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  1. La paix est notre avenir

    La plupart des gens associent la paix à des colombes, des fleurs et des T-shirts bariolés. Faire la paix serait un travail réservé aux personnes calmes, les romantiques, ceux qui ont la chance d'être bien équilibrés, et guidés par une forme de spiritualité. On admire volontiers Martin Luther King et Mahatma Ghandi, on les érige en modèles : ils ont fait un rêve et ils ont triomphé. C'est oublier qu'ils l'ont payé de leur vie. J'ai travaillé dans des zones de conflit, moi aussi, […]

    dandanjean.com/2026/08/15/la-p

  2. # Sans influence extérieure, rien ne changera. Les sondages montrent néanmoins que le soutien à une solution politique diminue de part et d’autre.
    Le camp de la paix est très minoritaire et beaucoup de gens vous traitent de naïfs. Que leur répondez-vous ?

    Maoz Inon: Les naïfs sont ceux qui croient que la guerre apportera la sécurité. ¶

    Les bombes n’ont jamais apporté la paix. L’histoire prouve aussi que tous les conflits finissent par s’arrêter ; l’Europe le sait bien.

    Le camp de la paix, chez nous, est très actif : séminaires, rencontres, rassemblements de soutien aux Palestiniens sont organisés quotidiennement dans tout le pays.

    Surtout, après le 7-Octobre, nous avons pris conscience de la nécessité de bâtir une coalition de tous les mouvements existants, car aucune organisation ni aucun individu ne peuvent instaurer la paix à eux seuls.

    Les sondages n’ont aucune importance, car l’opinion publique est malléable.

    Un exemple concret : en 1977, deux semaines avant la visite du président égyptien Anouar El-Sadate en Israël, un sondage indiquait que la majorité des Israéliens juifs était opposée au simple fait de négocier.

    Lors de cette venue historique, le premier ministre israélien, Menahem Begin, un homme de droite, a dit contre toute attente : “Nous pouvons empêcher la prochaine guerre.” Moins d’un an après, le 17 septembre 1978, les accords de Camp David étaient signés entre nos deux pays. Depuis, il n’y a plus jamais eu de guerre entre nous.

    A. A.S. : La véritable naïveté consiste à imaginer que la peur, la domination et les traumatismes transmis de génération en génération puissent engendrer une sécurité ou une liberté réelles.

    Dans d’autres zones de conflit où j’ai travaillé – l’Irlande du Nord, la Colombie, l’Afrique du Sud –, ceux qui œuvraient pour la paix étaient souvent taxés de naïveté jusqu’à ce qu’un accord soit conclu.

    Une fois la paix établie, nombre de sceptiques affirmaient y avoir toujours cru. Un sondage, réalisé en avril par l’Alliance pour la paix au Moyen-Orient, a révélé que 81 % des Palestiniens et 74 % des Israéliens sont favorables à un accord de paix régional.

    Pour nous, ça donne quand même des raisons d’espérer.

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    #Paix #Justice #Humains #israeliens #palestiniens #MaozInon #AzizAbuSara

  3. lemonde.fr/le-monde-des-religi (Aziz Abu Sarah, Palestinien, et Maoz Inon, Israélien, militants pour la paix : « Le courage, c’est de sortir de sa zone de confort et du récit dans lequel on est né »)

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    Aziz Abu Sarah, Palestinien, et Maoz Inon, Israélien, militants pour la paix : “Le courage, c’est de sortir de sa zone de confort et du récit dans lequel on est né ¶

    Aziz Abu Sarah, Palestinien, et Maoz Inon, Israélien, militants pour la paix : “Le courage, c’est de sortir de sa zone de confort et du récit dans lequel on est né”

    Si tous deux ont perdu des êtres chers en raison du conflit israélo-palestinien, la haine ne les a pas séparés.

    Le Palestinien Aziz Abu Sarah et l’Israélien Maoz Inon publient “La paix est notre avenir” (placedeslibraires.fr/livre/978) , un livre à quatre mains qui donne des raisons d’espérer encore, malgré la violence exacerbée qui sévit toujours au Proche-Orient.

    Aziz Abu Sarah est palestinien, Maoz Inon est israélien.

    Le premier a grandi à Jérusalem-Est, le second dans le sud d’Israël, près de la bande de Gaza.

    Tous les deux ont payé le prix le plus fort qui soit dans le conflit israélo-palestinien, la perte d’êtres chers.

    Ils publient un livre écrit à quatre mains, La paix est notre avenir.

    Un voyage de réconciliation en Terre sainte (L’Arbre qui marche, 256 pages, 19,90 euros). “Le Monde des religions” les a rencontrés.

    Aziz Abu Sarah, trois jours après les attaques du 7 octobre 2023, vous envoyez un message de condoléances à Maoz Inon, dont les parents ont été tués chez eux par le Hamas.

    Pourtant, vous n’aviez croisé Maoz qu’un instant en 2014. Pourquoi cette démarche ?

    Aziz Abu Sarah : Parce que lorsqu’une personne souffre, il faut lui tendre la main. Et sans doute aussi parce que j’ai perdu mon frère Tayseer, de neuf ans mon aîné, torturé à mort dans une prison israélienne alors que j’étais enfant. Quand on a vécu un tel deuil, on sait à quel point c’est douloureux. Je ne savais pas si Maoz répondrait ; ce qui est incroyable, c’est qu’il a répondu immédiatement.
    Maoz, vous souveniez-vous de lui ? ¶

    Maoz Inon : Non, pas du tout ! Mais une réponse immédiate s’imposait, car je sais combien il faut de courage à un Palestinien pour présenter ses condoléances trois jours seulement après le 7-Octobre.

    Plusieurs de mes amis palestiniens m’ont confié qu’ils ne savaient pas comment je réagirais ; ils craignaient que je leur en veuille de ce qui était arrivé. Il y a une vingtaine d’années, chacun de vous a choisi de s’engager dans le dialogue avec l’autre.
    Est-ce le fruit d’un tournant soudain ou d’un processus graduel ? ¶

    Aziz Abu Sara: Pour moi, les deux à la fois. Pendant des années, j’étais rongé par la colère et le désir de venger mon frère. Avec le temps, j’ai compris que si je laissais la haine me définir, je resterais prisonnier de ceux qui me l’avaient arraché. Pardonner à ses assassins ne revenait pas à excuser leurs actes, mais me permettait de reconquérir ma propre liberté. Le tournant a lieu en 1998 grâce à ma professeure d’hébreu. J’avais 18 ans et c’était la première fois qu’un Israélien juif me traitait d’égal à égal, comme un être humain ; cela a marqué le début de mon engagement pour la paix.

    Deux autres étapes ont été importantes. D’abord, ma visite au Musée d’histoire de la Shoah, à Jérusalem, en 1999 ; un moment crucial pour comprendre que reconnaître la douleur de l’autre n’était pas trahir la mienne.

    Et puis, pendant la deuxième Intifada [2000-2005], j’ai été invité à donner une conférence avec un Israélien, Rami, dont la fille avait été tuée par des kamikazes palestiniens trois ans plus tôt. Rami m’a initié au travail que nous faisons aujourd’hui, Maoz et moi : raconter son histoire, faire face à sa douleur et dialoguer avec l’autre.
    Maoz Inon : Aziz et moi ne sommes pas nés artisans de paix ¶

    Pour moi, le cheminement vers le dialogue s’est fait progressivement et il se poursuit encore, car nous avons beaucoup appris au cours de ces deux ans passés ensemble.

    Tout a commencé en 2004, lorsque ma femme, Shlomit, et moi avons marché du nord au sud du pays et découvert de nombreux villages palestiniens détruits pendant la guerre d’indépendance d’Israël de 1948, un drame que les Palestiniens nomment la Nakba [“catastrophe”].

    Nous avons pris conscience que nous n’avions pas un seul ami palestinien, que depuis notre naissance nous avions vécu, tous les deux, derrière des murs physiques et des murs mentaux d’ignorance. Nous avons alors décidé de percer des portes dans ces murs.

    La première porte fut l’ouverture d’une maison d’hôte en 2005 à Nazareth, la plus grande ville palestinienne d’Israël [les Palestiniens d’Israël, également appelés Arabes israéliens, représentent 20 % des citoyens israéliens].

    La “Maison Fauzi Azar” est maintenant un lieu de rencontre de notre ONG, InterAct. Ecouter les habitants de Nazareth nous a profondément transformés.

    Shlomit et moi avons compris que la première étape vers une société partagée est de connaître le récit de l’autre.

    C’est cela le courage : sortir de sa zone de confort, du récit dans lequel on est né et aller à la rencontre de l’autre version de l’histoire.
    Aziz, vous aussi avez créé une entreprise dans le tourisme. Pourquoi ? ¶

    Aziz Abu Sara: Les voyages ont un pouvoir immense : ils ouvrent les gens à la différence, à l’écoute mutuelle, à la découverte de l’autre.

    Ici, voyager ne se résume pas à une simple distance.

    C’est aussi un état d’esprit.

    Moi, par exemple, j’ai grandi à Jérusalem-Est sans connaître aucun juif israélien.

    Le tourisme est le meilleur moyen de faciliter les échanges entre nous, Israéliens et Palestiniens.

    Pour chaque lieu de visite, mon entreprise propose des visites avec deux guides, un Israélien et un Palestinien, car chaque endroit a toujours au moins deux histoires. Et les voyageurs étrangers peuvent devenir nos ambassadeurs en faisant la navette entre nos deux communautés.

    Maoz, avant une conférence TED que vous avez donnée à Vancouver [au Canada] en 2024, vous avez dit à Aziz : “Si tu dis que ton frère a été tué, je dirai que mes parents ont été tués. Si tu dis assassiner, je dirai assassiner.” Pourquoi ?
    Maoz Inon : Notre relation montre que le pardon et la réconciliation sont possibles ¶

    Nous donnons l’exemple de l’égalité. J’ai remarqué que, bien souvent, les personnes qui nous présentent parlent de l’”assassinat” de mes parents et de la “mort” du frère d’Aziz ; pour moi, c’est une inégalité flagrante inacceptable. Je veux incarner l’égalité et je refuse une relation où il existerait une hiérarchie entre nos douleurs.

    Nous avons donc décidé de parler de nos proches disparus avec les mêmes mots, sinon notre mission commune n’aurait aucun sens. Dans “La paix est notre avenir”, vous écrivez : “Ce livre est un marteau.” Qu’est-il censé détruire ?

    Aziz Abu Sara: Il est censé briser la séparation, la peur, la haine, l’ignorance, tout ce qui nous divise, nous rend ignorants et nous pousse à nous craindre les uns les autres, jusqu’à vouloir nous entretuer. Il doit faire tomber les barrières érigées entre nous.
    Maoz Inon : Nous refusons d’être divisés par la religion ou l’origine ethnique. ¶

    La séparation passe entre ceux qui croient en l’égalité, la justice et la paix et ceux qui n’y croient pas encore. Ce qu’a fait le Hamas le 7-Octobre est un échec de l’humanité. Ce qu’Israël a fait, ensuite, à Gaza est un échec de l’humanité. Notre livre, un voyage du sud au nord du pays, est donc à deux voix – comme dans cet entretien. Une manière de dire que nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout, qu’il s’agisse du passé ou du présent. Ce qui compte pour nous, c’est la recherche de la justice et de la paix.
    Quelles sont les conditions requises pour une paix durable ? ¶

    Maoz Inon : Ni le tracé des frontières ni une solution politique ne garantiront une paix durable. Une paix durable repose sur des valeurs, à commencer par l’égalité pour les 15 millions d’habitants, Israéliens et Palestiniens, vivant entre le Jourdain et la Méditerranée.

    Il faut susciter une demande populaire et une pression internationale afin de nous obliger, ainsi que le monde arabo-musulman, à négocier une paix durable. L’Europe peut être à la tête de ce mouvement. En raison de son passé et de sa relation historique avec Israël, l’Allemagne pourrait jouer un rôle majeur et faire pression sur mon pays.

    Aziz Abu Sara: Sur le plan politique, je pense qu’une confédération offre une voie réaliste. Elle impliquerait des frontières ouvertes, des institutions communes et une coopération approfondie, tout en traitant des questions fondamentales telles que Jérusalem, les réfugiés, les ressources naturelles, et en permettant l’autodétermination nationale.

    Mais la paix ne tombe pas du ciel. Elle se construit au quotidien, personne après personne, parole après parole, acte après acte.

    Chaque voix compte, y compris la vôtre, à vous lecteurs, en faisant connaître le travail des artisans de paix.

    Suite sur le 2e message
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