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83 results for “devalot”

  1. - archive.ph/Z3W9m (Eva Illouz, sociologue : “L’antisémitisme global a fait du monde entier un lieu où les juifs ne sont pas les bienvenus” )

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    Il existe une culture de l’antisémitisme, de la même manière qu’il existe une culture du viol

    Elle est enracinée dans des schèmes de pensée qui dévalorisent et méprisent un groupe.

    Cette culture rend ses membres coupables des crimes commis contre eux , et exonère a priori les auteurs des mêmes crimes.

    La culture de l’antisémitisme – comme celle du viol – est fondée sur le déni et sur l’inversion accusatoire .

    ...

    Pourquoi cet antisionisme constitue-t-il une nouvelle forme d’antisémitisme ? ¶

    Pour trois raisons.

    Premièrement, l’antisionisme remet en question la légitimité même du nationalisme et du foyer national juif. Il n’existe aucun autre cas où un peuple se voit refuser le droit de continuer à vivre dans son Etat avec une telle insistance obsessionnelle par une idéologie politique ( le nationalisme ukrainien est nié par la Russie , mais cela ne rencontre que peu d’écho et ne constitue le principe organisateur d’aucune idéologie).

    L’effet de l’antisémitisme est de priver les juifs de foyer, en leur déniant leur citoyenneté ou en les expulsant.

    Là était le but de l’antisémitisme européen traditionnel .

    L’antisionisme y ressemble étrangement, mais déplace cette intention envers Israël, le seul Etat juif du monde.

    La deuxième raison est que l’antisionisme reprend tous les préjugés, tropes et chimères de l’antisémitisme .

    Ainsi, au lieu de tuer des enfants pour utiliser leur sang pour faire du pain azyme, une autre rumeur lancinante voudrait qu’Israël prélèverait les organes de Palestiniens morts.

    La logique conspirationniste à l’œuvre dans Les Protocoles des Sages de Sion [texte antisémite publié en 1901 rapidement exposé comme un faux qui fantasmait un complot juif visant à contrôler le monde] se retrouve chez le penseur écologiste suédois Andreas Malm.

    Selon ce dernier, le sionisme aurait été la superstructure permettant l’infrastructure de l’extraction occidentale du pétrole et serait responsable du changement climatique, ergo de la destruction de la planète.

    L’antisionisme contemporain n’est pas une opinion, mais une haine, puisqu’il attribue à Israël une essence maléfique .

    Malgré les nombreux crimes d’Israël, un simple regard sur l’état lamentable du monde suffit à rendre une telle diabolisation risible.

    La troisième raison est que l’antisionisme contient un programme de négation de l’antisémitisme, sa dénonciation étant suspecte d’instrumentalisation.

    Cela rend à son tour moins scandaleux et plus légitime de tuer les juifs .

    Des slogans comme “Globalize the Intifada” sont en réalité des appels au meurtre indiscriminé de civils juifs partout dans le monde, puisque la seconde Intifada [2000-2005] fut une série d’attentats terroristes contre plus de 1 000 civils israéliens pendant cinq ans.

    Un tel mot d’ordre assimile donc les Israéliens aux juifs et, en établissant telle équivalence, exporte le conflit à l’échelle mondiale .

    Alors que l’affaire Dreyfus était française, les ligues antisémites de Marr allemandes et les pogroms de Kichinev de 1903 russes, l’antisémitisme est désormais un phénomène global, et ce, à plusieurs niveaux distincts .

    Il est désormais coordonné à l’échelle mondiale .

    ...

    # Intuition morale perdue

    Un autre niveau de cette haine globale concerne les motivations des étudiants, artistes et intellectuels occidentaux qui participent à ce mouvement.

    Contrairement aux Palestiniens eux-mêmes, ces personnes n’ont aucune histoire personnelle ou biographique de victimisation ou de dépossession par l’Etat israélien en jeu .

    Elles adhèrent à ce que j’appellerais une nouvelle éthique globale, fondée sur ce que [le chercheur américain] Michael Rothberg appelle “l’acteur impliqué” .

    Il s’agit là d’une nouvelle forme de conscience politique qui privilégie la dénonciation d’injustices situées dans un lieu ou une époque lointains .

    ...

    Cette éthique globale repose sur l’infrastructure intellectuelle du structuralisme, qui transpose des catégories analytiques d’un espace géographique à un autre, au mépris de l’histoire : les colonialismes de peuplement américain ou australien sont assimilés au sionisme et rendus équivalents à la barbarie coloniale des superpuissances occidentales, alors qu’Israël s’est créé comme un pays de réfugiés au sortir de la seconde guerre mondiale, offrant un abri à ce qu’il restait des juifs décimés par les pogroms et la Shoah, ainsi qu’au million de juifs expulsés des pays arabes .

    A l’époque, en 1947, le monde avait eu l’intuition morale, désormais perdue par les sujets contemporains “impliqués”, que la seule solution juste à la persécution interminable des juifs à travers le monde chrétien et arabe était de leur donner un foyer national.

    Les sujets impliqués ont perdu cette intuition parce qu’ils voient en Israël les crimes de leurs propres ancêtres et parce que le combat contre Israël synthétise et syncrétise toutes les causes de tous les opprimés.

    L’antisémitisme global apporte à la haine ancestrale des juifs sa seule conclusion logique : il a fait du monde entier un lieu où les juifs ne sont pas les bienvenus .

    Le philosophe Emmanuel Levinas (1905-1995) avait fui la Russie antisémite pour la France, parce qu’il pensait y trouver un refuge.

    Des millions de juifs ont pérégriné pour les mêmes raisons.

    Un tel refuge n’existe plus aujourd’hui.

    C’est la terre entière qui nous est désormais devenue inhospitalière .

    Pour la première fois, les juifs sont sans rêve d’un ailleurs clément, transformant l’ancienne malédiction antisémite du Juif errant en réalité.

    -->--

    #antisemitisme #antisionisme #CultureDeLantisemitisme #JuifErrant #EvaIllouz

  2. "I #have a #dream.." version #Trump

    Une salle de bal à la #Maison-Blanche : le grand rêve de #Trump en passe de devenir réalité

    Y'a pas à dire, il a vraiment de grands rêves ( #ironie )

    In the Meantime: "The #world has a #nightmare.."

    * Des millions d' #Ukrainiens massacrés
    * Des millions de #gazaouis massacrés
    * #Latinos déportés
    * #Blacks insultés
    * #Femmes dévalorisés
    * #LGBTQ+ méprisés
    * ...

    courrierinternational.com/arti

  3. #VendrediLecture avec « Splendeurs et misères des groupies » de Sophie Benard, aux éditions Les Pérégrines, pour réhabiliter la figure moquée et dépréciée de la groupie; j’ai particulièrement aimé la seconde partie du livre, groupie agissante (#FreeBritney), contre-culture et fanfictions.

    Dans la conclusion : Comme le souligne Mathilde Saliou [dans Technoféminisme — Comment le numérique aggrave les inégalités], « aujourd’hui être un geek ou un nerd est devenu relativement cool ». En revanche, « les fangirls, elles, restent dévalorisées ». Or, ce qui distingue fondamentalement la groupie du geek, c’est son genre. C’est pourquoi j’ai cherché à démontrer que cette dévalorisation s’ancrait dans des réflexes culturels misogynes.

    #MastoLivre

  4. […]
    "Dans la dépression, le mouvement ralentit, la parole devient très rare. L'immobilité gagne progressivement le corps. Après une semaine d'un traitement antidépresseur, on peut observer une levée de cette inhibition motrice, un peu comme si les mouvements avaient retrouvé leur amplitude, leur cinétique, que les muscles se réveillaient et que le tonus revenait.
    […]
    "Cette levée d'inhibition est aussi tristement célèbre en psychiatrie, parce qu'elle peut favoriser transitoirement le risque de suicide. Si vous avez un désir de mort qui est très puissant, mais que vous n'avez plus aucune volonté, vous aurez beaucoup de difficulté finalement à mettre en actes votre pensée."

    (audio fr) radiofrance.fr/franceculture/p

    #cognition #dimancheCalme #dimancheTranquille #Bienêtre #médecine #antidépresseurs #médicaments #science #psychologie #neurosciences #cerveau #suicidaire #suicide #dépression #humeur #confiance #biais #croyances #santéMentale #dévalorisation

  5. […]
    "Pas toujours clairement de façon perceptible, ces #molécules vont modifier la perception du monde, la cinétique de vos mouvements ou encore votre réactivité émotionnelle.
    "Plusieurs études ont ainsi montré que des changements très précoces avant tout effet sur l'humeur pouvaient toucher la reconnaissance des émotions faciales, l'apprentissage de nouvelles informations ou la mise à jour de vos croyances."
    […]
    "Lorsque vous prenez un #antidépresseur, vous aurez plus de facilité à reconnaître les sourires, les émotions positives sur le visage des gens que vous allez croiser dans la rue. Vous allez aussi avoir plus de difficultés à reconnaître les émotions négatives, les émotions de colère, les émotions de peur. Et vous allez avoir un rappel plus facilité de vos souvenirs positifs, agréables, du passé.
    […]

    radiofrance.fr/franceculture/p

    #cognition #dimancheCalme #dimancheTranquille #Bienêtre #médecine #antidépresseurs #médicaments #science #psychologie #neurosciences #cerveau #suicidaire #suicide #dépression #humeur #confiance #biais #croyances #santéMentale #dévalorisation #conseilPodcast

  6. "En pharmacologie, l’#antidépresseur désigne un ensemble assez divers de molécules qui n'ont pas les mêmes modalités d'action, les mêmes effets thérapeutiques ou les mêmes effets indésirables.
    […]
    "Un objectif commun : cibler les monoamines, des neuromodulateurs

    "De manière générale, il s'agit de molécules qui ciblent ce que l'on appelle les monoamines, parmi lesquelles on retrouve par exemple la sérotonine, la noradrénaline ou la dopamine. Ces monoamines sont appelées des neurotransmetteurs, car elles transmettent de l'information au travers de la fente synaptique (un espace microscopique d'environ 25 nanomètres qui sépare vos neurones). Lorsqu'un neurotransmetteur se fixe sur les récepteurs d'un neurone, il transmet un message électrique qui peut être à son tour transmis à un autre neurone. Un peu comme une course de relais. Il y a plus d'une vingtaine de types de synapses différentes, chacune transmettant des messages spécifiques et qui sont impliqués différemment dans cette activité cérébrale."
    […]

    (audio fr) radiofrance.fr/franceculture/p

    #cognition #dimancheCalme #dimancheTranquille #Bienêtre #médecine #antidépresseurs #médicaments #science #psychologie #neurosciences #cerveau #suicidaire #suicide #dépression #humeur #confiance #biais #croyances #santéMentale #dévalorisation

  7. CW: Confiance en soi, disparition, croyances négatives 🧶


    Notre système nerveux est câblé pour générer du sens à partir d'un flux d'informations discontinues, incertaines, parfois ambiguës. Pour cela, notre cerveau utilise des croyances probabilistes qui lui permettent de filtrer ses informations sensorielles, mais qui sont profondément perturbées dans la dépression.

    Si nous souffrons de dépression, nous sommes constamment traversé·es par des pensées sombres. Nous pouvons ainsi avoir tendance à croire que nous n'avons aucune valeur, que nous avons commis des erreurs terribles, que nos proches nous rejettent ou que notre condition est un fardeau sur leurs épaules dont nous devons les libérer.

    Ces croyances sont aussi au centre de ce que l’on appelle les “ruminations” — un terme qui décrit le caractère répétitif, circulaire de notre contenu mental. Ces ruminations nous enferment progressivement dans un espace de plus en plus restreint. Elles se renforcent elles-mêmes, alimentent des convictions de plus en plus négatives, envahissant tout le spectre de notre esprit.
    Ces croyances dépressives sont cruciales, car elles sont souvent associées à l'aggravation du trouble et aux risques de passage à l'acte suicidaire qui est responsable chaque année d'environ 800 000 morts à travers le monde.

    Tout un champ de recherches menées notamment par l'équipe de la psychologue Tali Sharot à University College London, s'est penché sur l'origine de nos croyances. La majorité des études réalisées chez des sujets ne souffrant pas de dépression ont montré que nous sommes collectivement biaisés dans la mise à jour de nos croyances.
    Nous sommes beaucoup plus sensibles aux informations positives que négatives lorsque nous ajustons nos croyances personnelles. Ce biais dans la mise à jour des croyances a ainsi tendance à favoriser des croyances positives à propos de nos propres compétences, de nos propres expériences. Nous avons ainsi plutôt tendance à croire que nous sommes meilleur·e conducteur·es, meilleur·es amant·es, meilleur·es en sport que la réalité de nos performances. Ce biais est présent dans toutes les civilisations, avec toutefois des variations selon les groupes considérés. On sait que les hommes ont tendance à avoir un biais positif plus tenace que les femmes. Le biais positif est également plus fort chez les descendant·es de colons en comparaison avec les Japonais·es.
    Cela pourrait être quand même, de façon plus fondamentale, une manière efficace de nous protéger finalement contre les malheurs du monde. Si nous percevions à tout moment, de manière réaliste, les dangers du monde qui nous entoure, alors notre santé mentale serait probablement bien plus fragile. Nous serions constamment anxieux, terrifiés par tout ce qui pourrait nous frapper.

    Ce mécanisme protecteur pour notre santé mentale disparaît lorsque l'on souffre de dépression. L’équipe de Tali Sharot, puis plus tard celle de Tobias Kube et Winfried Rief, a montré que la dépression réduisait la capacité à mettre à jour ces croyances après des informations positives. Cette disparition du positif a pu faire même dire à certains psychiatres qu'il existait une forme de réalisme dépressif, au sens où la dépression offrait un regard sans concession sur le monde.
    On ne sait pas si ce pseudo-réalisme dépressif est lié à une attention accrue pour les stimuli négatifs ou à une plus grande porosité des croyances pour ces informations défavorables.

    Référence : radiofrance.fr/franceculture/p

    #réalisme #optimisme #confianceEnSoi #autoDépréciation #Bienêtre #savoir #science #psychologie #neurosciences #cerveau #suicidaire #suicide #dépression #ruminations #confiance #biais #croyances #santéMentale #dévalorisation

  8. CW: Confiance en soi, disparition, croyances négatives 🧶


    Notre système nerveux est câblé pour générer du sens à partir d'un flux d'informations discontinues, incertaines, parfois ambiguës. Pour cela, notre cerveau utilise des croyances probabilistes qui lui permettent de filtrer ses informations sensorielles, mais qui sont profondément perturbées dans la dépression.

    Si nous souffrons de dépression, nous sommes constamment traversé·es par des pensées sombres. Nous pouvons ainsi avoir tendance à croire que nous n'avons aucune valeur, que nous avons commis des erreurs terribles, que nos proches nous rejettent ou que notre condition est un fardeau sur leurs épaules dont nous devons les libérer.

    Ces croyances sont aussi au centre de ce que l’on appelle les “ruminations” — un terme qui décrit le caractère répétitif, circulaire de notre contenu mental. Ces ruminations nous enferment progressivement dans un espace de plus en plus restreint. Elles se renforcent elles-mêmes, alimentent des convictions de plus en plus négatives, envahissant tout le spectre de notre esprit.
    Ces croyances dépressives sont cruciales, car elles sont souvent associées à l'aggravation du trouble et aux risques de passage à l'acte suicidaire qui est responsable chaque année d'environ 800 000 morts à travers le monde.

    Tout un champ de recherches menées notamment par l'équipe de la psychologue Tali Sharot à University College London, s'est penché sur l'origine de nos croyances. La majorité des études réalisées chez des sujets ne souffrant pas de dépression ont montré que nous sommes collectivement biaisés dans la mise à jour de nos croyances.
    Nous sommes beaucoup plus sensibles aux informations positives que négatives lorsque nous ajustons nos croyances personnelles. Ce biais dans la mise à jour des croyances a ainsi tendance à favoriser des croyances positives à propos de nos propres compétences, de nos propres expériences. Nous avons ainsi plutôt tendance à croire que nous sommes meilleur·e conducteur·es, meilleur·es amant·es, meilleur·es en sport que la réalité de nos performances. Ce biais est présent dans toutes les civilisations, avec toutefois des variations selon les groupes considérés. On sait que les hommes ont tendance à avoir un biais positif plus tenace que les femmes. Le biais positif est également plus fort chez les descendant·es de colons en comparaison avec les Japonais·es.
    Cela pourrait être quand même, de façon plus fondamentale, une manière efficace de nous protéger finalement contre les malheurs du monde. Si nous percevions à tout moment, de manière réaliste, les dangers du monde qui nous entoure, alors notre santé mentale serait probablement bien plus fragile. Nous serions constamment anxieux, terrifiés par tout ce qui pourrait nous frapper.

    Ce mécanisme protecteur pour notre santé mentale disparaît lorsque l'on souffre de dépression. L’équipe de Tali Sharot, puis plus tard celle de Tobias Kube et Winfried Rief, a montré que la dépression réduisait la capacité à mettre à jour ces croyances après des informations positives. Cette disparition du positif a pu faire même dire à certains psychiatres qu'il existait une forme de réalisme dépressif, au sens où la dépression offrait un regard sans concession sur le monde.
    On ne sait pas si ce pseudo-réalisme dépressif est lié à une attention accrue pour les stimuli négatifs ou à une plus grande porosité des croyances pour ces informations défavorables.

    Référence : radiofrance.fr/franceculture/p

    #réalisme #optimisme #confianceEnSoi #autoDépréciation #Bienêtre #savoir #science #psychologie #neurosciences #cerveau #suicidaire #suicide #dépression #ruminations #confiance #biais #croyances #santéMentale #dévalorisation

  9. CW: Confiance en soi, disparition, croyances négatives 🧶


    Notre système nerveux est câblé pour générer du sens à partir d'un flux d'informations discontinues, incertaines, parfois ambiguës. Pour cela, notre cerveau utilise des croyances probabilistes qui lui permettent de filtrer ses informations sensorielles, mais qui sont profondément perturbées dans la dépression.

    Si nous souffrons de dépression, nous sommes constamment traversé·es par des pensées sombres. Nous pouvons ainsi avoir tendance à croire que nous n'avons aucune valeur, que nous avons commis des erreurs terribles, que nos proches nous rejettent ou que notre condition est un fardeau sur leurs épaules dont nous devons les libérer.

    Ces croyances sont aussi au centre de ce que l’on appelle les “ruminations” — un terme qui décrit le caractère répétitif, circulaire de notre contenu mental. Ces ruminations nous enferment progressivement dans un espace de plus en plus restreint. Elles se renforcent elles-mêmes, alimentent des convictions de plus en plus négatives, envahissant tout le spectre de notre esprit.
    Ces croyances dépressives sont cruciales, car elles sont souvent associées à l'aggravation du trouble et aux risques de passage à l'acte suicidaire qui est responsable chaque année d'environ 800 000 morts à travers le monde.

    Tout un champ de recherches menées notamment par l'équipe de la psychologue Tali Sharot à University College London, s'est penché sur l'origine de nos croyances. La majorité des études réalisées chez des sujets ne souffrant pas de dépression ont montré que nous sommes collectivement biaisés dans la mise à jour de nos croyances.
    Nous sommes beaucoup plus sensibles aux informations positives que négatives lorsque nous ajustons nos croyances personnelles. Ce biais dans la mise à jour des croyances a ainsi tendance à favoriser des croyances positives à propos de nos propres compétences, de nos propres expériences. Nous avons ainsi plutôt tendance à croire que nous sommes meilleur·e conducteur·es, meilleur·es amant·es, meilleur·es en sport que la réalité de nos performances. Ce biais est présent dans toutes les civilisations, avec toutefois des variations selon les groupes considérés. On sait que les hommes ont tendance à avoir un biais positif plus tenace que les femmes. Le biais positif est également plus fort chez les descendant·es de colons en comparaison avec les Japonais·es.
    Cela pourrait être quand même, de façon plus fondamentale, une manière efficace de nous protéger finalement contre les malheurs du monde. Si nous percevions à tout moment, de manière réaliste, les dangers du monde qui nous entoure, alors notre santé mentale serait probablement bien plus fragile. Nous serions constamment anxieux, terrifiés par tout ce qui pourrait nous frapper.

    Ce mécanisme protecteur pour notre santé mentale disparaît lorsque l'on souffre de dépression. L’équipe de Tali Sharot, puis plus tard celle de Tobias Kube et Winfried Rief, a montré que la dépression réduisait la capacité à mettre à jour ces croyances après des informations positives. Cette disparition du positif a pu faire même dire à certains psychiatres qu'il existait une forme de réalisme dépressif, au sens où la dépression offrait un regard sans concession sur le monde.
    On ne sait pas si ce pseudo-réalisme dépressif est lié à une attention accrue pour les stimuli négatifs ou à une plus grande porosité des croyances pour ces informations défavorables.

    Référence : radiofrance.fr/franceculture/p

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  10. CW: Confiance en soi, disparition, croyances négatives 🧶


    Notre système nerveux est câblé pour générer du sens à partir d'un flux d'informations discontinues, incertaines, parfois ambiguës. Pour cela, notre cerveau utilise des croyances probabilistes qui lui permettent de filtrer ses informations sensorielles, mais qui sont profondément perturbées dans la dépression.

    Si nous souffrons de dépression, nous sommes constamment traversé·es par des pensées sombres. Nous pouvons ainsi avoir tendance à croire que nous n'avons aucune valeur, que nous avons commis des erreurs terribles, que nos proches nous rejettent ou que notre condition est un fardeau sur leurs épaules dont nous devons les libérer.

    Ces croyances sont aussi au centre de ce que l’on appelle les “ruminations” — un terme qui décrit le caractère répétitif, circulaire de notre contenu mental. Ces ruminations nous enferment progressivement dans un espace de plus en plus restreint. Elles se renforcent elles-mêmes, alimentent des convictions de plus en plus négatives, envahissant tout le spectre de notre esprit.
    Ces croyances dépressives sont cruciales, car elles sont souvent associées à l'aggravation du trouble et aux risques de passage à l'acte suicidaire qui est responsable chaque année d'environ 800 000 morts à travers le monde.

    Tout un champ de recherches menées notamment par l'équipe de la psychologue Tali Sharot à University College London, s'est penché sur l'origine de nos croyances. La majorité des études réalisées chez des sujets ne souffrant pas de dépression ont montré que nous sommes collectivement biaisés dans la mise à jour de nos croyances.
    Nous sommes beaucoup plus sensibles aux informations positives que négatives lorsque nous ajustons nos croyances personnelles. Ce biais dans la mise à jour des croyances a ainsi tendance à favoriser des croyances positives à propos de nos propres compétences, de nos propres expériences. Nous avons ainsi plutôt tendance à croire que nous sommes meilleur·e conducteur·es, meilleur·es amant·es, meilleur·es en sport que la réalité de nos performances. Ce biais est présent dans toutes les civilisations, avec toutefois des variations selon les groupes considérés. On sait que les hommes ont tendance à avoir un biais positif plus tenace que les femmes. Le biais positif est également plus fort chez les descendant·es de colons en comparaison avec les Japonais·es.
    Cela pourrait être quand même, de façon plus fondamentale, une manière efficace de nous protéger finalement contre les malheurs du monde. Si nous percevions à tout moment, de manière réaliste, les dangers du monde qui nous entoure, alors notre santé mentale serait probablement bien plus fragile. Nous serions constamment anxieux, terrifiés par tout ce qui pourrait nous frapper.

    Ce mécanisme protecteur pour notre santé mentale disparaît lorsque l'on souffre de dépression. L’équipe de Tali Sharot, puis plus tard celle de Tobias Kube et Winfried Rief, a montré que la dépression réduisait la capacité à mettre à jour ces croyances après des informations positives. Cette disparition du positif a pu faire même dire à certains psychiatres qu'il existait une forme de réalisme dépressif, au sens où la dépression offrait un regard sans concession sur le monde.
    On ne sait pas si ce pseudo-réalisme dépressif est lié à une attention accrue pour les stimuli négatifs ou à une plus grande porosité des croyances pour ces informations défavorables.

    Référence : radiofrance.fr/franceculture/p

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  11. Le racisme ordinaire des électeurs/trices du RN dans le Sud-Est, par Félicien Faury : peertube.stream/w/heJhX85bBz4X

    Les artisan·es, commerçant·es, petits retraité·es, qui ont accès à la propriété de leur résidence, se sentent acculé·es entre la pression du système immobilier exercé par les classes supérieures et la pression, par en bas, des « étrangers » venus s’installer dans des zones que la dévalorisation des biens leur rend accessible.

    "On ne vote pas RN par méprise ou manque d’éducation mais pour défendre un ordre du monde, racial et dominant."
    "On a atteint un petit statut et on ne veut pas se faire voler les fruits de son travail."
    "Le racisme est expression et exercice d'une relation de pouvoir."

    (à suivre)

    #SudEst #Sud #PACA #Provence #racisme #racismeStructurel #employés #retraités #propriété #argent #servicesPublics #école #Avignon #Vaucluse #voteRN #assistés #concurrence #famille #familles #laïcité #islamophobie #pouvoirDAchat #fragilité #fragilitéBlanche #carteScolaire #logement #pressionFoncière #foncier #FélicienFaury #Faury #lundiAM #EstelleRaconte #anthropologie #propriétaires

  12. Le racisme ordinaire des électeurs/trices du RN dans le Sud-Est, par Félicien Faury : peertube.stream/w/heJhX85bBz4X

    Les artisan·es, commerçant·es, petits retraité·es, qui ont accès à la propriété de leur résidence, se sentent acculé·es entre la pression du système immobilier exercé par les classes supérieures et la pression, par en bas, des « étrangers » venus s’installer dans des zones que la dévalorisation des biens leur rend accessible.

    "On ne vote pas RN par méprise ou manque d’éducation mais pour défendre un ordre du monde, racial et dominant."
    "On a atteint un petit statut et on ne veut pas se faire voler les fruits de son travail."
    "Le racisme est expression et exercice d'une relation de pouvoir."

    (à suivre)

    #SudEst #Sud #PACA #Provence #racisme #racismeStructurel #employés #retraités #propriété #argent #servicesPublics #école #Avignon #Vaucluse #voteRN #assistés #concurrence #famille #familles #laïcité #islamophobie #pouvoirDAchat #fragilité #fragilitéBlanche #carteScolaire #logement #pressionFoncière #foncier #FélicienFaury #Faury #lundiAM #EstelleRaconte #anthropologie #propriétaires

  13. Le racisme ordinaire des électeurs/trices du RN dans le Sud-Est, par Félicien Faury : peertube.stream/w/heJhX85bBz4X

    Les artisan·es, commerçant·es, petits retraité·es, qui ont accès à la propriété de leur résidence, se sentent acculé·es entre la pression du système immobilier exercé par les classes supérieures et la pression, par en bas, des « étrangers » venus s’installer dans des zones que la dévalorisation des biens leur rend accessible.

    "On ne vote pas RN par méprise ou manque d’éducation mais pour défendre un ordre du monde, racial et dominant."
    "On a atteint un petit statut et on ne veut pas se faire voler les fruits de son travail."
    "Le racisme est expression et exercice d'une relation de pouvoir."

    (à suivre)

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  14. Le racisme ordinaire des électeurs/trices du RN dans le Sud-Est, par Félicien Faury : peertube.stream/w/heJhX85bBz4X

    Les artisan·es, commerçant·es, petits retraité·es, qui ont accès à la propriété de leur résidence, se sentent acculé·es entre la pression du système immobilier exercé par les classes supérieures et la pression, par en bas, des « étrangers » venus s’installer dans des zones que la dévalorisation des biens leur rend accessible.

    "On ne vote pas RN par méprise ou manque d’éducation mais pour défendre un ordre du monde, racial et dominant."
    "On a atteint un petit statut et on ne veut pas se faire voler les fruits de son travail."
    "Le racisme est expression et exercice d'une relation de pouvoir."

    (à suivre)

    #SudEst #Sud #PACA #Provence #racisme #racismeStructurel #employés #retraités #propriété #argent #servicesPublics #école #Avignon #Vaucluse #voteRN #assistés #concurrence #famille #familles #laïcité #islamophobie #pouvoirDAchat #fragilité #fragilitéBlanche #carteScolaire #logement #pressionFoncière #foncier #FélicienFaury #Faury #lundiAM #EstelleRaconte #anthropologie #propriétaires

  15. Le racisme ordinaire des électeurs/trices du RN dans le Sud-Est, par Félicien Faury : peertube.stream/w/heJhX85bBz4X

    Les artisan·es, commerçant·es, petits retraité·es, qui ont accès à la propriété de leur résidence, se sentent acculé·es entre la pression du système immobilier exercé par les classes supérieures et la pression, par en bas, des « étrangers » venus s’installer dans des zones que la dévalorisation des biens leur rend accessible.

    "On ne vote pas RN par méprise ou manque d’éducation mais pour défendre un ordre du monde, racial et dominant."
    "On a atteint un petit statut et on ne veut pas se faire voler les fruits de son travail."
    "Le racisme est expression et exercice d'une relation de pouvoir."

    (à suivre)

    #SudEst #Sud #PACA #Provence #racisme #racismeStructurel #employés #retraités #propriété #argent #servicesPublics #école #Avignon #Vaucluse #voteRN #assistés #concurrence #famille #familles #laïcité #islamophobie #pouvoirDAchat #fragilité #fragilitéBlanche #carteScolaire #logement #pressionFoncière #foncier #FélicienFaury #Faury #lundiAM #EstelleRaconte #anthropologie #propriétaires

  16. #Imaginaire #Emancipation #Gauche #LutteContreExtremeDroite #PhilippeCorcuff #LutteContreLeConfusionisme

    "Face à l’extrême droite : refaire la gauche et son imaginaire, radicalement "par Philippe Corcuff

    - blogs.mediapart.fr/philippe-co

    - raar.frama.io/raar-info-2024/0

    Je nomme confusionnisme le développement d’interférences entre des postures et des thèmes d’extrême droite, de droite, du “macronisme”, de gauche modérée dite “républicaine” et de gauche radicale ¶

    Je rappelle que je nomme confusionnisme le développement d’interférences entre des postures et des thèmes d’extrême droite, de droite, du “macronisme”, de gauche modérée dite “républicaine” et de gauche radicale .

    Cela doit nous rendre vigilants (et il y a d’énormes progrès à faire sur ce plan) vis-à-vis de proximités rhétoriques non conscientes au sein même de la gauche avec des thèmes et des postures de l’extrême droite :

    - les identitarismes (c’est-à-dire des logiques de réduction des personnes et des groupes à une identité principale, homogène et fermée, de manière positive ou négative : mise en avant de “l’identité nationale”, discours anti-migrants, islamophobie, antisémitisme…),

    - la survalorisation de la nation comme seule solution (mais que peut faire une nation seule en matière de changement climatique ou de répartition plus juste des richesses ?) et la dévalorisation corrélative de la solidarité internationale,

    - le recours à des schémas conspirationnistes (se focalisant sur de supposées manipulations cachées) pour expliquer des événements à la place de la critique sociale structurelle d’inégalités, de rapports de domination et de discriminations (de classe, de genre, raciaux, homophobes, transphobes…), etc.

    ...

    Cette réinvention d’une gauche d’émancipation doit se faire à partir de la vie quotidienne, des sociabilités ordinaires, en prenant appui sur le tissu associatif et syndical ¶

    Cette réinvention d’une gauche d’émancipation doit se faire à partir de la vie quotidienne, des sociabilités ordinaires, en prenant appui sur le tissu associatif et syndical .

    Depuis les premiers pas de la gauche radicale dans les années 1990, on a eu du mal à faire ce travail patient et quotidien. On a cru à des contes de Noël autorisant des raccourcis, en faisant l’économie de la constitution d’appuis plus solides dans la société.

    On a trop couru après des “hommes providentiels” et/ou de nouvelles organisations miracle.

    J’en reviens au récent livre écrit avec Philippe Marlière "Les Tontons flingueurs de la gauche" (luttes.frama.io/contre/l-antis) , qui s’efforce de montrer que les prétendus “sauveurs suprêmes” de la gauche ont contribué à aggraver sa crise .

    Et on voit bien comment la possibilité de reconstruire une gauche d’émancipation dès aujourd’hui à partir de la vie quotidienne pourrait être facilement balayée une nouvelle fois par le rêve d’un nouvel “homme providentiel” pour 2027, comme François Ruffin pour la gauche radicale ou Raphaël Glucksmann pour la gauche sociale-démocrate…

    La renaissance d’une gauche d’émancipation : le principal ¶

    Le principal, selon moi, c’est la renaissance d’une gauche d’émancipation à partir de la crise structurelle du pôle communiste et du pôle social-démocrate et des défaillances de la gauche radicale pour les remplacer .

    Le principal ne consisterait donc pas à critiquer les idées d’extrême droite, même si c’est nécessaire, mais le principal consisterait à redonner sens à une alternative de gauche, pas un “homme providentiel”, pas une organisation miracle, mais un nouveau souffle à gauche, un nouvel imaginaire .

    ...

    Cependant, pour moi, le principal dans le principal, c’est la renaissance d’un imaginaire de gauche, d’un imaginaire émancipateur ¶

    **Cependant, pour moi, le principal dans le principal, c’est la renaissance d’un imaginaire de gauche, d’un imaginaire émancipateur**.

    Un imaginaire émancipateur, cela renverrait à quoi ?

    À une galaxie de repères à la fois sensibles et raisonnés, de valeurs, de désirs, d’affects et de connaissances, porteurs d’une critique sociale de l’ici et maintenant associée à des images d’un monde meilleur , autorisant un élargissement mental des possibles.

    Pas quelque chose qui se situerait seulement au niveau des idées, mais des aperçus de raison sensible insérés dans des pratiques, qui émergeraient transversalement des sociabilités quotidiennes, des différents terrains de lutte, des expériences alternatives et des pratiques culturelles.

    De ce point de vue, ce qui se trame dans la culture populaire de masse (chansons, cinéma, polars, séries TV, jeux vidéo…) et dans son inscription au sein de la vie ordinaire de nos contemporains constitue un enjeu politique important.

    - blogs.mediapart.fr/philippe-co

  17. Autisme et (péri)ménopause : des enjeux invisibilisés

    L’autisme, étudié surtout chez les hommes et les enfants, a historiquement laissé dans l’ombre les parcours des femmes autistes, notamment les périodes biologiques spécifiques comme la maternité, le cycle menstruel et la ménopause. Ces périodes peuvent être bouleversantes pour les personnes concernées. La périménopause et la ménopause sont des moments où s’entremêlent des transformations corporelles et émotionnelles, et une modification de la perception sociale. Les spécificités des TND entraînent leur propre symptomatique, avec avec des impacts peu reconnus. On fait le point.

    1. La ménopause
      1. Définition
      2. Périménopause
      3. Symptômes courants
      4. Stéréotypes
    2. Autisme et ménopause
      1. Des vécus exacerbés
      2. Une invisibilité systémique
      3. Une problématique handicapante (ou handicapée ?)
    3. Quelques outils
      1. Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation
      2. Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Cet article propose le téléchargement d’une fiche pratique, le téléchargement de l’outil Menstruomètre, et des liens complémentaires en fin d’article.

    La ménopause

    Définition

    La ménopause c’est l’arrêt définitif des menstruations, lié à l’arrêt de la fonction ovarienne. Elle est diagnostiquée après 12 mois sans règles, en l’absence d’autre cause. Elle survient en moyenne vers 51 ans, avec une grande variabilité individuelle. C’est le résultat d’une diminution progressive puis d’un effondrement de la production des hormones sexuelles ovariennes, surtout les œstrogènes et la progestérone. C’est une étape physiologique normale de la vie.

    Les symptômes de la ménopause sont variables en nature, en intensité et en durée : d’une personne à une autre, le vécu est différent, mais aussi l’impact sur le confort de vie.

    Périménopause

    La périménopause (ou transition ménopausique) c’est la période avant la ménopause proprement dite. Elle peut commencer plusieurs années avant l’arrêt des règles, parfois dès la fin de la trentaine. Elle se caractérise par une instabilité hormonale marquée, avec des fluctuations importantes et imprévisibles des taux d’œstrogènes et de progestérone. Cette phase se termine un an après les dernières règles. C’est souvent la période la plus symptomatique et la plus difficile à vivre.

    Symptômes courants

    • Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    • Irritabilité, fatigue accrue, voire épuisement
    • Palpitations cardiaques
    • Douleurs articulaires et/ou musculaires
    • Maux de tête, migraines
    • Troubles du sommeil
    • Troubles de la mémoire
    • Troubles de la concentration, brouillard mental
    • Troubles digestifs, ballonnements
    • Changements corporels (forme du corps, état de la peau, démangeaisons, pilosité du visage…)
    • Prise de poids
    • Chute de cheveux, ongles cassants
    • Difficultés urinaires

    Ces symptômes courants sont souvent accompagnés de changements génitaux, en particulier :

    • Diminution de la libido
    • Sécheresse vaginale
    • Sensibilité des seins
    • Gêne, douleur ou démangeaison pendant les rapports
    • Evolution du cycle menstruel (durée, intensité, importance des saignements)

    Lors de la périménopause, on retrouve régulièrement au premier plan :

    • Des troubles du sommeil sévères
    • Une hypersensibilité émotionnelle
    • Une irritabilité accrue
    • Une anxiété majorée et une baisse de la tolérance au stress
    • Des symptômes dépressifs

    Les effets de la périménopause et de la ménopause peuvent avoir un retentissement fonctionnel, psychologique et social important.

    La périménopause souffre d’un manque de sensibilisation, reste largement sous-diagnostiquée, et est encore fréquemment confondue avec des troubles psychiatriques, ce qui induit un risque fort de prise en charge inadaptée.

    Stéréotypes

    La ménopause – et tout ce qui va avec – est entourée d’un ensemble d’idées reçues ancrées dans les représentations sociales, médicales et culturelles, qui contribuent à l’invisibilisation de ses effets et à la délégitimation de l’expérience vécue par les personnes concernées.

    Souvent présentée comme un événement ponctuel, limité à l’arrêt des règles et à quelques bouffées de chaleur, cette réduction contribue à minimiser les symptômes, à retarder leur reconnaissance et à maintenir l’idée que ça fait partie de la vie (au même titre que souffrir pendant les règles) et qu’il n’y aurait rien à comprendre ou accompagner.

    La ménopause est marquée par une forte charge âgiste et sexiste, associée à une perte de valeur sociale, à la fin de la désirabilité, à une perte de compétence ou à une supposée instabilité émotionnelle. Ces stéréotypes alimentent une disqualification de la parole des personnes concernées. Dans le champ médical, les symptômes cognitifs, émotionnels ou anxieux sont souvent minimisés ou réduits à de la fragilité psychologique, sans exploration de la dimension hormonale.

    L’invisibilisation de cette période se manifeste par un manque de recherche scientifique, de formation médicale et de sensibilisation. Les études restent insuffisantes, en particulier à propos des effets neurologiques, psy et fonctionnels à moyen et long terme. Cette carence nourrit les prises en charge inadaptées.

    La ménopause est généralement considérée comme un problème strictement individuel, relevant de la sphère privée, voire de l’intime honteux. Cette conception empêche toute prise en compte collective, organisationnelle ou politique des effets de la périménopause, dans le monde du travail comme de la santé. Elle s’inscrit dans une longue tradition de pathologisation du corps féminin, dans laquelle la souffrance est tolérée tant qu’elle ne perturbe pas l’ordre social ou productif.

    La ménopause est la plupart du temps pensée à travers une norme implicite : celle d’un corps féminin, valide, hétéro, cis, socialement intégré. Cette norme invisibilise les vécus des personnes handies, précaires, racisées et marginalisées, pour lesquelles cette période peut amplifier des vulnérabilités existantes. L’absence de prise en compte de cette dimension intersectionnelle renforce les inégalités de santé et contribue à une marginalisation pluridimensionnelle : être femme, être vieillissante, et ne pas correspondre aux normes dominantes.

    Autisme et ménopause

    Pour de nombreuses personnes autistes, et plus particulièrement les personnes sexisées, le diagnostic arrive tardivement. Dans ce contexte, la périménopause peut apparaître avant que la personne n’ait les clés pour comprendre son fonctionnement particulier. Les personnes AFAB autistes vivent à l’intersection d’une pression sociale normative forte (être sociable, performante, conforme au modèle féminin attendu) et d’un profil neurodéveloppemental qui amplifie les difficultés sociales et sensorielles. Cette intersection peut rendre les changements hormonaux comme la ménopause plus difficiles à comprendre et supporter.

    Des vécus exacerbés

    Les variations hormonales influencent des zones du cerveau impliquées dans l’humeur, la régulation émotionnelle, l’attention et la cognition sociale. Pendant la périménopause, ces fluctuations hormonales sont intenses et durables : cela implique une variation des symptômes attribués à l’autisme (mais aussi à d’autres TND) et une amplification des surcharges sensorielles ou de la dysrégulation émotionnelle.

    La (péri)ménopause dans l’autisme s’accompagne très souvent de fluctuations émotionnelles intenses, de fatigue extrême, de troubles du sommeil exacerbés, de difficultés d’attention accrues.

    La cooccurrence fréquente d’autisme et de TDAH complique encore l’expérience de la périménopause. Les difficultés d’attention, la charge cognitive, les fluctuations de dopamine, peuvent amplifier les symptômes ménopausiques, et rendre difficile la différenciation entre ce qui est lié aux hormones et ce qui est lié au fonctionnement autistique.

    Chez de nombreuses personnes concernées, l’avancée en âge s’accompagne d’une intensification des manifestations de l’autisme, vécue comme à la fois incontrôlable et difficilement compréhensible. Cette amplification correspond à une modification de l’équilibre entre les capacités d’adaptation et les contraintes physiologiques, psychiques et sociales qui s’accumulent avec le temps. Ces phénomènes sont régulièrement rapportés dans le contexte de la (péri)ménopause.

    À l’âge adulte, surtout à partir de la quarantaine, plusieurs facteurs convergent pour fragiliser les stratégies de compensation mises en place. A la charge mentale liée au travail, à la parentalité, aux responsabilités sociales, s’ajoutent des changements corporels et hormonaux qui perturbent la régulation émotionnelle, le sommeil, l’énergie et la tolérance sensorielle. Pour les personnes dont le fonctionnement repose sur des équilibres coûteux en énergie, ces variations entraînent une perte de capacité de masking.

    Dans ce contexte, l’arrivée, même non identifiée, de la périménopause, peut aussi être à l’origine d’une découverte tardive de son autisme, au même titre que d’autres périodes à fortes variations hormonales.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

    Télécharger

    Une invisibilité systémique

    L’intersection entre autisme, âge et genre constitue un angle mort des politiques publiques, de la recherche scientifique et des pratiques de soin. Être une femme autiste vieillissante expose à une superposition de mécanismes de disqualification sociale, médicale et institutionnelle, qui se renforcent mutuellement. Cette configuration produit des formes spécifiques de vulnérabilité invisibilisée.

    L’errance diagnostique entraîne une absence de compréhension du fonctionnement pendant une partie de la vie, avec des conséquences cumulatives sur la santé, l’estime de soi et la trajectoire socio-professionnelle. Le coût psychique du camouflage social s’accumule sur plusieurs décennies avant d’atteindre des seuils de rupture.

    Le vieillissement féminin est constamment dévalorisé : la valeur sociale des femmes est largement corrélée à la productivité, y compris démographique, à la conformité relationnelle et à la disponibilité physique et émotionnelle.

    L’autisme est profondément stigmatisé et mal compris. Chez l’adulte, il continue d’être perçu à travers des stéréotypes infantiles ou masculins. Cette méconnaissance favorise une invalidation systématique des besoins.

    À l’intersection de ces dimensions, les femmes autistes vieillissantes sont privées de cadre de compréhension cohérent. Les difficultés sont fragmentées, ou renvoyées à des causes psychologiques individuelles, sans analyse globale. Cette fragmentation empêche les accompagnements adaptés, et favorise une psychiatrisation des vécus. Elle alimente une violence dans laquelle la personne doit s’adapter encore, sans que l’environnement ne soit interrogé.

    Cette intersection d’oppressions se traduit par une invisibilisation statistique et politique. Les femmes autistes âgées sont peu représentées dans les études, rarement ciblées par les dispositifs d’accompagnement et quasi absentes des discours publics sur l’autisme ou le vieillissement.

    Une problématique handicapante (ou handicapée ?)

    Le manque de formation et de sensibilisation au corps, aux cycles menstruels et à la sexualité des femmes handicapées constitue une défaillance des politiques de santé, d’éducation et d’accompagnement. Cette carence vient d’une logique durable d’infantilisation, de contrôle et de désexualisation du handicap.

    Les personnes repérées comme handies ont souvent un accès limité à l’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Les informations relatives aux règles, aux variations hormonales, à la douleur, au consentement ou au plaisir sont absentes ou transmises de manière partielle, normative et infantilisante. Cette transmission déficiente empêche la construction d’un rapport sécurisé au corps. Elle installe une méconnaissance durable des signaux physiologiques, des variations normales et des situations nécessitant une prise en charge médicale.

    Cette lacune est renforcée par des représentations sociales qui considèrent les femmes handies comme asexuées, éternellement mineures ou inaptes à comprendre leur propre corps. Ces représentations influencent les pratiques des milieux éducatifs, médico-sociaux ou de santé. Ces questions sont souvent minimisées ou traitées sous un angle gestionnaire, centré sur la prévention des risques plutôt que sur l’autonomie, le plaisir et le consentement.

    La (péri)ménopause est elle aussi révélatrice de ces inégalités. L’absence de préparation et de repères favorise l’anxiété, la confusion et l’auto-disqualification, lorsque les symptômes sont interprétés comme une dégradation personnelle, une instabilité psychique ou une perte de capacités, plutôt que comme une étape identifiable de la vie.

    Quelques outils

    Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation

    Voici une fiche pratique qui permet de cocher les symptômes qui interrogent concernant une possible périmenopause. On peut l’utiliser pour soi-même, ou la présenter en consultation auprès d’un·e médecin généraliste, d’un·e sage femme ou d’un·e gynécologue.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Le menstruomètre est un outil facilitant la communication avec les proches au quotidien, durant les périodes menstruelles. Son utilisation est détaillée dans un article spécifique. Il propose un complément spécifique aux personnes autistes et TDAH.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le site Parlons Règles intègre un chatbot qui peut répondre aux questions courantes.

    Ces vécus complexes, illustrées dans le cadre de l’autisme et de la (péri)ménopause, ne relèvent pas d’une fragilité individuelle, mais d’un système qui exige une adaptation constante aux normes dominantes, tout en invisibilisant celleux qui y parviennent au prix d’un épuisement profond.

    Nous sommes, une fois de plus, au croisement du validisme et du patriarcat.

    La difficulté à comprendre et anticiper le vécu difficile de la (péri)ménopause dans nos sociétés est le symptôme collectif d’un système de savoirs, de soins et de représentations qui échoue à penser la diversité humaine, à reconnaître l’impact du temps, du corps et des rapports de pouvoir, et à offrir des ressources accessibles à toustes.

    Sources

    Aller plus loin

    https://www.instagram.com/p/DA5JKogMrVk/?img_index=1

    Petite Loutre

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    #autisme #fatigue #handicap #TDAH #TND #TSA

  18. Autisme et (péri)ménopause : des enjeux invisibilisés

    L’autisme, étudié surtout chez les hommes et les enfants, a historiquement laissé dans l’ombre les parcours des femmes autistes, notamment les périodes biologiques spécifiques comme la maternité, le cycle menstruel et la ménopause. Ces périodes peuvent être bouleversantes pour les personnes concernées. La périménopause et la ménopause sont des moments où s’entremêlent des transformations corporelles et émotionnelles, et une modification de la perception sociale. Les spécificités des TND entraînent leur propre symptomatique, avec avec des impacts peu reconnus. On fait le point.

    1. La ménopause
      1. Définition
      2. Périménopause
      3. Symptômes courants
      4. Stéréotypes
    2. Autisme et ménopause
      1. Des vécus exacerbés
      2. Une invisibilité systémique
      3. Une problématique handicapante (ou handicapée ?)
    3. Quelques outils
      1. Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation
      2. Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Cet article propose le téléchargement d’une fiche pratique, le téléchargement de l’outil Menstruomètre, et des liens complémentaires en fin d’article.

    La ménopause

    Définition

    La ménopause c’est l’arrêt définitif des menstruations, lié à l’arrêt de la fonction ovarienne. Elle est diagnostiquée après 12 mois sans règles, en l’absence d’autre cause. Elle survient en moyenne vers 51 ans, avec une grande variabilité individuelle. C’est le résultat d’une diminution progressive puis d’un effondrement de la production des hormones sexuelles ovariennes, surtout les œstrogènes et la progestérone. C’est une étape physiologique normale de la vie.

    Les symptômes de la ménopause sont variables en nature, en intensité et en durée : d’une personne à une autre, le vécu est différent, mais aussi l’impact sur le confort de vie.

    Périménopause

    La périménopause (ou transition ménopausique) c’est la période avant la ménopause proprement dite. Elle peut commencer plusieurs années avant l’arrêt des règles, parfois dès la fin de la trentaine. Elle se caractérise par une instabilité hormonale marquée, avec des fluctuations importantes et imprévisibles des taux d’œstrogènes et de progestérone. Cette phase se termine un an après les dernières règles. C’est souvent la période la plus symptomatique et la plus difficile à vivre.

    Symptômes courants

    • Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    • Irritabilité, fatigue accrue, voire épuisement
    • Palpitations cardiaques
    • Douleurs articulaires et/ou musculaires
    • Maux de tête, migraines
    • Troubles du sommeil
    • Troubles de la mémoire
    • Troubles de la concentration, brouillard mental
    • Troubles digestifs, ballonnements
    • Changements corporels (forme du corps, état de la peau, démangeaisons, pilosité du visage…)
    • Prise de poids
    • Chute de cheveux, ongles cassants
    • Difficultés urinaires

    Ces symptômes courants sont souvent accompagnés de changements génitaux, en particulier :

    • Diminution de la libido
    • Sécheresse vaginale
    • Sensibilité des seins
    • Gêne, douleur ou démangeaison pendant les rapports
    • Evolution du cycle menstruel (durée, intensité, importance des saignements)

    Lors de la périménopause, on retrouve régulièrement au premier plan :

    • Des troubles du sommeil sévères
    • Une hypersensibilité émotionnelle
    • Une irritabilité accrue
    • Une anxiété majorée et une baisse de la tolérance au stress
    • Des symptômes dépressifs

    Les effets de la périménopause et de la ménopause peuvent avoir un retentissement fonctionnel, psychologique et social important.

    La périménopause souffre d’un manque de sensibilisation, reste largement sous-diagnostiquée, et est encore fréquemment confondue avec des troubles psychiatriques, ce qui induit un risque fort de prise en charge inadaptée.

    Stéréotypes

    La ménopause – et tout ce qui va avec – est entourée d’un ensemble d’idées reçues ancrées dans les représentations sociales, médicales et culturelles, qui contribuent à l’invisibilisation de ses effets et à la délégitimation de l’expérience vécue par les personnes concernées.

    Souvent présentée comme un événement ponctuel, limité à l’arrêt des règles et à quelques bouffées de chaleur, cette réduction contribue à minimiser les symptômes, à retarder leur reconnaissance et à maintenir l’idée que ça fait partie de la vie (au même titre que souffrir pendant les règles) et qu’il n’y aurait rien à comprendre ou accompagner.

    La ménopause est marquée par une forte charge âgiste et sexiste, associée à une perte de valeur sociale, à la fin de la désirabilité, à une perte de compétence ou à une supposée instabilité émotionnelle. Ces stéréotypes alimentent une disqualification de la parole des personnes concernées. Dans le champ médical, les symptômes cognitifs, émotionnels ou anxieux sont souvent minimisés ou réduits à de la fragilité psychologique, sans exploration de la dimension hormonale.

    L’invisibilisation de cette période se manifeste par un manque de recherche scientifique, de formation médicale et de sensibilisation. Les études restent insuffisantes, en particulier à propos des effets neurologiques, psy et fonctionnels à moyen et long terme. Cette carence nourrit les prises en charge inadaptées.

    La ménopause est généralement considérée comme un problème strictement individuel, relevant de la sphère privée, voire de l’intime honteux. Cette conception empêche toute prise en compte collective, organisationnelle ou politique des effets de la périménopause, dans le monde du travail comme de la santé. Elle s’inscrit dans une longue tradition de pathologisation du corps féminin, dans laquelle la souffrance est tolérée tant qu’elle ne perturbe pas l’ordre social ou productif.

    La ménopause est la plupart du temps pensée à travers une norme implicite : celle d’un corps féminin, valide, hétéro, cis, socialement intégré. Cette norme invisibilise les vécus des personnes handies, précaires, racisées et marginalisées, pour lesquelles cette période peut amplifier des vulnérabilités existantes. L’absence de prise en compte de cette dimension intersectionnelle renforce les inégalités de santé et contribue à une marginalisation pluridimensionnelle : être femme, être vieillissante, et ne pas correspondre aux normes dominantes.

    Autisme et ménopause

    Pour de nombreuses personnes autistes, et plus particulièrement les personnes sexisées, le diagnostic arrive tardivement. Dans ce contexte, la périménopause peut apparaître avant que la personne n’ait les clés pour comprendre son fonctionnement particulier. Les personnes AFAB autistes vivent à l’intersection d’une pression sociale normative forte (être sociable, performante, conforme au modèle féminin attendu) et d’un profil neurodéveloppemental qui amplifie les difficultés sociales et sensorielles. Cette intersection peut rendre les changements hormonaux comme la ménopause plus difficiles à comprendre et supporter.

    Des vécus exacerbés

    Les variations hormonales influencent des zones du cerveau impliquées dans l’humeur, la régulation émotionnelle, l’attention et la cognition sociale. Pendant la périménopause, ces fluctuations hormonales sont intenses et durables : cela implique une variation des symptômes attribués à l’autisme (mais aussi à d’autres TND) et une amplification des surcharges sensorielles ou de la dysrégulation émotionnelle.

    La (péri)ménopause dans l’autisme s’accompagne très souvent de fluctuations émotionnelles intenses, de fatigue extrême, de troubles du sommeil exacerbés, de difficultés d’attention accrues.

    La cooccurrence fréquente d’autisme et de TDAH complique encore l’expérience de la périménopause. Les difficultés d’attention, la charge cognitive, les fluctuations de dopamine, peuvent amplifier les symptômes ménopausiques, et rendre difficile la différenciation entre ce qui est lié aux hormones et ce qui est lié au fonctionnement autistique.

    Chez de nombreuses personnes concernées, l’avancée en âge s’accompagne d’une intensification des manifestations de l’autisme, vécue comme à la fois incontrôlable et difficilement compréhensible. Cette amplification correspond à une modification de l’équilibre entre les capacités d’adaptation et les contraintes physiologiques, psychiques et sociales qui s’accumulent avec le temps. Ces phénomènes sont régulièrement rapportés dans le contexte de la (péri)ménopause.

    À l’âge adulte, surtout à partir de la quarantaine, plusieurs facteurs convergent pour fragiliser les stratégies de compensation mises en place. A la charge mentale liée au travail, à la parentalité, aux responsabilités sociales, s’ajoutent des changements corporels et hormonaux qui perturbent la régulation émotionnelle, le sommeil, l’énergie et la tolérance sensorielle. Pour les personnes dont le fonctionnement repose sur des équilibres coûteux en énergie, ces variations entraînent une perte de capacité de masking.

    Dans ce contexte, l’arrivée, même non identifiée, de la périménopause, peut aussi être à l’origine d’une découverte tardive de son autisme, au même titre que d’autres périodes à fortes variations hormonales.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Une invisibilité systémique

    L’intersection entre autisme, âge et genre constitue un angle mort des politiques publiques, de la recherche scientifique et des pratiques de soin. Être une femme autiste vieillissante expose à une superposition de mécanismes de disqualification sociale, médicale et institutionnelle, qui se renforcent mutuellement. Cette configuration produit des formes spécifiques de vulnérabilité invisibilisée.

    L’errance diagnostique entraîne une absence de compréhension du fonctionnement pendant une partie de la vie, avec des conséquences cumulatives sur la santé, l’estime de soi et la trajectoire socio-professionnelle. Le coût psychique du camouflage social s’accumule sur plusieurs décennies avant d’atteindre des seuils de rupture.

    Le vieillissement féminin est constamment dévalorisé : la valeur sociale des femmes est largement corrélée à la productivité, y compris démographique, à la conformité relationnelle et à la disponibilité physique et émotionnelle.

    L’autisme est profondément stigmatisé et mal compris. Chez l’adulte, il continue d’être perçu à travers des stéréotypes infantiles ou masculins. Cette méconnaissance favorise une invalidation systématique des besoins.

    À l’intersection de ces dimensions, les femmes autistes vieillissantes sont privées de cadre de compréhension cohérent. Les difficultés sont fragmentées, ou renvoyées à des causes psychologiques individuelles, sans analyse globale. Cette fragmentation empêche les accompagnements adaptés, et favorise une psychiatrisation des vécus. Elle alimente une violence dans laquelle la personne doit s’adapter encore, sans que l’environnement ne soit interrogé.

    Cette intersection d’oppressions se traduit par une invisibilisation statistique et politique. Les femmes autistes âgées sont peu représentées dans les études, rarement ciblées par les dispositifs d’accompagnement et quasi absentes des discours publics sur l’autisme ou le vieillissement.

    Une problématique handicapante (ou handicapée ?)

    Le manque de formation et de sensibilisation au corps, aux cycles menstruels et à la sexualité des femmes handicapées constitue une défaillance des politiques de santé, d’éducation et d’accompagnement. Cette carence vient d’une logique durable d’infantilisation, de contrôle et de désexualisation du handicap.

    Les personnes repérées comme handies ont souvent un accès limité à l’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Les informations relatives aux règles, aux variations hormonales, à la douleur, au consentement ou au plaisir sont absentes ou transmises de manière partielle, normative et infantilisante. Cette transmission déficiente empêche la construction d’un rapport sécurisé au corps. Elle installe une méconnaissance durable des signaux physiologiques, des variations normales et des situations nécessitant une prise en charge médicale.

    Cette lacune est renforcée par des représentations sociales qui considèrent les femmes handies comme asexuées, éternellement mineures ou inaptes à comprendre leur propre corps. Ces représentations influencent les pratiques des milieux éducatifs, médico-sociaux ou de santé. Ces questions sont souvent minimisées ou traitées sous un angle gestionnaire, centré sur la prévention des risques plutôt que sur l’autonomie, le plaisir et le consentement.

    La (péri)ménopause est elle aussi révélatrice de ces inégalités. L’absence de préparation et de repères favorise l’anxiété, la confusion et l’auto-disqualification, lorsque les symptômes sont interprétés comme une dégradation personnelle, une instabilité psychique ou une perte de capacités, plutôt que comme une étape identifiable de la vie.

    Quelques outils

    Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation

    Voici une fiche pratique qui permet de cocher les symptômes qui interrogent concernant une possible périmenopause. On peut l’utiliser pour soi-même, ou la présenter en consultation auprès d’un·e médecin généraliste, d’un·e sage femme ou d’un·e gynécologue.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

    Télécharger

    Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Le menstruomètre est un outil facilitant la communication avec les proches au quotidien, durant les périodes menstruelles. Son utilisation est détaillée dans un article spécifique. Il propose un complément spécifique aux personnes autistes et TDAH.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

    En savoir plus Télécharger

    Le site Parlons Règles intègre un chatbot qui peut répondre aux questions courantes.

    Ces vécus complexes, illustrées dans le cadre de l’autisme et de la (péri)ménopause, ne relèvent pas d’une fragilité individuelle, mais d’un système qui exige une adaptation constante aux normes dominantes, tout en invisibilisant celleux qui y parviennent au prix d’un épuisement profond.

    Nous sommes, une fois de plus, au croisement du validisme et du patriarcat.

    La difficulté à comprendre et anticiper le vécu difficile de la (péri)ménopause dans nos sociétés est le symptôme collectif d’un système de savoirs, de soins et de représentations qui échoue à penser la diversité humaine, à reconnaître l’impact du temps, du corps et des rapports de pouvoir, et à offrir des ressources accessibles à toustes.

    Sources

    Aller plus loin

    https://www.instagram.com/p/DA5JKogMrVk/?img_index=1

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    Autisme et fêtes : Des outils pour expliquer aux proches comment s’adapter

    Le TDA/H (ADHD) : historique et définition d’un diagnostic

    #autisme #fatigue #handicap #TDAH #TND #TSA

  19. Autisme et (péri)ménopause : des enjeux invisibilisés

    L’autisme, étudié surtout chez les hommes et les enfants, a historiquement laissé dans l’ombre les parcours des femmes autistes, notamment les périodes biologiques spécifiques comme la maternité, le cycle menstruel et la ménopause. Ces périodes peuvent être bouleversantes pour les personnes concernées. La périménopause et la ménopause sont des moments où s’entremêlent des transformations corporelles et émotionnelles, et une modification de la perception sociale. Les spécificités des TND entraînent leur propre symptomatique, avec avec des impacts peu reconnus. On fait le point.

    1. La ménopause
      1. Définition
      2. Périménopause
      3. Symptômes courants
      4. Stéréotypes
    2. Autisme et ménopause
      1. Des vécus exacerbés
      2. Une invisibilité systémique
      3. Une problématique handicapante (ou handicapée ?)
    3. Quelques outils
      1. Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation
      2. Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Cet article propose le téléchargement d’une fiche pratique, le téléchargement de l’outil Menstruomètre, et des liens complémentaires en fin d’article.

    La ménopause

    Définition

    La ménopause c’est l’arrêt définitif des menstruations, lié à l’arrêt de la fonction ovarienne. Elle est diagnostiquée après 12 mois sans règles, en l’absence d’autre cause. Elle survient en moyenne vers 51 ans, avec une grande variabilité individuelle. C’est le résultat d’une diminution progressive puis d’un effondrement de la production des hormones sexuelles ovariennes, surtout les œstrogènes et la progestérone. C’est une étape physiologique normale de la vie.

    Les symptômes de la ménopause sont variables en nature, en intensité et en durée : d’une personne à une autre, le vécu est différent, mais aussi l’impact sur le confort de vie.

    Périménopause

    La périménopause (ou transition ménopausique) c’est la période avant la ménopause proprement dite. Elle peut commencer plusieurs années avant l’arrêt des règles, parfois dès la fin de la trentaine. Elle se caractérise par une instabilité hormonale marquée, avec des fluctuations importantes et imprévisibles des taux d’œstrogènes et de progestérone. Cette phase se termine un an après les dernières règles. C’est souvent la période la plus symptomatique et la plus difficile à vivre.

    Symptômes courants

    • Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    • Irritabilité, fatigue accrue, voire épuisement
    • Palpitations cardiaques
    • Douleurs articulaires et/ou musculaires
    • Maux de tête, migraines
    • Troubles du sommeil
    • Troubles de la mémoire
    • Troubles de la concentration, brouillard mental
    • Troubles digestifs, ballonnements
    • Changements corporels (forme du corps, état de la peau, démangeaisons, pilosité du visage…)
    • Prise de poids
    • Chute de cheveux, ongles cassants
    • Difficultés urinaires

    Ces symptômes courants sont souvent accompagnés de changements génitaux, en particulier :

    • Diminution de la libido
    • Sécheresse vaginale
    • Sensibilité des seins
    • Gêne, douleur ou démangeaison pendant les rapports
    • Evolution du cycle menstruel (durée, intensité, importance des saignements)

    Lors de la périménopause, on retrouve régulièrement au premier plan :

    • Des troubles du sommeil sévères
    • Une hypersensibilité émotionnelle
    • Une irritabilité accrue
    • Une anxiété majorée et une baisse de la tolérance au stress
    • Des symptômes dépressifs

    Les effets de la périménopause et de la ménopause peuvent avoir un retentissement fonctionnel, psychologique et social important.

    La périménopause souffre d’un manque de sensibilisation, reste largement sous-diagnostiquée, et est encore fréquemment confondue avec des troubles psychiatriques, ce qui induit un risque fort de prise en charge inadaptée.

    Stéréotypes

    La ménopause – et tout ce qui va avec – est entourée d’un ensemble d’idées reçues ancrées dans les représentations sociales, médicales et culturelles, qui contribuent à l’invisibilisation de ses effets et à la délégitimation de l’expérience vécue par les personnes concernées.

    Souvent présentée comme un événement ponctuel, limité à l’arrêt des règles et à quelques bouffées de chaleur, cette réduction contribue à minimiser les symptômes, à retarder leur reconnaissance et à maintenir l’idée que ça fait partie de la vie (au même titre que souffrir pendant les règles) et qu’il n’y aurait rien à comprendre ou accompagner.

    La ménopause est marquée par une forte charge âgiste et sexiste, associée à une perte de valeur sociale, à la fin de la désirabilité, à une perte de compétence ou à une supposée instabilité émotionnelle. Ces stéréotypes alimentent une disqualification de la parole des personnes concernées. Dans le champ médical, les symptômes cognitifs, émotionnels ou anxieux sont souvent minimisés ou réduits à de la fragilité psychologique, sans exploration de la dimension hormonale.

    L’invisibilisation de cette période se manifeste par un manque de recherche scientifique, de formation médicale et de sensibilisation. Les études restent insuffisantes, en particulier à propos des effets neurologiques, psy et fonctionnels à moyen et long terme. Cette carence nourrit les prises en charge inadaptées.

    La ménopause est généralement considérée comme un problème strictement individuel, relevant de la sphère privée, voire de l’intime honteux. Cette conception empêche toute prise en compte collective, organisationnelle ou politique des effets de la périménopause, dans le monde du travail comme de la santé. Elle s’inscrit dans une longue tradition de pathologisation du corps féminin, dans laquelle la souffrance est tolérée tant qu’elle ne perturbe pas l’ordre social ou productif.

    La ménopause est la plupart du temps pensée à travers une norme implicite : celle d’un corps féminin, valide, hétéro, cis, socialement intégré. Cette norme invisibilise les vécus des personnes handies, précaires, racisées et marginalisées, pour lesquelles cette période peut amplifier des vulnérabilités existantes. L’absence de prise en compte de cette dimension intersectionnelle renforce les inégalités de santé et contribue à une marginalisation pluridimensionnelle : être femme, être vieillissante, et ne pas correspondre aux normes dominantes.

    Autisme et ménopause

    Pour de nombreuses personnes autistes, et plus particulièrement les personnes sexisées, le diagnostic arrive tardivement. Dans ce contexte, la périménopause peut apparaître avant que la personne n’ait les clés pour comprendre son fonctionnement particulier. Les personnes AFAB autistes vivent à l’intersection d’une pression sociale normative forte (être sociable, performante, conforme au modèle féminin attendu) et d’un profil neurodéveloppemental qui amplifie les difficultés sociales et sensorielles. Cette intersection peut rendre les changements hormonaux comme la ménopause plus difficiles à comprendre et supporter.

    Des vécus exacerbés

    Les variations hormonales influencent des zones du cerveau impliquées dans l’humeur, la régulation émotionnelle, l’attention et la cognition sociale. Pendant la périménopause, ces fluctuations hormonales sont intenses et durables : cela implique une variation des symptômes attribués à l’autisme (mais aussi à d’autres TND) et une amplification des surcharges sensorielles ou de la dysrégulation émotionnelle.

    La (péri)ménopause dans l’autisme s’accompagne très souvent de fluctuations émotionnelles intenses, de fatigue extrême, de troubles du sommeil exacerbés, de difficultés d’attention accrues.

    La cooccurrence fréquente d’autisme et de TDAH complique encore l’expérience de la périménopause. Les difficultés d’attention, la charge cognitive, les fluctuations de dopamine, peuvent amplifier les symptômes ménopausiques, et rendre difficile la différenciation entre ce qui est lié aux hormones et ce qui est lié au fonctionnement autistique.

    Chez de nombreuses personnes concernées, l’avancée en âge s’accompagne d’une intensification des manifestations de l’autisme, vécue comme à la fois incontrôlable et difficilement compréhensible. Cette amplification correspond à une modification de l’équilibre entre les capacités d’adaptation et les contraintes physiologiques, psychiques et sociales qui s’accumulent avec le temps. Ces phénomènes sont régulièrement rapportés dans le contexte de la (péri)ménopause.

    À l’âge adulte, surtout à partir de la quarantaine, plusieurs facteurs convergent pour fragiliser les stratégies de compensation mises en place. A la charge mentale liée au travail, à la parentalité, aux responsabilités sociales, s’ajoutent des changements corporels et hormonaux qui perturbent la régulation émotionnelle, le sommeil, l’énergie et la tolérance sensorielle. Pour les personnes dont le fonctionnement repose sur des équilibres coûteux en énergie, ces variations entraînent une perte de capacité de masking.

    Dans ce contexte, l’arrivée, même non identifiée, de la périménopause, peut aussi être à l’origine d’une découverte tardive de son autisme, au même titre que d’autres périodes à fortes variations hormonales.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

    Télécharger

    Une invisibilité systémique

    L’intersection entre autisme, âge et genre constitue un angle mort des politiques publiques, de la recherche scientifique et des pratiques de soin. Être une femme autiste vieillissante expose à une superposition de mécanismes de disqualification sociale, médicale et institutionnelle, qui se renforcent mutuellement. Cette configuration produit des formes spécifiques de vulnérabilité invisibilisée.

    L’errance diagnostique entraîne une absence de compréhension du fonctionnement pendant une partie de la vie, avec des conséquences cumulatives sur la santé, l’estime de soi et la trajectoire socio-professionnelle. Le coût psychique du camouflage social s’accumule sur plusieurs décennies avant d’atteindre des seuils de rupture.

    Le vieillissement féminin est constamment dévalorisé : la valeur sociale des femmes est largement corrélée à la productivité, y compris démographique, à la conformité relationnelle et à la disponibilité physique et émotionnelle.

    L’autisme est profondément stigmatisé et mal compris. Chez l’adulte, il continue d’être perçu à travers des stéréotypes infantiles ou masculins. Cette méconnaissance favorise une invalidation systématique des besoins.

    À l’intersection de ces dimensions, les femmes autistes vieillissantes sont privées de cadre de compréhension cohérent. Les difficultés sont fragmentées, ou renvoyées à des causes psychologiques individuelles, sans analyse globale. Cette fragmentation empêche les accompagnements adaptés, et favorise une psychiatrisation des vécus. Elle alimente une violence dans laquelle la personne doit s’adapter encore, sans que l’environnement ne soit interrogé.

    Cette intersection d’oppressions se traduit par une invisibilisation statistique et politique. Les femmes autistes âgées sont peu représentées dans les études, rarement ciblées par les dispositifs d’accompagnement et quasi absentes des discours publics sur l’autisme ou le vieillissement.

    Une problématique handicapante (ou handicapée ?)

    Le manque de formation et de sensibilisation au corps, aux cycles menstruels et à la sexualité des femmes handicapées constitue une défaillance des politiques de santé, d’éducation et d’accompagnement. Cette carence vient d’une logique durable d’infantilisation, de contrôle et de désexualisation du handicap.

    Les personnes repérées comme handies ont souvent un accès limité à l’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Les informations relatives aux règles, aux variations hormonales, à la douleur, au consentement ou au plaisir sont absentes ou transmises de manière partielle, normative et infantilisante. Cette transmission déficiente empêche la construction d’un rapport sécurisé au corps. Elle installe une méconnaissance durable des signaux physiologiques, des variations normales et des situations nécessitant une prise en charge médicale.

    Cette lacune est renforcée par des représentations sociales qui considèrent les femmes handies comme asexuées, éternellement mineures ou inaptes à comprendre leur propre corps. Ces représentations influencent les pratiques des milieux éducatifs, médico-sociaux ou de santé. Ces questions sont souvent minimisées ou traitées sous un angle gestionnaire, centré sur la prévention des risques plutôt que sur l’autonomie, le plaisir et le consentement.

    La (péri)ménopause est elle aussi révélatrice de ces inégalités. L’absence de préparation et de repères favorise l’anxiété, la confusion et l’auto-disqualification, lorsque les symptômes sont interprétés comme une dégradation personnelle, une instabilité psychique ou une perte de capacités, plutôt que comme une étape identifiable de la vie.

    Quelques outils

    Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation

    Voici une fiche pratique qui permet de cocher les symptômes qui interrogent concernant une possible périmenopause. On peut l’utiliser pour soi-même, ou la présenter en consultation auprès d’un·e médecin généraliste, d’un·e sage femme ou d’un·e gynécologue.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Le menstruomètre est un outil facilitant la communication avec les proches au quotidien, durant les périodes menstruelles. Son utilisation est détaillée dans un article spécifique. Il propose un complément spécifique aux personnes autistes et TDAH.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le site Parlons Règles intègre un chatbot qui peut répondre aux questions courantes.

    Ces vécus complexes, illustrées dans le cadre de l’autisme et de la (péri)ménopause, ne relèvent pas d’une fragilité individuelle, mais d’un système qui exige une adaptation constante aux normes dominantes, tout en invisibilisant celleux qui y parviennent au prix d’un épuisement profond.

    Nous sommes, une fois de plus, au croisement du validisme et du patriarcat.

    La difficulté à comprendre et anticiper le vécu difficile de la (péri)ménopause dans nos sociétés est le symptôme collectif d’un système de savoirs, de soins et de représentations qui échoue à penser la diversité humaine, à reconnaître l’impact du temps, du corps et des rapports de pouvoir, et à offrir des ressources accessibles à toustes.

    Sources

    Aller plus loin

    https://www.instagram.com/p/DA5JKogMrVk/?img_index=1

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  20. Autisme et (péri)ménopause : des enjeux invisibilisés

    L’autisme, étudié surtout chez les hommes et les enfants, a historiquement laissé dans l’ombre les parcours des femmes autistes, notamment les périodes biologiques spécifiques comme la maternité, le cycle menstruel et la ménopause. Ces périodes peuvent être bouleversantes pour les personnes concernées. La périménopause et la ménopause sont des moments où s’entremêlent des transformations corporelles et émotionnelles, et une modification de la perception sociale. Les spécificités des TND entraînent leur propre symptomatique, avec avec des impacts peu reconnus. On fait le point.

    1. La ménopause
      1. Définition
      2. Périménopause
      3. Symptômes courants
      4. Stéréotypes
    2. Autisme et ménopause
      1. Des vécus exacerbés
      2. Une invisibilité systémique
      3. Une problématique handicapante (ou handicapée ?)
    3. Quelques outils
      1. Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation
      2. Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Cet article propose le téléchargement d’une fiche pratique, le téléchargement de l’outil Menstruomètre, et des liens complémentaires en fin d’article.

    La ménopause

    Définition

    La ménopause c’est l’arrêt définitif des menstruations, lié à l’arrêt de la fonction ovarienne. Elle est diagnostiquée après 12 mois sans règles, en l’absence d’autre cause. Elle survient en moyenne vers 51 ans, avec une grande variabilité individuelle. C’est le résultat d’une diminution progressive puis d’un effondrement de la production des hormones sexuelles ovariennes, surtout les œstrogènes et la progestérone. C’est une étape physiologique normale de la vie.

    Les symptômes de la ménopause sont variables en nature, en intensité et en durée : d’une personne à une autre, le vécu est différent, mais aussi l’impact sur le confort de vie.

    Périménopause

    La périménopause (ou transition ménopausique) c’est la période avant la ménopause proprement dite. Elle peut commencer plusieurs années avant l’arrêt des règles, parfois dès la fin de la trentaine. Elle se caractérise par une instabilité hormonale marquée, avec des fluctuations importantes et imprévisibles des taux d’œstrogènes et de progestérone. Cette phase se termine un an après les dernières règles. C’est souvent la période la plus symptomatique et la plus difficile à vivre.

    Symptômes courants

    • Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    • Irritabilité, fatigue accrue, voire épuisement
    • Palpitations cardiaques
    • Douleurs articulaires et/ou musculaires
    • Maux de tête, migraines
    • Troubles du sommeil
    • Troubles de la mémoire
    • Troubles de la concentration, brouillard mental
    • Troubles digestifs, ballonnements
    • Changements corporels (forme du corps, état de la peau, démangeaisons, pilosité du visage…)
    • Prise de poids
    • Chute de cheveux, ongles cassants
    • Difficultés urinaires

    Ces symptômes courants sont souvent accompagnés de changements génitaux, en particulier :

    • Diminution de la libido
    • Sécheresse vaginale
    • Sensibilité des seins
    • Gêne, douleur ou démangeaison pendant les rapports
    • Evolution du cycle menstruel (durée, intensité, importance des saignements)

    Lors de la périménopause, on retrouve régulièrement au premier plan :

    • Des troubles du sommeil sévères
    • Une hypersensibilité émotionnelle
    • Une irritabilité accrue
    • Une anxiété majorée et une baisse de la tolérance au stress
    • Des symptômes dépressifs

    Les effets de la périménopause et de la ménopause peuvent avoir un retentissement fonctionnel, psychologique et social important.

    La périménopause souffre d’un manque de sensibilisation, reste largement sous-diagnostiquée, et est encore fréquemment confondue avec des troubles psychiatriques, ce qui induit un risque fort de prise en charge inadaptée.

    Stéréotypes

    La ménopause – et tout ce qui va avec – est entourée d’un ensemble d’idées reçues ancrées dans les représentations sociales, médicales et culturelles, qui contribuent à l’invisibilisation de ses effets et à la délégitimation de l’expérience vécue par les personnes concernées.

    Souvent présentée comme un événement ponctuel, limité à l’arrêt des règles et à quelques bouffées de chaleur, cette réduction contribue à minimiser les symptômes, à retarder leur reconnaissance et à maintenir l’idée que ça fait partie de la vie (au même titre que souffrir pendant les règles) et qu’il n’y aurait rien à comprendre ou accompagner.

    La ménopause est marquée par une forte charge âgiste et sexiste, associée à une perte de valeur sociale, à la fin de la désirabilité, à une perte de compétence ou à une supposée instabilité émotionnelle. Ces stéréotypes alimentent une disqualification de la parole des personnes concernées. Dans le champ médical, les symptômes cognitifs, émotionnels ou anxieux sont souvent minimisés ou réduits à de la fragilité psychologique, sans exploration de la dimension hormonale.

    L’invisibilisation de cette période se manifeste par un manque de recherche scientifique, de formation médicale et de sensibilisation. Les études restent insuffisantes, en particulier à propos des effets neurologiques, psy et fonctionnels à moyen et long terme. Cette carence nourrit les prises en charge inadaptées.

    La ménopause est généralement considérée comme un problème strictement individuel, relevant de la sphère privée, voire de l’intime honteux. Cette conception empêche toute prise en compte collective, organisationnelle ou politique des effets de la périménopause, dans le monde du travail comme de la santé. Elle s’inscrit dans une longue tradition de pathologisation du corps féminin, dans laquelle la souffrance est tolérée tant qu’elle ne perturbe pas l’ordre social ou productif.

    La ménopause est la plupart du temps pensée à travers une norme implicite : celle d’un corps féminin, valide, hétéro, cis, socialement intégré. Cette norme invisibilise les vécus des personnes handies, précaires, racisées et marginalisées, pour lesquelles cette période peut amplifier des vulnérabilités existantes. L’absence de prise en compte de cette dimension intersectionnelle renforce les inégalités de santé et contribue à une marginalisation pluridimensionnelle : être femme, être vieillissante, et ne pas correspondre aux normes dominantes.

    Autisme et ménopause

    Pour de nombreuses personnes autistes, et plus particulièrement les personnes sexisées, le diagnostic arrive tardivement. Dans ce contexte, la périménopause peut apparaître avant que la personne n’ait les clés pour comprendre son fonctionnement particulier. Les personnes AFAB autistes vivent à l’intersection d’une pression sociale normative forte (être sociable, performante, conforme au modèle féminin attendu) et d’un profil neurodéveloppemental qui amplifie les difficultés sociales et sensorielles. Cette intersection peut rendre les changements hormonaux comme la ménopause plus difficiles à comprendre et supporter.

    Des vécus exacerbés

    Les variations hormonales influencent des zones du cerveau impliquées dans l’humeur, la régulation émotionnelle, l’attention et la cognition sociale. Pendant la périménopause, ces fluctuations hormonales sont intenses et durables : cela implique une variation des symptômes attribués à l’autisme (mais aussi à d’autres TND) et une amplification des surcharges sensorielles ou de la dysrégulation émotionnelle.

    La (péri)ménopause dans l’autisme s’accompagne très souvent de fluctuations émotionnelles intenses, de fatigue extrême, de troubles du sommeil exacerbés, de difficultés d’attention accrues.

    La cooccurrence fréquente d’autisme et de TDAH complique encore l’expérience de la périménopause. Les difficultés d’attention, la charge cognitive, les fluctuations de dopamine, peuvent amplifier les symptômes ménopausiques, et rendre difficile la différenciation entre ce qui est lié aux hormones et ce qui est lié au fonctionnement autistique.

    Chez de nombreuses personnes concernées, l’avancée en âge s’accompagne d’une intensification des manifestations de l’autisme, vécue comme à la fois incontrôlable et difficilement compréhensible. Cette amplification correspond à une modification de l’équilibre entre les capacités d’adaptation et les contraintes physiologiques, psychiques et sociales qui s’accumulent avec le temps. Ces phénomènes sont régulièrement rapportés dans le contexte de la (péri)ménopause.

    À l’âge adulte, surtout à partir de la quarantaine, plusieurs facteurs convergent pour fragiliser les stratégies de compensation mises en place. A la charge mentale liée au travail, à la parentalité, aux responsabilités sociales, s’ajoutent des changements corporels et hormonaux qui perturbent la régulation émotionnelle, le sommeil, l’énergie et la tolérance sensorielle. Pour les personnes dont le fonctionnement repose sur des équilibres coûteux en énergie, ces variations entraînent une perte de capacité de masking.

    Dans ce contexte, l’arrivée, même non identifiée, de la périménopause, peut aussi être à l’origine d’une découverte tardive de son autisme, au même titre que d’autres périodes à fortes variations hormonales.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Une invisibilité systémique

    L’intersection entre autisme, âge et genre constitue un angle mort des politiques publiques, de la recherche scientifique et des pratiques de soin. Être une femme autiste vieillissante expose à une superposition de mécanismes de disqualification sociale, médicale et institutionnelle, qui se renforcent mutuellement. Cette configuration produit des formes spécifiques de vulnérabilité invisibilisée.

    L’errance diagnostique entraîne une absence de compréhension du fonctionnement pendant une partie de la vie, avec des conséquences cumulatives sur la santé, l’estime de soi et la trajectoire socio-professionnelle. Le coût psychique du camouflage social s’accumule sur plusieurs décennies avant d’atteindre des seuils de rupture.

    Le vieillissement féminin est constamment dévalorisé : la valeur sociale des femmes est largement corrélée à la productivité, y compris démographique, à la conformité relationnelle et à la disponibilité physique et émotionnelle.

    L’autisme est profondément stigmatisé et mal compris. Chez l’adulte, il continue d’être perçu à travers des stéréotypes infantiles ou masculins. Cette méconnaissance favorise une invalidation systématique des besoins.

    À l’intersection de ces dimensions, les femmes autistes vieillissantes sont privées de cadre de compréhension cohérent. Les difficultés sont fragmentées, ou renvoyées à des causes psychologiques individuelles, sans analyse globale. Cette fragmentation empêche les accompagnements adaptés, et favorise une psychiatrisation des vécus. Elle alimente une violence dans laquelle la personne doit s’adapter encore, sans que l’environnement ne soit interrogé.

    Cette intersection d’oppressions se traduit par une invisibilisation statistique et politique. Les femmes autistes âgées sont peu représentées dans les études, rarement ciblées par les dispositifs d’accompagnement et quasi absentes des discours publics sur l’autisme ou le vieillissement.

    Une problématique handicapante (ou handicapée ?)

    Le manque de formation et de sensibilisation au corps, aux cycles menstruels et à la sexualité des femmes handicapées constitue une défaillance des politiques de santé, d’éducation et d’accompagnement. Cette carence vient d’une logique durable d’infantilisation, de contrôle et de désexualisation du handicap.

    Les personnes repérées comme handies ont souvent un accès limité à l’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Les informations relatives aux règles, aux variations hormonales, à la douleur, au consentement ou au plaisir sont absentes ou transmises de manière partielle, normative et infantilisante. Cette transmission déficiente empêche la construction d’un rapport sécurisé au corps. Elle installe une méconnaissance durable des signaux physiologiques, des variations normales et des situations nécessitant une prise en charge médicale.

    Cette lacune est renforcée par des représentations sociales qui considèrent les femmes handies comme asexuées, éternellement mineures ou inaptes à comprendre leur propre corps. Ces représentations influencent les pratiques des milieux éducatifs, médico-sociaux ou de santé. Ces questions sont souvent minimisées ou traitées sous un angle gestionnaire, centré sur la prévention des risques plutôt que sur l’autonomie, le plaisir et le consentement.

    La (péri)ménopause est elle aussi révélatrice de ces inégalités. L’absence de préparation et de repères favorise l’anxiété, la confusion et l’auto-disqualification, lorsque les symptômes sont interprétés comme une dégradation personnelle, une instabilité psychique ou une perte de capacités, plutôt que comme une étape identifiable de la vie.

    Quelques outils

    Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation

    Voici une fiche pratique qui permet de cocher les symptômes qui interrogent concernant une possible périmenopause. On peut l’utiliser pour soi-même, ou la présenter en consultation auprès d’un·e médecin généraliste, d’un·e sage femme ou d’un·e gynécologue.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Le menstruomètre est un outil facilitant la communication avec les proches au quotidien, durant les périodes menstruelles. Son utilisation est détaillée dans un article spécifique. Il propose un complément spécifique aux personnes autistes et TDAH.

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    Le site Parlons Règles intègre un chatbot qui peut répondre aux questions courantes.

    Ces vécus complexes, illustrées dans le cadre de l’autisme et de la (péri)ménopause, ne relèvent pas d’une fragilité individuelle, mais d’un système qui exige une adaptation constante aux normes dominantes, tout en invisibilisant celleux qui y parviennent au prix d’un épuisement profond.

    Nous sommes, une fois de plus, au croisement du validisme et du patriarcat.

    La difficulté à comprendre et anticiper le vécu difficile de la (péri)ménopause dans nos sociétés est le symptôme collectif d’un système de savoirs, de soins et de représentations qui échoue à penser la diversité humaine, à reconnaître l’impact du temps, du corps et des rapports de pouvoir, et à offrir des ressources accessibles à toustes.

    Sources

    Aller plus loin

    https://www.instagram.com/p/DA5JKogMrVk/?img_index=1

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    #autisme #fatigue #handicap #TDAH #TND #TSA

  21. Autisme et (péri)ménopause : des enjeux invisibilisés

    L’autisme, étudié surtout chez les hommes et les enfants, a historiquement laissé dans l’ombre les parcours des femmes autistes, notamment les périodes biologiques spécifiques comme la maternité, le cycle menstruel et la ménopause. Ces périodes peuvent être bouleversantes pour les personnes concernées. La périménopause et la ménopause sont des moments où s’entremêlent des transformations corporelles et émotionnelles, et une modification de la perception sociale. Les spécificités des TND entraînent leur propre symptomatique, avec avec des impacts peu reconnus. On fait le point.

    1. La ménopause
      1. Définition
      2. Périménopause
      3. Symptômes courants
      4. Stéréotypes
    2. Autisme et ménopause
      1. Des vécus exacerbés
      2. Une invisibilité systémique
      3. Une problématique handicapante (ou handicapée ?)
    3. Quelques outils
      1. Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation
      2. Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Cet article propose le téléchargement d’une fiche pratique, le téléchargement de l’outil Menstruomètre, et des liens complémentaires en fin d’article.

    La ménopause

    Définition

    La ménopause c’est l’arrêt définitif des menstruations, lié à l’arrêt de la fonction ovarienne. Elle est diagnostiquée après 12 mois sans règles, en l’absence d’autre cause. Elle survient en moyenne vers 51 ans, avec une grande variabilité individuelle. C’est le résultat d’une diminution progressive puis d’un effondrement de la production des hormones sexuelles ovariennes, surtout les œstrogènes et la progestérone. C’est une étape physiologique normale de la vie.

    Les symptômes de la ménopause sont variables en nature, en intensité et en durée : d’une personne à une autre, le vécu est différent, mais aussi l’impact sur le confort de vie.

    Périménopause

    La périménopause (ou transition ménopausique) c’est la période avant la ménopause proprement dite. Elle peut commencer plusieurs années avant l’arrêt des règles, parfois dès la fin de la trentaine. Elle se caractérise par une instabilité hormonale marquée, avec des fluctuations importantes et imprévisibles des taux d’œstrogènes et de progestérone. Cette phase se termine un an après les dernières règles. C’est souvent la période la plus symptomatique et la plus difficile à vivre.

    Symptômes courants

    • Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes
    • Irritabilité, fatigue accrue, voire épuisement
    • Palpitations cardiaques
    • Douleurs articulaires et/ou musculaires
    • Maux de tête, migraines
    • Troubles du sommeil
    • Troubles de la mémoire
    • Troubles de la concentration, brouillard mental
    • Troubles digestifs, ballonnements
    • Changements corporels (forme du corps, état de la peau, démangeaisons, pilosité du visage…)
    • Prise de poids
    • Chute de cheveux, ongles cassants
    • Difficultés urinaires

    Ces symptômes courants sont souvent accompagnés de changements génitaux, en particulier :

    • Diminution de la libido
    • Sécheresse vaginale
    • Sensibilité des seins
    • Gêne, douleur ou démangeaison pendant les rapports
    • Evolution du cycle menstruel (durée, intensité, importance des saignements)

    Lors de la périménopause, on retrouve régulièrement au premier plan :

    • Des troubles du sommeil sévères
    • Une hypersensibilité émotionnelle
    • Une irritabilité accrue
    • Une anxiété majorée et une baisse de la tolérance au stress
    • Des symptômes dépressifs

    Les effets de la périménopause et de la ménopause peuvent avoir un retentissement fonctionnel, psychologique et social important.

    La périménopause souffre d’un manque de sensibilisation, reste largement sous-diagnostiquée, et est encore fréquemment confondue avec des troubles psychiatriques, ce qui induit un risque fort de prise en charge inadaptée.

    Stéréotypes

    La ménopause – et tout ce qui va avec – est entourée d’un ensemble d’idées reçues ancrées dans les représentations sociales, médicales et culturelles, qui contribuent à l’invisibilisation de ses effets et à la délégitimation de l’expérience vécue par les personnes concernées.

    Souvent présentée comme un événement ponctuel, limité à l’arrêt des règles et à quelques bouffées de chaleur, cette réduction contribue à minimiser les symptômes, à retarder leur reconnaissance et à maintenir l’idée que ça fait partie de la vie (au même titre que souffrir pendant les règles) et qu’il n’y aurait rien à comprendre ou accompagner.

    La ménopause est marquée par une forte charge âgiste et sexiste, associée à une perte de valeur sociale, à la fin de la désirabilité, à une perte de compétence ou à une supposée instabilité émotionnelle. Ces stéréotypes alimentent une disqualification de la parole des personnes concernées. Dans le champ médical, les symptômes cognitifs, émotionnels ou anxieux sont souvent minimisés ou réduits à de la fragilité psychologique, sans exploration de la dimension hormonale.

    L’invisibilisation de cette période se manifeste par un manque de recherche scientifique, de formation médicale et de sensibilisation. Les études restent insuffisantes, en particulier à propos des effets neurologiques, psy et fonctionnels à moyen et long terme. Cette carence nourrit les prises en charge inadaptées.

    La ménopause est généralement considérée comme un problème strictement individuel, relevant de la sphère privée, voire de l’intime honteux. Cette conception empêche toute prise en compte collective, organisationnelle ou politique des effets de la périménopause, dans le monde du travail comme de la santé. Elle s’inscrit dans une longue tradition de pathologisation du corps féminin, dans laquelle la souffrance est tolérée tant qu’elle ne perturbe pas l’ordre social ou productif.

    La ménopause est la plupart du temps pensée à travers une norme implicite : celle d’un corps féminin, valide, hétéro, cis, socialement intégré. Cette norme invisibilise les vécus des personnes handies, précaires, racisées et marginalisées, pour lesquelles cette période peut amplifier des vulnérabilités existantes. L’absence de prise en compte de cette dimension intersectionnelle renforce les inégalités de santé et contribue à une marginalisation pluridimensionnelle : être femme, être vieillissante, et ne pas correspondre aux normes dominantes.

    Autisme et ménopause

    Pour de nombreuses personnes autistes, et plus particulièrement les personnes sexisées, le diagnostic arrive tardivement. Dans ce contexte, la périménopause peut apparaître avant que la personne n’ait les clés pour comprendre son fonctionnement particulier. Les personnes AFAB autistes vivent à l’intersection d’une pression sociale normative forte (être sociable, performante, conforme au modèle féminin attendu) et d’un profil neurodéveloppemental qui amplifie les difficultés sociales et sensorielles. Cette intersection peut rendre les changements hormonaux comme la ménopause plus difficiles à comprendre et supporter.

    Des vécus exacerbés

    Les variations hormonales influencent des zones du cerveau impliquées dans l’humeur, la régulation émotionnelle, l’attention et la cognition sociale. Pendant la périménopause, ces fluctuations hormonales sont intenses et durables : cela implique une variation des symptômes attribués à l’autisme (mais aussi à d’autres TND) et une amplification des surcharges sensorielles ou de la dysrégulation émotionnelle.

    La (péri)ménopause dans l’autisme s’accompagne très souvent de fluctuations émotionnelles intenses, de fatigue extrême, de troubles du sommeil exacerbés, de difficultés d’attention accrues.

    La cooccurrence fréquente d’autisme et de TDAH complique encore l’expérience de la périménopause. Les difficultés d’attention, la charge cognitive, les fluctuations de dopamine, peuvent amplifier les symptômes ménopausiques, et rendre difficile la différenciation entre ce qui est lié aux hormones et ce qui est lié au fonctionnement autistique.

    Chez de nombreuses personnes concernées, l’avancée en âge s’accompagne d’une intensification des manifestations de l’autisme, vécue comme à la fois incontrôlable et difficilement compréhensible. Cette amplification correspond à une modification de l’équilibre entre les capacités d’adaptation et les contraintes physiologiques, psychiques et sociales qui s’accumulent avec le temps. Ces phénomènes sont régulièrement rapportés dans le contexte de la (péri)ménopause.

    À l’âge adulte, surtout à partir de la quarantaine, plusieurs facteurs convergent pour fragiliser les stratégies de compensation mises en place. A la charge mentale liée au travail, à la parentalité, aux responsabilités sociales, s’ajoutent des changements corporels et hormonaux qui perturbent la régulation émotionnelle, le sommeil, l’énergie et la tolérance sensorielle. Pour les personnes dont le fonctionnement repose sur des équilibres coûteux en énergie, ces variations entraînent une perte de capacité de masking.

    Dans ce contexte, l’arrivée, même non identifiée, de la périménopause, peut aussi être à l’origine d’une découverte tardive de son autisme, au même titre que d’autres périodes à fortes variations hormonales.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Une invisibilité systémique

    L’intersection entre autisme, âge et genre constitue un angle mort des politiques publiques, de la recherche scientifique et des pratiques de soin. Être une femme autiste vieillissante expose à une superposition de mécanismes de disqualification sociale, médicale et institutionnelle, qui se renforcent mutuellement. Cette configuration produit des formes spécifiques de vulnérabilité invisibilisée.

    L’errance diagnostique entraîne une absence de compréhension du fonctionnement pendant une partie de la vie, avec des conséquences cumulatives sur la santé, l’estime de soi et la trajectoire socio-professionnelle. Le coût psychique du camouflage social s’accumule sur plusieurs décennies avant d’atteindre des seuils de rupture.

    Le vieillissement féminin est constamment dévalorisé : la valeur sociale des femmes est largement corrélée à la productivité, y compris démographique, à la conformité relationnelle et à la disponibilité physique et émotionnelle.

    L’autisme est profondément stigmatisé et mal compris. Chez l’adulte, il continue d’être perçu à travers des stéréotypes infantiles ou masculins. Cette méconnaissance favorise une invalidation systématique des besoins.

    À l’intersection de ces dimensions, les femmes autistes vieillissantes sont privées de cadre de compréhension cohérent. Les difficultés sont fragmentées, ou renvoyées à des causes psychologiques individuelles, sans analyse globale. Cette fragmentation empêche les accompagnements adaptés, et favorise une psychiatrisation des vécus. Elle alimente une violence dans laquelle la personne doit s’adapter encore, sans que l’environnement ne soit interrogé.

    Cette intersection d’oppressions se traduit par une invisibilisation statistique et politique. Les femmes autistes âgées sont peu représentées dans les études, rarement ciblées par les dispositifs d’accompagnement et quasi absentes des discours publics sur l’autisme ou le vieillissement.

    Une problématique handicapante (ou handicapée ?)

    Le manque de formation et de sensibilisation au corps, aux cycles menstruels et à la sexualité des femmes handicapées constitue une défaillance des politiques de santé, d’éducation et d’accompagnement. Cette carence vient d’une logique durable d’infantilisation, de contrôle et de désexualisation du handicap.

    Les personnes repérées comme handies ont souvent un accès limité à l’éducation à la santé sexuelle et reproductive. Les informations relatives aux règles, aux variations hormonales, à la douleur, au consentement ou au plaisir sont absentes ou transmises de manière partielle, normative et infantilisante. Cette transmission déficiente empêche la construction d’un rapport sécurisé au corps. Elle installe une méconnaissance durable des signaux physiologiques, des variations normales et des situations nécessitant une prise en charge médicale.

    Cette lacune est renforcée par des représentations sociales qui considèrent les femmes handies comme asexuées, éternellement mineures ou inaptes à comprendre leur propre corps. Ces représentations influencent les pratiques des milieux éducatifs, médico-sociaux ou de santé. Ces questions sont souvent minimisées ou traitées sous un angle gestionnaire, centré sur la prévention des risques plutôt que sur l’autonomie, le plaisir et le consentement.

    La (péri)ménopause est elle aussi révélatrice de ces inégalités. L’absence de préparation et de repères favorise l’anxiété, la confusion et l’auto-disqualification, lorsque les symptômes sont interprétés comme une dégradation personnelle, une instabilité psychique ou une perte de capacités, plutôt que comme une étape identifiable de la vie.

    Quelques outils

    Une check list, pour soi, ou pour préparer une consultation

    Voici une fiche pratique qui permet de cocher les symptômes qui interrogent concernant une possible périmenopause. On peut l’utiliser pour soi-même, ou la présenter en consultation auprès d’un·e médecin généraliste, d’un·e sage femme ou d’un·e gynécologue.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le menstruomètre, pour communiquer sur son état et ses besoins

    Le menstruomètre est un outil facilitant la communication avec les proches au quotidien, durant les périodes menstruelles. Son utilisation est détaillée dans un article spécifique. Il propose un complément spécifique aux personnes autistes et TDAH.

    Attention : les créations présentes sur ce site sont soumises au droit d’auteur. L’utilisation pour votre usage personnel est autorisé, mais aucune modification sans autorisation préalable de l’auteure n’est permise. Pour toute autre utilisation que personnelle, me contacter. Merci, en règle générale, de respecter le travail d’autrui.

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    Le site Parlons Règles intègre un chatbot qui peut répondre aux questions courantes.

    Ces vécus complexes, illustrées dans le cadre de l’autisme et de la (péri)ménopause, ne relèvent pas d’une fragilité individuelle, mais d’un système qui exige une adaptation constante aux normes dominantes, tout en invisibilisant celleux qui y parviennent au prix d’un épuisement profond.

    Nous sommes, une fois de plus, au croisement du validisme et du patriarcat.

    La difficulté à comprendre et anticiper le vécu difficile de la (péri)ménopause dans nos sociétés est le symptôme collectif d’un système de savoirs, de soins et de représentations qui échoue à penser la diversité humaine, à reconnaître l’impact du temps, du corps et des rapports de pouvoir, et à offrir des ressources accessibles à toustes.

    Sources

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  22. CW: CW mention auto agression et automutilation

    Crise autistique – Shutdown et meltdown, définition et prévention

    On entend souvent parler de « crises autistiques », ou d’autiste en crise, sans plus de précision. On fait le point ! Le shutdown et le meltdown sont deux formes possibles d’effondrement autistique. Les causes du shutdown sont le plus souvent environnementales, et il existe des stratégies pour limiter leur fréquence et leur intensité.

    Les personnes autistes ne sont pas les seules concernées par le shutdown et le meltdown. N’importe qui, en situation de stress intense par exemple, peut y être confronté. Cependant les personnes autistes sont nettement plus à risque du fait d’un environnement la plupart du temps défavorable à leur bien-être.

    Cet article propose plusieurs outils en téléchargement libre : Une fiche Shutdown et une fiche Meltdown à garder dans son sac en cas de crise, et une affiche « Se ressourcer quand on est autiste ». Il propose également un lien vers le fatigomètre et lien vers un calendrier des humeurs.

    Causes et signes précurseurs

    Les shutdowns et meltdowns ont des causes environnementales. Ils apparaissent lorsque les autistes, enfants comme adultes, sont confronté·es à des situations d’inconfort extrême :

    • trop de stimulations sensorielles (lumière, bruit…) ou pendant trop longtemps,
    • une transition difficile, violente ou incomprise
    • un imprévu important, un changement trop brusque
    • un stress ou une angoisse intense
    • une difficulté importante à se faire comprendre
    • un masking social prolongé

    Les shutdowns et les meltdowns, s’ils n’apparaissent pas violemment, peuvent se manifester d’abord par :

    • une fatigue intense,
    • une tension musculaire, une crispation, de la nervosité,
    • des difficultés exécutives et attentionnelles accrues,
    • un évitement sensoriel,
    • un évitement social,
    • une augmentation des stéréotypies,
    • des maux de tête, de ventre, une sensation de mal être général

    Chaque personne autiste est différente. Il peut être difficile de distinguer, chez soi comme chez les autres, un simple coup de fatigue d’une future crise. Les personnes autistes rencontrent des difficultés à percevoir leur état interne. Il leur est d’autant plus complexe de repérer leurs propres symptômes. C’est souvent un travail de longue haleine, entre connaissance de soi et acceptation de ses difficultés.

    C’est encore plus difficile d’accès pour les personnes qui ignorent leur autisme, ou pour les enfants qui disposent de moins de possibilités d’écoute, de communication et d’analyse.

    Définition et manifestation

    Pour les personnes qui les expérimentent de l’intérieur, les shutdowns et meltdowns ne sont pas si différents : Submergé, confronté à une situation de trop plein (sensoriel, émotionnel…) l’organisme met en place des mécanismes de défense d’extrême urgence.

    On pourrait qualifier le shutdown d’implosion et le meltdown d’explosion. Les deux sont des moments très difficiles à vivre pour les personnes autistes. Ils comportent une dimension de perte de contrôle et entraînent souvent de la culpabilité.

    Pour l’entourage, les shutdowns et meltdowns ne se ressemblent pas.

    ►Le shutdown

    En anglais, shutdown signifie fermeture.

    L’état de shutdown est une mise en veille généralisée : Quand les limites sont atteinte, le cerveau préserve les « fonctions essentielles » en coupant tout ce qui peut l’être, aussi longtemps que nécessaire. C’est une forme de crise autistique, mais à bas bruit.

    ►Les manifestations extérieures les plus courantes du shutdown :

    • apparence renfermée, peu communicative
    • peu de feedback aux sollicitations
    • repli physique sur soi, retrait social
    • focalisation sur les intérêts spécifiques
    • augmentation des stéréotypies (balancements, mouvements répétitifs)
    • isolement sensoriel
    • pleurs

    ►Les manifestations ressenties par les personnes autistes :

    • mal être profond, détresse émotionnelle,
    • hypersensibilités sensorielles accrues,
    • difficulté voire impossibilité à communiquer, mutisme,
    • difficultés dans les fonctions exécutives,
    • difficulté à raisonner,
    • difficulté à se mouvoir, à coordonner ses mouvements,
    • fonctionnement en pilote automatique,
    • sensation d’accablement,
    • besoin immédiat de solitude,
    • rejet de toute sollicitation,
    • épuisement physique et mental,
    • sensation d’explosion imminente

    L’entourage peut facilement penser que la personne fait la tête, voire refuse volontairement de communiquer. En réalité, c’est au dessus de ses forces.

    Un shutdown peut être très ponctuel, surtout si des stratégies de repos sont rapidement mises en place. Il peut aussi durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

    Certaines personnes autistes parviennent ponctuellement à masquer un shutdown, mais vont bien au delà de leurs limites pour paraître fonctionnelles. Elles sont alors en risque d’aggraver leur shutdown dans son intensité ou sa durée, ou de faire un meltdown.

    Mon shutdown le plus marquant a eu lieu en milieu professionnel. Une collègue m’a trouvée, errant dans un couloir, l’air hébété. J’avais la sensation qu’à l’intérieur de moi tout fondait et se mélangeait violemment, comme un tsunami invisible. Je ne maitrisais plus que les fonctions assis/debout, les mots « oui/non ». Ma collègue a eu le réflexe de me piloter jusqu’à un cabinet médical. En consultation, j’ai fondu en larmes sans parvenir à faire une phrase. Le médecin m’a mise en arrêt et m’a demandé de revenir le lendemain : il m’était impossible de me faire comprendre à ce moment là.

    ►Le meltdown

    En anglais, meltdown signifie effondrement.

    Alors que le shutdown est une mise en veille généralisée, le meltdown est au contraire une perte de contrôle totale. C’est une incapacité à retenir la surcharge, une submersion : la sensation d’explosion ressentie dans le shutdown se concrétise extérieurement. C’est la fameuse crise autistique telle qu’on la connaît à travers les médias.

    ►Les manifestations extérieures les plus courantes du meltdown :

    • crise de larmes, sanglots incontrôlés
    • hurlements, manifestation de colère intense
    • agressivité contre soi-même, plus rarement contre les autres
    • repli sur soi, fuite.

    ►Les manifestations ressenties par les personnes autistes :

    • violente détresse émotionnelle,
    • épuisement physique et mental,
    • sensation de surcharge et d’explosion
    • hypersensibilités sensorielles insupportables,
    • besoin immédiat de solitude, d’éloignement
    • sensation intense de frustration et d’incompréhension
    • rejet violent de toute sollicitation,
    • impossibilité à retrouver son calme, perte de contrôle.

    Les meltdown peuvent être effrayant pour l’entourage. Il peut y avoir des gestes d’auto-agression, de l’automutilation. Mais les inquiétudes des proches peuvent augmenter la crise, car le besoin de solitude et de calme est réel.

    Un meltdown peut faire suite à un shutdown, si les besoins n’ont pas été pris en compte. L’épuisement dû à un meltdown peut provoquer un shutdown.

    Comment gérer une crise ?

    Le maître mot, pour les shutdowns comme pour les meltdowns, est toujours : s’éloigner des sources d’inconfort pour se mettre en sécurité.

    Ce n’est souvent pas suffisant, mais l’arrêt de la surstimulation est le premier réflexe à acquérir, et ce n’est pas négociable, au risque de voir la crise s’intensifier.

    Chaque personne autiste est différente, mais on va facilement retrouver les besoins suivants :

    ►Dans l’urgence :

    • un endroit calme, permettant une sous stimulation sensorielle : lumière tamisée voire éteinte, pas ou peu de bruit, pas de contact tactile,
    • si possible retrouver un environnement connu, maîtrisé et sans surprise,
    • l’arrêt immédiat des sollicitations : interruption des tâches en court, des questions de proches, de toute demande,
    • si besoin, une communication alternative : messages écrits ou signés plutôt que parole,
    • laisser libre court aux stéréotypies, qui sont un moyen de régulation,

    ►Dès que possible :

    • se concentrer sur des sensations internes simples : respirer lentement, boire un verre d’eau…
    • se reposer et dormir.
    • pratiquer une activité en lien avec les intérêts spécifiques ou sensoriels.

    En cas d’inquiétude sur des gestes d’automutilation, ou s’il semble nécessaire de ne pas laisser la personne seule, les proches doivent se faire les plus discrets possibles, ne pas toucher la personne en crise sauf à sa demande, ne lui poser que peu de questions fermées (réponse par oui ou par non), ne pas avoir de discours culpabilisant.

    Les cartes à plier suivantes permettent de signaler ses besoins les plus urgents auprès de personnes non sensibilisées (sorties extérieures, personnel médical…). Elles sont disponibles en téléchargement libre.

    Télécharger

    Le temps de récupération suite à un shutdown ou à un meltdown est très variable. Il dépend du niveau d’énergie de la personne avant la crise, et de sa possibilité de prolonger ou pas un retrait social sans attentes de l’entourage, et de la possibilité de se préserver le temps nécessaire des injonctions sociales, scolaires, professionnelles ou familiales.

    Il est aussi de la responsabilité des proches de protéger des attentes sociales aussi longtemps que nécessaire au rétablissement complet.

    Conséquences

    Après une période de shutdown ou après un meltdown, la plupart des personnes autistes expriment une forte culpabilité, l’idée de ne pas avoir été à la hauteur, de n’avoir pas su gérer son état. Ce sentiment est souvent renforcé quand la personne est responsable de tout ou d’une part d’une organisation familiale ou professionnelle, ou par les attentes des proches.

    Les personnes autistes peuvent aussi ressentir un sentiment de gène ou d’humiliation, surtout si la crise a eu lieu devant des témoins : les shutdowns et plus encore les meltdowns sont source de préjugés, d’incompréhension et de rejet.

    La multiplication de crises entraîne une perte d’estime de soi importante, une dévalorisation systématique, un profond sentiment d’incapacité, et peut, à la longue, avoir un impact sérieux sur la santé mentale.

    De la part des proches, un discours déculpabilisant est essentiel après la crise.

    A long terme, plus les crises sont régulières et répétées, plus la récupération devient complexe. La non prise en compte des besoins peut entraîner la personne autiste vers un burn-out autistique, caractérisé par une perte de capacités cognitives durable.

    Peut-on éviter les crises ?

    Certaines personnes autistes n’expérimentent jamais le shutdown et/ou le meltdown. Pour d’autres, cela reste exceptionnel. Pour les personnes exposées, il n’est pas forcément possible d’éviter toutes les crises, mais on peut mettre en place quelques stratégies de limitation.

    Dans notre société capitaliste, le dépassement de soi est une notion quotidienne. Il faudrait sans cesse chercher à faire plus, à sortir de sa zone de confort, à faire semblant d’aller bien même lorsque c’est faux. Cette pression sociale est présente dès l’enfance, dans le travail, le loisir, la vie familiale, amicale et sociale. Pour une personne autiste, nier ses besoins peut rapidement provoquer un retour de bâton intense.

    Le masking prolongé (se conformer aux comportements attendus en société quitte à nier ses besoins et sa personnalité) est une des causes les plus courantes de shutdown ou meltdown, avec les hypersensibilités sensorielles.

    Pour se protéger au mieux, il est donc nécessaire de déconstruire les attentes sociales pour se sentir légitime dans ses besoins, avant de s’effondrer.

    Mettre en place des temps de pause, des moments où on se ressource sans culpabiliser est primordial pour préserver sa santé mentale et ne pas se mettre en danger de multiplier les crises. Il ne faut pas hésiter à en planifier d’office après tout évènement énergivore.

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    Il est possible de sensibiliser ses enfants à ses besoins : à part en bas âge, ou autre cas particulier, un enfant est capable de comprendre. C’est moins violent que d’être confronté à un·e parent·e qui va mal, faute de n’avoir pu prendre soi d’iel, et cela lui apprend à formuler ses propres besoins, à les considérer comme légitimes. Une organisation familiale gagne à être pensée autour des besoins de chacun·e, plutôt qu’autour d’un modèle idéalisé.

    Communiquer sur ses besoins demande d’abord un travail de connaissance de soi : repérer les conditions les plus inconfortables, les environnements défavorables qui précédent une crise, dans l’objectif de les améliorer, ou de les éviter si aucun aménagement n’est possible. Les proches peuvent accompagner ce repérage en aidant la personne concernée à prendre conscience des conditions qui précèdent les crises.

    Le tableau d’évaluation de la fatigue, proposé avec le fatigomètre (lien en fin d’article), est un outil pensé repérer les fonctionnements révélateurs de fatigue.

    • tableau d’évaluation
    • exemple de tableau
    • tableau d’évaluation personnalisable
    • Fatigomètre
    • Fatigomètre personnalisable

    Tu peux aussi utiliser un calendrier des humeurs ou mood tracker, qui permet de repérer son ressenti au moment où viennent les shutdowns ou meltdowns, mais aussi les jours qui ont précédé.

    Les conseils usuels qui permettent de préserver sa santé mentale (bien dormir, bien se nourrir, avoir un rythme cohérent…) ne sont pas à négliger, mais peuvent être très difficiles à suivre, les personnes autistes étant sujettes aux troubles du sommeil, à l’anxiété et aux troubles du comportement alimentaire. Il est souvent nécessaire de développer ses propres stratégies.

    Comme d’habitude, il n’existe pas de solution miracle, ni de mode d’emploi. Comme d’habitude aussi, c’est le respect des besoins des personnes concernées qui va permettre de limiter l’impact des difficultés.

    Dans le shutdown comme le meltdown, la prévention et le soin se rejoignent. Les mêmes stratégies permettent d’éviter/limiter les crises et de s’en rétablir. Malheureusement, il est souvent nécessaire que le mal être soit démontré – par un ou plusieurs effondrements délétères – pour que ces mêmes besoins soient pris au sérieux et (plus ou moins) respectés, chez les enfants comme chez les adultes.

    Prendre soin de soi, c’est souvent se confronter à un monde validiste dont on a aussi intériorisé le fonctionnement. Sans le réaliser, on s’en demande toujours plus, jusqu’à être à bout. Les personnes à risques, autistes ou pas, devraient au contraire être entourées et rassurées sur leur légitimité, quelque soit leur demande d’aménagement.

    Ressources complémentaires (cliquer sur la flèche)

    https://cle-autistes.fr/les-shutdowns-autistiques-alterent-les-fonctions-du-cerveau/

    https://pourquoipasautrement.wordpress.com/2022/01/29/en-bref-shutdown-meltdown/

    https://putaindautiste.me/feu-interieur/

    Tableau d’évaluation de la fatigue et fatigomètre

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    Petite Loutre

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