home.social

#frontanarchiste — Public Fediverse posts

Live and recent posts from across the Fediverse tagged #frontanarchiste, aggregated by home.social.

  1. Auteur : Zargham (traduction automatique du farsi)
    Au cœur de ces événements, il ne s'agit pas d'une guerre au sens classique du terme, mais d'un effondrement total de l'ordre de part et d'autre de la frontière. Quand on parle de Khost, Paktia et Kunar, on parle de lieux où la frontière n'est pas une ligne, mais un couloir : un couloir pour la violence, le trafic d'armes, les mouvements de forces qui se font passer pour des talibans le matin et des milices pakistanaises la nuit. Ici, la gouvernance n'est qu'une farce amère.
    Les talibans affirment avoir tué 55 soldats pakistanais et pris le contrôle de 19 points de contrôle. Le Pakistan lance l'opération Ghazb-ul-Haq, ciblant Kaboul par des frappes aériennes. Mais penchons-nous sur le cœur du problème : une maison dans la province de Khost où dix enfants et une femme sont tués. Le Pakistan nie l'attaque. Les talibans promettent de riposter en temps voulu. Quand ce moment viendra-t-il ? Pour cette femme, ces dix enfants, ce moment n'arrivera jamais. Ils sont morts. Ils sont morts dans le vide entre deux démentis. Voilà la nature du pouvoir quand l'on est en absence de responsabilité.
    Ce qui se passe en Afghanistan sous le régime des talibans n'est pas un État failli, mais un exemple parfait de l'état naturel du pouvoir. Les talibans prétendent détenir le monopole de la violence légitime, mais ce monopole n'est qu'une illusion. La violence s'abat du ciel sans qu'ils puissent riposter. Elle est perpétrée dans les zones aveugles de leur territoire par des individus armés qui se réclament des talibans, sans aucun mécanisme de recours, de responsabilisation ou de justice. C'est l'état naturel du pouvoir : celui qui est le plus armé fait la loi. Et pendant ce temps, le plus armé des armés est celui qui se tient le plus loin, appuie sur le bouton et lance le drone…
    Mais permettez-moi de parler des prisons talibanes, qui reflètent parfaitement cette logique du pouvoir. Contrairement aux institutions pénitentiaires modernes, les prisons talibanes ne prétendent même pas réformer ou réhabiliter. Ce sont des espaces où l'on entrepose des corps ; des corps qui ne sont plus citoyens, plus des êtres humains, même plus des ennemis politiques, mais simplement de la matière première pour l'exhibition du pouvoir. Dans ces prisons, la notion de temps s'effondre. Pas de tribunal, pas de verdict, pas de temps. Une personne disparaît sur simple suspicion, simplement parce qu'elle est voisine d'un accusé, simplement parce qu'elle appartient à une tribu désobéissante. Mais cette disparition n'est pas de la même nature que les disparitions modernes où un nom est inscrit sur une liste. Il n'y a même pas ici la bureaucratie de la répression. Cette absence de bureaucratie, ce manque total d'enregistrement et de recensement, est en soi un choix : le choix de produire une terreur absolue. Un pouvoir qui dit : Je peux vous effacer comme si vous n'aviez jamais existé !
    Dans ce contexte de vide, les relations entre les tribus pachtounes se sont normalisées. Les talibans, eux-mêmes issus en grande partie du tissu tribal pachtoune, se trouvent aujourd'hui dans une position paradoxale : ils sont à la fois les représentants des tribus et leurs oppresseurs. Dans les régions où les tribus vivaient depuis des siècles avec leurs structures autonomes, les talibans ont ciblé non seulement leurs opposants politiques, mais l'ensemble de la structure sociale en imposant un ordre vertical et centralisé. Toute jirga formée sans leur supervision est perçue comme une menace. Tout homme blanc qui n'obéit pas inconditionnellement à l'Émirat islamique est considéré comme un traître. Les prisons regorgent donc de chefs tribaux dont le crime n'était pas de porter des armes, mais d'exercer une influence.
    Ces conflits entre les tribus et les talibans, à un niveau plus profond, dépassent la simple lutte pour le pouvoir politique. Ils opposent deux formes de violence organisée : la violence horizontale et diffuse des tribus, relativement autonomes depuis des siècles, et la violence verticale et concentrée, où les talibans promettent la souveraineté mais n’offrent que la domination. Les tribus constatent que les talibans n’apportent ni sécurité, ni justice, ni même la fierté ethnique promise. Ils n’ont apporté avec eux que prisons, impôts et un déluge de mort.
    Statistiques de la MANUA : d’octobre à décembre 2025, les attaques pakistanaises ont tué 15 civils et en ont blessé 13. Les enfants représentent plus de la moitié des victimes. Mais ces statistiques importent peu. Ce qui importe, c’est l’impunité. Les talibans sont au pouvoir, mais leur réaction se limite au déni et aux menaces verbales. Le Pakistan viole les règles talibanes, mais nie la réalité des attaques, comme si les enfants massacrés étaient le fruit de l’imagination collective. Les habitants de Khost sont pris au piège de ce vide : aucune institution, ni talibane ni pakistanaise, ne se soucie de leur sort. Dans cette région, la vie humaine est retombée dans sa forme la plus primitive et la plus crue : un morceau de viande sans maître, abandonné dans la nature.
    Les prisons représentent l'apogée de cette dépossession. Dans les prisons talibanes, la torture n'est ni une exception ni un moyen d'obtenir des informations ; elle est l'ordre naturel du pouvoir. Le corps du prisonnier devient une toile sur laquelle le pouvoir inscrit son message le plus immédiat : tu n'es rien. Ce message n'a besoin d'aucun langage, d'aucun tribunal, d'aucune sentence. Flagellations, amputations, enfermement dans des cellules souterraines sans lumière, tout cela fait partie d'un même langage ; un langage dont la grammaire est la douleur et le vocabulaire, la blessure. Dans cet espace, la frontière entre la vie et la mort n'est pas une ligne, mais un épais brouillard. Le prisonnier ignore s'il vivra aujourd'hui. Et c'est précisément cette ignorance, cette angoisse permanente, qui constitue le principal instrument du pouvoir.
    Voilà l’état naturel du pouvoir. Voilà ce que la critique anarchiste de l’État perçoit au cœur de ces montagnes et de ces plaines. Les talibans ont prouvé que le problème n’est pas tel ou tel État ; le problème réside dans le principe même du monopole de la violence. Un pouvoir qui s’appuie sur le monopole de la violence finit tôt ou tard par oublier toute responsabilité, et il ne reste plus que la violence débridée : une violence que tous utilisent et dont personne n’est tenu responsable. Sur le territoire taliban, la violence est omniprésente et personne n’en a le monopole. Ce n’est pas un slogan, c’est la réalité quotidienne de millions de personnes vivant entre les prisons que les talibans érigent et les bombes que le Pakistan largue…

    RE:https://anarchistfront.noblogs.org/post/2026/05/13/58098/%d8%ac%d9%86%d8%a7%d8%b2%d9%87%d9%87%d8%a7%db%8c-%d8%a8%db%8c-%d8%b5%d8%a7%d8%ad%d8%a8/
    #afghanistan #pakistan #taliban #frontanarchiste #anarchistfront
  2. Auteur : Zargham (traduction automatique du farsi)
    Au cœur de ces événements, il ne s'agit pas d'une guerre au sens classique du terme, mais d'un effondrement total de l'ordre de part et d'autre de la frontière. Quand on parle de Khost, Paktia et Kunar, on parle de lieux où la frontière n'est pas une ligne, mais un couloir : un couloir pour la violence, le trafic d'armes, les mouvements de forces qui se font passer pour des talibans le matin et des milices pakistanaises la nuit. Ici, la gouvernance n'est qu'une farce amère.
    Les talibans affirment avoir tué 55 soldats pakistanais et pris le contrôle de 19 points de contrôle. Le Pakistan lance l'opération Ghazb-ul-Haq, ciblant Kaboul par des frappes aériennes. Mais penchons-nous sur le cœur du problème : une maison dans la province de Khost où dix enfants et une femme sont tués. Le Pakistan nie l'attaque. Les talibans promettent de riposter en temps voulu. Quand ce moment viendra-t-il ? Pour cette femme, ces dix enfants, ce moment n'arrivera jamais. Ils sont morts. Ils sont morts dans le vide entre deux démentis. Voilà la nature du pouvoir quand l'on est en absence de responsabilité.
    Ce qui se passe en Afghanistan sous le régime des talibans n'est pas un État failli, mais un exemple parfait de l'état naturel du pouvoir. Les talibans prétendent détenir le monopole de la violence légitime, mais ce monopole n'est qu'une illusion. La violence s'abat du ciel sans qu'ils puissent riposter. Elle est perpétrée dans les zones aveugles de leur territoire par des individus armés qui se réclament des talibans, sans aucun mécanisme de recours, de responsabilisation ou de justice. C'est l'état naturel du pouvoir : celui qui est le plus armé fait la loi. Et pendant ce temps, le plus armé des armés est celui qui se tient le plus loin, appuie sur le bouton et lance le drone…
    Mais permettez-moi de parler des prisons talibanes, qui reflètent parfaitement cette logique du pouvoir. Contrairement aux institutions pénitentiaires modernes, les prisons talibanes ne prétendent même pas réformer ou réhabiliter. Ce sont des espaces où l'on entrepose des corps ; des corps qui ne sont plus citoyens, plus des êtres humains, même plus des ennemis politiques, mais simplement de la matière première pour l'exhibition du pouvoir. Dans ces prisons, la notion de temps s'effondre. Pas de tribunal, pas de verdict, pas de temps. Une personne disparaît sur simple suspicion, simplement parce qu'elle est voisine d'un accusé, simplement parce qu'elle appartient à une tribu désobéissante. Mais cette disparition n'est pas de la même nature que les disparitions modernes où un nom est inscrit sur une liste. Il n'y a même pas ici la bureaucratie de la répression. Cette absence de bureaucratie, ce manque total d'enregistrement et de recensement, est en soi un choix : le choix de produire une terreur absolue. Un pouvoir qui dit : Je peux vous effacer comme si vous n'aviez jamais existé !
    Dans ce contexte de vide, les relations entre les tribus pachtounes se sont normalisées. Les talibans, eux-mêmes issus en grande partie du tissu tribal pachtoune, se trouvent aujourd'hui dans une position paradoxale : ils sont à la fois les représentants des tribus et leurs oppresseurs. Dans les régions où les tribus vivaient depuis des siècles avec leurs structures autonomes, les talibans ont ciblé non seulement leurs opposants politiques, mais l'ensemble de la structure sociale en imposant un ordre vertical et centralisé. Toute jirga formée sans leur supervision est perçue comme une menace. Tout homme blanc qui n'obéit pas inconditionnellement à l'Émirat islamique est considéré comme un traître. Les prisons regorgent donc de chefs tribaux dont le crime n'était pas de porter des armes, mais d'exercer une influence.
    Ces conflits entre les tribus et les talibans, à un niveau plus profond, dépassent la simple lutte pour le pouvoir politique. Ils opposent deux formes de violence organisée : la violence horizontale et diffuse des tribus, relativement autonomes depuis des siècles, et la violence verticale et concentrée, où les talibans promettent la souveraineté mais n’offrent que la domination. Les tribus constatent que les talibans n’apportent ni sécurité, ni justice, ni même la fierté ethnique promise. Ils n’ont apporté avec eux que prisons, impôts et un déluge de mort.
    Statistiques de la MANUA : d’octobre à décembre 2025, les attaques pakistanaises ont tué 15 civils et en ont blessé 13. Les enfants représentent plus de la moitié des victimes. Mais ces statistiques importent peu. Ce qui importe, c’est l’impunité. Les talibans sont au pouvoir, mais leur réaction se limite au déni et aux menaces verbales. Le Pakistan viole les règles talibanes, mais nie la réalité des attaques, comme si les enfants massacrés étaient le fruit de l’imagination collective. Les habitants de Khost sont pris au piège de ce vide : aucune institution, ni talibane ni pakistanaise, ne se soucie de leur sort. Dans cette région, la vie humaine est retombée dans sa forme la plus primitive et la plus crue : un morceau de viande sans maître, abandonné dans la nature.
    Les prisons représentent l'apogée de cette dépossession. Dans les prisons talibanes, la torture n'est ni une exception ni un moyen d'obtenir des informations ; elle est l'ordre naturel du pouvoir. Le corps du prisonnier devient une toile sur laquelle le pouvoir inscrit son message le plus immédiat : tu n'es rien. Ce message n'a besoin d'aucun langage, d'aucun tribunal, d'aucune sentence. Flagellations, amputations, enfermement dans des cellules souterraines sans lumière, tout cela fait partie d'un même langage ; un langage dont la grammaire est la douleur et le vocabulaire, la blessure. Dans cet espace, la frontière entre la vie et la mort n'est pas une ligne, mais un épais brouillard. Le prisonnier ignore s'il vivra aujourd'hui. Et c'est précisément cette ignorance, cette angoisse permanente, qui constitue le principal instrument du pouvoir.
    Voilà l’état naturel du pouvoir. Voilà ce que la critique anarchiste de l’État perçoit au cœur de ces montagnes et de ces plaines. Les talibans ont prouvé que le problème n’est pas tel ou tel État ; le problème réside dans le principe même du monopole de la violence. Un pouvoir qui s’appuie sur le monopole de la violence finit tôt ou tard par oublier toute responsabilité, et il ne reste plus que la violence débridée : une violence que tous utilisent et dont personne n’est tenu responsable. Sur le territoire taliban, la violence est omniprésente et personne n’en a le monopole. Ce n’est pas un slogan, c’est la réalité quotidienne de millions de personnes vivant entre les prisons que les talibans érigent et les bombes que le Pakistan largue…

    RE:https://anarchistfront.noblogs.org/post/2026/05/13/58098/%d8%ac%d9%86%d8%a7%d8%b2%d9%87%d9%87%d8%a7%db%8c-%d8%a8%db%8c-%d8%b5%d8%a7%d8%ad%d8%a8/
    #afghanistan #pakistan #taliban #frontanarchiste #anarchistfront
  3. Auteur : Zargham (traduction automatique du farsi)
    Au cœur de ces événements, il ne s'agit pas d'une guerre au sens classique du terme, mais d'un effondrement total de l'ordre de part et d'autre de la frontière. Quand on parle de Khost, Paktia et Kunar, on parle de lieux où la frontière n'est pas une ligne, mais un couloir : un couloir pour la violence, le trafic d'armes, les mouvements de forces qui se font passer pour des talibans le matin et des milices pakistanaises la nuit. Ici, la gouvernance n'est qu'une farce amère.
    Les talibans affirment avoir tué 55 soldats pakistanais et pris le contrôle de 19 points de contrôle. Le Pakistan lance l'opération Ghazb-ul-Haq, ciblant Kaboul par des frappes aériennes. Mais penchons-nous sur le cœur du problème : une maison dans la province de Khost où dix enfants et une femme sont tués. Le Pakistan nie l'attaque. Les talibans promettent de riposter en temps voulu. Quand ce moment viendra-t-il ? Pour cette femme, ces dix enfants, ce moment n'arrivera jamais. Ils sont morts. Ils sont morts dans le vide entre deux démentis. Voilà la nature du pouvoir quand l'on est en absence de responsabilité.
    Ce qui se passe en Afghanistan sous le régime des talibans n'est pas un État failli, mais un exemple parfait de l'état naturel du pouvoir. Les talibans prétendent détenir le monopole de la violence légitime, mais ce monopole n'est qu'une illusion. La violence s'abat du ciel sans qu'ils puissent riposter. Elle est perpétrée dans les zones aveugles de leur territoire par des individus armés qui se réclament des talibans, sans aucun mécanisme de recours, de responsabilisation ou de justice. C'est l'état naturel du pouvoir : celui qui est le plus armé fait la loi. Et pendant ce temps, le plus armé des armés est celui qui se tient le plus loin, appuie sur le bouton et lance le drone…
    Mais permettez-moi de parler des prisons talibanes, qui reflètent parfaitement cette logique du pouvoir. Contrairement aux institutions pénitentiaires modernes, les prisons talibanes ne prétendent même pas réformer ou réhabiliter. Ce sont des espaces où l'on entrepose des corps ; des corps qui ne sont plus citoyens, plus des êtres humains, même plus des ennemis politiques, mais simplement de la matière première pour l'exhibition du pouvoir. Dans ces prisons, la notion de temps s'effondre. Pas de tribunal, pas de verdict, pas de temps. Une personne disparaît sur simple suspicion, simplement parce qu'elle est voisine d'un accusé, simplement parce qu'elle appartient à une tribu désobéissante. Mais cette disparition n'est pas de la même nature que les disparitions modernes où un nom est inscrit sur une liste. Il n'y a même pas ici la bureaucratie de la répression. Cette absence de bureaucratie, ce manque total d'enregistrement et de recensement, est en soi un choix : le choix de produire une terreur absolue. Un pouvoir qui dit : Je peux vous effacer comme si vous n'aviez jamais existé !
    Dans ce contexte de vide, les relations entre les tribus pachtounes se sont normalisées. Les talibans, eux-mêmes issus en grande partie du tissu tribal pachtoune, se trouvent aujourd'hui dans une position paradoxale : ils sont à la fois les représentants des tribus et leurs oppresseurs. Dans les régions où les tribus vivaient depuis des siècles avec leurs structures autonomes, les talibans ont ciblé non seulement leurs opposants politiques, mais l'ensemble de la structure sociale en imposant un ordre vertical et centralisé. Toute jirga formée sans leur supervision est perçue comme une menace. Tout homme blanc qui n'obéit pas inconditionnellement à l'Émirat islamique est considéré comme un traître. Les prisons regorgent donc de chefs tribaux dont le crime n'était pas de porter des armes, mais d'exercer une influence.
    Ces conflits entre les tribus et les talibans, à un niveau plus profond, dépassent la simple lutte pour le pouvoir politique. Ils opposent deux formes de violence organisée : la violence horizontale et diffuse des tribus, relativement autonomes depuis des siècles, et la violence verticale et concentrée, où les talibans promettent la souveraineté mais n’offrent que la domination. Les tribus constatent que les talibans n’apportent ni sécurité, ni justice, ni même la fierté ethnique promise. Ils n’ont apporté avec eux que prisons, impôts et un déluge de mort.
    Statistiques de la MANUA : d’octobre à décembre 2025, les attaques pakistanaises ont tué 15 civils et en ont blessé 13. Les enfants représentent plus de la moitié des victimes. Mais ces statistiques importent peu. Ce qui importe, c’est l’impunité. Les talibans sont au pouvoir, mais leur réaction se limite au déni et aux menaces verbales. Le Pakistan viole les règles talibanes, mais nie la réalité des attaques, comme si les enfants massacrés étaient le fruit de l’imagination collective. Les habitants de Khost sont pris au piège de ce vide : aucune institution, ni talibane ni pakistanaise, ne se soucie de leur sort. Dans cette région, la vie humaine est retombée dans sa forme la plus primitive et la plus crue : un morceau de viande sans maître, abandonné dans la nature.
    Les prisons représentent l'apogée de cette dépossession. Dans les prisons talibanes, la torture n'est ni une exception ni un moyen d'obtenir des informations ; elle est l'ordre naturel du pouvoir. Le corps du prisonnier devient une toile sur laquelle le pouvoir inscrit son message le plus immédiat : tu n'es rien. Ce message n'a besoin d'aucun langage, d'aucun tribunal, d'aucune sentence. Flagellations, amputations, enfermement dans des cellules souterraines sans lumière, tout cela fait partie d'un même langage ; un langage dont la grammaire est la douleur et le vocabulaire, la blessure. Dans cet espace, la frontière entre la vie et la mort n'est pas une ligne, mais un épais brouillard. Le prisonnier ignore s'il vivra aujourd'hui. Et c'est précisément cette ignorance, cette angoisse permanente, qui constitue le principal instrument du pouvoir.
    Voilà l’état naturel du pouvoir. Voilà ce que la critique anarchiste de l’État perçoit au cœur de ces montagnes et de ces plaines. Les talibans ont prouvé que le problème n’est pas tel ou tel État ; le problème réside dans le principe même du monopole de la violence. Un pouvoir qui s’appuie sur le monopole de la violence finit tôt ou tard par oublier toute responsabilité, et il ne reste plus que la violence débridée : une violence que tous utilisent et dont personne n’est tenu responsable. Sur le territoire taliban, la violence est omniprésente et personne n’en a le monopole. Ce n’est pas un slogan, c’est la réalité quotidienne de millions de personnes vivant entre les prisons que les talibans érigent et les bombes que le Pakistan largue…

    RE:https://anarchistfront.noblogs.org/post/2026/05/13/58098/%d8%ac%d9%86%d8%a7%d8%b2%d9%87%d9%87%d8%a7%db%8c-%d8%a8%db%8c-%d8%b5%d8%a7%d8%ad%d8%a8/
    #afghanistan #pakistan #taliban #frontanarchiste #anarchistfront