home.social

#dieu — Public Fediverse posts

Live and recent posts from across the Fediverse tagged #dieu, aggregated by home.social.

fetched live
  1. #Olivier #Adam dans #LaGrandeLibrairie

    " #Résister #MotPourMot.
    Le Cantique Moisi de l' #Origine, de l' #Identité et du #Rejet.
    La vieille rengaine de l' #Ordre et du #Travail , de la #Famille de la #Patrie. [..]
    Et #Dieu par dessus tout ça. [..]
    Ne nous fier qu'aux #Lumières ( #Woke )
    Peuplés de Multitude [..]
    "

    #RESISTER : POUR L' #AMOUR DE L' #HUMAIN.

    ✊️✊️✊️❤️❤️❤️👏👏👏

    facebook.com/share/v/193L1XGoE

  2. #Olivier #Adam dans #LaGrandeLibrairie

    " #Résister #MotPourMot.
    Le Cantique Moisi de l' #Origine, de l' #Identité et du #Rejet.
    La vieille rengaine de l' #Ordre et du #Travail , de la #Famille de la #Patrie. [..]
    Et #Dieu par dessus tout ça. [..]
    Ne nous fier qu'aux #Lumières ( #Woke )
    Peuplés de Multitude [..]
    "

    #RESISTER : POUR L' #AMOUR DE L' #HUMAIN.

    ✊️✊️✊️❤️❤️❤️👏👏👏

    facebook.com/share/v/193L1XGoE

  3. Des journalistes me rapportent que plusieurs cyclistes ont chutés dans le tour, un "strike" commentaient-ils.
    Croyez-vous que ces cyclistes méritaient ce commentaire ?
    Pas du tout, mais si vous ne vous convertissez pas vous ferez vous aussi l'objet d'un strike qui vous fera perdre.

    youtu.be/Dv2XQpm8hbE

    #Christ #Dieu #tourdefrance #france #chretien #jésus

  4. Des journalistes me rapportent que plusieurs cyclistes ont chutés dans le tour, un "strike" commentaient-ils.
    Croyez-vous que ces cyclistes méritaient ce commentaire ?
    Pas du tout, mais si vous ne vous convertissez pas vous ferez vous aussi l'objet d'un strike qui vous fera perdre.

    youtu.be/Dv2XQpm8hbE

    #Christ #Dieu #tourdefrance #france #chretien #jésus

  5. Une nouvelle vidéo de "Hypothèse divine" qui explore une approche rigoureuse et précise pour étudier l'idée que dieu puisse exister dans un monde où le mal existe :

    youtube.com/watch?v=pGJDY3tXoJc

    #1jour1video #youtube #vidéo #religion #mal #dieu #maladie

  6. La guerre a pris fin (Nasser Rabbah)

    Illustration       La guerre a pris fin La guerre a pris fin J'ai examiné mon corps ma tête, mes doigts et mes bras Rien ne manquait comme si tout avait regagné sa place sur-le-champ J'ai regardé le ciel C'est quoi, là ? De la fumée ou des nuages ? Les oiseaux me manquent pas les avions La guerre a pris fin Le balai a enlevé la poussière, les bris de verre, les clous de la porte cassée, les cailloux réduits en gravats, les éclats des verres de thé, le cadre de […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  7. La guerre a pris fin (Nasser Rabbah)

    Illustration       La guerre a pris fin La guerre a pris fin J'ai examiné mon corps ma tête, mes doigts et mes bras Rien ne manquait comme si tout avait regagné sa place sur-le-champ J'ai regardé le ciel C'est quoi, là ? De la fumée ou des nuages ? Les oiseaux me manquent pas les avions La guerre a pris fin Le balai a enlevé la poussière, les bris de verre, les clous de la porte cassée, les cailloux réduits en gravats, les éclats des verres de thé, le cadre de […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  8. Quand les prêtres orthodoxes isolés dans leur monastères se mettent, en douce, au Doom Metal et à la techno mystique, ça donne ça :

    heatcrimes.bandcamp.com/album/

    #music #doom #metal #techno #god #dieu #monastère

  9. L’homme vénère dieu (Hubert Reeves)

    Illustration      L'homme vénère dieu dont l'existence n'est pas prouvée mais il n'hésite pas à fracasser la Nature dont il sait qu'elle existe. (Hubert Reeves) Recueil: Le génie de la forêt Editions: Albin Michel

    arbrealettres.wordpress.com/20

  10. L’homme vénère dieu (Hubert Reeves)

    Illustration      L'homme vénère dieu dont l'existence n'est pas prouvée mais il n'hésite pas à fracasser la Nature dont il sait qu'elle existe. (Hubert Reeves) Recueil: Le génie de la forêt Editions: Albin Michel

    arbrealettres.wordpress.com/20

  11. Ma ChRoNiQuE | Le journal d’un prisonnier -Nicolas Sarkozy

    Auteur : Nicolas Sarkozy

    Éditions : Fayard

    Pages : 216 pages

    Prix : 20,90€

    Dates de sortie : 10 Décembre 2025

    Public : Adult

    Amazon : Le journal d’un prisonnier

    « Petit Résumé »

    « En prison, il n’y a rien à voir, rien à faire. J’oublie le silence qui n’existe pas à la Santé où il y a beaucoup à entendre. Le bruit y est hélas constant. À l’image du désert, la vie intérieure se fortifie en prison. »

    « Mon avis »

    Avant même de parler politique, je préfère préciser une chose : je ne fais pas de politique. Ce n’est pas ce qui m’intéresse dans cette lecture.

    Ce que j’aime avant tout, ce sont les mots, la culture, les réflexions qu’un livre peut transmettre… et honnêtement, il faut reconnaître une chose à Nicolas Sarkozy : il sait parler.

    Malheureusement, mon application de lecture a complètement buggué et j’ai perdu toutes les phrases que j’avais surlignées… ce qui me frustre énormément, parce qu’il y avait beaucoup de passages que j’avais réellement envie de garder et de vous partager.

    Mais justement, si j’ai pris le temps de souligner autant de citations, c’est bien que cette lecture m’a marquée d’une certaine manière.

    Dans ce livre, il parle de l’injustice qu’il estime avoir vécue, mais aussi de la prison en elle-même : la difficulté d’adaptation, l’envers du décor, le quotidien carcéral, le personnel pénitentiaire, et surtout ce retour brutal à une autre réalité.

    Au-delà de l’image publique, on découvre aussi un homme qui parle de sa famille, de ses proches, et de la force que l’amour peut apporter dans des moments particulièrement difficiles.

    Et c’est probablement ce qui m’a le plus intéressée dans cette lecture : cette part plus humaine, plus intime, loin des simples débats politiques.

    Honnêtement, j’ai énormément apprécié cette lecture. Je ne m’attendais absolument pas à aimer autant.

    J’avais une certaine appréhension avant de commencer, notamment par peur d’une lecture compliquée, avec un vocabulaire trop lourd ou trop politique… mais pas du tout.

    C’est limpide, bien écrit, posé.
    La lecture se fait naturellement, avec fluidité, sans chercher à en faire trop. Et c’est justement ce qui la rend aussi accessible et agréable à découvrir.

    Je n’ai jamais douté de sa culture ni de son amour des mots, déjà à l’époque où il était beaucoup plus médiatisé. Mais ici, il ne fait que confirmer l’image que je pouvais avoir de son tempérament et de sa manière de réfléchir.

    Je ne connais évidemment pas l’homme personnellement, mais il dégage quelque chose de profondément charismatique dans cette lecture. Et surtout, au fil des pages, on ressent davantage l’homme avant le politicien.

    Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’on ne découvre pas uniquement son quotidien en détention. On découvre aussi ses réflexions, son regard sur ce qu’il traverse, sa manière d’analyser les événements et de s’accrocher à ce qui compte vraiment pour lui. Derrière le personnage public, il y a des doutes, des émotions, des souvenirs et une profonde attache à ses proches.

    Au final, j’ai refermé ce livre avec le même sentiment que celui qui m’a accompagnée tout au long de ma lecture : celui d’avoir découvert un témoignage humain avant tout. Que l’on partage ou non ses opinions, ce n’est pas ce qui a guidé mon intérêt ici. J’y ai trouvé une plume cultivée, une réflexion sincère et un récit qui m’a bien plus captivée que je ne l’aurais imaginé.

    Une lecture humaine, réfléchie et étonnamment accessible, qui m’a bien plus marquée que ce à quoi je m’attendais.

    « Mes Extraits »

    On apprend ici qu’on peut tout vous enlever, sauf la façon dont vous vous tenez. La dignité est la dernière des richesses que je peux garder.

    Le cerveau est équipé pour que l’être humain perçoive et anticipe la menace qui l’entoure. Nous sommes toujours inquiets à propos du futur. Ce qui est la meilleure façon de se gâcher le présent.

    « Ma Note »

    Et Vous ?

    Aimez-vous les livres politiques ou témoignages ?

    Évaluez ceci :

    #ALaUne #abandon #accuser #action #administration #amie #amitié #angoisse #anxiete #appel #avocats #bagarre #barbarie #bruit #candidat #carla #cellule #centre #che #chute #citation #colere #collaborateurs #complicité #concitoyens #confession #confreres #consequences #convictions #cortege #couloir #coupable #couple #crise #culpabilite #danger #désert #debat #declaration #delinquant #demande #democratie #depute #detenu #dieu #dimanche #directeur #disciplinaire #discipline #discussion #divergences #dons #douleur #droit #droite #echanges #ecoute #ecriture #emotion #emouvant #enfant #enfants #enfermement #engagement #enregistrement #epreuve #etablissement #extreme #famille #fluide #force #France #gauche #greffiere #guillotine #homme #hopital #humanisme #humiliation #humour #impuissance #incarceration #influence #injustice #innocencde #innocent #institution #instructif #interlocuteurs #interrogatoire #interviews #isolement #journalistes #jugement #juges #justice #lecture #lettre #liberté #libette #loi #lundi #magistrats #mediapart #mensonge #messe #mmelancolie #motards #NicolasSarkozy #nuit #opinions #parloir #paroles #parti #passants #perspective #peuple #photis #physique #police #politique #posture #pouvoir #preparation #presse #pretre #prison #prisonniers #procureur #promesse #psychologie #rassemblementNational #résilience #réveil #reinsertion #relation #repasTelevision #republicains #Santé #secretaire #silence #societe #soir #sommeil #sortie #soutien #sport #strategie #surveillants #telephone #temoignage #travail #tribunal #victime #vie #violence #visite #vocation #voiture #volonte #voyage
  12. Everness (Jorge Luis Borges)

         Everness Seule une chose n'est pas. C'est l'oubli. Dieu sauve le métal, son résidu Et sa prophétique mémoire inclut Les lunes qui seront et qui ont fui. Tout est déjà. Les reflets par milliers Qu'entre les aubes du jour et du soir Ton visage a laissés sur les miroirs Et ceux que peu à peu il va laisser. Tout est une partie de ce divers Cristal d'une mémoire, l'univers; Ses ardus corridors n'ont pas de fin Et les portes se ferment sur tes pas; Ce n'est que […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  13. DANS LA GARE (Justinus Kerner)

    Illustration: Chris Ludlow      DANS LA GARE Entendez-vous le sifflet, furieux, strident, La bête souffle en ses naseaux, cabre Sa carcasse de fer, s'apprête au train rapide, Et tout mugit, grands dieux ! comme un tonnerre. Dans son ventre un feu s'affaire, Qui pousse au ciel de noires fumées ; On dirait l'image du monstre Dont parle l'Apocalypse. Et quelle course, quel tumulte avant Que les voitures soient remplies. Puis : « Paré ! », et terre et ciel S'envolent, un […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  14. DANS LA GARE (Justinus Kerner)

    Illustration: Chris Ludlow      DANS LA GARE Entendez-vous le sifflet, furieux, strident, La bête souffle en ses naseaux, cabre Sa carcasse de fer, s'apprête au train rapide, Et tout mugit, grands dieux ! comme un tonnerre. Dans son ventre un feu s'affaire, Qui pousse au ciel de noires fumées ; On dirait l'image du monstre Dont parle l'Apocalypse. Et quelle course, quel tumulte avant Que les voitures soient remplies. Puis : « Paré ! », et terre et ciel S'envolent, un […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  15. Daniel Horowitz, La fidélité au réel

    2026 06 16 Daniel Horowitz, La fidélité au réel

    Juif non croyant de 80 ans élevé à Anvers, l’auteur y a fait toute sa carrière de diamantaire depuis l’âge de 15 ans, avant d’effectuer son Alyah à la retraite. Il vit désormais en Israël, soumise à la guerre depuis des mois. Homme de vertu, nanti d’une solide culture autodidacte, il s’efforce de penser par lui-même dans un monde où l’on est sommé de faire allégeance. C’est sa liberté constitutive, celle donnée par « Dieu », cette éternelle Question qui demeurera sans réponse. Car Dieu est absent, dit-il, il laisse l’humain face à lui-même, à son courage et à ses responsabilités. « Je veux que votre conjecture soit limitée à ce qui est concevable », disait Nietzsche avec raison.

    En cinq chapitres composés d’un assemblage de textes de blog et d’articles déjà publiés, l’auteur expose sa quête, à l’âge de la sagesse, avec pour phares la mémoire, la vérité et la responsabilité morale. « La mémoire comme exigence de vérité, Israël comme révélateur de la civilisation, la morale confrontée au réel, la foi comme fond irréductible du sens, la culture comme condition de tout le reste. Ces cinq mouvements convergent. Ils désignent ensemble une seule et même question : de quoi une vie – individuelle, collective, civilisationnelle – a-t-elle besoin pour ne pas se perdre ? » p.252.

    Sa première phrase pose les conditions : « Je n’ai pas choisi d’être juif ». Il prend le contre-pied de Simone de Beauvoir, qui déclarait en 1949 dans Le Deuxième sexe : « On ne naît pas femme : on le devient ». L’être n’est pas de part en part une « nature », mais se construit en grande partie dans la culture. L’image qu’on lui renvoie (les parents, les amis, les collègues, la « communauté ») le rend tel qu’il se croit ; il ne se « révèle » pas, il se construit. Cette formule reprend Tertullien, Carthaginois romanisé converti chrétien au IIe siècle, qui disait la même chose : « On ne naît pas chrétien, on le devient. » Le pédagogue Érasme en 1537 reprendra l’appliquera à l’éducation : « on ne naît pas homme [au sens d’adulte], on le devient ». Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les Juifs ? Or, (réminiscence du mythe biblique du « Peuple élu »?), Daniel Horowitz fait du Juif une essence identitaire, irréductible à tout processus d’assimilation. C’est pour lui plus qu’une religion, mais une façon d’être au monde, une culture racinaire, une « nappe phréatique » p.15. D’où la persistance de l’antisémitisme, selon lui, « fait de dépendance et de rejet, de filiation et de meurtre symbolique » p.17. Comme si la civilisation occidentale était exclusivement sortie du creuset juif, de la Bible, en excluant toute la tradition grecque, voire égyptienne, et les mondes celtiques.

    Tout se discute, et l’exigence de vérité de l’auteur incite au débat. On ne peut entrer en relation avec autrui que s’il y a conflit. La paix n’est pas le ‘tous d’accord’, mais la reconnaissance des opinions et intérêts des autres, leur droit à exister et de s’exprimer, le droit de se défendre quand on est attaqué à mort, comme c’est le cas d’Israël. Même si la disproportion des morts entre le pogrom du 7 octobre et les mois de guerre à Gaza pose la question de la juste mesure : 1200 morts contre 70 000. Même si le suprémacisme affiché de deux ministres du gouvernement Netanyahou, Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich pose la question du racisme juif. Car pour ces deux membres actifs du gouvernement (encore démocratique ?) israélien, un Juif est supérieur à tous les goys, et un Juif croyant (exempté de servir dans l’armée) est supérieur à tous les autres Juifs.

    « Une identité n‘est pas un cumul d’éléments culturels ou juridiques, elle est ce qui structure en dernier ressort le rapport à soi, à l’histoire et au monde. (…) Le judaïsme n’est pas une confession parmi d’autres, mais l’expression historique culturelle et symbolique d’un peuple. (…) On peut être juif sans foi sans pratique, sans référence explicite à la tradition religieuse, et demeurer néanmoins porteur d’une identité juive » p.31. On peut dire la même chose du catholicisme : où est l’originalité juive ? Une identité construite ou une essence ? Toute l’ambiguïté de la réflexion de l’auteur est là, toujours. Et une autre histoire de Juif est possible. Comment récuser « l’anti » sémitisme, alors même qu’on affirme haut et fort son sémitisme irréductible, indissoluble dans une quelconque société hôte. Comment ne pas concevoir la réaction naturelle de rejet de ceux qui se refusent à ressembler ? Comment ne pas accepter alors « leur » identité à eux, même si le dialogue est toujours possible, et la paix de reconnaître les différences aussi ? « Il n’existe pas, du côté juif, d’hostilité structurelle envers les non-Juifs qui serait symétrique de celle dont les Juifs ont historiquement été l’objet » écrit l’auteur, sûr de lui-même, p.33. Ah bon ? Et les militants occidentaux agenouillés mains liées devant le ministre israélien Ben Gvir ? Et la façon dont les soldats et les colons, imbibés de pulsions nationales et vengeresses, traitent les Palestiniens dans les territoires, y compris en Cisjordanie (occupée) ? Il s’agit bien d’un rejet de l’autre, de la négation de son existence, de son « identité » même.

    Certes, le statut de dhimmi des minorités non-musulmanes, depuis les Omeyyades, a instauré des discriminations séculaires qui « ont laissé une empreinte durable dans les imaginaires collectifs. Elles ont modelé une représentation implicite des rapports entre Juifs et musulmans : une coexistence n’était pensable qu’à condition d’infériorité reconnue. Dans ce contexte, l’émergence de l’État d’Israël agit comme un véritable séisme symbolique » p.46. D’où la guerre perpétuelle entre ennemis ‘héréditaires’ au Proche-Orient, ce carrefour des trois continents. Ce qui finit par lasser, d’où la lente dérive notée par l’auteur, des démocraties occidentales envers « les Juifs » à cause des actions de leur État : Israël. « A force de faire d’Israël un repoussoir, de criminaliser le sionisme, de suspecter l’identité juive, la République a déplacé la frontière entre critique politique et stigmatisation. Elle a laissé s’installer une suspicion, une culpabilité, un devoir de justification » p.84. Que Mélenchon enfourche avec enthousiasme pour se gagner le vote des jeunes et des banlieues arabes.

    La faute à Edward Saïd et à son opposition entre dominés et dominants, analyse l’auteur. La faute aussi à « la gauche israélienne, traditionnellement porteuse d’un discours pacifiste, [qui] n’a jamais vraiment surmonté l’échec d’Oslo, les attentats de l’Intifada, le refus du plan Clinton, la montée de l’islamisme et l’inaction d’une autorité palestinienne fragilisée. (…) Pendant qu’Israël espérait la paix, le Hezbollah, le Hamas et d’autres acteurs armés renforçaient leur capacité de nuisance, soutenus par des États adversaires » p.105. Soutenu aussi par le cynisme de Netanyahou lui-même, qui a financé le Hamas pour mieux diviser les Palestiniens, le surarmant de ce fait – tout comme la CIA l’avait fait avec les Talibans, donc Ben Laden… Mais de cela aussi, l’auteur ne parle pas.

    « La vérité en politique – comme l’avaient compris Maïmonide, puis Camus [s’agit-il d’Albert ou de Renaud, penseur favori de l’auteur ?] – n’a rien d’une abstraction ; elle réclame le courage de ne pas plaire, la lucidité de dire ce qui dérange, et la capacité d’articuler justice et responsabilité sans céder au confort moral des postures » 124. Voilà qui est bien dit, et rassurant. Un petit effort de documentation supplémentaire, et le débat pourra être utile. A ce titre, les notes des pages 39 et 89 ne sont pas correctes, les chiffres mal alignés ; ce serait à corriger pour une édition ultérieure. D’ailleurs, note l’auteur, « la tradition juive ne sépare jamais la justice de la responsabilité. Ce Tsedek [aucune définition n’est donnée de ce mot yiddish] n’est ni un idéal abstrait, ni une posture morale destinée à produire une bonne conscience. Il désigne une exigence inscrite dans la Loi, orientée vers l’action et toujours liée à des situations concrètes. La justice de la Torah ne prétend pas réparer le monde au sens d’une réconciliation globale ; elle impose d’agir ici et maintenant, dans des cadres définis, avec des devoirs précis. Elle ne promet pas la fin des conflits, mais une manière juste de s’y tenir sans se dérober » 130.

    Et d’analyser les « bons sentiments », l’émotion substituée à la raison, l’intention sur les conséquences, l’idéal sur la réalité. D’où « une attitude : préférer la vérité inconfortable à la consolation mensongère, la responsabilité à l’innocence proclamée, la justice imparfaite aux promesses absolues » 143. L’analyse de l’auteur sur les dérives des sociétés contemporaines et l’inculture de masse sont réjouissantes, mais classiques. Les indignations morales des intellos de bureau, la bonne conscience woke qui croit avoir trouvé la solution en délégitimant, renversant, ignorant les fauteurs d’erreurs, les manipulations des politiciens et idéologues pour attirer vers leur cause, sont autant de poisons où vérité et responsabilité s’évanouissent. « Le combat moral se transforme en croisade puritaine où la nuance est suspecte et la contradiction coupable. Ce n’est plus la société qui cherche la vérité par le débat, mais une morale qui dicte ce qu’il est permis de penser » p.155. Pire : « Ce qui s’érode (… est) une perte plus intérieure : un sens de la mesure, une capacité de discernement, une confiance dans les critères à partir desquels une civilisation se reconnaît, se juge et se transmet. L’Europe donne le sentiment de ne plus savoir sur quoi elle repose, ni ce qu’elle est en droit d’affirmer sans s’excuser » p.197.

    D’où la critique – classique elle aussi – des Lumières. Sans la remplacer par autre chose, sauf « l’identité » immémoriale de la religion. On croirait du Poutine. « L’erreur n’a pas été de critiquer les traditions, mais de croire que la critique pouvait se suffire à elle même. Une fois les évidences détruites, il faut encore apprendre à vivre sans elles. Or, les Lumières ont souvent supposé que l’homme rationnel saurait spontanément se donner ses propres fins. Elles ont sous-estimé le besoin de formes durables, de récits, de fidélités, de limites acceptées » p.225. D’où le retour au culte, même avec Dieu absent, même sans foi, juste comme une « nappe phréatique » de la culture. Tel est le tragique, incompris ou refusé par la majorité des gens qui ne le comprennent pas, au regard des croyances. « C’est accepter un monde où la raison ne sauve pas, où la liberté ne garantit rien, où le sens n’est jamais donné d’avance » p.226. Le rire tragique est « une manière de ne pas être capturé. (…) Il maintient une zone de liberté » p.229. A noter, comme Jean d’Ormesson, que le Dieu du Livre ne rit jamais

    L’auteur assiste au mouvement d’une civilisation qui se dépouille des structures qui lui permettaient de penser, de transmettre et de se corriger. Le bilan de ses 80 années d’existence est un appel pour tenir les yeux ouverts, sans filet, avec la conviction que regarder le réel en face est la seule forme de respect humain qui tienne. C’est ce que prônait Nietzsche, qu’Horowitz n’évoque pas – il n’est pas juif.

    Au total un bon livre, des réflexions qui font réfléchir, des affirmations trop tranquilles qui incitent au débat.

    Daniel Horowitz, La fidélité au réel, 2026, FYP éditions, 255 pages, €24,50

    (mon commentaire est libre, seuls les liens sont sponsorisés par amazon.fr)

    Le blog de l’auteur

    Ses articles réguliers dans Tribune juive

    #bonsSentiments #culture #cynisme #danielHorowitz #dhimmi #Dieu #essence #europe #gauche #hamas #identité #irréductible #israel #liberté #lumières #manipulations #morale #nappePhréatique #nonCroyant #onLeDevient #quête #réel #religion #responsabilité #rire #suprémacisme #tragique #vérité #woke
  16. Le diable préfère les saints

    Dans Les Frères Karamazov qu’il écrit à la fin de sa vie, dans les années 1878-1880, Dostoïevski raconte, dans un chapitre, la longue entrevue du Diable avec Ivan qu’il qualifie ironiquement d’hallucination. Sous l’apparence d’un gentleman russe de la cinquantaine, fort poli, le Diable dévoile devant Ivan sa nouvelle stratégie :

    À mon avis, il ne faut rien détruire, si ce n’est l’idée de Dieu dans l’esprit de l’homme : voilà par où il faut commencer.

    *

    Une fois que l’humanité entière professera l’athéisme (et je crois que cette époque, à l’instar des époques géologiques, arrivera à son heure), alors, d’elle-même, sans anthropophagie, l’ancienne conception du monde disparaîtra, et surtout l’ancienne morale. Les hommes s’uniront pour retirer de la vie toutes les jouissances possibles, mais dans ce monde seulement. L’esprit humain s’élèvera jusqu’à un orgueil titanique, et ce sera l’humanité déifiée.

    Propos prémonitoires, qui semblent décrire l’état de la société occidentale actuelle. L’ultime ruse du Diable n’est pas seulement de faire croire qu’il n’existe pas, comme le disait Baudelaire, mais de persuader l’homme qu’il est lui-même Dieu.

    *

    Lorsqu’on lit avec un regard neuf les Évangiles, on est frappé de constater que la tâche principale de Jésus durant sa vie publique consiste à expulser les démons, et aussi que la préoccupation majeure de ses contemporains est la délivrance de ces « esprits impurs » qui causent maladies et folies diverses. Voici donc plus de deux mille ans, l’homme avait conscience que, loin d’être net et pur, il était trouble et confus, plus ou moins infesté par d’obscures présences. Il cherchait donc à y remédier. Tandis que dans le monde moderne, grâce aux lumières de la raison qui repoussent l’obscurantisme, à la fée électricité et aux progrès de la science, le citoyen est persuadé qu’il vit dans la clarté et la sécurité.

    Jacqueline Kelen est une écrivaine française, diplômée de lettres classiques et productrice à France Culture pendant 20 ans. Elle est reconnue pour ses réflexions sur la solitude, la liberté intérieure, la spiritualité, ainsi que sur des sujets comme le carême, la recherche de sens, et la tradition mystique chrétienne.

    Jacqueline Kelen dans Le diable préfère les saints

    Une pièce musicale Hijaz Mandira by Ajam Quartet

    https://www.youtube.com/watch?v=LppXyPQ2i9Q&list=RDLppXyPQ2i9Q&start_radio=1

    #apparence #Évangiles #Baudelaire #citoyen #croire #démons #détruire #diable #Dieu #esprit #espritDeLHomme #espritsImpurs #FiodorDostoïevski #folie #FrèresKaramazov #hallucination #humanité #JacquelineKelen #maladie #mondeModerne #obscurantisme #osbcure #présence #remédier #ruse #ruseDuDiable #saints #science
  17. Le diable préfère les saints

    Dans Les Frères Karamazov qu’il écrit à la fin de sa vie, dans les années 1878-1880, Dostoïevski raconte, dans un chapitre, la longue entrevue du Diable avec Ivan qu’il qualifie ironiquement d’hallucination. Sous l’apparence d’un gentleman russe de la cinquantaine, fort poli, le Diable dévoile devant Ivan sa nouvelle stratégie :

    À mon avis, il ne faut rien détruire, si ce n’est l’idée de Dieu dans l’esprit de l’homme : voilà par où il faut commencer.

    *

    Une fois que l’humanité entière professera l’athéisme (et je crois que cette époque, à l’instar des époques géologiques, arrivera à son heure), alors, d’elle-même, sans anthropophagie, l’ancienne conception du monde disparaîtra, et surtout l’ancienne morale. Les hommes s’uniront pour retirer de la vie toutes les jouissances possibles, mais dans ce monde seulement. L’esprit humain s’élèvera jusqu’à un orgueil titanique, et ce sera l’humanité déifiée.

    Propos prémonitoires, qui semblent décrire l’état de la société occidentale actuelle. L’ultime ruse du Diable n’est pas seulement de faire croire qu’il n’existe pas, comme le disait Baudelaire, mais de persuader l’homme qu’il est lui-même Dieu.

    *

    Lorsqu’on lit avec un regard neuf les Évangiles, on est frappé de constater que la tâche principale de Jésus durant sa vie publique consiste à expulser les démons, et aussi que la préoccupation majeure de ses contemporains est la délivrance de ces « esprits impurs » qui causent maladies et folies diverses. Voici donc plus de deux mille ans, l’homme avait conscience que, loin d’être net et pur, il était trouble et confus, plus ou moins infesté par d’obscures présences. Il cherchait donc à y remédier. Tandis que dans le monde moderne, grâce aux lumières de la raison qui repoussent l’obscurantisme, à la fée électricité et aux progrès de la science, le citoyen est persuadé qu’il vit dans la clarté et la sécurité.

    Jacqueline Kelen est une écrivaine française, diplômée de lettres classiques et productrice à France Culture pendant 20 ans. Elle est reconnue pour ses réflexions sur la solitude, la liberté intérieure, la spiritualité, ainsi que sur des sujets comme le carême, la recherche de sens, et la tradition mystique chrétienne.

    Jacqueline Kelen dans Le diable préfère les saints

    Une pièce musicale Hijaz Mandira by Ajam Quartet

    https://www.youtube.com/watch?v=LppXyPQ2i9Q&list=RDLppXyPQ2i9Q&start_radio=1

    #apparence #Évangiles #Baudelaire #citoyen #croire #démons #détruire #diable #Dieu #esprit #espritDeLHomme #espritsImpurs #FiodorDostoïevski #folie #FrèresKaramazov #hallucination #humanité #JacquelineKelen #maladie #mondeModerne #obscurantisme #osbcure #présence #remédier #ruse #ruseDuDiable #saints #science
  18. Bonjour
    « Jésus Lui-même confirme que Dieu est "l’unique Seigneur" et qu’il faut L’aimer "de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toutes ses forces". Il laisse en même temps entendre qu’Il est Lui-même "le Seigneur". Confesser que "Jésus est Seigneur" est le propre de la foi chrétienne. Cela n’est pas contraire à la foi en Dieu l’Unique (…) » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 202)
    #Dieu #bible #JésusChrist #Jésus #EvangileDuJour
    saintvincentdepaul-saintmalo.f

  19. Transcription par @aprilorg de l'émission Smart Tech du 26 janvier menée par Delphine Sabattier.

    3 questions à... Guillaume Gigaud, @thegrizzlylabs
    La grande ITW de Gabrielle Halpern #IA #dieu

    librealire.org/scanner-sans-ca

    Bonne lecture !

  20. Transcription par @aprilorg de l'émission Smart Tech du 26 janvier menée par Delphine Sabattier.

    3 questions à... Guillaume Gigaud, @thegrizzlylabs
    La grande ITW de Gabrielle Halpern #IA #dieu

    librealire.org/scanner-sans-ca

    Bonne lecture !

  21. Bah non, inscrire des racines #chrétiennes dans la #Constitution serait contraire à l’esprit même de la #laïcité. La Constitution ne reconnaît aucune #religion, précisément pour garantir l’#égalité de tous les #citoyens.
    Et pour rappel, la #chrétienté nous a été imposée par une religion absolutiste, despotique et génocidaire. Donc non, la #France n’est pas de racine chrétienne, mais de culture contrainte par une oppression tyrannique au nom d’une hypothèse improbable : #Dieu !
    @GenerationAthee

  22. Bonjour
    « Sommes-nous prêts à nous laisser continuellement purifier par le Seigneur, en Lui permettant de rejeter de nous et de l’Eglise tout ce qui Lui est contraire ? Dans la purification du temple il s’agit de quelque chose de plus que de lutter contre les abus. Une nouvelle heure de l’histoire est annoncée » (Benoît XVI)
    #lettredesaintpierreapôtre #temple #Dieu #EvangileDuJour #lafoi #evangiledejésuschristselonsaintmarc #Evangile #Textesdujour
    saintvincentdepaul-saintmalo.f

  23. Un chef organisa une partie de cartes et invita beaucoup de gens. Un des protagonistes, par ses tricheries, exerçait son emprise sur les joueurs, les enfermant dans ses manipulations. Mais un jour ses combines furent dénoncées.
    À votre avis, qu'arriva-t-il à ce tricheur ?
    Il fut remis au juge et jeté en prison.
    C'est ainsi que mon Père et mon Époux vous traitera si vous ne laissez pas les hommes libres.

    #chretien #christ #chritian #voyance #voyanceafricaine #voyancedujour #christian #God #Dieu

  24. Bonjour
    « Tout ce qu’Il a fait au profit des corps, Il ne l’a pas fait pour rendre ceux-ci immortels, bien qu’au même corps Il devra lui donner à la fin une santé éternelle. Il a voulu à travers des actions visibles et temporaires soulever la foi vers ce qui ne se voit pas » (Saint Augustin)
    #guerison #bartimé #lafoi #tafoitasauvé #Dieu #Bible #Jésus #JésusChrist #Evangile #EvangileDuJour #saparolepouraujourdhui #Psaumes #evangiledejésuschristselonsaintmarc #Psaume99
    saintvincentdepaul-saintmalo.f

  25. Si ce n’est Amour (Pétrarque)

         Si ce n'est Amour, qu'est-ce que je sens ? Mais si c'est Amour, Dieu, quel est l'objet ? S'il est bon, pourquoi son effet me nuit ? S'il est mauvais, pourquoi un si doux mal ? Je brûle de désir, pourquoi pleurer ? Je jouis de plaisir, pourquoi me plaindre ? Vivante mort, ô mal délicieux, Tu peux tout sur moi, mais je te refuse. Et si je t'accepte, a tort je me plains. Entre ces vents contraires, je navigue Sur un esquif, sans gouvernail, au large, Si pauvre de […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  26. Science et religion sont-elles incompatibles?

    Les récits de la création du monde dans les livres sacrés diffèrent grandement de la théorie scientifique du Big Bang. Même divergence entre la création de l’être humain par Dieu et la théorie de l’évolution de Darwin… Avec la science et la religion, deux visions du monde s’opposent; sont-elles incompatibles pour autant?

    En collaboration avec le Centre interdisciplinaire de recherche sur les religions et les spiritualités (CIRRES) de l’Université de Montréal

    Science et religion sont-elles incompatibles?

    https://www.youtube.com/watch?v=1TRPzfb-eI4

    #attention #êtreHumain #BigBang #CentreInterdisciplinaireDeRechercheSurLesReligionsEtLesSpiritualité #CIRRES #cité #complémentarité #conscience #créationDuMonde #Darwin #deuxVisionsDuMonde #Dieu #divergence #incompatibilité #interdépendance #mythologie #religion #sacré #science #théorieScientifique #UniversitéDeMontréal
  27. Loving this sticker, spotted on my promenades: "if god hates gays, why are we so cute?" 😁

    #photography #photographie #god #dieu #gay #sticker

  28. L’étranger de François Ozon

    Tiré du roman d’Albert Camus, l’histoire est sur l’absurdité de la vie. Le jeune Blanc vit dans un pays qui n’est pas le sien et vit l’hostilité entre blancs et arabes. Ses premiers mots dans le film ne sont pas pour sa mère, comme dans le roman, mais sur l’arabe qu’il a tué.

    Nous sommes à Alger en 1938. Meursault (Benjamin Voisin), jeune homme en début de trentaine, est un petit employé sans envergure, sans ambitions, sans émotions, qui vit au jour le jour. Il enterre sa mère sans même pleurer et entame une liaison avec sa collègue de bureau Marie Cardona (Rebecca Marder) sans la désirer. Seul le corps fonctionne, en fonctionnaire fidèle, sans état d’âme. S’il entend le voisin battre sa maîtresse (arabe) et un autre battre son compagnon (chien), il ne dit rien, ne pense rien, laisse faire. Chacun a ses raisons, ce qui l’indiffère.

    Sa vie est terne, sans relief, tissée d’habitudes sans projet ni avenir. Il n’a plus son père mais une mère en institution qui va mourir peu après. Alors, pourquoi donner du sens ? Nager dans la mer donne du sens au corps sage et pâle, aimer sa petite copine donne du sens aux relations sociales ; mais encore ? L’amitié virile conduit aux bagarres et aux beuveries. Son voisin Raymond Sintès (Pierre Lottin) l’entraîne dans ses histoires louches qui mettent de l’animation dans sa vie. Il se laisse faire. jusqu’au drame sur la plage. La faute au soleil, implacable ; la faute au reflet sur la lame du couteau arabe, qui suscite le réflexe. Meursault tue, parce qu’il est blanc et que l’autre est arabe ; parce qu’il est un jeune homme et que c’est lui ou moi ; parce que tout est indifférent, au fond, sa vie comme la mienne.

    Il ne comprend pas ce qui lui arrive et se laisse aller par le destin, Il ne se défend pas, au grand dam de son avocat (Jean-Charles Clichet) et de Marie. Il sera condamné et aura la tête tranchée. Il ne souscrit pas aux apparences qu’adore la société, ni à sa religion de soumission – il ne joue pas le jeu et se trouve définitivement « étranger » à ce monde social frelaté. Il sert donc de bouc émissaire à « la justice », pour clamer l’égalité devant la loi, blanc et arabe même chose, pour la joie de la sœur du tué, Djemila, qui a servi de pute à Sintès. Comme si c’était la réalité…

    De la conscience de Meursault ne s’élève pas le « pourquoi » salvateur. S’il est « innocent », il ne réfléchit pas à son existence, ne prend pas conscience de sa condition d’homme. Au contraire, il renonce. Au mariage, à l’amitié, aux relations sociales. Il tue un arabe pour exister, mais cela même le tue.

    Le personnage central est attiré par le vortex du nihilisme ; aucune révolte en lui – aucun élan vital. Même le sexe ne conduit pas à l’amour, et se réduit à l’institution civique et religieuse du mariage. Tourné en noir et blanc pour rendre l’austérité du personnage, le vide de sa vie, le gris de sa conscience – mais aussi situer l’histoire hors du temps – le film est fort et pose la question brute : que fait-on ici et maintenant, dans la pure indifférence du monde ?

    Le dialogue final avec le curé est pour moi trop long, trop prêcheur. On sent bien la colère de Camus (et d’Ozon) contre l’Église, ses clercs qui ânonnent la langue de bois de la croyance, l’incompréhension manifeste envers qui ose penser différemment, le carcan social et moral du christianisme d’Église, l’idéalisme porté à sa quintessence. Dieu ne signifie rien puisque le monde va sans intention, poussé par ce qui est et devient. Les humains comparent trop volontiers ce qui est eu présent à ce qui devrait être. Ils imaginent un monde idéal, un Paradis, la cité de Dieu, les idées éternelles, l’impératif moral, la marche inexorable de l’Histoire, l’État réalisant l’Être… Tout ce fatras est irréel, enfiévré ; il incite à quitter le monde pour le rêve, à situer le vrai ailleurs qu’ici et maintenant. C’est tout cela que conteste confusément Meursault, sans y penser vraiment, sans l’assumer.

    Il se laisse faire, il se laisse vivre, il se laisse aller. Pas étonnant à ce que le néant ne l’absorbe peu à peu tout entier.

    César 2026 du meilleur acteur pour Benjamin Voisin et du meilleur second rôle pour Pierre Lottin

    DVD L’étranger, François Ozon, 2025, avec Benjamin Voisin, Denis Lavant, Pierre Lottin, Rebecca Marder, Swann Arlaud, Gaumont, français, 1h58, €19,99

    #absurde #albertCamus #arabe #benjaminVoisin #cinema #curé #Dieu #dvd #film #françoisOzon #france #idéalisme #indifférent #justice #meurtre #nihilisme #noirEtBlanc #renoncer #sansémotions #sens #sexe #soleil
  29. Face au genre inhumain

    On entend répéter qu’il faut « faire confiance », s’abandonner, lâcher prise. La confiance est même le maître mot de la démarche religieuse, synonyme de foi en Dieu, en sa miséricorde et sa providence.

    Autant le « lâcher-prise » m’insupporte – et je lui tords le cou –, autant la confiance me questionne. À vrai dire, je ne la conçois pas sans alliance avec le discernement.

    C’est toujours le même refrain : les chrétiens répètent que Dieu est Amour et ils omettent le fait que Dieu est également Justice. Ou encore on parle du chevalier médiéval comme d’un homme vaillant qui défend le pauvre, la veuve et l’orphelin, mais on oublie de dire qu’il est tout autant celui qui fait justice, qui redresse les torts et pourfend méchants et félons.

    La juste attitude est bien celle d’une confiance où ne sombre pas le discernement, d’un abandon qui n’est pas faiblesse et lâcheté, d’une foi qui n’est pas facilité mais quête ardente et périlleuse de la Vérité.

    L’attitude du chat est pleine d’enseignement. Même s’il vit dans la compagnie humaine et semble apprivoisé, il demeure un petit félin : toujours sur ses gardes, il ne dort que d’un œil, bondit sur ses pattes au moindre bruit inquiétant, sort ses griffes, tout en acceptant par ailleurs des caresses et s’y abandonnant. Un chat est toujours vigilant, prêt à se défendre ou se sauver. Loin de se méfier de tout, il rappelle aux hommes qui apprécient sa présence que la confiance n’est pas une abdication, une torpeur, qu’elle est toujours soumise à caution et précaution.

    Au fond, ceux qui ne cessent d’invoquer la confiance – les politiciens, les gurus, les thérapeutes et autres bonnes âmes – y trouvent leur intérêt : ils encouragent une mentalité passive, une conscience endormie, une attitude obéissante, voire résignée. « Faites-moi confiance », disent-ils. À ces mots, un individu sain d’esprit devrait fuir immédiatement. Parce que c’est la porte ouverte à la tromperie et à la soumission.

    Je ne suis pas sûre du tout que la confiance soit la qualité première requise par et pour le combat spirituel. La force, oui, la justice, bien sûr, et tout ce qui va de pair, le courage, la hardiesse, le défi, la persévérance…

    Lorsqu’un chevalier engage un combat ou doit repousser des assaillants, il ne pense pas en premier à la confiance (confiance en soi, en ses ressources, confiance en Dieu qui mène à bien la bataille, en la Justice finale), et, bien sûr, il n’imagine nullement s’abandonner ni lâcher prise. Il se bat au nom de la justice, de la beauté, de l’amour, il se bat pour l’honneur, pour la fierté d’être une âme libre, à jamais insoumise. La valeur du combat tient en cet engagement. Entrer dans l’arène, monter au créneau, prendre les armes, se présenter face à l’adversaire… autant d’expressions qui désignent une âme héroïque.

    Ces chevaliers ne triomphent pas nécessairement, ils ne viennent pas à bout de tous leurs ennemis, ils se retrouvent blessés, ils sont trahis, moqués aussi, mais ils ne renoncent pas, ils se relèvent et persistent jusqu’au trépas. Nulle trace de confiance béate ou d’abandon. Nulle vanité personnelle non plus. D’une âme libre, d’une âme noble, on peut dire seulement : en ce monde elle a bien combattu.

    Parce qu’une grande âme ne peut rien faire d’autre en ce monde mensonger et factice, promis à la mort, voué aux multiples séductions démoniaques. Elle ne peut ni se taire ni adhérer. Ni se réfugier au fond d’un ermitage ni se contenter de faire du bien à autrui. Elle n’a en ce monde aucun lieu où se reposer parce qu’elle n’est pas de ce monde, parce qu’en celui-ci elle ne se fie pas, elle ne se fixe pas. Son seul destin est de combattre, de témoigner sans relâche du Royaume de lumière, de repousser ou abattre les puissances ténébreuses – et d’abord les démasquer. Elle se doit donc d’être aux aguets, sur ses gardes, tel un félin. La confiance suave ici n’est pas de mise puisque l’issue du combat métaphysique est incertaine. Ce n’est pas, comme le disent benoîtement les religieux, le Bien (alias l’amour, le pardon, la miséricorde) qui triomphera et sauvera tous les humains indistinctement. Non, l’issue finale n’est pas assurée, et peut-être que le combat continuera éternellement (quelle vision éreintante !) dans les cieux et en d’autres mondes.

    Dans cette perspective, l’humour est requis ainsi qu’une légèreté certaine : ils s’avèrent bien plus précieux qu’une confiance naïve. Le guerrier spirituel n’a rien d’un Goliath, il est souple et non pas monolithique, bardé de certitudes et de technologies. Il doit aller au combat avec ardeur et finesse, de tout son être, mais sans jamais se prendre pour un héros ni pour le sauveur du monde. Au fond, c’est sa nature, il est fait pour cela : moins pour terrasser dragons et ennemis que pour rappeler à ses pleutres contemporains qu’une âme digne de ce nom n’est jamais assagie et qu’elle veille toujours.

    Jacqueline Kelen dans Impatience de l’Absolu: Face au genre inhumain

    Une pièce musicale de Schubert : Le trio n°2, op. 100 Renaud Capuçon, Gautier Capuçon et Frank Braley

    https://www.youtube.com/watch?v=3kuFzjkUcLw&list=RD3kuFzjkUcLw&start_radio=1

    #amour #attitude #chrétiens #compagnieHumaine #confiance #courage #défi #Dieu #discernement #enseignement #foi #hardiesse #humour #JacquelineKelen #justice #lâcherPrise #lâcheté #légèreté #miséricorde #nature #persévérance #providence #quête #sAbandonner