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#antitsiganisme — Public Fediverse posts

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  1. france3-regions.franceinfo.fr/ ("Ce n’est pas un simple fait divers" : après le suicide de Joris, SOS Racisme pointe "de plus en plus d’actes racistes" dans le Nord Isère)

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    Après la mort de Joris, 21 ans, qui se serait suicidé après des mois de harcèlement à caractère raciste, l’association SOS Racisme réagit dans un communiqué. Elle dénonce une multiplication des discriminations, notamment dans le Nord Isère d’où était originaire le jeune homme.

    Depuis la médiatisation de l’appel à témoins lancé par la famille de Joris, l’histoire du jeune homme a ému de nombreuses personnes dans tout le pays.

    Une semaine après sa mort, l’association SOS Racisme a souhaité réagir par voie de communiqué, d’abord pour apporter "toute l’aide juridique, humaine et militante" dont sa famille pourrait avoir besoin.

    "Ce qu’a vécu Joris est inadmissible, souffle Ludovic Herbepin, référent SOS Racisme du Nord Isère. Ça suscite beaucoup de colère".
    "On le traitait de sale arabe"

    Selon les proches de Joris Laurencin, le jeune homme se plaignait depuis longtemps d’être victime d’insultes racistes. "On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe. Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu’il regrettait sa peau mate. Il tenait sa couleur de peau de sa mère, qui est ma sœur. Nous sommes des Français d’origine algérienne", confiait son oncle à France 3 Alpes dans notre article publié ce samedi 18 juillet.

    Selon l’entourage, Joris aurait été humilié pendant plusieurs années par le même groupe d’hommes. "Des sportifs, les beaux gosses du coin", ajoute l’oncle. Deux semaines après avoir assisté à la vogue du village voisin, à Saint-Jean-de-Bournay, le jeune cariste s’est tiré une balle dans la tête avec l’arme de chasse de son père.

    Persuadés que leur fils a subi l’humiliation de trop pendant cette soirée du 30 juin, ses parents ont lancé un appel à témoins pour savoir ce qu’il s’est passé ce soir-là.

    Un racisme décomplexé ?

    Pour SOS Racisme, ce drame "n’est pas un simple fait divers". "Depuis de nombreux mois, SOS Racisme alerte sur la recrudescence des injures racistes et du harcèlement visant des personnes en raison de leur origine, souligne l’association dans son communiqué. Les paroles qui hier encore suscitaient une condamnation unanime sont aujourd’hui de plus en plus assumées, répétées, revendiquées".

    À l’échelle du Nord Isère, Ludovic Herbepin dresse le même constat. "Depuis deux ans, on remarque qu’il y a de plus en plus d’actes racistes et antisémites dans le Nord Isère.

    À la Côte-Saint-André, il y a eu sept tombes de gens du voyage profanées par des tags nazis, des croix gammées ont été dessinées sur une école primaire à Ruy et à Biol, l’un des rares habitants de confession musulmane a retrouvé une tête de cochon devant son garage" énumère-t-il.

    "On a l’impression de ne pas faire assez contre toutes ces idées nauséabondes véhiculées par l’extrême droite" regrette-t-il.

    L’oncle de Joris a lui aussi évoqué "les gros scores du Rassemblement National" dans le secteur. À Châtonnay, où vivait le jeune homme avec son père, le parti d’extrême droite a obtenu 55% des voix lors des dernières élections législatives.

    Selon le Dauphiné Libéré, entre les élections présidentielles de 2017 et de 2022, Marine Le Pen aurait glané plus de 20 000 voix au second tour dans les circonscriptions nord iséroises.

    Une enquête en cours

    "Toute la vérité doit être faite sur la mort de Joris", conclut le référent isérois de SOS Racisme.

    Contactée, l’avocate de la famille Laurencin affirme que ses clients ont déposé plainte à la gendarmerie de Saint-Jean-de-Bournay pour "harcèlement aggravé par le suicide".

    Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de la mort du jeune homme.

    #racisme #islamophobie #antitsiganisme #antitsiganisme #isère

  2. raar.info/2026/07/15/commentai (Commentaires sur le rapport 2025 de la CNCDH )

    Commentaires de 🙏 @jjr: juivesetjuifsrevolutionnaires. co-signé par le RAAR

    La Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme vient de sortir son trente-sixième rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

    Ce document (cncdh.fr/sites/default/files/2) de près de 400 pages est une référence pour décrire la situation du racisme en France

    # Echec du PRADO (Plan National contre le Racisme, l’Antisémitisme et les discriminations liées à l’origine)

    L’édition 2025 acte l’échec du Plan National contre le Racisme, l’Antisémitisme et les discriminations liées à l’origine (PRADO) lancé en 2023 par le gouvernement

    Pour résumer : « L’essentiel des mesures du PRADO n’a pas été mis en œuvre : nombre d’entre elles ont tout simplement été abandonnées en cours d’exécution et ce, sans consultation ni information des institutions et acteurs de la société civile.

    # Concurrence des racismes

    La mise en concurrence des racismes n’est donc en rien une fatalité, au contraire le rapport souligne à plusieurs reprises la corrélation entre les différentes formes de racisme, qui se complètent l’un l’autre pour former une idéologie raciste structurée.

    Si l’on pose des questions plus précises, les réponses sont plus inquiétantes

    A peu près une moitié des sondé·es sont prêts à reprendre des éléments clés du discours de l’extrême-droite, notamment sur l’immigration :

    - 50% estiment » qu’aujourd’hui en France on ne sent plus chez soi comme avant » ;
    - 55% « qu’il y a trop d’immigrés en France » ;
    - 44% que « l’immigration est la principale cause d’insécurité ».

    La même contradiction se retrouve dans l’ensemble de l’étude : les sondé·es sont majoritairement opposé·es au racisme lorsque celui-ci se présente de manière abstraite, mais les réponses sont beaucoup moins claires lorsque des questions concrètes sont soulevées.

    Sans surprise là aussi, le pourcentage de réponses correspondant à un discours xénophobe augmente en fonction

    - de l’âge: (49% des plus de 70 ans ont une attitude « systématiquement hostile envers l’immigration »),
    - de la proximité avec le Rassemblement National (83% des sympathisant·es RN),
    - et inversement au niveau de diplôme (50% des personnes ayant un diplôme inférieur au bac, ce qui devrait être particulièrement inquiétant si on considère que la gauche doit parler aux classes populaires) (p. 244).

    # Voyageurs·ses, Gens du Voyage, Roms, Tsiganes ...

    En ce qui concerne plus spécifiquement les différentes formes de racisme le groupe plus ciblé est aussi celui qui bénéficie du moins de soutien dans les sphères militantes, politiques et médiatiques, à savoir les Voyageurs·ses dont

    - 49% des sondés estiment qu’ils « vivent principalement de vols et de trafics » (p. 247)
    - et 53% qu’ils « exploitent des enfants » (p. 328).

    Ce racisme est probablement aujourd’hui celui qui se base le plus sur l’idée d’une différence insurmontable avec la société dominante (une « alterité radicale » dans le texte, p. 324) :

    - 72% des personnes interrogées estiment que les Rroms sont « majoritairement nomades »,
    - 56% qu’ils « ne veulent pas s’intégrer en France » et seraient « gênées à l’idée d’avoir un voisin rom ».

    Des chiffres très élevés alors que le sujet est complètement absent du débat public.

    # Islamophobie

    L’islamophobie est également étudiée, elle est répartie parmi la population de manière proche de ce qu’on a lu jusque là, à savoir que les déclarations les plus frontalement racistes sont rejetées :

    - 82% des sondés estiment « qu’il faut permettre aux Musulmans de France d’exercer leur religion dans de bonnes conditions » et que « les Français musulmans sont des français comme les autres », ces réponses sont majoritaires y compris au sein de l’électorat RN (56% et 58%).

    Dans le même temps, d’autres propositions portant sur des points plus précis montrent une diffusion de masse de l’islamophobie dans la société

    - par exemple, 42% estiment que « l’islam est une menace pour l’identité de la France ») (p. 249).

    Comme pour la xénophobie et la rromophobie, ces réponses augmentent corrélativement à l’âge et à la proximité avec l’extrême-droite.

    # Antisémitisme

    Sur l’antisémitisme par contre, la structure est autre, à savoir que les préjugés antisémites sont bien présents à un niveau élevé au sein de l’électorat du RN, mais également au sein de celui de LFI.

    Ainsi,

    - la proposition « pour les Français juifs, Israël compte plus que la France » est acceptée par 38% des sondé·es proches du RN et par 43% des sondé·es proches de LFI,
    - tandis que celle « les Juifs ont un rapport particulier à l’argent » est validée par 44% des sympathisant·es RN et 48% des sympathisant·es LFI.

    Plus inquiétant encore

    - 32% des sondé·es LFI estiment qu’on « parle trop de l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale »,
    - tandis qu’ils sont 14% à valider cette proposition au RN, parti pourtant héritier de Pétain et de la Collaboration (p. 250).

    Une telle diffusion des idées antisémites au sein des sympathisant·es LFI ne surprendra malheureusement personne, tant les provocations des dirigeant·es insoumis sur le sujet ont été nombreuses et médiatisées et tant les réactions du mouvement social sont restées timorées.

    Les auteurs du rapport nuancent cependant : « Il convient enfin d’analyser ces données cumulées avec prudence.
    Les modèles utilisés mettent en lumière des associations entre variables, pas des liens de causalité.
    Il est impossible de déterminer si la proximité partisane influence le score d’antisémitisme, ou si au contraire, ce sont les préjugés antisémites qui poussent les individus à se sentir proches de certains partis politiques. » (p. 289).

    Ils ajoutent également « la proportion de sondés choisissant LFI comme parti dont ils se sentent « le plus proche ou le moins éloigné » représente également 7 % de l’échantillon (représentatif, rappelons-le, de la population adulte résidant dans l’Hexagone, étrangers compris). Ils pèsent deux fois moins que les proches du RN aujourd’hui (14,5 %) chez qui la proportion d’antisémites est similaire.

    Les gros bataillons de l’antisémitisme se composent donc de non Musulmans, et de sympathisants d’autres partis que LFI. » (p. 298).

    Dans tout les cas, on ne peut que constater que, pour une partie non négligeable de ses sympathisant·es, le vote et le discours LFI sont compatibles avec des positions antisémites

    Cela démontre à minima un manque de clarté sur le sujet et un échec flagrant sur le plan antiraciste.

    # Les auteurs du rapport de la CNCDH étudient aussi le lien entre antisémitisme et critique de la politique israélienne.

    Pour cela, ils différencient trois profils statistiques :

    - le premier cumulant une importante sur-représentation de propositions relevant d’un antisémitisme qu’on pourrait rapprocher du complotisme (« les Juifs ont trop de pouvoir en France », « les Juifs ont un rapport particulier à l’argent », etc) et secondairement une part élevée, quoique moindre, de réponses en opposition à la politique israélienne ;

    - le second correspondant à une critique d’Israël non liée aux stéréotypes antisémites classiques (sur-représentation de la proposition « les Israéliens portent la plus grande part de responsabilité dans le conflit israélo-palestinien » et sous-représentation des préjugés antisémites classiques) ;

    - le troisième lié à un rejet aussi bien d’Israël et du judaïsme qui lui est associé que de la Palestine (on pourrait le lier à un positionnement nationaliste de type maurrassien, avec des propositions comme « Pour les Juifs français, Israël compte plus que la France », « La religion juive évoque quelque chose de négatif », « La Palestine n’évoque pas quelque chose de positif », etc.).

    Si l’on associe les trois profils définis à l’opinion politique des sondé·es, les deux premiers profils semblent plus associés à LFI et le troisième au RN. (p.306).

    Ce dernier semble numériquement plus important et les auteurs du rapport précisent : « Les sondés les plus réceptifs aux préjugés antisémites classiques ayant tendance à englober dans un même rejet Israël et la Palestine, la critique d’Israël et de sa politique au Proche-Orient n’est pas le ressort premier de l’antisémitisme en France aujourd’hui, même après le 7-Octobre » (p. 304).

    Pour autant, le fait qu’une étude sérieuse estime que les indicateurs d’antisémitisme complotiste sont proportionnellement plus présents au sein du public de la principale force de gauche que chez celui du parti fondé par Jean-Marie Le Pen est un signe fort de l’état de décomposition de la gauche.

    # Si l’on veut mener une lutte antiraciste déterminée et conséquente, il faudra que les forces de gauche s’emparent réellement du sujet, sans ignorer leurs angles morts.

    Cela passe par un important travail de propagande, d’information et d’éducation populaire auprès des masses, car il y a beaucoup à faire et cette étude vient à nouveau le rappeler ;

    - par une prise en compte de chaque racisme dans sa spécificité, notamment la rromophobie qui est la grande oubliée des mobilisations antiracistes ;

    - mais aussi par un travail de discussion, de confrontation et de formation interne afin que nos espaces militants ne deviennent pas gangrenés par le racisme, comme LFI l’est en partie par l’antisémitisme.

    # Et plus que jamais, il faudra se mobiliser pour empêcher une prise de pouvoir du Rassemblement National, aujourd’hui la principale force politique liée aux différentes formes de racisme, et pour combattre ses idées.

    #Antifascisme #Antisémitisme #Antitsiganisme #CNCDH #Formation #Gauche #Islamophobie #PRADO #Racisme #Rn #Rromophobie #LFI

  3. - blogs.mediapart.fr/william-ack ("Gens du voyage" n'est pas une race. Anatomie d'un alibi) par William Acker

    Condamnée mercredi 15 avril 2026 par la 17e chambre correctionnelle de Paris à 1 000 euros d'amende pour injure publique en raison de l'origine, Barbara Lefebvre a annoncé faire appel. Le jour de sa condamnation elle livrait à Médiapart le cœur de sa défense, un classique du genre. Selon elle le tribunal se serait trompé dans « la dénomination "gens du voyage" qui est une catégorie administrative et non pas une ethnie ou une race ». Cet argument n'est pas une trouvaille, mais pendant plusieurs heures lors de l'audience du 4 février dernier il a structuré sa plaidoirie et celle de son avocate, maitre Karine Rozenblum. On aimerait d'ailleurs que Barbara Lefebvre nous explique un jour ce qu'est, selon elle, une vraie race, parce que c'est bien ce qu'implique sa défense. Il existerait de « vraies » catégories raciales, et les « gens du voyage » n'en feraient pas partie. Mais passons. Cet argument est, depuis plusieurs décennies, l'argument de référence de quiconque veut tenir des propos antitsiganes sans avoir à en assumer le caractère raciste.

    Et cela se cumule avec une indifférence globale de la société vers les actes antitsiganes. Ainsi la séquence de l'émission « Les Grandes Gueules » du 8 avril 2024 n'avait pas suscité une grande émotion, ni de ses collègues en plateau, ni des médias, ni même de la société de journalistes de RMC pourtant déjà mobilisée contre des propos tenu par Barbara Lefebvre sur Gaza (ils ont condamné ses propos après sa condamnation le 15 avril). La députée Ersilia Soudais était à peu près la seule à avoir émis un signalement à l'ARCOM, puis l'Association Nationale des Gens du Voyage Citoyens (ANGVC), la seule à déposer une plainte auprès du Procureur de la République. Pourtant en marge d'un sujet consacré à un fait divers, celui d'un brancardier violemment agressé à l'hôpital de Challans, Barbara Lefebvre affirmait dans cette émission que les « gens du voyage » « n'ont pas les codes d'une société civilisée », qu'ils « vivent selon leurs propres règles », qu'ils tiennent des cirques où les animaux sont maltraités, qu'ils attendent les vétérinaires « à coups de barre de fer », et conclut : « s'ils n'ont pas les codes, la porte est ouverte […] qu'ils aillent se faire soigner dans le pays des gens du voyage ». C'est dire qu'il y avait quand même matière à s'interroger devant ces propos parfaitement antitsiganes. Cette même indifférence face à l'antitsiganisme nous l'avons également retrouvé devant le tribunal. La défense de Barbara Lefebvre n'a pas cherché à nier les mots ou leur agressivité, mais à déplacer le problème de fond vers une question de forme. Puisque « gens du voyage » désignerait une catégorie administrative (définie par la loi du 5 juillet 2000 comme les personnes « dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles ») alors parler d'eux en termes hostiles ne pourrait pas relever du racisme. Pas d'ethnie visée, pas d'origine, pas de race : pas d'injure à caractère raciste possible.

    Oui mais voilà, autant cet argument de comptoir passe aisément sur un plateau de CNEWS, autant devant les juges de la 17e chambre du Tribunal de Paris il ne produit pas le même effet. C'est sans surprise que le tribunal l'a écarté avec une netteté qu'il faut saluer, en relevant que l'expression « gens du voyage », dans le contexte précis des propos, « n'est pas employée dans une acception restreinte pour décrire une réalité administrative caractérisée par ce seul mode de vie nomade mais dans la signification qu'elle prend dans le langage courant ». Autrement dit, personne, à l'écoute d'une chronique de radio généraliste, ne pense aux dispositions de la loi de 1969, l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000 ou le décret de 2019 sur les aires d'accueil. Mais chacun pense à une population identifiée (Roms, Manouches, Sintés, Gitans, Yéniches, Voyageurs) dont la désignation par l'État a seulement changé de peau au fil des XXe et XXIe siècles.

    La catégorie « gens du voyage » est l'héritière directe du statut de « nomade » institué par la loi du 16 juillet 1912, dont le décret d'application de 1913 précise sans détour qu'il vise les personnes de « type bohémien et romanichel ». C'est sous ce statut que des familles sont internées à partir d'octobre 1940 dans les camps français, certaines déportées sous la catégorie raciale nazie de Zigeuner. Lorsque le statut est réformé en 1969 puis reformulé par les lois Besson de 1990 et 2000, les dispositifs changent, les carnets anthropométriques deviennent des livrets de circulation (abrogés seulement en 2017), les assignations à résidence et les contrôles systématiques sont peu à peu remplacé par des obligations à vivre en aires d'accueil, bien souvent à l'écart du reste du tissu social. Ainsi la matrice persiste. Si l'administration se refuse à voir dans le terme "gens du voyage" une quelconque approche par les origines, il suffit d'ouvrir les schémas départementaux d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour y trouver encore, en préambule ou en annexe, le lien explicite avec les populations « tsiganes ». La catégorie se présente comme neutre, mais personne n'est dupe sur le fait qu'elle fonctionne toujours comme une catégorie ethnique.

    Et pour l'apprécier il existe un moyen de mesurer l'effet particulier de cette dénomination administrative de "gens du voyage", simplement en se demandant qui peut y entrer et qui peut en sortir. Visiblement ignorante sur le sujet, à l'audience, l'avocate de Barbara Lefebvre a tenté le tour de passe-passe, en soutenant que si sa cliente choisissait demain de vivre en caravane, elle deviendrait, elle aussi, « gens du voyage ». C'est factuellement faux. Barbara Lefebvre ne serait jamais orientée vers une aire d'accueil. Pour elle, une caravane n'est pas et ne sera jamais un « habitat traditionnel » au sens de la loi : l'habitat traditionnel, c'est celui dont on hérite. Elle disposerait des campings publics et privés, des terrains de loisir, de tous les espaces conçus pour accueillir les résidences mobiles non habitées par des "gens du voyage". Inversement, un Voyageur qui cesse de voyager et s'installe sur un terrain dont il est propriétaire ne sort jamais totalement de la catégorie, il devient dans les documents administratifs un « gens du voyage sédentaire ». Une formule oxymorique qui achève de révéler le caractère héréditaire informel du dispositif. La catégorie administrative n'est pas un statut qu'on endosse en adoptant un mode de vie mais une assignation qui suit les personnes et leurs familles depuis 1912, quel que soit leur mode de vie effectif. C'est un héritage duquel on ne peut consentir ni se soustraire.

    La co-autrice des Territoires perdus de la République a certainement du mal à avaler tout cela. Cette pourfendeuse de la laïcité et des valeurs universalistes, pourtant plusieurs fois épinglé pour des propos confinant au racisme, réaffirme ainsi devant les juges que la République ne peut pas discriminer sur les origines et que donc "gens du voyage" est un terme purement technique et que donc son injure ne peut revêtir un caractère raciale. Et pour cela Lefebvre fait ce qu'elle sait faire de mieux : nier tout processus de racisation. Il est pourtant aisé, et pour l'historien et pour le juriste, de démontrer que la dénomination « gens du voyage » est précisément l'outil par lequel la République a pu saisir juridiquement un groupe racialisé sans avoir à prononcer le mot de race. C'est d'ailleurs ce que je me suis attaché à expliquer lors de mon audition devant les juges. Utiliser l'argument de la « catégorie administrative » pour nier le caractère raciste de ces propos, revient finalement à se prévaloir de l'outil même qui permet au racisme de se dire sans se nommer. Barbara Lefebvre, ancienne cadre de la LICRA et défenseuse autoproclamée de la lutte contre l'antisémitisme, ne peut pourtant pas ignorer que l'effacement du processus de racialisation est un geste identifiable, récurrent, et qu'il porte un nom. Si elle s'intéressait au concept de blanchité, elle y retrouverait un mécanisme qu'elle devrait reconnaître : celui qui consiste à faire des juifs « des blancs comme les autres » pour disqualifier toute analyse de la violence antisémite en termes racistes. Ce qu'elle fait, à son échelle et avec ses propres mots, lorsqu'elle explique au tribunal que les « gens du voyage » sont une catégorie administrative et non une ethnie, c'est très exactement le même geste, appliqué à un autre groupe. Soit elle ne s'en aperçoit pas et il y a un problème de cohérence intellectuelle. Soit elle s'en aperçoit et il y a un problème d'honnêteté.

    Je prends le pari qu'il y a chez elle une parfaite conscience de tout ceci et que de ce fait une mauvaise foi peut être démontrée. Barbara Lefebvre est également professeure d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique. Elle enseigne à ses élèves de troisième les stéréotypes racistes, la Shoah et le génocide des Roms et des Sintés. Elle sait, mieux que la plupart des commentateurs, que la catégorie administrative qu'elle invoque pour se dédouaner est le produit d'une histoire longue de racialisation. Lors de sa première audition, avant qu'elle ne soit préparée par son conseil, elle utilisait d'ailleurs indifféremment « gens du voyage » et « manouches », ce qui en dit long sur ce que l'expression recouvre dans son esprit.

    #GensDuVoyage #Antitsiganisme #WilliamAcker #BarbaraLefebvre #Racisme #Antifas #Indifference

  4. Source: bsky.app/profile/standing-toge

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    Aujourd'hui (2026-01-27) marque les 81 ans de la libération d'Auschwitz, et nous nous souvenons des six millions de Juifs et des millions d'autres victimes assassinées pendant l'Holocauste – y compris les Roms, les personnes handicapées, les personnes queer et les dissidents politiques.

    Aujourd'hui, on nous rappelle le danger profond de la suprématie raciale, de l'antisémitisme et de la discrimination envers les groupes minoritaires.

    Nous honorons la mémoire des victimes de l'Holocauste, et nous reconnaissons que ces crimes ont été rendus possibles non seulement par la haine et la propagande, mais par le silence, l'indifférence et l'inaction.

    Alors que le racisme, le fascisme et l'autoritarisme gagnent du terrain à travers le monde, nous ne pouvons pas simplement considérer des jours comme celui-ci comme des jours pour se souvenir de ce qui s'est passé dans notre passé, nous devons reconnaître le passé comme un signe avant-coureur pour notre présent et notre futur.

    Partout dans le monde, des gens sont victimes de systèmes basés sur la suprématie, la déshumanisation et la violence normalisée, et aucun de nous n'est à l'abri.

    C'est le pouvoir incontrôlé entre de mauvaises mains qui est le moteur ultime de la violence dont nous sommes témoins, mais c'est l'apathie et l'indifférence qui la soutiennent.

    Le souvenir doit se traduire par la responsabilité.

    Nous avons tous la responsabilité les uns envers les autres de lutter contre l'oppression et la discrimination partout où nous la voyons, et de construire des communautés plus sûres pour nous tous.

    Nous ne pouvons pas nous permettre le silence, nous ne pouvons pas nous permettre une empathie sélective, et nous ne pouvons pas placer notre confiance dans des gouvernements ou des institutions internationales qui nous ont répété à maintes reprises qu'ils n'agiront pas à temps.

    La sécurité et l'égalité pour tous ne nous seront pas offertes par des politiciens bien intentionnés, elles seront construites par une solidarité inébranlable par-delà les frontières, les identités et les luttes.

    Elles seront obtenues en construisant un pouvoir politique qui forcera nos dirigeants à agir dans l'intérêt du peuple.

    Honorer le passé, c'est se lever maintenant : pour la dignité, l'égalité et la sécurité de chaque vie menacée.

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    #HolocaustMemorialDay #shoah #genocide #LGBTQIA+ #Roms #Porajmos #Indifference #antisemitisme #antitsiganisme #fascisme #responsabilite #auschwitz