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  1. RE: kolektiva.social/@A_Mimi/11733

    #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls

    Je viens de corriger ma connerie (réalisée il y a ±12 heures) dans le chapitre 5, connerie où j'inversais l'effet des saisons sur les anticyclones SASA et SISA de l'hémisphère Sud (le SPSA, c'est différent : cf. le ALT du pouet 2/3.)

    Ça ne change rien sur le fond mais inverse le sens du "comment ça marche" de ce chapitre.

    Avec mes plus plates excuses.

  2. El Niño pour les nuls - Chap. 5 - L'Atlantique Sud - 3/3

    3* - Pourquoi c'est important :

    L'Atlantique est le plus étroit des océans mais il est le seul et unique à s'étendre sans entrave d'un pôle jusqu'à l'autre. Ses eaux ont très peu de contacts directs avec celles des océans voisins et pourtant, parce que la terre tourne, les brassages entre eux se font par le moindre des passages possibles, dès que la moindre occasion se présente (exemple : dès l'ouverture du canal de Suez la faune et la flore de la mer Rouge ont commencé à se répandre en Méditerranée et vice-versa). Savoir comment se vide et se remplit l'Atlantique a nécessairement une importance très grande d'une part parce que c'est la surface des eaux qui fait le climat au-dessus d'elles et d'autre part parce que les mouvements des eaux profondes influencent aussi celles en surface.

    L'Atlantique présente deux ouvertures avec les autres océans et une boucle interne qui les relie. Ces ouvertures sont des passages obligés, des raccords tubulaires avec les plus importants des brassages turbulents des eaux de toute la planète, i.e. les grands courants marins qui constituent la circulation thermohaline :
    1°. Raccord avec le Pacifique : le cap Horn, c'est à dire la petite ouverture d'environ 1000 à 1500 km entre l'Antarctique et le cap Horn; passage pour le courant circumpolaire, le plus puissant de la planète car rien ne vient se mettre en travers de sa route sur tout son parcours. Il fait une branche le long de l'Amérique : le courant des Malouines/Falklands, qui déverse l'eau froide du Pacifique Sud dans l'Atlantique Sud. Ce courant remonte ainsi l'Atlantique jusqu'à rencontrer le courant du Brésil arrivant en sens contraire, courant auquel il se joint pour partir vers l'Est.
    2°. Raccord avec l'Indien : descendant depuis le 10°S, les eaux du courant des Aiguilles sont la fusion du courant du Mozambique (passant entre l'Afrique et Madagascar) et du courant sud-équatorial indien (induit par le SISA). Il longe donc l'extrémité de l'Afrique vers le Sud puis fait le tour du Cap pour entrer déverser son eau chaude dans l'Atlantique Sud. Là, il rencontre le courant des Malouines+Brésil comme nous venons de le voir.
    3°. La grande boucle méridienne : à partir de là, les eaux des deux sont happées par le courant de Benguela charriant les eaux de l'upwelling de même nom, tournent autour du SASA dont les alizés le prolongent en courant sud-équatorial puis nord-équatorial pour rallier le golfe du Mexique et en faire le tour, devenant alors le Gulf Stream qui remonte ensuite le long de l'Amérique du Nord jusqu'à, d'une part, la "cuvette" du pôle Nord via les courants nord-atlantique et norvégien (cf. l'image en vue polaire au-dessus du pôle Nord montrant bien que par le nord il n'y a aucune échappatoire possible, que c'est sans issue), et d'autre part tourner autour de l'anticyclone des Açores pour redescendre en léchant l'Europe et l'Afrique jusqu'au golfe de Guinée où il retrouve les deux courants équatoriaux ramenant ces eaux dans les Caraibes, bouclant ainsi la boucle autour du NASA, l'autre nom de l'anticyclone des Açores.

    En résumé, l'Atlantique tout entier est une voie sans issue, un cul-de-sac : les eaux qui entrent par le sud ne peuvent plus sortir ensuite, pas en surface en tout cas. Évidemment, pour que le niveau de la mer reste le même partout la pesanteur les force à trouver une solution. Elle consiste à passer par en dessous, par en bas : quand les eaux du Gulf Stream arrivent à la hauteur du Groenland (qui, posé entre les latitudes 60 et un peu plus que le 80°N, est un pâle reflet en boréal de ce qu'est le continent austral, l'Antarctique, soit un mini-continent glacé), devenant très froides, donc plus denses et plus lourdes, coulent, passent de la surface aux grands fonds. Là, elles vont faire le trajet en sens inverse pour revenir contre l'Antarctique puis tourner autour. Elles passeront dans l'océan Indien pour partie, remontant en surface en mer d'Oman, et pour partie dans le Pacifique où elles ne remonteront qu'au milieu du Pacifique Nord, sous l'Alaska mais à hauteur du milieu des USA, environ 45N-150W. Ce grand aller-retour d'un pôle à l'autre dans l'Atlantique, c'est l'AMOC, l'Atlantic Meridional Overturning Circulation (= Circulation Méridienne de Retournement Atlantique). C'est la plus importante branche de la Circulation Thermohaline devant celle du Pacifique. Nous y reviendrons dans un chapitre à part entière.

    + Le SASA, chef d'orchestre de l'Atlantique Sud :
    Le SASA donne le rythme, c'est un variateur d'intensité à l'image du SPSA. Il ne sert pas de poulie à un Walker atlantique mais, lui aussi, plus il est fort, plus les alizés le sont, plus les courants de surface en sont puissants et rapides, plus l'upwelling de Benguela en est intense, remonte d'eaux froides que les alizés étalent, moins il y a de convection et de pluie au-dessus d'elles. À l'inverse, quand il est faible le reste suit : alizés, courants et upwelling faiblissent, les eaux sont plus chaudes, donc plus de convection et de pluies. C'est pour ça qu'on peut le voir en thermostat et en chef d'orchestre : il ne crée pas la chaleur ou le froid, il règle l'intensité de tout ce qui est en dessous et autour de lui. La main qui règle ce variateur, le compositeur de la musique, c'est le train du PSA quand, du Pacifique, il tape contre les Andes et y déchaîne ce foehn qui renforce le SASA et le colle contre le continent : le PSA tourne le thermostat, donne la musique, et tout l'Atlantique Sud se met au diapason.

    --> En froggy :
    wikipedia : Circulation_thermohaline / AMOC (lien en 1*)
    wikipedia : ENSO (lien en 1* aussi)'

    --> En godon, déjà en 1* ou en 2* :
    Drouin 2021, Wikipedia Falkland Current, SEOS : Circum-Antarctique -> Pacifique -> entrée Malouines -> confluence avec Brésil
    Drouin 2021, Wikipedia Courant des Aiguilles : Indien / Aiguilles -> tour du Cap -> Benguela
    Wikipedia Courant de Benguela, Wang 2002/2004, Garreaud 2007 : Vers le Nord : Benguela -> Sud équatorial -> Nord équatorial -> Gulf Stream -> AMOC
    Reboita 2019, Gilliland & Keim 2018, Al Fahad 2020 : le SASA en thermostat

    Pour pros et grands amateurs :
    doi.org/10.1007/s00382-020-052 ou bien
    link.springer.com/article/10.1 : Al Fahad & al. - 2020 - How will southern hemisphere subtropical anticyclones respond to global warming? Mechanisms and seasonality in CMIP5 and CMIP6 model projections

    3/3
    #Climatologie #Oceanographie #ChangementClimatique #RechauffementClimatique

  3. El Niño pour les nuls - Chap. 5 - L'Atlantique Sud - 2/3

    + D'autre part on a comme un pendant aux QRA de l'hémisphère Nord :
    L'hémisphère Sud est essentiellement marin. Les QRA comme celui qui a fait les canicules de cet été 2026 se produisent essentiellement sur terre parce qu'ils s'appuient sur le relief : le Jet Stream y a ses ondulations figées par les Rocheuses canadiennes et plaquées contre l'Himalaya. Les cellules de Rossby en étaient immobilisées et ça générait ces canicules comme nous l'avions vu alors. Rien de tel ne peut se produire en mer mais des chapelets de Rossby s'y ébauchent et tendent à l'immobilité, sans y parvenir. Ça arrive presque tout le temps. On ne peut pas appeler ça un QRA (rappel : Quasi-Resonant Amplification) puisque les Rossby ne sont pas immobiles, évoluent très lentement, alors on appelle ça un train d'ondes. Ici c'est celui du Pacifique vers l'Amérique du Sud : le PSA (Pacific South American wave train pattern). Il s'agit d'un chapelet d'ondes de Rossby presque stationnaires, mettant des mois pour dériver à peine.

    Ce train se met en place à partir du point chaud du "continent maritime", tout comme la circulation de Walker, et descend Sud-Est pour commencer son tour du monde, sautant par dessus l'Australie jusqu'aux 50e hurlants (c'est en gare de Tasmanie que les Rossby allant sur la ZCPS en descendent : cf. Chapitre. 4) puis elles s'alignent plein Est et se développent franchement. Au contact de l'Amérique du Sud et à cause de ce train d'ondes il se passe la même chose que sur les Rocheuses canadiennes : l'air monte, se sèche en franchissant les Andes et redescend en un foehn assoiffé qui assèche et chauffe le continent, ce qui, en bas des Andes, génère ou renforce un anticyclone terrestre puis cet air rejoint l'océan Atlantique où sa chaleur vient doper le SASA, l'attirant et le collant contre le continent, lui donnant la forme triangulaire de la 2e image.

    En résumé, on a une Amérique du Sud prise en sandwich entre le SPSA, lié à l'upwelling de Humboldt, et le SASA lié au foehn andin du "train du PSA". Des chercheurs (Chen & al., 2001) ont eu la curiosité de faire une simulation en supprimant les Andes : le SPSA a immédiatement fusionné avec le SASA, démontrant ainsi que ces deux anticyclones sont les morceaux d'une seule et même entité coupée en deux par les Andes , i.e. l'anticyclone qu'on a toujours en bas de la subsidence entre les cellules de Hadley et de Ferrel, comme nous l'avons vu en 1*. Ce train du PSA montre très clairement à partir du sud de l'Australie l'influence du Pacifique sur le climat de l'Amérique du Sud et tout l'Atlantique puisque le SASA génère des alizés remontant les eaux jusqu'au pôle Nord via le Gulf Stream et le courant norvégien (on y arrive; on y arrive).

    --> En froggy :
    keud

    --> En godon :
    frontiersin.org/journals/earth : Reboita & al. - 2019 - The South Atlantic Subtropical Anticyclone: Present and Future Climate : (le plus complet sur le SASA)
    researchgate.net/publication/2 : Wang, 2002-2004, ENSO, atlantic climate variability, and the walker and hadley circulations (Hadley = "Walker atlantique")
    ou bien aoml.noaa.gov/phod/docs/wang_j mais le site NOAA est souvent dans les choux.
    journals.ametsoc.org/view/jour ou bien
    journals.ametsoc.org/downloadp : Gilliland & Keim - 2018 - Position of the South Atlantic Anticyclone and Its Impact on Surface Conditions across Brazil (SASA -> Brésil)
    journals.ametsoc.org/view/jour : Karoly 1989 — "Southern Hemisphere circulation features associated with ENSO events", J. Climate 2, 1239–1252 : (découverte du PSA)
    onlinelibrary.wiley.com/doi/10 : Mo & Paegle 2001 — The Pacific-South American modes and their downstream effects : (PSA1/PSA2)
    researchsquare.com/article/rs- : Goyal & al. - 2021 - Zonal Wave 3 Pattern in the Southern Hemisphere generated by tropical convection (PSA3)
    journals.ametsoc.org/view/jour (DOI : 10.1175/1520-0469(1981)038<1078:TSLROA>2.0.CO;2) : Hoskins & Karoly 1981 — "The steady linear response of a spherical atmosphere to thermal and orographic forcing" (mécanisme RWS)
    journals.ametsoc.org/view/jour
    (ou DOI : doi.org/10.1175/1520-0469(2001 ) : Chen, Hoerling & Dole - 2001 - The Origin of the Subtropical Anticyclones (simulation sans les Andes)

    link.springer.com/article/10.1 : Zhao - 2025

    journals.ametsoc.org/view/jour : Rodrigues et al. 2015 — The Impact of ENSO on the South Atlantic Subtropical Dipole Mode (Niñol -> affaiblissement + shift sud du SASA via PSA2)
    aoml.noaa.gov/phod/research/do ou bien
    sciencedirect.com/science/arti : Van Wyk de Vries & al. - 2023 - Periodicity of the Southern Annular Mode in Southern Patagonia, insight from the Lago Argentino varve record - (Foehn andin + SAM)
    agupubs.onlinelibrary.wiley.co : Qiu 2023, JGR - Winter Subtropical Highs, Hadley, Baroclinic Instability (foehn andin)
    mdpi.com/2073-4433/10/5/259#Co : Zhongda Lin - 2019 - The South Atlantic–South Indian Ocean Pattern: a Zonally Oriented Teleconnection along the Southern Hemisphere Westerly Jet in Austral Summer

    -> en portuguais :
    scielo.br/j/rbmet/a/DgpCSLppxx: Bertoletti-Carpenedo & Ambrizzi - 2020 - Rev. bras. meteorol. 35 (4) - South Atlantic Subtropical Anticyclone Associated with the Southern Annular Mode and Climate Impacts in Brazil

    2/3
    Suite et fin : kolektiva.social/@A_Mimi/11740
    #Climatologie #Oceanographie #ChangementClimatique #RechauffementClimatique

  4. El Niño pour les nuls - Chap. 5 - L'Atlantique Sud - 1/3

    1*- Qu'est-ce que c'est ?
    Une petite flaque de 7000 km de long avec une ouverture de 4500 km de large en haut, au nord, entre la pointe du Brésil et la corne de l'Afrique et une autre d'environ même taille en bas à droite, entre la pointe africaine du Cap des Aiguilles (frontière officielle avec l'océan Indien) et le continent Antarctique et c'est presque tout.
    Il y en a bien une troisième, entre le cap Horn et la péninsule antarctique, mais ce trou de serrure ne fait qu'un petit millier de kilomètres autant dire rien même si ce rien est vital pour le climat mondial puisque c'est par là que passent :
    - d'une part la circulation générale dite thermohaline dont la branche atlantique a comme acronyme AMOC, acronyme célèbre parce que tout ce qui peut l'affecter a automatiquement des répercussions très graves partout au monde et que, l'heure venue (c'est pour bientôt), elle orchestrera ce qui sera le grand changement climatique véritablement invivable, la fin pour une grande majorité d'espèces dont nous a priori (nous y reviendrons),
    - et d'autre part ce qui déborde de la cellule de Walker et pénètre dans l'Atlantique via le courant des Malouines (ou des Falklands, selon les auteurs) qui lèche le cap Horn avant de se fondre dans la gyre de l'Atlantique Sud comme vous le montre la première carte ici.
    Carte montrant également que pratiquement rien en surface de l'hémisphère Nord n'entre dans celui du Sud par cet océan alors que, à l'inverse, tout le Sud remonte au nord (j'y reviens plus bas).

    Donc, les deux seuls points d'entrée pour les autres océans sont ce courant des Malouines/Falklands en provenance du Pacifique, sous le cap Horn, et celui des Aiguilles (Agulhas sur la carte SEOS, 1ère image) en provenance de l'océan Indien, sous la pointe du Cap africain. C'est tout.

    Ceci montre que l'Atlantique est l'océan le plus isolé de tous et cette caractéristique explique l'essentiel de sa climatologie très particulière :
    + Il est, comme le Pacifique, coincé entre deux continents perpendiculaires au sens de rotation de la planète, ce qui lui confère à lui aussi une certaine tendance à entasser son eau à l'Ouest en la poussant depuis l'Est via ses alizés donc de provoquer des remontées d'eaux profondes en bordure Est, i.e. l'upwelling de Benguela (très peu documenté en français, rien à voir avec l'italo-algérien nous expliquant que le grand remplacement c'est pas lui, c'est les autres).
    + Contrairement au Pacifique, il n'a pas de point chaud à l'ouest parce que l'espace occupé par le Brésil fait barrière à la mer des Caraïbes et au Golfe du Mexique qui sont l'équivalent du "continent maritime" du Pacifique Ouest, barrière leur interdisant toute ingérence dans l'Atlantique Sud.
    + Étant plus étroit que le Pacifique ses masses d'eaux chaudes y ont moins d'ampleur, donc d'inertie.
    Ceci fait qu'il est le plus froid des océans de l'hémisphère Sud.

    À cause de cette étanchéité aux eaux chaudes des Caraïbes il n'existe aucun équivalent à la cellule de Walker ou aux circulations convectives zonales qu'on peut trouver au-dessus des autres océans. Il est ainsi l'unique océan où la cellule de Hadley n'est pas perturbée par des flux lui étant plus ou moins transversaux : il y a un anticyclone subtropical permanent en bas de la subsidence de la jonction des cellules de Ferrel et de Hadley, anticyclone alimenté uniquement par elle et occupant sans contrainte toute la largeur de l'océan. Dans la littérature anglaise il a pour nom "South Atlantic Subtropical Anticyclone", SASA, mais il n'a pas de nom français. Il fait partie des 5 anticyclones océaniques majeurs et quasi-permanents au centre desquels l'activité humaine a produit ces immenses gyres de déchets qui condensent dans leurs eaux les plus tranquilles tous nos détritus légers à la dérive. (petit Grégory et Aylan Kurdy exceptés ... ok, ok, je sors ...)

    --> En froggy :
    mimi.good-eris.net/air/fr/air. : circulation générale, cellules de Hadley, Ferrel, calottes, etc.
    fr.wikipedia.org/wiki/Circulat
    fr.wikipedia.org/wiki/El_Ni%C3 : ENSO
    fr.wikipedia.org/wiki/Gyre_oc% : gyres océaniques, définition + les 5 gyres
    fr.wikipedia.org/wiki/Remont%C : les upwellings de la planète
    fr.wikipedia.org/wiki/Courant_
    fr.wikipedia.org/wiki/Courant_ : le "Agulhas Current" de la première image
    geoconfluences.ens-lyon.fr/glo : définition des termes, gyres océaniques, etc. (site Normale Sup de Lyon)
    odatis-ocean.fr/ressources/res : définitions + Coriolis + gyres
    aquaportail.com/definition-141 : Aquaportail, définition + carte mondiale des gyres

    --> En godon :
    seos-project.eu/oceancurrents/ : SEOS Project / schémas des courants de surface = source-base du mien (1ère image) mais celui-ci coupe la carte exactement où il ne faut pas si on veut comprendre le lien Atlantique-Indien
    agupubs.onlinelibrary.wiley.co : Drouin & al. 2021 - JGR Oceans - (Fig. 1 = base de mon 2e schéma)
    en.wikipedia.org/wiki/Falkland : courant des Malouines/Falklands (pas terrible mais la version fr est franchement navrante)
    iai.int/admin/site/sites/defau : Garreaud - 2007 - Atmospheric Circulation and Climatic Variability (carte non schématique des courants de surface 0 - 15 m)

    2* - Comment ça marche ?
    À cause de cet isolement maritime ce n'est pas bien compliqué, en tout cas moins que dans les océans voisins :
    + D'une part, comme partout, il y a les saisons, au moins deux principales, l'été et l'hiver :
    -> En été austral la ZCIT (Zone de Convergence Inter-Tropicale) est à son plus au sud, la Hadley Sud s'étend, la subsidence est étalée sur une plus grande surface et l'anticyclone en devient plus faible.
    -> En hiver austral, la ZCIT est plus au nord, la Hadley Sud se contracte, la subsidence est concentrée et l'anticyclone en est plus fort et plus large.
    C'est l'inverse de l'hémisphère Nord où les anticyclones sont plus forts en été à cause du réchauffement des continents.
    Ceci entraîne plusieurs conséquences, en cascade :
    a- l'hiver (austral), les anticyclones gonflent, en surface et en diamètre
    b- les alizés qu'ils alimentent forcissent et les courants de surface qu'ils maintiennent pareillement
    c- les vents d'ouest, inverses des alizés, deviennent résiduels ou disparaissent
    d- les convections sont moins puissantes aussi puisque l'air en surface est globalement moins chaud : sous un anticyclone la saison froide est la saison sèche à l'exception notable des régions situées à sa marge supérieure : la rencontre de ses vents venant du grand sud, polaire, avec l'air plus équatorial, qu'il soulève, fait condenser des pluies froides pouvant se maintenir toute la saison (comme la ZCPS même en hiver dans le Pacifique).
    Quand c'est la saison chaude, le soleil part de l'autre côté de l'équateur et c'est évidemment l'inverse pour tout ça ici.

    Pour l'Atlantique Sud, l'hiver austral est "la saison du grand SASA" (rappel : South Atlantic Subtropical Anticyclone) qui fait des alizés forts poussant, comme partout ailleurs, les eaux qu'ils survolent vers l'équateur, ici en provoquant au départ, côté Afrique, l'upwelling de Benguela tirant (pas Bardella, Benguela) celles du fond comme le fait dans le Pacifique celui de Humboldt, et aussi, indirectement, à l'extrémité de l'Afrique en attirant plus fortement la seule entrée d'eaux indiennes, le courant des Aiguilles (le "Agulhas Current" sur la carte en première image).
    La barrière qu'est le Brésil entre le point chaud des Caraïbes et l'océan (avec ses alizés) a pour effet de pousser ces eaux au-delà de l'équateur : elles vont lécher le nord du Brésil et traverser les Caraïbes jusqu'au Golfe du Mexique (30°N, quand même) où elles alimentent le Gulf Stream, donc. C'est une sorte de compensation de ne pas pouvoir créer de Walker atlantique à cause du Brésil : les ascendances mexicaines ne peuvent pas rejoindre le SASA à cause du continent mais le courant de surface qui part du Benguela les rejoint alors que le Golfe est, au plus près, à 3000 km au nord de cet équateur que les alizés du SASA ne pourront jamais franchir (à cause de Coriolis, comme nous l'avions vu au premier chapitre).

    1/3
    Suite : kolektiva.social/@A_Mimi/11740

    #Climatologie #Oceanographie #ChangementClimatique #RechauffementClimatique

  5. #Climatologie #oceanographie - FLASH - Il se passe quelque chose au Sud et à l'équateur dans l'Atlantique

    Il y a seulement 15 jours le SAM négatif monstrueux établi sur le pôle Sud depuis le courant du mois de mai était encore si puissant qu'il imposait à tout l'hémisphère Sud, depuis la stratosphère jusqu'au sol, de le suivre dans sa spirale endiablée autour de l'Antarctique et aux Jets streams tropical et polaire de fusionner pour mieux se coller à lui tout en élargissant son influence jusqu'aux tropiques autour du 20°S. Ce qui a eu pour conséquence de faire disparaitre la cellule de Ferrel de l'hémisphère Sud.
    Une semaine plus tard "on" faisait remarquer qu'il n'y avait pas eu de cyclone de toute l'année sur leur axe traditionnel le long de l'équateur entre l'Afrique et le golfe du Mexique (en le justifiant n'importe comment, cf. kolektiva.social/@A_Mimi/11731).

    Aujourd'hui, 26 septembre 2026, soit seulement 3 jours après l'équinoxe, on constate au Sud que les deux Jet streams ne sont plus fusionnés et que la cellule de Ferrel est en train de finir de se reconstituer. On constate également que les Alizés de l'Atlantique se sont rétablis et que le cisaillement d'altitude au-dessus d'eux a au moins faibli puisque des dépressions se sont formées, dont un cyclone nommé Gonzalo au large de Dakar, le premier de l'année sur l'axe traditionnel entre l'Afrique et le Golfe du Mexique, avec plusieurs mois de retard donc, en plein dans la Zone de Convergence Intertropicale (ZCIT), un autre nommé Fay au milieu de l'Atlantique, vers le 30°N, et une dépression non nommée mais de 990 hPa juste en face de New-York donc vers le 30°N aussi. Edit : le 28-09 les cyclones atlantiques ont disparu sans avoir pu se déplacer vers l'ouest ce qui démontre que le cisaillement est toujours là mais qu'il n'interdit plus les ascendances. Il les décapite quand elles ont atteint une certaine taille, ce qui les volatilise, mais il ne les interdit plus.

    Nous sommes seulement 3 jours après l'équinoxe et le changement de saison se fait déjà sentir à l'équateur. Les eaux équatoriales de l'hémisphère Nord sont à peine moins chauffées à blanc qu'il y a 3 jours et elles le sont encore pour un bon moment mais ça a suffi à affaiblir le flux d'ouest qui commence vers Hawaï, passe au-dessus du Mexique et traverse ensuite tout l'Atlantique équatorial en cisaillant/décapitant toute ascendance le long de l'équateur, ce depuis le printemps dernier. Ce changement n'est pas sans rappeler le brusque effondrement, dès le 15 août, du QRA responsable des mois de canicule dans tout l'hémisphère Nord alors qu'on pensait le voir s'effondrer seulement en septembre.

    L'extraordinaire rupture climatique de 2026 n'est pas terminée, les cyclones actuels qui se succèdent entre le Mexique et le milieu du Pacifique démontrent que le Niño ne faiblit pas, au contraire, qu'il devrait tenir encore bien 4 à 6 mois en continuant d'induire des calamités comme ce cyclone Polo maintenant sur le Mexique et pour lequel certains ont demandé de créer une "catégorie 6" tellement il est puissant, au-dessus de la moyenne de ceux de "catégorie 5" (cf. kolektiva.social/@A_Mimi/11733). Il n'existe pour l'instant que 5 catégories dans la classification de Saffir-Simpson.

    Refs :
    earth.nullschool.net/fr
    fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ch : Échelle de Saffir-Simpson

    #ChangementClimatique #RechauffementClimatique #Climat

  6. #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls

    Table des matières (évolutive)

    Chap. 1 - Thermocline + Coriolis + courants de surface (26-août 2026) :
    kolektiva.social/@A_Mimi/11716

    Chap. 2 - Cellule de Walker : (28 août 2026)
    kolektiva.social/@A_Mimi/11717

    Chap. 3 - Oscillation de Madden-Julian = la MJO (12 sept 2026)
    kolektiva.social/@A_Mimi/11726

    Chap. 4 - Zone de Convergence du Pacifique Sud = ZCPS (17 sept. 2026)
    kolektiva.social/@A_Mimi/11728

    Chap. 5 - L'Atlantique Sud (07-10-2026, 1er pouet et le ALT du 2e corrigés le 12-10-2026)
    kolektiva.social/@A_Mimi/11740

    Chap. 6 - L'océan Indien
    En préparation

    À suivre :
    Chap. 7 - Pacifique Nord
    Chap. 8 - Atlantique Nord
    Chap. 9 - Indien Nord
    Chap. 10 - Terrestre Nord
    Chap. 11 - Thermohaline
    Chap. 12 - SAM+NAM+ résumé Pacifique Sud
    Chap. 13 - El Niño 'standard'
    Chap. 14 - El Niño 2026
    Chap. 15 - La Niña
    Chap. 16 - Arrêt de l'AMOC

    #ChangementClimatique #rechauffementClimatique #Climat

  7. RE: climatejustice.social/@tuxom/1

    #Climatologie - #ChangementClimatique - Le monstrueux El Niño 2026 devrait induire 450 000 décès sur ces six prochains mois

    Le nouveau rapport prédit un bilan très lourd du Nigeria aux États-Unis – et vient par dessus les impacts déjà existants de la #CriseClimatique

    Plus de 450 000 personnes devraient mourir de la chaleur supplémentaire apportée par le super #ElNiño dans les six prochains mois, selon les estimations des scientifiques du climat.

    Ce bilan vient en tête des décès anticipés résultant de températures déjà provoquées par la crise climatique. Il frappera à travers le monde de l'Indonésie à l'Inde et du Nigeria aux États-Unis. De nombreux autres décès sont attendus des sécheresses, des feux de forêt et des inondations qu'apporte El Niño.

    La mortalité par la chaleur a été estimée au niveau régional, les chercheurs ont déclaré que ces projections permettent de déterminer où des mesures de protection des personnes devraient être mises en place pour sauver des vies. De telles actions devraient inclure de meilleures prévisions de la chaleur, des centres abritant de la chaleur où les gens pourraient se loger, une dotation accrue aux installations médicales durant les heures les plus chaudes et une protection pour les travailleurs en extérieur.

  8. @extrememeteo

    Faux, il y en a eu 6 :

    1 Arthur ------17–18 juin --- 40 kt = 75 km/h
    2 Bertha -----19–23 juillet -- 50 kt = 95 km/h
    3 Cristobal - 12–13 août -- 40 kt = 75 km/h
    4 Dolly -------- 27–28 août - 35 kt = 65 km/h
    5 Edouard -- 31 août - 2 sept - 50 kt = 95 km/h
    6 Fay ---------- 19–22 sept ------ 60 kt = 110 km/h

    Source : nhc.noaa.gov/data/tcr/index.php

    La nouveauté de 2026 c'est qu'aucun n'a dépassé les 120 km/h
    (NB : en british, "tropical storm" = cyclone et non pas tempête tropicale
    et "hurricane" = ouragan = cyclone à vents de plus de 120 km/h.)

    Le baratin sous les images de la NOAA est complotiste, prétendant que le WWAC n'explique pas ça avec le changement climatique et décrivant le "baratin climatique" comme fonctionnant en racontant que tout ce qui est bon est passé sous silence alors que tout ce qui est mauvais est passé en Une en étant attribué à l'activité humaine et caquetant que c'est du baratin et de la propagande, que, ça, ce sont les données réelles.
    Bref, classique.

    Alors que :
    1- L'absence d'ouragans en Atlantique en année Niño est un phénomène naturel connu depuis des décennies. 1957, 1965, 1987, 1997, 2009, 2015 : toutes des années à Niño fort avec peu ou pas d'ouragans atlantiques. Ce n'est ni nouveau ni surprenant.

    2- Ce que montrent les données NOAA servant de prétexte à son déni de réalité c'est que - comme lors de tous les Niños forts, l'air de l'Atlantique voit ses vents d'ouest d'altitude renforcés sous l'effet du réchauffement du Pacifique et cet air "chaud" et rapide traverse le filet de terre séparant les deux océans à l'équateur pour redescendre sur un Atlantique moins caricaturalement torride en surface. Ceci a deux conséquences :
    a- les forts vents d'ouest d'altitude cisaillent toute tentative d'ascendance dans l'Atlantique, décapitant tout ce qui arrive à monter un tant soit peu
    b- refroidi au-dessus de l'Atlantique cet air devenu plus dense redescend ce qui le fait automatiquement chauffer adiabatiquement de 10°C/km et il descend depuis une altitude de 10-12 km (= + 100/120°C). Ces subsidences, ces anticyclones, écrasent tout ce qui ferait mine de vouloir monter, donc pas d'ascendance, pas de dépression, pas de cyclone hormis dans la zone la plus protégée : la rive US du golfe du Mexique, qui en a connu 3 sur ces 6.

    3. l'air du Sahara est parti vers l'ouest, asséchant les zones où se forment les cyclones trans-Atlantiques, ceux qui remontent depuis l'Afrique vers les Caraïbes et le golfe de pas-Trump. Sans humidité ni ascendance convective, difficile de faire un cyclone.

    => le responsable de ce "silence extraordinaire sur 112 ans" (ça, c'est vrai), C'EST ce El Niño, le plus fort jamais enregistré, en relevant qu'il n'y en a eu qu'un seul avant 1960, tous les autres après et de plus en plus fréquents en se rapprochant de maintenant.

    => le responsable de ce changement C'EST le réchauffement climatique du à l'activité humaine.

    C'est ce que racontent ces grands sites wokes complotistes du réchauffement climatique que sont :

    NOAA/AOML (mécanisme) : aoml.noaa.gov/how-does-el-nino

    CBC (Klotzbach, « all the blame on El Niño ») : cbc.ca/news/science/quiet-2026

    Le New-York Times (double suppression) : nytimes.com/2026/09/12/weather

    et, évidemment, Wikipedia (saison 2026, prévisions) : en.wikipedia.org/wiki/2026_Atl

    Mais, bon, ce sont ces mêmes climato-deniers qui viennent aussi t'expliquer - sur X aussi - que le pape est woke parce qu'il n'est pas pour le racisme et la haine de son prochain, que Jésus était un woke.

    #ChangementClimatique #Climatologie #oceanographie #complotisme #climatoseptiques

  9. #climatologie #oceanographie - La canicule actuelle qui sévit sur l'ouest européen en remontant jusqu'à l'Islande est une onde de Rossby envoyée depuis la cellule de Hadley et faisant re-basculer toute la zone dans cette cellule qui définit et contrôle tout le régime climatique tropical.

    #ChangementClimatique

  10. #Climatologie #oceanographie - Combat de géants monstrueux

    17 septembre 2026 - la guerre fait rage entre les eaux du El Niño et celles du SAM- (South Annular Mode, nous on dit Oscillation Antarctique).

    Le SAM, j'en ferai un chapitre à part entière juste avant de vous expliquer (enfin !) ce que c'est que cet extraordinaire année 2026. Pour l'instant retenez que ce SAM (négatif) est un titanesque monstre aérien et glacé cette année d'une taille de quelque chose comme 40 km de haut, sans doute plus, C'est un cyclone reposant sur une base de 34 millions de km² et faisant 30 à 40 km de haut, soit dans les 1360 millions de km³.

    El Niño, lui, c'est un monstre plus lourd que l'autre qui vit, comme Godzilla, entre deux eaux. La différence avec Godzilla c'est que, lui, il est grand comme la moitié de la planète. Il occupe toute la place autour de l'équateur sur une largeur de 4000 km en gros. En ayant en tête que l'équateur est la plus longue des latitudes on comprend que la surface entre les, disons, 40 principales latitudes concernées (20N-20S) est très supérieure (174 millions de km²) à celle des 40 dernières latitudes possibles (60 millions de km²). On voit ainsi que la calotte polaire au-delà du 50° est presque 3 fois plus petite (2.91 fois) que ce tour de l'équateur entre les 20e N et S => El Niño couvre à lui tout seul la surface de 3 calottes polaires prises à partir du 50°. Godzilla à côté c'est un microbe.

    El Niño ne fait pas 40 km de haut, certes, mais il n'est pas gazeux, lui : comme vu ici au début, lui c'est ± 13 millions de km³ tandis que le vortex c'est ± 1360 millions de km³. sachant que, en poids, 1 m³ d'eau de El Niño c'est entre 830 (en bas) et 33000 (en haut) m³ de vortex. En se mettant à la moyenne en poids (qui n'est pas au milieu de la hauteur du vortex mais beaucoup plus bas), on a, pour 1 m³ de Niño, 33830 / 2 = 16915 m³ de vortex alors que ce dernier n'est "que" 100 fois plus volumineux que le Niño (respectivement 1360 et 13 millions de km³). Si ce n'était qu'une histoire de poids le vortex n'aurait sur le Niño pas plus d'effet que Godzilla mais ce n'est évidemment pas qu'une histoire de poids. Chacun contrôle un peu du territoire de l'autre : les vents poussent les eaux et les eaux créent les vents.

    On assiste ainsi actuellement à une bagarre homérique entre ces deux monstres, chacun voulant avec ses armes prendre l'équateur pour lui. Les eaux chaudes à plus de 30°C en surface qui sont l'ossature du El Niño, descendent et dépassent l'équateur dès que ça leur est possible. En face, les eaux froides repoussées vers l'équateur par le SAM- freinent ou font reculer ces eaux chaudes. El Niño a pris l'avantage à l'ouest du Pacifique en s'appuyant sur le point chaud du "continent maritime" constitué des îles comprises entre le nord de l'Australie et la péninsule indochinoise. Là, l'équateur est franchi mais le SAM- verrouille tout au-delà du 20°S, dès l'Australie et se maintient du côté de l'Amérique du Sud presque jusqu'à l'équateur, faisant remonter les eaux polaires jusqu'en haut du Pérou alors que d'habitude elles restent en bas du Chili (le Pérou est au Nord du Chili). L'équinoxe est pour la semaine prochaine (23 septembre) mais si les choses sont pas trop loin de la normale côté Papouasie, de l'autre côté la moitié du Pacifique est bloquée en plein été, les 30° et plus y sont toujours confinés au nord de l'équateur.

    C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle, bonne là où ces extrêmes s'opposent au sens où les températures restent proches de l'habituel et mauvaise là où cet affrontement perturbe le climat habituel, déplaçant vents et pluies au détriment des cultures.

    #ChangementClimatique #RechauffementClimatique

  11. #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls (suite)

    Table des matières :
    Chap. 1 - Thermocline-Coriolis & courants de surface (26-août 2026) :
    kolektiva.social/@A_Mimi/11716

    Chap. 2 - Cellule de Walker : (28 août 2026)
    kolektiva.social/@A_Mimi/11717

    Chap. 3 - Oscillation de Madden-Julian = la MJO (12 sept 2026)
    kolektiva.social/@A_Mimi/11726

    Chap. 4 - Zone de Convergence du Pacifique Sud = ZCPS
    C'est ici.

    Là, c'est "encore plus pire", on est dans de la recherche fondamentale : personne ne sait expliquer pourquoi, enfin, comment elle change si souvent dans tous les sens du terme, aspect, orientation, etc., et de façon aussi imprévisible.

    1* Qu'es aquo ?
    <cf. schéma 1 : cellule de Walker>

    La ZCPS est l'ascendance de la cellule de Walker s'étirant en direction de l'anticyclone de Humboldt.
    Son orientation principale part (comme nous l'avons vu dans le toot "Walker" juste avant celui de la MJO qui nous précède ici) du "continent maritime", i.e. toutes les îles séparant l'océan Indien de l'océan Pacifique, pour aller vers cet anticyclone toujours situé au large du sud du Chili. Elle est le résultat de la rencontre de l'air équatorial, chaud, léger et humide du point chaud et de l'air nettement plus froid, sec et rampant des Alizés provenant de l'anticyclone de Humboldt. Dans le trajet au sol de la cellule de Walker l'air chaud et l'air froid ne s'opposent pas frontalement, ils ont plus tendance à se frotter l'un à l'autre : horizontalement pour former une longue ligne d'ascendances étirée selon l'axe NO-SE, et verticalement pour passer l'un sur l'autre. Dès que de l'air butte contre un air moins dilaté que lui, plus frais, plus dense, il monte dessus façon Trump à Mar-El-Lago ce qui le transforme en ascendance. Ça le refroidit et son humidité condense en nuages. Ces ascendances s'étendent verticalement jusqu'au plafond de la tropopause où le Jet stream les "prend en charge" pour les canaliser vers l'Est et, plus précisément vers cet anticyclone qui l'attire, chose qui génère ce cordon de nuages étiré matérialisant ces deux flux opposés, le chaud du nord tracté vers Humboldt par le Jet stream et s'élevant sur le tremplin que lui est le froid en provenant. Ensuite, une fois arrivé au large du Chili, comme nous l'avons vu, cet air asséché et refroidi, dense, dérivant tout là-haut amorce sa descente verticale au-dessus de l'anticyclone où, en bas, les Alizés le ramènent ensuite vers son point de départ, la ZCPS.

    2* Pourquoi est-elle aussi changeante, qu'est-ce qui la fait bouger ?
    Comme le point chaud, elle suit les saisons, migrant au nord en décembre et au sud en juillet. Sa base reste le point chaud des eaux du continent maritime, sa centrale solaire. Elle évolue donc comme si elle était une aiguille oscillant sur son axe fixé toute l'année au centre des températures de surface les plus élevées du point chaud, centre qui, lui aussi, oscille en fonction des saisons, indiquant, vue de dessus, comment ondule et serpente la cellule de Walker, la MJO passant régulièrement la renforcer puis la calmer comme on l'a vu.

    Bon, rien de bien compliqué jusqu'ici, ce n'est pas ça qui va méduser et rendre perplexes les labos de recherche en climatologie et pourtant ils le sont : l'orientation de la ZCPS est beaucoup plus changeante que ce que cette saisonnalité laisse supposer. Il lui arrive de gonfler, de disparaître complètement et même par moments de s'orienter Nord-Sud aussi, complètement à rebrousse-poil de ce que les températures disent : du chaud se précipitant dans du froid ! On sait à peu près pourquoi depuis environ 10 ans mais on ne sait pas encore comment prévoir ces changements.

    3* C'est quoi, ce beans ?
    <2e schéma : Rossby de tasmanie faisant leur arc de cercle jusqu'à la ZCPS>

    Le Sud de l'Australie et la Tasmanie, ainsi que la Nouvelle-Zélande, appartiennent aux 40° rugissants et 50° hurlants, ces vents d'ouest pouvant être très violents : c'est le couloir parcouru par le Jet Stream polaire sud, celui qui survole la frontière entre la cellule de Ferrel et la calotte polaire. La pointe Sud-Est de l'Australie est une zone très venteuse en bordure du très grand désert du centre du continent. Au plus chaud, en décembre, ce désert est écrasé sous un anticyclone généré par sa chaleur. A la pointe SE du continent il est en contact avec l'air froid se ruant vers la Nouvelle-Zélande. Il essaye bien de s'y imposer aussi mais ses tentatives sont emportées les unes derrière les autres par ces 40° rugissants ... sous forme d'ondes de Rossby, arrachées d'abord, ensuite poussées tout droit par ces vents d'ouest (qui les ovalisent).

    Une fois la Nouvelle-Zélande passée, elles tournent vers l'équateur à ± 120-140° : maintenant qu'elles sont dans les 30°S elles ne sont plus propulsées par les 40° rugissants. Là, le gradient de température entre la calotte et l'équateur oriente les vents vers le Nord et l'effet Coriolis les décale vers l'Ouest (cf. Chap.1), ce qui fait qu'ils soient au sol (Alizés) ou au plafond (vents du couloir d'altitude) ils filent vers l'équateur du Sud vers le Nord-Ouest (et dans l'hémisphère Nord du Nord vers le Sud-Ouest), de plus étant lourdes à cause de leur anticyclone, elles dérivent moins vite vers l'Est que le reste qui les entoure ce qui revient à dire que par rapport à lui elles vont vers l'Ouest elles aussi. Elles sont amenées ainsi vers le point chaud, au nord de l'Australie, donc forcément vers la ZCPS puisque celle-ci s'ancre sur ce point chaud.

    En résumé, on a une sorte de colonne de bulles "de Rossby" dans un verre d'eau gazeuse, colonne montant du Sud au Nord mais déformée en arc de cercle parce que le liquide tourbillonne sur lui-même dans le verre pendant que les bulles se forment. C'est ce que veut montrer ce schéma.

    La suite, inévitable, est leur collision avec la ZCPS, collision fatale pour les ondes de Rossby : ce petit bout d'anticyclone résiduel maintenant bien écrasé par les vents au sol comme ceux d'en haut, ovalisé selon un axe NO-SE (cf.schéma), donc parallèle à l'axe moyen de la ZCPS, voit les ascendances qui l'entourent fusionner avec celles de la ZCPS au premier contact, ce qui renforce cette dernière - tout comme l'ascendance de la MJO renforce celles des moussons - mais se faisant ce pauvre anticyclone voit partir son air lui arrivant par le haut, détourné dans le Jet servant de rail à la cellule de Walker, et définitivement asphyxié ainsi il meurt et disparaît : la ZCPS est une tueuse de Rossby, elle les avale dès qu'elles osent la frôler.

    Pour la ZCPS, ce petit coup d'accélérateur localisé la déforme un peu à chaque fois, de façon unique car chaque Rossby a une taille et une forme unique : il y en a de toutes petites, d'autres beaucoup plus grandes et la chose est très difficilement prévisible. La conséquence est que la forme et l'orientation de la ZCPS est labile, aléatoire, très imprévisible, à en faire perdre son latin à tout modèle de simulation météo même si elle est l'ascendance de la cellule de Walker, son air partant toujours pour redescendre au-dessus de l'anticyclone de Humboldt "cloué" au large du Chili, comme nous l'avions vu.

    4* Pourquoi est-elle importante ?
    Elle est le moteur de la cellule de Walker, son ascendance initiale. Tout ce qui peut lui arriver influe sur tout le circuit. Si elle est interrompue longtemps ou volatilisée, c'est tout Walker qui disparaît ainsi que tout ce qui en dépend (MJO, etc.) Sa position est celle où tombent les pluies de la "saison des pluies" (= saison chaude) et où elles manquent pendant la "saison sèche" (= saison froide). Son absence et sa surabondance en dehors des périodes habituelles ont forcément des impacts, agricoles et autres, graves : sécheresse, crues, inondations, éboulements, cyclones, marées de tempêtes, ...

    5* Où et comment voir tout ça ?
    Sur nullschool : earth.nullschool.net/fr/#2024/
    Je vous mets ce lien sur décembre 2024 pour trois raisons :
    1- Actuellement on n'est pas en décembre et de toute façon, 2026, entre le super El Niño et le super SAM - , la cellule de Walker a disparu, l'anticyclone de Humboldt est remplacé par ... une dépression (!!) et comme tout ça se renforce toujours il y a des chances qu'en décembre ce soit toujours le cas.
    2- En décembre 2025 elle était déjà moins visible qu'en 2024
    3- C'est en décembre (été austral, 21 = solstice) parce qu'en saison froide (mai-septembre) le Jet polaire verrouille et enferme le sud de l'Australie dans l'air de la calotte polaire => les Rossby ne peuvent pas passer le mur de ce Jet stream pour remonter vers l'équateur alors elles se volatilisent vers l'Est.

    Rappel : la saison sèche et froide c'est en gros de mars-avril à septembre-octobre et la saison humide c'est le reste de l'année. Les Rossby sont en général plus visibles en saison chaude/humide, donc pendant l'été austral : novembre-février.
    Vous pouvez regarder comment elles évoluent depuis la Tasmanie jusqu'à leur impact avec la ZCPS en vous servant des guillemets doubles, les « et » du menu contrôle de la fenêtre Earth (le bouton EARTH en bas à gauche) pour reculer ou avancer par pas de 8 heures (il n'y a rien permettant un pas plus grand, les < et > ne déplaçant que par pas d'une heure). Basculer de AP3H (Accumulation des Précipitations sur 3H) à CELT (Contenu Eau Liquide Totale) affine le dessin des nuages, ça peut être parfois utile.
    Pour changer de date c'est le C majuscule ('C' comme 'Calendrier') et ensuite vous choisissez l'année, le mois et le jour, puis validez par "Ok".
    Une erreur facile en changeant la date est de confondre les lignes du mois et du jour.

    En froggy :
    + nullschool : earth.nullschool.net/fr
    rien d'autre.

    En godon :
    + repository.library.noaa.gov/vi - Brown et al. - 2020 - South Pacific Convergence Zone dynamics, variability and impacts in a changing climate - Nature Reviews Earth & Environment 1(10), 530-543
    + webster.eas.gatech.edu/Papers/ - Widlansky, Webster & Hoyos - 2011 - On the location and orientation of the South Pacific Convergence Zone - Climate Dynamics 36, 561-578

  12. #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls

    Oscillation de Madden-Julian = la MJO
    (3/3)

    5* Pourquoi c'est important ?
    Parce que la cellule de Walker a une influence sur la météo du monde entier et que la MJO perturbe Walker :
    1- Walker module le climat mondial comme ça :
    + Sur sa gauche l'océan Indien lui est intimement lié (puisque cet océan est juste derrière l'Indochine dont le point chaud est le départ des ascendances de la Walker, on reviendra après sur ce lien), et à l'Ouest de cet océan Indien, la mer Rouge et le golfe Persique ont ses eaux. Par ces deux-là l'influence indienne remonte jusqu'à la Méditerranée qui les touche tout deux et qui fait trait d'union avec l'Atlantique Nord, ceci même si l'Arabie est bien loin du Pacifique indochinois et encore plus de la Terre de Feu.
    + Sur sa droite l'Atlantique Sud est juste derrière le upwelling de Humboldt et la Terre de Feu à relative proximité desquels Walker se termine. Pour passer du Pacifique à l'Atlantique il faut franchir entre quelques encablures de terres et rien du tout (cap Horn). L'influence du Pacifique sur les eaux orientales du sud de l'Amérique du Sud est immédiate, directe. Une fois ce sud aussi fortement "contaminé" par les variations de Walker, l'Atlantique Nord ne peut que réagir en conséquence, d'autant plus facilement que l'AMOC (le courant incluant le Gulf Stream) relie les deux hémisphères de l'Atlantique dans les deux sens et enfin, la boucle est bouclée via la Méditerranée perturbée via le climat de l'océan Indien qui l'est lui-même par la Walker.
    Donc toute variation d'intensité de la Walker se répercute automatiquement partout.

    2- Walker est perturbé comme ça :
    - d'abord la MJO soulève la charge humide de la poulie Walker du point chaud, l'aidant à délester le tapis d'en bas (les Alizés et le point chaud) sur celui d'en haut, (cf. toot précédent décrivant la cellule de Walker)
    - ensuite elle avance entre les poulies de la Walker donc court-circuite tout ce qui allait au point chaud en le remontant là où elle est et ceci tout en continuant de cheminer, chose qui réduit de plus en plus la largeur "utile" du "tapis roulant de Walker",
    - ce jusqu'à ce qu'elle arrive à la poulie de Humboldt elle-même, qu'elle bloque, ce qui immobilise presque le tapis roulant, l'autre poulie, au point chaud, le faisant encore faiblement déraper sur celle de Humboldt,
    - ensuite elle continue sa route vers l'Est à la rencontre du continent américain, donc libère/débloque la poulie de Humboldt et le tapis se remet à tourner normalement,
    - jusqu'à ce qu'elle se repointe de l'autre côté, à l'ouest de l'océan Indien,
    - et ainsi de suite.
    Donc même si le passage et les effets de la MJO est temporaire, c'est bien le climat mondial tout entier qui en est perturbé.

    WIREs / 2023 Téléconnexions climatiques wires.onlinelibrary.wiley.com/
    Nature Climate / 2024 Impact climatique nature.com/articles/s41612-024

    6* Comment sait-on tout ça ?
    Pour repérer la MJO il "suffit" de comparer les valeurs de trois sources de données avec leurs valeurs moyennes sur les 30-60 derniers jours puisque c'est le temps qu'il lui faut pour traverser la zone : si les trois sont cohérentes et montrent une anomalie qui se déplace vers l'Est, c'est la MJO et sinon, si un seul dit "convection" pas les deux autres alors c'est un orage local.

    NB : tous les indicateurs qui suivent rapportent la situation de l'air que nous respirons à chaque extrémité de la troposphère :
    - Les 200 c'est tout là-haut contre la stratosphère, à 250-200 hPa c'est à dire, selon la latitude et la saison, entre 9 et 12 km d'altitude.
    - Les 850 c'est plus au niveau du sol, vers 1500 m d'altitude = à 850 hPa (hecto-Pascals). C'est l'altitude la plus fréquemment utilisée par les infos météo télé et radio qui racontent ce qui se passera au sol ou "pas loin".

    On étudie donc ces trois sources de données :
    + OLR = Outgoing Longwave Radiation = le rayonnement sortant en onde longue = infra-rouge = ces nombres-là servent aussi à dessiner la photo satellite infrarouge montrée à la télé : plus ils sont bas, plus il y a de nuages en haut donc plus il y a de convection dessous.
    Le 'U' c'est une convention pour dire "horizontal", Est-Ouest, "zonal", rien à voir avec U2 ou UB40 :
    +. U850 = vents d'en bas parcourant une latitude = flux zonal, vents Est-Ouest : ils sont positifs si c'est vers l'Est, négatifs sinon. Ici ce U850 permet de "voir" où sont les ascendances, où convergent les vents "d'en bas".
    +. U200 = pareil mais au plafond : ça permet de voir les convergences aussi et comme on est tout en haut c'est au milieu d'elles que l'air redescend.

    Ensuite on affine avec ces autres variables :
    Le 'V' c'est pour les vents Nord-Sud, "verticaux", le long des méridiens :
    + V850 = vents méridiens (Nord-Sud) d'en bas. Ça révèle les "flux d'humidité" : plus l'air est chaud, plus il contient de vapeur d'eau. V850 montre où ça converge pour monter.
    + V200 = vents méridiens d'en haut. Ça révèle le "transport des masses" : vers où s'étale l'air butant contre le plafond donc vers où se répand cette "masse de vapeur étalée".

    Après on a les CHI et les PSI :
    * Chi, également prononcée 'Khi' parfois, c'est la lettre 'X' en grec, ce n'est pas le X du Musk qui peut aller se faire voir de par chez eux. Ça révèle les écoulements linéaires à l'extrémité des mouvements verticaux, i. e. où ça se tasse/s'enfouit ou bien tire/arrache : Positif = aspiration (vers le haut) = ça tire au plafond = divergence => ascendance, dépression et négatif = tassement (vers le bas) = ça enfonce = convergence => subsidence, anticyclone :
    + CHI200 = à 200 hPa aussi. Ça montre les divergences/convergences au plafond :
    + CHI850 = idem à 850 hPa, en bas. Ça montre la même chose, ascendance ou subsidence.

    * PSI, la lettre "P" en grec, celle des psychanalystes, psychiatres et de leurs psychopathes (dont ils peuvent faire partie, c'est pas incompatible : Karadžic était un psy dans tous les sens du terme). Ici on appelle ça "fonction de courant", ça révèle la turbulence, les écoulements tourbillonnaires, l'air qui tourne/serpente, dessine les bosses et les creux *** <---<< ceci horizontalement *** :
    + PSI200 = à 200 hPa, au plafond. Ça dessine les bosses et les creux des Jets streams.
    + PSI850 = à 850 hPa. Idem en basse altitude.

    * Et enfin la pression en surface qui montre les anticyclones et les dépressions, donc la trace "au sol" de la MJO, là où la roue à godets creuse ou bien entasse :
    + SLP = Sea Level Pressure = pression au niveau de la mer.
    Donc on peut essayer de repérer la MJO en temps réel sur nullschool.net (lien : earth.nullschool.net/fr/)

    -> comme d('hab : toute question est bienvenue.
    (NB : il n'y a pas de question stupide, il ne peut y avoir que des réponses idiotes)

    Madden & Julian - 1971 papier fondateur journals.ametsoc.org/view/jour
    NOAA Climate.gov - 2026 Vulgarisation détection climate.gov/news-features/blog
    Geerts / UW - 2026 Variables (U, V, CHI, PSI) www-das.uwyo.edu/~geerts/cwx/n
    PSL - 2026 Détection (RMM) psl.noaa.gov/mjo/MJOprimer/ NOAA
    BOM - 2026 État temps réel bom.gov.au/climate/mjo/

    #ChangementClimatique

  13. #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls

    Oscillation de Madden-Julian = la MJO
    (2/3)

    4* Par où elle passe ?

    Il n'existe pas encore assez de stations pour suivre son signal faible ailleurs que dans l'Indo-Pacifique où elle réapparaît tous les un à deux mois alors on ne sait pas si c'est la même onde qui fait le tour de la Terre ou si c'est autre chose.

    A- Au nord

    * On sait que, sur ces deux océans-là, les MJO serpentent d'abord entre le 10°S et le 10°N, puis, une fois rendues dans le Pacifique, descendent progressivement plus au sud parce qu'entrainées par la cellule de Walker vue dans le toot précédent, ceci en étant, évidemment, au Nord en été et inversement l'hiver.

    * On sait qu'elle est un des catalyseurs de la mousson indienne :
    + en mai et juin l'Inde et le Pakistan sont surchauffés à la fois par les vents océaniques remontant de l'équateur et ceux issus de la péninsule Arabique et du sud de l'Iran, les deux flux venteux remontent vers les contreforts de l'Himalaya d'où ils ne peuvent plus s'échapper une fois arrivés, et par des vents descendant (en subsidence adiabatique) de l'ouest de l'Himalaya (chaines de l'Hindou Kush et du Pamir) parce que cet air est comprimé contre les montagnes depuis la mer Caspienne, vents traversant l'Iran et l'Afghanistan, ne pouvant partir ni au Nord (anticyclone Kazakh) ni au Sud (montagnes d'Iran + flux venant d'Arabie)
    + ceci crée les extraordinaires pics de chaleur de juin sur la basse vallée de l'Indus indo-pakistanaise et le désert du Thar qui la borde côté indien, la subsidence de l'ouest himalayen asséchant le peu d'air océanique pouvant encore arriver du sud-ouest.
    + cet anticyclone sur le désert du Thar et la basse vallée de l'Indus est maintenu piégé là par l'Himalaya d'une part et par un centre anticyclonique installé sur tout le nord-ouest du golfe du Bengale lui barrant toute possibilité de mouvement vers l'Est d'autre part.
    + Tout ceci perdure jusqu'à la mousson commençant en juillet.

    L'Inde est incluse dans la bande des 20 et 30°N à l'exception de sa pointe sud (le Kerala) qui, avec l'île du Sri Lanka, appartient à ces 0 à 10°N par où peut passer la MJO. C'est par là que se déclenche la mousson, comme une onde remontant du sud :
    + La MJO introduit son ascendance et ses vents d'ouest (à la place de ceux de Sud et Sud-Ouest) dans un air n'attendant que ça depuis des semaines.
    + Cette convection se propage ensuite à la façon d'un pull qui se détricote sur toute la région jusqu'au plus au nord possible et sur toute la largeur de l'Himalaya Ouest à la péninsule indochinoise à l'Est du golfe du Bengale (cf. en.wikipedia.org/wiki/Madden%E : cette carte décrit la progression de la mousson depuis la pointe sud de l'Inde jusqu'à l'Himalaya à l'ouest et la Birmanie à l'est).
    La MJO n'a ainsi pas besoin de faire un crochet au nord jusqu'en limite du 40°N pour que la mousson y soit lancée, à cause d'elle.

    * On sait que quand les MJO finissent de traverser l'océan Indien et montent sur l'Indonésie (le "continent maritime") elles faiblissent, ralentissent jusqu'à disparaître complètement presque une fois sur deux : 40 à 50 % "s'éteignent là", sont indétectables ensuite. Les autres ressurgissent dans le point chaud du Pacifique Ouest mais bien affaiblies au départ. On suppose que c'est au moins pour deux raisons :
    - d'une part, comme dirait Lapalisse il y a moins d'eau en surface de la terre ferme que sur l'océan, il lui devient donc plus difficile de maintenir son ascendance et, donc, sa subsidence,
    - d'autre part les perturbations terrestres quotidiennes, surtout les brises de mer vespérales qui provoquent ascendances et orages de fin de journée, la déforment et se mettent en bâtons dans sa roue.
    Elle se retrouve ainsi dans le point chaud débutant la cellule de Walker, chose qui doit l'aider à se refaire une santé vu les ascendances à cet endroit.

    B- Au Sud

    * Quand vient l'hiver boréal (du nord) elle est tirée au sud de l'équateur. Il arrive qu'elle contourne la difficulté des 6000 km que lui oppose alors ce "continent marin" (comme disent les anglais) en restant sur l'eau, passant par sa limite sud entre l'Indonésie et l'Australie. En été ça lui est plus supportable parce qu'entre l'équateur et le 10°N, donc au nord, ce continent marin ne lui oppose que 3000 km de terres à traverser, soit deux fois moins.

    * Elle est très visible de ce côté grâce à la mousson australienne :
    Le printemps austral commence après l'équinoxe de septembre. La Zone de Convergence Inter-Tropicale, dite ITCZ en anglais, court horizontalement d'un bord à l'autre du Pacifique : elle est toujours située à la jonction des deux cellules de Hadley (Nord et Sud), jonction qui se maintient sous l'ensoleillement le plus fort, qui le suit tout au long de l'année : au solstice de juin elle est vers les 10-15°N, à l'équinoxe suivant (septembre) elle passe l'équateur, continue vers le sud jusqu'au solstice de décembre, avant de rebondir vers le nord (équinoxe de mars, et solstice de juin).

    * En Australie à partir du printemps sur le Pilbara, au NW du continent donc côté équateur, en surface la chaleur génère une basse pression qui s'intensifie. Les vents changent alors : les alizés de SE, secs jusque-là parce que finissant de traverser 3000 km de continent, virent à 180° pour aller de l'équateur vers cette basse pression et en s'inversant ils deviennent humides puisque au NW du Pilbara on a l'océan Indien et la mer de Timor. Tout est ainsi en place à partir de novembre-décembre, fin du printemps, début de l'été austral, quand l'air commençant à monter au-dessus de ces sols de plus en plus chauds, forme les premières ascendances avec leurs premières pluies et à partir de là la mousson s'installe sur tout le nord du continent.

    * La MJO donne souvent le coup d'envoi début-mi décembre : quand sa phase convective arrive sur l'océan Indien d'Indonésie elle renforce les vents de NO et déclenche le premier épisode. Si c'est sa phase sèche de l'arrière qui passe d'abord parce que l'avant est déjà passé, le début de cette mousson est retardé de 10 jours à 3 semaines.

    * Un épisode de MJO sèche termine la mousson (cf. le lien de nature.com 2024 ci-dessous) : après l'équinoxe de mars le continent se refroidit d'abord doucement puis de plus en plus vite puisque le soleil est repassé au nord et s'éloigne. Les basses pressions du NW australien se comblent, évoluent en anticyclone, ce qui refait basculer les vents de surface à 180°, rétablit les alizés de SE frais et secs. L'ascendance se transforme en subsidence et cette inversion tue la mousson : les pluies cessent et un passage de MJO sèche (arrière) la termine abruptement puisque cette subsidence finit le ménage, tue les dernières ascendances.

    [Ces deux moussons durent tout leur été, jusqu'à l'équinoxe suivante, sans être continues pour autant : ce sont des successions de périodes de 5-15 jours de pluies intenses suivies d'un calme relatif de 5-15 jours lui aussi. C'est un peu comme la mousse de bulles de l'eau en train de bouillir : dans l'eau des bulles se forment très vite un peu partout puis tourbillonnent dans tous les sens avant d'aller mousser en surface. Là, on a différents phénomènes temporaires surgissant en rangs serrés et se croisant pendant la période qui expliquent ces alternances de pluies : MJO, Rossby, QBO ( = Oscillation Quasi-Bimensuelle), etc.]

    Wheeler & Hendon / 2004 8 zones, RMM1/RMM2, dipôle journals.ametsoc.org/view/jour
    WIREs / 2023 Variabilité ENSO/IPO, jumping wires.onlinelibrary.wiley.com/
    Nature Climate / 2024 Trajectoire / propagation nature.com/articles/s41612-024
    Krishnamurti & Ardanuy / 1980 / dynamique des pluies journals.ametsoc.org/view/jour
    Berry & Reeder / 2016 / dynamique des pluies journals.ametsoc.org/view/jour

    #ChangementClimatique

  14. #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls

    Oscillation de Madden-Julian = la MJO
    (1/3)

    1* Qu'est-ce que c'est ?
    Une roue à godets : ça creuse devant et se vide derrière en avançant.
    Il s'agit d'un phénomène un peu comme une roue à godets qui ferait monter l'air devant elle (convection) et descendre derrière (subsidence), soulevant à la façon d'une vague ou d'une onde tout ce qu'il y a sur sa route sans le déplacer horizontalement et progressant toujours d'Ouest en Est (sens de rotation de la Terre) en zigzaguant plus ou moins près de l'équateur.

    fr.wikipedia.org/wiki/Oscillat
    earth.nullschool.net/fr/

    en.wikipedia.org/wiki/Madden%E

    2* C'est nouveau ?
    Non. Vous n'en avez sans doute jamais entendu parler et pourtant c'est un phénomène récurrent, intermittent mais présent toute l'année.
    Il n'en existe encore aucune vulgarisation en français en direction du grand public hormis
    - cette de wikipédia qui est la version française dégradée de la version anglaise, dégradée mais pas si mal, mieux que rien en tout cas,
    - celle de La Météorologie, n° 86 (2014), très bien faite, plus longue que ce que je vous donne ici mais compréhensible sans être un initié "7e dan" (le pdf ci-dessous),
    - et maintenant vous avez celle-ci, plus synthétique que les deux précédentes (je vous laisse en récupérer l'url 8*D ).
    Pourquoi un tel désert ? Parce qu'aujourd'hui c'est une chose pas encore franchement sortie du petit monde des labos pour ce qui concerne les océans Pacifique et Indien et quasiment vierge chez eux pour partout ailleurs, complètement en friche, aucune étude aussi consistante que celles ciblant l'Indo-Pacifique.
    Pourquoi en parler alors ?
    1. Parce que c'est un phénomène qui interfère fortement avec la cellule de Walker qui est sur sa route.
    2. Parce que ce faisant le passage de la MJO perturbe le climat mondial.

    en.wikipedia.org/wiki/Madden%E
    web.lmd.jussieu.fr/~crlmd/thes

    3* Comment ça marche et pourquoi elle va dans ce sens ?
    On sait comment elle fonctionne dans les océans Indien et Pacifique bien que son trajet complet ne soit pas encore scientifiquement formellement établi, prouvé. L'hypothèse la plus acceptée (Matsuno, 1982) est un couplage entre convection et circulation :

    Comme vous le savez puisque j'en ai déjà parlé, en faisant monter de l'air toute convection aspire à elle celui qui est en-dessous comme la bouche d'un aspirateur tire à elle et avale ce qui l'entoure (convergence) qui file dans le sac au bout du tuyau sauf que, ici, le bout du tuyau est tout en haut et ouvert sur rien. En sortant contre le plafond cet air, tout en s'étalant tout autour de sa sortie (divergence), s'entasse sur place. Naturellement ce petit tas va se rectifier; s'aplatir puis remonter, onduler verticalement comme une vague et avancer comme un rond dans l'eau (on appelle ça une onde de gravité aussi). Par dessus ensuite vient l'effet Coriolis qui tire tout vers l'Est en commençant par le plus léger, mobile, ce qui fait que cette "ondulation du plafond" part à l'Est mais ce faisant, partout où l'air se soulève, il tire un peu à lui celui de tout en-bas dessous et partout où il se tasse c'est l'inverse, le tassement de l'air vers le bas en aspire au-dessus de lui, et tassé donc plus lourd, il descend. C'est le côté descendant de la roue à godets, la subsidence. C'est pour ça que c'est sec et calme à l'arrière de la convection : l'air y est tassé, chauffé en descendant (+10°C/km), asséché, un buvard, rien ne monte, pas de condensation.
    Si, à l'avant de la roue, tout en bas là-bas, c'est humide et chaud alors, de façon classique, ça enclenche une autre convection qui, en montant, crée à son tour une autre divergence envoyant onduler vers l'Est son propre "tas du plafond" tout en faisant redescendre derrière elle ce qui part ailleurs qu'à l'Est (ce qui éteint la convection précédente puisque ça lui tombe dessus), et ainsi de suite. C'est pour ça que ça va d'Ouest en Est : chaque épisode de convection crée son tas au plafond qui se propage un peu plus à l'est, provoquant le suivant, etc.

    Matsuno / 1982 Mécanisme (convection-circulation) journals.ametsoc.org/view/jour
    Kim, Hendon & Li / 2006 Mécanisme (ondes de gravité) agupubs.onlinelibrary.wiley.co 0.1029/2005JD006807
    Berry & Reeder / 2016 Dynamique des précipitations journals.ametsoc.org/view/jour

    #ChangementClimatique

  15. Yo Mastodon ! Ça woke bien ?
    Moi, ça woke.

    15 jours de taff en faisant des incantations malodorantes pour avoir un peu de wifi pour ça => si vous connaissez une divinité plus efficace que les cohortes d'insultes pour convaicre un wifi de limite de couverture, je prends !

    Je voulais publier ça hier mais wifi a pas voulu et m'a même zappé ce que j'avais écrit juste avant.
    Bon. VDM normale.
    -----
    #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls (suite)

    Table des matières :
    Chap. 1 - Thermocline-Coriolis & courants de surface (26-août 2026) :
    kolektiva.social/@A_Mimi/11716

    Chap. 2 - Cellule de Walker :
    kolektiva.social/@A_Mimi/11717

    Chap. 3 - Oscillation de Madden-Julian = la MJO : ci-dessous

    Je commence dans un toot en réponse à celui-ci et en numérotant la suite parce que ça va exploser ma limite de carcactères par toot mais c'est ça ou bien ça va être réservé aux seuls initiés, ce qui est l'inverse de ce que je recherche.

    Le toot derrière lequel vous pouvez commenter sans vous faire écraser entre deux finit par "BOM - 2026 État temps réel bom.gov.au/climate/mjo/"

    Juste dire ici que c'est un autre de ces petits trucs à connaître pour bien comprendre le Niño 2026 dans lequel ça joue un rôle, genre c'est quoi la différence entre une salière et une poelle à frire quand on veut cuisiner sans maman.

    Ok ? Go, show !
    (non, moi c'est gauchiasse)

    #ChangementClimatique

  16. 🌡️ Après un été hors normes et des semaines souvent bien au-dessus des normales, la France vient enfin de connaître une vraie parenthèse fraîche !
    Cet après-midi, l’indicateur thermique national (ITN) des températures maximales s’est établi à 20,7 °C, soit environ 3 °C sous la normale.
    🌤️ Et chez vous, avez-vous vraiment ressenti cette baisse des températures aujourd’hui ? Combien faisait-il cet après-midi dans votre secteur ?

    @dataforgood @Infoclimat

    #meteo #Infoclimat #Climatologie #temperature #France #ITN

  17. #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls (suite)

    Chap.2 - Cellule de Walker

    La cellule de Hadley s'étale tout autour de la Terre en gros entre l'équateur et le 30° Sud ou Nord puisque c'est symétrique avec les mêmes grandes cellules dans chaque hémisphère. C'est celle qui fait les climats équatorial et tropical. Dans le Pacifique elle englobe la cellule de Walker qui s'étend jusqu'aux 40°S.

    Comme nous venons de le voir ("Courants de surface" du toot précédent), en temps normal en surface dans le Pacifique, à l'Ouest on a un point chaud dans les eaux indochinoises + australiennes, et deux points froids à l'Est, le courant de Californie et celui de Humboldt, qui sont tout deux des upwellings, des remontées d'eaux profondes (à +4°C comme vu dans le toot précédent ci-dessus), aspirées par les eaux de surface qui sont, elles, poussées vers l'ouest par les Alizés et par leur propre inertie (effet Coriolis) vu qu'à l'Est c'est le continent et que cette dérive vers l'ouest crée un vide, un "appel d'eau". Il faut se rappeler que l'effet Coriolis est d'autant plus fort près des pôles que faible près de l'équateur. Il s'en suit que les upwellings sont forts près des pôles et quasiment nuls près de l'équateur. C'est pour cette raison que sur les rives Est des deux Amériques on ne parle que de ces deux-là, Humboldt et Californie : il n'y a rien de semblable entre eux. Bref, les upwellings sont loin de l'équateur.

    Dans l'air comme dans l'eau, en s'élevant le chaud laisse un vide là où il était et il s'élève parce qu'il est plus dilaté, donc plus léger, que le froid autour et au-dessus de lui (car l'air qui monte verticalement perd ± 10 °C par km). De son côté, le froid cherche à "capitaliser" tout ce qui est froid : il est dense donc lourd, alors il ne peut que passer sur plus lourd que lui, ou bien se mélanger à ce qui l'est autant que lui et sinon se glisser sous ce qui l'est moins que lui.
    Ainsi, dans l'air au dessus de l'eau tirée du fond puis étalée par les upwellings de Californie et de Humboldt, eaux refroidissant l'air qui les recouvre, se forment des anticyclones froids, bulles d'air froid plus applaties que les chaudes parce que plus lourdes.

    En face, à l'ouest on a le point chaud indochinois et australien. Là, c'est l'inverse : au-dessus l'air ne s'applatit pas contre lui, il chauffe, se dilate donc s'allège, s'élève et s'en éloigne, monte au-dessus de ce qui l'entoure dès que c'est moins chaud que lui. Ceci crée l'inverse des anticyclones : des ascendances puissantes, dépressions, cyclones, qui font aussi tourner l'air autour d'elles mais comme des maelstroms, des trous, des creux que l'effet Coriolis fait tourner en sens inverse de celui des anticyclones puisque, eux, ce sont des "bosses", des bulles. Ceci fait qu'une ascendance tourne vers la gauche au nord de l'équateur et vers la droite au sud.

    Dans l'ascendance l'air monte tant qu'il peut, c'est à dire jusqu'au plafond, contre la tropopause qu'on a déjà évoquée ici et qui empêche l'atmosphère de se barrer dans la stratosphère et plus loin, ce qui vaut mieux pour tout le monde vivant ... Là, au sommet de l'ascendance, il a le "choix" entre s'étaler dans toutes les directions ou redescendre.
    Redescendre ? Impossible : tout ce qu'il y a en dessous de lui le suit depuis en bas et le pousse vers le haut pour prendre sa place.
    S'étaler ? Ok.

    Dans toutes les directions ? Niet : ce serait oublier la rotation de la Terre qui déplace tout vers l'Est, atmosphère incluse, il ne pourrait s'étaler "vers l'Ouest" qu'en restant sur place alors qu'il doit bouger. Aller vraiment vers l'ouest, ce serait aller contre la rotation de l'atmosphère elle-même. De plus, en haut il ne peut que suivre la pente générale de la tropopause laquelle est inclinée vers le pôle : verticalement, les ascendances la repoussent d'autant plus vers le haut qu'elles sont près de l'équateur, le soleil qui les chauffe et dilate plus leur donne ainsi plus de force pour pousser. Donc arrivé en haut d'une ascendance l'air, sous la contrainte de la tropopause, descend plus ou moins directement vers le pôle et ce jusqu'à ce qu'elle fasse un ressaut à la jonction des cellules de Hadley et Ferrel parce que cette jonction est une subsidence, une descente qui, en tirant tout vers le bas crée un creux, un sillon entre les deux cellules et donc une ondulation de la tropopause.

    Là, soit il "tombe dans le trou" et redescend, soit il se fait emporter plus ou moins plein Est par le Jet Stream qui fait le tour de la Terre vers l'Est dans ce sillon entre les cellules. Ce Jet, faute de pouvoir aller vers l'équateur parce que la rotation de la Terre via l'effet Coriolis, encore lui, l'en empêche, tout en se cherchant un passage qui n'existe pas, va tourner tout autour de la Terre dans ce sillon entre Hadley et Ferrel. On est à ± 10 km d'altitude ( = 250 hPa = une pression 4 fois moindre de celle au sol). À une hauteur pareille il fait froid et l'air est sec puisque l'humidité s'est condensée en nuages pendant la montée, libérant sa chaleur latente dans l'air qu'elle assèche (ce qui entretient sa montée). L'air qui arrive en haut est donc sec, nettoyé de toute son humidité restée dans ces nuages abandonnés sur place.

    Le Jet est un vent froid et très rapide, d'autant plus rapide et puissant que le gradient, la différence de température, entre la cellule froide (Ferrel) et l'équateur, est grand. Il fait le tour de la Terre le plus zonalement qu'il puisse. L'air qu'il charrie cherche à redescendre vers le sol dès que son froid l'a contracté, ratatiné sur lui-même à le rendre trop lourd pour tenir aussi haut sans tomber. Il lui faut un endroit un peu surbaissé dans le sillon où il puisse s'accumuler et faire masse pour pouvoir descendre. Les anticyclones froids sont très bien pour faire ce trou à leur verticale et, en plus, ça attire facilement les Jets pour la même raison : leur froid crée ce creux dans le sillon, le Jet suit la pente jusqu'au milieu de ce creux, y abandonne l'air le plus lourd lequel, donc, descend à partir de là, puis le Jet ressort pour poursuivre sa route dans le sillon.

    Ainsi, dans le Pacifique Sud se constitue une circulation aérienne cellulaire avec ascendance au point chaud et subsidence sur l'anticyclone de Humboldt, et seulement sur lui : chercher à rejoindre l'upwelling de Californie, ou, plus exactement, l'anticyclone associé est impossible, très improbable :
    - d'une part il prend les vents sous son influence pratiquement sur le méridien du détroit de Béring, c'est à dire au milieu de l'océan, ce qui impliquerait un parcours à 45° entre l'indochine et le 40°N de ce méridien-là, inclinaison très raide, trop "verticale" pour pouvoir être compatible avec la dérive de Coriolis.
    - et d'autre part le fait que l'Asie et l'Amérique limitent l'expansion en latitude de l'océan aux 50-60°N
    alors que côté Humboldt,
    - d'une part l'anticyclone est en gros deux fois plus éloigné ce qui fait que la pente du point chaud jusqu'à lui est deux fois plus douce
    - et d'autre part vers le pôle Sud il n'y a aucune masse continentale pour limiter l'océan en latitude, c'est "open bar" jusqu'aux rives de l'Antarctique, au 80°S.
    C'est à cause de ça que dans le Pacifique seul l'hémisphère Sud peut se constituer une circulation entre le point chaud occidental et son upwelling oriental. Elle s'établit ainsi entre l'équateur et les 40°S où se situe en général cet anticyclone de Humboldt.

    À la verticale de l'anticyclone froid l'air qui s'entasse dans le creux tout en haut descend sous son propre poids. Il est froid et sec donc il va très efficacement se réchauffer adiabatiquement (cf. mes toots précédents sur #Canicules2026 ou #Climatologie) ce qui va le rendre bien trop chaud pour pouvoir se mélanger avec l'air froid de l'anticyclone (rappel : +10°C/km), depuis 10 km d'altitude, ça fait ± 100°C de plus à l'arrivée sur l'anticyclone froid qu'au départ). Il va donc s'entasser par dessus sans se mélanger à lui jusqu'à déborder et descendre de côté où les Alizés vont le prendre en charge pour le ramener au point chaud. Il ne peut pas remonter parce qu'il est constamment douché par l'air qui descend et qui arrive chaud lui aussi. Les Alizés soufflant vers l'ouest même à l'est de l'anticyclone, la glissade du haut de l'anticyclone jusqu'en bas se termine à l'ouest de l'anticyclone : la masse chaude entassée sur la froide est décalée, décentrée vers l'ouest, pas au milieu.

    En résumé, le circuit c'est : Point chaud -> Ascendances -> Jet Stream vers Humboldt -> Subsidence sur Humboldt -> Alizés -> Point chaud.
    La "cellule de Walker" c'est ce circuit.
    Il recouvre/perturbe/est perturbé à la fois par la cellule de Hadley et celle de Ferrel, en particulier par le passage des ondes de Rossby "errantes" générées côté Australien et qui remontent vers l'équateur en se suivant comme un chapelet de bulles de champagne. Chaque "bulle" de Rossby traverse la circulation de Walker et sa crête, au centre, c'est un anticyclone chaud donc une "bosse" perturbante pour les Alizés.

    refs :
    --> En froggy :
    mimi.good-eris.net/air/fr/air.
    futura-sciences.com/planete/de
    --> En godon :
    franciscoblaha.info/blog/2015/
    eoas.ubc.ca/courses/atsc113/sa

    NB : les refs fiables sur Walker sont aussi nombreuses que les poux sur la tête d'un chauve et les papiers officiels propagent les mêmes conneries, schémas faux, incohérents et inconsistants, depuis des années. C'est pour ça que je me les pogne tous parce que l'infox n'est pas l'info même quand on s'appelle NOAA :
    climate.gov/news-features/blog
    Ce papier de 2014 est bourré de schémas grossièrement trumpeurs mais les cons publiant dans des revues scientifiques en on fait LA référence en la matière. Donc lisez-le si ça vous chante, au moins pour repérer ces schémas, mais ne vous en servez PAS, ils sont FAUX.

  18. #Climatologie #oceanographie - Pause : on joue au jeu des 3 différences

    Dans l'hémisphère Sud le mois d'août est au pic de la saison froide, équivalent au février du Nord.
    * Les températures de ces vues sont celles de la surface de l'océan : blanc c'est gelé ou trop chaud pour laver la laine : -2 ou +40 °C. La position géographique suffit à lever toute ambiguité.
    Leur dégradé part du blanc (-3 à -2 °C) autour de l'Antarctique au violet (+31-32 °C) autour du Mexique. Le jaune est au milieu, entre +17 et +20° C, pas vraiment caniculaire mais un peu frais pour la baignoire comme même, heu.

    Sur 2025, la ronde des vents au large du Chili tourne dans le sens anti-horaire, c'est donc un anticyclone, le fameux anticyclone de Humbolt qui préside, avec le point chaud de l'Australie+Indonésie au climat de tout le Pacifique Sud, de tout le Pacifique et, partant, de toute la planète comme nous le verrons (si wifi veut bien me faire un peu moins chier).

    * La première c'est l'an dernier, une vue du Pacifique Sud au 25 août 2025 :
    earth.nullschool.net/fr/#2025/

    * La deuxième c'est avant-hier, une vue du Pacifique Sud au 25 août 2026 :
    earth.nullschool.net/fr/#2026/

    * Pour comparaison, je mets aussi celle de noël 2025, donc le mois d'août austral :
    earth.nullschool.net/fr/#2025/

    Le jeu :
    -> Citez/décrivez les 3 grandes différences entre la première (2025) et la deuxième (2026).
    -> Comparez celle d'avant-hier avec celle de noël dernier : Quelles sont les 3 choses de ces 6 derniers mois qui vous sautent le plus aux yeux ?

    C'est parti.

  19. Vu mon absence de wifi je publie à la volée, si mon réseau veut bien. Les suites seront mises dessous => faites-vous un marque-page sur ce toot-là pour tout retrouver :

    #Climatologie #oceanographie - El Niño pour les nuls

    NB : contrairement à ministre sous Macron, être nul en climatologie n'est pas une tare vu à quel point ce n'est pas enseigné au primaire et au secondaire (un hasard, certainement ...) => ne culpabilisez pas de ne pas savoir ce qu'on ne vous a jamais appris.

    El Niño, c'est quoi, en fait, concrètement ?

    C'est une grande vague qui change la structure des eaux de surface équatoriales du Pacifique jusque vers 250 m de profondeur en les rendant plus chaudes et cette masse immense d'eaux anormalement chaudes change le climat mondial.

    A- Notions préliminaires : Thermocline, Coriolis et courants de surface

    Thermocline

    * thermos = en grec, chaleur, le mot qui a donné température, thermal, thermos, thermomètre, thermique, thermidor, etc.
    * cliné = en grec, dégradé. c'est un suffixe très utilisé dans les thermes scientifiques (ok, je ne recommencerai pas, promis, parjuré)
    Donc étymologiquement c'est un "dégradé de chaleur".

    Scientifiquement, en océanologie la thermocline est la couche assez étroite entre les eaux profondes, généralement autour de +4°C, et les eaux plus chaudes qu'il y a au-dessus (chaud = plus dilaté donc plus léger => le chaud flotte sur le froid).
    C'est pareil pour l'air : il est toujours un peu plus chaud contre le plafond de la pièce qu'au ras du sol (c'est différent dehors parce qu'il y a plus de vent et aucun plafond aussi bas).
    Les eaux "du dessus" sont celles chauffées par le soleil, évidemment, et comme ses rayons sont vite arrêtés elles sont chaudes en surface : le froid reprend la main dès que les rayons ne peuvent aller plus loin (et s'il n'y a pas d'entassement d'eaux chaudes, on y vient).
    Dans l'eau, plus on descend, plus c'est froid,

    jusqu'à atteindre celles ne voyant jamais le soleil, ni ne recevant de chaleur par celles au-dessus d'elles. En gros c'est entre 100 et 250 m de profondeur (jusqu'à 500 m, rarement). Dessous c'est la même température partout.
    C'est l'inverse dans l'air qui, lui, est chauffé par le sol alors il se dilate en bas, ce qui le fait monter pour passer au-dessus de celui du dessus, plus froid donc plus dense et plus lourd que lui. En montant il s'éloigne du sol en poussant l'air froid avec sa "tête" et en le voyant glisser sur ses flancs, deux bonnes raisons pour refroidir (et condenser sa vapeur). Une fois plus froid il se fait pousser par celui en dessous de lui, celui qui le suit depuis en bas et qui est plus chaud que lui, et ainsi de suite, ça monte comme ça jusqu'à l'inversion de température du début de la stratosphère, inversion qui bloque tout ce qui monte comme un couvercle (i.e. la tropopause).
    Dans l'air, plus on monte, plus c'est froid,
    symétrie parfaite avec l'eau.

    La thermocline c'est l'étroite zone de transition entre le froid et le chaud. Elle est comme un drap d'eau de dégradé de température étalé entre les eaux froides et chaudes.

    * Conseils de lecture, pas que pour les belles images :
    --> En froggy :
    fr.wikipedia.org/wiki/Thermocl
    aquaportail.com/definition-106
    --> En godon :
    oceanservice.noaa.gov/facts/th (NOAA la définit souvent sur l'isotherme de 20°C : dans un Pacifique "normal", à l'Est il est à ± -50 m et à l'Ouest à ± -150-200 m.)
    geo.libretexts.org/Courses/Lum
    cimi.org/blog/tell-me-more-abo

    Coriolis

    La thermocline est un drap étalé, à plat, flottant entre deux eaux, on disait. À plat certes mais pas horizontal pour autant, à cause de
    + la rotation de la terre qui est toujours "en avance" sur la mer puisque c'est elle qui pousse
    + des continents qui font barrage aux mouvements et courants que cette poussée induit.
    Cette dérive, cette avance de la terre sur l'eau, de l'eau sur l'air, de tout ce qui est plus lourd sur tout ce qui est plus léger, ça porte un nom : la force de Coriolis. Ce n'est pas une force à proprement parler, la vraie force c'est la rotation de la terre. Coriolis n'est qu'un "effet d'optique" parce que de là où il regarde l'observateur terrestre tourne en même temps que tout ce qui l'entoure (et il vaut mieux vu la vitesse de rotation : ± 40000 km/j = 1666,6 km/h à l'équateur, ± 28385 km/j au 45e = 1183 km/h => ne pas tourner en même temps aussi "décoifferait un rien", façon cyclone de catégorie 10 si elle existait).
    Vu de la Lune la "supercherie" est flagrante : mettons un satellite de basse altitude suivant sans dériver, pas du tout géostationnaire, et très rapidement, disons un tour complet à l'heure, un trajet Nord-Sud, perpendiculaire au sens de rotation. Depuis la Lune on le voit bien descendre en ligne droite pendant que le sol défile perpendiculairement sous lui, vers la droite si le nord de la Terre est en haut. Si on regarde ce satellite depuis le sol on le voit partir vers le sud-ouest (pinard, magret, foie gras, incendies en manque de Canadairs, toussa...) et pourtant c'est bien le même objet. Le sol dit "la force de Coriolis le dévie vers l'Ouest", la Lune lui répond "il ne dévie pas du tout, il va exactement du Nord au Sud" et c'est la Lune qui a raison.
    La force de Coriolis n'est donc pas une force, on la dit aussi pseudo-force ou force d'inertie, inertielle. C'est une dérive *apparente* parce que l'observateur dérive, il est géostationnaire, lui (et ça vaut mieux pour sa coupe de cheveux). Une autre preuve ? Le soleil : par rapport à nous, tous les jours il se lève à l'Est et se couche à l'Ouest parce que si, lui, là-bas, loin où il est, il ne bouge pas et nous, on bouge même sans nous déplacer, et à plus de 1000 km/h. La vraie force, c'est celle de la Terre qui tourne et elle tourne d'autant moins vite qu'on se rapproche d'un pôle puisque quel que soit l'endroit, pour faire un tour complet c'est toujours en 24 heures. Donc la dérive apparente, la "force" de Coriolis, elle, est nulle à l'équateur puisque rien ne va plus vite que lui, rien ne peut dériver par rapport à lui, et elle augmente avec la latitude, ce d'autant plus qu'elle se rapproche d'un pôle pour y être maximale puisque rien ne va moins vite qu'eux : sans bouger il leur faut 24 heures pour faire un tour complet sur eux-mêmes => par rapport à eux tout l'univers dérive vers l'ouest.
    Sur Terre on a du Coriolis à tous les étages, cette inertie a des effets partout.

    --> En froggy :
    meteofrance.com/comprendre-la-
    techno-science.net/glossaire-d
    planet-terre.ens-lyon.fr/artic
    futura-sciences.com/planete/de
    --> En godon :
    courses.lumenlearning.com/suny
    real-world-physics-problems.co
    oceanmotion.org/html/backgroun

    Courants de surface

    Dans les grandes étendues marines la thermocline est plus enfoncée à l'Ouest qu'à l'Est et elle remonte progressivement de l'Ouest à l'Est parce que l'eau chaude s'accumule du côté qui pousse. C'est comme balayer de l'eau : la plus grande hauteur d'eau est contre le balai et c'est d'autant plus haut qu'il la pousse fort et vite. Ici, le balai c'est le continent à l'ouest de l'océan, c'est contre lui que les eaux chaudes viennent s'entasser puisque c'est lui qui pousse. C'est vers lui que les courants de surface ont tendance à aller puisqu'il avance plus vite que l'eau. Ce n'est pas qu'elles y aillent vraiment, c'est qu'elles résistent à sa poussée, par inertie. Une fois contre lui elles s'entassent les unes sur les autres comme contre un mur de barrage en cours remplissage, épaississant la couche chaude. Le terme scientifique de cet entassement c'est "pente de la surface de la mer". Donc, en situation normale et en toute saison, l'intensité maximale des courants de surface est à l'équateur puisque c'est là qu'on est au plus loin de l'axe de rotation de la terre, c'est là que ça tourne le plus vite, 1666 km/h, c'est là que le "balai géant continental" pousse avec la plus grande force.
    À l'Est c'est l'inverse : contre le continent Est les eaux de surface "filent vers l'Ouest" à cause de leur inertie à tourner aussi vite que la terre et, en plus, les Alizés Nord et Sud leur soufflent dessus vers l'ouest aussi). Ça fait comme un aspirateur sur les rives Est, ça crée un vide tirant et remontant les eaux froides du fond vers la surface, donc remontant la thermocline ou l'annulant carrément. Ce courant froid montant du fond pour s'étaler en surface, donc vers l'ouest, les anglais l'appellent "upwelling" = "jaillissement". Dans le Pacifique ces remontées génèrent des courants froids le long des Amériques au point de recevoir un nom : le "courant de Californie", contre cet état US, et le "courant de Humbold" côté Terre de Feu. Ils filent "en face", plein ouest, et en surface jusqu'à l'autre côté, i.e. contre l'Australie, la péninsule indochinoise et ses îles, ce qui leur donne tout le temps de bien se réchauffer pendant le trajet, le Pacifique ayant à lui tout seul la taille d'un hémisphère entier (13 à 19 000 km le long de l'équateur selon qu'on finisse contre la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou Java-Sumatra, plus de 16 000 km de Béring aux rivages de l'Antarctique quand le tour de la planète c'est 2 fois 18 000 km), on comprend bien qu'à l'arrivée il ne reste plus aucune trace de sa fraicheur initiale.
    Plus l'océan est grand, plus ces deux phénomènes, courants de l'Est vers l'Ouest et empilement d'eaux chaudes à l'Ouest sont prononcés : toutes les eaux de surface s'entassent contre le "balai continental" et du coup, on a :
    - une thermocline enfoncée à son plus profond, écrasée sous une couche d'eau chaude plus épaisse qu'à l'Est,
    - des courants de surface allant vers l'Ouest d'autant plus forts que la vitesse de la terre est grande, avec l'effet des Alizés en prime (rappel : vents d'Est donc tirant l'eau chaude, de surface, vers l'ouest)
    Ainsi, dans le Pacifique et en situation normale, la surélévation Est de la thermocline due à son tassement à l'Ouest est en moyenne de 40 à 50 cm.

    --> En froggy :
    meteofrance.com/comprendre-la-
    meteo45.com/courants_marins_de
    ifremer.fr/fr/actualites/compr
    aquaportail.com/definition-106
    --> En godon :
    oceanservice.noaa.gov/educatio
    oceanmotion.org/html/backgroun
    geo.libretexts.org/Bookshelves

  20. RE: mastodon.fibre74.fr/@extrememe

    #Climatologie - Tout se passe comme prévu en somme,
    prévu mais pas préparé,
    comme toujours avec des fachos au pouvoir.

    #changementClimatique #canicules2026

  21. RE: mastodon.fibre74.fr/@extrememe

    #Climatologie - Ceci n'est pas un scoop, c'est le nouvel état normal et ce n'est que le tout début.

    Nous ne sommes que le 24 août, ce n'est pas encore l'automne.

    #canicules2026 #changementClimatique

  22. RE: social.desbasques.com/@rc/1171

    #Climatologie - records de chaleur océanes

    -> + 36.7°C en surface dans le Golfe Persique

    -> anomalie de +11.1°C sur les eaux de surface équatoriales dans un El Niño qui se renfirce toujours même si le QRA de l'hélmisphère Nord a dékà cédé

    Je ne pensais pas que de telles températures et écarts à la normale soient possibles.

    C'est - encore - du jamais vu.

    CO2 mon amour ...

  23. #Climatologie - Pourquoi ces alertes aux orages exceptionnels

    C'est très facile à comprendre :

    -un anticyclone au milieu entre l'Ecosse et le sud de la Norvège plus un autre au sud-est de l'Islande et centré sur les rivages du Groenland vers le milieu-bas font descendre en tournant de l'air polaire au large de la France et de l'Espagne.

    - il se réchauffe un tout petit peu en descendant ce qui lui permet de se charger d'humidité puisqu'il passe sur l'Atlantique.

    - Ensuite il vient butter contre l'anticyclone des Açores qui s'est un peu décalé vers le nord-ouest et qui, donc, le fait tourner à 90° vers le continent au sol surchauffé.

    - Là, une toute petite dépression centrée sur les rivages nord du Portugal et une autre encore plus petite à ses côtés et arrivant sur Bordeaux rabattent l'air anglo-suédois contre l'air islando-groenlandais et envoient ça direct sur la plaque chauffante rouge de chaleur hispano-portugaise et française.

    - Comme de l'eau froide tombant sur cette plaque chauffée au rouge, dès le premier contact et tant qu'il coule sur sa plaque l'air se vaporise brutalement, quasiment en faisant exploser son humidité sous forme de cumulonimbus ultra-cellulaires.

    - Ceci provoque donc des gros orages depuis le sud de la Bretagne (Brest-Lorient-Nantes) jusqu'au Massif Central (Clermont-Roanne-Aurillac) et ça descend ensuite verticalement (Toulouse-Agen-Carcassonne) jusqu'à mi-chemin entre Barcelone et Valencia en Espagne; toujours en claquant partout et en se déplaçant vers l'Est pour glisser sur l'Italie, la Suisse et l'Allemagne, en continuant de péter fort.

    => La probabilité d'avoir des grêles monstrueuses est loin d'être nulle.

    => faites attention à vous.

    #changementClimatique #canicules2026

  24. #Climatologie Le barrage du QRA a cédé (suite)

    tant que j'ai un peu de wifi ...

    Vue polaire Nord au 22 août 2026 - 250 hPa = 10.5 km d'altitude
    Le petit rond vert au milieu est exactement sur le pôle

    Toutes les anciennes ondes de Rossby, légendées sur l'image, ont été balayées par un Jet Stream en train de se reconstituer et recouvrant actuellement leurs emplacements excepté celui de la chinoise dont l'anticyclone central, la crête, a été remplacé par une dépression d'air polaire. Il ne reste plus grand-chose du blocage QRA ayant fait les canicules depuis mi-juin.

    On remarquera aussi que l'air polaire s'étale maintenant sur Québec et au-delà du Groenland qu'il occupe tout entier, qu'il descend aussi jusqu'à l'extrême nord de la France, ainsi que presque jusqu'à l'Iran et traverse la Chine jusqu'au Pacifique. C'est, pour le moins, "assez inhabituel".

    On voit également que les Jets sont plus épais qu'avant, se renforcent, et qu'ils ont un parcours plus "zonal", plus "horizontal", même si ça louvoie encore beaucoup : la zone centrale n'en contient quasiment plus. Tout ceci indique clairement que l'hémisphère Nord est en train de changer de saison même si El Niño continue de se renforcer dans le Pacifique équatorial.

    Le changement de saison 2026 c'est déjà maintenant, depuis le 14 août. Les canicules, c'est complètement fini.

    Source : earth.nullschool.net/fr/#2026/

    #canicules2026 #climat

  25. #Climatologie - 15 août 2026 = Crrrac !

    Le blocage de l'hémisphère nord a cédé en 3 jours, entre le 14 et le 17 (= hier) : la QRA (Quasi-Résonnance Amplification) n'existe plus. Toutes les cellules de Rossby qui étaient figées sur place par elle et faisaient les canicules ont été décrochées de leurs patères brûlantes.

    Il y en avait 6 (cf. les "R" en rouge sur la vue polaire du 22 juillet ) :
    + 1 sur l'ouest du Canada
    + 1 sur l'Europe de l'Ouest (tu vois où c'est ?)
    + 1 grosse sur le Kazakhstan (entre la Caspienne, la mer d'Aral, les contreforts nord de l’Himalaya et remontant sur la Russie jusqu'à la mer de Tara en haut plein nord)
    + 1 sur l'Est de la Chine, côté Japon et Kamtchatka
    + 1 sur la mer du Japon et l'ouest de la grande île japonaise
    + 1 contre le détroit de Béring
    soit 6.

    Aujourd'hui (earth.nullschool.net/fr/#2026/), la calotte polaire s'étale jusqu'au 50°N et la cellule de Hadley qui fait les climats tropical et équatorial, remonte jusqu'au 30-40°N.
    Le climat tempéré (sous la cellule de Ferrel située entre les deux normalement) a quasiment disparu.

    - R1-Canada : Il ne reste plus qu'une vague trace de cette énorme onde de Rossby enracinée sur l'ouest du Canada depuis mi-juin, vague trace bloquée d'une part à l'Est par une langue polaire descendant "verticalement", via le Groenland, jusqu'aux Grands Lacs, la frontière avec les US, et d'autre part, au sud par le Jet polaire collé par cette langue de froid contre le Jet tropical qui, lui, suit de façon presque rectiligne, zonale, le 40°N depuis le méridien de Béring environ jusqu'à ce qu'il bute en Asie centrale contre les restes de la Rossby européenne au-dessus de la mer Caspienne aujourd'hui déjà. Fermé au sud, fermé à l'est, fermé au nord par la calotte polaire et poussé vers l'Est par les Jets lui arrivant dessus depuis le 50°N à la verticale de Béring donc coincée contre le mur du fond d'une impasse avec les 2 Jets qui lui compriment le ventre. Elle est encore complètement bloquée et c'est la seule.

    - R2- Europe de l'ouest : l'anticyclone (crête de Rossby) "hispano-franco-belgo-germano-danois" a été arraché par les Jets unifiés et dérive vers l'Est en se résorbant. Actuellement R2 est déjà barrée du côté du Kazakhstan, au nord de la mer Caspienne,

    - R3- Kazakhstan : tout s'est complètement volatilisée sous les coups des deux Jets, tropical et polaire, collés l'un contre l'autre à sa hauteur. Ils l'ont arrachée de là et je n'en vois plus aucune trace. (Ce qu'il reste actuellement de la R2 décolle un peu les deux Jets, R2 est là aujourd'hui mais comme elle ne fait que passer elle va subir le même sort que cette R3 parce que l'union des deux Jets devant elle à l'Est se poursuit jusqu'en Chine, c'est un laminoir à anticyclones. Les Jets vont probablement se ressouder après son passage à cause de la langue de froid qui ramènera au sud la portion du jet repoussée au nord par la R2 pour passer,

    - R4- La chinoise est toujours en place mais sous la pression conjuguée des deux Jets à l'Est et immobilisée par eux parce qu'ils remontent vers le nord contre de la suivante.

    - R5- La japonaise a maintenant glissé dans l'océan Pacifique, sur les Aléoutiennes, sous la péninsule du Kamtchatka. Elle est coincée entre une grosse dépression à sa droite (Est) et les Jets unis butant sur une langue froide venue directement du pôle et s'avançant jusqu'à la hauteur du 30°N (= presque la latitude de Hawaii !) et ils sont contraints de passer dessous donc à virer sud, en travers de la route de cette R5 qui ne peut en faire autant car une grosse dépression devant et sous elle la pousse contre ces Jets qui lui barrent la route,

    - R6- Béring : en effet domino, le déplacement de R5 a viré R6 sur la Colombie-Britannique et le Yukon (Ouest canadien, sous l'Alaska) où il y a presque jonction avec les restes de R1, la plus grosse, celle par qui le QRA et toutes ses suites avaient commencé.

    Tout ça en seulement 4 jours et à la miaou comme disent mes chats, en plus !

    Conséquence logique partout, les terres surchauffées à mort pendant 2 mois sont toujours aussi chaudes 4 jours après l'arrêt du sèche-cheveux géant dessus et ça attire les vents et l'air polaire, d'où cette superbe langue descendant sur l'Atlantique et l'Europe. Elle descend depuis le pôle lui-même, à l'Ouest en mer jusqu'au large de l’Écosse et de l'Irlande et à l'Est sur terre, sur les Norvège, Suède, Danemark, Allemagne, pays Baltes, Pologne et Russie.

    Si la moitié Sud de la France n'est pas encore dedans c'est à cause de l'anticyclone des Açores qui maintient le Jet tropical juste au-dessus de l'Irlande, Angleterre, Benelux, Allemagne de l'Ouest, Italie et la moitié nord de la France. De là, ce Jet descend en biais sur la Grèce avant de remonter vers la Russie pour pousser la R2 qui était en place sur l'ouest de l'Europe il y a moins de 8 jours et qui est aujourd'hui juste avant le Kazakhstan, au-dessus de la mer Caspienne.

    Résultat : le sud français est toujours dans la cellule de Hadley, celle qui fait le climat tropico-équatorial, alors que partout ailleurs dans le pays ça passe dans la calotte polaire, les températures descendent brutalement, pas à un niveau polaire à cause du sol brûlant mais "le cœur y est".

    Le climat tempéré (normalement dans la cellule de Ferrel) a complètement disparu, écrasé par les deux autres.

    Ce calme méridional relatif ne va pas durer : au Sud-ouest, qui est actuellement sous un anticyclone "tropical","Hadleyrien", on s'attend à ce que les températures commencent à descendre à partir de jeudi prochain, 20 août, mettant le sud-ouest à 22° (vers 14:00) jeudi-vendredi puis seulement 19 samedi, et ensuite ça va peu varier, onduler entre 19 et 25, juste 2-3 remontées au-dessus de 26 d'ici la fin du mois mais sans atteindre 30°, des "creux" vers 19-20° le reste du temps.

    Ceci pendant que sous les Jets, plus au nord donc, il y a des 12 et 14° annoncés : - mardi 25 avec du 14-15 sur Paris,
    - 13° sur Clermont-Ferrand la veille,
    - 16-17 de Metz à Toulouse-Montauban-Auch le 27/08,
    - le 29/08, des 18-20° de Hanovre à Nantes en une ligne droite de moins de 100 km alors que le vent remonte du sud et que ça cartonne à 29-32 entre Bordeaux et Fréjus, etc.
    et tout ça toujours en août

    => Le barrage du QRA a cédé, il commence à se vider, doucement pour l'instant.

    Le creux derrière la vague caniculaire de 2 mois commence déjà maintenant et il va forcément se creuser bien plus que ça.

    Quand je disais que ça allait beaucoup plus vite que prévu ce n'était pas une blague.

    #Canicules2026

  26. #Climatologie - ALERTE ROUGE (suite et pas fin)

    2/2

    Check-list du pire :

    A- Baraque : via le proprio si c'est pas vous
    A1 - Toit et extérieur : Inspecter et fixer ou enlever/rentrer tout ce qui peut devenir un projectile (tuiles descellées, antennes, pots de fleurs, meubles de jardin, portiques, chapiteaux, treilles, stores bannes, etc.). Les vents très violents comme ceux d'un derecho transforment tout pot de fleur en missile ou roquette offensive. Un abri de jardin sans vraies fondations devient un vaisseau à voiles déployées prêt à se faire arracher.
    (Pensez à rentrer le linge aussi ...)

    A2- Arbres : Raccourcissez ceux de plus de 5 m pour qu'ils ne soient pas déracinés : sans grandes branches et avec peu de feuillage ils résisteront mieux et se referont une santé au printemps. Identifiez ceux morts et les grosses branches, mortes ou pas, qui surplombent éventuellement maison / lignes électriques. Si possible, faites-les élaguer/abattre pour hier sans faute : dans et après la tempête il sera trop tard, les professionnels seront débordés rien qu'avec les dégâts sur les maisons.

    A3 - Fenêtres : Si elles n'ont pas de volets épais et fermant bien, préparer des planches de contreplaqué (1 cm au moins) à poser en boucliers fermement vissés dans les murs dès que sont annoncés des vents > 100-150 km/h ou/et des grêles géantes. Le double vitrage standard ne résiste ni aux projectiles, ni à des grêlons de 8-10 cm et il peut y en avoir de plus gros.

    A4 - Intérieur : si vous le pouvez, montez les appareils électriques en hauteur, étage supérieur s'il y en a un, sinon comme vous pouvez : en cas d'inondation soudaine vous ne pourrez pas sauver le frigo, le congelo si vous avez, plus la machine à laver, la télé, les bouquins, les photos, la paperasse administrative, les fringues de tout le monde ... vous n'en aurez pas le temps. Dégager le plus lourd et le plus cher maintenant vous libère du temps le jour venu pour le plus léger et ce sera moins douloureux que de tout racheter en priant que l'assurance ne fasse pas le canard en jouant la montre pour vous indemniser ... ou bien mette la clé sous la porte.

    B. Véhicules :
    B1 - Si garage costaud alors rentrer les véhicules sinon, les éloigner des arbres et des structures fragiles (murs anciens, murs simples en parpaings de plus de 1m de haut). Pensez aussi qu'il peut y avoir des inondations-flash quand vous voulez les remiser en sécurité.

    B2 Carburant : Faites le plein dès maintenant et si vous avez des nourrices remplissez-les aussi : en cas de black-out électrique (très probable suite à un derecho) les pompes à essence ne fonctionnent plus. De plus, tout le monde va se précipiter en panique en même temps, chose qui génère des pénuries en général même si sans fondement réel.

    B3 - Batterie : Vérifiez l'état des batteries. Un black-out électrique de plusieurs jours immobilisera tous les véhicules électriques et l'humidité ambiante (100%) peut générer sur toutes des mises à la masse des circuits occasionnant des consommations alors que le contact est coupé. La sécurité radicale est d'enlever le cosse + relié à la batterie dès l'immobilisation et de ne le remettre que quand on a à nouveau la possibilité de sortir, comme ça la batterie ne peut pas se décharger "toute seule".

    C. Autonomie et Survie
    C0 - Radio portable : quand tout est déchargé une radio fonctionnant avec une ou deux piles de 1.5V est vitale pour surveiller l'évolution de la météo, des niveaux d'alerte avec leurs consignes et de l'état des secours. Corollaire : ayez toujours quelques piles d'avance : l'expérience montre que c'est toujours quand le confinement est devenu obligatoire et vital qu'on s'aperçoit qu'il n'y a plus de piles pour écouter la radio qui annoncera la fin du confinement.

    C1 - Eau : Stockez de l'eau potable (minimum 3 jours par personne, idéalement pour 2 semaines). La rupture des canalisations ou la contamination des réseaux est fréquente après des chocs thermiques et des inondations brutales.

    C2 - Médicaments : anticipez les besoins de toute la famille pour tenir au moins 15 jours.

    C3 - Électricité : Powerbanks chargés, lampes torches, piles. Si possible, une source d'énergie de secours (panneau solaire portable) pour recharger les téléphones. Penser aux bougies et aux briquets pour elles. Attention au feu (enfants, animaux, ivrognes, ...)

    C4 - Manger : Stocks de nourriture non périssable (lait UHT, conserves, saucisson, jambon, etc.) ne nécessitant ni cuisson; ni réfrigération. Vider le congélateur avant la crise ou durant ses 2 premiers jours : après plusieurs jours sans jus tout sera pour la poubelle ou le compost. Rappel , ne rien recongeler, c'est toxique ensuite. Pensez aussi au(x) chat(s) et au(x) chien(s) en préférant des petits sacs aux grands ou des boites : les croquettes moisies, ça va pas le faire.

    C5 - Artiche : Retirez du liquide maintenant. Les cartes bancaires et distributeurs seront HS tant que le courant sera coupé et vidés juste après, le temps que vous y arriviez y suffira.

    Last but not least :
    - Surtout, ne sortez pas et ne laissez pas les enfants sortir tant que l'alerte rouge est en vigueur.
    - Méfiez-vous comme de la mort des câbles électriques arrachés et tombés à terre et/ou fouettant l'air dans le vent.
    - N'ouvrez ni porte, ni fenêtre pendant l'alerte rouge : le vent peut vous les arracher des mains et de leurs gonds. Ensuite il s'engouffrera pour "faire le ménage" à l'intérieur, éventuellement en dynamitant le toit par en dessous en plus.

    Ce que j'écris-là n'est pas que livresque : des cyclones, je m'en suis farcie 3, tous en parfait état de marche et même si un seul aurait suffi pour que j'intègre le ci-dessus, au bout de 3 tu ne réfléchis plus, c'est réflexe.

    Quelques sources :
    timesofindia.indiatimes.com/wo
    newarab.com/news/heatwave-thre
    travelandtourworld.com/news/ar
    gulfsustain.org/insights/under
    oem.bmj.com/content/80/6/347

    Je rédige l'autre papier le plus vite que je peux et en vérifiant tout alors que c'est plus hétérogène qu'une salade niçoise. Personne ne peut faire ça en 24 heures (surtout avec mon wifi agonisant en permanence). Donc patience, ça arrive dès que c'est prêt.
    Si vous voyez déjà des trucs à faire dès maintenant pour vous sécuriser la baraque et éventuellement vos moyens de transport, foncez : on est à J-18 de septembre, ça, ce chaos, peut commencer quelques jours avant septembre.

    #canicules2026 #changementClimatique

  27. #Climatologie - ALERTE ROUGE (suite et pas fin)

    1/2

    Vous avez chaud ? même la nuit ?
    C'est rien, il y a pire.
    Par exemple aujourd'hui même en basse Mésopotamie, le berceau de la culture mondiale actuelle, les toutes premières cités d'il y a 10 000 ans, toussa. Ben, là, c'est pas du 31-38° comme en France aujourd'hui, non, c'est du ... 50-51° ! Tu me diras "c'est normal, y fait toujours plus chaud là-bas, c'est au sud". M'ouaiff, c'est à la hauteur de Casablanca (Maroc), ok, à part que aujourd'hui à "Casa" et à la même heure (15:00), il fait 25°, soit moins chaud que dans toute la France (Calais mis à part). Donc c'est pas plus normal que le 38° d'aujourd'hui autour de Montmorillon (surtout au nord, en plus). 50° à Bassora c'est pas normal, exceptionnel. La preuve :

    Jours notables de températures >= 50°C vérifiés (Période moderne fiable : >= 1990)

    Date Lieu Température Max (°C) Statut / Contexte
    28 Juin 2013 Koweït City, Koweït 53.0 Record national koweïtien.
    21 Juillet 2016 Bassora, Irak 53.9 Égalisation du record national irakien.
    22 Juillet 2016 Mitribah, Koweït 53.9 Record absolu mondial officiel OMM (Organisation Mondiale de la Météo).
    25 Juin 2019 Suleymaniyeh, Iran 51.8 Vague de chaleur précoce intense.
    30 Juillet 2020 Nuwaiseeb, Koweït 52.1 Pic d'une vague de chaleur majeure.
    11 Août 2021 Bassora, Irak 51.8 Pic tardif estival.
    Août 2022 (Irak/Koweït) 51.0 - 52.0 Plusieurs jours épars durant une canicule prolongée.
    Juillet 2023 (Irak/Koweït) 51.0 - 52.5 Séquences répétées >50°C sur 10-15 jours.
    Août 2024 (Irak/Koweït) 51.5 - 53.0 Records locaux battus dans le sud de l'Irak.
    12 Août 2026 (Irak/Koweït) 50.0 - 51.0 Aujourd'hui, dans un "super El Niño".

    Donc :
    - Avant 2010 en Irak il y a eu très peu de jours > 50°C "certifiés" au sens strict de l'OMM malgré des rapports historiques (ex: 1921, quelques uns dans les années 30 et 60). Les climatologues préfèrent ignorer ces données plutôt que de les inclure avec un facteur d'erreur inconnu.

    - La fréquence de ces événements a augmenté de manière exponentielle depuis 2010. Dans les années 1970-1990, un jour à 50°C était exceptionnel, aujourd'hui c'est devenu un événement saisonnier récurrent en juillet-août, pas banal mais presque : depuis 1990 c'est arrivé 10 fois et sur ces 10 fois il n'y en a que 3 antérieures à 2020, soit tout sur ces 13 dernières années, rien sur les 23 précédentes et seulement 3 dans la décennie précédente, qu'on peut réduire à 2 en considérant la Mésopotamie comme un tout indépendant des états qui sont constitués dessus (Irak+Iran+Koweit)

    - 50°, c'est le seuil du viable : si ça dure tout le monde meurt de chaud, cuit sur pied, même à l'ombre : la sueur n'évacue plus la chaleur.

    Le changement climatique est bien mondial, les canicules actuelles ne sont normales nulle part.

    Quelques sources :
    worlddata.info/asia/iraq/clima
    iraqinews.com/iraq/iraq-record
    aljazeera.com/news/2023/8/4/ex
    newsbase.com/story/iraq-shuts-
    worldweatheronline.com/basra-w
    gulfnews.com/uae/weather/uae-h

    Pourquoi ça chauffe aussi fort comme ça sur la basse Mésopotamie ?

    (Je mets entre parenthèses ce qui parle le plus aux "initiés", aux experts météo => les autres, sautez-les.)

    Déjà, en temps normal on est en climat tropical classique : l'air chaud qui, au niveau de l'équateur solaire, là où le soleil tape le plus, est monté au plafond de l'atmosphère (sous la stratosphère à la tropopause) en faisant ses nuages géants doit bien redescendre quelque part et il le fait sur les tropiques, c'est à dire à la limite entre le climat tempéré et le climat équatorial (le contact entre les cellules de Hadley et Ferrel). Là, en Mésopotamie, on est pile dessous. Cet air, il a fait ses nuages en montant parce qu'en refroidissant toute sa vapeur a condensé. Donc une fois en haut il a bien séché, en plus d'être refroidi. Il va ensuite "glisser de côté", suivre la pente qui lui permettra de retrouver le sol. Il y a une pente parce que plus on s'éloigne de l'équateur solaire moins l'air est réchauffé et ça le ratatine sur lui-même, le contracte, donc moins il monte haut, donc ça fait une pente jusqu'à la zone où, sous son propre poids parce qu'en se refroidissant, se contractant, il est devenu plus lourd que l'air qu'il y a en-dessous de lui. Donc il tombe, repousse l'air du dessous sur les côtés pour pouvoir le faire puisque son poids le lui permet. En plus, à la descente la pesanteur devenant plus forte le comprime aussi. Ça a aussi un autre effet : comme dans une pompe à vélo où ce n'est pas le frottement du piston sur les parois de la pompe qui chauffe le plus la pompe, c'est le fait de comprimer l'air qui le fait chauffer. En descendant il se retrouve comprimé pareillement donc il chauffe (c'est ce qu'on appelle la compression adiabatique de la subsidence, "adiabatique" voulant dire "sans diabatique" c'est à dire sans apport de chaleur de l'extérieur). Il chauffe, ± 10°C par km, et il est sec donc quand il arrive en bas c'est un buvard, va tirer du sol autant d'eau qu'il peut tout en commençant à glisser vers l'équateur tropical puisque étant à nouveau chaud, d'autant plus chaud que le sol lui-même l'est aussi donc le surchauffe, il est attiré par l'appel d'air sous l'équateur solaire qui va le refaire monter jusqu'au plafond et la boucle est bouclée (cellule de Hadley).
    Bon, ça, c'est la situation standard. Là, 2026, pas plus que les autres années à records, n'est pas normale. On est en "super El Niño", entre autres situations d'exception (le SAM- record, Hadley qui a maintenant avalé même la France, etc. J'y reviendrai.).
    Il y a 2 types de chaleurs extrêmes sur cette région :

    1- Humide (Advection) : Vent fort de sud/sud-est, apport d'humidité depuis le GolfePersique qui a en ce moment des températures record en surface et qui évacue cette chaleur via le vent, ce qui l'humidifie donc renforce encore plus les températures très élevées en plus de créer une moiteur étouffante. Ce n'est pas la situation du jour ici.

    2- Sèche, LA SITUATION ACTUELLE : (subsidence seule, adiabatique) Calme plat, pas un souffle d'air venant de la mer ou d'ailleurs, rien. La descente verticale pure de l'air sec et chaud s'écrasant en permanence sur un sol asséché par lui depuis juin est comme un sèche-cheveux géant, brulant, vertical, direct, braqué à bout portant sur le sol : ça te transforme en quelques secondes n'importe quelle bouteille de boisson gazeuse bien fermée et plantée à l'envers la tête dans le sable en missile sol-air. C'est souvent dans ce régime que les records absolus de température sèche (53-54°C) sont battus car, en plus du sèche-cheveux, l'absence d'humidité de l'air et du sol permet au soleil de tout chauffer à blanc sans contrainte ni limite : pas un nuage, ni même la moindre vapeur pour faire écran.

    Et ça va rester comme ça jusqu'à l'automne là aussi.

    Quelques sources :
    fr.wikipedia.org/wiki/Circulat
    science.nasa.gov/earth/climate
    repository.library.noaa.gov/vi
    eos.org/research-spotlights/pi

    Qu'est-ce qu'on en a à foutre puisqu'on est ailleurs ?

    Sans rire, t'as pas vu ? J'ai bien écrit "Hadley qui a maintenant avalé même la France". Ça signifie qu'en ce moment l'air au-dessus de la France, la Belgique, la Hollande, l'Allemagne et, évidemment, l'Italie et l'Espagne n'est plus dans l'atmosphère du climat tempéré (dans la cellule de Ferrel) mais dans celle du climat tropical (dans celle de Hadley) !! C'est nouveau, ça vient de sortir. Ça veut dire qu'à quelques variations mineures près, qu'on soit à Biarritz, Bordeaux, Nantes, Calais, Strasbourg, Dijon, Lyon, Nice, Monaco, Marseille; Montpellier, Bézier ou Perpignan, on peut se retrouver comme à Koweit city dès demain matin. On pourra faire le coup de la bouteille plantée à l'envers même à Paris. Amusant, non ?

    Les conséquences à venir sont encore pires que ce que je pensais il y a seulement 10 jours. J'avais dit que ça allait craindre un max après la rentrée. En fait c'est pire parce que ça va de plus en plus vite, ça, le chaos climatique, ça peut commencer dès fin août !!
    nous sommes rendus dans une configuration sans précédent historique documenté, où les règles classiques de la météorologie semblent suspendues, explosées. La rupture à venir ne sera pas un retour à la normale mais un reset complet de la circulation planétaire avec libération violente de l'énergie accumulée, très violente vu les niveaux d'énergie bloquée atteints maintenant et pour encore 2 semaines au moins mais pas beaucoup plus au mieux. La situation d'août 2026 n'est pas une simple "météo extrême", elle est la manifestation d'un changement de régime de la circulation atmosphérique mondiale.

    L'urgence de l'alerte rouge que j'avais lancée début août a augmenté, il faut que chacun.e commence à se préparer au choc en retour de quand tous les blocages vont sauter : c'est comme un barrage qui va céder alors que son niveau monte un peu plus tous les jours.

    Ce que je disais déjà au début du mois a pris encore plus d'intensité : Préparer le pire c'est maintenant parce que quand il sera là, ce sera présenté comme "la fatalité", ça va être la ruée sur tout ce qui est encore sereinement accessible aujourd'hui et il y aura évidemment des pénuries très vite derrière.

    #canicules2026 #changementClimatique

  28. Coucou les gens !

    Bon, les premiers jours d'août ne sont pas les mieux choisis pour les infos importantes mais j'ai besoin de vous : je publierai ça à nouveau début septembre parce que la foule sera de retour et la météo commencera à indiquer quand elle va enfin se décider à sortir de sa catatonie caniculaire.

    On a jusque là pour rendre cette alerte la plus sérieuse possible. Je vous demande comment vous modifieriez ça pour que ça soit perçu et partagé le mieux possible.

    C'est d'utilité publique, vous allez comprendre.

    Depuis plusieurs jours mon wifi-à-la-con m'empêche de vous dire qu'Il se passe quelque chose d'extraordinaire dans le ciel du pôle Sud depuis le 6 juillet 2026.

    De mémoire météo, ça n'a jamais été observé avec une telle intensité, c'est sans précédent aucun.

    C'est une chose qui explique en partie l'été de folie caniculaire que vit l'hémisphère Nord, un des trucs qui y contribue.

    C'est un phénomène qui ne s'est pas interrompu depuis le début et qui ne le devrait pas avant l'automne, comme les canicules "de Rossby" incendiant tout le long de la bande des 45-60ᵉ Nord. Elles, elles se sont mises en place mi-juin, 2 semaines avant "ça".

    J'explique en images :
    Les 4 premières ici (il y en a 8, les autres sont dans le premier commentaire) et les 4 autres sont des vues satellite à la verticale du pôle Sud révélant la direction, la force et l'intensité des vents.

    La première est au niveau du sol, c'est assez calme. On y voit se dessiner quelque chose de curieux : une sorte de trèfle à 4 feuilles centré sur le pôle (le rond vert au milieu). Le truc curieux est double :
    - le centre est une sorte de marécage calme qui a un peu tendance à tourner sur lui-même comme les aiguilles d'une montre, vers la droite ;
    - les "feuilles" tournent aussi sur elles-mêmes DANS LE MEME SENS !! Il n'y a pas de "contre-courant", de vents s'enroulant en sens contraire, alors que c'est la règle partout ailleurs : quand un fluide se déplace massivement dans une direction, en réaction ses marges se déplacent à l'inverse. On voit bien ça dans les cours d'eau où les berges sont léchées par des eaux se déplaçant dans le sens opposé à celui du courant principal, remontant la rivière.
    Là, keud , tout tourne dans le même sens. Il y a bien une exception : le tourbillon au sud du Chili tourne dans l'autre sens, c'est un anticyclone et on en devine un autre, beaucoup moins marqué, sous l'Afrique et Madagascar. Ils ne sont pas sous l'influence du pôle Sud, ils existent (presque) en tout temps, toute l'année. Eux, ils sont là pour une autre raison que celle qu'on serait en droit d'attendre : ce ne sont pas des "contre-courants", pas du tout, c'est une toute autre histoire.

    - la 2ᵉ est à environ 110 m d'altitude, presque identique à la précédente.

    - la 3ᵉ est à 1450 m d'altitude. Les vents sont plus forts (voilà même du rouge, le 100 km/h est le orange) MAIS la forme générale est exactement la même.

    - la 4ᵉ est à 3 km de haut. Les vents forcissent un peu plus MAIS la forme générale est exactement la même, toujours ce trèfle à 4 feuilles dépressionnaires.

    Photographiez bien tout ça : je continue dans le premier commentaire pour que vous ayez les images correspondantes à portée de clic.

    #climatologie #climat #SAM #IndiceSAM
    #ChangementClimatique

  29. #Climatologie - Je voudrais vous montrer un bout du pourquoi profonf de ce qui se passe depuis juin au niveau du climat mondial et ce que ça implique pour cet hiver puis pour les années suivantes en présentant le plus simplement possible, avec images satellites, comment tout est lié, comment tout s'est agencé pour tout embraser partout cet été et tout dévaster partout cet hiver.

    Je voudrais mais j'hésite : la période du 14 juillet - 15 août est plus réservée aux décisions politiques anti-sans-dent+pro aristocratie qu'aux lancement d'alertes et explications "pédagogiques" sur ces alertes parce que le gros des auditoires est le nez dans ses valises du grand chassé-croisé ou caniculé dans le bronze-cul traditionnel là où les incendies ne perturbent pas leurs fêtes.

    Alors je vous demande : est-ce que ça vous intéresse, combien on est à éventuellement regarder ça et sinon, quand ça vous semblerait le plus judicieux de le publier sachant que ce qui se passe en ce moment aura globalement moins d'intérêt immédiat en septembre puisque le pire de l'été sera terminé ?

    Merci de me dire.

    #Climat #ChangementClimatique #canicules #incendies #secheresses #inondations #DystrophisationMondiale #fascisme #2026

  30. (suite et fin)

    Au final, le changement climatique ne se résume pas à la température des océans, à la circulation atmosphérique ou à des anomalies statistiques. Il affecte aussi les populations. Le réchauffement des océans contribue à la hausse des prix de l'alimentaire, à l'intensification des tempêtes, au déclin des ressources halieutiques, à l'augmentation des coûts d'assurance, à la précarité de l'approvisionnement en eau, à la dégradation des infrastructures, à la détérioration de la santé publique et au déplacement des populations. Il exacerbe les inégalités car ce sont invariablement les plus pauvres et les plus vulnérables qui disposent des ressources les plus limitées pour s'adapter. Il accroît également l'instabilité géopolitique, les nations se disputant des ressources de plus en plus rares et devant faire face à des crises humanitaires de plus en plus fréquentes et intenses.

    C'est pour ça que les graphiques comme celui-ci sont importants. Non pas parce qu'ils prouvent l'inévitabilité d'une catastrophe, ni parce qu'ils prédisent le déroulement précis des événements dans les années à venir, la science s'intéresse rarement aux absolus, ce qu'ils montrent c'est que la Terre évolue au-delà des limites ayant permis l'épanouissement de la civilisation actuelle. Nous entrons dans des conditions climatiques face auxquelles nos infrastructures, nos économies et nos institutions n'ont jamais été conçues pour pouvoir y être confrontées, pas plus que notre environnement naturel n'y est préparé.

    La question est de savoir si nous sommes prêts ou pas à y prêter attention et à agir avant que ces changements ne deviennent trop puissants, trop rapides et trop interdépendants pour que nous puissions encore même espérer un peu pouvoir les gérer.
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    #DystrophisationMondiale #RechauffementClimatique #effondrement #meteo #climatologie

  31. #DystrophisationMondiale #EffondrementClimatique - Game over : une image du commencement de la fin

    Les données sélectionnées pour ce graphique ne sont vraiment pas les mieux choisies pour une vulgarisation la plus large possible puisqu'il s'agit des divergences quotidiennes par rapport à une moyenne calculée sur 1991-2020, la droite horizontale noire : une fois cette moyenne établie, les températures quotidiennes depuis 1982 jusqu'à aujourd'hui sont positionnées par rapport à cette moyenne.
    C'est subtil à comprendre, pas franchement publicitaire, plutôt fait pour les initié.e.s et à ce titre ça ne me plait pas du tout mais d'une par je n'ai rien d'autre sous la main, d'autre part une fois qu'on a compris comment ça se lit, ça parle plus qu'un empilement de tracés annuels : les points qui font ces courbes ne sont pas posés sur le conventionnel axe du 0°C mais par rapport à la température moyenne de ce jour-là (ici sur 1991-2020), un jour "plus froid que d'habitude" est sous l'axe horizontal, d'autant plus dessous que c'est "plus que d'habitude" et, inversement, un jour "plus chaud que d'habitude" est au-dessus, d'autant plus haut que c'est "plus que d'habitude". Ces courbes montrent donc comment "ça a vibré" autour de cette moyenne pendant ces 44 dernières années, les 29 ayant servi à faire l'axe des X incluses. Donc, si on avait fait cette moyenne sur, par exemple, entre 1945 et 1975 (30 ans aussi) et ensuite posé individuellement les mêmes années autour de cet axe, d'une part il serait plus bas que la majorité des courbes puisque le réchauffement a commencé vers 1850 et s'accélère en exponentielle depuis, et d'autre part les courbes au-dessus de lui auraient chacune une allure encore plus saccadée puisque leurs écarts avec "avant" s'amplifie chaque année depuis pour la même raison. Ainsi, une même courbe, dans le contexte 1945-75, aura une allure de signature de pédophile et psychotique narcissique nord-américain et dans le contexte 1991-2020, ce qu'on a sur ce graphique-ci : une allure plus lissée, plus ... socialisée.
    Oké alors ?

    Bon, la chose à ne pas louper, évidemment, c'est celle en rouge, celle de cette année qui, œuf corse, ne dépasse pas juillet puisqu'on est en juillet.
    Ça dire quoi alors ? Ça dit que l'année a commencé plus froide que la moyenne, fin de la Niña de l'an dernier oblige, puis en mars, quand son frangin El Niño, dit "le Super", s'est pointé, ça c'est mis à diverger de plus en plus fort, comme jamais, avec en ce moment des écarts de plus de 3.5°C que l'an dernier à même date, chose jamais arrivée de mémoire météo, les records précédents, depuis 1982, ayant été de 2°5. C'est une tendance qui ne se dément pas depuis mars, les écarts étant de plus en plus grands (léger ralentissement de la croissance depuis mi-juin mais 'faut le dire vite). On a le droit d'espérer que ça se calme à partir de fin août mais en Cassandre patentée et fidèle, je prédis que l'hiver qui arrivera alors va voir tout ça plonger profond sous l'axe, comme du haut d'un plongeoir de piscine olympique (avec de l'eau se changeant en glace).
    En clair, 2026 est l'année de rupture la plus marquée pour le moment, le climat mondial a commencé à changer ses règles du jeu de façon visible et palpable, c'est l'été le plus extrémiste connu et l'hiver a toutes les chances de l'être aussi, dans l'autre sens. 2027 a toutes les chances d'être de la même cuvée. Le confinement permanent devient un mode de vie standard ... a priori la famine et la soif aussi.

    (L'AMOC juste évoquée ci-dessous est un sujet à part entière. J'y reviendrai après avoir décortiqué ce que risquent d'être les hivers de l'hémisphère Nord dorénavant. les deux pas maintenant mais bientôt, si El Niño me prête vie)
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    Traduction de : lyrebirddreaming.com/post/the-
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    Le graphique qui devrait faire les Unes
    Auteur : Gregory Andrew

    De temps à autre, la Terre émet un signal impossible à ignorer. Ce graphique en est un exemple. Il illustre les divergences des températures de surface océanique dans la région Niño 3.4 du Pacifique équatorial, une zone cruciale du système climatique terrestre. Chaque courbe bleue représente une année différente depuis 1982. La courbe rouge correspond à l'année en cours. Il ne s'agit pas simplement d'un nouveau record : les températures enregistrées divergent totalement des observations antérieures.

    Si ce graphique représentait les cours de la bourse, un nouveau record olympique ou des résultats de bilans médicaux il ferait la une des journaux. Or, il ne génère qu'un silence quasi général. Ce silence devrait nous inquiéter autant que ce graphique lui-même.

    On doit d'abord comprendre qu'il ne s'agit ni d'une modélisation informatique, ni d'une prévision, ni d'une simulation de ce qui pourrait se produire dans plusieurs décennies. Ce sont les observations directes de satellites, navires et bouées océaniques mesurant en continu la température du Pacifique tropical. C'est la réalité qui se déroule sous nos yeux. La région Niño 3.4 est souvent décrite comme étant le cœur battant du système climatique terrestre. Les changements qui s'y produisent influencent la circulation atmosphérique sur une grande partie du globe par le biais d'un phénomène connu sous le nom d’oscillation australe d'El Niño (ENSO = El Niño Southern Oscillation). Pendant les épisodes El Niño les eaux chaudes s'étalent sur tout le Pacifique central et oriental modifiant les régimes des vents et redistribuant les précipitations à travers la planète. L'Australie subit des conditions plus chaudes et plus sèches donc un risque accru de sécheresses et d'incendies de forêt. L'Amérique du Sud connaît souvent des précipitations plus diluviennes et des inondations pendant que certaines régions d'Asie se retrouvent confrontées à de sérieuses sécheresses. Les conséquences impactent l'agriculture, les ressources en eau, les écosystèmes et les économies de tous les continents.

    El Niño en lui-même n'est pas un phénomène nouveau. Il fait partie de la variabilité climatique naturelle de la Terre depuis des lustres. Ce qui est nouveau c'est le contexte climatique dans lequel il se manifeste aujourd'hui. Les activités humaines ont augmenté les concentrations du gaz carbonique dans l'atmosphère de plus de 50 % depuis la révolution industrielle. Environ 90 % de l'excès de chaleur piégé par ce gaz à effet de serre a été absorbé par les océans. Le Pacifique tropical n'oscille donc plus autour du climat d'il y a un siècle mais autour d'un niveau de référence beaucoup plus chaud. Chaque épisode El Niño débute désormais avec une quantité de chaleur déjà stockée dans l'océan considérablement plus importante qu'auparavant

    Cette distinction est importante car le système climatique est régi par l'énergie. Les océans plus chauds évaporent davantage. Une atmosphère plus chaude est plus humide. Ça augmente la fréquence des tempêtes donc provoque des pluies plus torrentielles donc des inondations plus dévastatrices. Dans le même temps, d'autres régions ne reçoivent plus autant de précipitations donc subissent une évaporation accrue ce qui intensifie à la fois les sécheresses et les vagues de chaleur. Le changement climatique ne gomme pas les variations naturelles, il les amplifie.

    L'Australie a déjà subi cette amplification. Les feux de brousse des étés noirs, les épisodes répétés de blanchissement des coraux de la Grande Barrière de Corail, les vagues de chaleur marines au large de l'Australie Occidentale et les températures record enregistrées sur le continent se sont tous produits dans un climat nettement plus chaud que celui des générations précédentes. À mesure que les océans continuent de se réchauffer la probabilité d'occurrence et la gravité de ces phénomènes extrêmes augmentent.

    Les conséquences vont bien au-delà de la météo. Les océans sont à la base de pratiquement tous les éléments majeurs du système climatique terrestre. Ils régulent la circulation atmosphérique, transportent la chaleur à travers le globe et déterminent les régimes de précipitations qui entretiennent les forêts, les prairies et l'agriculture. Ils soutiennent également les écosystèmes marins dont dépendent des milliards de personnes pour leur subsistance.

    Lorsque la température des océans s'écarte des valeurs historiques les écosystèmes se désagrègent. Les récifs coralliens blanchissent car les algues microscopiques qui leur fournissent la majeure partie de leur énergie ne peuvent pas survivre longtemps à un tel stress thermique. Les espèces de poissons migrent vers des eaux plus froides, effondrant des pêcheries qui existaient depuis des siècles. Les forêts de varech s'effondrent. L'oxygène diminue. Les vagues de chaleur marines, autrefois considérées comme rares, deviennent de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses. Ces impacts écologiques ne se produisent pas isolément. Ils alimentent le système climatique lui-même.

    Les scientifiques décrivent la Terre comme un réseau d'éléments interconnectés et instables. Plutôt que de fonctionner indépendamment, les principaux composants du système climatique s'influencent mutuellement. Des changements dans une partie du système induisent des changements ailleurs parfois de façon surprenante. La Circulation Méridienne de Retournement Atlantique (l'AMOC), la calotte glaciaire du Groenland, les glaciers de l'Antarctique occidental, la banquise arctique et la forêt amazonienne subissent tous une déstabilisation rapide.

    Chacun de ces systèmes est soumis à des pressions. Chacun influence les autres. Plus ils changent plus le risque est grand que le système climatique général engendre des effets en cascade de plus en plus difficiles à inverser, voire irréversibles à l'échelle de l'espèce humaine depuis sa naissance (750 000 ans).

    (suite et fin en commentaire ici)

    #DystrophisationMondiale #RechauffementClimatique #effondrement #meteo #climatologie

  32. europesays.com/fr/937113/ Un climatologue de Météo-France a superposé 130 stations et 70 ans de relevés aux 11, 12 et 13 mai : la courbe qu’il a obtenue a mis fin à un mythe vieux de 500 ans #Actualités #climatologie #FR #France #Jardinage #Météorologie #MytheScientifique #News #Push #RépubliqueFrançaise #SaintsDeGlace

  33. Allons jouer au golf pendant l'apocalypse

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    Traduction de iflscience.com/the-great-mount
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    La fonte massive des glaciers est imminente : nous pourrions atteindre le pic d'extinction des glaciers d'ici 2041.
    Un monde radicalement différent nous attend.
    Tom Hale - Journaliste senior
    Tom est titulaire d'un master en journalisme. Ses articles couvrent un large éventail de sujets, de l'archéologie et l'environnement aux technologies et à la culture. Voir le profil complet.
    Édité par Laura Simmons

    [Photo : Une grotte de glace dans le glacier de Morteratsch, en Suisse, dans les Alpes. Crédit photo : Lander Van Tricht / ETH Zurich, Chaire de glaciologie]

    Il semble que les générations futures hériteront d'un monde où les glaciers seront devenus extrêmement rares. Notre planète compte actuellement plus de 200 000 glaciers, mais si le changement climatique s'aggrave, ce chiffre pourrait chuter à seulement 18 000 d'ici la fin du siècle.

    Les glaciers sont d'anciennes accumulations de glace au sommet des montagnes et des pics gelés, qui s'écoulent lentement au fil du temps, à la manière d'une rivière au ralenti. Face au réchauffement climatique, ils ne peuvent se reconstituer faute de neige et en raison des températures glaciales. Parallèlement, la glace fond de l'intérieur, ce qui entraîne leur rétrécissement et leur recul. Ce problème, dû à la hausse des températures, touche le monde entier. Dans une nouvelle étude menée par l'ETH Zurich en Suisse, des scientifiques ont évalué l'ampleur mondiale de la fonte des glaciers en se basant sur différentes projections climatiques (autrement dit, sur les efforts déployés à l'échelle mondiale pour lutter contre le changement climatique). Leurs travaux visaient à déterminer le "pic d'extinction des glaciers", soit le moment où le nombre de glaciers disparaissant en une seule année atteint son maximum. Si le monde parvient à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, ce pic se produirait vers 2041, année où environ 2 000 glaciers disparaîtraient en une seule année.

    [2 Photos : Sous l'effet d'un réchauffement extrême, même des glaciers de taille moyenne comme le glacier du Rhône rétrécissent considérablement. D'ici 2100, selon le scénario de réchauffement climatique, il ne pourrait subsister que 20 glaciers dans les Alpes. Crédit photo : ETH Zurich / Chaire de glaciologie]

    Il est toutefois important de noter qu'il est peu probable que la hausse des températures s'arrête là : la température moyenne de la Terre a augmenté d'environ 1,2°C depuis la révolution industrielle et le chemin à parcourir est encore long. Avec une hausse de 4°C des températures mondiales – le scénario dit "tendanciel" –, le pic se situerait aux alentours de 2055, mais entraînerait la disparition de 4 000 glaciers.

    Le calendrier de cet effondrement total variera selon les régions du monde. Voici comment le taux de survie des glaciers devrait évoluer dans différentes régions d'ici 2100 :
    Alpes
    À +1,5°C : 430 glaciers subsistent (12 %)
    À +4,0°C : Seulement 20 subsistent (1 %)

    Montagnes Rocheuses
    À +1,5°C : 4 400 glaciers subsistent (25 %)
    À +4,0°C : Seulement 101 subsistent (< 1 %)

    Andes
    À +1,5°C : 43 % survivent
    À +4,0°C : Perte totale de 94 %

    Asie centrale
    À +1,5°C : 43 % survivent
    À +4,0°C : Perte totale de 96 %

    Commentant cette étude Lander Van Tricht, auteur principal et professeur de glaciologie à l'ETH de Zurich, a déclaré : "Pour la première fois nous avons estimé avec précision la date à laquelle tous les glaciers de la planète disparaîtront."

    Une autre question majeure concerne l'impact de la fonte massive des glaciers sur le monde. Si la disparition de quelques glaciers isolés n'aura pas d'incidence notable sur le niveau des mers, l'effondrement collectif des plus grands glaciers aura un impact considérable. Cependant la taille et l'échelle ne font pas tout, même les petits glaciers sont essentiels à la survie des communautés locales qui en dépendent pour l'eau potable, l'agriculture, l'hydroélectricité et le tourisme. Si ces frontières glacées disparaissent, de nombreuses personnes se retrouveront dangereusement isolées en haute altitude. "Chaque glacier est lié à un lieu, une histoire et des personnes qui ressentent sa disparition, c'est pourquoi nous travaillons à la fois pour protéger les glaciers restants et pour perpétuer le souvenir de ceux qui ont disparu" a déclaré Van Tricht.

    L'étude est publiée dans la revue Nature Climate Change : nature.com/articles/s41558-025
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    #Science #Climatologie #Glaciers #RechauffementClimatique

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