#oceanographie — Public Fediverse posts
Live and recent posts from across the Fediverse tagged #oceanographie, aggregated by home.social.
-
#Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls
Oscillation de Madden-Julian = la MJO
(3/3)5* Pourquoi c'est important ?
Parce que la cellule de Walker a une influence sur la météo du monde entier et que la MJO perturbe Walker :
1- Walker module le climat mondial comme ça :
+ Sur sa gauche l'océan Indien lui est intimement lié (puisque cet océan est juste derrière l'Indochine dont le point chaud est le départ des ascendances de la Walker, on reviendra après sur ce lien), et à l'Ouest de cet océan Indien, la mer Rouge et le golfe Persique ont ses eaux. Par ces deux-là l'influence indienne remonte jusqu'à la Méditerranée qui les touche tout deux et qui fait trait d'union avec l'Atlantique Nord, ceci même si l'Arabie est bien loin du Pacifique indochinois et encore plus de la Terre de Feu.
+ Sur sa droite l'Atlantique Sud est juste derrière le upwelling de Humboldt et la Terre de Feu à relative proximité desquels Walker se termine. Pour passer du Pacifique à l'Atlantique il faut franchir entre quelques encablures de terres et rien du tout (cap Horn). L'influence du Pacifique sur les eaux orientales du sud de l'Amérique du Sud est immédiate, directe. Une fois ce sud aussi fortement "contaminé" par les variations de Walker, l'Atlantique Nord ne peut que réagir en conséquence, d'autant plus facilement que l'AMOC (le courant incluant le Gulf Stream) relie les deux hémisphères de l'Atlantique dans les deux sens et enfin, la boucle est bouclée via la Méditerranée perturbée via le climat de l'océan Indien qui l'est lui-même par la Walker.
Donc toute variation d'intensité de la Walker se répercute automatiquement partout.2- Walker est perturbé comme ça :
- d'abord la MJO soulève la charge humide de la poulie Walker du point chaud, l'aidant à délester le tapis d'en bas (les Alizés et le point chaud) sur celui d'en haut, (cf. toot précédent décrivant la cellule de Walker)
- ensuite elle avance entre les poulies de la Walker donc court-circuite tout ce qui allait au point chaud en le remontant là où elle est et ceci tout en continuant de cheminer, chose qui réduit de plus en plus la largeur "utile" du "tapis roulant de Walker",
- ce jusqu'à ce qu'elle arrive à la poulie de Humboldt elle-même, qu'elle bloque, ce qui immobilise presque le tapis roulant, l'autre poulie, au point chaud, le faisant encore faiblement déraper sur celle de Humboldt,
- ensuite elle continue sa route vers l'Est à la rencontre du continent américain, donc libère/débloque la poulie de Humboldt et le tapis se remet à tourner normalement,
- jusqu'à ce qu'elle se repointe de l'autre côté, à l'ouest de l'océan Indien,
- et ainsi de suite.
Donc même si le passage et les effets de la MJO est temporaire, c'est bien le climat mondial tout entier qui en est perturbé.
WIREs / 2023 Téléconnexions climatiques https://wires.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.823
Nature Climate / 2024 Impact climatique https://www.nature.com/articles/s41612-024-00566-96* Comment sait-on tout ça ?
Pour repérer la MJO il "suffit" de comparer les valeurs de trois sources de données avec leurs valeurs moyennes sur les 30-60 derniers jours puisque c'est le temps qu'il lui faut pour traverser la zone : si les trois sont cohérentes et montrent une anomalie qui se déplace vers l'Est, c'est la MJO et sinon, si un seul dit "convection" pas les deux autres alors c'est un orage local.NB : tous les indicateurs qui suivent rapportent la situation de l'air que nous respirons à chaque extrémité de la troposphère :
- Les 200 c'est tout là-haut contre la stratosphère, à 250-200 hPa c'est à dire, selon la latitude et la saison, entre 9 et 12 km d'altitude.
- Les 850 c'est plus au niveau du sol, vers 1500 m d'altitude = à 850 hPa (hecto-Pascals). C'est l'altitude la plus fréquemment utilisée par les infos météo télé et radio qui racontent ce qui se passera au sol ou "pas loin".On étudie donc ces trois sources de données :
+ OLR = Outgoing Longwave Radiation = le rayonnement sortant en onde longue = infra-rouge = ces nombres-là servent aussi à dessiner la photo satellite infrarouge montrée à la télé : plus ils sont bas, plus il y a de nuages en haut donc plus il y a de convection dessous.
Le 'U' c'est une convention pour dire "horizontal", Est-Ouest, "zonal", rien à voir avec U2 ou UB40 :
+. U850 = vents d'en bas parcourant une latitude = flux zonal, vents Est-Ouest : ils sont positifs si c'est vers l'Est, négatifs sinon. Ici ce U850 permet de "voir" où sont les ascendances, où convergent les vents "d'en bas".
+. U200 = pareil mais au plafond : ça permet de voir les convergences aussi et comme on est tout en haut c'est au milieu d'elles que l'air redescend.Ensuite on affine avec ces autres variables :
Le 'V' c'est pour les vents Nord-Sud, "verticaux", le long des méridiens :
+ V850 = vents méridiens (Nord-Sud) d'en bas. Ça révèle les "flux d'humidité" : plus l'air est chaud, plus il contient de vapeur d'eau. V850 montre où ça converge pour monter.
+ V200 = vents méridiens d'en haut. Ça révèle le "transport des masses" : vers où s'étale l'air butant contre le plafond donc vers où se répand cette "masse de vapeur étalée".
Après on a les CHI et les PSI :
* Chi, également prononcée 'Khi' parfois, c'est la lettre 'X' en grec, ce n'est pas le X du Musk qui peut aller se faire voir de par chez eux. Ça révèle les écoulements linéaires à l'extrémité des mouvements verticaux, i. e. où ça se tasse/s'enfouit ou bien tire/arrache : Positif = aspiration (vers le haut) = ça tire au plafond = divergence => ascendance, dépression et négatif = tassement (vers le bas) = ça enfonce = convergence => subsidence, anticyclone :
+ CHI200 = à 200 hPa aussi. Ça montre les divergences/convergences au plafond :
+ CHI850 = idem à 850 hPa, en bas. Ça montre la même chose, ascendance ou subsidence.* PSI, la lettre "P" en grec, celle des psychanalystes, psychiatres et de leurs psychopathes (dont ils peuvent faire partie, c'est pas incompatible : Karadžic était un psy dans tous les sens du terme). Ici on appelle ça "fonction de courant", ça révèle la turbulence, les écoulements tourbillonnaires, l'air qui tourne/serpente, dessine les bosses et les creux *** <---<< ceci horizontalement *** :
+ PSI200 = à 200 hPa, au plafond. Ça dessine les bosses et les creux des Jets streams.
+ PSI850 = à 850 hPa. Idem en basse altitude.
* Et enfin la pression en surface qui montre les anticyclones et les dépressions, donc la trace "au sol" de la MJO, là où la roue à godets creuse ou bien entasse :
+ SLP = Sea Level Pressure = pression au niveau de la mer.
Donc on peut essayer de repérer la MJO en temps réel sur nullschool.net (lien : https://earth.nullschool.net/fr/)-> comme d('hab : toute question est bienvenue.
(NB : il n'y a pas de question stupide, il ne peut y avoir que des réponses idiotes)Madden & Julian - 1971 papier fondateur https://journals.ametsoc.org/view/journals/atsc/28/5/1520-0469_1971_028_0702_doadoi_2_0_co_2.xml
NOAA Climate.gov - 2026 Vulgarisation détection https://www.climate.gov/news-features/blogs/enso/what-mjo-and-why-do-we-care
Geerts / UW - 2026 Variables (U, V, CHI, PSI) http://www-das.uwyo.edu/~geerts/cwx/notes/chap12/mjo.html
PSL - 2026 Détection (RMM) https://psl.noaa.gov/mjo/MJOprimer/ NOAA
BOM - 2026 État temps réel https://www.bom.gov.au/climate/mjo/ -
#Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls
Oscillation de Madden-Julian = la MJO
(2/3)4* Par où elle passe ?
Il n'existe pas encore assez de stations pour suivre son signal faible ailleurs que dans l'Indo-Pacifique où elle réapparaît tous les un à deux mois alors on ne sait pas si c'est la même onde qui fait le tour de la Terre ou si c'est autre chose.
A- Au nord
* On sait que, sur ces deux océans-là, les MJO serpentent d'abord entre le 10°S et le 10°N, puis, une fois rendues dans le Pacifique, descendent progressivement plus au sud parce qu'entrainées par la cellule de Walker vue dans le toot précédent, ceci en étant, évidemment, au Nord en été et inversement l'hiver.
* On sait qu'elle est un des catalyseurs de la mousson indienne :
+ en mai et juin l'Inde et le Pakistan sont surchauffés à la fois par les vents océaniques remontant de l'équateur et ceux issus de la péninsule Arabique et du sud de l'Iran, les deux flux venteux remontent vers les contreforts de l'Himalaya d'où ils ne peuvent plus s'échapper une fois arrivés, et par des vents descendant (en subsidence adiabatique) de l'ouest de l'Himalaya (chaines de l'Hindou Kush et du Pamir) parce que cet air est comprimé contre les montagnes depuis la mer Caspienne, vents traversant l'Iran et l'Afghanistan, ne pouvant partir ni au Nord (anticyclone Kazakh) ni au Sud (montagnes d'Iran + flux venant d'Arabie)
+ ceci crée les extraordinaires pics de chaleur de juin sur la basse vallée de l'Indus indo-pakistanaise et le désert du Thar qui la borde côté indien, la subsidence de l'ouest himalayen asséchant le peu d'air océanique pouvant encore arriver du sud-ouest.
+ cet anticyclone sur le désert du Thar et la basse vallée de l'Indus est maintenu piégé là par l'Himalaya d'une part et par un centre anticyclonique installé sur tout le nord-ouest du golfe du Bengale lui barrant toute possibilité de mouvement vers l'Est d'autre part.
+ Tout ceci perdure jusqu'à la mousson commençant en juillet.
L'Inde est incluse dans la bande des 20 et 30°N à l'exception de sa pointe sud (le Kerala) qui, avec l'île du Sri Lanka, appartient à ces 0 à 10°N par où peut passer la MJO. C'est par là que se déclenche la mousson, comme une onde remontant du sud :
+ La MJO introduit son ascendance et ses vents d'ouest (à la place de ceux de Sud et Sud-Ouest) dans un air n'attendant que ça depuis des semaines.
+ Cette convection se propage ensuite à la façon d'un pull qui se détricote sur toute la région jusqu'au plus au nord possible et sur toute la largeur de l'Himalaya Ouest à la péninsule indochinoise à l'Est du golfe du Bengale (cf. https://en.wikipedia.org/wiki/Madden%E2%80%93Julian_oscillation#/media/File:India_southwest_summer_monsoon_onset_map_en.svg : cette carte décrit la progression de la mousson depuis la pointe sud de l'Inde jusqu'à l'Himalaya à l'ouest et la Birmanie à l'est).
La MJO n'a ainsi pas besoin de faire un crochet au nord jusqu'en limite du 40°N pour que la mousson y soit lancée, à cause d'elle.* On sait que quand les MJO finissent de traverser l'océan Indien et montent sur l'Indonésie (le "continent maritime") elles faiblissent, ralentissent jusqu'à disparaître complètement presque une fois sur deux : 40 à 50 % "s'éteignent là", sont indétectables ensuite. Les autres ressurgissent dans le point chaud du Pacifique Ouest mais bien affaiblies au départ. On suppose que c'est au moins pour deux raisons :
- d'une part, comme dirait Lapalisse il y a moins d'eau en surface de la terre ferme que sur l'océan, il lui devient donc plus difficile de maintenir son ascendance et, donc, sa subsidence,
- d'autre part les perturbations terrestres quotidiennes, surtout les brises de mer vespérales qui provoquent ascendances et orages de fin de journée, la déforment et se mettent en bâtons dans sa roue.
Elle se retrouve ainsi dans le point chaud débutant la cellule de Walker, chose qui doit l'aider à se refaire une santé vu les ascendances à cet endroit.B- Au Sud
* Quand vient l'hiver boréal (du nord) elle est tirée au sud de l'équateur. Il arrive qu'elle contourne la difficulté des 6000 km que lui oppose alors ce "continent marin" (comme disent les anglais) en restant sur l'eau, passant par sa limite sud entre l'Indonésie et l'Australie. En été ça lui est plus supportable parce qu'entre l'équateur et le 10°N, donc au nord, ce continent marin ne lui oppose que 3000 km de terres à traverser, soit deux fois moins.
* Elle est très visible de ce côté grâce à la mousson australienne :
Le printemps austral commence après l'équinoxe de septembre. La Zone de Convergence Inter-Tropicale, dite ITCZ en anglais, court horizontalement d'un bord à l'autre du Pacifique : elle est toujours située à la jonction des deux cellules de Hadley (Nord et Sud), jonction qui se maintient sous l'ensoleillement le plus fort, qui le suit tout au long de l'année : au solstice de juin elle est vers les 10-15°N, à l'équinoxe suivant (septembre) elle passe l'équateur, continue vers le sud jusqu'au solstice de décembre, avant de rebondir vers le nord (équinoxe de mars, et solstice de juin).
* En Australie à partir du printemps sur le Pilbara, au NW du continent donc côté équateur, en surface la chaleur génère une basse pression qui s'intensifie. Les vents changent alors : les alizés de SE, secs jusque-là parce que finissant de traverser 3000 km de continent, virent à 180° pour aller de l'équateur vers cette basse pression et en s'inversant ils deviennent humides puisque au NW du Pilbara on a l'océan Indien et la mer de Timor. Tout est ainsi en place à partir de novembre-décembre, fin du printemps, début de l'été austral, quand l'air commençant à monter au-dessus de ces sols de plus en plus chauds, forme les premières ascendances avec leurs premières pluies et à partir de là la mousson s'installe sur tout le nord du continent.* La MJO donne souvent le coup d'envoi début-mi décembre : quand sa phase convective arrive sur l'océan Indien d'Indonésie elle renforce les vents de NO et déclenche le premier épisode. Si c'est sa phase sèche de l'arrière qui passe d'abord parce que l'avant est déjà passé, le début de cette mousson est retardé de 10 jours à 3 semaines.
* Un épisode de MJO sèche termine la mousson (cf. le lien de nature.com 2024 ci-dessous) : après l'équinoxe de mars le continent se refroidit d'abord doucement puis de plus en plus vite puisque le soleil est repassé au nord et s'éloigne. Les basses pressions du NW australien se comblent, évoluent en anticyclone, ce qui refait basculer les vents de surface à 180°, rétablit les alizés de SE frais et secs. L'ascendance se transforme en subsidence et cette inversion tue la mousson : les pluies cessent et un passage de MJO sèche (arrière) la termine abruptement puisque cette subsidence finit le ménage, tue les dernières ascendances.
[Ces deux moussons durent tout leur été, jusqu'à l'équinoxe suivante, sans être continues pour autant : ce sont des successions de périodes de 5-15 jours de pluies intenses suivies d'un calme relatif de 5-15 jours lui aussi. C'est un peu comme la mousse de bulles de l'eau en train de bouillir : dans l'eau des bulles se forment très vite un peu partout puis tourbillonnent dans tous les sens avant d'aller mousser en surface. Là, on a différents phénomènes temporaires surgissant en rangs serrés et se croisant pendant la période qui expliquent ces alternances de pluies : MJO, Rossby, QBO ( = Oscillation Quasi-Bimensuelle), etc.]
Wheeler & Hendon / 2004 8 zones, RMM1/RMM2, dipôle https://journals.ametsoc.org/view/journals/clim/17/18/1520-0442_2004_17_3061_doadoi_2_0_co_2.xml
WIREs / 2023 Variabilité ENSO/IPO, jumping https://wires.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.823
Nature Climate / 2024 Trajectoire / propagation https://www.nature.com/articles/s41612-024-00566-9
Krishnamurti & Ardanuy / 1980 / dynamique des pluies https://journals.ametsoc.org/view/journals/atsc/37/1/1520-0469_1980_037_0053_doadoi_2_0_co_2.xml
Berry & Reeder / 2016 / dynamique des pluies https://journals.ametsoc.org/view/journals/atsc/73/1/jas-d-15-0071.1.xml -
#Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls
Oscillation de Madden-Julian = la MJO
(1/3)1* Qu'est-ce que c'est ?
Une roue à godets : ça creuse devant et se vide derrière en avançant.
Il s'agit d'un phénomène un peu comme une roue à godets qui ferait monter l'air devant elle (convection) et descendre derrière (subsidence), soulevant à la façon d'une vague ou d'une onde tout ce qu'il y a sur sa route sans le déplacer horizontalement et progressant toujours d'Ouest en Est (sens de rotation de la Terre) en zigzaguant plus ou moins près de l'équateur.https://fr.wikipedia.org/wiki/Oscillation_de_Madden-Julian
https://earth.nullschool.net/fr/https://en.wikipedia.org/wiki/Madden%E2%8093Julian_oscillation
2* C'est nouveau ?
Non. Vous n'en avez sans doute jamais entendu parler et pourtant c'est un phénomène récurrent, intermittent mais présent toute l'année.
Il n'en existe encore aucune vulgarisation en français en direction du grand public hormis
- cette de wikipédia qui est la version française dégradée de la version anglaise, dégradée mais pas si mal, mieux que rien en tout cas,
- celle de La Météorologie, n° 86 (2014), très bien faite, plus longue que ce que je vous donne ici mais compréhensible sans être un initié "7e dan" (le pdf ci-dessous),
- et maintenant vous avez celle-ci, plus synthétique que les deux précédentes (je vous laisse en récupérer l'url 8*D ).
Pourquoi un tel désert ? Parce qu'aujourd'hui c'est une chose pas encore franchement sortie du petit monde des labos pour ce qui concerne les océans Pacifique et Indien et quasiment vierge chez eux pour partout ailleurs, complètement en friche, aucune étude aussi consistante que celles ciblant l'Indo-Pacifique.
Pourquoi en parler alors ?
1. Parce que c'est un phénomène qui interfère fortement avec la cellule de Walker qui est sur sa route.
2. Parce que ce faisant le passage de la MJO perturbe le climat mondial.
https://en.wikipedia.org/wiki/Madden%E2%8093Julian_oscillation
https://web.lmd.jussieu.fr/~crlmd/these/article_LaMeteo_MJO_July2014.pdf3* Comment ça marche et pourquoi elle va dans ce sens ?
On sait comment elle fonctionne dans les océans Indien et Pacifique bien que son trajet complet ne soit pas encore scientifiquement formellement établi, prouvé. L'hypothèse la plus acceptée (Matsuno, 1982) est un couplage entre convection et circulation :Comme vous le savez puisque j'en ai déjà parlé, en faisant monter de l'air toute convection aspire à elle celui qui est en-dessous comme la bouche d'un aspirateur tire à elle et avale ce qui l'entoure (convergence) qui file dans le sac au bout du tuyau sauf que, ici, le bout du tuyau est tout en haut et ouvert sur rien. En sortant contre le plafond cet air, tout en s'étalant tout autour de sa sortie (divergence), s'entasse sur place. Naturellement ce petit tas va se rectifier; s'aplatir puis remonter, onduler verticalement comme une vague et avancer comme un rond dans l'eau (on appelle ça une onde de gravité aussi). Par dessus ensuite vient l'effet Coriolis qui tire tout vers l'Est en commençant par le plus léger, mobile, ce qui fait que cette "ondulation du plafond" part à l'Est mais ce faisant, partout où l'air se soulève, il tire un peu à lui celui de tout en-bas dessous et partout où il se tasse c'est l'inverse, le tassement de l'air vers le bas en aspire au-dessus de lui, et tassé donc plus lourd, il descend. C'est le côté descendant de la roue à godets, la subsidence. C'est pour ça que c'est sec et calme à l'arrière de la convection : l'air y est tassé, chauffé en descendant (+10°C/km), asséché, un buvard, rien ne monte, pas de condensation.
Si, à l'avant de la roue, tout en bas là-bas, c'est humide et chaud alors, de façon classique, ça enclenche une autre convection qui, en montant, crée à son tour une autre divergence envoyant onduler vers l'Est son propre "tas du plafond" tout en faisant redescendre derrière elle ce qui part ailleurs qu'à l'Est (ce qui éteint la convection précédente puisque ça lui tombe dessus), et ainsi de suite. C'est pour ça que ça va d'Ouest en Est : chaque épisode de convection crée son tas au plafond qui se propage un peu plus à l'est, provoquant le suivant, etc.Matsuno / 1982 Mécanisme (convection-circulation) https://journals.ametsoc.org/view/journals/atsc/39/6/1520-0469_1982_039_1178_doadoi_2_0_co_2.xml
Kim, Hendon & Li / 2006 Mécanisme (ondes de gravité) https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/1 0.1029/2005JD006807
Berry & Reeder / 2016 Dynamique des précipitations https://journals.ametsoc.org/view/journals/atsc/73/1/jas-d-15-0071.1.xml -
Yo Mastodon ! Ça woke bien ?
Moi, ça woke.15 jours de taff en faisant des incantations malodorantes pour avoir un peu de wifi pour ça => si vous connaissez une divinité plus efficace que les cohortes d'insultes pour convaicre un wifi de limite de couverture, je prends !
Je voulais publier ça hier mais wifi a pas voulu et m'a même zappé ce que j'avais écrit juste avant.
Bon. VDM normale.
-----
#Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls (suite)Table des matières :
Chap. 1 - Thermocline-Coriolis & courants de surface (26-août 2026) :
https://kolektiva.social/@A_Mimi/117164079395102719Chap. 2 - Cellule de Walker :
https://kolektiva.social/@A_Mimi/117174786486303409Chap. 3 - Oscillation de Madden-Julian = la MJO : ci-dessous
Je commence dans un toot en réponse à celui-ci et en numérotant la suite parce que ça va exploser ma limite de carcactères par toot mais c'est ça ou bien ça va être réservé aux seuls initiés, ce qui est l'inverse de ce que je recherche.
Le toot derrière lequel vous pouvez commenter sans vous faire écraser entre deux finit par "BOM - 2026 État temps réel https://www.bom.gov.au/climate/mjo/"
Juste dire ici que c'est un autre de ces petits trucs à connaître pour bien comprendre le Niño 2026 dans lequel ça joue un rôle, genre c'est quoi la différence entre une salière et une poelle à frire quand on veut cuisiner sans maman.
Ok ? Go, show !
(non, moi c'est gauchiasse)