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#nullepart — Public Fediverse posts

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  1. « [...] un petit collège isolé, de l’autre côté de la frontière, en Californie. #Nullepart ailleurs les bonnes manières n'étaient plus appréciées et protégées que dans ces petits îlots culturels, construits sur les ruines d’anciennes villes minières, dans les montagnes arides et rudes. »

    (Jane Rule, Déserts du cœur)

  2. « [...] un petit collège isolé, de l’autre côté de la frontière, en Californie. #Nullepart ailleurs les bonnes manières n'étaient plus appréciées et protégées que dans ces petits îlots culturels, construits sur les ruines d’anciennes villes minières, dans les montagnes arides et rudes. »

    (Jane Rule, Déserts du cœur)

  3. « L’argument général pourrait être reformulé ainsi : la poésie occupe une position à ce point précaire dans le champ littéraire et culturel et bénéficie d'une reconnaissance sociale tellement dérisoire qu'elle est conduite à adopter d'autres formes et d'autres modes d'existence qui achèvent de la dévoyer. [...] [Le vers international libre, le document poétique, le slam, la poésie de performance] Ces quatre phénomènes sont autant de “produits de substitution” plus faciles à écouler et à consommer sur le marché que la poésie, la vraie, jugée trop formelle, trop élitiste, trop difficile à traduire. Elle ne s’assume #nullepart où on pourrait légitimement l’attendre, au lieu de quoi on la met à toutes les sauces, au coin de la rue, dans le métro, “dans la chanson, dans le coucher de soleil, dans le roman, etc.” »

    (Florent Coste citant Jacques Roubaud, dans L’Ordinaire de la litterature - en rappelant qu'il y a polémique pour cause d'élitisme)

  4. « L’argument général pourrait être reformulé ainsi : la poésie occupe une position à ce point précaire dans le champ littéraire et culturel et bénéficie d'une reconnaissance sociale tellement dérisoire qu'elle est conduite à adopter d'autres formes et d'autres modes d'existence qui achèvent de la dévoyer. [...] [Le vers international libre, le document poétique, le slam, la poésie de performance] Ces quatre phénomènes sont autant de “produits de substitution” plus faciles à écouler et à consommer sur le marché que la poésie, la vraie, jugée trop formelle, trop élitiste, trop difficile à traduire. Elle ne s’assume #nullepart où on pourrait légitimement l’attendre, au lieu de quoi on la met à toutes les sauces, au coin de la rue, dans le métro, “dans la chanson, dans le coucher de soleil, dans le roman, etc.” »

    (Florent Coste citant Jacques Roubaud, dans L’Ordinaire de la litterature - en rappelant qu'il y a polémique pour cause d'élitisme)

  5. « L’argument général pourrait être reformulé ainsi : la poésie occupe une position à ce point précaire dans le champ littéraire et culturel et bénéficie d'une reconnaissance sociale tellement dérisoire qu'elle est conduite à adopter d'autres formes et d'autres modes d'existence qui achèvent de la dévoyer. [...] [Le vers international libre, le document poétique, le slam, la poésie de performance] Ces quatre phénomènes sont autant de “produits de substitution” plus faciles à écouler et à consommer sur le marché que la poésie, la vraie, jugée trop formelle, trop élitiste, trop difficile à traduire. Elle ne s’assume #nullepart où on pourrait légitimement l’attendre, au lieu de quoi on la met à toutes les sauces, au coin de la rue, dans le métro, “dans la chanson, dans le coucher de soleil, dans le roman, etc.” »

    (Florent Coste citant Jacques Roubaud, dans L’Ordinaire de la litterature - en rappelant qu'il y a polémique pour cause d'élitisme)

  6. « C'est fête cette nuit : le premier Noël de paix; le dernier Noël à Buchenwald, le dernier Noël sur terre, le premier Noël que Diégo n’a pas vécu. Nous dansions, nous nous embrassions autour de l’arbre scintillant de promesses, et ils étaient nombreux, ah si nombreux à ne pas être là! Personne n'avait recueilli leurs dernières paroles et ils n'étaient enterrés #nullepart : le vide les avait engloutis. »

    (Beauvoir, Les Mandarins)

  7. « C'est fête cette nuit : le premier Noël de paix; le dernier Noël à Buchenwald, le dernier Noël sur terre, le premier Noël que Diégo n’a pas vécu. Nous dansions, nous nous embrassions autour de l’arbre scintillant de promesses, et ils étaient nombreux, ah si nombreux à ne pas être là! Personne n'avait recueilli leurs dernières paroles et ils n'étaient enterrés #nullepart : le vide les avait engloutis. »

    (Beauvoir, Les Mandarins)

  8. « —As-tu perdu ton cœur dans la nature? Ce n'est pas là que j'ai perdu mon cœur. Certes j'eus le sentiment que l'essence de l'esprit originel voulait m'emporter, quand j'étais debout face aux géants des Alpes ou couché sur les bords de la mer mugissante. Là, ça roulait et bouillait dans tous mes membres. Mon cœur était ébranlé, mais je ne l’ai perdu ni là où l'aigle a son aire, ni là où le mineur cherche les veines de métal ensevelies dans les profondeurs.
    — Où alors ?
    As-tu perdu ton cœur dans le sport ? Dans le courant bruissant du Mouvement de la jeunesse? Dans la mêlée de la politique ? —
    — Ce n’est pas là que je l'ai perdu. —
    — Ne l'as-tu donc perdu #nullepart ?
    Es-tu de ceux qui ne perdent leur cœur #nullepart, mais le gardent par-devers eux, le conservent proprement et le momifient ? — »

    (Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz)

  9. « —As-tu perdu ton cœur dans la nature? Ce n'est as là que j'ai perdu mon cœur. Certes j'eus le sentiment que l'essence de l'esprit originel voulait m'emporter, quand j'étais debout face aux géants des Alpes ou couché sur les bords de la mer mugissante. Là, ça roulait et bouillait dans tous mes membres. Mon cœur était ébranlé, mais je ne l’ai perdu ni là où l'aigle a son aire, ni là où le mineur cherche les veines de métal ensevelies dans les profondeurs.
    — Où alors ?
    As-tu perdu ton cœur dans le sport ? Dans le courant bruissant du Mouvement de la jeunesse? Dans la mêlée de la politique ? —
    — Ce n’est pas là que je l'ai perdu. —
    — Ne l'as-tu donc perdu #nullepart ?
    Es-tu de ceux qui ne perdent leur cœur #nullepart, mais le gardent par-devers eux, le conservent proprement et le momifient ? — »

    (Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz)

  10. « —As-tu perdu ton cœur dans la nature? Ce n'est pas là que j'ai perdu mon cœur. Certes j'eus le sentiment que l'essence de l'esprit originel voulait m'emporter, quand j'étais debout face aux géants des Alpes ou couché sur les bords de la mer mugissante. Là, ça roulait et bouillait dans tous mes membres. Mon cœur était ébranlé, mais je ne l’ai perdu ni là où l'aigle a son aire, ni là où le mineur cherche les veines de métal ensevelies dans les profondeurs.
    — Où alors ?
    As-tu perdu ton cœur dans le sport ? Dans le courant bruissant du Mouvement de la jeunesse? Dans la mêlée de la politique ? —
    — Ce n’est pas là que je l'ai perdu. —
    — Ne l'as-tu donc perdu #nullepart ?
    Es-tu de ceux qui ne perdent leur cœur #nullepart, mais le gardent par-devers eux, le conservent proprement et le momifient ? — »

    (Alfred Döblin, Berlin Alexanderplatz)

  11. « Mon point de vue singulier d’enfant illégitime, pupille de la nation, sang-mêlé héritière de l’histoire de notre pays (d’origine maroccomartiniquaise, je suis le fruit de l’immigration post-coloniale), ambitieuse ingrate qui mord la main qui l’a nourrie, sortie de #nullepart pour te voler ta femme, ton mec, ton taf et ton pain, le tout sans jamais garder tes gosses, bref, mon existence d’adoptée transraciale noire et bie m’a permis de comprendre qu’habiter la frontière, c’est menacer l'ordre établi. Par leur existence, les bi-es queerisent le monde, et je trouve que la société tarde à nous donner ce crédit. »

    Amandine Gay, dans Bi-es, volume coordonné par Camille Regache.

  12. « Mon point de vue singulier d’enfant illégitime, pupille de la nation, sang-mêlé héritière de l’histoire de notre pays (d’origine maroccomartiniquaise, je suis le fruit de l’immigration post-coloniale), ambitieuse ingrate qui mord la main qui l’a nourrie, sortie de #nullepart pour te voler ta femme, ton mec, ton taf et ton pain, le tout sans jamais garder tes gosses, bref, mon existence d’adoptée transraciale noire et bie m’a permis de comprendre qu’habiter la frontière, c’est menacer l'ordre établi. Par leur existence, les bi-es queerisent le monde, et je trouve que la société tarde à nous donner ce crédit. »

    Amandine Gay, dans Bi-es, volume coordonné par Camille Regache.

  13. « Mon point de vue singulier d’enfant illégitime, pupille de la nation, sang-mêlé héritière de l’histoire de notre pays (d’origine maroccomartiniquaise, je suis le fruit de l’immigration post-coloniale), ambitieuse ingrate qui mord la main qui l’a nourrie, sortie de #nullepart pour te voler ta femme, ton mec, ton taf et ton pain, le tout sans jamais garder tes gosses, bref, mon existence d’adoptée transraciale noire et bie m’a permis de comprendre qu’habiter la frontière, c’est menacer l'ordre établi. Par leur existence, les bi-es queerisent le monde, et je trouve que la société tarde à nous donner ce crédit. »

    Amandine Gay, dans Bi-es, volume coordonné par Camille Regache.

  14. « Les interrogatoires de nuit ne sont sans doute #nullepart expressément prescrits, on n’enfreint donc nul règlement en cherchant à les éviter, mais les circonstances, l’excès de travail, le genre d’occupations des secrétaires au Château, leur rare disponibilité, la clause qui demande que l'interrogatoire n’ait lieu qu’une fois fini le reste de l'instruction mais, d’autre part, l’exige immédiatement après, tout cela, et bien d’autres choses, a fait quand même des interrogatoires de nuit une nécessité indispensable. »

    Kafka, Le Château

  15. « Les interrogatoires de nuit ne sont sans doute #nullepart expressément prescrits, on n’enfreint donc nul règlement en cherchant à les éviter, mais les circonstances, l’excès de travail, le genre d’occupations des secrétaires au Château, leur rare disponibilité, la clause qui demande que l'interrogatoire n’ait lieu qu’une fois fini le reste de l'instruction mais, d’autre part, l’exige immédiatement après, tout cela, et bien d’autres choses, a fait quand même des interrogatoires de nuit une nécessité indispensable. »

    Kafka, Le Château

  16. « Les interrogatoires de nuit ne sont sans doute #nullepart expressément prescrits, on n’enfreint donc nul règlement en cherchant à les éviter, mais les circonstances, l’excès de travail, le genre d’occupations des secrétaires au Château, leur rare disponibilité, la clause qui demande que l'interrogatoire n’ait lieu qu’une fois fini le reste de l'instruction mais, d’autre part, l’exige immédiatement après, tout cela, et bien d’autres choses, a fait quand même des interrogatoires de nuit une nécessité indispensable. »

    Kafka, Le Château

  17. « Je vous désire de #nullepart
    d'aucun mot décisif
    mais d'une supplication invisible »

    (Marie Uguay citée par Andréane Frenette-Vallières, Tu choisiras les montagnes)

  18. « Je vous désire de #nullepart
    d'aucun mot décisif
    mais d'une supplication invisible »

    (Marie Uguay citée par Andréane Frenette-Vallières, Tu choisiras les montagnes)

  19. « Je vous désire de #nullepart
    d'aucun mot décisif
    mais d'une supplication invisible »

    (Marie Uguay citée par Andréane Frenette-Vallières, Tu choisiras les montagnes)

  20. Des pas ne pouvant aboutir (Nour Baaloucha)

         Des pas ne pouvant aboutir Je veux des yeux pouvant pleurer tout le temps des pas capables de parvenir à quelque chose que j'ignore car il y a quelque chose que nous ignorons et où nous aimerions retourner à l'image des terres qui retournent à leur nature et crient des sourires qui font de même et s'éclipsent des rues qui ne sont pas en reste et se remémorent les pas des passants Je veux quelque chose à quoi revenir et une porte de derrière pour la fuite Je […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  21. Des pas ne pouvant aboutir (Nour Baaloucha)

         Des pas ne pouvant aboutir Je veux des yeux pouvant pleurer tout le temps des pas capables de parvenir à quelque chose que j'ignore car il y a quelque chose que nous ignorons et où nous aimerions retourner à l'image des terres qui retournent à leur nature et crient des sourires qui font de même et s'éclipsent des rues qui ne sont pas en reste et se remémorent les pas des passants Je veux quelque chose à quoi revenir et une porte de derrière pour la fuite Je […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  22. Des pas ne pouvant aboutir (Nour Baaloucha)

         Des pas ne pouvant aboutir Je veux des yeux pouvant pleurer tout le temps des pas capables de parvenir à quelque chose que j'ignore car il y a quelque chose que nous ignorons et où nous aimerions retourner à l'image des terres qui retournent à leur nature et crient des sourires qui font de même et s'éclipsent des rues qui ne sont pas en reste et se remémorent les pas des passants Je veux quelque chose à quoi revenir et une porte de derrière pour la fuite Je […]

    arbrealettres.wordpress.com/20

  23. « Je pose la tête sur le volant, et je sens l'habitacle trembler au passage de chaque véhicule fonçant à côte du mien, le plan frémissant sur mes genoux. Randonnée mortelle. Boum. Ce voyage pour entrer dans la lumière. Boum. Si je meurs avant de me réveiller. Boum. Une conclusion rapide et satisfaisante. Boum. Je commence à pleurer. Je n'ai #nullepart où aller. »

    Maggie Nelson, Une partie rouge

  24. « Je pose la tête sur le volant, et je sens l'habitacle trembler au passage de chaque véhicule fonçant à côte du mien, le plan frémissant sur mes genoux. Randonnée mortelle. Boum. Ce voyage pour entrer dans la lumière. Boum. Si je meurs avant de me réveiller. Boum. Une conclusion rapide et satisfaisante. Boum. Je commence à pleurer. Je n'ai #nullepart où aller. »

    Maggie Nelson, Une partie rouge

  25. « À l'hôtel, c'était le Plaza, il l'avait déshabillée tout de suite, la robe avait craqué en haut, il l'avait portée jusque dans le lit, et l'idiote de quarante-deux ans, si heureuse, si fière. Déjà vieille pourtant, déjà vieille à ce moment-là, alors pourquoi ? Il n'aurait pas pu la laisser tranquille ? Tous ses efforts pendant trois ans pour se faire belle. Les instituts de beauté, à quoi ça avait servi ? Les poils repoussaient sur les jambes des mortes les premiers jours. Eh bien, ça n'avait qu'à repousser, ça lui était bien égal. Voilà la gare, le départ pour #nullepart. Faire encore des gestes de vie. »

    (Albert Cohen, Belle du seigneur)

  26. « À l'hôtel, c'était le Plaza, il l'avait déshabillée tout de suite, la robe avait craqué en haut, il l'avait portée jusque dans le lit, et l'idiote de quarante-deux ans, si heureuse, si fière. Déjà vieille pourtant, déjà vieille à ce moment-là, alors pourquoi ? Il n'aurait pas pu la laisser tranquille ? Tous ses efforts pendant trois ans pour se faire belle. Les instituts de beauté, à quoi ça avait servi ? Les poils repoussaient sur les jambes des mortes les premiers jours. Eh bien, ça n'avait qu'à repousser, ça lui était bien égal. Voilà la gare, le départ pour #nullepart. Faire encore des gestes de vie. »

    (Albert Cohen, Belle du seigneur)

  27. « Je prolonge mon voyage. Je reste dans le #nullepart.
    Rentrer à Paris pour quoi faire ? »

    Marie Cardinal, Les Grands désordres

  28. « Je prolonge mon voyage. Je reste dans le #nullepart.
    Rentrer à Paris pour quoi faire ? »

    Marie Cardinal, Les Grands désordres

  29. CW: Extrait littéraire avec évocation de violence sexuelle

    « — La vie est morte, l’homme est devenu pire qu’un animal, répétait Amedandio, ces chiens ! ces sales chiens ! ils auraient couché avec ton cadavre, pourvu que leur eau sorte.
    — Ils ont besoin d’amour.
    — Laissez-moi l’amour en paix. Il n’y a plus d’amour #nullepart dans ce pays. Il n’y en a même plus nulle part au monde. Il n’y a plus que de l’eau à sortir des sangs. Figurez-vous qu’ils auraient pu vous tuer de leur amour-là. »

    (Sony Labou Tansi, La Vie et demie)

  30. CW: Extrait littéraire avec évocation de violence sexuelle

    « — La vie est morte, l’homme est devenu pire qu’un animal, répétait Amedandio, ces chiens ! ces sales chiens ! ils auraient couché avec ton cadavre, pourvu que leur eau sorte.
    — Ils ont besoin d’amour.
    — Laissez-moi l’amour en paix. Il n’y a plus d’amour #nullepart dans ce pays. Il n’y en a même plus nulle part au monde. Il n’y a plus que de l’eau à sortir des sangs. Figurez-vous qu’ils auraient pu vous tuer de leur amour-là. »

    (Sony Labou Tansi, La Vie et demie)

  31. CW: Extrait littéraire avec évocation de violence sexuelle

    « — La vie est morte, l’homme est devenu pire qu’un animal, répétait Amedandio, ces chiens ! ces sales chiens ! ils auraient couché avec ton cadavre, pourvu que leur eau sorte.
    — Ils ont besoin d’amour.
    — Laissez-moi l’amour en paix. Il n’y a plus d’amour #nullepart dans ce pays. Il n’y en a même plus nulle part au monde. Il n’y a plus que de l’eau à sortir des sangs. Figurez-vous qu’ils auraient pu vous tuer de leur amour-là. »

    (Sony Labou Tansi, La Vie et demie)

  32. « Comprenons-nous vraiment l’usage métaphorique de mots qui sont comme minimalement métaphoriques ? Quand on dit “ne peuvent pas parler”, cela signifie que, si “parler” implique la parole et l’écoute, cette possibilité d’une réponse, la responsabilité, n’existe pas dans la sphère de la subalterne. Vous faites sortir les dites subalternes de #nullepart ; la seule manière de produire ce discours est d’insérer la subalterne en tant que subalterne dans le circuit de l’hégémonie, ce qui doit arriver. »

    (G. C. Spivak, Les Subalternes peuvent-elles parler ?)

  33. « Comprenons-nous vraiment l’usage métaphorique de mots qui sont comme minimalement métaphoriques ? Quand on dit “ne peuvent pas parler”, cela signifie que, si “parler” implique la parole et l’écoute, cette possibilité d’une réponse, la responsabilité, n’existe pas dans la sphère de la subalterne. Vous faites sortir les dites subalternes de #nullepart ; la seule manière de produire ce discours est d’insérer la subalterne en tant que subalterne dans le circuit de l’hégémonie, ce qui doit arriver. »

    (G. C. Spivak, Les Subalternes peuvent-elles parler ?)

  34. « Et il parle surtout, avec satisfaction et sans entrave, des crochets qu'il fait, sur des centaines de kilomètres, toutes les fois qu’il a un déplacement sur une longue distance, pour aller acheter à l'endroit idoine tel produit qu’on ne trouve #nullepart, tel blouson de marque, tel appareil ménager, tel condiment ou telle épice qu'on peut dénicher à proximité de telle zone frontalière et sur lesquels on n'a aucune chance de tomber tout près de chez soi. »

    Emna Belhadj Yahia, L'Étage invisible

  35. « Et il parle surtout, avec satisfaction et sans entrave, des crochets qu'il fait, sur des centaines de kilomètres, toutes les fois qu’il a un déplacement sur une longue distance, pour aller acheter à l'endroit idoine tel produit qu’on ne trouve #nullepart, tel blouson de marque, tel appareil ménager, tel condiment ou telle épice qu'on peut dénicher à proximité de telle zone frontalière et sur lesquels on n'a aucune chance de tomber tout près de chez soi. »

    Emna Belhadj Yahia, L'Étage invisible

  36. « C'est vrai que les étranzers on les aime #nullepart, dans aucun pays, preuve qu'il y a bien quelque çose à dire."

    (Cohen, Belle du seigneur)

  37. « C'est vrai que les étranzers on les aime #nullepart, dans aucun pays, preuve qu'il y a bien quelque çose à dire."

    (Cohen, Belle du seigneur)

  38. «Ainsi c'était là, Guignonglo, petit village krou perdu au fin fond de la forêt. Ses habitants ont sauvegardé au travers des siècles, envers et contre tout, la renommée d’irréductibles vaillants sorciers. Ici, à Guignonglo, les mythes ancestraux sont vivaces comme #nullepart ailleurs au pays krou. D’ailleurs pour bien “travailler” les esprits, les Krou de Guignonglo ont compris l’inutilité de l’eau courante, car les sentiers où l’on peut faire des rencontres en allant au marigot disparaitraient, amputant ainsi les sorciers d’une méthode de travail favorite. Pas d’électricité non plus : le sorcier ne voit que ce que les autres ne voient pas, c’est ce qui se passe la nuit, puisqu'ils dorment. La lumière du jour est inquiétante pour le sorcier, la nuit est son amie, sa complice, sa vie.»

    (Fatou Bolli, Djigbô)

  39. «Ainsi c'était là, Guignonglo, petit village krou perdu au fin fond de la forêt. Ses habitants ont sauvegardé au travers des siècles, envers et contre tout, la renommée d’irréductibles vaillants sorciers. Ici, à Guignonglo, les mythes ancestraux sont vivaces comme #nullepart ailleurs au pays krou. D’ailleurs pour bien “travailler” les esprits, les Krou de Guignonglo ont compris l’inutilité de l’eau courante, car les sentiers où l’on peut faire des rencontres en allant au marigot disparaitraient, amputant ainsi les sorciers d’une méthode de travail favorite. Pas d’électricité non plus : le sorcier ne voit que ce que les autres ne voient pas, c’est ce qui se passe la nuit, puisqu'ils dorment. La lumière du jour est inquiétante pour le sorcier, la nuit est son amie, sa complice, sa vie.»

    (Fatou Bolli, Djigbô)

  40. "J'étais privée de maman mais du moins je la pleurai, et je passai tout le temps de l’école hors de moi hors de la salle de classe dans une réserve grandiose et désolée et qui était #nullepart. J'offris une résistance inattendue à tout le monde et je n'y étais pour rien [...] Je fus en proie à une force incontrôlable, [...] une machine surhumaine se mit en marche."

    (Hélène Cixous, Osnabrück)

  41. "J'étais privée de maman mais du moins je la pleurai, et je passai tout le temps de l’école hors de moi hors de la salle de classe dans une réserve grandiose et désolée et qui était #nullepart. J'offris une résistance inattendue à tout le monde et je n'y étais pour rien [...] Je fus en proie à une force incontrôlable, [...] une machine surhumaine se mit en marche."

    (Hélène Cixous, Osnabrück)

  42. "Toutefois, je n'ai lu #nullepart que le véritable Heydrich sut faire preuve d'amabilité, réelle ou feinte, en quelque circonstance que ce soit."

    (Laurent Binet, HHhH)

  43. "Toutefois, je n'ai lu #nullepart que le véritable Heydrich sut faire preuve d'amabilité, réelle ou feinte, en quelque circonstance que ce soit."

    (Laurent Binet, HHhH)

  44. "L'étreinte se relâche d'elle-même. Le mouvement semble neutre. Parti de #nullepart : où commencent les gestes qui gouvernent les membres se laissant retomber, ces torses glissant de part et d'autre, ces poitrines s'immobilisant dans des respirations ralenties et conscientes de l'être, jusqu'à ce que l'air et les battements du cœur ne soient plus que de minuscules soulèvements de la peau ?"

    (Premiers mots (!) de Tabor, de Phœbe Hadjimarkos Clarke)

  45. "L'étreinte se relâche d'elle-même. Le mouvement semble neutre. Parti de #nullepart : où commencent les gestes qui gouvernent les membres se laissant retomber, ces torses glissant de part et d'autre, ces poitrines s'immobilisant dans des respirations ralenties et conscientes de l'être, jusqu'à ce que l'air et les battements du cœur ne soient plus que de minuscules soulèvements de la peau ?"

    (Premiers mots (!) de Tabor, de Phœbe Hadjimarkos Clarke)

  46. "[...] rien n'est régulier ici, même ce qui devrait l'être, pas de cycle, même la lune m'a laissée tomber, ou alors c'est moi qui m'égare, mon corps se déboussole, c'est le grand déboulonnage, plus d'articulation, #nullepart, un amas de conduits, ça circule, ça passe, mais moi je ne saigne pas, [...]"

    Clara Dupuis-Morency, Mère d'invention

  47. "[...] rien n'est régulier ici, même ce qui devrait l'être, pas de cycle, même la lune m'a laissée tomber, ou alors c'est moi qui m'égare, mon corps se déboussole, c'est le grand déboulonnage, plus d'articulation, #nullepart, un amas de conduits, ça circule, ça passe, mais moi je ne saigne pas, [...]"

    Clara Dupuis-Morency, Mère d'invention

  48. "La route est toute droite ensuite, sans trottoirs ni bas-côtés. Je marche face aux voitures même s’il y a pas de chances que j'en croise une. Car la route droite qui sort du village mène #nullepart. Elle s’arrête au milieu de la nature, il y a même pas un petit sentier pour la prolonger. Quand j’arrive devant la maison, il a arrêté de neiger et sur le toit flotte une lumière texture de lait. Ça fait du bien de voir un truc beau comme ça. Tellement de bien que je plonge dedans, je m'y baigne. Cette lumière, c’est aussi ma vie. Une lumière qui n’existe pas en bas. Elle sort des roches et des bruyères comme de la sève qui inonde le ciel. Puis des flashs de couleur se mettent à cogner contre les fenêtres du salon : c’est la daronne qui vient de se poser devant Hanouna. C’est moins beau d’un coup."

    (Grégory Le Floch, Peau d'ourse)

  49. "La route est toute droite ensuite, sans trottoirs ni bas-côtés. Je marche face aux voitures même s’il y a pas de chances que j'en croise une. Car la route droite qui sort du village mène #nullepart. Elle s’arrête au milieu de la nature, il y a même pas un petit sentier pour la prolonger. Quand j’arrive devant la maison, il a arrêté de neiger et sur le toit flotte une lumière texture de lait. Ça fait du bien de voir un truc beau comme ça. Tellement de bien que je plonge dedans, je m'y baigne. Cette lumière, c’est aussi ma vie. Une lumière qui n’existe pas en bas. Elle sort des roches et des bruyères comme de la sève qui inonde le ciel. Puis des flashs de couleur se mettent à cogner contre les fenêtres du salon : c’est la daronne qui vient de se poser devant Hanouna. C’est moins beau d’un coup."

    (Grégory Le Floch, Peau d'ourse)

  50. "En tant que bisexuel⋅les militant⋅es, nous nous glissons dans les collectifs et les luttes qui nous concernent, que ce soit partiellement ou complètement, et nous apprenons à mettre de côté une part de nous-mêmes - celle qui sera jugée trop hétéro où celle qui sera jugée trop queer, c'est selon. Nous prenons ce qu'il y a à prendre. Nous savons composer. [...] Le risque bien sûr, c'est de se morceler à l'intérieur, de compartimenter les facettes multiples de son identité bisexuelle, de ne plus arriver à arranger cette somme d'expériences diverses d'une manière qui soit intelligible pour soi et pour les autres [...] Un coup hétéro, un coup homo, on peut arriver à se sentir à la fois partout et #nullepart, en perpétuelle phase transitoire."

    (Stéphanie Ouillon, Quelle bisexualité radicale ?)

  51. "En tant que bisexuel⋅les militant⋅es, nous nous glissons dans les collectifs et les luttes qui nous concernent, que ce soit partiellement ou complètement, et nous apprenons à mettre de côté une part de nous-mêmes - celle qui sera jugée trop hétéro où celle qui sera jugée trop queer, c'est selon. Nous prenons ce qu'il y a à prendre. Nous savons composer. [...] Le risque bien sûr, c'est de se morceler à l'intérieur, de compartimenter les facettes multiples de son identité bisexuelle, de ne plus arriver à arranger cette somme d'expériences diverses d'une manière qui soit intelligible pour soi et pour les autres [...] Un coup hétéro, un coup homo, on peut arriver à se sentir à la fois partout et #nullepart, en perpétuelle phase transitoire."

    (Stéphanie Ouillon, Quelle bisexualité radicale ?)

  52. "En tant que bisexuel⋅les militant⋅es, nous nous glissons dans les collectifs et les luttes qui nous concernent, que ce soit partiellement ou complètement, et nous apprenons à mettre de côté une part de nous-mêmes - celle qui sera jugée trop hétéro où celle qui sera jugée trop queer, c'est selon. Nous prenons ce qu'il y a à prendre. Nous savons composer. [...] Le risque bien sûr, c'est de se morceler à l'intérieur, de compartimenter les facettes multiples de son identité bisexuelle, de ne plus arriver à arranger cette somme d'expériences diverses d'une manière qui soit intelligible pour soi et pour les autres [...] Un coup hétéro, un coup homo, on peut arriver à se sentir à la fois partout et #nullepart, en perpétuelle phase transitoire."

    (Stéphanie Ouillon, Quelle bisexualité radicale ?)

  53. « Avec un siècle de recul, il paraît d’autant plus macabre que Kafka, lui dont le métier consistait à défendre les droits des prolétaires, ait exposé "ses" ouvrières à une substance hautement cancérigène. Ces femmes se nouaient apparemment des tissus autour de la tête et du cou pour préserver leur peau du contact avec les fibres de l’amiante ; mais #nullepart il n’est fait mention de masques protecteurs, et le rituel de cette unique brosse à vêtements passant de main en main dans l'atelier à la fin de la journée [...] nous montre l’inconscience des ouvrières, du maître d'œuvre et des deux directeurs. Dans cette scène, il faut sans doute imaginer Kafka enveloppé d’un nuage d'amiante, et lui et son beau-frère ne pouvaient manquer de rapporter ces particules dans leur foyer. »

    (Reiner Stach, Kafka, Le temps des décisions)

  54. « Avec un siècle de recul, il paraît d’autant plus macabre que Kafka, lui dont le métier consistait à défendre les droits des prolétaires, ait exposé "ses" ouvrières à une substance hautement cancérigène. Ces femmes se nouaient apparemment des tissus autour de la tête et du cou pour préserver leur peau du contact avec les fibres de l’amiante ; mais #nullepart il n’est fait mention de masques protecteurs, et le rituel de cette unique brosse à vêtements passant de main en main dans l'atelier à la fin de la journée [...] nous montre l’inconscience des ouvrières, du maître d'œuvre et des deux directeurs. Dans cette scène, il faut sans doute imaginer Kafka enveloppé d’un nuage d'amiante, et lui et son beau-frère ne pouvaient manquer de rapporter ces particules dans leur foyer. »

    (Reiner Stach, Kafka, Le temps des décisions)

  55. "Je jouais tellement le jeu de l'Occident que nous avions l'impression, Jean et moi, de n'avoir plus rien à expliquer. Les petits oiseaux dans le jardin, le vent qui montait du parc avec toutes les odeurs de la nature me donnaient envie de sauter, hurler comme un enfant n'ayant mal #nullepart. Les journées et les nuits étaient remplies de découvertes et de rencontres."

    (Ken Bugul, Le Baobab fou)

  56. "Je jouais tellement le jeu de l'Occident que nous avions l'impression, Jean et moi, de n'avoir plus rien à expliquer. Les petits oiseaux dans le jardin, le vent qui montait du parc avec toutes les odeurs de la nature me donnaient envie de sauter, hurler comme un enfant n'ayant mal #nullepart. Les journées et les nuits étaient remplies de découvertes et de rencontres."

    (Ken Bugul, Le Baobab fou)

  57. "Un employé EDF court vérifier. Il grimpe l'escalier du belvédère, celui qu'a emprunté d'Eaubonne, et se rend aux toilettes - comme elle. [...] Sous un appareil de chauffage, il palpe un gant-éponge. Alerte générale, l'alarme déchire le chantier. Chez les ouvriers, on s'interroge, on s'abrite, regards inquiets. Chacun sait que la centrale est une passoire : les laissez-passer ne sont pas même munis de photos, et certains employés en possèdent plusieurs, au gré de leurs contrats en intérim. Qui veut faire sauter la baraque ? Un truc pareil, ça n'est jamais arrivé.
    #NullePart."

    (David Dufresne, Remember Fessenheim)

  58. "Un employé EDF court vérifier. Il grimpe l'escalier du belvédère, celui qu'a emprunté d'Eaubonne, et se rend aux toilettes - comme elle. [...] Sous un appareil de chauffage, il palpe un gant-éponge. Alerte générale, l'alarme déchire le chantier. Chez les ouvriers, on s'interroge, on s'abrite, regards inquiets. Chacun sait que la centrale est une passoire : les laissez-passer ne sont pas même munis de photos, et certains employés en possèdent plusieurs, au gré de leurs contrats en intérim. Qui veut faire sauter la baraque ? Un truc pareil, ça n'est jamais arrivé.
    #NullePart."

    (David Dufresne, Remember Fessenheim)

  59. "Le sentiment d'être hors du monde, au milieu de #nullepart, je l'ai éprouvé très longtemps. J'ai choisi de distinguer des faits, des situations récurrentes, d'en faire des romans.
    Je m'étais promis de quitter mon ignorance, d'apprendre quelque chose sur des sujets difficiles et tabous, par exemple, sur des états voisins de la folie. La mémoire du passé au Québec est encore gelée, quand elle n'est pas taboue."

    (France Théoret, Écrits au noir)

  60. "Le sentiment d'être hors du monde, au milieu de #nullepart, je l'ai éprouvé très longtemps. J'ai choisi de distinguer des faits, des situations récurrentes, d'en faire des romans.
    Je m'étais promis de quitter mon ignorance, d'apprendre quelque chose sur des sujets difficiles et tabous, par exemple, sur des états voisins de la folie. La mémoire du passé au Québec est encore gelée, quand elle n'est pas taboue."

    (France Théoret, Écrits au noir)