#poetesse — Public Fediverse posts
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Bonjour,
J'ai le plaisir de vous informer de la parution de mon nouveau recueil de poésie en prose, Pas Poésie, aux éditions Gros Textes.
Présentation ici : https://juliette-cortese.fr/wp-content/uploads/2026/07/presentation_JCortese_PasPoesie_noirblanc.pdf
Vous souhaitez le lire ? Plusieurs possibilités : (suite du fil)
#poesie #montpellier #mastolivre #VoixVives #sete #GrosTextes #auteur #ecriture #poétesse #littérature
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Bonjour,
J'ai le plaisir de vous informer de la parution de mon nouveau recueil de poésie en prose, Pas Poésie, aux éditions Gros Textes.
Présentation ici : https://juliette-cortese.fr/wp-content/uploads/2026/07/presentation_JCortese_PasPoesie_noirblanc.pdf
Vous souhaitez le lire ? Plusieurs possibilités : (suite du fil)
#poesie #montpellier #mastolivre #VoixVives #sete #GrosTextes #auteur #ecriture #poétesse #littérature
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Un autre #VendrediLecture cette semaine (après plusieurs semaines sans, je me rattrape) : "Notre Sœur Rabat-joie" d'Ama Ata Aidoo. Un livre paru en 1977, que les éditions Ròt-Bò-Krik proposent pour la première fois en français - avec une traduction de Patricia Houéfa Grange et Guillaume Cingal.
Raconté du point de vue d'une jeune ghanéenne découvrant l'Europe des années 1960-70, c'est un court livre, très riche, à la fois récit initiatique et de voyage, texte de dénonciation et de résistance. L'autrice capture une époque, en une série de portraits se reflétant les uns aux autres, arrêtant le regard de Sissie aussi bien sur les ancien·nes colonisé·es que sur les ancien·nes colonisateur·ices. Car, dans tous les contextes où elle évolue, Sissie détonne, figure "rabat-joie" qui observe sans complaisance ce qui l'entoure.
Autour d'elle, l'autrice construit un texte hybride, où s'entremêlent prose poétique, monologue et genre épistolaire. L'ensemble se lit d'une traite, porté par une plume percutante, ironique et caustique. C'est un roman afroféministe et anticolonial qui met à l'ordre du jour, à l'époque de son écriture comme lorsqu'on le lit aujourd'hui, la nécessité d'une décolonisation réelle, contre la colonialité persistant sur le continent africain comme en Europe.
Bref, un livre incisif, emblématique d'une époque, avec une résonance décoloniale et féministe toujours actuelle, à mettre entre toutes les mains (j'ai commencé à l'offrir à des amies qui ont leur anniversaire cet été :) ).
#MastoLivre #RotBoKrik #Makassar #Lecture #LitteratureAfricaine #Poésie #Poétesse
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Un autre #VendrediLecture cette semaine (après plusieurs semaines sans, je me rattrape) : "Notre Sœur Rabat-joie" d'Ama Ata Aidoo. Un livre paru en 1977, que les éditions Ròt-Bò-Krik proposent pour la première fois en français - avec une traduction de Patricia Houéfa Grange et Guillaume Cingal.
Raconté du point de vue d'une jeune ghanéenne découvrant l'Europe des années 1960-70, c'est un court livre, très riche, à la fois récit initiatique et de voyage, texte de dénonciation et de résistance. L'autrice capture une époque, en une série de portraits se reflétant les uns aux autres, arrêtant le regard de Sissie aussi bien sur les ancien·nes colonisé·es que sur les ancien·nes colonisateur·ices. Car, dans tous les contextes où elle évolue, Sissie détonne, figure "rabat-joie" qui observe sans complaisance ce qui l'entoure.
Autour d'elle, l'autrice construit un texte hybride, où s'entremêlent prose poétique, monologue et genre épistolaire. L'ensemble se lit d'une traite, porté par une plume percutante, ironique et caustique. C'est un roman afroféministe et anticolonial qui met à l'ordre du jour, à l'époque de son écriture comme lorsqu'on le lit aujourd'hui, la nécessité d'une décolonisation réelle, contre la colonialité persistant sur le continent africain comme en Europe.
Bref, un livre incisif, emblématique d'une époque, avec une résonance décoloniale et féministe toujours actuelle, à mettre entre toutes les mains (j'ai commencé à l'offrir à des amies qui ont leur anniversaire cet été :) ).
#MastoLivre #RotBoKrik #Makassar #Lecture #LitteratureAfricaine #Poésie #Poétesse
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La voix d’une poétesse (été 2026)
https://adsv.fr/la-voix-dune-poetesse-ete-2026/
#Politique #Billets #Comérage #Peurs #Poème #Poésie #Poétesse #Regard -
La voix d’une poétesse (été 2026)
https://adsv.fr/la-voix-dune-poetesse-ete-2026/
#Politique #Billets #Comérage #Peurs #Poème #Poésie #Poétesse #Regard -
#Poésie du week-end : "Un soupçon de crachat", de Pat Parker (trad. par Noémie Grunenwald). Des poèmes, écrits dans les années 70 et 80, que portent et traversent luttes et colères, mais aussi tendresse et amour. Une poésie qui se déclame et marque, au fil d'un recueil où intime et politique sont profondément entremêlés.
Le livre est publié par les éditions Hystériques & AssociéEs qui sont concernées -comme beaucoup d'autres- par le risque de faillite de leur distributeur : https://blogs.mediapart.fr/les-invite-es-de-mediapart/blog/030726/edition-il-faut-sauver-les-indes
Un extrait (et quelques autres poèmes en photos) :
les chaînes sont là
sans métal - sans bruit
les chaines de l'ignorance & de la peur
les chaînes sont là - provoquent douleurs
et peinescomment briser ces chaines
vers qui ou quoi
diriger la peine
Noir·e - blanc·he
mère - père
soeur - frère
hétéro - homocomment briser ces chaines
faire cesser la peine
chez qui - trouver le visible
que dois-je faire - pour être libresoeurs - comment briser vos chaines
frères - comment briser vos chaines
mères - comment briser vos chaines
pères - comment briser vos chainesJe ne veux pas tuer -
pas faire de mal -
ni causer de peinemais comment -
autrement - briser vos chainesUne présentation du recueil par là : https://hysteriquesetassociees.org/2025/12/09/un-soupcon-de-crachat/
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#Poésie du week-end : "Un soupçon de crachat", de Pat Parker (trad. par Noémie Grunenwald). Des poèmes, écrits dans les années 70 et 80, que portent et traversent luttes et colères, mais aussi tendresse et amour. Une poésie qui se déclame et marque, au fil d'un recueil où intime et politique sont profondément entremêlés.
Le livre est publié par les éditions Hystériques & AssociéEs qui sont concernées -comme beaucoup d'autres- par le risque de faillite de leur distributeur : https://blogs.mediapart.fr/les-invite-es-de-mediapart/blog/030726/edition-il-faut-sauver-les-indes
Un extrait (et quelques autres poèmes en photos) :
les chaînes sont là
sans métal - sans bruit
les chaines de l'ignorance & de la peur
les chaînes sont là - provoquent douleurs
et peinescomment briser ces chaines
vers qui ou quoi
diriger la peine
Noir·e - blanc·he
mère - père
soeur - frère
hétéro - homocomment briser ces chaines
faire cesser la peine
chez qui - trouver le visible
que dois-je faire - pour être libresoeurs - comment briser vos chaines
frères - comment briser vos chaines
mères - comment briser vos chaines
pères - comment briser vos chainesJe ne veux pas tuer -
pas faire de mal -
ni causer de peinemais comment -
autrement - briser vos chainesUne présentation du recueil par là : https://hysteriquesetassociees.org/2025/12/09/un-soupcon-de-crachat/
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Poésie du week-end : "Danser jusqu'à soi", de Coline Pierré. C'est un recueil dans lequel l'autrice parle de rapport au corps et de danse sous un angle politique. Il est question de réappropriation de soi et d'émancipation, contre le poids du regard des autres, contre les injonctions patriarcales intériorisées. L'autrice partage, de façon intime et sensible, une trajectoire personnelle : elle explore sa corporéité et s'attache à mettre en lumière ce que peut signifier le fait de se mouvoir, individuellement comme collectivement.
Un extrait (+ quelques poèmes en photos) :
"longtemps je me suis cherché
un corps où habiter
un corps avec de grandes pièces
beaucoup de lumière et une vue sur la mer
des murs colorés une belle bibliothèque
des espaces modulables et un canapé en velours
ni trop dur
ni trop mouje voulais un corps accueillant un corps évident
le genre dont on dit dès qu'on en passe la porte
'qu'est-ce qu'on est bien chez toi
c'est si douillet ton corps'
je croyais désirer un corps où me sentir à la maison
mais ce que je cherchais en vérité
c'était un corps qui correspondait
à l'idée qu'on m'a transmise d'un corps
à l'idée que les autres se font
d'un corps de femme de fille de mère
un corps docile
qui se plie quand on lui demande de se plier
qui s'ouvre quand on veut qu'il s'ouvre
qui pousse quand on lui intime de pousser
qui se tait et qui sourit
un corps qu'on peut ranger dans un coin
et exhiber quand on en a besoin
un corps léger discret bien élevé
un corps si obéissant
qu'il en oublie
qu'il est un corps" -
Poésie du week-end : "Danser jusqu'à soi", de Coline Pierré. C'est un recueil dans lequel l'autrice parle de rapport au corps et de danse sous un angle politique. Il est question de réappropriation de soi et d'émancipation, contre le poids du regard des autres, contre les injonctions patriarcales intériorisées. L'autrice partage, de façon intime et sensible, une trajectoire personnelle : elle explore sa corporéité et s'attache à mettre en lumière ce que peut signifier le fait de se mouvoir, individuellement comme collectivement.
Un extrait (+ quelques poèmes en photos) :
"longtemps je me suis cherché
un corps où habiter
un corps avec de grandes pièces
beaucoup de lumière et une vue sur la mer
des murs colorés une belle bibliothèque
des espaces modulables et un canapé en velours
ni trop dur
ni trop mouje voulais un corps accueillant un corps évident
le genre dont on dit dès qu'on en passe la porte
'qu'est-ce qu'on est bien chez toi
c'est si douillet ton corps'
je croyais désirer un corps où me sentir à la maison
mais ce que je cherchais en vérité
c'était un corps qui correspondait
à l'idée qu'on m'a transmise d'un corps
à l'idée que les autres se font
d'un corps de femme de fille de mère
un corps docile
qui se plie quand on lui demande de se plier
qui s'ouvre quand on veut qu'il s'ouvre
qui pousse quand on lui intime de pousser
qui se tait et qui sourit
un corps qu'on peut ranger dans un coin
et exhiber quand on en a besoin
un corps léger discret bien élevé
un corps si obéissant
qu'il en oublie
qu'il est un corps" -
Il pleut (et on a perdu plus de 10 degrés depuis 17h) ! 🌧️
Pour reprendre ce poème issu du recueil de Gabrielle Filteau-Chiba lu ce week-end :
"Exaucées"
il pleut
quatre gouttesdes cordes
il mouillasse
il pleut
à boire deboutil pleut
des clous
à verse
à siauxil pleuvine
il drache
il pleut à torrentsil pleut
il tombe
des hallebardesciel ô oui
on danse sous la pluieon pleure de joie
sous les trombes(Une petite parenthèse pour tenir jusqu'à la semaine prochaine...)
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Il pleut (et on a perdu plus de 10 degrés depuis 17h) ! 🌧️
Pour reprendre ce poème issu du recueil de Gabrielle Filteau-Chiba lu ce week-end :
"Exaucées"
il pleut
quatre gouttesdes cordes
il mouillasse
il pleut
à boire deboutil pleut
des clous
à verse
à siauxil pleuvine
il drache
il pleut à torrentsil pleut
il tombe
des hallebardesciel ô oui
on danse sous la pluieon pleure de joie
sous les trombes(Une petite parenthèse pour tenir jusqu'à la semaine prochaine...)
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Poésie du soir : "La robe en feu" de Gabrielle Filteau-Chiba. Un recueil dans lequel on retrouve l'écoféminisme de l'autrice, avec une plume pleine d'engagement et de sensibilité. Il y a bien des passages qui m'ont donné envie de les lire et de les relire, assise dans un coin de forêt :) (Et ce, même si -comme dans d'autres de ses textes- je n'adhère pas à toutes les dynamiques de l'autrice.)
Un extrait, avec le poème "Minuit" :
La lune veille
Tel un oeil sans paupière
bordant le ruisseau demeuré anonymesous les bouleaux
les feuilles abrillent mirifiquement
le tapis d’aiguillesma galerie est un privilège
sur tant de perchoirshiboux tourterelles tristes
symphonie du soirj'écoute le néant
l'engoulevent bois-pourri
les bourrasques humidesSouris à la nuit
(Quelques photos poétiques complémentaires ci-dessous ;) )
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Poésie du soir : "La robe en feu" de Gabrielle Filteau-Chiba. Un recueil dans lequel on retrouve l'écoféminisme de l'autrice, avec une plume pleine d'engagement et de sensibilité. Il y a bien des passages qui m'ont donné envie de les lire et de les relire, assise dans un coin de forêt :) (Et ce, même si -comme dans d'autres de ses textes- je n'adhère pas à toutes les dynamiques de l'autrice.)
Un extrait, avec le poème "Minuit" :
La lune veille
Tel un oeil sans paupière
bordant le ruisseau demeuré anonymesous les bouleaux
les feuilles abrillent mirifiquement
le tapis d’aiguillesma galerie est un privilège
sur tant de perchoirshiboux tourterelles tristes
symphonie du soirj'écoute le néant
l'engoulevent bois-pourri
les bourrasques humidesSouris à la nuit
(Quelques photos poétiques complémentaires ci-dessous ;) )
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Une lecture du week-end : "Les métamorphoses d'Ovida Delect", de Camille Paix. Une "enquête poétique" (pour reprendre le sous-titre) dans laquelle la journaliste nous entraîne dans ses efforts pour retracer et comprendre la vie d'Ovida Delect. Elle le fait après avoir découvert son nom sur la plaque d'une petite place parisienne, où elle est qualifiée de "Résistante, Déportée, Poétesse".
Au fil des archives médiatiques et personnelles consultées, des témoignages de celleux qui l'ont connue, mais aussi des textes qu'a laissés l'autrice (publiés ou non), Camille Paix retrace une trajectoire intime et littéraire, militante et marquée par l'Histoire : celle d'une femme trans qui a traversé une bonne partie du XXe siècle en France (née en 1926 et décédée en 1996).
C'est un texte très vivant qui se lit d'une traite : la journaliste provoque une rencontre, ravivant la mémoire d'Ovida Delect autant qu'elle donne envie d'en découvrir plus sur ses écrits (qui restent trop brièvement évoqués). Un livre qui touche de plus d'une façon, jusque dans son évocation de la "bataille pour la postérité" menée par Ovida Delect, "pour être reconnue, déjà, mais aussi et surtout pour être reconnue en tant que femme" (p. 175). Au-delà de sa dimension biographique, il invite aussi à se questionner sur les façons de recevoir, depuis le XXIe siècle, la mémoire d'Ovida Delect.
Une très intéressante découverte ! (Quelques extraits en photos ci-dessous)
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Une lecture du week-end : "Les métamorphoses d'Ovida Delect", de Camille Paix. Une "enquête poétique" (pour reprendre le sous-titre) dans laquelle la journaliste nous entraîne dans ses efforts pour retracer et comprendre la vie d'Ovida Delect. Elle le fait après avoir découvert son nom sur la plaque d'une petite place parisienne, où elle est qualifiée de "Résistante, Déportée, Poétesse".
Au fil des archives médiatiques et personnelles consultées, des témoignages de celleux qui l'ont connue, mais aussi des textes qu'a laissés l'autrice (publiés ou non), Camille Paix retrace une trajectoire intime et littéraire, militante et marquée par l'Histoire : celle d'une femme trans qui a traversé une bonne partie du XXe siècle en France (née en 1926 et décédée en 1996).
C'est un texte très vivant qui se lit d'une traite : la journaliste provoque une rencontre, ravivant la mémoire d'Ovida Delect autant qu'elle donne envie d'en découvrir plus sur ses écrits (qui restent trop brièvement évoqués). Un livre qui touche de plus d'une façon, jusque dans son évocation de la "bataille pour la postérité" menée par Ovida Delect, "pour être reconnue, déjà, mais aussi et surtout pour être reconnue en tant que femme" (p. 175). Au-delà de sa dimension biographique, il invite aussi à se questionner sur les façons de recevoir, depuis le XXIe siècle, la mémoire d'Ovida Delect.
Une très intéressante découverte ! (Quelques extraits en photos ci-dessous)
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Une lecture poético-mythologique ce week-end : "Troie", avec un texte de luvan & des illustrations d'Ambre.
Un court livre qui revisite et ravive le récit de la guerre de Troie. Il est découpé en une suite de séquences : ces instantanés reconvoquent, à travers quelques figures mythiques, les affrontements et les haines qui s'y exprimèrent. Cela donne une poésie âpre et poisseuse, qui prend à la gorge. La prose est particulièrement riche, jouant sur les tonalités, les styles, mais aussi la typographie, pour se réinventer constamment et multiplier les niveaux de lecture tout au long du récit. Le tout est rythmé par des illustrations d'Ambre qui prolongent les ressentis que la lecture fait naître.
En résumé, un bel "objet livre".
(Un aperçu avec quelques photos ci-dessous.)
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Une lecture poético-mythologique ce week-end : "Troie", avec un texte de luvan & des illustrations d'Ambre.
Un court livre qui revisite et ravive le récit de la guerre de Troie. Il est découpé en une suite de séquences : ces instantanés reconvoquent, à travers quelques figures mythiques, les affrontements et les haines qui s'y exprimèrent. Cela donne une poésie âpre et poisseuse, qui prend à la gorge. La prose est particulièrement riche, jouant sur les tonalités, les styles, mais aussi la typographie, pour se réinventer constamment et multiplier les niveaux de lecture tout au long du récit. Le tout est rythmé par des illustrations d'Ambre qui prolongent les ressentis que la lecture fait naître.
En résumé, un bel "objet livre".
(Un aperçu avec quelques photos ci-dessous.)
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Lecture/Poésie du soir : "Rendre soin", de Julie Lombe. L'autrice était invitée dans une chouette émission du Book Club il y a quelques semaines, "Qui pour rendre soin à celles et ceux qui prennent soin ?" : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/soigner-les-corps-ecrire-le-monde-avec-la-poetesse-julie-lombe-3179436 Massothérapeute et poétesse, elle explore dans ce recueil les facettes du soin comme métier, mais aussi comme mère. Elle y capture son quotidien, met des mots sur les coûts, les doutes et la fierté qui le rythment, et pointe les rapports de genre et de race qui le traversent. Sa plume porte et marque tout au long du recueil.
Un extrait de "Poète de salon":
"Mes grandes paluches sont devenues petites mains.
Je fais un métier qui semble prêter à sourire.
Un métier dégradant. Un métier qui fait honte.
Et puisque tout cela est honteux, alors on peut rapetisser, invisibiliser, exploiter, réifier, mépriser celleux qui exercent ces métiers.
J'ai trouvé une petite esthéticienne. Ma femme de ménage. La nounou...Sur mon tablier comme sur la feuille, j'essuie les hontes.
Pétrir. Écrire.
Sans fard.
Regarder le monde de tout près.
Tel qu'il est vraiment, sans son maquillage.
Un monde qui, chaque jour, se ride."(Un peu plus en photos ci-dessous)
#MastoLivre #Poésie #Poétesse #Poème #OndesPubliques #ConseilPodcast
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Lecture/Poésie du soir : "Rendre soin", de Julie Lombe. L'autrice était invitée dans une chouette émission du Book Club il y a quelques semaines, "Qui pour rendre soin à celles et ceux qui prennent soin ?" : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/soigner-les-corps-ecrire-le-monde-avec-la-poetesse-julie-lombe-3179436 Massothérapeute et poétesse, elle explore dans ce recueil les facettes du soin comme métier, mais aussi comme mère. Elle y capture son quotidien, met des mots sur les coûts, les doutes et la fierté qui le rythment, et pointe les rapports de genre et de race qui le traversent. Sa plume porte et marque tout au long du recueil.
Un extrait de "Poète de salon":
"Mes grandes paluches sont devenues petites mains.
Je fais un métier qui semble prêter à sourire.
Un métier dégradant. Un métier qui fait honte.
Et puisque tout cela est honteux, alors on peut rapetisser, invisibiliser, exploiter, réifier, mépriser celleux qui exercent ces métiers.
J'ai trouvé une petite esthéticienne. Ma femme de ménage. La nounou...Sur mon tablier comme sur la feuille, j'essuie les hontes.
Pétrir. Écrire.
Sans fard.
Regarder le monde de tout près.
Tel qu'il est vraiment, sans son maquillage.
Un monde qui, chaque jour, se ride."(Un peu plus en photos ci-dessous)
#MastoLivre #Poésie #Poétesse #Poème #OndesPubliques #ConseilPodcast
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Reçu ce jour en SP bien que je ne fasse plus vraiment de note de lecture mais ce livre a pu naître grâce à une amie de plume qui a fait l'intermédiaire entre l'autrice qui est en Iran et l'éditeur français, ce que l'autrice n'aurait pu faire vu les conditions là-bas. Saghi Farahmandpour est née en février 1981 à Téhéran, en Iran. Tout son parcours universitaire a été en langue et littérature française et elle a un doctorat ès lettres françaises. (...). Elle écrit de la poésie en persan et en français ; elle fait également de la traduction, de l’interprétation littéraire et de la peinture. :
https://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne-debris-du-destin.html
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Un numéro de 'comme nous brûlons' où "des voix plurielles, désaccordées" parlent d'immigration, d'exil, de perte, de dépossession et des façons dont les identités se forgent. Parmi les textes très différents rassemblés, plusieurs poèmes. Dont celui-ci de Camille Chems Bakkali.
"Chems"
ma grand-mère comptait les lunes
sur ses doigts
la couleur orange du henna
que je confondais avec de la saleté33 fois, elle disait
Allahu Akbar
sa langue déjà, un attentat
un attentat de s'inclinerà l'aube, elle se levait pour prier fajr
elle s'inclinait, l'arbre
lourd de sa fertilité, de ses fruits,
mais j'avais huit ans et j'étais blanche
et je ne voyais qu'une vieille femme
soumise à son hijab et à ses fablesmes ancêtres chorfa m'ont-ils vue me haïr ?
[...]
j'avais dix-neuf ans sur son lit de mort, Allah y ra7ma
incapable de lui lire une sourate
il est l'heure de prendre la routemon prénom est le signe de l'humiliation
j'en ai le monde rongé
il est l'heure de prendre la route[...]
sur le bitume, je jette mon prénom
et je reprends le sien, Chems
je ne suis plus qu'un tas de nerfs en furie
je suis sans langue, sans dieu, sans foi
et je ne sais pas façonner une harcha de semoule
je suis nue, libre et triste,
mais votre existence, mes frères, perfore l'oubli imposé
il faut continuer la route [...](Poème complet dans les photos ci-dessous)
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Un numéro de 'comme nous brûlons' où "des voix plurielles, désaccordées" parlent d'immigration, d'exil, de perte, de dépossession et des façons dont les identités se forgent. Parmi les textes très différents rassemblés, plusieurs poèmes. Dont celui-ci de Camille Chems Bakkali.
"Chems"
ma grand-mère comptait les lunes
sur ses doigts
la couleur orange du henna
que je confondais avec de la saleté33 fois, elle disait
Allahu Akbar
sa langue déjà, un attentat
un attentat de s'inclinerà l'aube, elle se levait pour prier fajr
elle s'inclinait, l'arbre
lourd de sa fertilité, de ses fruits,
mais j'avais huit ans et j'étais blanche
et je ne voyais qu'une vieille femme
soumise à son hijab et à ses fablesmes ancêtres chorfa m'ont-ils vue me haïr ?
[...]
j'avais dix-neuf ans sur son lit de mort, Allah y ra7ma
incapable de lui lire une sourate
il est l'heure de prendre la routemon prénom est le signe de l'humiliation
j'en ai le monde rongé
il est l'heure de prendre la route[...]
sur le bitume, je jette mon prénom
et je reprends le sien, Chems
je ne suis plus qu'un tas de nerfs en furie
je suis sans langue, sans dieu, sans foi
et je ne sais pas façonner une harcha de semoule
je suis nue, libre et triste,
mais votre existence, mes frères, perfore l'oubli imposé
il faut continuer la route [...](Poème complet dans les photos ci-dessous)
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Poésie du soir : ce week-end, il a neigé là où nous étions et j'ai replongé dans "La Forêt barbelée", de Gabrielle Filteau-Chiba.
(Un poème ci-dessous et quelques autres en photos.)kintsugi
j'aime le marin des faïences
sur les porcelaines crème et blanches
et les vaisselles les plus polies
celles dont les fêlures se parent
des couleurs de mes baies confiteselles m'apprennent à faire la paix
à sucrer mes amertumes
à mettre en lumière
ces blessures franches
là où j'ai cédéà voir le sourire dans mes rides
à composer avec les saisons
à admirer les failles
les manquements
avec indulgencebelle brisée
recolle tes morceaux
laque tes plaies
orne-les des plus douces
poussières d'or -
Poésie du soir : ce week-end, il a neigé là où nous étions et j'ai replongé dans "La Forêt barbelée", de Gabrielle Filteau-Chiba.
(Un poème ci-dessous et quelques autres en photos.)kintsugi
j'aime le marin des faïences
sur les porcelaines crème et blanches
et les vaisselles les plus polies
celles dont les fêlures se parent
des couleurs de mes baies confiteselles m'apprennent à faire la paix
à sucrer mes amertumes
à mettre en lumière
ces blessures franches
là où j'ai cédéà voir le sourire dans mes rides
à composer avec les saisons
à admirer les failles
les manquements
avec indulgencebelle brisée
recolle tes morceaux
laque tes plaies
orne-les des plus douces
poussières d'or -
#Poésie du soir, toujours extraite de "Ce pont, mon dos" :
"It's the poverty", de Cherríe Moraga.
Je manque d'imagination, dites-vous
Non. C'est le langage qui me manque.
Les mots pour clarifier
ma résistance au littéral.
Les mots sont pour moi une guerre.
Ils menacent ma famille.Pour trouver le mot
pour décrire la perte
je risque de tout perdre.
De créer un monstre
la longueur et le corps du mot
gonflant coloré et frissonnant
planant au-dessus de ma mère, caractérisée.
Sa voix au loin
inintelligible analphabète.
Tels sont les mots du monstre."Le poème est repris dans l'ouvrage par Gloria Anzaldúa, au sein d'un texte particulièrement puissant consacré à l'acte d'écrire et au langage, intitulé "Parler en langues. Lettre aux écrivaines du Tiers Monde" (trad. Noémie Bannerot-Polverini).
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#Poésie du soir, toujours extraite de "Ce pont, mon dos" :
"It's the poverty", de Cherríe Moraga.
Je manque d'imagination, dites-vous
Non. C'est le langage qui me manque.
Les mots pour clarifier
ma résistance au littéral.
Les mots sont pour moi une guerre.
Ils menacent ma famille.Pour trouver le mot
pour décrire la perte
je risque de tout perdre.
De créer un monstre
la longueur et le corps du mot
gonflant coloré et frissonnant
planant au-dessus de ma mère, caractérisée.
Sa voix au loin
inintelligible analphabète.
Tels sont les mots du monstre."Le poème est repris dans l'ouvrage par Gloria Anzaldúa, au sein d'un texte particulièrement puissant consacré à l'acte d'écrire et au langage, intitulé "Parler en langues. Lettre aux écrivaines du Tiers Monde" (trad. Noémie Bannerot-Polverini).
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Allez hop, une petite grippe et on met le site à jour (chantier en cours) ⭐
https://llenesonore.wordpress.com/2025/04/14/silence-1/#blog #poesie #poesiesonore #poete #poétesse #information #actualite #collectif #ecriture #experimentalmusic #solo #livre #livredepoesie #assoposo #posoasso #poèmepartition #DO4DO #exhalecaudale #performance #creation #radio
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Allez hop, une petite grippe et on met le site à jour (chantier en cours) ⭐
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J'ai récupéré aujourd'hui l'ouvrage collectif "Ce pont, mon dos. Voix de femmes de couleur étasuniennes radicales", édité par Cherrie Moraga et Gloria Anzaldúa. C'est sa première publication en français en ce début d'année - 45 ans après sa première édition -avec une traduction de Noémie Bannerot-Polverini.
Cela donne un épais livre de presque 500 pages, où l'on croise des textes d'analyse, des partages d'expérience, de la poésie... Je commence tout juste la lecture ce soir, mais je voulais partager un extrait de son puissant poème d'ouverture : "Poème du pont", par Kate Rushin."J'en ai assez
Ça m'rend malade de voir et de toucher
Les deux côtés des choses
Malade d'être le maudit pont pour tout le mondePersonne
Ne peut parler à personne
Sans moi
N'est-ce pas ?[...]
Trouvez-vous une autre connexion au reste du monde
Trouvez-vous quelque chose d'autre qui vous rende légitimes
Trouvez un autre moyen d'être politisé·es et à la mode
Je ne serai pas le pont vers votre féminité
Votre masculinité
Votre humanitéÇa m'rend malade de vous rappeler de ne pas
Vous renfermer trop à l'étroit pour trop longtempsÇa m'rend malade de négocier avec la pire version de vous-mêmes
Pour le compte de la meilleureÇa m'rend malade
De devoir vous rappeler
De respirer
Avant d'étouffer
Dans votre idiotieLaissez tomber
Étirez-vous ou noyez-vous
Évoluez ou mourezLe pont que je dois être
Est le pont vers mon pouvoir
Je dois traduire
Mes peurs
Arbitrer
Mes faiblessesJe dois être le pont vers nulle part
Sinon mon vrai moi
Et alors
Je serai utile" -
J'ai récupéré aujourd'hui l'ouvrage collectif "Ce pont, mon dos. Voix de femmes de couleur étasuniennes radicales", édité par Cherrie Moraga et Gloria Anzaldúa. C'est sa première publication en français en ce début d'année - 45 ans après sa première édition -avec une traduction de Noémie Bannerot-Polverini.
Cela donne un épais livre de presque 500 pages, où l'on croise des textes d'analyse, des partages d'expérience, de la poésie... Je commence tout juste la lecture ce soir, mais je voulais partager un extrait de son puissant poème d'ouverture : "Poème du pont", par Kate Rushin."J'en ai assez
Ça m'rend malade de voir et de toucher
Les deux côtés des choses
Malade d'être le maudit pont pour tout le mondePersonne
Ne peut parler à personne
Sans moi
N'est-ce pas ?[...]
Trouvez-vous une autre connexion au reste du monde
Trouvez-vous quelque chose d'autre qui vous rende légitimes
Trouvez un autre moyen d'être politisé·es et à la mode
Je ne serai pas le pont vers votre féminité
Votre masculinité
Votre humanitéÇa m'rend malade de vous rappeler de ne pas
Vous renfermer trop à l'étroit pour trop longtempsÇa m'rend malade de négocier avec la pire version de vous-mêmes
Pour le compte de la meilleureÇa m'rend malade
De devoir vous rappeler
De respirer
Avant d'étouffer
Dans votre idiotieLaissez tomber
Étirez-vous ou noyez-vous
Évoluez ou mourezLe pont que je dois être
Est le pont vers mon pouvoir
Je dois traduire
Mes peurs
Arbitrer
Mes faiblessesJe dois être le pont vers nulle part
Sinon mon vrai moi
Et alors
Je serai utile" -
Le livre m'interpelle aussi, en tant que juriste/historienne du droit, par son sujet. C'est en tant que citoyenne à la fois de la nation oglala lakota et des États-Unis que Layli Long Soldier se positionne, réagit, commente directement aussi le texte juridique de la résolution adoptée (dont l'original est disponible par là : www.congress.gov/bill/111th-congress/senate-joint-resolution/14/text). Elle dissèque des passages, fait exploser jusqu'à la manière dont le texte est présenté formellement, pour en souligner les ambivalences, la perpétuation des doubles standards et en dénoncer l'absence de portée et le silence qui l'a entouré.
Un dernier extrait (et quelques ultimes photos) :
"Chère jeune fille, je suis allée aux services médicaux de santé indiens pour soigner une dent, une douleur chronique. Les soins de santé pour les Indiens sont garantis par traité mais à la clinique les fonds limités n'autorisent pas à soigner au-delà d'un plombage. La solution offerte : l'arracher. Sous les pinces les masques et les lumières de la clinique, une dent qui aurait pu être sauvée fut placée dans ma paume pour que je la prenne après séquestration. Chère jeune fille, je rends honneur à votre réponse et votre action, vraiment. Bien qu'à la racine de réparation il y ait réparée. Ma dent ne repoussera plus jamais. La racine, partie."
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Le livre m'interpelle aussi, en tant que juriste/historienne du droit, par son sujet. C'est en tant que citoyenne à la fois de la nation oglala lakota et des États-Unis que Layli Long Soldier se positionne, réagit, commente directement aussi le texte juridique de la résolution adoptée (dont l'original est disponible par là : www.congress.gov/bill/111th-congress/senate-joint-resolution/14/text). Elle dissèque des passages, fait exploser jusqu'à la manière dont le texte est présenté formellement, pour en souligner les ambivalences, la perpétuation des doubles standards et en dénoncer l'absence de portée et le silence qui l'a entouré.
Un dernier extrait (et quelques ultimes photos) :
"Chère jeune fille, je suis allée aux services médicaux de santé indiens pour soigner une dent, une douleur chronique. Les soins de santé pour les Indiens sont garantis par traité mais à la clinique les fonds limités n'autorisent pas à soigner au-delà d'un plombage. La solution offerte : l'arracher. Sous les pinces les masques et les lumières de la clinique, une dent qui aurait pu être sauvée fut placée dans ma paume pour que je la prenne après séquestration. Chère jeune fille, je rends honneur à votre réponse et votre action, vraiment. Bien qu'à la racine de réparation il y ait réparée. Ma dent ne repoussera plus jamais. La racine, partie."
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Seconde soirée #poésie d'affilée : je lis et relis "Attendu que" de Layli Long Soldier.
Un livre paru en 2017 qui constitue une réponse à une résolution du Congrès états-unien, de 2009, censée présenter les excuses du gouvernement des États-Unis aux populations amérindiennes. Le livre est construit en deux parties dans lesquelles une prose puissante se déploie. Implacable. La poétesse convoque l'Histoire tout en s'adressant aux enjeux du présent. Elle y explore la langue, expérimente et teste le poids des mots et les formes de l'expression. C'est l'anglais qui est défié, mais la traductrice Béatrice Machet a réalisé un sacré travail pour rendre compte du mieux possible de ces jeux langagiers (ça donne envie d'une édition bilingue).Un extrait (et quelques photos) :
"Les pages sont des lieux caverneux, blancs à l'entrée, noirs par effet d'absorption.
Écho.Si je suis transformée par le langage, je suis souvent
accroupie dans les notes de bas de page ou flamboyante dans le titre.
Où est-ce dans le corps que je commence ;" -
Seconde soirée #poésie d'affilée : je lis et relis "Attendu que" de Layli Long Soldier.
Un livre paru en 2017 qui constitue une réponse à une résolution du Congrès états-unien, de 2009, censée présenter les excuses du gouvernement des États-Unis aux populations amérindiennes. Le livre est construit en deux parties dans lesquelles une prose puissante se déploie. Implacable. La poétesse convoque l'Histoire tout en s'adressant aux enjeux du présent. Elle y explore la langue, expérimente et teste le poids des mots et les formes de l'expression. C'est l'anglais qui est défié, mais la traductrice Béatrice Machet a réalisé un sacré travail pour rendre compte du mieux possible de ces jeux langagiers (ça donne envie d'une édition bilingue).Un extrait (et quelques photos) :
"Les pages sont des lieux caverneux, blancs à l'entrée, noirs par effet d'absorption.
Écho.Si je suis transformée par le langage, je suis souvent
accroupie dans les notes de bas de page ou flamboyante dans le titre.
Où est-ce dans le corps que je commence ;" -
#catherinebernard (1663-1712) était une #romancière, #poétesse et #dramaturge française de renom à son époque, connue pour être la première #femme à avoir écrit une #tragédie représentée à la #comediefrancaise
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Ce recueil d'Akiko Yosano, "Cheveux emmêlés", est paru en 1901 - elle a alors 23 ans. C'est un recueil plein de sensibilité dont le fil rouge est une ode à l'amour.
La version française (publiée aux Belles Lettres) propose la même illustration de couverture que la publication originale. Un point que j'apprécie dans cette édition (moi qui ne suis pas du tout familière avec la poésie japonaise), c'est que la traductrice, Claire Dodane, signe une longue postface, où elle revient à la fois sur la vie d'Akiko Yosano, mais aussi sur la complexité que cela a été de traduire la forme poétique choisie par la poétesse, le tanka.
Pour expliquer l'importance de l'oeuvre, Claire Dodane y explique notamment qu'il s'agit de la "première oeuvre produite par une femme dans la littérature japonaise moderne à avoir laissé libre cours au bonheur féminin". -
Ce recueil d'Akiko Yosano, "Cheveux emmêlés", est paru en 1901 - elle a alors 23 ans. C'est un recueil plein de sensibilité dont le fil rouge est une ode à l'amour.
La version française (publiée aux Belles Lettres) propose la même illustration de couverture que la publication originale. Un point que j'apprécie dans cette édition (moi qui ne suis pas du tout familière avec la poésie japonaise), c'est que la traductrice, Claire Dodane, signe une longue postface, où elle revient à la fois sur la vie d'Akiko Yosano, mais aussi sur la complexité que cela a été de traduire la forme poétique choisie par la poétesse, le tanka.
Pour expliquer l'importance de l'oeuvre, Claire Dodane y explique notamment qu'il s'agit de la "première oeuvre produite par une femme dans la littérature japonaise moderne à avoir laissé libre cours au bonheur féminin". -
RE: https://wikis.world/@wikipedia_fr/115678308950951694
#Poésie du dimanche soir : ce pouet m'a fait replonger aujourd'hui dans le recueil "Cheveux emmêlés" de Akiko Yosano.
Ni mot ni poème
À qui je désire confier
Mes pensées profondes
En ce jour en cet instant,
Seul de mon coeur à ton coeur.Dormant sur mes vers,
J'ai vu hier dans un rêve
Une femme poète
Dont les cheveux noirs étaient
D'une couleur sans pareil(Extrait de "Femme de vingt ans" - traduction par Claire Dodane)
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RE: https://wikis.world/@wikipedia_fr/115678308950951694
#Poésie du dimanche soir : ce pouet m'a fait replonger aujourd'hui dans le recueil "Cheveux emmêlés" de Akiko Yosano.
Ni mot ni poème
À qui je désire confier
Mes pensées profondes
En ce jour en cet instant,
Seul de mon coeur à ton coeur.Dormant sur mes vers,
J'ai vu hier dans un rêve
Une femme poète
Dont les cheveux noirs étaient
D'une couleur sans pareil(Extrait de "Femme de vingt ans" - traduction par Claire Dodane)
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Poésie du soir : "Un carré de poussière", d'Olivia Tapiero. Un recueil que l'autrice dédie aux "personnes qui survivent et qui ne survivent pas aux violences commises au nom de la civilisation et de la raison".
Le texte se déploie en plusieurs séquences sous la forme d'une enquête, d'une mise en accusation contre une certaine tradition de pensée occidentale qui s'est construite et imposée depuis l'Antiquité. L'autrice en dénonce les mécanismes d'oppression, d'exploitation et de destruction qui lui sont inhérents et l'ont accompagnée.
Un extrait :
"En descendant de la montagne pour amorcer ma vie intellectuelle j'avais ainsi déclenché le cycle de mon injure et de ma sujétion. Fière d'exceller sous tutelle, séduite par le goût métallique des concepts qui roulaient dans ma gorge, j'avalais un système où une phrase prononcée par un homme quelconque vaudrait toujours plus qu'une chair vivante." (p. 23)(Quelques passages supplémentaires en photos ci-dessous.)
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Poésie du soir : "Un carré de poussière", d'Olivia Tapiero. Un recueil que l'autrice dédie aux "personnes qui survivent et qui ne survivent pas aux violences commises au nom de la civilisation et de la raison".
Le texte se déploie en plusieurs séquences sous la forme d'une enquête, d'une mise en accusation contre une certaine tradition de pensée occidentale qui s'est construite et imposée depuis l'Antiquité. L'autrice en dénonce les mécanismes d'oppression, d'exploitation et de destruction qui lui sont inhérents et l'ont accompagnée.
Un extrait :
"En descendant de la montagne pour amorcer ma vie intellectuelle j'avais ainsi déclenché le cycle de mon injure et de ma sujétion. Fière d'exceller sous tutelle, séduite par le goût métallique des concepts qui roulaient dans ma gorge, j'avalais un système où une phrase prononcée par un homme quelconque vaudrait toujours plus qu'une chair vivante." (p. 23)(Quelques passages supplémentaires en photos ci-dessous.)
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Et un extrait du texte "L'odeur des pierres mouillées", qui donne son titre au recueil.
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Une lecture qui m'a marquée ce week-end : "L'odeur des pierres mouillées", de Léa Rivière. Un livre qui rassemble 4 textes poétiques (trois assez courts et un plus long qui met en scène une conversation). L'autrice parle d'expérience trans, de genre, de rapport au corps, de rapport aux autres, de nature, de politique... Beaucoup de passages qui m'ont émue / interpellée.
Un extrait du texte "Je suis pas trans dans la forêt" :
"C’est le nom de l’écart entre moi et ce qui aurait été plus simple que je sois, franchement ce qui aurait vraiment arrangé tout le monde.
C’est le nom de la fosse plus ou moins sceptique installée entre moi et ce qu’on a commencé à me demander d’être quelques mois avant ma naissance.TRANS c’est le nom de la différence entre la chose étrange mouvante et pas finie que je suis et le projet un peu ambitieux de faire coïncider la multiplicité foisonnante des formes de vies animales en deux catégories douteuses.
C’est le nom d’un défaut structurel d’imagination."
(Un peu plus en photos ci-dessous.)
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Poésie du soir : "Le feu et les oiseaux. Talisman pour le monde qui viendra", avec un texte de Céline Cerny et des peintures d'illustration de Line Marquis.
Dans le livre, une poétesse s'adresse à celle qu'elle aime, tout en écrivant pour que les enfants se souviennent, dans un "monde d'après" qu'elle imagine. Un texte poétique écoféministe, à la fois doux, déchirant et touchant, porté par la résolution de l'autrice à esquisser sur le papier, depuis notre présent, un possible "après" où d'autres rapports de genre et d'autres rapports au vivant émergeront.
(Quelques extraits en photo ci-dessous.)
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Poésie du soir : "Le feu et les oiseaux. Talisman pour le monde qui viendra", avec un texte de Céline Cerny et des peintures d'illustration de Line Marquis.
Dans le livre, une poétesse s'adresse à celle qu'elle aime, tout en écrivant pour que les enfants se souviennent, dans un "monde d'après" qu'elle imagine. Un texte poétique écoféministe, à la fois doux, déchirant et touchant, porté par la résolution de l'autrice à esquisser sur le papier, depuis notre présent, un possible "après" où d'autres rapports de genre et d'autres rapports au vivant émergeront.
(Quelques extraits en photo ci-dessous.)
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Et un dernier extrait de ce texte poétique - parmi toutes les pages que j'ai prises en photo au fil de la lecture, le choix a été difficile <3
"Alors, une dernière fois, je passe du monde à l'abysse - pour témoigner depuis la zone de guerre de l'expérience humaine et du chant des oiseaux morts.
Je suis un corps capricieux qui n'a de cesse de changer de forme. Toute entière livrée au regard de l'autre, sculptée par son désir.
Autre. Au-delà, en deçà. En travers.
Fuir. Fuite. Fugue.
Maudite et bénie.
Toute dans l'entre, dans la fente.
En dedans.
Au-dehors."(La suite en photo)
("Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière.", de Sabrina Calvo, p. 78.)
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Et un dernier extrait de ce texte poétique - parmi toutes les pages que j'ai prises en photo au fil de la lecture, le choix a été difficile <3
"Alors, une dernière fois, je passe du monde à l'abysse - pour témoigner depuis la zone de guerre de l'expérience humaine et du chant des oiseaux morts.
Je suis un corps capricieux qui n'a de cesse de changer de forme. Toute entière livrée au regard de l'autre, sculptée par son désir.
Autre. Au-delà, en deçà. En travers.
Fuir. Fuite. Fugue.
Maudite et bénie.
Toute dans l'entre, dans la fente.
En dedans.
Au-dehors."(La suite en photo)
("Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière.", de Sabrina Calvo, p. 78.)
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Une lecture du week-end (pour poursuivre l'exploration de la collection "poésie" des éditions du commun) : "Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière.", de Sabrina Calvo. Un texte intime. Des mots qui résonnent, percutent, marquent. Une prose qui m'a happée et dont je ressors touchée.
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Une lecture du week-end (pour poursuivre l'exploration de la collection "poésie" des éditions du commun) : "Mais cette vie-là demande. toujours. plus. de. lumière.", de Sabrina Calvo. Un texte intime. Des mots qui résonnent, percutent, marquent. Une prose qui m'a happée et dont je ressors touchée.
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24.09.2025
🫶 🇵🇸 🫶 Ode aux flotilles en poésie par SawtPalestin, Création digitale#palestine #gaza #freegaza #breakthesiege #genocide #StopGenocide #madleen #flotille #flotilla #flotilles #poesie #poeme #poete #poetesse #sailtogaza #1000madleen #freedomflotilla #freedomflotillacoalition #wavesoffreedom #globalsumudflotilla #sumud
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24.09.2025
🫶 🇵🇸 🫶 Ode aux flotilles en poésie par SawtPalestin, Création digitale#palestine #gaza #freegaza #breakthesiege #genocide #StopGenocide #madleen #flotille #flotilla #flotilles #poesie #poeme #poete #poetesse #sailtogaza #1000madleen #freedomflotilla #freedomflotillacoalition #wavesoffreedom #globalsumudflotilla #sumud
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Poésie du soir : le dernier livre d'Héloïse Brézillon, paru en cette rentrée chez Cambourakis, "Period2."
Son précédent livre, "T3M", m'avait beaucoup marquée au printemps. Avec "Period2.", on est toujours dans ce registre que l'autrice qualifie de "poésie science-fictionnelle", mais le thème est très différent : il est question d'effondrements et de liens à retisser avec les "autres-qu'humains". On y retrouve aussi l'influence des écrits de Donna Haraway, avec "Vivre avec le trouble", qui est mis en avant.
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Poésie du soir : le dernier livre d'Héloïse Brézillon, paru en cette rentrée chez Cambourakis, "Period2."
Son précédent livre, "T3M", m'avait beaucoup marquée au printemps. Avec "Period2.", on est toujours dans ce registre que l'autrice qualifie de "poésie science-fictionnelle", mais le thème est très différent : il est question d'effondrements et de liens à retisser avec les "autres-qu'humains". On y retrouve aussi l'influence des écrits de Donna Haraway, avec "Vivre avec le trouble", qui est mis en avant.