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#flexitarisme — Public Fediverse posts

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  1. Ni carnée ni carencée !

    C’est en ce mois de Veganuary que vient de paraître ce petit bijou qu’est «Ni carnée ni carencée », un ouvrage synthétique qui déconstruit les idées reçues les plus tenaces concernant le végétalisme.

    Très accessible, il a manifestement été conçu pour répondre aux interrogations des personnes concernées de près ou de loin par le sujet : les personnes végé, mais aussi leurs proches, les professionnel⸱les de santé qui les accompagnent, et plus globalement tout le monde en fait !

    Il y est bien évidemment question d’équilibre nutritionnel (protéines, vitamine B12, iode, omégas 3…), mais aussi de soja, d’impact environnemental, de pureté militante, de TCA et de politique… entre autres choses.

    Rédigé par Marie-Gabrielle Domizi (diététicienne) et Sébastien Demange (médecin généraliste), que j’apprécie pour leur rigueur scientifique et leur naturel sympathique, je ne peux qu’en recommander la lecture à quiconque se poserait des questions sur le végétalisme ou le véganisme. A mettre entre toutes les mains !

    « Ni carnée ni carencée », par Marie-Gabrielle Domizi et Sébastien Demange, aux éditions La Plage, 2026.

    #Flexitarisme #Nutrition #vegan #véganisme #Végétalisme #Végétarisme
  2. Ni carnée ni carencée !

    C’est en ce mois de Veganuary que vient de paraître ce petit bijou qu’est «Ni carnée ni carencée », un ouvrage synthétique qui déconstruit les idées reçues les plus tenaces concernant le végétalisme.

    Très accessible, il a manifestement été conçu pour répondre aux interrogations des personnes concernées de près ou de loin par le sujet : les personnes végé, mais aussi leurs proches, les professionnel⸱les de santé qui les accompagnent, et plus globalement tout le monde en fait !

    Il y est bien évidemment question d’équilibre nutritionnel (protéines, vitamine B12, iode, omégas 3…), mais aussi de soja, d’impact environnemental, de pureté militante, de TCA et de politique… entre autres choses.

    Rédigé par Marie-Gabrielle Domizi (diététicienne) et Sébastien Demange (médecin généraliste), que j’apprécie pour leur rigueur scientifique et leur naturel sympathique, je ne peux qu’en recommander la lecture à quiconque se poserait des questions sur le végétalisme ou le véganisme. A mettre entre toutes les mains !

    « Ni carnée ni carencée », par Marie-Gabrielle Domizi et Sébastien Demange, aux éditions La Plage, 2026.

    #Flexitarisme #Nutrition #vegan #véganisme #Végétalisme #Végétarisme
  3. Ni carnée ni carencée !

    C’est en ce mois de Veganuary que vient de paraître ce petit bijou qu’est «Ni carnée ni carencée », un ouvrage synthétique qui déconstruit les idées reçues les plus tenaces concernant le végétalisme.

    Très accessible, il a manifestement été conçu pour répondre aux interrogations des personnes concernées de près ou de loin par le sujet : les personnes végé, mais aussi leurs proches, les professionnel⸱les de santé qui les accompagnent, et plus globalement tout le monde en fait !

    Il y est bien évidemment question d’équilibre nutritionnel (protéines, vitamine B12, iode, omégas 3…), mais aussi de soja, d’impact environnemental, de pureté militante, de TCA et de politique… entre autres choses.

    Rédigé par Marie-Gabrielle Domizi (diététicienne) et Sébastien Demange (médecin généraliste), que j’apprécie pour leur rigueur scientifique et leur naturel sympathique, je ne peux qu’en recommander la lecture à quiconque se poserait des questions sur le végétalisme ou le véganisme. A mettre entre toutes les mains !

    « Ni carnée ni carencée », par Marie-Gabrielle Domizi et Sébastien Demange, aux éditions La Plage, 2026.

    #Flexitarisme #Nutrition #vegan #véganisme #Végétalisme #Végétarisme
  4. Ni carnée ni carencée !

    C’est en ce mois de Veganuary que vient de paraître ce petit bijou qu’est «Ni carnée ni carencée », un ouvrage synthétique qui déconstruit les idées reçues les plus tenaces concernant le végétalisme.

    Très accessible, il a manifestement été conçu pour répondre aux interrogations des personnes concernées de près ou de loin par le sujet : les personnes végé, mais aussi leurs proches, les professionnel⸱les de santé qui les accompagnent, et plus globalement tout le monde en fait !

    Il y est bien évidemment question d’équilibre nutritionnel (protéines, vitamine B12, iode, omégas 3…), mais aussi de soja, d’impact environnemental, de pureté militante, de TCA et de politique… entre autres choses.

    Rédigé par Marie-Gabrielle Domizi (diététicienne) et Sébastien Demange (médecin généraliste), que j’apprécie pour leur rigueur scientifique et leur naturel sympathique, je ne peux qu’en recommander la lecture à quiconque se poserait des questions sur le végétalisme ou le véganisme. A mettre entre toutes les mains !

    « Ni carnée ni carencée », par Marie-Gabrielle Domizi et Sébastien Demange, aux éditions La Plage, 2026.

    #Flexitarisme #Nutrition #vegan #véganisme #Végétalisme #Végétarisme
  5. Ni carnée ni carencée !

    C’est en ce mois de Veganuary que vient de paraître ce petit bijou qu’est «Ni carnée ni carencée », un ouvrage synthétique qui déconstruit les idées reçues les plus tenaces concernant le végétalisme.

    Très accessible, il a manifestement été conçu pour répondre aux interrogations des personnes concernées de près ou de loin par le sujet : les personnes végé, mais aussi leurs proches, les professionnel⸱les de santé qui les accompagnent, et plus globalement tout le monde en fait !

    Il y est bien évidemment question d’équilibre nutritionnel (protéines, vitamine B12, iode, omégas 3…), mais aussi de soja, d’impact environnemental, de pureté militante, de TCA et de politique… entre autres choses.

    Rédigé par Marie-Gabrielle Domizi (diététicienne) et Sébastien Demange (médecin généraliste), que j’apprécie pour leur rigueur scientifique et leur naturel sympathique, je ne peux qu’en recommander la lecture à quiconque se poserait des questions sur le végétalisme ou le véganisme. A mettre entre toutes les mains !

    « Ni carnée ni carencée », par Marie-Gabrielle Domizi et Sébastien Demange, aux éditions La Plage, 2026.

    #Flexitarisme #Nutrition #vegan #véganisme #Végétalisme #Végétarisme
  6. Mise à jour du rapport EAT Lancet !

    Ça y est, la commission scientifique EAT-Lancet a publié la mise à jour de ses travaux publiés il y a 6 ans déjà, sur des systèmes alimentaires justes, sains et durables !

    https://eatforum.org/update/eat-lancet-commission-warns-food-systems-breach-planetary-limits/

    Les points clés du rapport sont les suivants :

    – Des changements alimentaires globaux pourraient éviter plus de 15 millions de décès prématurés chaque année dans le monde. Cela passe par l’adoption d’un régime alimentaire équilibré faisant la part belle aux fruits, légumes, céréales complètes, graines oléagineuses et légumineuses, tout en réduisant drastiquement la consommation de viande, produits laitiers et aliments sucrés.

    – L’alimentation est le facteur qui contribue le plus au dépassement de 5 des 9 limites planétaires identifiées (changement climatique, préservation des écosystèmes, déforestation, acidification des océans etc…).

    – Les systèmes alimentaires sont responsables d’environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre ; leur transformation permettraient de réduire de plus de moitié ces émissions.

    – Moins de 1 % de la population mondiale vit actuellement dans un espace « safe » et juste, où les droits de la population et leurs besoins nutritionnels sont respectés.

    – Les 30 % des plus riches sont responsables de plus de 70 % des dégâts environnementaux causés par l’alimentation.

    Comme cela a été le cas lors de la publication de leurs précédents travaux, il faut s’attendre à voir leurs détracteurs (pour la plupart au service des lobbys de la viande ou des produits laitiers) dérouler leurs contenus de désinformation… Soyez donc vigilant.e.s dans les semaines à venir si vous êtes amené.e.s à lire ou écouter des contenu au sujet de EAT Lancet : prenez du recul et gardez votre esprit critique affûté ! A ce sujet, voir le rapport effarant de la Changing Markets Foudation, dont est issu le visuel partagé ci-dessous : https://changingmarkets.org/press-releases/un-rapport-majeur-sur-lalimentation-pour-la-sante-et-le-climat-est-menace-par-de-la-desinformation/

    #Diététique #Ecologie #Flexitarisme #Nutrition #Végétalisme #Végétarisme

  7. Reprise des consultations !

    Fini l’été, mais aussi fini le salariat ! Je reprends les consultations dès le mois d’octobre 🤗

    🍎 Diététicien·ne basé·e à Toulouse, je suis spécialisé·e dans l’accompagnement des personnes flexitariennes, végétariennes, végétaliennes ou souhaitant le devenir.

    🌍 Je consulte en visio uniquement, sans limite géographique donc.

    💰 Je pratique le prix libre, c’est à dire que je vous laisse choisir combien régler pour chaque consultation.

    🔍 Je m’attache à formuler des recommandations basées sur des preuves scientifiques, et à déconstruire les croyances dangereuses liées à des pratiques non éprouvées.

    💜 Je suis par ailleurs engagé·e contre toutes formes de discrimination (sexisme, racisme, grossophobie, transphobie, validisme…). J’essaie donc autant que possible d’adopter une posture inclusive à l’égard de toustes, et je m’inscris dans une démarche de constante amélioration à ce sujet.

    Si vous vous demandez pourquoi consulter, vous pouvez jeter un œil ici : Pourquoi consulter ?

    Si vous voulez prendre rendez-vous, c’est par ici : Tarif et prise de rendez-vous

    Si vous voulez en savoir plus sur moi (formations, liens d’intérêt…), c’est là : Qui suis-je ?

    #Diététique #Flexitarisme #vegan #véganisme #Végétalisme #Végétarisme

  8. L’ANSES publie enfin des recommandations nutritionnelles pour les personnes végé !

    Vous avez dû voir passer la nouvelle : le groupe de travail de l’ANSES qui travaillait depuis de longues années sur les populations végétariennes a enfin publié ses recommandations nutritionnelles !

    Je n’ai pas eu le temps d’aller lire tout cela dans le détail pour l’instant, mais je vous renvoie bien volontiers vers la synthèse qu’en a fait l’Observatoire National des Alimentations Végétales (ONAV), à lire ici : https://lonav.fr/resume-des-recommandations-de-lanses-pour-les-alimentations-vegetariennes/

    L’autre actualité qui a fait beaucoup de bruit, c’est la publication, hier, du rapport de l’ANSES sur la consommation en isoflavones, dont le soja est le plus grand vecteur dans la population humaine. L’ANSES recommande en effet d’éviter de servir des aliments à base de soja dans la restauration collective, quelque soit l’âge des convives, craignant une surconsommation délétère. Ces conclusions contreviennent à celles publiées par l’ONAV dans sa position de 2024 (à lire ici : https://lonav.fr/position-de-lonav-relative-a-la-consommation-alimentaire-de-soja-et-a-son-action-sur-la-sante-humaine/). L’ONAV a d’ailleurs immédiatement réagi au rapport récent de l’ANSES en publiant aujourd’hui un article critique fourni rédigé par le Dr Demange, que vous pouvez lire par ici si le sujet vous intéresse : https://lonav.fr/analyse-critique-avis-anses-isoflavones-soja-restauration-collective/

    Bonne lecture !

    #Diététique #Flexitarisme #Nutrition #Végétalisme #Végétarisme

  9. Se former pour accompagner au mieux les personnes végé

    C’est avec une joie immense que je partage avec vous la nouvelle : la formation de Virginie Bach est de nouveau en ligne ! Après quelques mois passés à la mettre à jour et à lui préparer un espace de diffusion plus convenable, voici de nouveau accessible LA formation destinée aux médecins et diététicien·nes qui souhaitent optimiser le prise en charge de leur patient·es flexitarien·nes, végétarien·nes ou végétalien·nes de tout âge : https://virginiebach.fr/formations/

    Pour avoir suivi la précédente édition de cette formation, je peux vous assurer qu’elle est tout d’abord facile d’accès car elle est dispensée en distanciel, en e-learning. Ce qui signifie que vous pouvez la suivre tranquillement installé·e chez vous, à votre rythme, quand vous voulez et quand vous pouvez. Elle est d’ailleurs très accessible financièrement également puisqu’elle est commercialisée à 149€ (avec un tarif préférentiel à 99€ pour les adhérent·es de l’ONAV et abonné·es MonSuiviDiet).

    Cette formation a été créée et mise à jour par Virginie Bach, diététicienne membre du conseil scientifique de l’ONAV, l’Observatoire National des Alimentations Végétales. Et clairement, on sent qu’il y a eu un travail monstrueux pour préparer cette formation ! Toutes les données sont sourcées, et à la fin de chaque séquence on peut retrouver les publications scientifiques qui servent de fondement à la formation, dans le cas où on voudrait aller les lire ensuite. D’ailleurs une petite partie de la formation est dédiée à la compréhension des études sur la nutrition, ce qui est un vrai « plus » !

    Un point très positif, c’est que Virginie est précautionneuse et prudente dans ses affirmations, et elle sait faire preuve de nuances pour aborder la complexité et la diversité des alimentations à dominante végétale. On est bien loin des clichés et des dogmes, là on est vraiment dans une approche méthodique et scientifique de la nutrition.

    Et la formation est très complète ! Les nutriments clés sont longuement détaillés, avec une attention toute particulière portée à la vitamine B12 bien évidemment, mais aussi, entre autres, aux protéines, aux acides gras, au fer et au calcium. Dans une autre longue partie, les spécificités liées aux nourrissons, aux enfants, aux personnes enceintes et allaitantes et aux personnes âgées sont également abordées, avec plusieurs cas cliniques. Virginie n’oublie pas de faire aussi un point sur les liens entre alimentation végé et santé, notamment en parlant du diabète, des cancers, des maladies inflammatoires chroniques des intestins et des maladies cardiovasculaires, avec un focus spécifique sur le syndrome de l’intestin irritable et le régime FODMAPs. Il y a même une partie très pertinente sur les liens entre alimentation végétale et troubles du comportement alimentaire. Dans une autre partie, il est aussi question des mythes autour de l’alimentation « naturelle », et Virginie profite de ce sujet pour aborder la question des aliments transformés, et plus précisément des simili viandes, simili poissons ou simili fromages. Et la formation se termine sur une partie très pratique, qui passe en revue les incontournables des alimentations végé, en faisant notamment un focus sur le soja et les mythes qui l’entourent.

    Et pour s’assurer que l’on a bien compris et vérifier ce que l’on a retenu, il y a après chaque séquence un petit quiz qu’il faut réussir pour passer à la séquence suivante.

    Au total, il y a pas moins de 12h de cours à visionner ! A mon sens il manque juste une toute petite partie sur les populations sportives, et là ça serait parfaitement parfait !

    Vous l’aurez compris, je vous recommande vivement cette formation. Elle m’a passionné autant dans la théorie que dans sa dimension pratique, et je ne doute pas qu’elle vous passionnera également ! N’hésitez pas à en parler autour de vous 😉

    Au passage, j’en profite pour formuler un grand merci à Virginie Bach qui a travaillé d’arrache-pied pour réaliser cette formation et la mettre à jour, bravo pour ce travail d’intérêt général !

    #Diététique #Flexitarisme #Nutrition #Végétalisme #Végétarisme

  10. 4 conseils clés pour devenir ou rester végétarien·ne !

    Des personnes végétariennes ou végétaliennes, il y en a de plus en plus… Mais des personnes qui ne le sont plus… il y en a plein aussi. Pour ce qui me concerne, j’ai très régulièrement en consultation diététique des patient.es qui me disent avoir été végétariennes ou végétaliennes, mais qui remangent de la viande et d’autres produits d’origine animale pour tout un tas de raisons différentes. Pourtant, ces personnes me semblent toutes partager des motivations assez fortes, dont on pourrait imaginer qu’elles seraient suffisantes pour tenir une telle alimentation dans la durée. Sauf que dans la pratique… parfois pas. Alors je me suis interrogé.e à ce sujet et j’ai enquêté !

    Mais avant de vous faire part de mes trouvailles, je précise que si vous avez envie d’aller à l’essentiel, n’hésitez pas à sauter mon blabla préalable pour aller directement à la deuxième partie de cet article, dans laquelle je propose une synthèse en quatre points-clés, avec pas mal de conseils pratiques pour aider les personnes qui le souhaitent à devenir ou rester durablement végétariennes ou végétaliennes.

    Bon, si vous êtes encore là, c’est sûrement parce que ça vous intéresse de rentrer dans le détail avec moi. Alors c’est parti pour quelques recherches sur ce qui nous interroge aujourd’hui ! J’ai commencé à creuser le sujet en lisant le rapport de l’enquête IFOP pour France Agrimer publié en 2020, dans lequel il s’avère qu’on a un début de réponse, puisque, parmi les questions posées dans cette enquête sur les personnes végétariennes et flexitariennes qui vivent en France, il y en avait qui portaient justement sur les raisons qui ont conduit certaines personnes à abandonner le végétarisme ou le végétalisme. Parmi les personnes concernées, la principale raison invoquée, c’était les « difficultés à partager leurs repas avec leur entourage n’ayant pas le même type de régime alimentaire ». En bref, un manque de convivialité et une distance qui s’installe vis à vis de ses proches. La deuxième raison invoquée, ce sont des problèmes de santé. Mais malheureusement, le questionnaire ne permet pas de savoir lesquels ni de déterminer la réalité ou la gravité de ces problèmes de santé… Et en troisième position, on trouve invoquées des difficultés d’organisation pour cuisiner et faire les courses, ainsi que des difficultés pour manger à l’extérieur, au restaurant notamment.

    Un truc intéressant à noter, c’est que ces raisons n’ont absolument rien à voir avec les raisons invoquées par les personnes qui mangent de la viande lorsqu’on leur demande pourquoi elles ne sont pas végétariennes. Personnellement je m’attendais à ce que ce soit un peu comparable, mais en fait, pas du tout ! Les personnes ayant une alimentation carnée répondent massivement que si elles ne sont pas végétariennes, c’est simplement parce qu’elles aiment beaucoup trop la viande et le poisson pour s’en passer…

    Bref, pour revenir au sujet principal, à savoir l’abandon du végétarisme et du végétalisme, je dois avouer que l’enquête FranceAgrimer ne me satisfait pas vraiment. Déjà parce que l’échantillon des personnes anciennement végétariennes ou végétaliennes est très petit, mais aussi parce que le questionnaire de l’institut de sondage me semble pas mal foireux par moment… comme tous les sondages en fait ^^

    Mais du coup, c’est un bon prétexte pour aller se plonger dans la littérature scientifique et voir ce que les chercheurs et chercheuses ont à nous dire au sujet des personnes qui choisissent de remanger de la viande, du poisson ou d’autres aliments d’origine animale ! Et ça tombe bien, parce qu’il y a quelques études sympathiques à ce sujet dont j’aimerais partager les conclusions avec vous, parce que les chercheurs et chercheuses ont identifié plusieurs facteurs clés jouant un rôle dans le maintien du choix d’une alimentation végétarienne ou végétalienne. Si vous voulez aller lire les études auxquelles je me réfère, je mets comme toujours toutes les ressources en notes de bas de page. Mais en attendant, je vais vous en livrer ici un résumé en sept points.

    1. Motivations éthiques VS motivations de santé ou environnementales

    Le premier point concerne les motivations. Et sans surprise, les motivations à l’origine de ce choix ont un impact majeur sur l’adhésion à une alimentation végétalisée. Les motivations écologistes et animalistes sont comparables en ce qu’elles sont impliquées dans une dynamique pro-sociale, voire morale, à l’inverse des motivations de santé, qui sont, elles, personnelles et centrées sur soi. Cependant, les personnes qui végétalisent leur alimentation pour des raisons de santé ou des motifs écologistes sont globalement moins dégoûtées par la viande que celles qui le font pour des considérations animalistes. Elles ont donc tendance à plus facilement abandonner le végétarisme ou faire des entorses à leur régime.

    Il ressort aussi des études menées à ce sujet qu’en comparaison avec des personnes motivées par la santé, les personnes qui choisissent de végétaliser leur alimentation pour des raisons éthiques adhérent plus longtemps au régime choisi. D’ailleurs les personnes qui restent végétariennes cumulent souvent plusieurs facteurs de motivation, en plus du bien-être animal : elles sont globalement aussi intéressées par l’impact de leur alimentation sur l’émission de gaz à effet de serre, sur l’eau nécessaire pour produire leurs aliments, sur les effets de leur choix alimentaires sur leur santé etc.

    Et puis, les personnes qui parviennent à maintenir une alimentation végétale sont généralement convaincues que leurs choix alimentaires ont un impact positif sur la condition animale, la protection de l’environnement et les valeurs politiques qu’elles défendent. Cela aide sans aucun doute à persévérer dans leurs choix alimentaires.

    2. Un régime alimentaire qui fait partie de son identité

    Un autre facteur important mentionné dans les études scientifiques, c’est le fait de considérer son régime alimentaire comme faisant partie intégrante de son identité sociale, voire politique : cela semble être un point commun aux personnes qui parviennent à rester végétariennes ou végétaliennes dans le temps. Et c’est assez logique, puisque c’est moins coûteux d’abandonner le végétarisme ou le végétalisme si on ne considère pas que cela est important au point d’être une composante de son identité.

    A noter à ce sujet que, les personnes qui sont végétariennes ou végétaliennes pour des raisons éthiques ont tendance à s’identifier plus fortement à leur régime alimentaire que celles qui le sont pour des raisons de santé. Ce qui peut aussi contribuer à expliquer pourquoi elles adhérent généralement plus longtemps à ce type d’alimentation.

    En bref, s’identifier socialement comme végétarien.ne, végétalien.ne ou végane, ça aide à maintenir une alimentation végétarienne ou végétalienne, puisque faire des écarts reviendrait alors à trahir sa propre identité.

    3. L’importance du soutien et de l’approbation sociale

    Au delà de la dimension identitaire, les chercheurs et chercheuses qui ont travaillé sur ce sujet mettent également en avant l’importance du soutien et de l’approbation sociale. Le manque de soutien émotionnel et pratique que peuvent ressentir les personnes qui souhaitent végétaliser leur alimentation de manière isolée peut en partie expliquer pourquoi elles ne parviennent pas à passer au végétarisme ou pourquoi elles finissent par remanger des produits d’origine animale.

    C’est notamment le cas de certaines personnes qui ne bénéficient pas du soutien de leurs proches non impliqué.es dans une démarche de végétalisation de l’alimentation. L’acceptation sociale de la transition alimentaire vers le végétarisme ou le végétalisme est en effet un facteur clé de son maintien sur la durée.

    A ce titre, le fait d’être membre d’un groupe de personnes végétariennes, végétaliennes ou véganes par exemple (que ce soit un groupe d’ami.es, de personnes militantes ou un groupe sur les réseaux sociaux…) semble aider à transitionner vers une alimentation plus végétale et à maintenir une telle alimentation, tout en contribuant à un sentiment d’appartenance identitaire. Le soutien social que l’on peut obtenir dans un tel groupe facilite l’accès à une nouvelle façon de manger en permettant de partager des astuces pour surmonter d’éventuelles difficultés de préparation en cuisine ou d’approvisionnement, mais aussi pour surmonter le manque d’imagination pour composer des repas ou bien encore des fringales de produits d’origine animale. Au sein d’un tel groupe, on peut aussi échanger des conseils pour communiquer avec des proches qui questionneraient voire jugeraient ces choix alimentaires, pour obtenir du réconfort lorsque l’on se sent seul.e face à l’ampleur de la souffrance animale, ou bien encore pour développer ses connaissances éthiques et politiques et ainsi affirmer ses choix alimentaires.

    4. Transition alimentaire abrupte VS progressive

    Autre point clé : la vitesse à laquelle on opère la transition vers une alimentation plus végétale. Plusieurs études suggèrent en effet qu’une transition alimentaire abrupte est défavorable au maintien dans le temps d’un régime végétalisé. Le fait de réduire progressivement sa consommation de viande, poisson et produits d’origine animale semble rendre la transition plus facile et durable, notamment car ce choix alimentaire s’inscrit à contre-courant de la culture dominante et nécessite donc de nombreuses adaptations.

    Procéder étape par étape permet de surmonter une à une les difficultés pour adapter ses recettes favorites, repenser l’équilibre de ses repas, changer de rayon pour faire ses courses, découvrir de nouvelles saveurs en goûtant de nouveaux aliments, tester de nouveaux restaurants près de chez soi… en bref, pour remplacer ses anciennes habitudes alimentaires par des nouvelles.

    Autrement dit, adopter des changements alimentaires graduels vers une alimentation plus végétale permettrait de rendre ces changements plus stables et pérennes que de procéder de manière précipitée.

    5. (In)disponibilité des alternatives végétales

    Un autre facteur souvent impliqué dans l’abandon du végétarisme ou du végétalisme, c’est la difficulté à trouver des alternatives végétales satisfaisantes dans les commerces ou restaurants. Bien que de moins en moins forte avec le développement rapide des alternatives végétales, cette barrière amène certaines personnes à faire preuve de souplesse dans leurs choix alimentaires, en visant des objectifs moins restrictifs mais perçus comme plus réalisables (par exemple avoir une alimentation végétalienne à la maison, et végétarienne à l’extérieur). Pour d’autres personnes, cela peut les conduire à complètement abandonner la végétalisation de leur alimentation : partisanes de la loi du « tout ou rien », ces personnes préfèrent finalement manger de la viande plusieurs fois par semaine, faute de parvenir à maintenir dans le temps une alimentation strictement végétale…

    Pour empêcher ce désengagement face aux difficultés d’approvisionnement et de consommation, le fait d’adopter une alimentation plus végétale de manière graduelle peut là encore aider à surmonter les barrières une à une, en mettant en place des stratégies d’adaptation progressivement, ce qui peut limiter les abandons en cours de démarche.

    6. Facteurs psychologiques

    Quelques études pointent aussi du doigt des facteurs psychologiques intéressants, à savoir que les personnes qui parviennent à rester végétariennes ou végétaliennes attacheraient plus d’importance que les autres au fait d’agir en accord avec leurs valeurs, qu’elles auraient des aptitudes d’auto-régulation plus marquées et qu’elles auraient plus confiance en leur démarche dans le choix de leur régime alimentaire que celles qui adoptent d’autres régimes.

    7. Effets sur la santé

    Enfin, de manière extrêmement anecdotique, certaines études (à vrai dire je n’en ai trouvé que deux) mentionnent le retour à la consommation de produits d’origine animale en raison des effets sur la santé des régimes végétalisés. Que ce soit en raison des symptômes d’une carence avérée (en vitamine B12 par exemple), ou en raison d’une crainte infondée de carence (en protéines ou en fer notamment). A ce sujet, il me faut préciser qu’une alimentation végétarienne ou végétalienne équilibrée et correctement supplémentée n’expose pas à un risque majoré de problèmes de santé. En la matière, il convient donc de prendre conseil auprès d’un.e diététicien.ne formé.e aux spécificités des alimentations végétales pour équilibrer au mieux son alimentation et prévenir les carences qui peuvent aisément être évitées… Mais à ce sujet, je vous en dirai plus dans la seconde partie de cet article !

    Et ça tombe bien, puisque nous y sommes enfin, dans la deuxième partie de cet article !

    Après avoir lu toutes ces études et pris le temps de cogiter à ce sujet, j’ai dégagé ce qui me semble être les 4 conseils clés à donner à une personne qui voudrait adopter durablement une alimentation végétarienne ou végétalienne. Je vais donc articuler la suite de mon propos autour de 4 recommandations principales. Je vais mentionner tout un tas de ressources que je pense utiles dans cette démarche, et que je vous invite à découvrir en suivant les liens cliquables si ça vous intéresse pour vous-même, ou pour faire suivre à des personnes qui peinent à arrêter de consommer de la viande ou à rester végétariennes.

    1. Se décentrer de soi-même, s’intéresser aux animaux non-humains, premiers bénéficiaires de la démarche qui consiste à végétaliser son assiette !

    Mon premier conseil, consiste à vous encourager à apprendre à mieux connaître les animaux non-humains exploités pour produire de la viande ou d’autres aliments d’origine animale. S’intéresser de plus près à leur vie sociale, leur intelligence, leurs cultures, leurs aptitudes à interagir et à communiquer entre eux ou avec nous, leurs aptitudes à ressentir des émotions positives ou de la souffrance (physique comme psychologique) permet de progressivement développer notre empathie à leur égard.

    Percevoir les vaches, cochons, poissons, poules, chevaux, crevettes, canards, lapins, crabes, moutons et autres animaux exploités pour nous nourrir comme les individus qu’ils sont, et non plus comme une bloc uniforme sous couvert d’espèce, c’est aussi une étape importante pour les considérer moralement et cesser de les consommer.

    Dans cette logique, s’exposer à la réalité des souffrances induites par les conditions d’exploitation permet de développer une posture plus affirmée dans le choix de ne plus cautionner en consommant les aliments produits dans le cadre de cette exploitation. S’informer sur les conditions d’élevage, de reproduction, de transport et d’abattage, ça aide donc à maintenir dans le temps une alimentation végétalisée.

    Il existe énormément de ressources pour mieux connaître tous ces individus, mais je me permets d’en recommander quelques unes que je trouve vraiment bien faites, notamment l’ouvrage « Les cerveaux de la ferme » par Layla Benabid et Sébastien Moro, ainsi que l’ouvrage « Les paupières des poissons », par Fanny Vaucher et Sébastien Moro. Ce dernier vulgarise aussi tout un tas d’infos passionnantes sur les animaux non-humains dans des conférences données à droite à gauche, et sur sa chaîne YouTube « Cervelle d’oiseau ». Et pour s’informer sur les conditions d’exploitation, il y a par exemple les fiches synthétiques mises en ligne par L214.

    2. Développer ses connaissances en éthique animale et repolitiser le choix d’une alimentation plus végétale !

    Mon second conseil, c’est de vous encourager à développer les motivations éthiques et politiques derrière le choix d’adopter une alimentation plus végétale, puisque ce sont celles qui permettent de maintenir le plus durablement ce choix. Pour ce faire, il est important de repolitiser ce choix en l’inscrivant dans une démarche progressiste de lutte contre le suprémacisme humain. Il est donc primordial de se renseigner à la fois sur le concept de sentience et ses implications en termes de philosophie éthique (notamment le sentientisme), mais aussi sur les mécanismes de domination et de discrimination à l’œuvre dans l’idéologie spéciste… et leur corollaire : l’antispécisme.

    Il existe de nombreuses ressources qualitatives à ce sujet, dont je vous propose quelques unes de mes préférées. A commencer par l’excellent (bien que très court) ouvrage « L’antispécisme » par Valérie Giroux, le génialissime podcast sur le spécisme « Comme un poisson dans l’eau », mais aussi les capsules audio percutantes et pertinentes de la chaîne « Réplique Éthique », les fiches info synthétiques de Florence Dellerie (sur son site « Questions animalistes »), ainsi que les incontournables replays des estivales de la question animale et les innombrables articles des revues « L’amorce » et « Les cahiers antispécistes ».

    Pour ce qui est de la philosophie morale, il y a de très chouettes vidéos à ce sujet sur les chaînes de Monsieur Phi et de Yohann Hoarau. Et concernant plus spécifiquement la sentience et le sentientisme, je renvoie volontiers vers toutes les interventions de Victor Duran le Peuch (en particulier celle-ci), qui vulgarise de manière extrêmement claire à ce sujet. Et plus globalement je conseille aussi le site sentience.pm, qui regorge de ressources sur la sentience et le sentientisme.

    D’ailleurs, quitte à parler d’idéologie politique, je suis tombé.e sur des publications scientifiques intéressantes dans lesquelles des chercheurs ont montré que plus une personne est située à droite de l’échiquier politique, plus elle consomme de produits d’origine animale, et plus elle risque de remanger de la viande un jour si elle tente d’adopter une alimentation végétarienne ou végétalienne. Ceci s’explique notamment par le fait que les personnes les plus conservatrices accordent globalement moins d’intérêt aux considérations de justice sociale (y compris dans la démarche de végétalisation de leur alimentation), et qu’elles bénéficient de moins de soutien de leurs proches, plus souvent opposé.es aux régimes végétalisés… Bref, je dis ça, je dis rien… mais ça fait quand même beaucoup écho avec l’étude dont j’avais parlé il y a quelques mois et qui, comme d’autres, faisait un lien évident entre idéologies politiques de droite et anti-véganisme…

    3. S’entourer de personnes végétariennes, végétaliennes, véganes !

    Mon troisième conseil consiste à vous encourager à vous entourer de plus de personnes végétariennes, végétaliennes et véganes. Que ce soit à travers des évènements associatifs, festifs ou militants, des groupes thématiques sur les réseaux sociaux, sur des sites de rencontres… l’idée c’est de pouvoir bénéficier d’une dynamique collective de solidarité et de soutien et de tisser des liens sociaux avec des personnes qui vivent des choses similaires. S’entourer de personnes végé, ça aide à se sentir moins isolé.e quand on souffre notamment de la distance qui s’instaure vis à vis de ses proches non concerné.es. C’est aussi une belle opportunité pour développer de nouvelles amitiés, échanger des astuces, s’informer sur les enjeux éthiques et politiques des alimentations végétales etc.

    Le choix du végétarisme ou du végétalisme étant une posture très minoritaire, c’est clairement un soutien immense de s’entourer de personnes devant affronter les mêmes difficultés et avec qui on partage au moins une partie de nos valeurs éthiques.

    Bref, regardez ce qui se fait autour de chez vous et n’hésitez pas à vous rapprocher d’une asso étudiante animaliste, d’un collectif activiste antispéciste, d’un pique-nique végétarien ou végétalien, d’une vegan place… mais aussi des nombreux groupes thématiques sur les réseaux sociaux !

    4. Prendre soin de son équilibre nutritionnel (et prendre sa B12 !)

    Bon, mon dernier conseil, il sort un peu du lot car il ne transparaît pas tant que ça dans les études que j’ai passées en revue… mais il me semble tout de même essentiel : je vous encourage vivement à développer quelques connaissances de base concernant l’équilibre nutritionnel végétarien ou végétalien. Parce que, contrairement aux idées reçues qui circulent encore largement (y compris chez de nombreux.ses professionnel.les de santé…), non, choisir d’être végétarien.ne ou végétalien.ne ne vous met pas en danger…à la condition d’avoir une alimentation équilibrée et de choisir les compléments alimentaires adaptés à vos besoins (la fameuse vitamine B12 notamment!).

    Pour balayer quelques unes des idées reçues les plus coriaces, je vous renvoie notamment à l’article où j’abordais les croyances que je pense être les plus courantes au sujet des alimentations végétales, par exemple celles concernant l’association céréales/légumineuses, les dangers du soja et des aliments transformés et la complémentation en vitamine B12 chez les personnes végétariennes et flexitariennes.

    Mais pour aller beaucoup plus loin, je vous recommande la lecture de l’ouvrage en deux tomes de Léa Lebrun et Fabien Badariotti : « La meilleure façon de manger végétal » et « La science de l’alimentation végétale ». A mon sens, c’est l’ouvrage francophone de référence à ce sujet : vous y trouverez presque toutes les informations théoriques et pratiques sur l’équilibre nutritionnel dans le cadre d’une alimentation végétarienne ou végétalienne.

    Ceci étant, si vous avez des interrogations ou des inquiétudes concernant votre situation individuelle, ou bien concernant une situation particulière comme l’équilibre nutritionnel chez un enfant, une personne enceinte ou une personne atteinte de telle ou telle maladie, le mieux reste de consulter un.e professionnel.le de santé formé.e aux spécificités des alimentations végétales (car malheureusement, toustes les pro de santé ne sont pas au point à ce sujet, et certain.es disent encore des bêtises énormes…). Si vous cherchez par exemple un.e diététicien.ne pour vous aider à équilibrer vos repas dans le cadre d’une alimentation végétarienne ou végétalienne, pour vous aider à faire des changements progressifs, respectueux de vos besoins nutritionnels, de vos valeurs et de vos contraintes personnelles, pour répondre à vos questions, vous rassurer ou vous orienter vers les choix alimentaires les plus adaptés à votre situation individuelle, vous pouvez regarder sur le répertoire en ligne de l’ONAV (l’Observatoire National des Alimentations Végétales) si vous trouvez un.e diététicien.ne qui exerce près de chez vous ou qui exerce, comme moi, à distance !

    Bon, vous vous en doutez, des conseils je pourrais encore en donner à la pelle… mais il a bien fallu que je fasse des choix pour que cet article reste digeste et pas trop long ! Alors j’espère que ces recommandations que je pense essentielles vous auront semblé utiles, et si c’est le cas, je vous invite à les partager largement autour de vous.

    Sources :

    Rapport « Végétariens et flexitariens en France en 2020 », enquête IFOP pour FranceAgriMer, 2021 : https://www.franceagrimer.fr/Actualite/Etablissement/2021/VEGETARIENS-ET-FLEXITARIENS-EN-FRANCE-EN-2020

    Ruehlman LS, Karoly P. Adherence versus striving to adhere to vegan, vegetarian, or pescatarian diets: Applying a goal-centered, self-regulatory framework. J Health Psychol. 2022 Aug;27(9):2236-2246. doi: 10.1177/13591053221111976. Epub 2022 Jun 30. PMID: 35770848.

    Haverstock K, Forgays DK. To eat or not to eat. A comparison of current and former animal product limiters. Appetite. 2012 Jun;58(3):1030-6. doi: 10.1016/j.appet.2012.02.048. Epub 2012 Mar 2. PMID: 22387715.

    Williams E, Vardavoulia A, Lally P, Gardner B. Experiences of initiating and maintaining a vegan diet among young adults: A qualitative study. Appetite. 2023 Jan 1;180:106357. doi: 10.1016/j.appet.2022.106357. Epub 2022 Oct 29. PMID: 36341862.

    Barr SI, Chapman GE. Perceptions and practices of self-defined current vegetarian, former vegetarian, and nonvegetarian women. J Am Diet Assoc. 2002 Mar;102(3):354-60. doi: 10.1016/s0002-8223(02)90083-0. PMID: 11902368.

    Markowski KL. Identity processes and food choice: predictors of dietary lapses among ethical and health vegans. J Soc Psychol. 2023 May 4;163(3):294-310. doi: 10.1080/00224545.2022.2105194. Epub 2022 Aug 7. PMID: 35938609.

    Cruwys T, Norwood R, Chachay VS, Ntontis E, Sheffield J. « An Important Part of Who I am »: The Predictors of Dietary Adherence among Weight-Loss, Vegetarian, Vegan, Paleo, and Gluten-Free Dietary Groups. Nutrients. 2020 Apr 1;12(4):970. doi: 10.3390/nu12040970. PMID: 32244576; PMCID: PMC7231009.

    Hodson G, Earle M. Conservatism predicts lapses from vegetarian/vegan diets to meat consumption (through lower social justice concerns and social support). Appetite. 2018 Jan 1;120:75-81. doi: 10.1016/j.appet.2017.08.027. Epub 2017 Aug 30. PMID: 28859869.

    Rosenfeld D. L. (2019). Why some choose the vegetarian option: are all ethical motivations the same? Motiv. Emot. 43, 403–411. 10.1007/s11031-018-9747-6

    Vestergren S, Uysal MS. Beyond the Choice of What You Put in Your Mouth: A Systematic Mapping Review of Veganism and Vegan Identity. Front Psychol. 2022 Jun 10;13:848434. doi: 10.3389/fpsyg.2022.848434. PMID: 35756214; PMCID: PMC9231820.

    #Diététique #Flexitarisme #Nutrition #Végétalisme #Végétarisme

  11. Alimentations végétales : quelles sont les connaissances des professionnel-le-s de la diététique ?

    Les personnes végétariennes représentent une part croissante de la population française : d’après une enquête récente, 2,2 % des adultes déclarent avoir adopté un régime sans viande, c’est-à-dire pescetarien, végétarien ou végétalien (voir note 1 – dont environ 0,5 % de végétaliens). La diminution de la consommation de viande et de poisson touche également un quart des français-e-s interrogé-e-s, qui se déclarent flexitarien-ne-s. Par ailleurs, le marché des alternatives végétales à la viande et aux produits laitiers connaît une croissance très importante, ces produits devenant peu à peu des aliments de consommation courante (voir note 2).

    Quelles que soient les motivations de ces choix (éthique animale, enjeux écologiques, raisons de santé, croyances religieuses…), ces régimes alimentaires sont de plus en plus adoptés. Ils restent cependant encore peu abordés dans les cursus de formation en diététique, notamment du fait que le Programme National Nutrition Santé (PNNS) ne les aborde que de manière très superficielle.

    Si dans le cadre de l’un de mes stages de BTS diététique, j’ai été amenée à consulter plusieurs études soulignant la méconnaissance des médecins au sujet de ces alimentations, je n’ai par contre pas trouvé d’étude sur la perception de ces alimentations par les professionnel-le-s de la diététique. Il m’a donc paru pertinent de réaliser mon étude personnelle de BTS autour de la question suivante : quelle est la perception que les diététicien-ne-s ont des alimentations végétales ?

    Pour répondre à cette interrogation, j’ai dans un premier temps élaboré un questionnaire destiné aux diététicien-ne-s exerçant en France après l’obtention du BTS diététique. J’ai volontairement mis de côté les personnes exerçant après obtention d’un DUT, puisque les enseignements ne sont pas tout à fait identiques, et que je voulais avoir un aperçu sur la base du cursus de formation le plus courant.

    Pour rédiger les questions, je me suis notamment inspirée des études menées en thèse de médecine générale par les Dr Defer et Passelergue (voir note 3). J’ai souhaité réaliser un questionnaire suffisamment court (10 questions) pour faciliter l’adhésion des participant-e-s et obtenir un maximum de réponses complètes. L’objectif de ce questionnaire était d’évaluer les connaissances que les diététicien-ne-s ont des alimentations végétales (végétarisme et végétalisme) à travers leur aptitude à les définir, leurs connaissances sur les risques de carences, et les examens complémentaires spécifiques qu’iels suggèrent à leur patientèle végé.

    J’ai ensuite diffusé ce questionnaire à plusieurs reprises sur des groupes de diététicien-ne-s sur les réseaux sociaux. Le choix d’un questionnaire diffusé de cette manière expose à un possible biais de sélection, voire de confirmation : les diététicien-ne-s ayant une alimentation végétale sont plus susceptibles de répondre à l’enquête, et ont potentiellement plus de connaissances à ce sujet. Afin de limiter autant que possible ce biais de sélection, j’ai choisi d’ajouter une question sur le régime alimentaire des répondant-e-s, afin d’analyser les résultats à la lumière de cette information.

    Dans l’objectif de faciliter le traitement (anonyme) des résultats et de limiter le biais méthodologique qui serait induit par une mauvaise formulation de questions, le questionnaire reposait majoritairement sur des questions fermées à choix multiple.

    Analyse des données recueillies

    Avec un total de 85 réponses (dont 82 exploitables), les résultats de cette étude n’ont pas du tout la prétention d’être représentatifs. Ils permettent cependant de proposer un état des lieux de la perception que les diététiciennes qui ont répondu ont des alimentations végétales.

    La majorité des personnes ayant répondu étant des femmes, je parlerai désormais de « diététiciennes » et de « répondantes » pour parler d’elles. Parmi les répondantes, 84 % déclarent avoir des personnes végé dans leur entourage et/ou leur patientèle, 11 % déclarent avoir une alimentation végétarienne ou végétalienne, et 51 % se disent flexitariennes. C’est bien au-delà des pourcentages que l’on retrouve dans la population générale. Il est donc plus que nécessaire d’étudier les résultats du questionnaire en prenant en considération ces spécificités.

    Si toutes les répondantes définissent plutôt bien les composantes d’une alimentation végétalienne, il existe de grandes disparités au sujet de l’alimentation végétarienne, pour laquelle seuls 60 % des répondantes non végé donnent une définition correcte.

    Près de 30 % des répondantes non végé pensent en effet que le poisson est un aliment végétarien, et 8 % ignorent que les œufs entrent dans la composition d’une alimentation végétarienne. Seule 1 répondante qui qualifie son alimentation de végétarienne estime par contre que le poisson est un aliment végétarien.

    Si les répondantes végé définissent plus justement les alimentations végétales que les autres, elles n’ont pas une meilleure connaissances des risques avérés de carences pour les alimentations végétales. Le risque de carences en protéines, en fer et en calcium est largement surestimé (particulièrement par les répondantes non végé). Le risque de carence en vitamine B12 pour les personnes végétariennes ou végétaliennes est par contre clairement sous-évalué, ainsi que le risque de carence en iode et en acide gras essentiels pour les personnes végétaliennes (voir note 4). On note par ailleurs une étonnante crainte de carence en vitamine B9 pour les personnes végétaliennes (27 % des répondantes non végé), alors que les principales sources alimentaires (hormis le foie) sont végétales…

    Cette tendance à surestimer les risques de carences en fer se retrouve dans les recommandations de bilans biologiques : 49 % des répondantes recommanderaient un bilan martial à leur patientèle végé.

    De manière surprenante par contre, bien que la majorité d’entre elles ait conscience d’un risque avéré de carence en vitamine B12, seuls 46 % des répondantes orienteraient leur patientèle végé vers un dosage de la vitamine B12.

    Les craintes de carences sont cependant telles que 12 % des répondantes orienteraient leur patientèle végé vers la mise en place d’un bilan sanguin complet régulier, et 6 % vers une albuminémie (donc avec un présupposé de dénutrition et la volonté de déterminer la sévérité de l’état de dénutrition).

    Cette difficulté à définir correctement les alimentations végétales et à prendre en considération les risques avérés de carences qui en découlent (sans les sur ou sous-estimer) peut être mise en regard avec le fait que 54 % des répondant-e-s déclarent que leur principale source de connaissances sur les alimentions végétales réside dans diverses lectures et recherches personnelles.

    Seuls 33 % des répondantes estiment que leurs connaissance à ce sujet émanent des enseignements du BTS diététique, dont plusieurs indiquent qu’ils sont insuffisants.

    Ce qui justifie que 13 % des répondantes aient sollicité une formation ultérieure sur les alimentations végétales (en dehors du circuit de l’Éducation Nationale, en l’occurrence une formation d’une journée de l’AFDN – Association Française des Diététiciens Nutritionnistes, ou de 2 jours avec une diététicienne indépendante). Les sources de connaissances des répondantes sur les alimentations végétales sont donc variées, mais surtout de qualité variable et incertaine.

    On peut également noter que les répondantes semblent particulièrement confiantes en leurs connaissances sur les sujets abordés, puisque sur les 246 opportunités offertes de cocher la réponse « je ne sais pas » (3 questions pour chacun des 82 répondantes), cela n’a été fait que 10 fois, et exclusivement sur le sujet des bilans biologiques. Ce qui ne semble pas anormal eu égard au fait que les deux tiers des répondantes ont obtenu leur diplôme récemment (depuis moins de 5 ans).

    Mais si l’on met en regard la quasi-absence de réponse « je ne sais pas » avec la proportion importante de réponses erronées, on peut imaginer que les répondantes font preuve d’une confiance excessive en leurs connaissances. Ce qui n’est pas sans rappeler l’effet Dunning-Kruger (autrement nommé effet de sur-confiance – voir note 5), selon lequel les personnes les moins qualifiées dans un domaine auraient tendance à sur-estimer leur compétence…

    Je citais tout à l’heure les travaux de thèse des Dr Passelergue et Defer : ceux-ci concluent que les craintes des médecins généralistes concernant les régimes végétarien ou végétalien et leurs potentiels risques ne semblent pas fondées sur la littérature, mais bien sur une représentation personnelle ou sociale associée à un manque de formation concernant ces sujets. Il semble en être de même pour les diététiciennes, répondantes qu’elles soient elles-mêmes végétariennes/végétaliennes ou pas.

    Limites de cette étude personnelle

    Si l’analyse des résultats permet de mettre en évidence une perception biaisée des alimentations végétales par les diététiciennes répondantes, elle ne permet par contre pas d’en mesurer les conséquences sur la prise en charge nutritionnelle de la patientèle concernée, ni sur la qualité de la relation entre les diététiciennes et la patientèle végé.

    Les travaux réalisés par le Dr Demange (voir note 6) ont par exemple révélé qu’un attitude perçue comme négative vis à vis du végétarisme de la part du médecin, ou bien la recommandation de consommer des produits carnés à des patient-e-s végétarien-ne-s, pouvaient avoir pour conséquence de dégrader la relation entre le médecin et sa patientèle, notamment en favorisant :

    • les non-dits (un-e patient-e végé sur trois hésite à parler de ses symptômes à son médecin, de peur qu’il soit relié à son végétarisme),
    • la non observance des conseils ou prescriptions (40% des patient-e-s végé ont déjà arrêté un traitement prescrit, dont près de 30% car il contenait des produits d’origine animale)
    • et un recours accru à l’automédication et à des « médecines » dites alternatives ou complémentaires (naturopathie, médecine traditionnelle chinoise, homéopathie etc).

    Il serait donc particulièrement pertinent d’étudier si la perception biaisée que les diététicien-ne-s ont des alimentations végétales a des conséquences équivalentes sur une patientèle végé. C’est en tout cas une conséquence à redouter et à prendre en considération, afin de garantir une prise en charge nutritionnelle convenable et le maintien dans le circuit médical pour cette part grandissante de la population française.

    Propositions et ressources fiables

    Au regard de ces éléments il me semble opportun de souhaiter une meilleure formation des professionnel-le-s de la diététique sur les alimentations végétales, à travers notamment une meilleure prise en considération de ces alimentations dans le PNNS et dans les programmes d’enseignement du BTS diététique.

    Il semblerait également pertinent de prévoir des enseignements en lien avec les méthodes de recherche et les niveaux de preuve, afin que les diététicien-ne-s en exercice puissent efficacement maintenir à jour leurs connaissances, en se référant aux publications scientifiques en lien avec la nutrition. Dans cette logique, une initiation à l’esprit critique permettrait de conférer plus de rigueur aux diététicien-ne-s, en leur permettant de repérer les arguments fallacieux, biais cognitifs et sophismes qui sous-tendent les préjugés qui alimentent une perception des alimentations végétales éloignée des réalités scientifiques.

    Afin de contribuer modestement à cet élan, j’ai élaboré une fiche synthétique que j’ai adressée aux répondantes du questionnaire qui m’ont laissé une adresse mail. J’ai pris le temps d’y préciser quelques précautions importantes pour évaluer la validité des ressources au sujet des alimentations végétales. Il me paraît judicieux de les partager ici également, car de nombreux préjugés et idées fausses circulent encore sur les alimentations végétales.

    Pour lutter contre cette désinformation, méfiez vous des données sur les alimentations végétales que vous serez amenées à croiser dans le cadre de vos lectures et recherches personnelles – et tout particulièrement lorsque ces données :

    • ne sont pas sourcées ;
    • ne sont pas basées sur des publications scientifiques publiées dans des revues à comité de lecture (review, méta-analyses, études de cohorte etc.) ;
    • émanent de personnes qui ne sont pas professionnel-le-s de santé ;
    • en appellent à la tradition, au bon sens et/ou à l’ancienneté d’une pratique alimentaire pour en justifier les bienfaits (arguments fallacieux) ;
    • promeuvent les pseudo-médecines (naturopathie, micro-nutrition, hygiénisme, frugivorisme…) ;
    • insistent sur la dimension « naturelle » et/ou « thérapeutique » de l’alimentation ;
    • occultent ou nient la nécessaire complémentation en vitamine B12 pour les personnes flexitariennes, végétariennes et végétaliennes.

    Pour compléter et/ou mettre à jour vos connaissances des alimentations végétales, je vous suggère quelques ressources francophones fiables, publiées par des professionnel-le-s de santé ayant une expertise spécifique à ce sujet, et basées sur la littérature scientifique :

    Ajout octobre 2022 : une toute nouvelle formation vient de voir le jour au sein du Centre de Formation Diététique et Comportement (edit au 24/02/2025 – la formation n’est plus hébergée par le CFDC mais est désormais accessible directement ici https://virginiebach.fr/formations/, avec une mise à jour récente),

    Je place également beaucoup d’espoir dans l’ouvrage à paraître le mois prochain qui s’intitule « La meilleure façon de manger végétal », fruit du travail collaboratif de Léa Lebrun et Fabien Badariotti. Mais je vous en dirai plus quand j’aurai pu le lire et me faire un avis à son sujet (je l’ai déjà pré-commandé…).

    J’ajoute également ici des ressources spécifiques à la restauration collective :

    Il y a encore un long chemin à parcourir pour que les professionnel-le-s de la diététique aient une perception convenable des alimentations végétales, mais on ne peut désormais plus dire que les ressources ne sont pas accessibles, et c’est déjà un grand pas en avant !

    1- Étude réalisée par l’IFOP pour FranceAgriMer en 2021.

    2- Good Food Institute, 2020 State of the Industry Report, Plant-based meat, eggs and dairy, 2021.

    3- Defer N., État des connaissances des médecins généralistes de France métropolitaine concernant les patients suivant un régime d’exclusion en soins primaires, thèse de médecine générale, Université de Lille, 2017.

    Passelergue L., Caractéristiques des connaissances sur l’équilibre nutritionnel des personnes végétariennes ou végétaliennes chez les médecins généralistes normands, thèse de médecine générale, Université de Caen Normandie, 2018.

    4- Neufingerl N., Eilander A., Nutrient intake and status in adults consuming plant-based diets compared to meat-eaters: a systematic review, Nutrients 2022, 14(1), 29

    5 – Sur l’effet Dunning-Kruger : fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Du

    6 – Demange S., La relation médecin-patient au regard du végétarisme, thèse de médecine générale, Université Jean-Monnet, Saint-Étienne, 2017.

    S’il vous est plus agréable d’écouter ou de regarder une vidéo plutôt que de lire cet article, retrouvez son contenu en ligne sur l’une de mes chaînes :

    #Diététiciennes #Diététique #Flexitarisme #Végétalisme #Végétarisme