Vor fast 60 Jahren hat dieser Film die politische Gewalt Europas auf die Leinwand gezerrt, weil es ihm gelungen ist daraus einen internationalen Thriller zu machen, wie es noch keinen zuvor gegeben hat. Constantin Costa-Gavras erzählt die Geschichte eines Politikers, der 1963 von Rechtsextremisten ermordet wurde. Vier Jahre nach dem griechischen Militärputsch wurde daraus eine Anklage gegen alle autoritären Staaten der Welt. Mit Yves Montand, Jean-Louis Trintignant und Irene Papas. (ARTE, Neu!)
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Constantin Costa-Gavras – „Z – Anatomie eines politischen Mordes“ (1969) -
Police Python 357 d’Alain Corneau
Plongée dans le début des années 1970 avec ce film noir. Nous sommes en province catholique, à Orléans où les rues sont désertes à la nuit tombée, chacun chez soi, les secrets d’alcôve et de famille bien cachés. Le jour est tout d’apparences, la respectabilité, le métier, l’épouse et les enfants – que l’on conduit au catéchisme. Les églises sont ouvertes à tous les vents, jour et nuit. Ce qui va enclencher l’engrenage de cette histoire.
L’inspecteur Marc Ferrot (Yves Montand) traque les pilleurs d’église depuis un certain temps. Il en serre un qui a descellé une statue de la Vierge à l’Enfant et l’emporte comme butin. Son acolyte est bâillonné et ligoté dans la voiture. Alors que le voleur fuit, l’inspecteur effectue une sommation : arrêtez ou je tire. Il est en position adéquate, son revolver Python 357 bien dans l’axe des bras. L’autre stoppe, il le menotte. Mais Sylvia Leopardi (Stefania Sandrelli), une fille qui traînait par là – à minuit – est éblouie. Elle a pris la photo du mâle viril prolongé par son flingue. Elle l’agrandira pour la mettre dans la vitrine du fourreur où elle travaille, sous les arcades, pour attirer les femelles confites en train-train bourgeois.
Ils lient connaissance, ils se retrouvent parce que Ferrot a vu son portrait en action dans la vitrine. Et parce que chacun a eu un flash sur l’autre. Il n’y aura pas de sexe entre eux dans le film, juste une suggestion. Mais l’inspecteur, orphelin placé en foyer, est surtout en mal d’affection ; il a trouvé un jeune animal à caresser, à regarder marcher. Elle a un accent sexy et un nom italien. Elle joue avec lui comme une gamine immature auprès d’un grand frère. Elle pique son arme et tire un faisan dans un champ, au grand dam d’un chasseur présent. Elle joue à lui donner rendez-vous à la gare, au train en provenance de Paris, alors qu’elle habite Orléans, pour faire croire. Elle se fait déposer dans le centre pour ne pas qu’il voie où elle habite. Elle lui donne une montre que son amant lui a donnée, et qui appartenait à sa femme.
Ces jeux sont autant de cailloux blancs pour remonter le fil s’il y a enquête. Le chasseur a noté une 404 grise ; le contrôleur des billets à la sortie la remarque, ainsi que son mec ; le noctambule qui promène sa chienne lévrier ridicule à minuit (l’heure du crime) le débusque espionnant Sylvia, planqué derrière un arbre où pissait la bête qui piaille d’être dérangée ; la mémère nourrisseuse de chats ramasse un gant que le malotrus a fait tomber.
Or il y a enquête. La fille est en effet découverte massacrée dans son appartement, le crâne défoncé par un objet contondant (qu’on ne retrouve pas). Qui l’a fait ? Un amant ? L’« autre » qui serait jaloux ? Le commissaire Ganay (François Périer) se fait tenir au courant. Le spectateur le sait, c’est lui qui est le premier amant, le jaloux qui n’a pas supporté qu’elle en voie un autre, lui qui est l’assassin. La quête va donc porter non sur le coupable, ni sur le mobile, mais sur l’innocent. Comment va-t-il s’en sortir, ce solitaire un peu marginal dans cette ville de bourgeois, où les témoins hommes ou femmes sont des commères plus ou moins fiables qui se multiplient, prêtes à affirmer n’importe quoi pour se faire mousser.
Le jeune inspecteur Ménard (Mathieu Carrière), catholique qui ne badine pas avec la morale, est enthousiaste et s’étonne que son chef Ferrot élude les interrogatoires des témoins et ne veuille pas visiter l’appartement du crime. Le commissaire Ganay a pour épouse une infirme qui a de la fortune, issue d’une grande famille du coin avec gentilhommière, Mercedes et personnel de maison. Elle dépend de lui, elle accepte qu’il aille voir ailleurs pour ses besoins sexuels. Mais la jalousie de Ganay fait basculer cet équilibre. Il a tué celle qu’il entretenait parce qu’il la vue en bas de l’appartement où il l’attendait parler avec un homme, sans le reconnaître. Il laisse accuser un autre par souci de notable. En effet, Ferrot a pénétré chez Sylvia dans les minutes qui ont suivi le crime ; il a failli croiser son chef qui, voyant l’ascenseur monter, est descendu par l’escalier. On entend ses pas décroître. Il a laissé la porte non verrouillée parce que la poignée est cassée, il a effacé ses traces et emporté l’instrument du crime, ainsi que les bijoux et lettres qu’il a donné au fil des mois. Ferrot a laissé des traces de son passage, pas Ganay, qui voit au contraire la lumière s’allumer dans l’appartement du cinquième alors qu’il quitte le HLM. Son épouse, qui ne veut pas le perdre, le convainc de ne pas prendre les devants en se dénonçant, mais d’attendre et de voir.
Le lendemain, l’enquête commence, mais ni Ganay ni Ferrot ne sont pressés de la voir aboutir. Ganay est inquiet, mais Ferrot en détresse ; il aimait, il est à nouveau orphelin. Même si la fille avait un dossier à Paris qui révèle qu’elle a été chassée de chez elle en Italie par ses parents notables parce qu’elle avait mis le feu à la maison de son oncle, qui l’avait peut-être violée. Elle a fui à Paris en 1968, où elle s’est mariée à un mac qui l’a mise quatre ans sur le trottoir avant qu’elle ne divorce et ne trouve Ganay, bourgeois cossu qui veut bien l’entretenir. Depuis, elle s’est « rangée », elle travaille comme décoratrice. Ferrot, persuadé de l’amant caché, retourne dans l’appartement vidé par les flics pour l’explorer plus à fond. En le mettant à sac, il découvre, planqué dans le matelas, sous la moquette ou derrière les plinthes, des objets futiles de gamine qui joue au secret. Dont une photo d’elle posant devant un imposant manoir et une rare voiture de collection.
Ferrot va visiter les manoirs de la région pour le trouver. Hélas ! Il y en a trop, et il est pris par le temps. Il ne voit pas le bon, qui se trouve juste après le dernier visité. En se rendant dans la voiture de Ménard au tapissage ordonné par Ganay, qui veut le confondre car tous les indices mènent à lui, Ferrot se fait arrêter devant un supermarché où il doit acheter des bricoles, et « du chewing-gum pour le petit ». Étienne est le fils de Ménard qui ressemble à son père, assis sur la banquette arrière de la R6. Ferrot est reconnu aux caisses par le contrôleur qui fait la queue et laisse son caddie pour téléphoner à la police. Ferrot l’assomme entre deux camionnettes avant de prendre en main l’enquête. Ganay le confronte et lui avoue son crime alors que Ferrot lui met dans les mains la photo de Sylvia devant la Grenouillère et la voiture Nash. Dilemme.
Marc Ferrot est fidèle à son chef et à son épouse, la seule famille qu’il se soit trouvée. Dans le même temps, il est fonctionnaire de police et ne peut laisser un crime impuni. Ganay, une fois de plus, va faire basculer le destin. Il brûle la photo compromettante, le seul indice qui permettrait de le relier à Sylvia, et menace Ferrot de son pistolet. Celui-ci, par réflexe bien entraîné, dégaine son Python 357 et l’abat dans sa R5 noire. Lui est toujours vivant, mais a tué le seul qui pouvait l’innocenter. Sauf que Thérèse, l’épouse abandonnée de Ganay, ne veut plus vivre sans son mari, mais ne peut se résoudre à se tuer. Elle pique la Mercedes au chauffeur parti chercher des médicaments pour elle et attend Ferrot devant chez lui. Elle l’emmène sur les berges de la Loire, où son mari Ganay a jeté l’arme du crime, où il a avoué, où il a brûlé la photo et s’est fait tuer. Elle supplie Ferrot de l’aider à appuyer sur la détente pour en finir mais, auparavant, lui raconte tout ce que son mari lui a confié. Coup de pistolet – c’est fini. Une fois de plus, la Loire emporte les destins.
Ferrot a été reconnu par son portrait-robot, bien qu’il ait tenté de se défigurer au vitriol. Ménard l’a suivi pour le confondre, et a entendu la confession de Thérèse. Il sait que son inspecteur-chef est innocent. Mais voilà qu’il est convoqué en urgence devant le supermarché où des malfrats braquent la caisse, armés de pistolets-mitrailleurs. Sa R6 est criblée de balles, son coéquipier blessés. Ils ne peuvent sortir. Va-t-il se faire descendre et perdre tout espoir d’innocenter Ferrot ? Je laisse au spectateur le soin de le savoir, même si une ultime pirouette instille un doute.
J’ai vu plusieurs fois ce film au cours des années, et il ne m’a jamais déçu. Il est bien monté, bien joué, le suspense établi. Même si l’on connaît la fin, elle surprendra toujours. Les détails de l’époque sont aussi bien rendus. Nous plongeons dans une atmosphère, celle de la province assoupie où couvent des pulsions ardentes sous les apparences. Pour le commissaire la maison bourgeoise de centre-ville, le manoir à la campagne, la grosse voiture Mercedes, la petite R5 pour la ville, et la coquetterie américaine Nash. Pour l’inspecteur-chef la Peugeot 404 fonctionnelle, le revolver Python 357 et son sertisseur de balles, la maison de banlieue sans âme. Pour l’inspecteur la Renault 6 classe moyenne, le caté pour le gamin, la décoloration blonde pour l’épouse.
Et, dans la chambre de Thérèse comme lors de la visite à Paris de Ferrot avec Sylvia, la peinture de Jupiter et Sémélé de Gustave Moreau, allégorie du film. Sémélé est foudroyée par l’apparence de Jupiter transfiguré en jeune homme dans sa perfection. Cela par la jalousie de l’épouse de Jupiter…
DVD Police Python 357, Alain Corneau, 1976, avec Yves Montand, François Périer, Mathieu Carrière, Simone Signoret, Stefania Sandrelli,StudioCanal 2025, français, 2h02, €9,99, Blu-ray €14,99
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