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  1. Chroniques de la #GaucheQuébécoise (suite).

    Au cas où vous l'auriez pas remarqué, je suis profondément déconnecté-e de la gauche «mainstream» québécoise.

    J'ai déjà critiqué ce genre de gauche-là à plusieurs reprises, avec une hargne que je regrette un peu. Mais je sais pas si j'ai déjà parlé de l'origine de cette déconnexion.

    Je vais donc raconter une petite histoire qui va servir d'exemple - mais c'est juste une parmi tant d'autres qui ont nourri ma réflexion.

    Vers 2004, je suis devenu-e membre du PQ. J'ai déjà écrit sur mon expérience; j'y reviendrai pas trop. Mais pour résumer très brièvement, ça s'est pas full bien passé. Mon parcours est pas glorieux, j'ai fait et dit plein de niaiseries dont je suis pas fier/ère. Mais j'étais déjà un-e activiste de gauche à l'époque.

    Je suis officiellement parti-e pas longtemps après m'être fait huer une dernière fois en assemblée, à l'hiver 2006. J'aurai au cumulatif pas toffé longtemps ni occupé de rôle stratégique.

    Dans ma tête, c'était impossible d'être une personne intègre et de supporter cette ambiance. Et je sais qu'au PLQ, c'était mille fois pire, parce que le PQ, lui au moins, avait une sorte de tolérance pour la chicane et le lavage de linge sale en famille.

    Après, je suis devenu-e anarchiste et j'ai commencé à manger des claques d'un tout autre ordre de grandeur. 2006 à 2012 a été une période de répression policière et disciplinaire extrême et constante. Un de mes amis s'est fait expulser de l'UdeM pour des raisons politiques - il a servi de bouc-émissaire suite à une grève ratée - et est tombé dans la pauvreté et la marginalité.

    Plusieurs de mes ami-e-s se sont ramassé-e-s en prison. Un d'entre eux a pogné une peine de plusieurs mois pour une broutille. Quand il en est ressorti, il m'a dit que ça l'avait crissement fucké.

    Sauf exception, on a toustes payé très cher notre militantisme. Dans cette gang-là, je connais juste une personne qui a en ce moment une carrière publique/académique - et c'est pas (encore) une très grosse carrière.

    La majorité du reste de la gang essaie tant bien que mal de garder la tête au-dessus de l'eau. Notamment (mais pas que) parce qu'iels continuent de dépenser leur temps précieux à bénévoler et organiser, plutôt qu'à mousser leur carrière.

    Yen a qui sont en exil au Lac-Saint-Jean, dans le Bas-du-Fleuve ou en Autriche.

    Iels ont des petites jobs et font rarement parler d'elleux. C'est les plus criminalisé-e-s de la gang.

    Les autres sont mort-e-s.

    (Moi ça va pas si pire par contre, alors je vais pas en parler.)

    ***

    Pendant la même période, pour une bonne partie des gens qui font aujourd'hui partie de la gauche institutionnelle ou «mainstream», c'était un peu différent.

    Émilie Nicolas a à peu près mon âge. En août 2011, elle militait toujours activement pour le Parti Libéral de Jean Charest.

    En août 2011, j'étais déjà fortement marqué-e par huit années de luttes contre l'austérité, contre les projets de développement polluants très impopulaires (ex: la centrale du Suroît) et la répression policière.

    Émilie Nicolas, elle, représentait la commission jeunesse du PLQ dans des campagnes nationales, aux côtés de l'exécutif.

    En août 2011, Charest avait déjà annoncé la hausse des frais de scolarité qui devait mener vers la grève étudiante la plus brutalement réprimée et la plus longue de l'histoire du Québec. En août 2011, on était déjà en train de s'organiser pour répondre à cette hausse.

    Pas Émilie Nicolas, qui faisait une tournée de promo pour Charest et son Parti Libéral.

    Je dis pas ça pour la dénigrer ou parce que je lui en veux. J'aime beaucoup ce qu'elle écrit. Pis c'est juste un exemple. On pourrait reparler de GND une autre fois, pis de toustes les autres dont la famille était bourge, qui sont resté-e-s bourges, et dont l'arène politique c'est principalement les lancements de revues intellos, les 5 à 7 pis les vins fromages.

    Mais encore après autant d'années, je m'interroge sur les parcours respectifs de mes ami-e-s en les comparant à ceux des gens de la gauche institutionnelle qui écrivent au Devoir, à Urbania, qui sont profs d'univ ou qui sont devenus, à un moment ou un autre, député-e-s, porte-paroles de QS.

    Une bonne gang, dans la gauche institutionnelle, se sont approprié les luttes sociales menées par d'autre monde, et se sont délicatement déposé-e-s au moment opportun comme une fleur sur les ruines de nos vies.

    D'autres ont carrément nui aux mouvements sociaux pendant des années avant de finalement «catcher» pis retourner leur veste subitement, avant de ré-émerger plus tard en tant qu'égéries d'une gauche plus que respectable, qui passe à Radio-Canada.

    Encore là: c'est pas que je les haïs, c'est pas parce que je les envie. Et je sais que plusieurs en ont bavé - d'une manière différente.

    C'est juste que je suis... déconnecté-e de cette gauche-là. C'est pas du monde avec qui on co-organisait des trucs, pas du monde avec qui on parlait, ni de qui on parlait. Pas du monde avec qui je partage une histoire et des expériences communes. Lorsqu'iels sont arrivé-e-s dans l'espace public, iels sortaient de crissement nulle part, dans ma tête - jusqu'à ce que je comprenne que plusieurs d'entre elleux sortaient du camp ennemi.

    C'est correct que des gens trahissent le camp des pas fin-e-s et deviennent des personnes à peu près décentes. La question que je me pose, c'est pourquoi et comment. Pourquoi ça leur a pris autant de temps avant de décrocher?

    Comment ça se fait que c'est aussi facile pour elleux de monter les échelons, alors que ma gang - parmi laquelle se trouvent des écrivain-e-s et poètes/poétesses inconnu-e-s qui ont écrit des textes sublimes et des intellos brillant-e-s - tirent encore le diable par la queue?

    Quel réseau les a mené-e-s là? Celui qu'iels se sont constitué dans leur collège privé d'élite? Celui, un peu usé, du Parti Libéral du Québec?

    Et surtout: pour le bénéfice de qui.

    ***

    Pour conclure, lorsque j'ai appris, il y a quelques années, qu'Émilie Nicolas avait déjà milité au PLQ, ça m'a un peu perturbé-e. Je lui ai demandé si, au moment du #PrintempsÉrable, elle militait encore aux côtés de Jean Charest.

    Elle a dit non.

    Je lui ai demandé si ça lui tentait de raconter ce qui s'est passé dans sa tête au moment où elle a décroché. Elle a dit qu'elle le ferait, un jour.

  2. Chroniques de la #GaucheQuébécoise (suite).

    Au cas où vous l'auriez pas remarqué, je suis profondément déconnecté-e de la gauche «mainstream» québécoise.

    J'ai déjà critiqué ce genre de gauche-là à plusieurs reprises, avec une hargne que je regrette un peu. Mais je sais pas si j'ai déjà parlé de l'origine de cette déconnexion.

    Je vais donc raconter une petite histoire qui va servir d'exemple - mais c'est juste une parmi tant d'autres qui ont nourri ma réflexion.

    Vers 2004, je suis devenu-e membre du PQ. J'ai déjà écrit sur mon expérience; j'y reviendrai pas trop. Mais pour résumer très brièvement, ça s'est pas full bien passé. Mon parcours est pas glorieux, j'ai fait et dit plein de niaiseries dont je suis pas fier/ère. Mais j'étais déjà un-e activiste de gauche à l'époque.

    Je suis officiellement parti-e pas longtemps après m'être fait huer une dernière fois en assemblée, à l'hiver 2006. J'aurai au cumulatif pas toffé longtemps ni occupé de rôle stratégique.

    Dans ma tête, c'était impossible d'être une personne intègre et de supporter cette ambiance. Et je sais qu'au PLQ, c'était mille fois pire, parce que le PQ, lui au moins, avait une sorte de tolérance pour la chicane et le lavage de linge sale en famille.

    Après, je suis devenu-e anarchiste et j'ai commencé à manger des claques d'un tout autre ordre de grandeur. 2006 à 2012 a été une période de répression policière et disciplinaire extrême et constante. Un de mes amis s'est fait expulser de l'UdeM pour des raisons politiques - il a servi de bouc-émissaire suite à une grève ratée - et est tombé dans la pauvreté et la marginalité.

    Plusieurs de mes ami-e-s se sont ramassé-e-s en prison. Un d'entre eux a pogné une peine de plusieurs mois pour une broutille. Quand il en est ressorti, il m'a dit que ça l'avait crissement fucké.

    Sauf exception, on a toustes payé très cher notre militantisme. Dans cette gang-là, je connais juste une personne qui a en ce moment une carrière publique/académique - et c'est pas (encore) une très grosse carrière.

    La majorité du reste de la gang essaie tant bien que mal de garder la tête au-dessus de l'eau. Notamment (mais pas que) parce qu'iels continuent de dépenser leur temps précieux à bénévoler et organiser, plutôt qu'à mousser leur carrière.

    Yen a qui sont en exil au Lac-Saint-Jean, dans le Bas-du-Fleuve ou en Autriche.

    Iels ont des petites jobs et font rarement parler d'elleux. C'est les plus criminalisé-e-s de la gang.

    Les autres sont mort-e-s.

    (Moi ça va pas si pire par contre, alors je vais pas en parler.)

    ***

    Pendant la même période, pour une bonne partie des gens qui font aujourd'hui partie de la gauche institutionnelle ou «mainstream», c'était un peu différent.

    Émilie Nicolas a à peu près mon âge. En août 2011, elle militait toujours activement pour le Parti Libéral de Jean Charest.

    En août 2011, j'étais déjà fortement marqué-e par huit années de luttes contre l'austérité, contre les projets de développement polluants très impopulaires (ex: la centrale du Suroît) et la répression policière.

    Émilie Nicolas, elle, représentait la commission jeunesse du PLQ dans des campagnes nationales, aux côtés de l'exécutif.

    En août 2011, Charest avait déjà annoncé la hausse des frais de scolarité qui devait mener vers la grève étudiante la plus brutalement réprimée et la plus longue de l'histoire du Québec. En août 2011, on était déjà en train de s'organiser pour répondre à cette hausse.

    Pas Émilie Nicolas, qui faisait une tournée de promo pour Charest et son Parti Libéral.

    Je dis pas ça pour la dénigrer ou parce que je lui en veux. J'aime beaucoup ce qu'elle écrit. Pis c'est juste un exemple. On pourrait reparler de GND une autre fois, pis de toustes les autres dont la famille était bourge, qui sont resté-e-s bourges, et dont l'arène politique c'est principalement les lancements de revues intellos, les 5 à 7 pis les vins fromages.

    Mais encore après autant d'années, je m'interroge sur les parcours respectifs de mes ami-e-s en les comparant à ceux des gens de la gauche institutionnelle qui écrivent au Devoir, à Urbania, qui sont profs d'univ ou qui sont devenus, à un moment ou un autre, député-e-s, porte-paroles de QS.

    Une bonne gang, dans la gauche institutionnelle, se sont approprié les luttes sociales menées par d'autre monde, et se sont délicatement déposé-e-s au moment opportun comme une fleur sur les ruines de nos vies.

    D'autres ont carrément nui aux mouvements sociaux pendant des années avant de finalement «catcher» pis retourner leur veste subitement, avant de ré-émerger plus tard en tant qu'égéries d'une gauche plus que respectable, qui passe à Radio-Canada.

    Encore là: c'est pas que je les haïs, c'est pas parce que je les envie. Et je sais que plusieurs en ont bavé - d'une manière différente.

    C'est juste que je suis... déconnecté-e de cette gauche-là. C'est pas du monde avec qui on co-organisait des trucs, pas du monde avec qui on parlait, ni de qui on parlait. Pas du monde avec qui je partage une histoire et des expériences communes. Lorsqu'iels sont arrivé-e-s dans l'espace public, iels sortaient de crissement nulle part, dans ma tête - jusqu'à ce que je comprenne que plusieurs d'entre elleux sortaient du camp ennemi.

    C'est correct que des gens trahissent le camp des pas fin-e-s et deviennent des personnes à peu près décentes. La question que je me pose, c'est pourquoi et comment. Pourquoi ça leur a pris autant de temps avant de décrocher?

    Comment ça se fait que c'est aussi facile pour elleux de monter les échelons, alors que ma gang - parmi laquelle se trouvent des écrivain-e-s et poètes/poétesses inconnu-e-s qui ont écrit des textes sublimes et des intellos brillant-e-s - tirent encore le diable par la queue?

    Quel réseau les a mené-e-s là? Celui qu'iels se sont constitué dans leur collège privé d'élite? Celui, un peu usé, du Parti Libéral du Québec?

    Et surtout: pour le bénéfice de qui.

    ***

    Pour conclure, lorsque j'ai appris, il y a quelques années, qu'Émilie Nicolas avait déjà milité au PLQ, ça m'a un peu perturbé-e. Je lui ai demandé si, au moment du #PrintempsÉrable, elle militait encore aux côtés de Jean Charest.

    Elle a dit non.

    Je lui ai demandé si ça lui tentait de raconter ce qui s'est passé dans sa tête au moment où elle a décroché. Elle a dit qu'elle le ferait, un jour.

  3. Chroniques de la #GaucheQuébécoise (suite).

    Au cas où vous l'auriez pas remarqué, je suis profondément déconnecté-e de la gauche «mainstream» québécoise.

    J'ai déjà critiqué ce genre de gauche-là à plusieurs reprises, avec une hargne que je regrette un peu. Mais je sais pas si j'ai déjà parlé de l'origine de cette déconnexion.

    Je vais donc raconter une petite histoire qui va servir d'exemple - mais c'est juste une parmi tant d'autres qui ont nourri ma réflexion.

    Vers 2004, je suis devenu-e membre du PQ. J'ai déjà écrit sur mon expérience; j'y reviendrai pas trop. Mais pour résumer très brièvement, ça s'est pas full bien passé. Mon parcours est pas glorieux, j'ai fait et dit plein de niaiseries dont je suis pas fier/ère. Mais j'étais déjà un-e activiste de gauche à l'époque.

    Je suis officiellement parti-e pas longtemps après m'être fait huer une dernière fois en assemblée, à l'hiver 2006. J'aurai au cumulatif pas toffé longtemps ni occupé de rôle stratégique.

    Dans ma tête, c'était impossible d'être une personne intègre et de supporter cette ambiance. Et je sais qu'au PLQ, c'était mille fois pire, parce que le PQ, lui au moins, avait une sorte de tolérance pour la chicane et le lavage de linge sale en famille.

    Après, je suis devenu-e anarchiste et j'ai commencé à manger des claques d'un tout autre ordre de grandeur. 2006 à 2012 a été une période de répression policière et disciplinaire extrême et constante. Un de mes amis s'est fait expulser de l'UdeM pour des raisons politiques - il a servi de bouc-émissaire suite à une grève ratée - et est tombé dans la pauvreté et la marginalité.

    Plusieurs de mes ami-e-s se sont ramassé-e-s en prison. Un d'entre eux a pogné une peine de plusieurs mois pour une broutille. Quand il en est ressorti, il m'a dit que ça l'avait crissement fucké.

    Sauf exception, on a toustes payé très cher notre militantisme. Dans cette gang-là, je connais juste une personne qui a en ce moment une carrière publique/académique - et c'est pas (encore) une très grosse carrière.

    La majorité du reste de la gang essaie tant bien que mal de garder la tête au-dessus de l'eau. Notamment (mais pas que) parce qu'iels continuent de dépenser leur temps précieux à bénévoler et organiser, plutôt qu'à mousser leur carrière.

    Yen a qui sont en exil au Lac-Saint-Jean, dans le Bas-du-Fleuve ou en Autriche.

    Iels ont des petites jobs et font rarement parler d'elleux. C'est les plus criminalisé-e-s de la gang.

    Les autres sont mort-e-s.

    (Moi ça va pas si pire par contre, alors je vais pas en parler.)

    ***

    Pendant la même période, pour une bonne partie des gens qui font aujourd'hui partie de la gauche institutionnelle ou «mainstream», c'était un peu différent.

    Émilie Nicolas a à peu près mon âge. En août 2011, elle militait toujours activement pour le Parti Libéral de Jean Charest.

    En août 2011, j'étais déjà fortement marqué-e par huit années de luttes contre l'austérité, contre les projets de développement polluants très impopulaires (ex: la centrale du Suroît) et la répression policière.

    Émilie Nicolas, elle, représentait la commission jeunesse du PLQ dans des campagnes nationales, aux côtés de l'exécutif.

    En août 2011, Charest avait déjà annoncé la hausse des frais de scolarité qui devait mener vers la grève étudiante la plus brutalement réprimée et la plus longue de l'histoire du Québec. En août 2011, on était déjà en train de s'organiser pour répondre à cette hausse.

    Pas Émilie Nicolas, qui faisait une tournée de promo pour Charest et son Parti Libéral.

    Je dis pas ça pour la dénigrer ou parce que je lui en veux. J'aime beaucoup ce qu'elle écrit. Pis c'est juste un exemple. On pourrait reparler de GND une autre fois, pis de toustes les autres dont la famille était bourge, qui sont resté-e-s bourges, et dont l'arène politique c'est principalement les lancements de revues intellos, les 5 à 7 pis les vins fromages.

    Mais encore après autant d'années, je m'interroge sur les parcours respectifs de mes ami-e-s en les comparant à ceux des gens de la gauche institutionnelle qui écrivent au Devoir, à Urbania, qui sont profs d'univ ou qui sont devenus, à un moment ou un autre, député-e-s, porte-paroles de QS.

    Une bonne gang, dans la gauche institutionnelle, se sont approprié les luttes sociales menées par d'autre monde, et se sont délicatement déposé-e-s au moment opportun comme une fleur sur les ruines de nos vies.

    D'autres ont carrément nui aux mouvements sociaux pendant des années avant de finalement «catcher» pis retourner leur veste subitement, avant de ré-émerger plus tard en tant qu'égéries d'une gauche plus que respectable, qui passe à Radio-Canada.

    Encore là: c'est pas que je les haïs, c'est pas parce que je les envie. Et je sais que plusieurs en ont bavé - d'une manière différente.

    C'est juste que je suis... déconnecté-e de cette gauche-là. C'est pas du monde avec qui on co-organisait des trucs, pas du monde avec qui on parlait, ni de qui on parlait. Pas du monde avec qui je partage une histoire et des expériences communes. Lorsqu'iels sont arrivé-e-s dans l'espace public, iels sortaient de crissement nulle part, dans ma tête - jusqu'à ce que je comprenne que plusieurs d'entre elleux sortaient du camp ennemi.

    C'est correct que des gens trahissent le camp des pas fin-e-s et deviennent des personnes à peu près décentes. La question que je me pose, c'est pourquoi et comment. Pourquoi ça leur a pris autant de temps avant de décrocher?

    Comment ça se fait que c'est aussi facile pour elleux de monter les échelons, alors que ma gang - parmi laquelle se trouvent des écrivain-e-s et poètes/poétesses inconnu-e-s qui ont écrit des textes sublimes et des intellos brillant-e-s - tirent encore le diable par la queue?

    Quel réseau les a mené-e-s là? Celui qu'iels se sont constitué dans leur collège privé d'élite? Celui, un peu usé, du Parti Libéral du Québec?

    Et surtout: pour le bénéfice de qui.

    ***

    Pour conclure, lorsque j'ai appris, il y a quelques années, qu'Émilie Nicolas avait déjà milité au PLQ, ça m'a un peu perturbé-e. Je lui ai demandé si, au moment du #PrintempsÉrable, elle militait encore aux côtés de Jean Charest.

    Elle a dit non.

    Je lui ai demandé si ça lui tentait de raconter ce qui s'est passé dans sa tête au moment où elle a décroché. Elle a dit qu'elle le ferait, un jour.

  4. Chroniques de la #GaucheQuébécoise (suite).

    Au cas où vous l'auriez pas remarqué, je suis profondément déconnecté-e de la gauche «mainstream» québécoise.

    J'ai déjà critiqué ce genre de gauche-là à plusieurs reprises, avec une hargne que je regrette un peu. Mais je sais pas si j'ai déjà parlé de l'origine de cette déconnexion.

    Je vais donc raconter une petite histoire qui va servir d'exemple - mais c'est juste une parmi tant d'autres qui ont nourri ma réflexion.

    Vers 2004, je suis devenu-e membre du PQ. J'ai déjà écrit sur mon expérience; j'y reviendrai pas trop. Mais pour résumer très brièvement, ça s'est pas full bien passé. Mon parcours est pas glorieux, j'ai fait et dit plein de niaiseries dont je suis pas fier/ère. Mais j'étais déjà un-e activiste de gauche à l'époque.

    Je suis officiellement parti-e pas longtemps après m'être fait huer une dernière fois en assemblée, à l'hiver 2006. J'aurai au cumulatif pas toffé longtemps ni occupé de rôle stratégique.

    Dans ma tête, c'était impossible d'être une personne intègre et de supporter cette ambiance. Et je sais qu'au PLQ, c'était mille fois pire, parce que le PQ, lui au moins, avait une sorte de tolérance pour la chicane et le lavage de linge sale en famille.

    Après, je suis devenu-e anarchiste et j'ai commencé à manger des claques d'un tout autre ordre de grandeur. 2006 à 2012 a été une période de répression policière et disciplinaire extrême et constante. Un de mes amis s'est fait expulser de l'UdeM pour des raisons politiques - il a servi de bouc-émissaire suite à une grève ratée - et est tombé dans la pauvreté et la marginalité.

    Plusieurs de mes ami-e-s se sont ramassé-e-s en prison. Un d'entre eux a pogné une peine de plusieurs mois pour une broutille. Quand il en est ressorti, il m'a dit que ça l'avait crissement fucké.

    Sauf exception, on a toustes payé très cher notre militantisme. Dans cette gang-là, je connais juste une personne qui a en ce moment une carrière publique/académique - et c'est pas (encore) une très grosse carrière.

    La majorité du reste de la gang essaie tant bien que mal de garder la tête au-dessus de l'eau. Notamment (mais pas que) parce qu'iels continuent de dépenser leur temps précieux à bénévoler et organiser, plutôt qu'à mousser leur carrière.

    Yen a qui sont en exil au Lac-Saint-Jean, dans le Bas-du-Fleuve ou en Autriche.

    Iels ont des petites jobs et font rarement parler d'elleux. C'est les plus criminalisé-e-s de la gang.

    Les autres sont mort-e-s.

    (Moi ça va pas si pire par contre, alors je vais pas en parler.)

    ***

    Pendant la même période, pour une bonne partie des gens qui font aujourd'hui partie de la gauche institutionnelle ou «mainstream», c'était un peu différent.

    Émilie Nicolas a à peu près mon âge. En août 2011, elle militait toujours activement pour le Parti Libéral de Jean Charest.

    En août 2011, j'étais déjà fortement marqué-e par huit années de luttes contre l'austérité, contre les projets de développement polluants très impopulaires (ex: la centrale du Suroît) et la répression policière.

    Émilie Nicolas, elle, représentait la commission jeunesse du PLQ dans des campagnes nationales, aux côtés de l'exécutif.

    En août 2011, Charest avait déjà annoncé la hausse des frais de scolarité qui devait mener vers la grève étudiante la plus brutalement réprimée et la plus longue de l'histoire du Québec. En août 2011, on était déjà en train de s'organiser pour répondre à cette hausse.

    Pas Émilie Nicolas, qui faisait une tournée de promo pour Charest et son Parti Libéral.

    Je dis pas ça pour la dénigrer ou parce que je lui en veux. J'aime beaucoup ce qu'elle écrit. Pis c'est juste un exemple. On pourrait reparler de GND une autre fois, pis de toustes les autres dont la famille était bourge, qui sont resté-e-s bourges, et dont l'arène politique c'est principalement les lancements de revues intellos, les 5 à 7 pis les vins fromages.

    Mais encore après autant d'années, je m'interroge sur les parcours respectifs de mes ami-e-s en les comparant à ceux des gens de la gauche institutionnelle qui écrivent au Devoir, à Urbania, qui sont profs d'univ ou qui sont devenus, à un moment ou un autre, député-e-s, porte-paroles de QS.

    Une bonne gang, dans la gauche institutionnelle, se sont approprié les luttes sociales menées par d'autre monde, et se sont délicatement déposé-e-s au moment opportun comme une fleur sur les ruines de nos vies.

    D'autres ont carrément nui aux mouvements sociaux pendant des années avant de finalement «catcher» pis retourner leur veste subitement, avant de ré-émerger plus tard en tant qu'égéries d'une gauche plus que respectable, qui passe à Radio-Canada.

    Encore là: c'est pas que je les haïs, c'est pas parce que je les envie. Et je sais que plusieurs en ont bavé - d'une manière différente.

    C'est juste que je suis... déconnecté-e de cette gauche-là. C'est pas du monde avec qui on co-organisait des trucs, pas du monde avec qui on parlait, ni de qui on parlait. Pas du monde avec qui je partage une histoire et des expériences communes. Lorsqu'iels sont arrivé-e-s dans l'espace public, iels sortaient de crissement nulle part, dans ma tête - jusqu'à ce que je comprenne que plusieurs d'entre elleux sortaient du camp ennemi.

    C'est correct que des gens trahissent le camp des pas fin-e-s et deviennent des personnes à peu près décentes. La question que je me pose, c'est pourquoi et comment. Pourquoi ça leur a pris autant de temps avant de décrocher?

    Comment ça se fait que c'est aussi facile pour elleux de monter les échelons, alors que ma gang - parmi laquelle se trouvent des écrivain-e-s et poètes/poétesses inconnu-e-s qui ont écrit des textes sublimes et des intellos brillant-e-s - tirent encore le diable par la queue?

    Quel réseau les a mené-e-s là? Celui qu'iels se sont constitué dans leur collège privé d'élite? Celui, un peu usé, du Parti Libéral du Québec?

    Et surtout: pour le bénéfice de qui.

    ***

    Pour conclure, lorsque j'ai appris, il y a quelques années, qu'Émilie Nicolas avait déjà milité au PLQ, ça m'a un peu perturbé-e. Je lui ai demandé si, au moment du #PrintempsÉrable, elle militait encore aux côtés de Jean Charest.

    Elle a dit non.

    Je lui ai demandé si ça lui tentait de raconter ce qui s'est passé dans sa tête au moment où elle a décroché. Elle a dit qu'elle le ferait, un jour.

  5. #vendredilecture avec « Le Chomor », deuxième roman de #MartinMongin après « Francis Rissin » (que j’ai lu en avril). C’est au plein milieu du premier chapitre que la propriétaire de la librairie « La fleur du rocher » remet au protagoniste un livre qui va lui ramener son histoire d’enfance en mémoire, et miraculeusement c’est le même dont cette histoire de rochers et marées tout au long du chapitre m’avait déjà vaguement rappelé : « Les travailleurs de la mer » de #VictorHugo (que j’ai lu il y a 40 ans). Du coup je les (re-)lirai en parallèle, tout le week-end au-delà de ce vendredi puisque ça vient de doubler carrément de volume, 1200 pages au total… 1/2

  6. Vous la voyez l'araignée-crabe planquée sur une fleur de coréopsis ?
    #mimétisme

  7. Vous la voyez l'araignée-crabe planquée sur une fleur de coréopsis ?
    #mimétisme

  8. Vous la voyez l'araignée-crabe planquée sur une fleur de coréopsis ?
    #mimétisme

  9. Bon, gros événement de la journée : les rubinettes sont en pleine fleur 🌼

    #FleurisTonMur

  10. Les Indémodables – Oranger Sirocco

    De cet arbre méridional, nous ne voyons ici ni les fruits ni les feuilles mais la fleur rayonnante dépeinte de manière particulièrement figurative. Riches, suaves et entêtantes, ses effluves semblent portées par un rayon de lumière dorée. Lorsque le vent du Sud se calme un peu, de la cannelle se fait sentir, copeaux trop bruts pour être directement alimentaires mais ajoutant une profondeur épicée à ce joli tableau sans évolution notable dans le temps.

    #parfum

  11. 💖Voici un autre magnifique bracelet que je fabrique à la main avec beaucoup d’Amour
    Je le trouve tellement beau avec son style Sakura - Fleur de Cerisier 😍 Comment le trouvez-vous?

    Vous aimez mes créations? N’hésitez surtout pas à regarder toute ma Collection Exclusive bijouteriebrillance.com/shop/b

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    #Bijoux #Bracelet #Bijou #Cadeau #Gift #FaitalaMain #achatlocalqc #AchatLocal #Handmade #supportlocalbusiness #FaitauQuebec #MadeInCanada

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    #Bijoux #Bracelet #Bijou #Cadeau #Gift #FaitalaMain #achatlocalqc #AchatLocal #Handmade #supportlocalbusiness #FaitauQuebec #MadeInCanada

  13. 💖Voici un autre magnifique bracelet que je fabrique à la main avec beaucoup d’Amour
    Je le trouve tellement beau avec son style Sakura - Fleur de Cerisier 😍 Comment le trouvez-vous?

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  14. 💖Voici un autre magnifique bracelet que je fabrique à la main avec beaucoup d’Amour
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  15. @I_Choose_Exile On the same note, I saw this candy in a Japanese market.

    男梅キャンディ literally translates as "Man Plum Candy."

    The price tag calls them Otokoume Nodoame. Nodoame is hard candy, but it literally translates as "Throat Candy." (Otokoume is "Man Plum," so "Man Plum Throat Candy")

    And those mascots... They're pickled plums, but they look...😅

    Oh, and they're salty...

    Yeah, I had a field day with this.😅

    #NotSexual #HashItOut #HashtagGame

    #Multilingual #Joke #Innuendo #Japanese

  16. @I_Choose_Exile On the same note, I saw this candy in a Japanese market.

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    Yeah, I had a field day with this.😅

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  17. @I_Choose_Exile On the same note, I saw this candy in a Japanese market.

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  18. @I_Choose_Exile On the same note, I saw this candy in a Japanese market.

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    And those mascots... They're pickled plums, but they look...😅

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