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#imparfait — Public Fediverse posts

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  1. Pratiques de l’estime de soi

    Premier problème, donc, nous nous jugeons au lieu de nous analyser et de nous comprendre. Second problème: ce jugement est le plus souvent trop sévère. Qu’est-ce que juger? C’est relier un fait à une valeur. Et les valeurs des personnes ayant des problèmes d’estime de soi sont toxiques car trop élevées et trop rigides: leur désir de perfection sert à apaiser leur désir de protection.

    *

    On observe en général, lors des problèmes d’estime de soi, une occupation du terrain de nos pensées par des ruminations moroses ou défaitistes. Des pensées négatives et floues, répétitives. À l’effet doucement délabrant, mais auxquelles on ne prête pas vraiment d’intérêt. Dont on ne s’échappe que par la distraction : lire, regarder la télé, pour emplir notre esprit d’autre chose, ou d’un vide, à tout prendre moins toxique.

    *

    Une des vertus de l’amour sur les blessures de l’estime de soi, c’est qu’il nous entraîne, lorsqu’il est réciproque, évidemment, à nous décentrer. Nous ne pensons plus à nous mais à l’autre. Nous ne pensons plus à notre personne mais au couple que nous formons. L’oubli de soi par l’obsession de l’autre …

    *

    Tant que l’on n’est pas prêt à affronter éventuellement la contrariété des autres, ce n’est jamais le moment pour s’affirmer…

    Christophe André (1956 -) est médecin psychiatre dans le service Hospitalo-Universitaire de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, spécialiste de la psychologie positive.

    Christophe André dans Imparfaits, libres et heureux : Pratiques de l’estime de soi

    Une pièce musicale de Alex Nevsky – De la beauté – Même l’impossible fleurit 

    https://www.youtube.com/watch?v=pOlz6Zb_YWE

    #amour #analyser #ChristopheAndré #comprendre #contrariété #décentrer #défaitiste #désir #désirDeProtection #distraction #estimeDeSoi #Heureux #imparfait #jugement #juger #libre #médecin #morosité #obsession #oubliDeSoi #pensée #perfection #pratique #protection #psychologiePositive #répétitive #regarder #rigidité #rumination #sAffirmer #sévère #spsychiatre #toxique #valeur #vertu #vide
  2. #writever

    Elle le trouvait #imparfait...
    Néanmoins, tous ses petits actes quotidiens lui permettaient de trouver en lui les forces qui lui manquaient. Il y mettait du sien et cela la confortait dans son choix.
    Ses amies n'avaient pas toutes la même 'chance' ; certaines ployaient sous les coups, les insultes, quand d'autres subissaient outrages et trahisons.
    Elle avait somme toute une vie 'normale'.

  3. #writever

    Elle le trouvait #imparfait...
    Néanmoins, tous ses petits actes quotidiens lui permettaient de trouver en lui les forces qui lui manquaient. Il y mettait du sien et cela la confortait dans son choix.
    Ses amies n'avaient pas toutes la même 'chance' ; certaines ployaient sous les coups, les insultes, quand d'autres subissaient outrages et trahisons.
    Elle avait somme toute une vie 'normale'.

  4. IMPARFAIT
    Alternative, Rock, Crossover

    18.03.2026 | 20:00 Uhr
    Eintritt: 14€ | Ermäßigter Eintritt: 12€

    Vorverkauf: rausgegangen.de/events/imparfa

    Der Slow Club wird während des Konzerts rauchfrei sein.

    ---
    IMPARFAIT sind das Newcomerhighlight aus Frankreich und entpuppen sich dort als unverzichtbare Band der alternativen Szene. 2022 bekannt geworden als Support-Act von Bands wie Nova Twins, Ausgang, Train Fantôme, Lofofora, Sidilarsen und MassHysteria, liefern sie mit jedem Auftritt einen frischen und modernen Alternative-Rock-Sound, der sich von allen Etiketten befreit, die man ihm aufzwingen will: ungefiltert, ohne Umschweife, mit klarer Wut und einem Geschmack von Realität im Mund.

    Angeführt von einer vulkanischen Frontfrau treibt das Duo aus Prisca und Bruno den Rock an seine Grenzen. Mit ihrem einmaligen Sound, bestehend aus Rap, Metal und Alternative sowie dem Scream-Gesang von Leadsängerin Prisca hat sich die Band in Frankreich in den Live-Clubs etabliert und spielt nun 2026 Shows in ganz Europa.

    Die französische Band, deren Stil irgendwo zwischen Deftones und Nova Twins liegt, wird mit Prisca und Bruno an der Spitze den Club zum Beben bringen. Hier spricht die Bühne, und sie sagt nicht danke.

    YouTube: youtube.com/@IMPARFAITmusique

    #slowclub #ineinerwocheimclub #imparfait #freiburg #konzert

  5. IMPARFAIT
    Alternative, Rock, Crossover

    18.03.2026 | 20:00 Uhr
    Eintritt: 14€ | Ermäßigter Eintritt: 12€

    Vorverkauf: rausgegangen.de/events/imparfa

    Der Slow Club wird während des Konzerts rauchfrei sein.

    ---
    IMPARFAIT sind das Newcomerhighlight aus Frankreich und entpuppen sich dort als unverzichtbare Band der alternativen Szene. 2022 bekannt geworden als Support-Act von Bands wie Nova Twins, Ausgang, Train Fantôme, Lofofora, Sidilarsen und MassHysteria, liefern sie mit jedem Auftritt einen frischen und modernen Alternative-Rock-Sound, der sich von allen Etiketten befreit, die man ihm aufzwingen will: ungefiltert, ohne Umschweife, mit klarer Wut und einem Geschmack von Realität im Mund.

    Angeführt von einer vulkanischen Frontfrau treibt das Duo aus Prisca und Bruno den Rock an seine Grenzen. Mit ihrem einmaligen Sound, bestehend aus Rap, Metal und Alternative sowie dem Scream-Gesang von Leadsängerin Prisca hat sich die Band in Frankreich in den Live-Clubs etabliert und spielt nun 2026 Shows in ganz Europa.

    Die französische Band, deren Stil irgendwo zwischen Deftones und Nova Twins liegt, wird mit Prisca und Bruno an der Spitze den Club zum Beben bringen. Hier spricht die Bühne, und sie sagt nicht danke.

    YouTube: youtube.com/@IMPARFAITmusique

    #slowclub #ineinerwocheimclub #imparfait #freiburg #konzert

  6. Sur l’imparfait de l’indicatif

    Plan de l’article :

    I. Définition générale
    II. Emplois temporo-aspectuels
    III. Emplois modaux

    IV. Bibliographie

    I. Définition générale

    Quelles sont les valeurs de l’imparfait de l’indicatif ?

    Le terme imparfait doit d’ores et déjà s’entendre comme « incomplet » ou « inachevé », en opposition du parfait, terme de grammaire qui a pu désigner, pour le français, le passé simple et que l’on retrouve encore en grammaire anglaise, par exemple (perfect, past perfect etc.).

    C’est un tiroir verbal particulièrement riche, aux très nombreuses valeurs temporelles, modales et aspectuelles, proches, finalement, du présent de l’indicatif.

    On désigne ainsi parfois l’imparfait sous le terme de « présent du passé », si ce n’est que son point d’ancrage, plutôt que d’être lié au moment de l’énonciation, est situé dans le passé. Il y a cependant une continuité patente entre ces formes, qui autorisent des commentaires croisés. Généralement et de prime abord, l’imparfait s’interprète en relation avec un autre événement, avec lequel il est en rupture :

    (1) J’observais les étoiles quand je l’entendis.
    (2) Il sort, alors que je l’attendais.

    Cette rupture implique que l’action à l’imparfait n’envisage pas ses limites : on parle ainsi d’aspect sécant, qui s’oppose par exemple à l’aspect global du passé simple, qui dénote une action ayant un début et une fin (2). Cela explique dès lors que l’on trouve souvent l’imparfait avec des verbes dits « imperfectifs », terme de la même famille étymologique que « imparfait », qui n’impliquent pas de finalité à leur action :

    (3) Nous vivions sous la menace.

    Dans le cas contraire, l’imparfait estompe au contraire cette finalité, en donnant l’impression qu’une action d’ordinaire brève se prolonge indûment au-delà de ses bornes naturelles :

    (4) Il sortait.

    Il peut cependant se combiner à des repères temporels (5) ou à des successions chronologiques (6). Ces actions sont prises en relation avec un repère temporel unique, ce qui donne alors un effet d’incomplétude.

    (5) Depuis deux jours, il pleuvait.
    (6) Il se couchait, se redressait, puis frappait.

    En ce sens, l’imparfait est dit comme envisageant l’action du verbe « de l’intérieur », en et par lui-même, et non en relation avec l’environnement. Il autorise en ce sens une progression textuelle spécifique, ce qui en fait souvent un acteur de premier plan de la cohérence textuelle. Cette incomplétude caractéristique autorise enfin l’imparfait à se mouler dans un grand nombre de contextes et ses valeurs, tant temporelles que modales, découlent directement de cette propriété fondamentale.

    II. Emplois temporo-aspectuels

    Comme évoqué précédemment, les emplois temporels de l’imparfait le rendent propices à la description d’événements « de second plan », notamment au regard du passé simple qui fixe le repère temporel primordial.

    (7) Le soleil brillait. Jean se leva alors…

    L’imparfait évite ainsi de créer une fin nette à son action, et propose plutôt une fin ouverte, « comme le dernier écho d’une symphonie qui s’éloigne » pour reprendre une célèbre phrase de Flaubert. On reste sur une impression d’inachevé, au regard du passé simple. Conséquemment, il se prête assez bien à un emploi itératif ou « d’habitude », d’actions qui se répètent un nombre indéterminé de fois :

    (8) Tous les jours, il lisait.

    Au contraire, et du fait de cette saisie de l’action « de l’intérieur », on peut également trouver un emploi plus narratif, lié à un repère temporel précis. L’action est ainsi saisie dans son déroulement et sa longueur, de façon continue. Une comparaison avec le passé simple le fait voir :

    (9a) Le 1er septembre, l’Allemagne envahit la Pologne.
    (9b) Le 1er septembre, l’Allemagne envahissait la Pologne.

    L’imparfait allonge décisivement l’effet de sens, au regard du passé simple qui détermine quant à lui une action commencée et achevée dans un même élan. Comme c’est là une propriété partagée par le présent, on trouvera l’imparfait dans le cadre de la transposition au discours indirect :

    (10a) Jean demanda : « Es-tu rêveur ? »
    (10b) Jean demanda si j’étais rêveur.

    On citera enfin les emplois dits « hypochoristiques », qui imite un parler enfantin. En association avec la troisième personne, l’imparfait rejette alors fictivement l’événement dans le passé pour en atténuer la force.

    (11) Alors, on n’était pas sage ?

    III. Emplois modaux

    Comme l’imparfait exige d’envisager l’action « de l’intérieur », il est possible de l’envisager comme virtuelle, et donc ouverte à toutes les perspectives : incomplète par nature, elle peut s’arrêter, s’infléchir ou s’interrompre. C’est la raison pour laquelle on la trouve souvent dans les systèmes hypothétiques, par exemple en lien avec le conditionnel :

    (12) S’il avait de l’argent, il achèterait une maison.

    On le trouve également dans l’imparfait dit « contrefactuel », ou « d’imminence contrecarrée » : l’événement se serait produit si les conditions idoines avaient été réunies.

    (13) Un instant de plus, et on y passait.

    Mais on l’emploie aussi pour exprimer le souhait (« Si j’étais riche ! »), la perspective (« Et s’il avait raison ? »), le regret (« Si j’avais su ! »), etc. Ces emplois modaux sont des conséquences attendues des propriétés temporo-aspectuelles de l’imparfait, que nous avons présentées précédemment.

    L’imparfait est, avec le présent de l’indicatif, sans doute le tiroir verbal du français le plus polyfonctionnel.Tout comme le présent, il se prête à diverses interprétations en fonction du contexte et se moule ainsi aisément dans des énoncés divers. On retiendra cependant et surtout sa valeur d’incomplétude, d' »imperfection », et le fait qu’il saisisse le procès « de l’intérieur », en et par lui-même, de façon continue mais inachevée, prompte à être interrompue, modifiée ou infléchie.

    IV. Bibliographie

    Parmi les références que nous pouvons donner :

    • On donnera un ouvrage collectif de E. Labeau et P. Larrivée (2005), Nouveaux développements de l’imparfait, qui récapitule beaucoup d’éléments sur ce tiroir verbal.
    • J. Bres (2005) a produit un ouvrage dédié à L’imparfait dit narratif, dont l’apparition en langue n’est pas sans difficultés, et qui a nombre de subtilités à identifier.
    • Enfin, Berthonneau & Kleiber (1993) proposent dans cet article une théorie nouvelle sur son analyse, qui demeure malgré son âge très stimulante pour la compréhension de l’imparfait.

    Site sous licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0) : partage autorisé, sous couvert de citation et d’attribution de la source originale. Modification et utilisation commerciale formellement interdites (lien)

    #grammaire #imparfait #MathieuGoux #mode #Sémantique #temps #verbe

  7. Sur l’imparfait de l’indicatif

    Plan de l’article :

    I. Définition générale
    II. Emplois temporo-aspectuels
    III. Emplois modaux

    IV. Bibliographie

    I. Définition générale

    Quelles sont les valeurs de l’imparfait de l’indicatif ?

    Le terme imparfait doit d’ores et déjà s’entendre comme « incomplet » ou « inachevé », en opposition du parfait, terme de grammaire qui a pu désigner, pour le français, le passé simple et que l’on retrouve encore en grammaire anglaise, par exemple (perfect, past perfect etc.).

    C’est un tiroir verbal particulièrement riche, aux très nombreuses valeurs temporelles, modales et aspectuelles, proches, finalement, du présent de l’indicatif.

    On désigne ainsi parfois l’imparfait sous le terme de « présent du passé », si ce n’est que son point d’ancrage, plutôt que d’être lié au moment de l’énonciation, est situé dans le passé. Il y a cependant une continuité patente entre ces formes, qui autorisent des commentaires croisés. Généralement et de prime abord, l’imparfait s’interprète en relation avec un autre événement, avec lequel il est en rupture :

    (1) J’observais les étoiles quand je l’entendis.
    (2) Il sort, alors que je l’attendais.

    Cette rupture implique que l’action à l’imparfait n’envisage pas ses limites : on parle ainsi d’aspect sécant, qui s’oppose par exemple à l’aspect global du passé simple, qui dénote une action ayant un début et une fin (2). Cela explique dès lors que l’on trouve souvent l’imparfait avec des verbes dits « imperfectifs », terme de la même famille étymologique que « imparfait », qui n’impliquent pas de finalité à leur action :

    (3) Nous vivions sous la menace.

    Dans le cas contraire, l’imparfait estompe au contraire cette finalité, en donnant l’impression qu’une action d’ordinaire brève se prolonge indûment au-delà de ses bornes naturelles :

    (4) Il sortait.

    Il peut cependant se combiner à des repères temporels (5) ou à des successions chronologiques (6). Ces actions sont prises en relation avec un repère temporel unique, ce qui donne alors un effet d’incomplétude.

    (5) Depuis deux jours, il pleuvait.
    (6) Il se couchait, se redressait, puis frappait.

    En ce sens, l’imparfait est dit comme envisageant l’action du verbe « de l’intérieur », en et par lui-même, et non en relation avec l’environnement. Il autorise en ce sens une progression textuelle spécifique, ce qui en fait souvent un acteur de premier plan de la cohérence textuelle. Cette incomplétude caractéristique autorise enfin l’imparfait à se mouler dans un grand nombre de contextes et ses valeurs, tant temporelles que modales, découlent directement de cette propriété fondamentale.

    II. Emplois temporo-aspectuels

    Comme évoqué précédemment, les emplois temporels de l’imparfait le rendent propices à la description d’événements « de second plan », notamment au regard du passé simple qui fixe le repère temporel primordial.

    (7) Le soleil brillait. Jean se leva alors…

    L’imparfait évite ainsi de créer une fin nette à son action, et propose plutôt une fin ouverte, « comme le dernier écho d’une symphonie qui s’éloigne » pour reprendre une célèbre phrase de Flaubert. On reste sur une impression d’inachevé, au regard du passé simple. Conséquemment, il se prête assez bien à un emploi itératif ou « d’habitude », d’actions qui se répètent un nombre indéterminé de fois :

    (8) Tous les jours, il lisait.

    Au contraire, et du fait de cette saisie de l’action « de l’intérieur », on peut également trouver un emploi plus narratif, lié à un repère temporel précis. L’action est ainsi saisie dans son déroulement et sa longueur, de façon continue. Une comparaison avec le passé simple le fait voir :

    (9a) Le 1er septembre, l’Allemagne envahit la Pologne.
    (9b) Le 1er septembre, l’Allemagne envahissait la Pologne.

    L’imparfait allonge décisivement l’effet de sens, au regard du passé simple qui détermine quant à lui une action commencée et achevée dans un même élan. Comme c’est là une propriété partagée par le présent, on trouvera l’imparfait dans le cadre de la transposition au discours indirect :

    (10a) Jean demanda : « Es-tu rêveur ? »
    (10b) Jean demanda si j’étais rêveur.

    On citera enfin les emplois dits « hypochoristiques », qui imite un parler enfantin. En association avec la troisième personne, l’imparfait rejette alors fictivement l’événement dans le passé pour en atténuer la force.

    (11) Alors, on n’était pas sage ?

    III. Emplois modaux

    Comme l’imparfait exige d’envisager l’action « de l’intérieur », il est possible de l’envisager comme virtuelle, et donc ouverte à toutes les perspectives : incomplète par nature, elle peut s’arrêter, s’infléchir ou s’interrompre. C’est la raison pour laquelle on la trouve souvent dans les systèmes hypothétiques, par exemple en lien avec le conditionnel :

    (12) S’il avait de l’argent, il achèterait une maison.

    On le trouve également dans l’imparfait dit « contrefactuel », ou « d’imminence contrecarrée » : l’événement se serait produit si les conditions idoines avaient été réunies.

    (13) Un instant de plus, et on y passait.

    Mais on l’emploie aussi pour exprimer le souhait (« Si j’étais riche ! »), la perspective (« Et s’il avait raison ? »), le regret (« Si j’avais su ! »), etc. Ces emplois modaux sont des conséquences attendues des propriétés temporo-aspectuelles de l’imparfait, que nous avons présentées précédemment.

    L’imparfait est, avec le présent de l’indicatif, sans doute le tiroir verbal du français le plus polyfonctionnel.Tout comme le présent, il se prête à diverses interprétations en fonction du contexte et se moule ainsi aisément dans des énoncés divers. On retiendra cependant et surtout sa valeur d’incomplétude, d' »imperfection », et le fait qu’il saisisse le procès « de l’intérieur », en et par lui-même, de façon continue mais inachevée, prompte à être interrompue, modifiée ou infléchie.

    IV. Bibliographie

    Parmi les références que nous pouvons donner :

    • On donnera un ouvrage collectif de E. Labeau et P. Larrivée (2005), Nouveaux développements de l’imparfait, qui récapitule beaucoup d’éléments sur ce tiroir verbal.
    • J. Bres (2005) a produit un ouvrage dédié à L’imparfait dit narratif, dont l’apparition en langue n’est pas sans difficultés, et qui a nombre de subtilités à identifier.
    • Enfin, Berthonneau & Kleiber (1993) proposent dans cet article une théorie nouvelle sur son analyse, qui demeure malgré son âge très stimulante pour la compréhension de l’imparfait.

    Site sous licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0) : partage autorisé, sous couvert de citation et d’attribution de la source originale. Modification et utilisation commerciale formellement interdites (lien)

    #grammaire #imparfait #MathieuGoux #mode #Sémantique #temps #verbe

  8. Sur l’imparfait de l’indicatif

    Plan de l’article :

    I. Définition générale
    II. Emplois temporo-aspectuels
    III. Emplois modaux

    IV. Bibliographie

    I. Définition générale

    Quelles sont les valeurs de l’imparfait de l’indicatif ?

    Le terme imparfait doit d’ores et déjà s’entendre comme « incomplet » ou « inachevé », en opposition du parfait, terme de grammaire qui a pu désigner, pour le français, le passé simple et que l’on retrouve encore en grammaire anglaise, par exemple (perfect, past perfect etc.).

    C’est un tiroir verbal particulièrement riche, aux très nombreuses valeurs temporelles, modales et aspectuelles, proches, finalement, du présent de l’indicatif.

    On désigne ainsi parfois l’imparfait sous le terme de « présent du passé », si ce n’est que son point d’ancrage, plutôt que d’être lié au moment de l’énonciation, est situé dans le passé. Il y a cependant une continuité patente entre ces formes, qui autorisent des commentaires croisés. Généralement et de prime abord, l’imparfait s’interprète en relation avec un autre événement, avec lequel il est en rupture :

    (1) J’observais les étoiles quand je l’entendis.
    (2) Il sort, alors que je l’attendais.

    Cette rupture implique que l’action à l’imparfait n’envisage pas ses limites : on parle ainsi d’aspect sécant, qui s’oppose par exemple à l’aspect global du passé simple, qui dénote une action ayant un début et une fin (2). Cela explique dès lors que l’on trouve souvent l’imparfait avec des verbes dits « imperfectifs », terme de la même famille étymologique que « imparfait », qui n’impliquent pas de finalité à leur action :

    (3) Nous vivions sous la menace.

    Dans le cas contraire, l’imparfait estompe au contraire cette finalité, en donnant l’impression qu’une action d’ordinaire brève se prolonge indûment au-delà de ses bornes naturelles :

    (4) Il sortait.

    Il peut cependant se combiner à des repères temporels (5) ou à des successions chronologiques (6). Ces actions sont prises en relation avec un repère temporel unique, ce qui donne alors un effet d’incomplétude.

    (5) Depuis deux jours, il pleuvait.
    (6) Il se couchait, se redressait, puis frappait.

    En ce sens, l’imparfait est dit comme envisageant l’action du verbe « de l’intérieur », en et par lui-même, et non en relation avec l’environnement. Il autorise en ce sens une progression textuelle spécifique, ce qui en fait souvent un acteur de premier plan de la cohérence textuelle. Cette incomplétude caractéristique autorise enfin l’imparfait à se mouler dans un grand nombre de contextes et ses valeurs, tant temporelles que modales, découlent directement de cette propriété fondamentale.

    II. Emplois temporo-aspectuels

    Comme évoqué précédemment, les emplois temporels de l’imparfait le rendent propices à la description d’événements « de second plan », notamment au regard du passé simple qui fixe le repère temporel primordial.

    (7) Le soleil brillait. Jean se leva alors…

    L’imparfait évite ainsi de créer une fin nette à son action, et propose plutôt une fin ouverte, « comme le dernier écho d’une symphonie qui s’éloigne » pour reprendre une célèbre phrase de Flaubert. On reste sur une impression d’inachevé, au regard du passé simple. Conséquemment, il se prête assez bien à un emploi itératif ou « d’habitude », d’actions qui se répètent un nombre indéterminé de fois :

    (8) Tous les jours, il lisait.

    Au contraire, et du fait de cette saisie de l’action « de l’intérieur », on peut également trouver un emploi plus narratif, lié à un repère temporel précis. L’action est ainsi saisie dans son déroulement et sa longueur, de façon continue. Une comparaison avec le passé simple le fait voir :

    (9a) Le 1er septembre, l’Allemagne envahit la Pologne.
    (9b) Le 1er septembre, l’Allemagne envahissait la Pologne.

    L’imparfait allonge décisivement l’effet de sens, au regard du passé simple qui détermine quant à lui une action commencée et achevée dans un même élan. Comme c’est là une propriété partagée par le présent, on trouvera l’imparfait dans le cadre de la transposition au discours indirect :

    (10a) Jean demanda : « Es-tu rêveur ? »
    (10b) Jean demanda si j’étais rêveur.

    On citera enfin les emplois dits « hypochoristiques », qui imite un parler enfantin. En association avec la troisième personne, l’imparfait rejette alors fictivement l’événement dans le passé pour en atténuer la force.

    (11) Alors, on n’était pas sage ?

    III. Emplois modaux

    Comme l’imparfait exige d’envisager l’action « de l’intérieur », il est possible de l’envisager comme virtuelle, et donc ouverte à toutes les perspectives : incomplète par nature, elle peut s’arrêter, s’infléchir ou s’interrompre. C’est la raison pour laquelle on la trouve souvent dans les systèmes hypothétiques, par exemple en lien avec le conditionnel :

    (12) S’il avait de l’argent, il achèterait une maison.

    On le trouve également dans l’imparfait dit « contrefactuel », ou « d’imminence contrecarrée » : l’événement se serait produit si les conditions idoines avaient été réunies.

    (13) Un instant de plus, et on y passait.

    Mais on l’emploie aussi pour exprimer le souhait (« Si j’étais riche ! »), la perspective (« Et s’il avait raison ? »), le regret (« Si j’avais su ! »), etc. Ces emplois modaux sont des conséquences attendues des propriétés temporo-aspectuelles de l’imparfait, que nous avons présentées précédemment.

    L’imparfait est, avec le présent de l’indicatif, sans doute le tiroir verbal du français le plus polyfonctionnel.Tout comme le présent, il se prête à diverses interprétations en fonction du contexte et se moule ainsi aisément dans des énoncés divers. On retiendra cependant et surtout sa valeur d’incomplétude, d' »imperfection », et le fait qu’il saisisse le procès « de l’intérieur », en et par lui-même, de façon continue mais inachevée, prompte à être interrompue, modifiée ou infléchie.

    IV. Bibliographie

    Parmi les références que nous pouvons donner :

    • On donnera un ouvrage collectif de E. Labeau et P. Larrivée (2005), Nouveaux développements de l’imparfait, qui récapitule beaucoup d’éléments sur ce tiroir verbal.
    • J. Bres (2005) a produit un ouvrage dédié à L’imparfait dit narratif, dont l’apparition en langue n’est pas sans difficultés, et qui a nombre de subtilités à identifier.
    • Enfin, Berthonneau & Kleiber (1993) proposent dans cet article une théorie nouvelle sur son analyse, qui demeure malgré son âge très stimulante pour la compréhension de l’imparfait.

    Site sous licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 4.0) : partage autorisé, sous couvert de citation et d’attribution de la source originale. Modification et utilisation commerciale formellement interdites (lien)

    #grammaire #imparfait #MathieuGoux #mode #Sémantique #temps #verbe

  9. Sur l’imparfait de l’indicatif

    Plan de l’article :

    I. Définition générale
    II. Emplois temporo-aspectuels
    III. Emplois modaux

    IV. Bibliographie

    I. Définition générale

    Quelles sont les valeurs de l’imparfait de l’indicatif ?

    Le terme imparfait doit d’ores et déjà s’entendre comme « incomplet » ou « inachevé », en opposition du parfait, terme de grammaire qui a pu désigner, pour le français, le passé simple et que l’on retrouve encore en grammaire anglaise, par exemple (perfect, past perfect etc.).

    C’est un tiroir verbal particulièrement riche, aux très nombreuses valeurs temporelles, modales et aspectuelles, proches, finalement, du présent de l’indicatif.

    On désigne ainsi parfois l’imparfait sous le terme de « présent du passé », si ce n’est que son point d’ancrage, plutôt que d’être lié au moment de l’énonciation, est situé dans le passé. Il y a cependant une continuité patente entre ces formes, qui autorisent des commentaires croisés. Généralement et de prime abord, l’imparfait s’interprète en relation avec un autre événement, avec lequel il est en rupture :

    (1) J’observais les étoiles quand je l’entendis.
    (2) Il sort, alors que je l’attendais.

    Cette rupture implique que l’action à l’imparfait n’envisage pas ses limites : on parle ainsi d’aspect sécant, qui s’oppose par exemple à l’aspect global du passé simple, qui dénote une action ayant un début et une fin (2). Cela explique dès lors que l’on trouve souvent l’imparfait avec des verbes dits « imperfectifs », terme de la même famille étymologique que « imparfait », qui n’impliquent pas de finalité à leur action :

    (3) Nous vivions sous la menace.

    Dans le cas contraire, l’imparfait estompe au contraire cette finalité, en donnant l’impression qu’une action d’ordinaire brève se prolonge indûment au-delà de ses bornes naturelles :

    (4) Il sortait.

    Il peut cependant se combiner à des repères temporels (5) ou à des successions chronologiques (6). Ces actions sont prises en relation avec un repère temporel unique, ce qui donne alors un effet d’incomplétude.

    (5) Depuis deux jours, il pleuvait.
    (6) Il se couchait, se redressait, puis frappait.

    En ce sens, l’imparfait est dit comme envisageant l’action du verbe « de l’intérieur », en et par lui-même, et non en relation avec l’environnement. Il autorise en ce sens une progression textuelle spécifique, ce qui en fait souvent un acteur de premier plan de la cohérence textuelle. Cette incomplétude caractéristique autorise enfin l’imparfait à se mouler dans un grand nombre de contextes et ses valeurs, tant temporelles que modales, découlent directement de cette propriété fondamentale.

    II. Emplois temporo-aspectuels

    Comme évoqué précédemment, les emplois temporels de l’imparfait le rendent propices à la description d’événements « de second plan », notamment au regard du passé simple qui fixe le repère temporel primordial.

    (7) Le soleil brillait. Jean se leva alors…

    L’imparfait évite ainsi de créer une fin nette à son action, et propose plutôt une fin ouverte, « comme le dernier écho d’une symphonie qui s’éloigne » pour reprendre une célèbre phrase de Flaubert. On reste sur une impression d’inachevé, au regard du passé simple. Conséquemment, il se prête assez bien à un emploi itératif ou « d’habitude », d’actions qui se répètent un nombre indéterminé de fois :

    (8) Tous les jours, il lisait.

    Au contraire, et du fait de cette saisie de l’action « de l’intérieur », on peut également trouver un emploi plus narratif, lié à un repère temporel précis. L’action est ainsi saisie dans son déroulement et sa longueur, de façon continue. Une comparaison avec le passé simple le fait voir :

    (9a) Le 1er septembre, l’Allemagne envahit la Pologne.
    (9b) Le 1er septembre, l’Allemagne envahissait la Pologne.

    L’imparfait allonge décisivement l’effet de sens, au regard du passé simple qui détermine quant à lui une action commencée et achevée dans un même élan. Comme c’est là une propriété partagée par le présent, on trouvera l’imparfait dans le cadre de la transposition au discours indirect :

    (10a) Jean demanda : « Es-tu rêveur ? »
    (10b) Jean demanda si j’étais rêveur.

    On citera enfin les emplois dits « hypochoristiques », qui imite un parler enfantin. En association avec la troisième personne, l’imparfait rejette alors fictivement l’événement dans le passé pour en atténuer la force.

    (11) Alors, on n’était pas sage ?

    III. Emplois modaux

    Comme l’imparfait exige d’envisager l’action « de l’intérieur », il est possible de l’envisager comme virtuelle, et donc ouverte à toutes les perspectives : incomplète par nature, elle peut s’arrêter, s’infléchir ou s’interrompre. C’est la raison pour laquelle on la trouve souvent dans les systèmes hypothétiques, par exemple en lien avec le conditionnel :

    (12) S’il avait de l’argent, il achèterait une maison.

    On le trouve également dans l’imparfait dit « contrefactuel », ou « d’imminence contrecarrée » : l’événement se serait produit si les conditions idoines avaient été réunies.

    (13) Un instant de plus, et on y passait.

    Mais on l’emploie aussi pour exprimer le souhait (« Si j’étais riche ! »), la perspective (« Et s’il avait raison ? »), le regret (« Si j’avais su ! »), etc. Ces emplois modaux sont des conséquences attendues des propriétés temporo-aspectuelles de l’imparfait, que nous avons présentées précédemment.

    L’imparfait est, avec le présent de l’indicatif, sans doute le tiroir verbal du français le plus polyfonctionnel.Tout comme le présent, il se prête à diverses interprétations en fonction du contexte et se moule ainsi aisément dans des énoncés divers. On retiendra cependant et surtout sa valeur d’incomplétude, d' »imperfection », et le fait qu’il saisisse le procès « de l’intérieur », en et par lui-même, de façon continue mais inachevée, prompte à être interrompue, modifiée ou infléchie.

    IV. Bibliographie

    Parmi les références que nous pouvons donner :

    • On donnera un ouvrage collectif de E. Labeau et P. Larrivée (2005), Nouveaux développements de l’imparfait, qui récapitule beaucoup d’éléments sur ce tiroir verbal.
    • J. Bres (2005) a produit un ouvrage dédié à L’imparfait dit narratif, dont l’apparition en langue n’est pas sans difficultés, et qui a nombre de subtilités à identifier.
    • Enfin, Berthonneau & Kleiber (1993) proposent dans cet article une théorie nouvelle sur son analyse, qui demeure malgré son âge très stimulante pour la compréhension de l’imparfait.

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