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#fonctionpublique — Public Fediverse posts

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  1. #bernardfriot #friot #economie #arte #luttes #capitalisme #salaires #jeunes #fonctionpublique #revenuuniversel

    Mais si on a un salaire à vie, à la qualification personnelle, est-ce qu'on va pas créer des glandeurs ?

    "Je ne connais personne qui soit candidat à ne rien faire. Dès lors que nous décidons au travail, il y a une aspiration à la contribution de l'utilité sociale." Contribution au sens large : nous sommes fondamentalement des travailleurs, même quand on ne "travaille" pas, mais qu'on fait du travail domestique, qu'on s'engage en politique, qu'on se réunit en association, qu'on s'informe, etc.

    Le salaire à vie ne s'inspire pas des besoins. Il représente plutôt l'affirmation politique du droit du citoyen en tant qu'il a la responsabilité et le droit de contribuer au travail collectif : il faut enrichir la citoyenne de la souveraineté sur le travail.

  2. #bernardfriot #friot #economie #arte #luttes #capitalisme #salaires #jeunes #fonctionpublique

    Le #revenuuniversel est l'arme de guerre contre le salaire à la qualification au bénéfice du salaire à l'acte : contrairement au salaire à vie, il ne libère pas de la marchandisation du travail. C'est une allocation universelle qui garantit à chacun de ne pas tomber dans la pauvreté, mais la contrepartie est : arrêter toutes les autres formes d'intervention qui touchent toute la société (et donc le salaire à la qualification par exemple).

  3. #bernardfriot #friot #economie #arte

    Les #luttes du XIXe et du XXe se sont inscrites contre l'essence du #capitalisme : la rémunération à l'acte.

    Mais depuis une cinquante d'années, le capitalisme pousserait à nouveau pour cette #rémunération, notamment via la catégorie des jeunes, créées administrativement pour légitimer l'abandon de la hausse des #salaires à l'embauche : il faut que les #jeunes "s'insèrent".

    On invente le : "chômage des jeunes" pour les victimiser : on dramatise le taux de chômage des jeunes (près de 30%), mais pour faire oublier le poids réel du chômage chez les jeunes (70% sont étudiants, les jeunes chômeurs ne représentent que 10% des jeunes) et pour faire accepter aux jeunes des petits boulots, des conditions de travail précaire : la rémunération légitime devient la rémunération à l'acte, à la facture. Il y a une perte de mémoire du conquis du salaire à la qualification et une disqualification de la #fonctionpublique

  4. Amélie Oudéa Castéra est mariée à Frédéric Oudéa. Ce nom est sans doute familier à ceux qui s’intéressent aux magouilles financières : ce monsieur a longtemps dirigé la Société Générale. Il a été mêlé à l’affaire des Panama Papers, un énième scandale qui a révélé les pratiques fiscales de grandes fortunes et de banques françaises, parmi lesquelles la Société Générale. En 2016, la presse s’est rendu compte que la Société Générale avait créé de nombreuses sociétés offshore (permettant l’évasion fiscale) avec l’aide d’un cabinet panaméen, alors que Frédéric Oudéa avait affirmé, 4 ans plus tôt, devant une Commission d’enquête sénatoriale, que sa banque n’avait plus de lien avec le Panama. Un mensonge sous serment donc. Mais dans sa grande générosité, les sénateurs ont décidé de ne pas le poursuivre, solidarité de classe oblige.

    Sa participation à la dissimulation de mécanismes d’évasion fiscale de grande ampleur est d’autant plus choquante qu’à la base, Frédéric Oudéa est un inspecteur des finances, c’est-à-dire un poste prestigieux dans la Haute fonction publique. Il a été formé par des grandes écoles publiques, Polytechnique et l’ENA, pour servir l’Etat. Il a même été conseiller ministériel du ministre du budget, un certain Nicolas Sarkozy, dans les années 90… avant de mettre ses connaissances au service d’une banque privée qui a donc arnaqué l’Etat et le contribuable en prenant part à des montages de fraude fiscale.

    Mais en revanche, l’Etat a bien été là pour cette banque, la renflouant de plusieurs milliards d’euros après la crise financière de 2008… ce qui n’a pas empêché ses dirigeants, parmi lesquels Frédéric Oudéa, de tenter de s’octroyer de généreux stock options sur le dos du contribuable. Avant de devoir y renoncer sous pression du gouvernement Sarkozy.

    Amélie Oudéa-Castéra, qui a suivi le même parcours typique de la bourgeoisie française (école, collège et lycée des beaux quartiers parisiens, Sciences Po, ENA – tout ça au frais du contribuable évidemment, mais entre semblables bourgeois) a elle aussi fait des aller-retours entre public et privé. Elle commence elle aussi sa carrière comme haut fonctionnaire, à la Cour des comptes, avant de partir travailler chez Axa puis Carrefour, et de revenir dans le public comme ministre donc. On comprend bien l’intérêt pour le secteur privé de recruter des hauts fonctionnaires : ils connaissent les rouages de l’Etat, y ont toujours des accointances et savent donc utiliser voire instrumentaliser la législation et l’argent du contribuable pour le profit des actionnaires. On comprend aussi l’intérêt pour les jeunes bourgeois d’aller vers la haute fonction publique : quand ils partent dans le privé, ils restent des fonctionnaires détachés et peuvent donc retrouver un poste à tout moment, c’est un peu leur assurance-chômage à eux… Mais quel intérêt pour le citoyen et contribuable d’avoir une ex-dirigeante de Carrefour comme ministre ? Quelle sévérité peut-on par exemple attendre, sur des sujets comme l’inflation alimentaire, de ministres qui pensent toujours à leurs anciennes entreprises (et, généralement, y retournent car cela paye mieux) ?

    La séparation entre le public et le privé est une fable à laquelle nous autres citoyens de base sommes les seuls à croire. Car les bourgeois, eux, s’en moquent. Ils ne font aucune différence, n’ont aucun “sens de l’Etat” comme ils aiment à se le raconter, et la notion “d’intérêt général” leur est absolument inconnue. En tant qu’individu, leur parcours requiert de saisir toutes les opportunités, et les allers-retours publics-privés en sont. En tant que classe, il leur faut tenir à la fois l’Etat et la direction du secteur privé pour s’enrichir pleinement. Ce qu’ils nomment, pour le folklore, “intérêt général”, n’est rien d’autre qu’un intérêt de classe.

    frustrationmagazine.fr/oudea-c par @frustrationmagazine

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