#antitsiganisme — Public Fediverse posts
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Source: https://bsky.app/profile/rafumab.bsky.social/post/3mvakigoqak2n
Le livre "Racisme environnemental : Penser la convergence depuis la lutte contre l'antitsiganisme" est dispo en avant-première sur le stand des éditions du commun à la fête de l’huma :)
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#feteDelHuma #livre #antitsiganisme #antiracisme #racismeEnvironnemental #urgenceClimatique #voyageurs #WilliamAcker
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- https://archive.ph/qayQq (https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-et-le-mode-de-vie-des-gens-du-voyage_6740449_3232.html, "La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage”")
Adopté le 21 juillet 2026, le texte durcit notamment la répression des "occupations illicites".
Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au "Monde", que l’Etat leur garantisse une "égalité de droit avec tous les citoyens".
La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi.
Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics.
Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la loi Ripost, `adoptée par le Parlement le 21 juillet (https://archive.ph/o/qayQq/https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/22/la-loi-ripost-visant-a-lutter-contre-des-phenomenes-qui-troublent-l-ordre-public-adoptee-par-le-parlement_6729380_3224.html).
La loi dite `"Besson II" (https://archive.ph/o/qayQq/https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2026/04/02/louis-besson-ancien-ministre-socialiste-createur-du-droit-au-logement-est-mort_6676175_3382.html) du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des gens du voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites "aires d’accueil" – prévues par les schémas départementaux.
Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.
Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les espaces d’accueil que la loi leur impose.
Elles sont donc responsables du stationnement illicite et ne peuvent pas se poser en victimes.
Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement.
La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi.
Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.
Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur "l’accueil et l’habitat des gens du voyage" crée structurellement une `pénurie de lieux autorisés (https://archive.ph/o/qayQq/https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/05/13/gens-du-voyage-alerte-sur-l-insuffisance-de-places-et-de-logements-disponibles_6173186_3224.html).
Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones `impropres à l’habitat (https://archive.ph/o/qayQq/https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/16/les-aires-d-accueil-des-gens-du-voyage-surexposees-aux-nuisances-on-mange-de-la-poussiere_6641390_3224.html)
# Criminalisation
Cette pénurie impose de recourir à des installations dites "illicites". Les familles sont soumises aux expulsions répétées sans proposition de solution, ce qui a un impact sur tous les aspects de la vie quotidienne et entrave l’accès aux droits jusqu’aux plus élémentaires.
Comment, dès lors, demander à des citoyens de respecter une obligation lorsque les pouvoirs publics ne leur en donnent pas les moyens ?
A cette question, `la loi Ripost (https://archive.ph/o/qayQq/https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/15/ce-que-contient-le-projet-de-loi-ripost-adopte-a-l-assemblee-nationale-en-premiere-lecture_6723615_3224.html), "visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens", a trouvé une réponse indigne de la République.
Elle introduit, dans un texte de lutte contre la délinquance, des dispositions qui criminalisent, stigmatisent et sanctionnent l’habitat et le mode de vie des Voyageurs.
Les victimes de l’incurie de l’Etat et des pouvoirs publics sont ainsi désignées comme délinquants à combattre : les "gens du voyage" sont considérés globalement comme un "problème d’ordre public".
Cette nouvelle loi, qui poursuit l’objectif d’éradiquer une culture, une façon d’habiter et un mode de vie, pourtant tous légaux, trouve ses racines historiques dans les lois racistes de la seconde guerre mondiale.
Un décret-loi du 6 avril 1940 a permis d’assigner à résidence, sur un simple ordre extrajudiciaire laissé à l’arbitraire des préfets, les personnes réputées "nomades et forains".
Entre 1940 et 1946, quelque 6 500 Voyageuses et Voyageurs, dont un grand nombre d’enfants, ont ainsi été internés dans plusieurs dizaines de camps sur le territoire français, y compris en zone libre, à la faveur d’un système de fichage et de contrôle des déplacements fondé sur un racisme structurel.
Les autres se voyaient interdits de circulation, donc de moyens de subsistance. Si `le bilan terrible de cette histoire (https://archive.ph/o/qayQq/https://www.lemonde.fr/histoire/article/2025/04/26/l-internement-des-tsiganes-sous-l-occupation-en-france-une-memoire-a-petits-pas_6600376_4655323.html) reste à dresser, à ce jour la France n’a encore jamais reconnu ces faits.
La situation actuelle ne saurait être assimilée à cette page sombre de l’histoire, mais les logiques qui la sous-tendent n’ont, elles, jamais disparu : fichage, assignation à des lieux désignés, procédure extrajudiciaire, expulsion de l’espace public, criminalisation d’un mode de vie .
Elles continuent de structurer, sous des formes renouvelées, le traitement institutionnel des Voyageurs par l’Etat français.
Nos associations ont multiplié les démarches auprès:
- du ministère de l’intérieur, - des préfets, - des parlementaires, - des présidents d’intercommunalités - et des maires.
Aujourd’hui, une question demeure : **où devons-nous nous arrêter lorsque les lieux autorisés à l’habitat des Voyageurs n’existent pas ?**
**Que l’accès même à nos propriétés nous est interdit ?**
Cette réalité concerne des femmes et des hommes qui travaillent et participent pleinement à la vie économique, sociale et culturelle de notre pays.
Artisans, marchands, industriels forains ou circassiens, **nous perpétuons des métiers qui participent au patrimoine culturel immatériel de la France**.
Cette loi fragilise et met en péril le travail de tous.
Elle a un fort impact sur les enfants dans l’accès à la scolarité, aux lieux de loisirs et culturels.
Depuis plusieurs années, nos associations participent activement aux concertations nationales et aux travaux de la Commission consultative des gens du voyage, installée en 2015, en formulant des propositions concrètes.
Pourtant, **les attentes demeurent fortes et les réponses tardent à venir**.
Lors des débats sur la loi Ripost, **alors que nos représentants avaient été autorisés à y assister dans l’Hémicycle, cette possibilité a finalement été annulée**.
Cette situation a renforcé le sentiment que la parole des premiers concernés reste insuffisamment prise en compte.
Nous demeurons pleinement engagés et convaincus que seules l’écoute, la confiance et la reconnaissance du rôle des associations permettront de construire des solutions durables.
C’est pourquoi nous demandons la pleine reconnaissance et le respect des droits fondamentaux des Voyageurs, citoyens itinérants, notamment le droit d’habiter en cohérence avec notre mode de vie et de circuler librement dans notre propre pays à égalité de droit avec tous les citoyens français.
**Nous demandons aussi l’abrogation de l’article 5 de la loi Ripost, qui criminalise notre mode d’habitat et notre mode de vie**.
# La liste complète des signataires
- Payou Baptiste, président de l’association Gitans d’Alès (Gard) ;
- Alexis Bogey, président de l’Association tzigane catholique de France ;
- Jérôme "Gigi" Bonin, président du Mémorial des nomades et des forains de France ;
- Nathalie Châtelain, présidente de l’association DE-MAVIE ;
- Eric Cicéron, président de l’Union Défense active foraine ;
- Anita Dumas, présidente de L’Alliance du citoyen itinérant français ;
- Nelly Debart, présidente de l’Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC) ;
- Fernand "Milo" Delage, président de France Liberté Voyage ;
- Carmen Demestre, présidente du collectif Da So Vas ;
- James Douchet, président de la Fédération française des cirques familiaux ;
- Serena Dubois, présidente de l’association Gens du voyage de Bezons (Val-d’Oise) ;
- Franck Muller, président du syndicat CID Europe ;
- Mireille Odonne-Chevalier, présidente de l’Association départementale pour l’accueil et la promotion des gens du voyage 86 (Vienne) ;
- Nara Ritz, coordinateur de l’Observatoire pour les droits des citoyens itinérants ;
- Yohan Salles, président du Comité des Tziganes de la région PACA ;
- Antoine Nil Sauser, président de l’Association représentative des gens du voyage ;
- Christophe Sauvé, secrétaire de l’Association départementale des gens du voyage citoyens 44 (Loire-Atlantique) ;
- Emile Scheitz, président de l’Association familiale des gens du voyage d’Ile-de-France ;
- Désiré Vermeersch, président d’Action Grand Passage et de l’Association sociale nationale internationale tzigane.
#antitsiganisme #voyageurs #GensDuVoyage #ANGVC #NellyDebart #LoiRIPOST #racismeDetat #ViolenceDetat #EtatDeDroit
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- https://blogs.mediapart.fr/william-acker/blog/230426/gens-du-voyage-nest-pas-une-race-anatomie-dun-alibi ("Gens du voyage" n'est pas une race. Anatomie d'un alibi) par William Acker
Condamnée mercredi 15 avril 2026 par la 17e chambre correctionnelle de Paris à 1 000 euros d'amende pour injure publique en raison de l'origine, Barbara Lefebvre a annoncé faire appel.
Le jour de sa condamnation elle livrait à Médiapart le cœur de sa défense, un classique du genre. Selon elle le tribunal se serait trompé dans « la dénomination "gens du voyage" qui est une catégorie administrative et non pas une ethnie ou une race ».
Cet argument n'est pas une trouvaille, mais pendant plusieurs heures lors de l'audience du 4 février dernier il a structuré sa plaidoirie et celle de son avocate, maitre Karine Rozenblum.
On aimerait d'ailleurs que Barbara Lefebvre nous explique un jour ce qu'est, selon elle, une vraie race, parce que c'est bien ce qu'implique sa défense.
Il existerait de « vraies » catégories raciales, et les « gens du voyage » n'en feraient pas partie. Mais passons.
Cet argument est, depuis plusieurs décennies, l'argument de référence de quiconque veut tenir des propos antitsiganes sans avoir à en assumer le caractère raciste.
Et cela se cumule avec une indifférence globale de la société vers les actes antitsiganes.
Ainsi la séquence de l'émission « Les Grandes Gueules » du 8 avril 2024 n'avait pas suscité une grande émotion, ni de ses collègues en plateau, ni des médias, ni même de la société de journalistes de RMC pourtant déjà mobilisée contre des propos tenu par Barbara Lefebvre sur Gaza (ils ont condamné ses propos après sa condamnation le 15 avril).
La députée Ersilia Soudais était à peu près la seule à avoir émis un signalement à l'ARCOM, puis l'Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC), la seule à déposer une plainte auprès du Procureur de la République.
Pourtant en marge d'un sujet consacré à un fait divers, celui d'un brancardier violemment agressé à l'hôpital de Challans, Barbara Lefebvre affirmait dans cette émission que les « gens du voyage » « n'ont pas les codes d'une société civilisée », qu'ils « vivent selon leurs propres règles », qu'ils tiennent des cirques où les animaux sont maltraités, qu'ils attendent les vétérinaires « à coups de barre de fer », et conclut : « s'ils n'ont pas les codes, la porte est ouverte […] qu'ils aillent se faire soigner dans le pays des gens du voyage ».
C'est dire qu'il y avait quand même matière à s'interroger devant ces propos parfaitement antitsiganes.
Cette même indifférence face à l'antitsiganisme nous l'avons également retrouvé devant le tribunal.
La défense de Barbara Lefebvre n'a pas cherché à nier les mots ou leur agressivité, mais à déplacer le problème de fond vers une question de forme.
Puisque « gens du voyage » désignerait une catégorie administrative (définie par la loi du 5 juillet 2000 comme les personnes « dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles ») alors parler d'eux en termes hostiles ne pourrait pas relever du racisme.
Pas d'ethnie visée, pas d'origine, pas de race : pas d'injure à caractère raciste possible.
Oui mais voilà, autant cet argument de comptoir passe aisément sur un plateau de CNEWS, autant devant les juges de la 17e chambre du Tribunal de Paris il ne produit pas le même effet.
C'est sans surprise que le tribunal l'a écarté avec une netteté qu'il faut saluer, en relevant que l'expression « gens du voyage », dans le contexte précis des propos, « n'est pas employée dans une acception restreinte pour décrire une réalité administrative caractérisée par ce seul mode de vie nomade mais dans la signification qu'elle prend dans le langage courant ».
Autrement dit, personne, à l'écoute d'une chronique de radio généraliste, ne pense aux dispositions de la loi de 1969, l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ou le décret de 2019 sur les aires d'accueil.
Mais chacun pense à une population identifiée (Roms, Manouches, Sintés, Gitans, Yéniches, Voyageurs) dont la désignation par l'État a seulement changé de peau au fil des XXe et XXIe siècles.
La catégorie « gens du voyage » est l'héritière directe du statut de « nomade » institué par la loi du 16 juillet 1912, dont le décret d'application de 1913 précise sans détour qu'il vise les personnes de « type bohémien et romanichel ».
C'est sous ce statut que des familles sont internées à partir d'octobre 1940 dans les camps français, certaines déportées sous la catégorie raciale nazie de Zigeuner.
Lorsque le statut est réformé en 1969 puis reformulé par les lois Besson de 1990 et 2000, les dispositifs changent, les carnets anthropométriques deviennent des livrets de circulation (abrogés seulement en 2017), les assignations à résidence et les contrôles systématiques sont peu à peu remplacé par des obligations à vivre en aires d'accueil, bien souvent à l'écart du reste du tissu social. Ainsi la matrice persiste.
Si l'administration se refuse à voir dans le terme "gens du voyage" une quelconque approche par les origines, il suffit d'ouvrir les schémas départementaux d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour y trouver encore, en préambule ou en annexe, le lien explicite avec les populations « tsiganes ».
La catégorie se présente comme neutre, mais personne n'est dupe sur le fait qu'elle fonctionne toujours comme une catégorie ethnique.
Et pour l'apprécier il existe un moyen de mesurer l'effet particulier de cette dénomination administrative de "gens du voyage", simplement en se demandant qui peut y entrer et qui peut en sortir.
Visiblement ignorante sur le sujet, à l'audience, l'avocate de Barbara Lefebvre a tenté le tour de passe-passe, en soutenant que si sa cliente choisissait demain de vivre en caravane, elle deviendrait, elle aussi, « gens du voyage ».
C'est factuellement faux.
Barbara Lefebvre ne serait jamais orientée vers une aire d'accueil.
Pour elle, une caravane n'est pas et ne sera jamais un « habitat traditionnel » au sens de la loi : l'habitat traditionnel, c'est celui dont on hérite.
Elle disposerait des campings publics et privés, des terrains de loisir, de tous les espaces conçus pour accueillir les résidences mobiles non habitées par des "gens du voyage".
Inversement, un Voyageur qui cesse de voyager et s'installe sur un terrain dont il est propriétaire ne sort jamais totalement de la catégorie, il devient dans les documents administratifs un « gens du voyage sédentaire ».
Une formule oxymorique qui achève de révéler le caractère héréditaire informel du dispositif.
La catégorie administrative n'est pas un statut qu'on endosse en adoptant un mode de vie mais une assignation qui suit les personnes et leurs familles depuis 1912, quel que soit leur mode de vie effectif.
C'est un héritage duquel on ne peut consentir ni se soustraire.
La co-autrice des Territoires perdus de la République a certainement du mal à avaler tout cela. Cette pourfendeuse de la laïcité et des valeurs universalistes, pourtant plusieurs fois épinglé pour des propos confinant au racisme, réaffirme ainsi devant les juges que la République ne peut pas discriminer sur les origines et que donc "gens du voyage" est un terme purement technique et que donc son injure ne peut revêtir un caractère raciale.
Et pour cela Lefebvre fait ce qu'elle sait faire de mieux : nier tout processus de racisation.
Il est pourtant aisé, et pour l'historien et pour le juriste, de démontrer que la dénomination « gens du voyage » est précisément l'outil par lequel la République a pu saisir juridiquement un groupe racialisé sans avoir à prononcer le mot de race.
C'est d'ailleurs ce que je me suis attaché à expliquer lors de mon audition devant les juges.
Utiliser l'argument de la « catégorie administrative » pour nier le caractère raciste de ces propos, revient finalement à se prévaloir de l'outil même qui permet au racisme de se dire sans se nommer.
Barbara Lefebvre, ancienne cadre de la LICRA et défenseuse autoproclamée de la lutte contre l'antisémitisme, ne peut pourtant pas ignorer que l'effacement du processus de racialisation est un geste identifiable, récurrent, et qu'il porte un nom.
Si elle s'intéressait au concept de blanchité, elle y retrouverait un mécanisme qu'elle devrait reconnaître : celui qui consiste à faire des juifs « des blancs comme les autres » pour disqualifier toute analyse de la violence antisémite en termes racistes.
Ce qu'elle fait, à son échelle et avec ses propres mots, lorsqu'elle explique au tribunal que les « gens du voyage » sont une catégorie administrative et non une ethnie, c'est très exactement le même geste, appliqué à un autre groupe.
Soit elle ne s'en aperçoit pas et il y a un problème de cohérence intellectuelle.
Soit elle s'en aperçoit et il y a un problème d'honnêteté.
Je prends le pari qu'il y a chez elle une parfaite conscience de tout ceci et que de ce fait une mauvaise foi peut être démontrée.
Barbara Lefebvre est également professeure d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique.
Elle enseigne à ses élèves de troisième les stéréotypes racistes, la Shoah et le génocide des Roms et des Sintés.
Elle sait, mieux que la plupart des commentateurs, que la catégorie administrative qu'elle invoque pour se dédouaner est le produit d'une histoire longue de racialisation.
Lors de sa première audition, avant qu'elle ne soit préparée par son conseil, elle utilisait d'ailleurs indifféremment « gens du voyage » et « manouches », ce qui en dit long sur ce que l'expression recouvre dans son esprit.
#GensDuVoyage #Antitsiganisme #WilliamAcker #BarbaraLefebvre #Racisme #Antifas #Indifference
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- https://blogs.mediapart.fr/william-acker/blog/230426/gens-du-voyage-nest-pas-une-race-anatomie-dun-alibi ("Gens du voyage" n'est pas une race. Anatomie d'un alibi) par William Acker
Condamnée mercredi 15 avril 2026 par la 17e chambre correctionnelle de Paris à 1 000 euros d'amende pour injure publique en raison de l'origine, Barbara Lefebvre a annoncé faire appel. Le jour de sa condamnation elle livrait à Médiapart le cœur de sa défense, un classique du genre. Selon elle le tribunal se serait trompé dans « la dénomination "gens du voyage" qui est une catégorie administrative et non pas une ethnie ou une race ». Cet argument n'est pas une trouvaille, mais pendant plusieurs heures lors de l'audience du 4 février dernier il a structuré sa plaidoirie et celle de son avocate, maitre Karine Rozenblum. On aimerait d'ailleurs que Barbara Lefebvre nous explique un jour ce qu'est, selon elle, une vraie race, parce que c'est bien ce qu'implique sa défense. Il existerait de « vraies » catégories raciales, et les « gens du voyage » n'en feraient pas partie. Mais passons. Cet argument est, depuis plusieurs décennies, l'argument de référence de quiconque veut tenir des propos antitsiganes sans avoir à en assumer le caractère raciste.
Et cela se cumule avec une indifférence globale de la société vers les actes antitsiganes. Ainsi la séquence de l'émission « Les Grandes Gueules » du 8 avril 2024 n'avait pas suscité une grande émotion, ni de ses collègues en plateau, ni des médias, ni même de la société de journalistes de RMC pourtant déjà mobilisée contre des propos tenu par Barbara Lefebvre sur Gaza (ils ont condamné ses propos après sa condamnation le 15 avril). La députée Ersilia Soudais était à peu près la seule à avoir émis un signalement à l'ARCOM, puis l'Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC), la seule à déposer une plainte auprès du Procureur de la République. Pourtant en marge d'un sujet consacré à un fait divers, celui d'un brancardier violemment agressé à l'hôpital de Challans, Barbara Lefebvre affirmait dans cette émission que les « gens du voyage » « n'ont pas les codes d'une société civilisée », qu'ils « vivent selon leurs propres règles », qu'ils tiennent des cirques où les animaux sont maltraités, qu'ils attendent les vétérinaires « à coups de barre de fer », et conclut : « s'ils n'ont pas les codes, la porte est ouverte […] qu'ils aillent se faire soigner dans le pays des gens du voyage ». C'est dire qu'il y avait quand même matière à s'interroger devant ces propos parfaitement antitsiganes. Cette même indifférence face à l'antitsiganisme nous l'avons également retrouvé devant le tribunal. La défense de Barbara Lefebvre n'a pas cherché à nier les mots ou leur agressivité, mais à déplacer le problème de fond vers une question de forme. Puisque « gens du voyage » désignerait une catégorie administrative (définie par la loi du 5 juillet 2000 comme les personnes « dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles ») alors parler d'eux en termes hostiles ne pourrait pas relever du racisme. Pas d'ethnie visée, pas d'origine, pas de race : pas d'injure à caractère raciste possible.
Oui mais voilà, autant cet argument de comptoir passe aisément sur un plateau de CNEWS, autant devant les juges de la 17e chambre du Tribunal de Paris il ne produit pas le même effet. C'est sans surprise que le tribunal l'a écarté avec une netteté qu'il faut saluer, en relevant que l'expression « gens du voyage », dans le contexte précis des propos, « n'est pas employée dans une acception restreinte pour décrire une réalité administrative caractérisée par ce seul mode de vie nomade mais dans la signification qu'elle prend dans le langage courant ». Autrement dit, personne, à l'écoute d'une chronique de radio généraliste, ne pense aux dispositions de la loi de 1969, l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ou le décret de 2019 sur les aires d'accueil. Mais chacun pense à une population identifiée (Roms, Manouches, Sintés, Gitans, Yéniches, Voyageurs) dont la désignation par l'État a seulement changé de peau au fil des XXe et XXIe siècles.
La catégorie « gens du voyage » est l'héritière directe du statut de « nomade » institué par la loi du 16 juillet 1912, dont le décret d'application de 1913 précise sans détour qu'il vise les personnes de « type bohémien et romanichel ». C'est sous ce statut que des familles sont internées à partir d'octobre 1940 dans les camps français, certaines déportées sous la catégorie raciale nazie de Zigeuner. Lorsque le statut est réformé en 1969 puis reformulé par les lois Besson de 1990 et 2000, les dispositifs changent, les carnets anthropométriques deviennent des livrets de circulation (abrogés seulement en 2017), les assignations à résidence et les contrôles systématiques sont peu à peu remplacé par des obligations à vivre en aires d'accueil, bien souvent à l'écart du reste du tissu social. Ainsi la matrice persiste. Si l'administration se refuse à voir dans le terme "gens du voyage" une quelconque approche par les origines, il suffit d'ouvrir les schémas départementaux d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour y trouver encore, en préambule ou en annexe, le lien explicite avec les populations « tsiganes ». La catégorie se présente comme neutre, mais personne n'est dupe sur le fait qu'elle fonctionne toujours comme une catégorie ethnique.
Et pour l'apprécier il existe un moyen de mesurer l'effet particulier de cette dénomination administrative de "gens du voyage", simplement en se demandant qui peut y entrer et qui peut en sortir. Visiblement ignorante sur le sujet, à l'audience, l'avocate de Barbara Lefebvre a tenté le tour de passe-passe, en soutenant que si sa cliente choisissait demain de vivre en caravane, elle deviendrait, elle aussi, « gens du voyage ». C'est factuellement faux. Barbara Lefebvre ne serait jamais orientée vers une aire d'accueil. Pour elle, une caravane n'est pas et ne sera jamais un « habitat traditionnel » au sens de la loi : l'habitat traditionnel, c'est celui dont on hérite. Elle disposerait des campings publics et privés, des terrains de loisir, de tous les espaces conçus pour accueillir les résidences mobiles non habitées par des "gens du voyage". Inversement, un Voyageur qui cesse de voyager et s'installe sur un terrain dont il est propriétaire ne sort jamais totalement de la catégorie, il devient dans les documents administratifs un « gens du voyage sédentaire ». Une formule oxymorique qui achève de révéler le caractère héréditaire informel du dispositif. La catégorie administrative n'est pas un statut qu'on endosse en adoptant un mode de vie mais une assignation qui suit les personnes et leurs familles depuis 1912, quel que soit leur mode de vie effectif. C'est un héritage duquel on ne peut consentir ni se soustraire.
La co-autrice des Territoires perdus de la République a certainement du mal à avaler tout cela. Cette pourfendeuse de la laïcité et des valeurs universalistes, pourtant plusieurs fois épinglé pour des propos confinant au racisme, réaffirme ainsi devant les juges que la République ne peut pas discriminer sur les origines et que donc "gens du voyage" est un terme purement technique et que donc son injure ne peut revêtir un caractère raciale. Et pour cela Lefebvre fait ce qu'elle sait faire de mieux : nier tout processus de racisation. Il est pourtant aisé, et pour l'historien et pour le juriste, de démontrer que la dénomination « gens du voyage » est précisément l'outil par lequel la République a pu saisir juridiquement un groupe racialisé sans avoir à prononcer le mot de race. C'est d'ailleurs ce que je me suis attaché à expliquer lors de mon audition devant les juges. Utiliser l'argument de la « catégorie administrative » pour nier le caractère raciste de ces propos, revient finalement à se prévaloir de l'outil même qui permet au racisme de se dire sans se nommer. Barbara Lefebvre, ancienne cadre de la LICRA et défenseuse autoproclamée de la lutte contre l'antisémitisme, ne peut pourtant pas ignorer que l'effacement du processus de racialisation est un geste identifiable, récurrent, et qu'il porte un nom. Si elle s'intéressait au concept de blanchité, elle y retrouverait un mécanisme qu'elle devrait reconnaître : celui qui consiste à faire des juifs « des blancs comme les autres » pour disqualifier toute analyse de la violence antisémite en termes racistes. Ce qu'elle fait, à son échelle et avec ses propres mots, lorsqu'elle explique au tribunal que les « gens du voyage » sont une catégorie administrative et non une ethnie, c'est très exactement le même geste, appliqué à un autre groupe. Soit elle ne s'en aperçoit pas et il y a un problème de cohérence intellectuelle. Soit elle s'en aperçoit et il y a un problème d'honnêteté.
Je prends le pari qu'il y a chez elle une parfaite conscience de tout ceci et que de ce fait une mauvaise foi peut être démontrée. Barbara Lefebvre est également professeure d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique. Elle enseigne à ses élèves de troisième les stéréotypes racistes, la Shoah et le génocide des Roms et des Sintés. Elle sait, mieux que la plupart des commentateurs, que la catégorie administrative qu'elle invoque pour se dédouaner est le produit d'une histoire longue de racialisation. Lors de sa première audition, avant qu'elle ne soit préparée par son conseil, elle utilisait d'ailleurs indifféremment « gens du voyage » et « manouches », ce qui en dit long sur ce que l'expression recouvre dans son esprit.
#GensDuVoyage #Antitsiganisme #WilliamAcker #BarbaraLefebvre #Racisme #Antifas #Indifference
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- https://blogs.mediapart.fr/william-acker/blog/230426/gens-du-voyage-nest-pas-une-race-anatomie-dun-alibi ("Gens du voyage" n'est pas une race. Anatomie d'un alibi) par William Acker
Condamnée mercredi 15 avril 2026 par la 17e chambre correctionnelle de Paris à 1 000 euros d'amende pour injure publique en raison de l'origine, Barbara Lefebvre a annoncé faire appel.
Le jour de sa condamnation elle livrait à Médiapart le cœur de sa défense, un classique du genre. Selon elle le tribunal se serait trompé dans « la dénomination "gens du voyage" qui est une catégorie administrative et non pas une ethnie ou une race ».
Cet argument n'est pas une trouvaille, mais pendant plusieurs heures lors de l'audience du 4 février dernier il a structuré sa plaidoirie et celle de son avocate, maitre Karine Rozenblum.
On aimerait d'ailleurs que Barbara Lefebvre nous explique un jour ce qu'est, selon elle, une vraie race, parce que c'est bien ce qu'implique sa défense.
Il existerait de « vraies » catégories raciales, et les « gens du voyage » n'en feraient pas partie. Mais passons.
Cet argument est, depuis plusieurs décennies, l'argument de référence de quiconque veut tenir des propos antitsiganes sans avoir à en assumer le caractère raciste.
Et cela se cumule avec une indifférence globale de la société vers les actes antitsiganes.
Ainsi la séquence de l'émission « Les Grandes Gueules » du 8 avril 2024 n'avait pas suscité une grande émotion, ni de ses collègues en plateau, ni des médias, ni même de la société de journalistes de RMC pourtant déjà mobilisée contre des propos tenu par Barbara Lefebvre sur Gaza (ils ont condamné ses propos après sa condamnation le 15 avril).
La députée Ersilia Soudais était à peu près la seule à avoir émis un signalement à l'ARCOM, puis l'Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC), la seule à déposer une plainte auprès du Procureur de la République.
Pourtant en marge d'un sujet consacré à un fait divers, celui d'un brancardier violemment agressé à l'hôpital de Challans, Barbara Lefebvre affirmait dans cette émission que les « gens du voyage » « n'ont pas les codes d'une société civilisée », qu'ils « vivent selon leurs propres règles », qu'ils tiennent des cirques où les animaux sont maltraités, qu'ils attendent les vétérinaires « à coups de barre de fer », et conclut : « s'ils n'ont pas les codes, la porte est ouverte […] qu'ils aillent se faire soigner dans le pays des gens du voyage ».
C'est dire qu'il y avait quand même matière à s'interroger devant ces propos parfaitement antitsiganes.
Cette même indifférence face à l'antitsiganisme nous l'avons également retrouvé devant le tribunal.
La défense de Barbara Lefebvre n'a pas cherché à nier les mots ou leur agressivité, mais à déplacer le problème de fond vers une question de forme.
Puisque « gens du voyage » désignerait une catégorie administrative (définie par la loi du 5 juillet 2000 comme les personnes « dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles ») alors parler d'eux en termes hostiles ne pourrait pas relever du racisme.
Pas d'ethnie visée, pas d'origine, pas de race : pas d'injure à caractère raciste possible.
Oui mais voilà, autant cet argument de comptoir passe aisément sur un plateau de CNEWS, autant devant les juges de la 17e chambre du Tribunal de Paris il ne produit pas le même effet.
C'est sans surprise que le tribunal l'a écarté avec une netteté qu'il faut saluer, en relevant que l'expression « gens du voyage », dans le contexte précis des propos, « n'est pas employée dans une acception restreinte pour décrire une réalité administrative caractérisée par ce seul mode de vie nomade mais dans la signification qu'elle prend dans le langage courant ».
Autrement dit, personne, à l'écoute d'une chronique de radio généraliste, ne pense aux dispositions de la loi de 1969, l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ou le décret de 2019 sur les aires d'accueil.
Mais chacun pense à une population identifiée (Roms, Manouches, Sintés, Gitans, Yéniches, Voyageurs) dont la désignation par l'État a seulement changé de peau au fil des XXe et XXIe siècles.
La catégorie « gens du voyage » est l'héritière directe du statut de « nomade » institué par la loi du 16 juillet 1912, dont le décret d'application de 1913 précise sans détour qu'il vise les personnes de « type bohémien et romanichel ».
C'est sous ce statut que des familles sont internées à partir d'octobre 1940 dans les camps français, certaines déportées sous la catégorie raciale nazie de Zigeuner.
Lorsque le statut est réformé en 1969 puis reformulé par les lois Besson de 1990 et 2000, les dispositifs changent, les carnets anthropométriques deviennent des livrets de circulation (abrogés seulement en 2017), les assignations à résidence et les contrôles systématiques sont peu à peu remplacé par des obligations à vivre en aires d'accueil, bien souvent à l'écart du reste du tissu social. Ainsi la matrice persiste.
Si l'administration se refuse à voir dans le terme "gens du voyage" une quelconque approche par les origines, il suffit d'ouvrir les schémas départementaux d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour y trouver encore, en préambule ou en annexe, le lien explicite avec les populations « tsiganes ».
La catégorie se présente comme neutre, mais personne n'est dupe sur le fait qu'elle fonctionne toujours comme une catégorie ethnique.
Et pour l'apprécier il existe un moyen de mesurer l'effet particulier de cette dénomination administrative de "gens du voyage", simplement en se demandant qui peut y entrer et qui peut en sortir.
Visiblement ignorante sur le sujet, à l'audience, l'avocate de Barbara Lefebvre a tenté le tour de passe-passe, en soutenant que si sa cliente choisissait demain de vivre en caravane, elle deviendrait, elle aussi, « gens du voyage ».
C'est factuellement faux.
Barbara Lefebvre ne serait jamais orientée vers une aire d'accueil.
Pour elle, une caravane n'est pas et ne sera jamais un « habitat traditionnel » au sens de la loi : l'habitat traditionnel, c'est celui dont on hérite.
Elle disposerait des campings publics et privés, des terrains de loisir, de tous les espaces conçus pour accueillir les résidences mobiles non habitées par des "gens du voyage".
Inversement, un Voyageur qui cesse de voyager et s'installe sur un terrain dont il est propriétaire ne sort jamais totalement de la catégorie, il devient dans les documents administratifs un « gens du voyage sédentaire ».
Une formule oxymorique qui achève de révéler le caractère héréditaire informel du dispositif.
La catégorie administrative n'est pas un statut qu'on endosse en adoptant un mode de vie mais une assignation qui suit les personnes et leurs familles depuis 1912, quel que soit leur mode de vie effectif.
C'est un héritage duquel on ne peut consentir ni se soustraire.
La co-autrice des Territoires perdus de la République a certainement du mal à avaler tout cela. Cette pourfendeuse de la laïcité et des valeurs universalistes, pourtant plusieurs fois épinglé pour des propos confinant au racisme, réaffirme ainsi devant les juges que la République ne peut pas discriminer sur les origines et que donc "gens du voyage" est un terme purement technique et que donc son injure ne peut revêtir un caractère raciale.
Et pour cela Lefebvre fait ce qu'elle sait faire de mieux : nier tout processus de racisation.
Il est pourtant aisé, et pour l'historien et pour le juriste, de démontrer que la dénomination « gens du voyage » est précisément l'outil par lequel la République a pu saisir juridiquement un groupe racialisé sans avoir à prononcer le mot de race.
C'est d'ailleurs ce que je me suis attaché à expliquer lors de mon audition devant les juges.
Utiliser l'argument de la « catégorie administrative » pour nier le caractère raciste de ces propos, revient finalement à se prévaloir de l'outil même qui permet au racisme de se dire sans se nommer.
Barbara Lefebvre, ancienne cadre de la LICRA et défenseuse autoproclamée de la lutte contre l'antisémitisme, ne peut pourtant pas ignorer que l'effacement du processus de racialisation est un geste identifiable, récurrent, et qu'il porte un nom.
Si elle s'intéressait au concept de blanchité, elle y retrouverait un mécanisme qu'elle devrait reconnaître : celui qui consiste à faire des juifs « des blancs comme les autres » pour disqualifier toute analyse de la violence antisémite en termes racistes.
Ce qu'elle fait, à son échelle et avec ses propres mots, lorsqu'elle explique au tribunal que les « gens du voyage » sont une catégorie administrative et non une ethnie, c'est très exactement le même geste, appliqué à un autre groupe.
Soit elle ne s'en aperçoit pas et il y a un problème de cohérence intellectuelle.
Soit elle s'en aperçoit et il y a un problème d'honnêteté.
Je prends le pari qu'il y a chez elle une parfaite conscience de tout ceci et que de ce fait une mauvaise foi peut être démontrée.
Barbara Lefebvre est également professeure d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique.
Elle enseigne à ses élèves de troisième les stéréotypes racistes, la Shoah et le génocide des Roms et des Sintés.
Elle sait, mieux que la plupart des commentateurs, que la catégorie administrative qu'elle invoque pour se dédouaner est le produit d'une histoire longue de racialisation.
Lors de sa première audition, avant qu'elle ne soit préparée par son conseil, elle utilisait d'ailleurs indifféremment « gens du voyage » et « manouches », ce qui en dit long sur ce que l'expression recouvre dans son esprit.
#GensDuVoyage #Antitsiganisme #WilliamAcker #BarbaraLefebvre #Racisme #Antifas #Indifference
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Condamnée mercredi 15 avril 2026 par la 17e chambre correctionnelle de Paris à 1 000 euros d'amende pour injure publique en raison de l'origine, Barbara Lefebvre a annoncé faire appel. Le jour de sa condamnation elle livrait à Médiapart le cœur de sa défense, un classique du genre. Selon elle le tribunal se serait trompé dans « la dénomination "gens du voyage" qui est une catégorie administrative et non pas une ethnie ou une race ». Cet argument n'est pas une trouvaille, mais pendant plusieurs heures lors de l'audience du 4 février dernier il a structuré sa plaidoirie et celle de son avocate, maitre Karine Rozenblum. On aimerait d'ailleurs que Barbara Lefebvre nous explique un jour ce qu'est, selon elle, une vraie race, parce que c'est bien ce qu'implique sa défense. Il existerait de « vraies » catégories raciales, et les « gens du voyage » n'en feraient pas partie. Mais passons. Cet argument est, depuis plusieurs décennies, l'argument de référence de quiconque veut tenir des propos antitsiganes sans avoir à en assumer le caractère raciste.
Et cela se cumule avec une indifférence globale de la société vers les actes antitsiganes. Ainsi la séquence de l'émission « Les Grandes Gueules » du 8 avril 2024 n'avait pas suscité une grande émotion, ni de ses collègues en plateau, ni des médias, ni même de la société de journalistes de RMC pourtant déjà mobilisée contre des propos tenu par Barbara Lefebvre sur Gaza (ils ont condamné ses propos après sa condamnation le 15 avril). La députée Ersilia Soudais était à peu près la seule à avoir émis un signalement à l'ARCOM, puis l'Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC), la seule à déposer une plainte auprès du Procureur de la République. Pourtant en marge d'un sujet consacré à un fait divers, celui d'un brancardier violemment agressé à l'hôpital de Challans, Barbara Lefebvre affirmait dans cette émission que les « gens du voyage » « n'ont pas les codes d'une société civilisée », qu'ils « vivent selon leurs propres règles », qu'ils tiennent des cirques où les animaux sont maltraités, qu'ils attendent les vétérinaires « à coups de barre de fer », et conclut : « s'ils n'ont pas les codes, la porte est ouverte […] qu'ils aillent se faire soigner dans le pays des gens du voyage ». C'est dire qu'il y avait quand même matière à s'interroger devant ces propos parfaitement antitsiganes. Cette même indifférence face à l'antitsiganisme nous l'avons également retrouvé devant le tribunal. La défense de Barbara Lefebvre n'a pas cherché à nier les mots ou leur agressivité, mais à déplacer le problème de fond vers une question de forme. Puisque « gens du voyage » désignerait une catégorie administrative (définie par la loi du 5 juillet 2000 comme les personnes « dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles ») alors parler d'eux en termes hostiles ne pourrait pas relever du racisme. Pas d'ethnie visée, pas d'origine, pas de race : pas d'injure à caractère raciste possible.
Oui mais voilà, autant cet argument de comptoir passe aisément sur un plateau de CNEWS, autant devant les juges de la 17e chambre du Tribunal de Paris il ne produit pas le même effet. C'est sans surprise que le tribunal l'a écarté avec une netteté qu'il faut saluer, en relevant que l'expression « gens du voyage », dans le contexte précis des propos, « n'est pas employée dans une acception restreinte pour décrire une réalité administrative caractérisée par ce seul mode de vie nomade mais dans la signification qu'elle prend dans le langage courant ». Autrement dit, personne, à l'écoute d'une chronique de radio généraliste, ne pense aux dispositions de la loi de 1969, l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ou le décret de 2019 sur les aires d'accueil. Mais chacun pense à une population identifiée (Roms, Manouches, Sintés, Gitans, Yéniches, Voyageurs) dont la désignation par l'État a seulement changé de peau au fil des XXe et XXIe siècles.
La catégorie « gens du voyage » est l'héritière directe du statut de « nomade » institué par la loi du 16 juillet 1912, dont le décret d'application de 1913 précise sans détour qu'il vise les personnes de « type bohémien et romanichel ». C'est sous ce statut que des familles sont internées à partir d'octobre 1940 dans les camps français, certaines déportées sous la catégorie raciale nazie de Zigeuner. Lorsque le statut est réformé en 1969 puis reformulé par les lois Besson de 1990 et 2000, les dispositifs changent, les carnets anthropométriques deviennent des livrets de circulation (abrogés seulement en 2017), les assignations à résidence et les contrôles systématiques sont peu à peu remplacé par des obligations à vivre en aires d'accueil, bien souvent à l'écart du reste du tissu social. Ainsi la matrice persiste. Si l'administration se refuse à voir dans le terme "gens du voyage" une quelconque approche par les origines, il suffit d'ouvrir les schémas départementaux d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour y trouver encore, en préambule ou en annexe, le lien explicite avec les populations « tsiganes ». La catégorie se présente comme neutre, mais personne n'est dupe sur le fait qu'elle fonctionne toujours comme une catégorie ethnique.
Et pour l'apprécier il existe un moyen de mesurer l'effet particulier de cette dénomination administrative de "gens du voyage", simplement en se demandant qui peut y entrer et qui peut en sortir. Visiblement ignorante sur le sujet, à l'audience, l'avocate de Barbara Lefebvre a tenté le tour de passe-passe, en soutenant que si sa cliente choisissait demain de vivre en caravane, elle deviendrait, elle aussi, « gens du voyage ». C'est factuellement faux. Barbara Lefebvre ne serait jamais orientée vers une aire d'accueil. Pour elle, une caravane n'est pas et ne sera jamais un « habitat traditionnel » au sens de la loi : l'habitat traditionnel, c'est celui dont on hérite. Elle disposerait des campings publics et privés, des terrains de loisir, de tous les espaces conçus pour accueillir les résidences mobiles non habitées par des "gens du voyage". Inversement, un Voyageur qui cesse de voyager et s'installe sur un terrain dont il est propriétaire ne sort jamais totalement de la catégorie, il devient dans les documents administratifs un « gens du voyage sédentaire ». Une formule oxymorique qui achève de révéler le caractère héréditaire informel du dispositif. La catégorie administrative n'est pas un statut qu'on endosse en adoptant un mode de vie mais une assignation qui suit les personnes et leurs familles depuis 1912, quel que soit leur mode de vie effectif. C'est un héritage duquel on ne peut consentir ni se soustraire.
La co-autrice des Territoires perdus de la République a certainement du mal à avaler tout cela. Cette pourfendeuse de la laïcité et des valeurs universalistes, pourtant plusieurs fois épinglé pour des propos confinant au racisme, réaffirme ainsi devant les juges que la République ne peut pas discriminer sur les origines et que donc "gens du voyage" est un terme purement technique et que donc son injure ne peut revêtir un caractère raciale. Et pour cela Lefebvre fait ce qu'elle sait faire de mieux : nier tout processus de racisation. Il est pourtant aisé, et pour l'historien et pour le juriste, de démontrer que la dénomination « gens du voyage » est précisément l'outil par lequel la République a pu saisir juridiquement un groupe racialisé sans avoir à prononcer le mot de race. C'est d'ailleurs ce que je me suis attaché à expliquer lors de mon audition devant les juges. Utiliser l'argument de la « catégorie administrative » pour nier le caractère raciste de ces propos, revient finalement à se prévaloir de l'outil même qui permet au racisme de se dire sans se nommer. Barbara Lefebvre, ancienne cadre de la LICRA et défenseuse autoproclamée de la lutte contre l'antisémitisme, ne peut pourtant pas ignorer que l'effacement du processus de racialisation est un geste identifiable, récurrent, et qu'il porte un nom. Si elle s'intéressait au concept de blanchité, elle y retrouverait un mécanisme qu'elle devrait reconnaître : celui qui consiste à faire des juifs « des blancs comme les autres » pour disqualifier toute analyse de la violence antisémite en termes racistes. Ce qu'elle fait, à son échelle et avec ses propres mots, lorsqu'elle explique au tribunal que les « gens du voyage » sont une catégorie administrative et non une ethnie, c'est très exactement le même geste, appliqué à un autre groupe. Soit elle ne s'en aperçoit pas et il y a un problème de cohérence intellectuelle. Soit elle s'en aperçoit et il y a un problème d'honnêteté.
Je prends le pari qu'il y a chez elle une parfaite conscience de tout ceci et que de ce fait une mauvaise foi peut être démontrée. Barbara Lefebvre est également professeure d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique. Elle enseigne à ses élèves de troisième les stéréotypes racistes, la Shoah et le génocide des Roms et des Sintés. Elle sait, mieux que la plupart des commentateurs, que la catégorie administrative qu'elle invoque pour se dédouaner est le produit d'une histoire longue de racialisation. Lors de sa première audition, avant qu'elle ne soit préparée par son conseil, elle utilisait d'ailleurs indifféremment « gens du voyage » et « manouches », ce qui en dit long sur ce que l'expression recouvre dans son esprit.
#GensDuVoyage #Antitsiganisme #WilliamAcker #BarbaraLefebvre #Racisme #Antifas #Indifference
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Condamnée mercredi 15 avril 2026 par la 17e chambre correctionnelle de Paris à 1 000 euros d'amende pour injure publique en raison de l'origine, Barbara Lefebvre a annoncé faire appel. Le jour de sa condamnation elle livrait à Médiapart le cœur de sa défense, un classique du genre. Selon elle le tribunal se serait trompé dans « la dénomination "gens du voyage" qui est une catégorie administrative et non pas une ethnie ou une race ». Cet argument n'est pas une trouvaille, mais pendant plusieurs heures lors de l'audience du 4 février dernier il a structuré sa plaidoirie et celle de son avocate, maitre Karine Rozenblum. On aimerait d'ailleurs que Barbara Lefebvre nous explique un jour ce qu'est, selon elle, une vraie race, parce que c'est bien ce qu'implique sa défense. Il existerait de « vraies » catégories raciales, et les « gens du voyage » n'en feraient pas partie. Mais passons. Cet argument est, depuis plusieurs décennies, l'argument de référence de quiconque veut tenir des propos antitsiganes sans avoir à en assumer le caractère raciste.
Et cela se cumule avec une indifférence globale de la société vers les actes antitsiganes. Ainsi la séquence de l'émission « Les Grandes Gueules » du 8 avril 2024 n'avait pas suscité une grande émotion, ni de ses collègues en plateau, ni des médias, ni même de la société de journalistes de RMC pourtant déjà mobilisée contre des propos tenu par Barbara Lefebvre sur Gaza (ils ont condamné ses propos après sa condamnation le 15 avril). La députée Ersilia Soudais était à peu près la seule à avoir émis un signalement à l'ARCOM, puis l'Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC), la seule à déposer une plainte auprès du Procureur de la République. Pourtant en marge d'un sujet consacré à un fait divers, celui d'un brancardier violemment agressé à l'hôpital de Challans, Barbara Lefebvre affirmait dans cette émission que les « gens du voyage » « n'ont pas les codes d'une société civilisée », qu'ils « vivent selon leurs propres règles », qu'ils tiennent des cirques où les animaux sont maltraités, qu'ils attendent les vétérinaires « à coups de barre de fer », et conclut : « s'ils n'ont pas les codes, la porte est ouverte […] qu'ils aillent se faire soigner dans le pays des gens du voyage ». C'est dire qu'il y avait quand même matière à s'interroger devant ces propos parfaitement antitsiganes. Cette même indifférence face à l'antitsiganisme nous l'avons également retrouvé devant le tribunal. La défense de Barbara Lefebvre n'a pas cherché à nier les mots ou leur agressivité, mais à déplacer le problème de fond vers une question de forme. Puisque « gens du voyage » désignerait une catégorie administrative (définie par la loi du 5 juillet 2000 comme les personnes « dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles ») alors parler d'eux en termes hostiles ne pourrait pas relever du racisme. Pas d'ethnie visée, pas d'origine, pas de race : pas d'injure à caractère raciste possible.
Oui mais voilà, autant cet argument de comptoir passe aisément sur un plateau de CNEWS, autant devant les juges de la 17e chambre du Tribunal de Paris il ne produit pas le même effet. C'est sans surprise que le tribunal l'a écarté avec une netteté qu'il faut saluer, en relevant que l'expression « gens du voyage », dans le contexte précis des propos, « n'est pas employée dans une acception restreinte pour décrire une réalité administrative caractérisée par ce seul mode de vie nomade mais dans la signification qu'elle prend dans le langage courant ». Autrement dit, personne, à l'écoute d'une chronique de radio généraliste, ne pense aux dispositions de la loi de 1969, l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ou le décret de 2019 sur les aires d'accueil. Mais chacun pense à une population identifiée (Roms, Manouches, Sintés, Gitans, Yéniches, Voyageurs) dont la désignation par l'État a seulement changé de peau au fil des XXe et XXIe siècles.
La catégorie « gens du voyage » est l'héritière directe du statut de « nomade » institué par la loi du 16 juillet 1912, dont le décret d'application de 1913 précise sans détour qu'il vise les personnes de « type bohémien et romanichel ». C'est sous ce statut que des familles sont internées à partir d'octobre 1940 dans les camps français, certaines déportées sous la catégorie raciale nazie de Zigeuner. Lorsque le statut est réformé en 1969 puis reformulé par les lois Besson de 1990 et 2000, les dispositifs changent, les carnets anthropométriques deviennent des livrets de circulation (abrogés seulement en 2017), les assignations à résidence et les contrôles systématiques sont peu à peu remplacé par des obligations à vivre en aires d'accueil, bien souvent à l'écart du reste du tissu social. Ainsi la matrice persiste. Si l'administration se refuse à voir dans le terme "gens du voyage" une quelconque approche par les origines, il suffit d'ouvrir les schémas départementaux d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour y trouver encore, en préambule ou en annexe, le lien explicite avec les populations « tsiganes ». La catégorie se présente comme neutre, mais personne n'est dupe sur le fait qu'elle fonctionne toujours comme une catégorie ethnique.
Et pour l'apprécier il existe un moyen de mesurer l'effet particulier de cette dénomination administrative de "gens du voyage", simplement en se demandant qui peut y entrer et qui peut en sortir. Visiblement ignorante sur le sujet, à l'audience, l'avocate de Barbara Lefebvre a tenté le tour de passe-passe, en soutenant que si sa cliente choisissait demain de vivre en caravane, elle deviendrait, elle aussi, « gens du voyage ». C'est factuellement faux. Barbara Lefebvre ne serait jamais orientée vers une aire d'accueil. Pour elle, une caravane n'est pas et ne sera jamais un « habitat traditionnel » au sens de la loi : l'habitat traditionnel, c'est celui dont on hérite. Elle disposerait des campings publics et privés, des terrains de loisir, de tous les espaces conçus pour accueillir les résidences mobiles non habitées par des "gens du voyage". Inversement, un Voyageur qui cesse de voyager et s'installe sur un terrain dont il est propriétaire ne sort jamais totalement de la catégorie, il devient dans les documents administratifs un « gens du voyage sédentaire ». Une formule oxymorique qui achève de révéler le caractère héréditaire informel du dispositif. La catégorie administrative n'est pas un statut qu'on endosse en adoptant un mode de vie mais une assignation qui suit les personnes et leurs familles depuis 1912, quel que soit leur mode de vie effectif. C'est un héritage duquel on ne peut consentir ni se soustraire.
La co-autrice des Territoires perdus de la République a certainement du mal à avaler tout cela. Cette pourfendeuse de la laïcité et des valeurs universalistes, pourtant plusieurs fois épinglé pour des propos confinant au racisme, réaffirme ainsi devant les juges que la République ne peut pas discriminer sur les origines et que donc "gens du voyage" est un terme purement technique et que donc son injure ne peut revêtir un caractère raciale. Et pour cela Lefebvre fait ce qu'elle sait faire de mieux : nier tout processus de racisation. Il est pourtant aisé, et pour l'historien et pour le juriste, de démontrer que la dénomination « gens du voyage » est précisément l'outil par lequel la République a pu saisir juridiquement un groupe racialisé sans avoir à prononcer le mot de race. C'est d'ailleurs ce que je me suis attaché à expliquer lors de mon audition devant les juges. Utiliser l'argument de la « catégorie administrative » pour nier le caractère raciste de ces propos, revient finalement à se prévaloir de l'outil même qui permet au racisme de se dire sans se nommer. Barbara Lefebvre, ancienne cadre de la LICRA et défenseuse autoproclamée de la lutte contre l'antisémitisme, ne peut pourtant pas ignorer que l'effacement du processus de racialisation est un geste identifiable, récurrent, et qu'il porte un nom. Si elle s'intéressait au concept de blanchité, elle y retrouverait un mécanisme qu'elle devrait reconnaître : celui qui consiste à faire des juifs « des blancs comme les autres » pour disqualifier toute analyse de la violence antisémite en termes racistes. Ce qu'elle fait, à son échelle et avec ses propres mots, lorsqu'elle explique au tribunal que les « gens du voyage » sont une catégorie administrative et non une ethnie, c'est très exactement le même geste, appliqué à un autre groupe. Soit elle ne s'en aperçoit pas et il y a un problème de cohérence intellectuelle. Soit elle s'en aperçoit et il y a un problème d'honnêteté.
Je prends le pari qu'il y a chez elle une parfaite conscience de tout ceci et que de ce fait une mauvaise foi peut être démontrée. Barbara Lefebvre est également professeure d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique. Elle enseigne à ses élèves de troisième les stéréotypes racistes, la Shoah et le génocide des Roms et des Sintés. Elle sait, mieux que la plupart des commentateurs, que la catégorie administrative qu'elle invoque pour se dédouaner est le produit d'une histoire longue de racialisation. Lors de sa première audition, avant qu'elle ne soit préparée par son conseil, elle utilisait d'ailleurs indifféremment « gens du voyage » et « manouches », ce qui en dit long sur ce que l'expression recouvre dans son esprit.
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👋 liberation, merci pour cet article: https://www.liberation.fr/economie/medias/la-chroniqueuse-barbara-lefebvre-reintegree-dans-les-grandes-gueules-malgre-sa-condamnation-pour-injure-publique-raciste-20260422_LCYYSOC34JH4HO6ZZ74UCKMVE4/Il serait peut-être intéressant de recueillir l'avis des "gens du voyage" eux-mêmes sur cette minimisation du racisme antitsigane ?
Par exemple au hasard, l'association qui est à l'origine de la plainte contre Mme Lefebvre...
-->--#antitsiganisme #racisme #ANGVC #WilliamAcker #GensDuVoyage #BarbaraLefèbvre #Media
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https://bsky.app/profile/rafumab.bsky.social/post/3mjjveykrlc2o
Barbara Lefebvre vient d’être officiellement condamnée pour injure raciale par les juges de la 17e
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Chaque année, la CNCDH indique dans son rapport annuel qu’ils sont les première victimes du racisme en France.Pour l’instant, l’ensemble des médias se sont montrés d’une discrétion exemplaire au sujet des poursuites intentées par le parquet de Paris contre Barbara Lefebvre.
Sa condamnation sera-t-elle également passée sous silence ou est-on en droit d’espérer un sursaut informationnel même si l’empire Bolloré est directement concerné ?
Combien de temps tolérerons nous cette situation alors même que la France n’a pas encore reconnu officiellement le génocide perpétré à leur encontre pendant la deuxième guerre mondiale ?
-->--#antitsiganisme #GensDuVoyage #BarbaraLefebvre #Condamnations #CNCDH #MediaFascistes #Bolloré
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Barbara Lefebvre vient d’être officiellement condamnée pour injure raciale par les juges de la 17e
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Chaque année, la CNCDH indique dans son rapport annuel qu’ils sont les première victimes du racisme en France.Pour l’instant, l’ensemble des médias se sont montrés d’une discrétion exemplaire au sujet des poursuites intentées par le parquet de Paris contre Barbara Lefebvre.
Sa condamnation sera-t-elle également passée sous silence ou est-on en droit d’espérer un sursaut informationnel même si l’empire Bolloré est directement concerné ?
Combien de temps tolérerons nous cette situation alors même que la France n’a pas encore reconnu officiellement le génocide perpétré à leur encontre pendant la deuxième guerre mondiale ?
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Sa condamnation sera-t-elle également passée sous silence ou est-on en droit d’espérer un sursaut informationnel même si l’empire Bolloré est directement concerné ?
Combien de temps tolérerons nous cette situation alors même que la France n’a pas encore reconnu officiellement le génocide perpétré à leur encontre pendant la deuxième guerre mondiale ?
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Sa condamnation sera-t-elle également passée sous silence ou est-on en droit d’espérer un sursaut informationnel même si l’empire Bolloré est directement concerné ?
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