#octobreves — Public Fediverse posts
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Déjà levée – peut-être vit-elle seule, peut-être que le reste de la famille dort encore –, assise dans sa cuisine, un café chaud à la main, elle se demande : « Et si tout est simultanément, s'il n'y a pas d'avant et d'après mais un unique tout concomitant, alors il se pourrait qu'en ce moment même, je suis morte depuis longtemps et, dans la brume matinale, sa bicyclette posée le long du mur de ma propriété, quelqu'un contemple ma maison en ruine et ... »
je me demande qui aurait pu être cette femme, assise seule dans sa cuisine. Je prends ma photo, récupère mon vélo et continue ma route dans la semi-obscurité.
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À un colloque d’anthropologie :
– En conclusion, nous pouvons résumer la pratique du camping dans la société capitaliste post-industrielle comme une construction romantique bourgeoise, qui en fait comme la synthèse. Au début du XXe siècle, il s’agissait essentiellement d’un loisir de riches fuyant la pollution des villes. Par la suite, cela s’est popularisé et démocratisé, avec ce que cela a impliqué de conséquences. Dans tous les cas, le contrôle sur l’environnement est toujours resté total : les campeurs croyaient retourner à la nature (nous avons déjà expliqué en détail le paradoxe nature/humain dans d’autres conférences) mais en maitrisant chaque élément et en créant un espace où tout restait sous contrôle. En cela, le camping est symbolique de toute la culture dans laquelle il baigne.
Nous avons vu par exemple comment les structures d’habitations ne pouvaient exister que dans un monde dans lequel les prédateurs ont pour la plupart été éliminés, à part les plus tenaces qui ne représentaient pas une menace, tout au plus une gêne faisant partie de l’expérience vécue. Nous avons également montré comment la dépense d’énergie et de ressources était phénoménale, juste pour garantir que les campeurs bénéficiaient de tout le confort qu’ils pouvaient trouver en ville. Et je rappelle que les infrastructures ne servaient que durant ce qu’ils appelaient la « belle saison ». Il n’est dès lors pas surprenant que cette pratique n’ait pas survécu aux bouleversements qui ont marqué la fin du capitalocène.
Pour conclure, je dirais que le camping était une réponse à la vie sédentaire, imitant le nomadisme sans le comprendre, en l’idéalisant, permettant d’une certaine façon de maintenir un modèle qu’il rejette sans pouvoir s’en détacher.
Je vous remercie pour votre attention.