «de front populaire» aux abois.
Sans fétichisme, parce qu'avec cette mémoire, nous menons aussi la critique des contradictions internes au mouvement révolutionnaire d'alors, y compris de l'organisation dont nous portons toujours le nom, la CNT.
Puisqu'il nous paraît vital d'établir un pont entre les époques, nous vous proposerons d'en discuter avec nous, lors d'événements à venir. Pas sous la forme d'une séquence mémorielle figée, ou dans une aimable discussion universitaire de salon au sujet d'une histoire définitivement enterrée, mais au nom des idéaux qui nous animent encore.
Le vieux monde, que se sont essayé à détruire les copains espagnols, est toujours là, toujours vieux, quoique d'une complexité plus accablante encore, mais nous ne perdons pas espoir.
L'Espoir, c'est justement le titre du bulletin n°6 réalisé en collaboration entre des compagnons des régions du Soudan, de la Tunisie, et de la France et que nous reproduisons, comme à de précédentes occasions, dans le journal que vous tenez entre vos mains.
L'espoir, c'est celui que nous partageons avec des compagnes et compagnons du monde entier qui, de l'Iran à Haïti, de la Russie et de l'Ukraine au Soudan, en Asie, en Amérique du sud, quelles que soient les particularités des idéologies dominantes dans leur coin de la planète, la brutalité des situations qu'ils vivent, et en définitive, le visage du capital tel qu'il se présente à eux, se reconnaissent dans les idées et les pratiques anarchistes.
La lutte de tous ces compagnons nous oblige...
N'en déplaise à une certaine extrême gauche et à une partie du milieu libertaire actuel, qui au nom du socle mou mais bien établi d'une forme de culturalisme essentialiste, tend à considérer l'universalisme de nos idées comme une superstition dominatrice, «blanche et européanno- centrée» ...
Car s'il est un fait universel, quelque soient les réalités particulières, c'est bien «le mouvement unique qui a fait de la planète son champ, le capitalisme» (Guy Debord, La société du spectacle, th. 56, 1967).
La CNT fêtera également un autre anniversaire cette année, sa création il y a 80 ans dans la région France, en 1946, l'occasion probable d'un bilan de l'outil anarchosyndicaliste dont on ne peut que considérer qu'il n'a été jusqu'ici que trop sous-utilisé...
Nous parlerons dans ce numéro de «syndicalisme tout court», dans une critique d'un dossier du Monde Libertaire, qui révèle la position pour le moins ambigüe (quoique connue, d'où notamment la «sous-utilisation» de l'anarcho syndicalisme mentionnée ci-dessus) de nombreux libertaires à l'égard de ce syndicalisme «sans épithète» dont nous savons depuis longtemps qu'il ne peut tenir qu'un rôle de régulateur de l'organisation sociale présente.
Dès lors, et dans le prolongement de cet article, nous pourrions conclure cet édito sous la forme d'un appel...
À tous les compagnons et compagnes anarchistes qui militent dans les centrales syndicales: quelle place espérez-vous encore trouver dans une organisation qui, ni dans sa structure, ni dans son fonctionnement, ni dans ses objectifs, ne garantira jamais le but d'émancipation totale que nous nous proposons de poursuivre? Rejoignez-nous!
À tous les militants syndicalistes «de la base» qui, lassés des échecs de leurs hiérarchies en appellent régulièrement à «déborder leur bureaucratie» ... Ne la débordez pas, dépassez là!
Rejoignez-nous!
À tous les gilets jaunes, à tous les résistants des derniers mouvements populaires ici et ailleurs, qui ont fait l'expérience concrète de l'auto-organisation mais se sont heurtés à la sale réalité de l'État dont ils attendaient encore quelques améliorations, et qui ne leur a distribué que, dans le meilleur des cas, du vent et des tirs de flasball, dans le pire, la mort et la torture...
Rejoignez-nous!Ce n'est qu'ensemble que nous prolongerons la construction de notre outil d'organisation, vraiment conforme à nos buts, pour la préparation d'un autre futur!
«La critique de la politique est indissociable de la recherche pratique des moyens par lesquels la société pourrait se représenter ses problèmes réels, les discuter et les résoudre.
Et l'échec de cette recherche serait la véritable catastrophe historique, qui contresignerait toutes les autres.» (Encyclopédie des Nuisances, art. Aboutissement, juillet 88)
#CNTAIT #Espagne #Memoire #AntiCampisme #campisme #Anarchisme #AnarchoSyndicalisme
-
https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1512
PDF: https://cntaittoulouse.lautre.net/IMG/pdf/anarcho197.pdf
Édito: Les 90 ans de la révolution espagnole. ---- Le 19 juillet 2026, nous fêterons les 90 ans du premier jour de la révolution espagnole.
Sans fétichisme et sans images d'Épinal, nous portons en permanence avec nous la mémoire de ce moment particulier des épisodes révolutionnaires historiques et avons à coeur de la transmettre.
Sans images d'Épinal, parce qu'il ne s'agit pas de célébrer quelques vieilles barbes ou quelques militants statufiés en exemple, mais tous les hommes et toutes les femmes qui, dans l'époque, avaient choisi de se lancer dans la mise en oeuvre du communisme libertaire, comme perspective entendable et désirable, dans une partie de l'Espagne où ils avaient su, par l'insurrection armée, arrêter les fascistes, dépassant leur gouvernement républicain «de front populaire» aux abois.
Sans fétichisme, parce qu'avec cette mémoire, nous menons aussi la critique des contradictions internes au mouvement révolutionnaire d'alors, y compris de l'organisation dont nous portons toujours le nom, la CNT.
Puisqu'il nous paraît vital d'établir un pont entre les époques, nous vous proposerons d'en discuter avec nous, lors d'événements à venir. Pas sous la forme d'une séquence mémorielle figée, ou dans une aimable discussion universitaire de salon au sujet d'une histoire définitivement enterrée, mais au nom des idéaux qui nous animent encore.
Le vieux monde, que se sont essayé à détruire les copains espagnols, est toujours là, toujours vieux, quoique d'une complexité plus accablante encore, mais nous ne perdons pas espoir.
L'Espoir, c'est justement le titre du bulletin n°6 réalisé en collaboration entre des compagnons des régions du Soudan, de la Tunisie, et de la France et que nous reproduisons, comme à de précédentes occasions, dans le journal que vous tenez entre vos mains.
L'espoir, c'est celui que nous partageons avec des compagnes et compagnons du monde entier qui, de l'Iran à Haïti, de la Russie et de l'Ukraine au Soudan, en Asie, en Amérique du sud, quelles que soient les particularités des idéologies dominantes dans leur coin de la planète, la brutalité des situations qu'ils vivent, et en définitive, le visage du capital tel qu'il se présente à eux, se reconnaissent dans les idées et les pratiques anarchistes.
La lutte de tous ces compagnons nous oblige...
N'en déplaise à une certaine extrême gauche et à une partie du milieu libertaire actuel, qui au nom du socle mou mais bien établi d'une forme de culturalisme essentialiste, tend à considérer l'universalisme de nos idées comme une superstition dominatrice, «blanche et européanno- centrée» ...
Car s'il est un fait universel, quelque soient les réalités particulières, c'est bien «le mouvement unique qui a fait de la planète son champ, le capitalisme» (Guy Debord, La société du spectacle, th. 56, 1967).
La CNT fêtera également un autre anniversaire cette année, sa création il y a 80 ans dans la région France, en 1946, l'occasion probable d'un bilan de l'outil anarchosyndicaliste dont on ne peut que considérer qu'il n'a été jusqu'ici que trop sous-utilisé...
Nous parlerons dans ce numéro de «syndicalisme tout court», dans une critique d'un dossier du Monde Libertaire, qui révèle la position pour le moins ambigüe (quoique connue, d'où notamment la «sous-utilisation» de l'anarcho syndicalisme mentionnée ci-dessus) de nombreux libertaires à l'égard de ce syndicalisme «sans épithète» dont nous savons depuis longtemps qu'il ne peut tenir qu'un rôle de régulateur de l'organisation sociale présente.
Dès lors, et dans le prolongement de cet article, nous pourrions conclure cet édito sous la forme d'un appel...
À tous les compagnons et compagnes anarchistes qui militent dans les centrales syndicales: quelle place espérez-vous encore trouver dans une organisation qui, ni dans sa structure, ni dans son fonctionnement, ni dans ses objectifs, ne garantira jamais le but d'émancipation totale que nous nous proposons de poursuivre? Rejoignez-nous!
À tous les militants syndicalistes «de la base» qui, lassés des échecs de leurs hiérarchies en appellent régulièrement à «déborder leur bureaucratie» ... Ne la débordez pas, dépassez là!
Rejoignez-nous!
À tous les gilets jaunes, à tous les résistants des derniers mouvements populaires ici et ailleurs, qui ont fait l'expérience concrète de l'auto-organisation mais se sont heurtés à la sale réalité de l'État dont ils attendaient encore quelques améliorations, et qui ne leur a distribué que, dans le meilleur des cas, du vent et des tirs de flasball, dans le pire, la mort et la torture...
Rejoignez-nous!Ce n'est qu'ensemble que nous prolongerons la construction de notre outil d'organisation, vraiment conforme à nos buts, pour la préparation d'un autre futur!
«La critique de la politique est indissociable de la recherche pratique des moyens par lesquels la société pourrait se représenter ses problèmes réels, les discuter et les résoudre.
Et l'échec de cette recherche serait la véritable catastrophe historique, qui contresignerait toutes les autres.» (Encyclopédie des Nuisances, art. Aboutissement, juillet 88)
#CNTAIT #Espagne #Memoire #AntiCampisme #campisme #Anarchisme #AnarchoSyndicalisme
-
Ci joint le tract, je précise que je ne suis pas de l'orga. Le texte est assez bien et documente le problème. On ne peut pas lutter contre un régime génocidaire -Israël - tout en soutenant un régime criminel de l'autre. Généralement je préfère que le terme sionisme soit défini car il peut être utiliser de plusieurs manières. Mais bref j'ai décidé de passer outre car je suis d'accord avec l'esprit général du texte.
#iran #campisme -
https://oblique-revue.org/2026/01/04/rachel-standards/ (Iran, Palestine, démocratie : le bal des doubles standards)
Depuis des mois, une partie de la gauche s’est montrée extrêmement active pour dénoncer les crimes commis à Gaza et affirmer son soutien à la « résistance du peuple palestinien ».
Or, lorsque le peuple iranien résiste à son tour — contre un régime autoritaire, théocratique et violemment répressif — le silence est assourdissant.
Ce n’est, hélas, pas une surprise.
Le régime iranien est un pilier de ce que l’on appelle « l’axe de la résistance », qu’une partie de cette gauche a soutenu sans réserve, souvent en fermant les yeux sur sa nature autoritaire.
-->--
-
https://oblique-revue.org/2026/01/04/rachel-standards/ (Iran, Palestine, démocratie : le bal des doubles standards)
Depuis des mois, une partie de la gauche s’est montrée extrêmement active pour dénoncer les crimes commis à Gaza et affirmer son soutien à la « résistance du peuple palestinien ».
Or, lorsque le peuple iranien résiste à son tour — contre un régime autoritaire, théocratique et violemment répressif — le silence est assourdissant.
Ce n’est, hélas, pas une surprise.
Le régime iranien est un pilier de ce que l’on appelle « l’axe de la résistance », qu’une partie de cette gauche a soutenu sans réserve, souvent en fermant les yeux sur sa nature autoritaire.
-->--
-
Le 20 juin 2026, la coalition « Stop the War » (StW) organise à Londres une grande conférence internationale contre la guerre. En janvier 2026 la Campagne de solidarité avec l’Ukraine avait écrit à Lindsey German, coordinatrice de StW, pour souligner que tout débat crédible sur la guerre devait inclure les personnes directement touchées par l’invasion non provoquée de la Russie — en particulier les syndicalistes ukrainien·nes et les organisations de gauche démocratique.
Nous avons proposé notre aide pour organiser cette participation. Nous avons reçu une réponse provisoire le 28 janvier indiquant que les décisions n’avaient pas encore été prises – aucun·e intervenant·e ukrainien·ne n’avait été invité·e.
Afin de veiller à ce que ces voix ne soient pas exclues, nous publions une lettre ouverte percutante adressée à la conférence par Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne « Mouvement social » (Sotsialnyi Rukh). Snizhana est enseignante et militante syndicale à Kryvyi Rih, une grande ville industrielle d’Ukraine.
Son message nous parvient directement depuis les premières lignes de la résistance à l’impérialisme russe et de la lutte pour la justice sociale.
Nous distribuerons cette lettre ouverte aux participant·es à la conférence.
Comme l’indique la lettre : « Nos voix — celles de ceux qui résistent à l’impérialisme, qui luttent pour la justice sociale et qui vivent cette guerre — sont absentes. »
Nous invitons les lecteurs/lectrices à diffuser largement ce message afin que celles et ceux qui subissent les conséquences de cette guerre ne soient pas réduit·es au silence par leur exclusion de cette conférence.
Lettre ouverte à la conférence internationale contre la guerre
Nous sommes réuni·es aujourd’hui à Londres alors que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie continue de ravager des villes, des lieux de travail et des communautés.
Chaque jour apporte son lot de nouvelles frappes de missiles sur des habitations, des écoles, des hôpitaux, des dépôts ferroviaires et des infrastructures énergétiques.
Des millions de travailleurs/travailleuses sont déplacé·es des milliers ont été tué·es sur leur lieu de travail ; des régions entières sont confrontées à l’occupation, à la répression et à une « russification » forcée.Pourtant, aucun·e socialiste, syndicaliste, féministe ou militant LGBTQ+ ukrainien·ne n’a été invité·e à prendre la parole lors de cette conférence.
Nos voix — celles de ceux qui résistent à l’impérialisme, qui luttent pour la justice sociale et qui vivent cette guerre — sont absentes.
Baisser les armes, c’est notre défaite
L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes et augmenter nos salaires ». Pour les travailleurs et travailleuses ukrainiennes, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincu·es. L’occupation n’apporte pas la paix — elle apporte l’occupation, les fosses communes, les enlèvements d’enfants, les déportations et la destruction des syndicats indépendants et de la société civile.Une politique de paix qui oublie celles et ceux qui sont attaqué·es n’est pas du tout une politique de paix .
Une résistance populaire — et une lutte pour la justice sociale
Cette guerre revêt le caractère d’une guerre populaire.Plus d’un million d’Ukrainien·nes servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminot·es, infirmier·es, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignant·es, bénévoles.
Chaque jour, des travailleurs/travailleuses nous contactent au sujet des drones qu’elles et ils doivent financer par le biais de campagnes de financement participatif, de collègues tué·es au travail, de salaires impayés et des pressions écrasantes de la guerre.
Les socialistes démocrates et les syndicalistes ukrainien·nes mènent un combat sur deux fronts :
• Contre l’impérialisme russe, qui cherche à rayer notre pays de la carte et à écraser nos mouvements.
• Contre les politiques néolibérales nationales, qui affaiblissent les droits du travail, privatisent les biens publics et sapent l’effort de guerre en faisant peser le fardeau sur les citoyen·nes ordinaires tandis que la fortune des oligarques reste intacte.
Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste.
À la gauche internationale et au mouvement pacifiste
Trop de forces progressistes continuent de voir le monde à travers un prisme dépassé, en considérant les États-Unis comme la seule puissance impérialiste et la Russie comme sa victime.
Ce cadre de réflexion ne permet pas d’expliquer pourquoi l’Ukraine continue de résister même après le retrait de l’aide militaire américaine. Il ne permet pas non plus d’expliquer pourquoi les travailleurs et les travailleuses, les féministes, les militant·es LGBTQ+ et les socialistes ukrainien·nes soutiennent massivement la résistance.
S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine au nom de l’« antimilitarisme » nous laisse sans défense. Ce n’est pas de la solidarité, c’est de l’abandon.
À quoi ressemble la véritable solidarité ?
Nous appelons toutes les personnes présentes à la conférence aujourd’hui à :
• Se tenir aux côtés des travailleurs/ytravailleuses, des syndicats et des mouvements sociaux ukrainien·nes qui résistent à l’invasion et luttent pour les droits démocratiques.
• Soutenir l’aide militaire et humanitaire qui permet à l’Ukraine de survivre et de défendre sa population.
• S’opposer aux réformes néolibérales qui sapent les droits du travail et les protections sociales en temps de guerre.
• Exiger une paix juste — une paix décidée par les Ukrainien·nes, et non imposée par Trump, Poutine et les accords entre grandes puissances qui récompensent l’agression.
L’extrême droite au Royaume-Uni, aux États-Unis et ailleurs défend Poutine.
Une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde.
La résistance de l’Ukraine — la survie de notre mouvement syndical — soutient les luttes pour la démocratie et la justice sociale à travers le monde.
N’excluez pas les voix ukrainiennes.
Ne qualifiez pas l’occupation de « paix ».
Soutenez l’Ukraine.
Soutenez les travailleurs et les travailleuses ukrainiennes.Snizhana Oleksun
Conseil du Mouvement social (Sotsialnyi Rukh)
https://ukrainesolidaritycampaign.org/2026/06/19/open-letter-to-the-international-anti-war-conference-in-london/traduit par DE
-
Le 20 juin 2026, la coalition « Stop the War » (StW) organise à Londres une grande conférence internationale contre la guerre. En janvier 2026 la Campagne de solidarité avec l’Ukraine avait écrit à Lindsey German, coordinatrice de StW, pour souligner que tout débat crédible sur la guerre devait inclure les personnes directement touchées par l’invasion non provoquée de la Russie — en particulier les syndicalistes ukrainien·nes et les organisations de gauche démocratique.
Nous avons proposé notre aide pour organiser cette participation. Nous avons reçu une réponse provisoire le 28 janvier indiquant que les décisions n’avaient pas encore été prises – aucun·e intervenant·e ukrainien·ne n’avait été invité·e.
Afin de veiller à ce que ces voix ne soient pas exclues, nous publions une lettre ouverte percutante adressée à la conférence par Snizhana Oleksun, présidente du Conseil de l’organisation socialiste démocratique ukrainienne « Mouvement social » (Sotsialnyi Rukh). Snizhana est enseignante et militante syndicale à Kryvyi Rih, une grande ville industrielle d’Ukraine.
Son message nous parvient directement depuis les premières lignes de la résistance à l’impérialisme russe et de la lutte pour la justice sociale.
Nous distribuerons cette lettre ouverte aux participant·es à la conférence.
Comme l’indique la lettre : « Nos voix — celles de ceux qui résistent à l’impérialisme, qui luttent pour la justice sociale et qui vivent cette guerre — sont absentes. »
Nous invitons les lecteurs/lectrices à diffuser largement ce message afin que celles et ceux qui subissent les conséquences de cette guerre ne soient pas réduit·es au silence par leur exclusion de cette conférence.
Lettre ouverte à la conférence internationale contre la guerre
Nous sommes réuni·es aujourd’hui à Londres alors que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie continue de ravager des villes, des lieux de travail et des communautés.
Chaque jour apporte son lot de nouvelles frappes de missiles sur des habitations, des écoles, des hôpitaux, des dépôts ferroviaires et des infrastructures énergétiques.
Des millions de travailleurs/travailleuses sont déplacé·es des milliers ont été tué·es sur leur lieu de travail ; des régions entières sont confrontées à l’occupation, à la répression et à une « russification » forcée.Pourtant, aucun·e socialiste, syndicaliste, féministe ou militant LGBTQ+ ukrainien·ne n’a été invité·e à prendre la parole lors de cette conférence.
Nos voix — celles de ceux qui résistent à l’impérialisme, qui luttent pour la justice sociale et qui vivent cette guerre — sont absentes.
Baisser les armes, c’est notre défaite
L’appel lancé lors de la conférence exhorte les personnes à « baisser les armes et augmenter nos salaires ». Pour les travailleurs et travailleuses ukrainiennes, ce n’est pas une option. Si nous baissons les armes, nous sommes vaincu·es. L’occupation n’apporte pas la paix — elle apporte l’occupation, les fosses communes, les enlèvements d’enfants, les déportations et la destruction des syndicats indépendants et de la société civile.Une politique de paix qui oublie celles et ceux qui sont attaqué·es n’est pas du tout une politique de paix .
Une résistance populaire — et une lutte pour la justice sociale
Cette guerre revêt le caractère d’une guerre populaire.Plus d’un million d’Ukrainien·nes servent dans les forces de défense ; des millions d’autres assurent le fonctionnement du pays : cheminot·es, infirmier·es, travailleurs et travailleuses du secteur de l’énergie, enseignant·es, bénévoles.
Chaque jour, des travailleurs/travailleuses nous contactent au sujet des drones qu’elles et ils doivent financer par le biais de campagnes de financement participatif, de collègues tué·es au travail, de salaires impayés et des pressions écrasantes de la guerre.
Les socialistes démocrates et les syndicalistes ukrainien·nes mènent un combat sur deux fronts :
• Contre l’impérialisme russe, qui cherche à rayer notre pays de la carte et à écraser nos mouvements.
• Contre les politiques néolibérales nationales, qui affaiblissent les droits du travail, privatisent les biens publics et sapent l’effort de guerre en faisant peser le fardeau sur les citoyen·nes ordinaires tandis que la fortune des oligarques reste intacte.
Nous rejetons à la fois l’impérialisme et l’austérité. Nous luttons pour une Ukraine libre, démocratique et socialement juste.
À la gauche internationale et au mouvement pacifiste
Trop de forces progressistes continuent de voir le monde à travers un prisme dépassé, en considérant les États-Unis comme la seule puissance impérialiste et la Russie comme sa victime.
Ce cadre de réflexion ne permet pas d’expliquer pourquoi l’Ukraine continue de résister même après le retrait de l’aide militaire américaine. Il ne permet pas non plus d’expliquer pourquoi les travailleurs et les travailleuses, les féministes, les militant·es LGBTQ+ et les socialistes ukrainien·nes soutiennent massivement la résistance.
S’opposer à l’envoi d’armes à l’Ukraine au nom de l’« antimilitarisme » nous laisse sans défense. Ce n’est pas de la solidarité, c’est de l’abandon.
À quoi ressemble la véritable solidarité ?
Nous appelons toutes les personnes présentes à la conférence aujourd’hui à :
• Se tenir aux côtés des travailleurs/ytravailleuses, des syndicats et des mouvements sociaux ukrainien·nes qui résistent à l’invasion et luttent pour les droits démocratiques.
• Soutenir l’aide militaire et humanitaire qui permet à l’Ukraine de survivre et de défendre sa population.
• S’opposer aux réformes néolibérales qui sapent les droits du travail et les protections sociales en temps de guerre.
• Exiger une paix juste — une paix décidée par les Ukrainien·nes, et non imposée par Trump, Poutine et les accords entre grandes puissances qui récompensent l’agression.
L’extrême droite au Royaume-Uni, aux États-Unis et ailleurs défend Poutine.
Une défaite de l’Ukraine renforcerait les forces fascistes et autoritaires partout dans le monde.
La résistance de l’Ukraine — la survie de notre mouvement syndical — soutient les luttes pour la démocratie et la justice sociale à travers le monde.
N’excluez pas les voix ukrainiennes.
Ne qualifiez pas l’occupation de « paix ».
Soutenez l’Ukraine.
Soutenez les travailleurs et les travailleuses ukrainiennes.Snizhana Oleksun
Conseil du Mouvement social (Sotsialnyi Rukh)
https://ukrainesolidaritycampaign.org/2026/06/19/open-letter-to-the-international-anti-war-conference-in-london/traduit par DE
-
https://aplutsoc.org/2026/06/19/mise-au-point-reponse-a-un-courrier-de-stop-arming-israel-france/
--<--
Nous nous excusons pour la lenteur de notre réponse. Et nous répondons !1) Les propos de que vous nous attribuez sont ceux tenus dans le texte d’annonce d’une réunion publique tenue à Marseille le 20 mars 2026 sous l’égide de la militante anarchiste et féministe russe Maria Bikbulatova, opposante à la guerre de Poutine en Ukraine, émigrée en France.
Ces propos visent PSL (Post Sovietic Left – La gauche post-soviétique, regroupement au sein de l’émigration russe en Europe de l’Ouest). Ce texte est identifiable par l’emploi des caractères en italique. Notre commentaire en soutien à cette initiative suit le texte en italique.
2) Les authentiques opposants russes à la guerre de Poutine sont confrontés à de redoutables adversaires au sein de l’émigration russe en Europe, ces derniers se prétendent pacifistes, mais occultent ou disculpent Poutine pour la guerre qu’il mène contre l’Ukraine.
3) Le POI a mené une campagne durant les derniers mois sur le thème « contre la guerre » culminant par un meeting européen à Londres le 20 juin 2026, sur la base d’un appel imputant la guerre en Ukraine à l’OTAN et aux pays européens.
Si vous ne voulez pas être assimilés à cette orientation politique, il vous revient de vous positionner clairement contre la guerre de Poutine.
4) L’article daté du 17 juin 2026 sur le site Guerre à la guerre, coalition à laquelle participe Stop Arming Israël France, relate les actions menées durant une semaine de mobilisation du 12 au 15 juin 2026, par la coalition Guerre à la guerre « pour dénoncer et s’opposer concrètement aux dominations militaro-sécuritaires, à la course à la guerre et à la néofascisation ».
Le hic est que seule la guerre d’Israël contre le peuple palestinien est mentionnée, la guerre Iran/USA n’est même pas évoquée alors qu’elle se signale toutes les heures à tous les flashs d’information sur toutes les radios, et vous ne parlez que de « course à la guerre » alors que la guerre est bien présente sur le continent européen, plus précisément en Ukraine depuis le 24 février 2022 avec l’invasion à visée génocidaire de Poutine.
5) Un pacifisme hémiplégique, ou monomaniaque, obnubilé par la seule guerre à Gaza, et au Liban, ne peut être fonctionnel.
La source des guerres actuelles ne réside pas dans un seul impérialisme (celui des USA et des États européens supposés lui être subordonnés en tout temps et en tout lieu) mais dans la marche fatale du système impérialiste mondial que nous décrivons comme multipolaire.
De 1945 à 1990, nous avons connu un système impérialiste bipolaire (USA versus bloc soviétique).
De 1991 à 2008, on est passé par une phase d’impérialisme unipolaire, centrée sur les USA, qui s’est achevée avec la crise économique de 2008 née au cœur du système bancaire et financier US, en conjonction avec les revers des USA en Irak puis en Afghanistan.
Depuis lors, la crise de l’impérialisme américain s’est combinée avec l’émergence de puissances capitalistes rivales, la Chine au premier chef, le retour de la Russie avec Poutine, mais aussi la place de l’Europe capitaliste comme rival économique sérieux des USA, ne disposant pas pour autant de la puissance politique et militaire équivalente à sa puissance économique.
Remarque en passant : une politique commerciale d’armements, fragmentée par la concurrence et la base nationale de chaque système de production, ne fait pas pour autant une politique militaire commune aux puissances européennes.
Dire « course à la guerre » ne suffit pas : la guerre est là au Moyen-Orient mais aussi en Ukraine, au Soudan, en Birmanie, au Congo. Et cette réalité est absente de vos préoccupations.
Tout comme est absente la réalité politique de l’axe réactionnaire mondial constitué par Trump et Poutine, axe auquel se rattache Netanyahou.
- De l’Ukraine à la Palestine : l’occupation est illégale, l’occupation est un crime !
- Marioupol, Gaza : même martyr, même combat !
Cordialement,
l’équipe de rédaction, le 19 juin 2026
-->--#campisme #ukraine #palestine #soudan #birmanie #congo #ImperialismeMultipolaire #aplustoc
-
https://aplutsoc.org/2026/06/19/mise-au-point-reponse-a-un-courrier-de-stop-arming-israel-france/
--<--
Nous nous excusons pour la lenteur de notre réponse. Et nous répondons !1) Les propos de que vous nous attribuez sont ceux tenus dans le texte d’annonce d’une réunion publique tenue à Marseille le 20 mars 2026 sous l’égide de la militante anarchiste et féministe russe Maria Bikbulatova, opposante à la guerre de Poutine en Ukraine, émigrée en France.
Ces propos visent PSL (Post Sovietic Left – La gauche post-soviétique, regroupement au sein de l’émigration russe en Europe de l’Ouest). Ce texte est identifiable par l’emploi des caractères en italique. Notre commentaire en soutien à cette initiative suit le texte en italique.
2) Les authentiques opposants russes à la guerre de Poutine sont confrontés à de redoutables adversaires au sein de l’émigration russe en Europe, ces derniers se prétendent pacifistes, mais occultent ou disculpent Poutine pour la guerre qu’il mène contre l’Ukraine.
3) Le POI a mené une campagne durant les derniers mois sur le thème « contre la guerre » culminant par un meeting européen à Londres le 20 juin 2026, sur la base d’un appel imputant la guerre en Ukraine à l’OTAN et aux pays européens.
Si vous ne voulez pas être assimilés à cette orientation politique, il vous revient de vous positionner clairement contre la guerre de Poutine.
4) L’article daté du 17 juin 2026 sur le site Guerre à la guerre, coalition à laquelle participe Stop Arming Israël France, relate les actions menées durant une semaine de mobilisation du 12 au 15 juin 2026, par la coalition Guerre à la guerre « pour dénoncer et s’opposer concrètement aux dominations militaro-sécuritaires, à la course à la guerre et à la néofascisation ».
Le hic est que seule la guerre d’Israël contre le peuple palestinien est mentionnée, la guerre Iran/USA n’est même pas évoquée alors qu’elle se signale toutes les heures à tous les flashs d’information sur toutes les radios, et vous ne parlez que de « course à la guerre » alors que la guerre est bien présente sur le continent européen, plus précisément en Ukraine depuis le 24 février 2022 avec l’invasion à visée génocidaire de Poutine.
5) Un pacifisme hémiplégique, ou monomaniaque, obnubilé par la seule guerre à Gaza, et au Liban, ne peut être fonctionnel.
La source des guerres actuelles ne réside pas dans un seul impérialisme (celui des USA et des États européens supposés lui être subordonnés en tout temps et en tout lieu) mais dans la marche fatale du système impérialiste mondial que nous décrivons comme multipolaire.
De 1945 à 1990, nous avons connu un système impérialiste bipolaire (USA versus bloc soviétique).
De 1991 à 2008, on est passé par une phase d’impérialisme unipolaire, centrée sur les USA, qui s’est achevée avec la crise économique de 2008 née au cœur du système bancaire et financier US, en conjonction avec les revers des USA en Irak puis en Afghanistan.
Depuis lors, la crise de l’impérialisme américain s’est combinée avec l’émergence de puissances capitalistes rivales, la Chine au premier chef, le retour de la Russie avec Poutine, mais aussi la place de l’Europe capitaliste comme rival économique sérieux des USA, ne disposant pas pour autant de la puissance politique et militaire équivalente à sa puissance économique.
Remarque en passant : une politique commerciale d’armements, fragmentée par la concurrence et la base nationale de chaque système de production, ne fait pas pour autant une politique militaire commune aux puissances européennes.
Dire « course à la guerre » ne suffit pas : la guerre est là au Moyen-Orient mais aussi en Ukraine, au Soudan, en Birmanie, au Congo. Et cette réalité est absente de vos préoccupations.
Tout comme est absente la réalité politique de l’axe réactionnaire mondial constitué par Trump et Poutine, axe auquel se rattache Netanyahou.
- De l’Ukraine à la Palestine : l’occupation est illégale, l’occupation est un crime !
- Marioupol, Gaza : même martyr, même combat !
Cordialement,
l’équipe de rédaction, le 19 juin 2026
-->--#campisme #ukraine #palestine #soudan #birmanie #congo #ImperialismeMultipolaire #aplustoc
-
https://www.reseau-bastille.org/2026/06/12/adresses-internationalisme-et-democrtie-n-20/
Le 4 juin 2026, Marjane Satrapi nous quittait. En parallèle des hommages officiels, sa disparition a relancé une campagne de calomnie abjecte sur les réseaux sociaux. Persepolis serait une BD islamophobe et orientaliste qui participerait à la stigmatisation des femmes musulmanes et servirait de justification à l’« impérialisme américano-sioniste [5] ». Notons le racisme de ces critiques qui semblent assimiler l’ensemble des femmes musulmanes aux membres de la police des mœurs iranienne.
Si dans un contexte d’offensive raciste de l’extrême droite en France et dans le monde, il est légitime de dénoncer une critique tronquée du patriarcat perçue uniquement comme une émanation de la culture musulmane, Marjane Satrapi a toujours rappelé que la guerre contre les femmes n’était pas spécifique au monde musulman, comme le rappelle le discours d’Andrea Dworkin à la suite du massacre de l’école polytechnique de Montréal en 1990 [6].
Au fond, ce qui est reproché à Marjane Satrapi, c’est d’avoir critiqué les Gardiens de la révolution et leurs proxys du Hamas et du Hezbollah car, au sein de la gauche dite décoloniale, certains considèrent que la destruction d’Israël émancipera l’humanité.
La priorité accordée au combat contre l’« entité sioniste » et son allié américain justifie ainsi le sacrifice des peuples iranien, palestinien, syrien dont les droits humains et les luttes politiques importent peu du moment que les armées de l’« axe de la résistance » restent opérationnelles....
La même logique est d’ailleurs à l’œuvre lorsque Nadav Lapid, cinéaste israélien en exil en France, dénonçant dans ses prises de position et ses films les crimes du gouvernement israélien, est boycotté [11] ou encore quand les militant·es de Standing Together, organisation israélo-arabe en première ligne des manifestations contre les guerres à Gaza, en Iran et au Liban et défendant physiquement les Palestinien·nes contre les attaques des suprémacistes juifs en Cisjordanie, sont accusé·es d’être des traîtres et de normaliser l’État d’Israël [12].
-->--
#iran #campisme #nationalisme #reactionnaire #standingTogether #bund #israel #ukraine
-
https://www.reseau-bastille.org/2026/06/12/adresses-internationalisme-et-democrtie-n-20/
Le 4 juin 2026, Marjane Satrapi nous quittait. En parallèle des hommages officiels, sa disparition a relancé une campagne de calomnie abjecte sur les réseaux sociaux. Persepolis serait une BD islamophobe et orientaliste qui participerait à la stigmatisation des femmes musulmanes et servirait de justification à l’« impérialisme américano-sioniste [5] ». Notons le racisme de ces critiques qui semblent assimiler l’ensemble des femmes musulmanes aux membres de la police des mœurs iranienne.
Si dans un contexte d’offensive raciste de l’extrême droite en France et dans le monde, il est légitime de dénoncer une critique tronquée du patriarcat perçue uniquement comme une émanation de la culture musulmane, Marjane Satrapi a toujours rappelé que la guerre contre les femmes n’était pas spécifique au monde musulman, comme le rappelle le discours d’Andrea Dworkin à la suite du massacre de l’école polytechnique de Montréal en 1990 [6].
Au fond, ce qui est reproché à Marjane Satrapi, c’est d’avoir critiqué les Gardiens de la révolution et leurs proxys du Hamas et du Hezbollah car, au sein de la gauche dite décoloniale, certains considèrent que la destruction d’Israël émancipera l’humanité.
La priorité accordée au combat contre l’« entité sioniste » et son allié américain justifie ainsi le sacrifice des peuples iranien, palestinien, syrien dont les droits humains et les luttes politiques importent peu du moment que les armées de l’« axe de la résistance » restent opérationnelles....
La même logique est d’ailleurs à l’œuvre lorsque Nadav Lapid, cinéaste israélien en exil en France, dénonçant dans ses prises de position et ses films les crimes du gouvernement israélien, est boycotté [11] ou encore quand les militant·es de Standing Together, organisation israélo-arabe en première ligne des manifestations contre les guerres à Gaza, en Iran et au Liban et défendant physiquement les Palestinien·nes contre les attaques des suprémacistes juifs en Cisjordanie, sont accusé·es d’être des traîtres et de normaliser l’État d’Israël [12].
-->--
#iran #campisme #nationalisme #reactionnaire #standingTogether #bund #israel #ukraine
-
Entre "anti-impérialisme décolonial" et "lutte pour la démocratie", la gauche occidentale a abandonné la lutte contre son propre État
Nous avons traduit ce texte du militant révolutionnaire d’origine iranienne Siyâvash Shahabi, dont nous partageons l’analyse sur l’orientalisme des soit disant "anti impérialistes" et autres décoloniaux occidentaux.
Sous couvert de prendre position contre "l’Occident", ces derniers font surtout le jeu des régimes les plus autoritaires qui martyrisent leur population.
Comme le dit Siyâvash, la posture toute spectaculaire de cette gauche se nourrit d’images qu’elle forge elle-même (ou qu’elle relaye pour d’autres qui la forge pour elle …)
Ces images, ces représentation, invisibilisent, font écran, à la réalité de ce que vit la population, à commencer par la classe ouvrière, qui n’entre jamais en ligne de compte dans les savantes analyses géopolitiques des "décoloniaux".
Elle permet surtout de se donner la bonne conscience de "faire quelque chose" en agitant des images et des slogans, sans avoir à lutter dans le réel ici, c’est-à-dire sans avoir à se confronter réellement à notre propre État, cette lutte étant déléguée au soit disant "Axe de la résistance".
À partir de là **cette gauche construit (ou relaye) une esthétique, avec ses codes visuels, vestimentaires, de langage, devenant une affirmation identitaire mais qui n’a aucun contenu émancipateur car là n’est pas son objet**.
Cette analyse rejoint celle que nous avions exprimé dans les colonnes d’Anarchosyndicalisme sur le campisme : "Nous assistons actuellement en fonction des divers conflits, à un retour de cette idéologie d’affrontement entre l’axe du bien et l’axe du mal, qui est en fait la description du campisme, qui consiste à dire quiconque n’est pas avec moi, est contre moi (comme au bon vieux temps de la guerre froide).
*C’est une vision idéologique binaire*, qui appelle à soutenir n’importe quelle saloperie pour diverses raisons, notamment des luttes anticolonialistes, des luttes de libération nationale, tout ce qui paraît de près ou de loin "anti-impérialiste" mais authentiquement interclassiste, à partir du moment où l’ennemi de mon ennemi entre en conflit.
*Le campisme ce n’est pas de l’internationalisme, ce n’est pas la solidarité, mais un aveuglement*. [1, https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372 ]
La gauche occidentale ne combat plus son propre État.
Elle vit politiquement à travers les images qu’elle créé des autres [États].
Quand il s’agit de l’Iran, cette image prend généralement deux formes.
Soit l’Iran est réduit à un régime islamique oriental qui a besoin d’être sauvé [contre lui-même] par l’Occident, soit il devient un bastion de résistance où toute contradiction de classe, de genre, de travail, ethnique et sociale interne doit être occultée.
Ces deux images peuvent sembler antagonistes, mais elles se rejoignent en un point : toutes deux effacent la société iranienne.
En tant que communistes iraniens, nous avons été contraints d’expliquer une évidence: **nous sommes contre la guerre**.
- *Contre une attaque américano-israélienne contre l’Iran*.
- *Contre les sanctions*.
- *Contre les bombardements*
- *Contre un "changement de régime" [apporté de l’extérieur]*.
- *Contre l’instrumentalisation de la population iranienne dans des projets géopolitiques*.*Mais être contre la guerre ne signifie pas se taire face à la République islamique*
Nous sommes contre la guerre *car elle détruit la même classe que la République islamique opprime en temps de paix*.
Nous sommes contre la guerre *car les bombes et les sanctions appauvrissent la société, la fragmentent et la rendent plus vulnérable*.
Et c’est précisément pour cette raison que nous ne pouvons pas décrire un État répressif comme un bouclier de libération.
Le bouclier libérateur de la classe ouvrière, c’est sa propre organisation, et non un État sécuritaire et capitaliste.
Une partie de la gauche occidentale, au lieu de combattre la politique étrangère de son propre État, ses propres bases militaires, ses propres entreprises d’armement et ses propres sanctions, *soutient des régimes autoritaires ou des organisations militaires et qualifie cela d’anti-impérialisme*.
Ce n’est pas de l’internationalisme.
C’est une externalisation de ses politiques.
Quand on abandonne la lutte contre son propre État, **l’anti-impérialisme devient l’esthétique de l’Axe de la Résistance**.
*Mais un communiste iranien ne peut pas faire cela, car pour nous, il ne s’agit pas d’une image*.
*Il s’agit de la réalité d’une classe écrasée à la fois par les bombes et les sanctions, mais aussi par la privatisation, la prison, les exécutions, le port obligatoire du hijab, la répression des grèves et une économie sécuritaire*.
# Notes
[1] Pour en finir avec le “Campisme” Journal Anarchosyndicalisme n° 184 Nov.Dec .23 ; https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372
Pour en finir avec le “Campisme” Journal Anarchosyndicalisme n° 184 Nov.Dec .23 ; - https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372
Liens campisme- https://aplutsoc.org/tag/campisme/
- https://leftrenewal.org/tag/campism/
- https://www.palim-psao.fr/search/campisme/
- https://collectifnopasaran.noblogs.org/2026/03/23/ni-shah-ni-mollah-soutiens-du-regime-iranien-hors-de-nos-luttes/#Iran #gauche #campisme #anarchisme #CNTAIT #Resistance #SiyâvashShahabi
-
Entre "anti-impérialisme décolonial" et "lutte pour la démocratie", la gauche occidentale a abandonné la lutte contre son propre État
Nous avons traduit ce texte du militant révolutionnaire d’origine iranienne Siyâvash Shahabi, dont nous partageons l’analyse sur l’orientalisme des soit disant "anti impérialistes" et autres décoloniaux occidentaux.
Sous couvert de prendre position contre "l’Occident", ces derniers font surtout le jeu des régimes les plus autoritaires qui martyrisent leur population.
Comme le dit Siyâvash, la posture toute spectaculaire de cette gauche se nourrit d’images qu’elle forge elle-même (ou qu’elle relaye pour d’autres qui la forge pour elle …)
Ces images, ces représentation, invisibilisent, font écran, à la réalité de ce que vit la population, à commencer par la classe ouvrière, qui n’entre jamais en ligne de compte dans les savantes analyses géopolitiques des "décoloniaux".
Elle permet surtout de se donner la bonne conscience de "faire quelque chose" en agitant des images et des slogans, sans avoir à lutter dans le réel ici, c’est-à-dire sans avoir à se confronter réellement à notre propre État, cette lutte étant déléguée au soit disant "Axe de la résistance".
À partir de là **cette gauche construit (ou relaye) une esthétique, avec ses codes visuels, vestimentaires, de langage, devenant une affirmation identitaire mais qui n’a aucun contenu émancipateur car là n’est pas son objet**.
Cette analyse rejoint celle que nous avions exprimé dans les colonnes d’Anarchosyndicalisme sur le campisme : "Nous assistons actuellement en fonction des divers conflits, à un retour de cette idéologie d’affrontement entre l’axe du bien et l’axe du mal, qui est en fait la description du campisme, qui consiste à dire quiconque n’est pas avec moi, est contre moi (comme au bon vieux temps de la guerre froide).
*C’est une vision idéologique binaire*, qui appelle à soutenir n’importe quelle saloperie pour diverses raisons, notamment des luttes anticolonialistes, des luttes de libération nationale, tout ce qui paraît de près ou de loin "anti-impérialiste" mais authentiquement interclassiste, à partir du moment où l’ennemi de mon ennemi entre en conflit.
*Le campisme ce n’est pas de l’internationalisme, ce n’est pas la solidarité, mais un aveuglement*. [1, https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372 ]
La gauche occidentale ne combat plus son propre État.
Elle vit politiquement à travers les images qu’elle créé des autres [États].
Quand il s’agit de l’Iran, cette image prend généralement deux formes.
Soit l’Iran est réduit à un régime islamique oriental qui a besoin d’être sauvé [contre lui-même] par l’Occident, soit il devient un bastion de résistance où toute contradiction de classe, de genre, de travail, ethnique et sociale interne doit être occultée.
Ces deux images peuvent sembler antagonistes, mais elles se rejoignent en un point : toutes deux effacent la société iranienne.
En tant que communistes iraniens, nous avons été contraints d’expliquer une évidence: **nous sommes contre la guerre**.
- *Contre une attaque américano-israélienne contre l’Iran*.
- *Contre les sanctions*.
- *Contre les bombardements*
- *Contre un "changement de régime" [apporté de l’extérieur]*.
- *Contre l’instrumentalisation de la population iranienne dans des projets géopolitiques*.*Mais être contre la guerre ne signifie pas se taire face à la République islamique*
Nous sommes contre la guerre *car elle détruit la même classe que la République islamique opprime en temps de paix*.
Nous sommes contre la guerre *car les bombes et les sanctions appauvrissent la société, la fragmentent et la rendent plus vulnérable*.
Et c’est précisément pour cette raison que nous ne pouvons pas décrire un État répressif comme un bouclier de libération.
Le bouclier libérateur de la classe ouvrière, c’est sa propre organisation, et non un État sécuritaire et capitaliste.
Une partie de la gauche occidentale, au lieu de combattre la politique étrangère de son propre État, ses propres bases militaires, ses propres entreprises d’armement et ses propres sanctions, *soutient des régimes autoritaires ou des organisations militaires et qualifie cela d’anti-impérialisme*.
Ce n’est pas de l’internationalisme.
C’est une externalisation de ses politiques.
Quand on abandonne la lutte contre son propre État, **l’anti-impérialisme devient l’esthétique de l’Axe de la Résistance**.
*Mais un communiste iranien ne peut pas faire cela, car pour nous, il ne s’agit pas d’une image*.
*Il s’agit de la réalité d’une classe écrasée à la fois par les bombes et les sanctions, mais aussi par la privatisation, la prison, les exécutions, le port obligatoire du hijab, la répression des grèves et une économie sécuritaire*.
# Notes
[1] Pour en finir avec le “Campisme” Journal Anarchosyndicalisme n° 184 Nov.Dec .23 ; https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372
Pour en finir avec le “Campisme” Journal Anarchosyndicalisme n° 184 Nov.Dec .23 ; - https://cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article1372
Liens campisme- https://aplutsoc.org/tag/campisme/
- https://leftrenewal.org/tag/campism/
- https://www.palim-psao.fr/search/campisme/
- https://collectifnopasaran.noblogs.org/2026/03/23/ni-shah-ni-mollah-soutiens-du-regime-iranien-hors-de-nos-luttes/#Iran #gauche #campisme #anarchisme #CNTAIT #Resistance #SiyâvashShahabi
-
https://blogs.mediapart.fr/elisha-baskin/blog/110526/tsedek-quand-la-justice-se-fait-slogan-interrogation-par-une-refuznik (“Tsedek !” quand la justice se fait slogan : interrogation par Elisha Baskin, refuznik)
- https://leftrenewal.org/fr/articles-fr/baskin-tsedek/
# Extraits
--<--
Pour un groupe occupant autant d’espace en ligne sur la question israélo-palestinienne, j’ai été stupéfaite de constater que le livre ne traite jamais vraiment d’Israël/Palestine, ni des personnes qui y vivent.Il ne contient aucune définition du sionisme, ni de l’antisionisme .
À part qu’Israël est un projet colonial et donc mauvais, et une brève mention des horreurs du génocide, on n’y trouve ni discussion ni analyse de l’histoire ou de la réalité de la vie dans la région.
Tout au long du récit, le Proche Orient paraît très lointain.
Comment un mouvement qui se prétend décolonial peut-il s’arroger le droit de dicter à tout un peuple la bonne manière de s’émanciper ?
Le fond importe-t-il si peu, pourvu que le test soit réussi ? ¶
Dans tout le livre, la décontextualisation permanente repose sur une incapacité à tenir ensemble deux vérités :
1 qu’Israël est un État créé pour et par des réfugiés ,
2 qu’il est aussi un projet colonial .
Cette contradiction, la grande majorité des Palestiniens avec lesquels j’ai collaboré au fil des années en Israël et en Cisjordanie la comprennent parfaitement
Que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ? ¶
Mais, si le sionisme se résume exclusivement et depuis toujours à un mouvement colonial, que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ?
Ce genre de positions simplistes et idéologiques évincent le réel et rendent donc impossible de penser des solutions opérantes pour les personnes qui peuplent la région.
Penser Israël comme un projet colonial “à l’européenne”, et donc aspirer à la disparition d’Israël comme si ses habitant.es juif.ves étaient des colons disposant d’une métropole où “retourner”, c’est nier la matérialité des faits
Est-ce là le combat du collectif ?
Rester collé aux communautés marginalisées pour tenter de se maintenir dans une oppression perpétuelle ?
Mais alors, pourquoi Tsedek! s’allie-t-il avec des groupes comme LFI, qui luttent précisément pour conquérir le pouvoir ?
Émanant de personnes situées du côté le plus privilégié de l’humanité, la question “Que faire de notre pouvoir ?” est légitime et cruciale.
Mais, dès lors qu’elle est posée à travers le prisme étroit de l’anti-impérialisme campiste https://leftrenewal.org/tag/campism/ (ajout NDLR) , elle ne sert plus qu’une gauche autoritaire, incapable de condamner Assad, Poutine, ou le régime iranien – quand elle ne les défend pas explicitement .
Tsedek! est présent dans la rue et réalise un vrai travail d’organisation.
Mais le collectif surfe surtout sur une vague de culpabilité juive, et la culpabilité est toujours égocentrique, narcissique.
Ce qui manque profondément dans les débats que Tsedek! porte, c’est la question de la responsabilité.
- L’Occident contre l’Orient,
- le Bien contre le Mal,
- colonisateurs contre colonisés,
- oppresseurs contre opprimés…Ce manichéisme enfantin séduit par sa facilité .
Tsedek! convainc ainsi de nombreux jeunes gens, dont l’engagement repose moins sur un projet politique d’avenir que sur une jouissance coupable et une esthétique de la radicalité – une radicalité nourrie de mauvaise conscience plutôt que d’intelligence du réel.
Pour qui, comme moi, cherche un militantisme ancré dans le réel et une famille politique avec laquelle produire des effets concrets, j’ai besoin – et, il me semble, le mouvement antiraciste français a besoin – de pistes d’actions qui prennent en compte la complexité du conflit, de son histoire, et des populations qui y sont impliquées .
Cela suppose une solidarité matérielle à la fois avec les Palestinien.ne.s et avec les militant·es de gauche israélien·nes, trop souvent délégitimé.es comme “sionistes”, alors qu’iels travaillent quotidiennement à la construction d’un avenir différent .
Cette délégitimation des militant·es de terrain, Tsedek! semble aujourd’hui la partager
En 2023, son manifeste fondateur affirmait : “Nous nous tenons aux côtés des Palestinien·ne·s et des Israélien·ne·s qui se battent pour une alternative réellement démocratique…”, ou encore se disait “solidaire de collectifs juifs antiracistes, anti-occupation et antisionistes dans le monde entier, comme de groupes palestiniens et israéliens…”.
De ce soutien, il n’est plus question dans ce nouveau livre.
Quel a été le chemin qui a conduit le collectif à effacer une forme de résistance ?
Leur internationalisme est-il devenu sélectif ?
La course au dé-blanchiment des Juifs diasporiques rend-il les anarchistes et antifascistes israélien·nes infréquentables ?
A-t-on jamais vu un collectif se réclamant de l’émancipation et de l’égalité des droits lutter pour défendre le retour à l’oppression antérieure de la population dont il émane ?
C’est pourtant ce qui ressort de la lecture de Lutter en rupture, lutter en solidarité.
Ce qui en transparaît beaucoup plus clairement, c’est une angoisse permanente autour de l’identité des auteurices, réduite à sa seule judéité, et au mépris de toute approche intersectionnelle de classe ou de genre.
Au final, le plus étonnant dans “Lutter en rupture”, lutter en solidarité, ce ne sont pas tant les positions qui y sont défendues que leur rigidité .
Le ton péremptoire des illibéraux a désormais infusé les espaces progressistes et radicaux, où certaines catégories critiques tendent à se figer en dogmes ¶Le ton péremptoire des illibéraux a désormais infusé les espaces progressistes et radicaux, où certaines catégories critiques tendent à se figer en dogmes .
La justice (tsedek צדק) ne peut être réduite à un slogan sans complexité .
Elle demande un effort continu de lucidité, d’humilité et d’intérêt pour le réel
Alors seulement elle peut devenir autre chose qu’un cri de ralliement et proposer un horizon politique réellement partagé.
La gauche, ce n’est pas le-genre-humain-mais-là-non
La gauche, ce n’est pas le-droit-des-peuples-à-disposer-d’eux-mêmes-mais-là-non
# Liens
- https://leftrenewal.net/fr/french-version/
- https://leftrenewal.org/wi/
- https://www.reseau-bastille.org/2025/10/08/le-renouveau-de-la-gauche-a-lere-de-lattente-par-ben-gidley-et-daniel-mang/
- https://leftrenewal.org/tag/antisemitism-en/
- https://leftrenewal.org/fr/articles-fr/baskin-tsedek/-->--
#Tsedek #antisemitisme #questions #campisme #standingTogether #grenoble #LeftRenewal
-
https://blogs.mediapart.fr/elisha-baskin/blog/110526/tsedek-quand-la-justice-se-fait-slogan-interrogation-par-une-refuznik (“Tsedek !” quand la justice se fait slogan : interrogation par Elisha Baskin, refuznik)
- https://leftrenewal.org/fr/articles-fr/baskin-tsedek/
# Extraits
--<--
Pour un groupe occupant autant d’espace en ligne sur la question israélo-palestinienne, j’ai été stupéfaite de constater que le livre ne traite jamais vraiment d’Israël/Palestine, ni des personnes qui y vivent.Il ne contient aucune définition du sionisme, ni de l’antisionisme .
À part qu’Israël est un projet colonial et donc mauvais, et une brève mention des horreurs du génocide, on n’y trouve ni discussion ni analyse de l’histoire ou de la réalité de la vie dans la région.
Tout au long du récit, le Proche Orient paraît très lointain.
Comment un mouvement qui se prétend décolonial peut-il s’arroger le droit de dicter à tout un peuple la bonne manière de s’émanciper ?
Le fond importe-t-il si peu, pourvu que le test soit réussi ? ¶
Dans tout le livre, la décontextualisation permanente repose sur une incapacité à tenir ensemble deux vérités :
1 qu’Israël est un État créé pour et par des réfugiés ,
2 qu’il est aussi un projet colonial .
Cette contradiction, la grande majorité des Palestiniens avec lesquels j’ai collaboré au fil des années en Israël et en Cisjordanie la comprennent parfaitement
Que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ? ¶
Mais, si le sionisme se résume exclusivement et depuis toujours à un mouvement colonial, que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ?
Ce genre de positions simplistes et idéologiques évincent le réel et rendent donc impossible de penser des solutions opérantes pour les personnes qui peuplent la région.
Penser Israël comme un projet colonial “à l’européenne”, et donc aspirer à la disparition d’Israël comme si ses habitant.es juif.ves étaient des colons disposant d’une métropole où “retourner”, c’est nier la matérialité des faits
Est-ce là le combat du collectif ?
Rester collé aux communautés marginalisées pour tenter de se maintenir dans une oppression perpétuelle ?
Mais alors, pourquoi Tsedek! s’allie-t-il avec des groupes comme LFI, qui luttent précisément pour conquérir le pouvoir ?
Émanant de personnes situées du côté le plus privilégié de l’humanité, la question “Que faire de notre pouvoir ?” est légitime et cruciale.
Mais, dès lors qu’elle est posée à travers le prisme étroit de l’anti-impérialisme campiste https://leftrenewal.org/tag/campism/ (ajout NDLR) , elle ne sert plus qu’une gauche autoritaire, incapable de condamner Assad, Poutine, ou le régime iranien – quand elle ne les défend pas explicitement .
Tsedek! est présent dans la rue et réalise un vrai travail d’organisation.
Mais le collectif surfe surtout sur une vague de culpabilité juive, et la culpabilité est toujours égocentrique, narcissique.
Ce qui manque profondément dans les débats que Tsedek! porte, c’est la question de la responsabilité.
- L’Occident contre l’Orient,
- le Bien contre le Mal,
- colonisateurs contre colonisés,
- oppresseurs contre opprimés…Ce manichéisme enfantin séduit par sa facilité .
Tsedek! convainc ainsi de nombreux jeunes gens, dont l’engagement repose moins sur un projet politique d’avenir que sur une jouissance coupable et une esthétique de la radicalité – une radicalité nourrie de mauvaise conscience plutôt que d’intelligence du réel.
Pour qui, comme moi, cherche un militantisme ancré dans le réel et une famille politique avec laquelle produire des effets concrets, j’ai besoin – et, il me semble, le mouvement antiraciste français a besoin – de pistes d’actions qui prennent en compte la complexité du conflit, de son histoire, et des populations qui y sont impliquées .
Cela suppose une solidarité matérielle à la fois avec les Palestinien.ne.s et avec les militant·es de gauche israélien·nes, trop souvent délégitimé.es comme “sionistes”, alors qu’iels travaillent quotidiennement à la construction d’un avenir différent .
Cette délégitimation des militant·es de terrain, Tsedek! semble aujourd’hui la partager
En 2023, son manifeste fondateur affirmait : “Nous nous tenons aux côtés des Palestinien·ne·s et des Israélien·ne·s qui se battent pour une alternative réellement démocratique…”, ou encore se disait “solidaire de collectifs juifs antiracistes, anti-occupation et antisionistes dans le monde entier, comme de groupes palestiniens et israéliens…”.
De ce soutien, il n’est plus question dans ce nouveau livre.
Quel a été le chemin qui a conduit le collectif à effacer une forme de résistance ?
Leur internationalisme est-il devenu sélectif ?
La course au dé-blanchiment des Juifs diasporiques rend-il les anarchistes et antifascistes israélien·nes infréquentables ?
A-t-on jamais vu un collectif se réclamant de l’émancipation et de l’égalité des droits lutter pour défendre le retour à l’oppression antérieure de la population dont il émane ?
C’est pourtant ce qui ressort de la lecture de Lutter en rupture, lutter en solidarité.
Ce qui en transparaît beaucoup plus clairement, c’est une angoisse permanente autour de l’identité des auteurices, réduite à sa seule judéité, et au mépris de toute approche intersectionnelle de classe ou de genre.
Au final, le plus étonnant dans “Lutter en rupture”, lutter en solidarité, ce ne sont pas tant les positions qui y sont défendues que leur rigidité .
Le ton péremptoire des illibéraux a désormais infusé les espaces progressistes et radicaux, où certaines catégories critiques tendent à se figer en dogmes ¶Le ton péremptoire des illibéraux a désormais infusé les espaces progressistes et radicaux, où certaines catégories critiques tendent à se figer en dogmes .
La justice (tsedek צדק) ne peut être réduite à un slogan sans complexité .
Elle demande un effort continu de lucidité, d’humilité et d’intérêt pour le réel
Alors seulement elle peut devenir autre chose qu’un cri de ralliement et proposer un horizon politique réellement partagé.
La gauche, ce n’est pas le-genre-humain-mais-là-non
La gauche, ce n’est pas le-droit-des-peuples-à-disposer-d’eux-mêmes-mais-là-non
# Liens
- https://leftrenewal.net/fr/french-version/
- https://leftrenewal.org/wi/
- https://www.reseau-bastille.org/2025/10/08/le-renouveau-de-la-gauche-a-lere-de-lattente-par-ben-gidley-et-daniel-mang/
- https://leftrenewal.org/tag/antisemitism-en/
- https://leftrenewal.org/fr/articles-fr/baskin-tsedek/-->--
#Tsedek #antisemitisme #questions #campisme #standingTogether #grenoble #LeftRenewal
-
--<--
En tant que **juive israélienne de gauche désormais établie en France, non sioniste, refuznik** (refus de servir dans l’armée israélienne), ancienne membre du conseil d’administration de Jewish Voice for Peace et de Boycott from Within, militante de longue date en Israël et en Palestine, j’ai accueilli avec enthousiasme la sortie du livre Lutter en rupture, Lutter en solidarité du collectif "Tsedek!".Il y a plusieurs idées dans le livre avec lesquelles je suis d’accord.
Oui, la lutte contre l’antisémitisme doit s’inscrire dans une perspective plus large de lutte antiraciste.
Le sionisme a transformé et uniformisé le judaïsme à travers le monde.
C’est une bonne chose que de faire la distinction entre Israël en tant qu’État et les pratiques juives.
Tout antisionisme n’est pas antisémite.
Enfin, construire des alliances plus larges au sein de la gauche est bien entendu nécessaire, à condition de le faire intelligemment.
**À la lecture, j’ai pourtant dû m’étonner**.
Tout d’abord, le livre est écrit par un collectif.
**Qui me parle ?**
Quelles sont les expériences vécues des auteurices ?
Il n’y a pas de témoignage à la première personne, pas de récit.
Plus généralement, faute de point de vue situé, un ton dogmatique persiste tout au long de l’ouvrage
Celui-ci s’ouvre pourtant par la déclaration : "Nous avons fait le choix d’incarner une parole de vérité qui, si elle n’est évidemment pas infaillible…"
Tout se passe pourtant comme si elle l’était.
Trois grands aspects, qui se chevauchent en partie, m’ont paru témoigner de grandes faiblesses, voire de manquements profonds en termes de pensée critique et de défense d'un horizon politique clair :
- les questions liées au judaïsme et à la vie diasporique ;
- la question de la Palestine ;
- et enfin l’analyse anti-impérialiste.**Il me semble important de clarifier ces points, car ils ne sont pas spécifiques à Tsedek! : ils reflètent en réalité des tendances largement partagées au sein des mouvements dits "décoloniaux" en France**.
Face aux catastrophes actuelles qui se déroulent dans la région, ma critique peut sembler secondaire.
Mais, si l’on se place dans la perspective d’un véritable changement, ces débats restent nécessaires.
Identité juive et vie diasporique
"Être juif ou juive.
C’est peut-être d’abord se demander comment le rester." (p. 15)Qu’est-ce qu’être juif ?
J’aime beaucoup cette question, profondément juive, en tant que réflexion philosophique.
Cependant, lorsqu’elle est prise au pied de la lettre, comme le fait le collectif, elle suppose que l’on peut être juif le lundi et s’en défaire le jeudi en fonction des événements.
Ce n’est pas ainsi que fonctionne une religion, ni une appartenance historique, culturelle, symbolique, un héritage qu'on porte et qui pèse son poids : on ne s'en débarrasse pas "comme ça".
L’instrumentalisation de l’identité juive au service d’autres causes est pourtant un thème récurrent du livre.
© Tsedek !
Pour Tsedek!, la création d’un État-nation juif constitue un péché originel, dans la mesure où il situe les Juifs du côté du pouvoir (occidental, colonial, impérial).
Dès lors, la vie diasporique semble, à leurs yeux, une obligation morale pour la population juive et non une liberté à protéger, une option possible.
Or, entre dire que : "La diaspora devrait rester un horizon d'émancipation possible pour les peuples juifs" et : "La diaspora est la seule perspective pour le peuple juif ", il y a un pas qui n’a rien d’évident.
**Comment un mouvement qui se prétend décolonial peut-il s’arroger le droit de dicter à tout un peuple la bonne manière de s’émanciper ?**
Palestine
Pour un groupe occupant autant d’espace en ligne sur la question israélo-palestinienne, j’ai été stupéfaite de constater que le livre ne traite jamais vraiment d’Israël/Palestine, ni des personnes qui y vivent.
**Il ne contient aucune définition du sionisme, ni de l’antisionisme**.
À part qu’Israël est un projet colonial et donc mauvais, et une brève mention des horreurs du génocide, on n’y trouve ni discussion ni analyse de l’histoire ou de la réalité de la vie dans la région.
Tout au long du récit, le Proche Orient paraît très lointain.
Peut-être peut-on en trouver une explication dans cet aveu, glissé au détour d’une critique de la droite :
"De la même manière que la situation en Palestine est un test pour les forces de gauche à travers le monde, permettant d’apprécier la profondeur de leur anticolonialisme, on peut donc affirmer qu’il existe aujourd’hui pour les extrêmes-droites mondiales une "preuve par Israël" qui leur permet de montrer patte blanche." (p. 69)
Comme si la cause palestinienne était le simple décor d’une performance radicale de la gauche occidentale.
**Le fond importe-t-il si peu, pourvu que le test soit réussi ?**
Dans tout le livre, la décontextualisation permanente repose sur une incapacité à tenir ensemble deux vérités :
- 1 **qu’Israël est un État créé pour et par des réfugiés**, - 2 **qu’il est aussi un projet colonial**.
**Cette contradiction, la grande majorité des Palestiniens avec lesquels j’ai collaboré au fil des années en Israël et en Cisjordanie la comprennent parfaitement**.
Pourquoi Tsedek! tient-t-il tant à "démontrer la nature par essence coloniale du projet sioniste, à l’encontre des interprétations prétendant distinguer un sionisme originellement positif ou émancipateur de ce qui ne serait qu’une trahison de ses principes par une extrême droite suprémaciste" (p.64) ?
Que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ?
Mais, si le sionisme se résume exclusivement et depuis toujours à un mouvement colonial, **que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ?**
Ce genre de **positions simplistes et idéologiques** évincent le réel et rendent donc impossible de penser des solutions opérantes pour les personnes qui peuplent la région.
Penser Israël comme un projet colonial "à l’européenne", et donc aspirer à la disparition d’Israël comme si ses habitant.es juif.ves étaient des colons disposant d’une métropole où "retourner", **c’est nier la matérialité des faits**.
**C’est aussi nier les conditions réelles nécessaires à l’existence d’un Etat palestinien**.
Il est également surprenant que la diversité ethnoculturelle de la population israélienne ne soit que brièvement mentionnée, de même que les raisons de l’exil des Juifs du monde arabe.
Israël est présenté de manière uniforme, d’un seul coup de pinceau : “blanc”.
En réalité, 20 % des citoyens israéliens sont palestiniens et environ 50 % des Juifs israéliens sont d’origine moyen-orientale et nord-africaine, sans compter les nombreuses familles aux origines mixtes.
Effacer la réalité vécue d’un peuple, nier son histoire singulière et discréditer sa demande légitime d’être reconnu dans son existence concrète, ce n’est pas seulement une erreur intellectuelle : c’est un des mécanismes les plus classiques du racisme.
Dans ce cas précis, ce déni nourrit directement l’antisémitisme.
Bien que je défende personnellement une solution à un seul État, où tous ceux qui vivent from the river to the sea bénéficieraient de droits égaux et d’une citoyenneté commune, y compris la prise en compte du droit au retour des Palestiniens, nous ne pouvons ignorer le fait que la majorité des Juifs et des Palestiniens en Israël/Palestine souhaitent vivre dans des États-nations indépendants et hermétiquement séparés.
**Impérialisme et pouvoir juif**
Tsedek! exprime et réitère tout au long du livre son hostilité envers l’impérialisme, la domination occidentale, le colonialisme, le racisme et la suprématie blanche.
Jusque-là, nous sommes d’accord.
Mais la manière réductrice dont cette grille de lecture est appliquée conduit à un effacement systématique des identités et à une cécité historique flagrante.
Pour résumer, le collectif présente la création de l’État d’Israël comme la plus grande trahison juive.
D’une part, elle a conduit à la dépossession des Palestiniens et à l’instauration d’un État colonial.
D’autre part, les Juifs sont supposés, par essence, rester du côté des opprimés; or, se doter d’un État-nation les place du côté du pouvoir.
Le dernier paragraphe du livre le dit de manière frappante : "Depuis plusieurs siècles, la condition juive a été faite d’arrachements : arrachement au judaïsme, par l’assimilation à la modernité occidentale, arrachement à notre arabité, brisée par la colonisation, arrachement à notre yiddishité, engloutie par la Shoah.
D’une certaine manière, le sionisme aussi aura été affaire d’arrachement : parce qu’il accélère notre blanchiment, parce qu’il produit le ralliement massif de bon nombre d’entre nous à la suprématie blanche, il aura été l’arrachement des Juif·ves au camp des damné·es de la Terre." (p.121)
Tsedek! ne critique pas la manière dont les Juifs utilisent leur pouvoir : le collectif critique le fait que des Juifs aient du pouvoir.
Le pouvoir est sale.
Le pouvoir est impérial.
L’assimilation juive en Europe, la citoyenneté accordée par décret aux Juifs algériens (fragile "privilège", suspendu par le régime de Vichy avant d’être rétabli par le gouvernement de la France libre en 1943), le fait d’avoir un État-nation – tout cela prive les Juifs de leur condition de dépossession éternelle.
...
#Antisémitisme #Autoritarisme #Campisme #CautionDesAntisemites #Colonialisme #DécolonialismeRéactionnaire #Interregimatic #Tsedek
-
--<--
En tant que **juive israélienne de gauche désormais établie en France, non sioniste, refuznik** (refus de servir dans l’armée israélienne), ancienne membre du conseil d’administration de Jewish Voice for Peace et de Boycott from Within, militante de longue date en Israël et en Palestine, j’ai accueilli avec enthousiasme la sortie du livre Lutter en rupture, Lutter en solidarité du collectif "Tsedek!".Il y a plusieurs idées dans le livre avec lesquelles je suis d’accord.
Oui, la lutte contre l’antisémitisme doit s’inscrire dans une perspective plus large de lutte antiraciste.
Le sionisme a transformé et uniformisé le judaïsme à travers le monde.
C’est une bonne chose que de faire la distinction entre Israël en tant qu’État et les pratiques juives.
Tout antisionisme n’est pas antisémite.
Enfin, construire des alliances plus larges au sein de la gauche est bien entendu nécessaire, à condition de le faire intelligemment.
**À la lecture, j’ai pourtant dû m’étonner**.
Tout d’abord, le livre est écrit par un collectif.
**Qui me parle ?**
Quelles sont les expériences vécues des auteurices ?
Il n’y a pas de témoignage à la première personne, pas de récit.
Plus généralement, faute de point de vue situé, un ton dogmatique persiste tout au long de l’ouvrage
Celui-ci s’ouvre pourtant par la déclaration : "Nous avons fait le choix d’incarner une parole de vérité qui, si elle n’est évidemment pas infaillible…"
Tout se passe pourtant comme si elle l’était.
Trois grands aspects, qui se chevauchent en partie, m’ont paru témoigner de grandes faiblesses, voire de manquements profonds en termes de pensée critique et de défense d'un horizon politique clair :
- les questions liées au judaïsme et à la vie diasporique ;
- la question de la Palestine ;
- et enfin l’analyse anti-impérialiste.**Il me semble important de clarifier ces points, car ils ne sont pas spécifiques à Tsedek! : ils reflètent en réalité des tendances largement partagées au sein des mouvements dits "décoloniaux" en France**.
Face aux catastrophes actuelles qui se déroulent dans la région, ma critique peut sembler secondaire.
Mais, si l’on se place dans la perspective d’un véritable changement, ces débats restent nécessaires.
Identité juive et vie diasporique
"Être juif ou juive.
C’est peut-être d’abord se demander comment le rester." (p. 15)Qu’est-ce qu’être juif ?
J’aime beaucoup cette question, profondément juive, en tant que réflexion philosophique.
Cependant, lorsqu’elle est prise au pied de la lettre, comme le fait le collectif, elle suppose que l’on peut être juif le lundi et s’en défaire le jeudi en fonction des événements.
Ce n’est pas ainsi que fonctionne une religion, ni une appartenance historique, culturelle, symbolique, un héritage qu'on porte et qui pèse son poids : on ne s'en débarrasse pas "comme ça".
L’instrumentalisation de l’identité juive au service d’autres causes est pourtant un thème récurrent du livre.
© Tsedek !
Pour Tsedek!, la création d’un État-nation juif constitue un péché originel, dans la mesure où il situe les Juifs du côté du pouvoir (occidental, colonial, impérial).
Dès lors, la vie diasporique semble, à leurs yeux, une obligation morale pour la population juive et non une liberté à protéger, une option possible.
Or, entre dire que : "La diaspora devrait rester un horizon d'émancipation possible pour les peuples juifs" et : "La diaspora est la seule perspective pour le peuple juif ", il y a un pas qui n’a rien d’évident.
**Comment un mouvement qui se prétend décolonial peut-il s’arroger le droit de dicter à tout un peuple la bonne manière de s’émanciper ?**
Palestine
Pour un groupe occupant autant d’espace en ligne sur la question israélo-palestinienne, j’ai été stupéfaite de constater que le livre ne traite jamais vraiment d’Israël/Palestine, ni des personnes qui y vivent.
**Il ne contient aucune définition du sionisme, ni de l’antisionisme**.
À part qu’Israël est un projet colonial et donc mauvais, et une brève mention des horreurs du génocide, on n’y trouve ni discussion ni analyse de l’histoire ou de la réalité de la vie dans la région.
Tout au long du récit, le Proche Orient paraît très lointain.
Peut-être peut-on en trouver une explication dans cet aveu, glissé au détour d’une critique de la droite :
"De la même manière que la situation en Palestine est un test pour les forces de gauche à travers le monde, permettant d’apprécier la profondeur de leur anticolonialisme, on peut donc affirmer qu’il existe aujourd’hui pour les extrêmes-droites mondiales une "preuve par Israël" qui leur permet de montrer patte blanche." (p. 69)
Comme si la cause palestinienne était le simple décor d’une performance radicale de la gauche occidentale.
**Le fond importe-t-il si peu, pourvu que le test soit réussi ?**
Dans tout le livre, la décontextualisation permanente repose sur une incapacité à tenir ensemble deux vérités :
- 1 **qu’Israël est un État créé pour et par des réfugiés**, - 2 **qu’il est aussi un projet colonial**.
**Cette contradiction, la grande majorité des Palestiniens avec lesquels j’ai collaboré au fil des années en Israël et en Cisjordanie la comprennent parfaitement**.
Pourquoi Tsedek! tient-t-il tant à "démontrer la nature par essence coloniale du projet sioniste, à l’encontre des interprétations prétendant distinguer un sionisme originellement positif ou émancipateur de ce qui ne serait qu’une trahison de ses principes par une extrême droite suprémaciste" (p.64) ?
Que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ?
Mais, si le sionisme se résume exclusivement et depuis toujours à un mouvement colonial, **que sommes-nous censés faire des Israéliens qui vivent en Israël et des Palestiniens qui aspirent à un État indépendant ?**
Ce genre de **positions simplistes et idéologiques** évincent le réel et rendent donc impossible de penser des solutions opérantes pour les personnes qui peuplent la région.
Penser Israël comme un projet colonial "à l’européenne", et donc aspirer à la disparition d’Israël comme si ses habitant.es juif.ves étaient des colons disposant d’une métropole où "retourner", **c’est nier la matérialité des faits**.
**C’est aussi nier les conditions réelles nécessaires à l’existence d’un Etat palestinien**.
Il est également surprenant que la diversité ethnoculturelle de la population israélienne ne soit que brièvement mentionnée, de même que les raisons de l’exil des Juifs du monde arabe.
Israël est présenté de manière uniforme, d’un seul coup de pinceau : “blanc”.
En réalité, 20 % des citoyens israéliens sont palestiniens et environ 50 % des Juifs israéliens sont d’origine moyen-orientale et nord-africaine, sans compter les nombreuses familles aux origines mixtes.
Effacer la réalité vécue d’un peuple, nier son histoire singulière et discréditer sa demande légitime d’être reconnu dans son existence concrète, ce n’est pas seulement une erreur intellectuelle : c’est un des mécanismes les plus classiques du racisme.
Dans ce cas précis, ce déni nourrit directement l’antisémitisme.
Bien que je défende personnellement une solution à un seul État, où tous ceux qui vivent from the river to the sea bénéficieraient de droits égaux et d’une citoyenneté commune, y compris la prise en compte du droit au retour des Palestiniens, nous ne pouvons ignorer le fait que la majorité des Juifs et des Palestiniens en Israël/Palestine souhaitent vivre dans des États-nations indépendants et hermétiquement séparés.
**Impérialisme et pouvoir juif**
Tsedek! exprime et réitère tout au long du livre son hostilité envers l’impérialisme, la domination occidentale, le colonialisme, le racisme et la suprématie blanche.
Jusque-là, nous sommes d’accord.
Mais la manière réductrice dont cette grille de lecture est appliquée conduit à un effacement systématique des identités et à une cécité historique flagrante.
Pour résumer, le collectif présente la création de l’État d’Israël comme la plus grande trahison juive.
D’une part, elle a conduit à la dépossession des Palestiniens et à l’instauration d’un État colonial.
D’autre part, les Juifs sont supposés, par essence, rester du côté des opprimés; or, se doter d’un État-nation les place du côté du pouvoir.
Le dernier paragraphe du livre le dit de manière frappante : "Depuis plusieurs siècles, la condition juive a été faite d’arrachements : arrachement au judaïsme, par l’assimilation à la modernité occidentale, arrachement à notre arabité, brisée par la colonisation, arrachement à notre yiddishité, engloutie par la Shoah.
D’une certaine manière, le sionisme aussi aura été affaire d’arrachement : parce qu’il accélère notre blanchiment, parce qu’il produit le ralliement massif de bon nombre d’entre nous à la suprématie blanche, il aura été l’arrachement des Juif·ves au camp des damné·es de la Terre." (p.121)
Tsedek! ne critique pas la manière dont les Juifs utilisent leur pouvoir : le collectif critique le fait que des Juifs aient du pouvoir.
Le pouvoir est sale.
Le pouvoir est impérial.
L’assimilation juive en Europe, la citoyenneté accordée par décret aux Juifs algériens (fragile "privilège", suspendu par le régime de Vichy avant d’être rétabli par le gouvernement de la France libre en 1943), le fait d’avoir un État-nation – tout cela prive les Juifs de leur condition de dépossession éternelle.
...
#Antisémitisme #Autoritarisme #Campisme #CautionDesAntisemites #Colonialisme #DécolonialismeRéactionnaire #Interregimatic #Tsedek
-
TRIBUNE – Philippe Corcuff réagit à un récent appel contre la guerre en Iran, dont les signataires, émanant des deux extrémités du champ politique, en viennent à absoudre la République islamique.
L’appel sur Conterpunch :
https://www.counterpunch.org/2026/04/10/six-non-negotiable-terms-from-international-scholars-and-former-officials-from-30-countries-to-end-the-u-s-war-on-iran-amid-trumps-threat-of-war-crimes/Et en français :
https://open.substack.com/pub/zanzibar/p/declaration-a-la-conscience-de-lhumaniteIl y a bien cette phrase dans l’appel : « Dans la poursuite de cette abjection, les États-Unis ont brutalement assassiné le guide spirituel et intellectuel de l’Iran, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei – reconnu internationalement comme une voix contre l’arrogance et le terrorisme – ainsi que sa famille.
-
TRIBUNE – Philippe Corcuff réagit à un récent appel contre la guerre en Iran, dont les signataires, émanant des deux extrémités du champ politique, en viennent à absoudre la République islamique.
L’appel sur Conterpunch :
https://www.counterpunch.org/2026/04/10/six-non-negotiable-terms-from-international-scholars-and-former-officials-from-30-countries-to-end-the-u-s-war-on-iran-amid-trumps-threat-of-war-crimes/Et en français :
https://open.substack.com/pub/zanzibar/p/declaration-a-la-conscience-de-lhumaniteIl y a bien cette phrase dans l’appel : « Dans la poursuite de cette abjection, les États-Unis ont brutalement assassiné le guide spirituel et intellectuel de l’Iran, l’ayatollah Seyyed Ali Khamenei – reconnu internationalement comme une voix contre l’arrogance et le terrorisme – ainsi que sa famille.
-
- https://www.reseau-bastille.org/2026/04/17/les-pieges-du-campisme-perspectives-mondiales/
--<--
Les pièges du campisme : Perspectives mondialesLa lutte contre le campisme, le confusionnisme et la réaction prend des chemins divers. Une initiative venue d’Ukraine.
En anglais
Mardi 21 avril · 15:00 EEST (heure de Kyiv) donc 14 heures (France)
Ce webinaire rassemble des voix de l’Iran, de la Syrie, du Venezuela et de l’Ukraine pour examiner comment les cadres campistes de la gauche mondiale ont constamment mal interprété – et parfois activement nui à – les luttes populaires en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et à l’Est de l’Europe.
Plutôt que d’offrir la solidarité, le campisme a trop souvent fourni une couverture idéologique aux régimes autoritaires en réduisant les réalités politiques complexes à un simple axe d’anti-impérialisme, effaçant simultanément l’agence des personnes qui luttent contre l’oppression sur plusieurs fronts.
Nos orateurs vont cartographier le terrain partagé de ces luttes : l’expérience d’être pris entre les intérêts du pouvoir néocolonial et la mauvaise foi d’une gauche qui confond l’ennemi de son ennemi pour un ami. La conversation vise à construire une solidarité décoloniale plus honnête – responsable devant les gens réellement en lutte, pas devant les abstractions géopolitiques.
# Intervenant·e·s
• Ladan Rahbari — University of Amsterdam
• Robin Yassin-Kassab — auteur, Road to Damas
• Rafael Uzcategui — Laboratoire de paix
• Mariia Vorotilina — conservatrice et militante
# Modératrice
Tereza Hendl – Membre du conseil d’administration de l’association RUTA, philosophe, Université d’Augsbourg
🔗Inscrivez-vous ici :
Ce webinaire se déroule avec le soutien de la Fondation internationale de la Renaissance ( Міжнародний фонд « Відродження » ).
Son contenu relève de la responsabilité exclusive des auteurs et ne reflète pas nécessairement les opinions de la Fondation internationale de la Renaissance.
-->--
-
- https://www.reseau-bastille.org/2026/04/17/les-pieges-du-campisme-perspectives-mondiales/
--<--
Les pièges du campisme : Perspectives mondialesLa lutte contre le campisme, le confusionnisme et la réaction prend des chemins divers. Une initiative venue d’Ukraine.
En anglais
Mardi 21 avril · 15:00 EEST (heure de Kyiv) donc 14 heures (France)
Ce webinaire rassemble des voix de l’Iran, de la Syrie, du Venezuela et de l’Ukraine pour examiner comment les cadres campistes de la gauche mondiale ont constamment mal interprété – et parfois activement nui à – les luttes populaires en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et à l’Est de l’Europe.
Plutôt que d’offrir la solidarité, le campisme a trop souvent fourni une couverture idéologique aux régimes autoritaires en réduisant les réalités politiques complexes à un simple axe d’anti-impérialisme, effaçant simultanément l’agence des personnes qui luttent contre l’oppression sur plusieurs fronts.
Nos orateurs vont cartographier le terrain partagé de ces luttes : l’expérience d’être pris entre les intérêts du pouvoir néocolonial et la mauvaise foi d’une gauche qui confond l’ennemi de son ennemi pour un ami. La conversation vise à construire une solidarité décoloniale plus honnête – responsable devant les gens réellement en lutte, pas devant les abstractions géopolitiques.
# Intervenant·e·s
• Ladan Rahbari — University of Amsterdam
• Robin Yassin-Kassab — auteur, Road to Damas
• Rafael Uzcategui — Laboratoire de paix
• Mariia Vorotilina — conservatrice et militante
# Modératrice
Tereza Hendl – Membre du conseil d’administration de l’association RUTA, philosophe, Université d’Augsbourg
🔗Inscrivez-vous ici :
Ce webinaire se déroule avec le soutien de la Fondation internationale de la Renaissance ( Міжнародний фонд « Відродження » ).
Son contenu relève de la responsabilité exclusive des auteurs et ne reflète pas nécessairement les opinions de la Fondation internationale de la Renaissance.
-->--