#texte — Public Fediverse posts
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#Texte, die ich liebe.
"Nadel und Stein V" von Äste.Ein Stein,
ein weicher Stein.
Eine Nadel.
Ich drücke die Nadel in den Stein,
doch ist er nicht weich.
Aber die Nadel steckt jetzt tief.
Meine Beine,
bewege meine Beine.
Wenn ich sie nicht mehr spüre,
löse ich mich auf.
Warm,
dunkel und weich.
Unendlich weich.
Und tief.
Unendlich tief
in mich hinein.
Ich bin die Nadel,
ich bin der Stein.
Ich bin die Nadel,
ich bin der Stein. -
Anthropics Kernbotschaft: Das Wasserzeichen lässt sich in mit Claude erstellten Texten kaum entfernen. Statt Zufall entscheidet ein kryptografischer Schlüssel über die Wortwahl – ein Muster, das sich zuverlässig nachweisen lässt. Erst wer praktisch jedes einzelne Wort ersetzt, wird es wieder los. #Claude #Texte #Wasserzeichen #Anthropic https://www.golem.de/news/umsetzung-der-eu-vorgaben-claudes-wasserzeichen-laesst-sich-kaum-entfernen-2608-211982.html?utm_source=nl.2026-08-17.html
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🤖 Claude va désormais ajouter un filigrane invisible à ses textes générés par IA
👉 https://www.justgeek.fr/claude-filigrane-invisible-textes-156741/
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RE: https://norden.social/@kielkontrovers/117058445942604276
Ich finde, dann sollte neben jeder KI-generierten Rede auch der dazugehörige Prompt veröffentlicht werden, damit wir wissen, was die Politiker*innen, Ministerien, Behörden usw. uns 𝘦𝘪𝘨𝘦𝘯𝘵𝘭𝘪𝘤𝘩 mitteilen wollten.
#ki #ai #genai #llm #politik #Verwaltung #behörden #texte #reden #SchleswigHolstein #Landesregierung #prompt #promptEngineering #ifg #transparenz
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Von Yu: Else Fanta-Bergmann _Erinnerung für F[ranz] K[afka]… _Gebet am Grabe Kafkas
#Artikel #Bluesky #ElseFantaBergmann #Erinnerung #FranzKafka #Gebet #Grab #Photographie #Texte #Yu -
AU TEMPS DU N'iMPORTE QUOi
Le feuilleton passionnant drôle et intrigant qu'il faut lire pour le plaisir !https://www.wattpad.com/story/402444014-au-temps-du-n%27importe-quoi
#Feuilleton #Wattpad #lire
#AuTempsDuNimporteQuoi
#Lecture #Ecriture #texte
#Jack #JayLight #John
#Nostya #Television
#Emissions #Talk
#variétés #Killer
#Fantome #kill
#Peuple #yes
#Jeux #fun
#Norman
#Drole
#TV
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RE: https://nfdi.social/@nfdi4objects/116838127153488249
Update: Es sind nur noch wenige Plätze frei. Montag ist Anmeldeschluss.
Für alle, die (wissenschaftliche) #Texte schreiben wollen. Eine gründliche Einführung in #Quarto und #Markdown von @hermes_datenkompetenzzentrum gemeinsam mit @nfdi4objects
Zum Abschluss stelle ich unsere Templates vor und zeige, dass man damit viel mehr also "nur" #OER für #FDM erstellen kann.
#NFDI #NFDIrocks #OpenScience -
138.2026: EgalUnd ja, das tut mir, ich tu mir wirklich leid.
Wierdereinmal liegen hier verscheidenen Anfänge von/zu Texten herum. Mehrere. Aber: Völlig unabhängig vom Anfangsthema lande ich unweigerlich bei Hitze, Schweiß, Unwohlsein oder sogar Klimawandel/Klimakatastrophe. Wenn ich das feststellte/bemerkte […]
#Anfänge #Hitze #Konzentration #Problem #Schreiben #Texte #Thema #unangenehm https://deremil.blogda.ch/2026/06/23/138-egal/ -
DOMMAGE QUE L'ÉCRITURE SOIT SI LIMITÉE SUR @Mastodon !!!
Ça rappelle l'époque où on devait toujours faire attention à nos sms !
#Mastodon #Texte #ecriture
#Limitation #limitee #words
#writing #frustration #court -
Die Frage, ob so mancher #Politiker seine eigenen Reden und Gastbeiträge tatsächlich selbst verfasst, beschäftigt die deutsche Öffentlichkeit zunehmend, seitdem kürzlich mehrere Personen in die Kritik gerieten, weil ihre #Texte erkennbar von #KI-Systemen stammen.
Das wiederum wirft eine ganz praktische Frage auf, die künftig immer mehr Menschen interessieren dürfte, nämlich woran sich solche Texte überhaupt erkennen lassen - und hierfür gibt es einige klare Merkmale:
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Warum hyped #KI so? Weil sie #bequem ist, scheinbar empowered und #Spaß macht.
— #Kochrezepte nach meinen Zutaten und Vorlieben.
— #Coden, ohne es zu können
— #Gedichte schreiben ohne Talent
— #Texte ohne Wissen und Bildung
— #Ideen ohne #Phantasie
— Nichts können müssen und keine Fachleute brauchen
— Keine #Rücksicht, kein #WartenAI ist #Pop. Solange sie das bleibt und perfektioniert, wird sie auch nicht irgendwann als Blase platzen.
Nur durch extremeren Pop abgelöst.Meine #Meinung
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Im aktuellen Newsletter der @rosalux_nds findet Ihr unsere #Veranstaltungen (in #Niedersachsen und online) in den nächsten Wochen und Monaten, sowie Hinweise auf spannende linke #Podcasts und #texte
Themen sind u.a. #antifaschismus, #wm2026, #socialmedia, #sozialstaat, #migration und die #gesellschaftderVielen -
Ah, les détecteurs de textes générés par IA...
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AVIS DE PARUTION : Poèm'oracles
47 poèmes en collages couleur
52 pages agrafées
chaque exemplaire signé et numéroté
imprimé sur papier recycléRecyclage de la matière-mots qui s'étale sur les pages des magazines, des journaux. Extraits avec douceur aux ciseaux et laissés libres de se réassembler comme ils le veulent ‒ ou presque ‒ sous la houlette à colle de la sibylle.
En savoir + : http://cathygarcia.hautetfort.com/archive/2026/06/14/avis-de-parution-poem-oracles-6598653.html
#livre #poesie #collage #poete #cathygarciacanales #cutup #avisdeparution #texte #nouvelleparution
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le ventre est ici
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les veines s’écoulent
les dents découpentle corps est une faim
c’est aussi faux de dire
j’ai peur que de direj’ai un corps
et si je dis
j’ai mal j’ai froidc’est pour éteindre la peau
la braise bleuele sang le bruit la nuit
c’est pour oublier
c’est pour endormirc’est pour mourir un peu
mais ça sert à rien
la faim est une veilleuse
il y a un végétal – quand tu dors
un souffle
qui pour respirer et transpirern’a pas besoin de toi
et une vie passe dans la vie
la vie secrète la couleur invisible
sous la peaule sang circule sans frontières
ça se tisse dans l’ombre
un réseau clandestin
de résistanceles racines de la peau en fleurs
le ventre est ici
et le bruit de nos entrailles est béni
comme le masque à l’envers
du visagecomme la bouche qui parle
à l’intérieurde la terreur de la terre
de l’intérêt de vivrele sang n’est pas un poison
la chair n’est pas une prisonla figure ne figure pas
nous monstronsune faim inhumaine
une soif inhumaine
une peur inhumaine
un désir inhumainet pour le corps
tout est permis-
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🔸Lettre encyclique « L’humanité magnifique » du Léon XIV sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle (texte intégral)
https://static.bayard.io/la-croix.com/cue/download/Lettre-encyclique-MAGNIFICA-HUMANITAS-du-Saint-Pere-Leon-XIV.pdf
#humanité #IA #intelligence_artificielle #pape #encyclique #texte #LéonXIV #doctrinesocilae #société #démocratie #travail #marchandisation #économie #liberté #pouvoir #numérique #civilisation #religion -
💬 Das Ende der Wahrheit - KI täuscht uns alle
Dieser Pressetext wurde, passend zum Thema der neuen Dok1, zu 100% von Künstlicher Intelligenz verfasst: Künstliche Intelligenz (KI) hat sich längst in unseren Alltag geschlichen: Sie generiert #Bilder, verfasst #Texte, komponiert #Musik und imitiert #Stimmen - täuschend echt.
Doch mit welchen Konsequenzen für unsere Gesellschaft?
https://www.ardmediathek.de/video/Y3JpZDovL2JyLmRlL2Jyb2FkY2FzdC9GMjAyNVdPMDA4ODIxQTADirekt zum Video:
https://cdn-storage.br.de/68/3c/683cb8a3-7b1b-4041-b1c9-3699f5ad62fc/683cb8a3-7b1b-4041-b1c9-3699f5ad62fc_HD.mp4 -
J'en appelle à la culture du fediverse ! Je passe un jury dans un an dans le cadre d'une formation continue en déclamation, et mon sujet sera l'amour entre hommes. Je dois faire une représentation de 20 à 30mn avec des textes variés sur le sujet (mais pas de texte explicite, il y aura des mineurs dans la salle). Il me faut des textes d'époques différentes, d'auteurices différents, des textes en prose et des textes en vers. Si vous avez des idées, des textes que vous aimez bien, et qui rentrent dans le sujet, je suis preneur des références.
Et oui, ça semble être un peu tôt pour prévoir ça, mais un an ça passe vite pour tout lire, sélectionner, adapter, mettre en scène, fabriquer les accessoires et les costumes, etc.
Merci à tout le monde !
Le boost transforme un homophobe en licorne aux ailes arc-en-ciel.
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Suite à la démission suicidairement spectaculaire et distinctivement discutable de #ClémentineMélois de l'#OuLiPo, on en parle beaucoup.
#AnneFGarreta, membre non-excusée et néanmoins en retrait, outre la question de la place des #femmes, explique que pour elle le paradigme sur lequel était fondé l'OuLiPo, en lien avec le déterminisme dans la production de #texte, est rendu caduc notamment par celui, probabiliste, de l'#intelligenceArtificielle.
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→ L’#université à l’épreuve des #machines
https://aoc.media/analyse/2026/05/12/luniversite-a-lepreuve-des-machines/« Certaines [des] formes les plus exigeantes – dissertation, khôlle, soutenance, oral de concours – ont longtemps reposé sur une intuition simple : un #texte ne suffit pas, encore faut-il qu’un #sujet en réponde. […] L’intérêt de ces traditions n’est […] pas de fournir un refuge nostalgique. Il est de rappeler qu’une #épreuve #intellectuelle est d’abord un #dispositif de mise en responsabilité. »
Je ne peux qu'abonder…
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Voraussichtlich ab dem 02.08.2026 tritt die neue Verordnung (EU) 2024/1689 – häufig KI-VO oder AI Act genannt – weitgehend in Kraft. Damit kommen unter anderem Kennzeichnungspflichten für Inhalte, die durch KI erstellt oder manipuliert wurden.
https://magicmarcy.de/verwendung-von-ki-in-meinem-beitraegen
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🗃️ ARCHIVE : « Le dilemme du blogueur » (2023)
Un texte où j'explique la difficulté à faire connaître des œuvres faites avec amour, et par miroir, la facilité à capitaliser sur la colère…
▶️ https://grisebouille.net/le-dilemme-du-blogueur/
#GriseBouille #texte #blog #blogueur #buzz #badBuzz -
Chapitre 4
Quelques semaines après ton arrivée, le froid s’intensifia. Nous étions encore en pleine adaptation, chacune de nous cherchant sa place. Je ne pouvais remplacer ta mère, tu ne pouvais être ma fille. Je voyais bien, dans tes gestes et tes sursauts, dans ta façon de te rendre invisible, que tu avais encore peur de moi, et moi j’avais déjà peur pour toi. Chaque jour, je découvrais une nouvelle facette de ton courage, de ton sérieux, de nouvelles violences que tu avais subies.
Dès les premiers jours, je constatai avec effroi tout ce que tu avais à apprendre et que la plupart des enfants savaient depuis longtemps à ton âge. Tu ignorais tout des couverts, de la lessive, des toilettes, t’asseyais sur le sol dallé au lieu d’utiliser un fauteuil, grattais tes croûtes, léchais tes doigts… une petite sauvage. Patiemment, je m’attaquai à tes mauvaises habitudes, les éradiquant l’une après l’autre et bouillant de ne pouvoir te changer tout de suite.
Il me fallait aussi m’acquitter de mes fonctions, et j’étais souvent dehors. Pour te rassurer après une longue période de pénurie, je m’assurai de te laisser quantité de tisane et de gruau. Après ton copieux premier repas, tu ne mangeais plus qu’en petites quantités, la faute à ton estomac resserré par des années de malnutrition. L’hiver ne me permettait pas de t’apporter tous les fruits et légumes frais dont tu avais besoin, aussi puisais-je dans mes bocaux en sachant que la fin de l’hiver serait pénible et que dès les premiers beaux jours, il me faudrait aller cueillir les jeunes pousses pour amener de la verdure dans nos assiettes.
La seule bonne nouvelle de notre début de cohabitation fut l’éradication des poux, qui avaient succombé à l’étouffement. Après un dernier shampoing, j’égalisai ta coupe et tu perdis tes doigts dans tes cheveux soyeux, émerveillée de leur douceur. Puis, comme tu t’étais habituée à ton turban, tu me réclamas un foulard que je nouai sur ta tête pour retenir tes cheveux en arrière, comme je le faisais aussi avec les miens pour des raisons d’hygiène. Quelques mèches rebelles de tes fins cheveux d’enfant s’échappaient pendant que tu m’observais de tes yeux graves sélectionner des plantes et les mélanger pour faire des tisanes, des cataplasmes, des bâtons de fumigation.
L’arrivée de l’hiver te rendit nerveuse. La pluie se faisait plus froide et, le matin, nous trouvions une fine pellicule de gel dans le tonneau d’eau que je gardais dehors. Je devinais la cause de ton anxiété : être jetée dehors l’été t’avait laissé peu de chances de survie, mais à cette période de l’année, c’était la mort assurée. Si j’estimais qu’il était encore trop tôt pour t’apprendre à lire et écrire, ton comportement général étant encore trop sauvage, je pouvais néanmoins te donner l’illusion de m’être indispensable.
« Dis-moi, petite, fis-je alors que tu étais dans un de tes séances d’observation silencieuse, le visage grave et les sourcils froncés d’inquiétude, aurais-tu la gentillesse d’aller me chercher des plantes que j’ai oubliées ? Je ne peux pas m’arrêter de les réduire en poudre maintenant. »
Ton large sourire confirma mes soupçons. Je te guidai vers un bocal contenant de la stevia. Comme la plupart de mes plantes médicinales, je cultivais ces plants à divers endroits disséminés dans la forêt. Les animaux ne savaient rien de mes cultures et quelques enfants plus téméraires que les autres me volaient quelquefois des plantes. La prudence exigeait de ne pas toutes les conserver au même endroit. Je gardais les plus dangereuses à l’abri d’amas de ronces ou les cultivais à proximité de la cabane.
J’ajoutais quelquefois la stevia pour mes jeunes malades, pour le plaisir du goût sucré. La plante n’était pas du tout utile à ma préparation, que je destinais à un vieillard pour une infection urinaire, mais était sans danger et suffisamment peu courante pour te donner l’illusion de son efficacité. Il faudrait faire attention, toutefois : depuis que j’avais engagé toutes mes ressources dans mon éducation, et qu’il m’en faudrait encore plus pour la tienne, je n’achetais plus de sucre et la stevia se faisait encore plus précieuse.
« Merci, petite, tu m’as été d’un grand secours. C’est tellement difficile de faire ce travail seule, vois-tu, que j’aurai fort besoin d’une aide, surtout pendant l’hiver. Il y a si peu de lumière et tellement de malades, tellement de potions à préparer, mais comment vais-je faire pour tenir la cabane au chaud ? Jamais je ne pourrai entretenir le feu alors que je suis si souvent appelée au village… Comment vais-je faire ? », répétai-je d’un ton désespéré.
« Je fais le feu, moi.
— Vraiment, ferais-tu cela pour moi ? Ce serait une lourde responsabilité, t’en crois-tu capable ?
— Oui, je te promets, il y aura un bon feu, tous les jours. Il fera chaud, les poules sera heureuses.
— Alors tu es un ange qui m’est tombé du ciel pour me venir en aide. Je ne saurais comment te remercier, tant ce feu m’est nécessaire. Que veux-tu en échange de cette grande responsabilité ? »
Comme tu secouais la tête, j’insistai et tu m’avouas ton grand rêve : avoir un manteau bien chaud pour passer l’hiver. J’étais justement en train de te confectionner une épaisse cape de laine bordée de la fourrure d’un renard que j’avais abattu pendant l’été alors qu’il tournait autour de mon poulailler. Je comptais te l’offrir pour la fête du solstice. Si les bons villageois fêtaient la renaissance de leur dieu pour la Noël, les païennes que nous étions fêtions le début des jours plus longs : même si le froid n’en était qu’à ses débuts, le solstice marquait la période de l’espérance et de la foi en une nouvelle année.
« C’est beaucoup, protestai-je pour ne pas gâcher ma surprise, mais je puis te faire des moufles. »
Les moufles, je les avais déjà tricotées.
« Alors je fais du feu et tu fais des moufles. »
Dès le lendemain matin, alors que je me levais dans l’obscurité pour mes tâches matinales, je te trouvai blottie au coin du feu, endormie, les mains maculées de suie, des braises encore chaudes prouvant que tu t’étais levée au milieu de la nuit pour rallumer le feu. Je te soulevai doucement, passant tes bras encore malingres autour de mon cou, et te déposai dans mon fauteuil, où tu te lovas en boule comme un chat, resserrant mon plaid autour de toi. Tu balbutias quelques paroles dans ton sommeil et un sourire béat se dessina sur ton visage.
C’est en vain que je tentai de réprimer la bouffée de chaleur et d’amour qui m’envahit à cet instant.
Au fil des jours, tu m’illuminas de ta bonne volonté et de ta gentillesse. S’il t’arrivait encore fréquemment d’être effrayée, ce qui n’était pas surprenant après l’enfance traumatique que je t’imaginais, tu pris aussi de bonnes habitudes quant à ton hygiène et ton comportement. Peu à peu, je constatai avec un mélange de fierté et d’amusement que tu cherchais à devancer mes besoins en plantes. Tu observais mes mélanges et essayais de deviner mes demandes. Tu fronçais tes sourcils d’incompréhension quand tu te trompais et affichais une expression satisfaite lorsque tu avais raison.
Tu parlais aux poules, aussi, leur racontant en secret ce que tu apprenais lorsque tu croyais que je n’écoutais pas. Quand elles te répondaient d’un caquètement, tu poursuivais de plus belle, ajoutant de ta voix de carillon :
« Oui, c’est vrai, je dois bien parler, je dois faire attention, est-ce que tu dis que le feu commence à être moins fort ? Mais non, tu as tort, regarde comme il y a des flammes belles ! La dame dit qu’elle me donnera des moufles belles pour la fête, et toi, est-ce que tu me donneras un œuf beau ? Nous le mettrons dans le gruau, et je le partagera avec la dame parce qu’elle me donne toujours le gruau le plus bon. Peut-être que je ferai un cadeau moi aussi ? Oui, c’est vrai, elle a des sandales pas belles, je fabriquera des sandales belles et je lui donnera à la fête. J’aime quand la dame est heureuse, ça fait tout chaud dans le ventre. »
En entendant ces paroles, je reniflai bruyamment avant de marmonner quelque chose et de m’enfuir hors de la cabane, émue aux larmes. C’est alors que je vis Laurent, l’épicier du village, se diriger vers moi. Je m’inquiétai aussitôt : on ne venait me chercher que pour les urgences. Pour les maladies les plus courantes, les villageois me guettaient lors de ma tournée quotidienne.
« Qu’y a-t-il ?
— Je t’apporte ton paquet. Tu me rebats les oreilles avec ça tous les jours, alors j’ai pensé que tu voudrais l’avoir de suite.
— Un paquet, dis-tu ? »
J’attendais surtout la réponse du coven, mais je n’imaginais pas qu’ils m’enverraient… Laurent sortit de sa besace un paquet soigneusement enveloppé dans un morceau de cuir fin. Le sceau du coven, en cire bleue et composé de trois triangles entrelacés, était apposé sur la ficelle d’ortie qui le fermait. Vu le format, je savais déjà ce que le paquet contenait : le Code de la sorcellerie. Pas encore remise de ta bonté, je ne pus retenir un sourire. Si elles m’envoyaient le Code, c’est qu’elles t’acceptaient comme apprentie, ce qui te donnait un statut, une existence et des droits.
« Une bonne nouvelle ?
— Merci d’avoir faire le trajet. Reste là, je vais te donner quelque chose pour la peine. »
Je rangeai le paquet avec les autres cadeaux que j’avais prévus, le solstice étant prévu pour dans deux semaines. C’était une année si spéciale que je pouvais bien offrir à Laurent quelque chose de spécial. Ses services me seraient fort utiles à l’avenir, si je devais négocier tes besoins en plus des miens. Je sélectionnai un petit pot de miel pour les enfants et une boîte de graisse à la rose pour sa femme. Pour Laurent, je choisis un petit sachet d’une plante à fumer, légèrement euphorisante, que je gardais habituellement pour apaiser les blessés avant de les opérer.
« C’est trop, protesta-t-il, furieux des services qu’il savait que je lui demanderais en échange.
— C’est une tradition pour Noël, n’est-ce pas ? Pour ta femme et tes enfants. Ne leur dis pas d’où ça vient, ils ne t’en aimeront que plus. Celui-ci, c’est pour ta pipe, mais jamais avant de travailler, cela pourrait te rendre tout chose.
— Et combien ces présents vont-ils me coûter ?
— Rien. Ces cadeaux sont pour te remercier d’être un honnête homme qui me propose toujours d’honnêtes échanges. Je sais combien tu te démènes pour moi et je t’en suis sincèrement reconnaissante. Prends-les et ne changeons rien à notre accord, veux-tu ? »
Alors qu’il s’en allait, il marmonna suffisamment fort pour que je l’entende :
« Ça devait être une sacrément bonne nouvelle, pour que la sorcière en vienne à faire des cadeaux… »
#Campagne #Chapitre #Ecriture #Ecrivain #Enfance #Forêt #Herboristerie #Médecine #PostApocalyptique #Sorcellerie #Sororité #Texte #Transmission