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#vacuite — Public Fediverse posts

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  1. Se passer de l’infini ?

    Avons-nous réellement besoin de l’infini ? Nos vies sont soumises à des frontières de toutes parts, un corps qui vieillit, un temps compté, des relations qui finissent, une mémoire qui s’efface. On pourrait croire qu’une attitude sage consisterait justement à se réconcilier avec cette finitude, à cesser de chercher ailleurs ce que le fini ne peut offrir. Et pourtant, quelque chose résiste à ces frontières. En quoi consiste l’hypothèse d’une vie entièrement repliée […]

    dandanjean.com/2026/09/04/se-p

  2. Bouddhisme et physique quantique

    Depuis les débuts de la mécanique quantique, physiciens et penseurs bouddhistes ont remarqué des résonances frappantes entre les deux disciplines. Niels Bohr avait fait peindre le symbole du yin-yang sur ses armoiries, Erwin Schrödinger s’était plongé dans les Upanishads, le Dalaï-Lama, lui-même dialogue depuis des décennies avec des physiciens dans le cadre de l’institut Mind and Life. Ces convergences méritent d’être examinées avec rigueur, sans tomber dans l’amalgame facile.

    Le bouddhisme place au centre de sa doctrine l’impermanence, rien n’existe de façon fixe et stable, tout est flux, devenir, changement constant. La physique quantique décrit un monde similaire au niveau subatomique. Une particule n’a pas de position ou de vitesse définies avant mesure, elle existe sous forme de probabilités, une fonction d’onde qui ne se fixe qu’au moment de l’observation. Cette absence d’état stable et prédéterminé fait écho à l’idée bouddhiste selon laquelle chercher une essence fixe dans les phénomènes est une illusion.

    Le concept bouddhiste de production conditionnée illustre qu’aucun phénomène n’existe indépendamment des autres, tout surgit en relation, par un réseau de causes et de conditions. La physique quantique offre une analogie frappant avec l’intrication. Deux particules intriquées restent corrélées, quelle que soit la distance qui les sépare, de sorte que la mesure de l’une affecte instantanément l’état de l’autre. Certains y voient une illustration physique de l’idée qu’aucune entité n’est véritablement séparée du reste de l’univers.

    Le terme sanskrit śūnyatā, souvent traduit par « vacuité », ne désigne pas le néant, mais l’absence d’existence propre et indépendante des phénomènes. Les choses n’ont de réalité que relationnelle. En physique quantique, le vide n’est pas non plus un néant absolu. Le vide quantique bouillonne de particules virtuelles qui apparaissent et disparaissent constamment, et le champ quantique reste la structure fondamentale d’où émerge toute matière. Les deux notions rejettent l’idée d’un fond stable et substantiel sous les apparences, sans pour autant être identiques.

    Le principe de complémentarité de Bohr, selon lequel une même entité peut se comporter comme onde ou comme particule sans que ces descriptions soient contradictoires, mais complémentaires, rappelle la logique du tétralemme bouddhiste et la philosophie madhyamaka de Nagarjuna, qui refuse les catégories binaires du « est » et du « n’est pas ». Les deux traditions invitent à dépasser une logique strictement binaire pour appréhender une réalité plus fluide et contextuelle, de façon non duelle.

    Ces résonances sont intellectuellement stimulantes, mais il importe de distinguer deux niveaux de discours. Le bouddhisme est une tradition philosophique et contemplative, fondée sur l’expérience méditative directe et une visée de cessation de la souffrance. La physique quantique est une théorie mathématique prédictive, validée par l’expérimentation. Les résonances relèvent souvent de l’analogie conceptuelle plutôt que d’une équivalence de fond, et le risque d’instrumentaliser l’un pour légitimer l’autre est réel, dans les deux sens.

    Cela dit, la rencontre reste stimulante pour qui cherche à explorer des voies de passage. Elle a nourri des travaux comme ceux du physicien Anton Zeilinger ou du philosophe des sciences B. Alan Wallace, et elle continue d’alimenter une réflexion sur les limites de nos catégories habituelles, substance, séparation, permanence, que ces deux traditions, chacune à sa manière, remettent en question.

    Une chanson de Claude Dubois – Au Bout Des Doigts

    Les paroles sur https://lyriz.progysm.com/chanson.php?idlien=6519

    https://www.youtube.com/watch?v=_Ovpy6o0W-Q

    Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

    COPYRIGHT – DROIT DE REPRODUCTION – La reproduction de cet article sur un blogue ou un site est autorisé à condition de respecter :   * L’intégralité du texte — Vous ne devez pas modifier, transformer ou adapter ce texte. * Le droit d’auteur — Vous devez citer le nom de la source (avec un hyperlien vers l’article original de préférence). * La finalité sans but lucratif — Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette création à des fins commerciales. Si j’ai utilisé vos textes/photos et que vous souhaitez que je les retire, merci de me contacter en commentaire, ce sera fait rapidement.

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  3. La paix du bouddhisme

    Pour les bouddhistes, la paix n’est pas un simple état émotionnel agréable, c’est la conséquence directe d’une compréhension juste de la réalité.

    Ainsi, le nirvāṇa est un état découlant de l’extinction des trois feux que sont l’avidité, l’aversion et l’illusion. La paix bouddhiste n’est donc pas l’absence temporaire de trouble, mais l’épuisement définitif des causes mêmes de l’agitation intérieure. Tant que ces trois racines brûlent, dit-on, aucune paix n’est stable, seulement des accalmies. La paix n’est donc pas un événement, elle est la conséquence d’un diagnostic lucide, presque clinique, de la souffrance.

    Une grande part du conflit humain naît, pour le bouddhisme, de la défense d’un moi que l’on croit substantiel et séparé. Le bouddhisme dissout l’ego dans la vacuité, il n’y a rien de substantiel à défendre, donc rien qui justifie ultimement la peur, la possessivité ou l’hostilité. La paix naît ici d’un dévoilement métaphysique plus que d’une fusion.

    Sur le plan éthique et relationnel, l’idéal de paix se manifeste dans les quatre qualités cultivées activement que sont la bienveillance aimante, ce vœu du bien-être de tous les êtres, sans exception ni préférence, la compassion qui est la capacité à ressentir et alléger la souffrance d’autrui, la joie sympathique qui est la capacité de se réjouir du bonheur d’autrui sans envie et l’équanimité, cette stabilité qui n’est ni indifférence ni détachement froid, mais paix devant ce qui échappe à notre contrôle.

    Ces quatre qualités, souvent pratiquées par méditation formelle. Elles forment un pont entre paix intérieure et paix relationnelle, car on ne peut pas cultiver l’une sans l’autre.

    Comme dans le jaïnisme et l’hindouisme, la non-violence est le socle éthique concret de cette paix. Le premier précepte bouddhiste, s’abstenir de tuer ou de nuire à tout être sensible n’est pas une simple règle morale, mais l’expression extérieure d’un esprit déjà pacifié. On ne nuit plus quand on ne se sent plus séparé ni menacé.

    Ainsi, la paix bouddhiste suit un mouvement inverse, à certains égards, de celui du soufisme que nous venons de voir cette semaine. Là où le soufi descend vers la paix par la soumission amoureuse à un Dieu personnel, le bouddhiste y accède par le dévoilement de la vacuité et l’extinction des attachements, soit une paix qui n’a pas besoin d’un Autre transcendant pour se réaliser, mais qui rejoint néanmoins, dans ses fruits éthiques (compassion, non-nuisance, service), une parenté frappante avec l’approche soufie.

    Dans un monde où tout le monde parle de paix, est-ce que nous avons la même conception de celle-ci? Est-ce que les écarts expliqueraient en partie les conflits qui perdurent?

    Une chanson de Renée Claude interprétée par Isabelle Boulay, Céline Dion, Luce Dufault, Diane Dufresne, Louise Forestier, Laurence Jalbert, Catherine Major, Ariane Moffatt, Marie Denise Pelletier, Ginette Reno et Marie-Élaine Thibert – Tu trouveras la paix

    Les paroles sur https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Ren%C3%A9e-Claude/Tu-Trouveras-La-Paix-Dans-Ton-coeur

    https://www.youtube.com/watch?v=ctwvvoX8BaM

    Par Daniel Jean dans Voies (x) de passage

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